‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 17 sur 150 · c 1 M 1 1 1- doTlWt · texte numérisé non relu

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qui joue dans tout ce roman le rôle le plus odieux. ctdoMargisio

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Au moment où la nouvelle épousée est introduite ^> dc^Fwncc dans la chambre nuptiale, au moment où les évoques vont bénir le lit, Margiste persuade à Berte que Pépin veut la tuer dès la première nuit de ses noces : «: Mais D ne craignez rien )>, ajoutc-t-elle, ce ma fille Alislc » vous ressemble étrangement, et elle va prendre votre D place*. ji> Aliste ne prend que trop bien la j)lace de la Reine. La substitution est complète : Pépin lui-même est trompé : deux serfs, deux traîtres, llcudri et Rainfroi, naîtront de cette union maudite. Quant à la pauvre Berte, elle s'aperçoit trop tard qu'elle a été victime d'une odieuse trahison : surprise, un couteau à la main, dans la chambre du Roi où Margiste l'a poussée, elle est prise pour la fille de Margiste et immédiatement arrêtée-. C'est en vain qu'elle cherche à se disculper. Son innocence est enlacée en des rets dont elle ne saurait sortir. Celle qui le matin excitait partout la joie sur son passage; celle qui tremblait elle-même de pudeur et de joie, l'épousée royale, dont on disait : Moult avons bêle dame et de joenejovenl, voit màinli^nanl son sort bien changé : « On lui ouvre les lèvres de force; on la traite comme un cheval à qui l'on met un frein, on lui fait passer cette corde par la bouche. Ce fut grande cruauté, i;„o fausse Bcric et, derrière la nuque, on lui noue cette corde. On lui lie à^'îa ""lî^rluiï^^^^ (Icloyalement les deux mains. On l'abat sur un lit, on nuc *dc Migisic. jette un drap sur elle. Ah ! que Dieu en ait pitié mainte-

* Derle aus grans piés^ p. 19. -^^Ibiû*, pp. lO^-âG*

20 ANALYSE DE DERTE AUS GHANS PIES.

" Th'^p^h!** '■ na"t> hkuy le roi de majesté M » C'est ici, comme on le pressent, que va commencer la partie véritablement épique de notre rornan : car c'est ici que le malheur intervient, le malheur, cet élément nécessaire de toutes les épopées.

Borio, L'histoire que nous allons raconter ressemble à l'une

contlii i le à la mort , ^

«bVesbômiut ^^ "^^ légendes les plus populaires, à celle de Geneviève ^'"îiJii'WôAr'^ ^^ Brabant. Bcrte est une Geneviève épique, qui n'a du Mans. point cepeudaiit la grâce austère de la maternité. D'ailleurs les deux infortunes n'ont rien qui les distingue l'une de l'autre. Berte et Geneviève sont, toutes deux, victimes de coupables passions; toutes deux sont revêtues de la même innocence, du même charme; toutes deux sont de fortes chrétiennes, et l'on aurait pu dire (( sainte Berte )), comme on a dit « sainte Geneviève ». L'analogie de ces deux drames apparaît jusque dans les moindres détails. C'est dans un bois que Berle et Geneviève cachent leur chasteté effrayée et leurs larmes ; et toutes deux devaient d'abord être soumises à un traitement plus rigoureux. Elles étaient l'une et l'autre condamnées à mort, et sont également préservées du coup fatal par la pitié de leurs bourreaux. C'est ainsi que notre Berle émeut le cœur de ceux qui la conduisent au supplice. La voilà, dans la foret, aux mains de CCS misérables que conduit le traître Tibert*'. On la dépouille de ses premiers vêtements, et elle apparaît dans tout l'éclat de sa beauté pudique ; cette beauté illumine tout le bois*^. Tibert seul est insensible à cet éclat; déjà il lève son épée pour trancher la léle de la pauvre

' Ih'ite au8 grans piesy pp. 20, 27. -^* Ibiil., \û 3i. — ' IbuL, p. 3i.

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