ANALYSE DF VOYAGE DE CIIARLEMAGSE
» easernble la couronne au chef. — Devant nous siégeronl vos ■ » conseillers et vos amis. — Je manderai ma cour, mes bons
Karl dm Store og Dîiirik al Btm ho» de ttordi^e Folk. (Kristiaaia, 1874), M. Cuslave Stgnn a piililii? en rpgard les duiis verrions danojae et suédoise. — llBnsun cliiinli]i>sllcB Pérou qui a pour objet le même pËterinage du grand ^pcreur, i rimnginalïon s'est donné cairlfire et n'a conservi^du récit françRisquo In donnée générale. Ce lied des Usa Féroé, qui nous dunnn ta légende par fragnipntB, te rérirqauteKle de la Ke'uer Karl Magnut'i A'ronift«, cl même, ajoute M. Kolichwiti.â une chronique nordique plui complète. >"&. En illomagne. L» dilTu.iLon de noire légende eil altpstée, enlr<^ autrei documents, par le Karl M'inet iruinni. du iiv* siècle) et parie DeveUrumpriiicipum gemianonim\ttlo fl fercore in chrïitianainrttigùmKm,àe Lénpotddc Bebenburg, évéquedelbuniiei'gver» \2W. — e. EnAugletiTre. Dne version gallaisedii Voyagtstlrùwe iliin» le Ui're rougf d'nrrgeat. L«dy Gueit, dans 1rs SlabîitoghH (I, p. x\nt), ne fnil <|UF la lUEutionni'r <m pnawnl, août In titra H'Hytloria CharUi {?• 605-615}. .1 Celle version, ajoule M. KotBchwilï, luit le texte de la vieille chanson franr'iiisp, i\nnl l'Iti- allongo ^''ulenienl les defcripliens. (Juand elle s'éloigne de l'af-
rdiiil.tii'pri (r. li-". r'iic -'«l (l'aiTiinl nvt'r |n Knrhmdgiivt-tagll. » Depuis
i(ii.-[i[ii- •II' ■ l.ii !■.■ \--\\t- ciirii'in ^i ■'■W- ini[priiri> iii.iC une traduction,
]iM "•{ ■'■]:■ ■ ■ l'i.liijiiri ili' M I' ',i<l HiiCmmiiii. I]npriinë, mais non
[■■■•• I ■■:' . i Mr. l'.ir .-, ■ il i-Mi'i L ,1 ili -M-i-i ijn'il soîl onfln mil A
1.1 ili-i'i-iii. I :|i( {.ii'.l ■■ ■■ l.i' \''i'jiiiji- lijjiin- r'|,Mli> lit rlaris in Conipilatiaii
anglaise M\taK-i- Charlcmigne fl linlawl, qui eit .inaloguu au Charitmagtu de Girard d'Amiens et au Kari Meinet allemand. —d,En II aile. (Test en Italie que Beuett, moine du mont Soracte au x* siècle, a sans doute inti-n lé celle fablo que M.irino Sanuto a reproduite dans ses Sécréta fidelium Crucia{comm. du xlViîieie, lib. JII, purs m, cap. VI et ViiJ. — Le Fiafffio d'i Carlo Hogno in Etpagna est une œuvre du Xiv ou du xv* litcle que M. Cenili a publiée à Bologne en 1S71. Il eanvient de la rapprocher de 11 Spagna en prose que J'on avait jadis dasife parmi les Heali. On y trouve (Ceruli, 1. 1,, p. 170 cl luiv.) une version en proie du Voyagf à JérutaUm qui nous icmble dériver d'un poème franeD-ilalien. Kl c'est i ce poëme aujourd'hui dis]iaru que l'on esl sans doute rodevablo de toute la dilTasian de notre lé(;ende en Italie. Nous donnons plus loin une analyse dèiniliér de la partie du Viaggio qui répond i notre vieille chanson. M. Ceruli iVinggio di Carlo ilagno, p. xlv) s nipproehé de la scène des gabi un pclil por.ine iwlien conservé dans un manmiril de l'Ambrosieune et inlitnié ; tr l'anluifioni di ulcuni baroaidi Carlo. Ce poênie, où il ^cr.iil absolument témArnïri' di- voir avec M. Ceruli un fragm-:nt de chanson épique, n'offre on réalité auconc l'i'sscniblnnee avec la seconde partie du Voyage à Conxlantinoplv.Cliama ile5 l'iiirs y prend la parole, y raconte sa vie et y Tait son éloge : lo lono i gran Salanione ili Bertagna;— Coronaiforo porta mio capo, etc. L'édilcur italien ei'iL niii'u\ Cnit de nous Pournir la date et l'indication exacte du manuscrit de rAmhrosienne.= IO-Thavauï Oost CE POÈME a ÉTÉ j.'ukbt. a et b. Dans l'fîifloire de l'Acad. lia interipHont, au tome XXI (qui Ait publié eu 17IJ4j. parurent deux Méiuaires fort intéressauls, l'un de l'abbé Lebçuf : E-tamen critiqw de Imia hinl&irtx icandateuseï d«nl CharUinagtte ttt le tujel: l'autre de M. de Foncemagno : Examen de In Iniditiiiit hL-'Iorii/ue louchant te voyage de Charlemagtie àJinualem. — l.'al<l< ' l.< '.•■-nf -- i.;...-!; de démonlrer(p. 13T) que la
légende latine où est rn{>{i. r I ^->', que l'Iter Jeroiolimitàmàm,
en d'autres termes, (Tut Tilm : < i I.' Saint-Donisdonlle'butétail
d'accréditer de prétendiii's i. I i<i .- iH' • ni.' avait Iraniportéea d'Aix-la- ' Clinpi'lieâ Paris '.Cr. Lainbi. kj-, i.:i„imk:ii,<, h .le Augiata Ribliotheea Citsareii • rj'iiMuiifiKi (Vienne, 1'Mi-'i el s*.), 11. ilGJ, — r el (*, Déj.i, au siècle précédent.
