‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 32 sur 150 · ANALYSE DE GIHAHS DE VIANE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE GIHAHS DE VIANE

II PART. LIVR. f.

CUAP. VI.

Paix conclue

entre

Girard el Charles ;

fiançailles

de Holaiid

cl de

la liollc Aiidc ;

pnfitaratifs

d'une

nouvelle guerre

contre

les Sarrasins.

» par bonne volonté* ». Et le vieux poète ajoute : « Ainsi y> fut la paix faite. i> Peu de temps après, Girard et Charlemagne faisaient

' Dans sa première Légende des siècles, Mcior Hugo s*est proposé de traduire notre vioux poëme, dont il avait sans doute quelque texte sous les yeux. Le Mariage de Roland contient des vers incomparables. Par malheur, le grand poëte n*ayait pas étudié son sujet. Après avoir raconté assez Adèlemeni le commencement du duel entre Olivier et le neveu de Charles, il se met, vers la fin, à copier les Italiens et à transformer ses héros en matamores ridicules, dont Pon déracine un cliônc et Pautre un orme pour achever leur combat. 11 fait, je ne sais trop pourquoi, de notre Olivier a le sieur de Vienne et le fils de Girard ». Même il a commis une méprise plus singulière. En parlant de la célèbre épée Hauteclaire, Pauteur de Girars de Viane avait écrit ces vers : « Closamont fut, qu*icrt de grant renommée, — Li empercres de Rome la loée. » Closamont est ici un nom d'homme, et l'auteur de la Légende des siècleSf le prenant pour un nom d'épée, a dit plus que naïvement : « L'épée est cette illustre et flèrc Closamont, — Que d'autres quelquefois appellent Hauteclaire. » Il nous faut constater encore que Victor Hugo a eu peur du dénoùment miraculeux de Girars de Viane et qu'il n'a pas admis rintervcnlion de l'ange entre Roland et Olivier. Mais ce sont là de petites erreurs, et nous ne pouvons nous empêcher de citer quelques vers de cet admirable morceau. Nous nous contenterons de marquer en italiques les tons faux ou les notes fausses qui sont trop en désaccord avec notre antique chansoi; :

Ils se battent, — combat terrible 1 — corps à corps.

Voilà déjà lonelemps que leurs chevaux sont morts :

Ils sont là seuls tous deux dans une île du Rhône,

Le fleuve à grand bruit roule un flot raipidc et jaune.

Le vent trimpe en sifflant les brins d'herbe dans Veau,

L'Archange saint Michel attaquant Apollo

Ne ferait pas un choc plus étrange et plus sombre.

{)é'^a bien avant l'aube ils comlialluient dans l'ombre.

Qui. (otle nuit, eût vu s'habiller ces barons,

Avant que la visière eût dérobé leurs fronts.

Eût vu deux pages blonds, roses comme des filles.

llior c'él;iieiit des enfants riant à leur» furoillcs.

licaux, charmants; — aujourd'hui, sur ce fatal terrain,

C'est le duel i>fl*rayant de dfu.r spectres d'airain,

Deux fantômes auxtfuels le Ih'mon prête une dme,

Peux tnasques dont les trous laissent voir de la flamme.

Ils lulleril, noirs, nuiot<, furieux, acharnés.

Les bateliers pensifs qui les onl amenés

(hit raison d'avoir p:<ur ri de fuir dans la plaine,

Kt d'oser de bien loin les re(,'arder à piMiie :

C^ir de ces deux «Mifanls nu'on regarde en tremblant,

L'un s'an|»elle Olivier, et l'autre a nom Uolaiid...

Ils conibattoiit, versant à fluls leur san;; vermeil :

Le jour entier se passe ainsi. Mais le soleil

Baisse vera l'horizon. La nuit vient. « — Camarade,

Dit Roland, je ne sais, mais je me sens malade.

Je ne me soutiens plus et je voudrais un peu

1)0 repos. — Je prétends avec l'aide de Dieu,

Dit le bol Olivier, le sourire à la lèvre,

Vous vaincre par l'ëpi'C et non point par la fièvre ;

Dormez sur l'herbe verte, et celte nuit, Roland,

J«> vous évenlerai de mon panache blanc.

(^(Hichez-vous, et dormez. — VassaL ton âme est neuve,

Dit Roland. Je riais, je faisais une épreuve.

Sjiiis m'arrêter et sans me reposer, je puis

C<mibaUre quatre jours eiicoro tt quatre nuits. •

Le duel reprend. La mort plane, le sang niissello.

