‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 20 sur 150 · ANALYSE DE DERTE AUS GRANS PIES · texte numérisé non relu

ANALYSE DE DERTE AUS GRANS PIES

nouveau introduit sur la scène la mère de Berte, la " '"âîJp",!" *• rane Blanchefleur : il a confié à la mère le soin de venger la fille. Une mère ne saurait se tromper sur ridentitc de son enfant. Blanchefleur arrive en France : elle a soif et faim de sa fille ; elle voudrait la tenir fortement dans ses bras. Elle se croit grand'mère ; elle veut aussi dévorer de baisers ses petits-enfants. Mais partout, sur son passage, elle entend maudire par le peuple le nom de la femme de Pépin : est-ce donc sa fille qui se fait ainsi haïr, qui est si dure aux pauvres gens, si rapace, si cruelle ? Un je ne sais quel doute commence déjà à naître en son esprit ; elle se hâte, elle arrive à Paris; elle se précipite dans le palais du Roi, ayant presque en horreur les caresses des enfants de Pépin vers lesquels son cœur ne l'attire pas. On fait mille efforts pour l'éloigner de la reine ; mais comment venir à bout de la ténacité d'une mère? Blanchefleur, au milieu de sa fièvre, sait garder une admirable patience ; elle attend l'heure où il lui sera permis de retrouver sa fille qui, lui diton, est fort malade ; elle triomphe de tout, et enfin se trouve en présence de la fausse reine, de la seiTc Aliste. C'est en vain que celle-ci se cache, c'est en vain qu'elle a une ressemblance profonde avec la fille du roi Flore : encore un coup, une mère ne peut s'y tromper. « Ce n'est pas là ma fille ! » s'écrie-t-clle avec ^^ rugissement de lionne. A la fin tout se découvre *4^ Margiste est jetée dans un bûcher, Tibert est écarliSift, Aliste se fait nonne à Montmartre^ Mais où est la véritable Berte? Où se cache cette perle fine, où est enfoui ce joyau ? Pépin sait seulement que la fille de Blanchefleur n'a pas été tuée : il veut en savoir davantage, et se met ardemment à sa recherche.

' Rcrleaus gram jnês, pp. «S-l^.l. - ' /W., pp. 123-132.

Il PART. LIVR. I.

rn.\p. If.

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Berte, chaste, modesle, Iravailleuse, de plus en plus belle et de plus en plus chrétienne, était dans la cabane de Simon le voyer, où elle pensait toujours à sa mère et toujours à Pépin. Le Roi la rencontre un jour dans la forêt du Mans; il ne reconnaît pas cette jeune fille; il est sur le point de déshonorer cette étrangère. Mais Berte, qui n*a jusqu'ici révélé à personne ni le secret de sa naissance, ni celui de ses malheurs, Berte se rappelle alors que, dans son vœu, elle s'est réservé le droit de dévoiler son nom toutes les fois que sa virginité serait en danger: a Arrêtez, crie-t-elle à Pépin après la plus énergique p et la plus noble défense. Je suis Reine de France, fille » du roi de Hongrie, femme du roi Pépin*. » Celle qui aimait ainsi sa virginité, celle qui savait ainsi la défendre, était digne d'être la mère de Charlemagne^.

Nous touchons, comme on le voit, à la fin de ce récit. Berte, des ln\as triomphants de son mari, qui la recon-

• Derle aux grans piésy pp. 152, 153.

* La chasteté de Berte. — Au dedans de la chapelle fut Bcrlc au corps si gent. — Quand elle s'aperçoit qu'elle y est restée seule, — Elle prend rapidement son Psautier et ses Heures, — Fait un salut devant Taulcl; puis, s'en va vite, vite. — Voyez-vous le roi Pcpin qui ne va point lentement — Et court par la forôt pour y chercher sa gcnt?. — Dès qu'il voit la pucelle, vers elle il vient bellement. — Mais quand Bcrle le voit, elle en a grand'pcur. — Le Uoi la salue très-courtoisement. — Berte, en fille sage, rend son salut au Roi : — M Belle, lui dit Pépin, n'ayez pas de frayeur. — Je suis des gens du Roi de » France : — J'ai perdu ma route et en ai le cœur dolent. — Sauriez-vous «près d'ici maison ou logis — Où ji> pourrais avoir quelque renseignement? 1^ Seigneur, répond Berte, par Dieu onmipolent, — Ci-devant demeure #.Simon, un vrai prud'homme ; — Il vous renseignera fort bien, je crois. — • 4évous rends mille gr;\ces, la belle, répond Popin. » — Quand Pépin voit le visage de Berte tout rouge ci rouvelanl, — Tout son cœur se prend d'amour et de désir. — Il descend aussitôt de cheval à terre. — Berte ne s'émeut pas, n'y entendant aucun mal. — Alors le Roi lui adresse la parole très-débonnairemeut — Et Berte lui répond avec une grande retenue et sagesse. — Le Roi ne tarde pas à la prendre entre ses bras. — Quand Berte voit cela, elle en a grande tristesse — Et réclame l'aide du Seigneur Dieu qui demeure au firmament. *

Le jour fut beau et clair : il ne pleut ni ne vente ; — Et Berte fut au bois, près de Pépin dolente, — Berte qui était si belle et de jeunesse si jeune. — Et Pépin lui demande, pour Dieu, qu'elle lui donne son consentement, — Qu'elle ne tarde pas davantage à faire sa volonté : — « Vous viendrez avec moi en » France, la terre noble et gento, — Et n'y verrez joyau, si cher soit-il, — Que

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