‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 33 sur 150 · ANALYSE DE GIRARS DE VI AXE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE GIRARS DE VI AXE

""^cSIp^/l '* un cri terrible retentit soudain : «Les Sarrasins ont

}> envahi la France ! les Sarrasins ont envahi la France ! i> Les Français quittent tout pour courir sus aux païens, et Roland se sépare de sa fiancée, qui ne sera jamais sa femme * .

On aperçoit Roncevaux dans le lointain *.

/ » si je me trompe, mais je crois bien — Que votre amie doit avoir très-grande i » beauté. » — a C'est vrai, dame, répond Roland. — 11 n*y en a pas de si belle ' » en toute la chrétienté, — 11 n*y en a pas en vérité de si belle jusqu'à Rome ,

» — Ni ailleurs, que je sache. »

( Quand Roland vit qu'elle parlait ainsi, — Il ne lui découvrit pas tout son cœur, — Mais toutefois lui répondit fort bien : — « Ma demoiselle, en vérité, » — Mes pairs et mes amis m'appellent Roland, j» — Aude l'enicnd, et ces paroles lui plaisent. — « Ètcs-vous ce Roland dont j'ai entendu dire — Qu'il doit » se mesurer avec mon frère? — Ah! vous ne savez guère combien Olivier est » hardi. — Si vous avez bataille avec lui, — J'en suis bien dolente, je vous » assure, — Parce que l'on vous tient pour mon ami, — Gomme je l'ai enrendu » dire à plusieurs... » — A ce mot, Roland s'est séparé — De la pucellc qu'il voyait encore sur les murs. — Il aperçoit alors Charlcmagnc qui se moque , un peu de lui : — « Beau neveu, dit-il, quelle discussion aviez-vous — Avec ; » cette pucelle à qui je vous ai vu parler? — Si vous avez à vous plaindre » d'elle, — Pardonnez-lui par amour, je vous prie. » — Roland l'entend, et tout son sang frémit — Par honte de son oncle... (Girars de Viatiôy p. 120-123 de rédition P. Tarbé.)

* Girars de VianCy p. 177-184.

* L'avant-dernière tirade de Girars de Viane nous semble appartenir à uhq version plus ancienne que le reste du poëme attribué à Bertrandjde Bar-sur- Aube. Tandis en effet que les couplets féminins sont, dans le reste de la ch'anson, assonances par la dernière syllabe, le couplet dont nous parlons est assonance par la dernière voyelle sonore, d'une façon toute primitive et analogue aux vers de notre Chanson de Roland. Il n'y a dans Girars de Viane que trente laisses féminines ; vingt-neuf sont rimées et font contraste avec la trentième dont voici quelques vers : « Li dus Rollans est entrés en la chambre, — Baisât Audain, sa belle amie gente, — Et en après, son ancl li commande. — £le li a baillie enseigne blanche — Dont il fist puis mainte reconnaissance, — Quant il alla dans la terre d'Espaigne — A grans chastels et à fors cités panre. » Etc.

RÉSUMÉ DES SIX PtlËMlËRS CHAPITRES. 115

II PART. LIVft. I.

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