ANALYSE DE GIliAIlS DE VV.IAX 113

aussi leur l'écopciliation solennelle. Mais, au milieu des joies de cette paix ', au momenl môme où l'on s'apprêtait à célébrer les noces de la belle Aude et de Roland *,

Ib (nppent ; It trauUlari du /Itun menlE tt fum Le mttiewf ^tfrane ri émit votr ituu la briunt O'ilrmtn tiielwntu qui IratitUlent lu nuif.

U pèle nuit reclml. ili umbiltcnt; l'Iursre' nepamtl Mnt la deux, ih cnralMtti-nl cofon... Tuul i Hii|i Olivier, aigle aux neiàX de culùmbe, S-iit4I« m ^L : • Holind, doih n'en fiiliKHU poinl. Ma v«Hh«ll-ii pumiuiR que MUi dsiimiaiu ttirus

EpouM-V — PirdiFu I je veuxHin, ilil Rolanil.' El nvriiilenanl tuvnu, cir t'alfaire ilail chaadt C'at liiiii ipw RoJind «pouM li bello Audu.

' Girart de Vialte, p. 156-17T. — Le pocle a encore ici multiplié lea péripéties de son roman. L'Empereur, riant une partie de chasK, «a laine lui^ prendre par aei ennemis et tombe entre leurs iiiaini; mni« au lieu da l'insultiir,Ciraril. et ïpi trlira, en lioni vassaux, tiimiienl aux pieds de Chniies et lui ilemandcnl la pnlx, Mnigré la lii^auli! profouili' do ce dernier Irait, vet épiioda est d'une lecture Tatigante opr^ le grand riicit du combat d'Olivier et de Roland.

■ Le PHEHIEB rjfTHETira DE Round et de la belle Aitk. — Vo^ei-voua Aude, la belle, l'esc/ieirie : — Elle a les jeux vairs. la faue rosée, — Elle monte sur les murs de la Torle cilË — El, quand elle voit l'as<aul des Français cl leur Her élan, — Elle se baisse, saisit une pierre, — En frappe un Gascon ■ur MU heaume de P;ivie, — Lui en froisse, lui en brise le cercle : — Peu s'en fullat qu'il n'y perdit la vie. — Roland la voit. Roland au visage terrible, — £t l« Comte de s'écrier ii haute voix :^ • Par Di«u le fils do sainte Marie, — Si

• roB prend cette ville, — Ce ne sera cerlcs point de ce cilté. — Ton^ l'as-

• Mut où sont Ici dames, ~~ C'est ce que je no veux pas faire. ■ — PuFs, il no peut s'cmpéclier de parler à Aude ; — • Ncbte pucelle, dit-il, qui étes-vous?

• — Ne m'accusfli pas de folle, si je vous fais cette demande : — Je vous la ( btii sans mauvaise pensée. ■ — ; • Sire, je ne vous la eacberai pas, dit-elle.

• — Les gens qui m'ont nourrie me donnent le nom d'Aude. — Je suis Ulle de t Renier qui tient Gènes, ~~ Et nièce de Girard qui est si puissant seigneur. E — Na parenté est de grande noblesse. — Je n'eus jamais de maître en toute

> ma vie— El n'm aurai jamais,— A moins qucGinrd ne le veuille et octroie,

■ — Lui el mon frère, Olivier le vaillant. > ^ noinnd lui répond tout bas, de tftton qu'elle n'entende point : — ■ Par Ilieu, le 111s du Varie, je suis

• h>ul dolent — De no pas vous avoir aujuur.l'liui en ma puissance. — Hais

• cela viendra. Dieu aidant, — Grice à cette bataille que je dois avoir — Avec

> Olivier de Gènes. •

' ta belle Aude, au «eur sens^, dit A Roland : -- ■ Clievalier sire, je ne vous

■ ai pas cache — Ce que vous m'avez demandé el requis. — A votre lour. diles-

• moi, «'il vous plaît, la vérité. — D'ob éles-vous? quelle est votre famille? —

• Ce fort ^cu i bandes vous sied fort bien, — Ainsi que cette épéecrinteA votre

■ eAlé — Cl ce beau destrier pommela que vous mentez, — tJuï court aussi

• til0 qu'une ntche empennée. — Vous avez aujoiird'bui fait bien du lorl aux

■ dAUm — Et paraisse! avoir plus de fierté que tous les autres. — Ja n

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