.1 JERUSALEM ET A CO,\STANTL\0FI.E. il\)
> chevaliers. — Si les Français sont <le votre avis, je m'y raii-
> gérai; — Mais, si vous m'avez menlî, vous me le payerez -
m (t. V, Supplémwt, p. 66-71 j, m Kart der CnMiEJp. 100), une anllqur ;. Mais c'iSUil en 18U, ri t'nn avait it été tenl^, lui austi, pnr In qu'on auurp filre spirilUPl :
-.. m, p. S3y-!8t.>ct a *
teP. L«oinle,di! l'Oratoin-, availdann ses Annote» «cdétiiiiitiftiM.àraniKSo 800, dëuiunlré la fausseté dB celle légende. Et, eu 1715, il en araït été question dans le Jfgnaj^idTUi.— e. La HUitiothtque des romans, en 1777 (octobre, l,p. 131),se proposa de faire connaître ce roman à ses lecteurs, elle dénguracn te reprodui- — /".EnlTSi, fînillanlundonna un abrégé au tome (Il de son llatoire de Chaflenuioiie(p. 398-403). — ?. M. dePaulmy. eu l7SH,réBUmnlamème légende dam ses llilatigalirà d'une grande bthliùlhéqueiyi, Uetsuiv.), — A. Ce tut la mente ann^c que parurent Ice (Euvres de Nivelle de laCli»iu»ie (5 vol. ia-lS, hria) : eepère denosdranialurgesniodi'niesa également essaifé de rt le vieux poëuK, ou plutflt d'en offrir m ' ' '
— i. En AtLeiaagne,Bredawpubli3dans Iraductinn allemande de la légende latin |Kii Traprit à ces fables, — j. H. J. Cliéi tctne des gabs i^l en avait fuit le s^jet d'ui iattinele* (Œuvres de M. J.Chinier, 18'.
1. IV, p. 15i). — k. Dans ses Archiveâ publiée* i Hanovre, H. Perli fludin en I8U le texte itu moine Benoît du montSoracLc (t.T, p. 148, U9). — I. llilcv.iii [itU! lard (en 1838) consacrer a ce mSmc passage une Note très-intéressante rin tes SeHptDrer (I. III, p.'710). — m. n. n. Notre légende fixa l'attention île
■s, Ilûlonj ofChlvalry (Londres, 1830, p. 319); de M. Raynouard (younio/ ietMvmtt, 1833, p. S9-73), de l'abbé Delarue (Bardes, Tronvires et JontteuTt, 183i). — p. J- Wilben eonsacra un des Appendices de son HUloire dex troisurfe» (1807-1833) à étudier le > vojage fabuleux dcChartemagno enP.^les■ . Un(i • (CocAicAle der /freuiiiijfe, crste Beilage : lielier den Fabtlha/Jen lug Kvil de» Grouen nach Pateitina). — q. Le tome WIIl de rffiifnîre litléraire I en 1835; il canleniJI une Nolîee importante tous ec titre : • Awinyine, HT du Vouf^e d* durlemagne à Jirasaleni > (pp. 704-7U). Cette NoUcr ^Isignée par M. Amaury buval, qui la conclut en ces termes: ■ Il jra eertes it l'imagination dftni ci-> poËmcs; mais quel étrange mélange d'idées supersti' UcuMs, ehevalercsquei, fantastiques, grossïires 1 l.'Odjissée est aussi le récit n njaga d'un guerrier: elle contient beaucoup de fables ot de prodiges. Qui Merail eoApnrer "titre eux les deux poënies?«M.'AmanrjDuvBl cite un eerlain Itre di- VIT' il" f'"'!"'!' ■ i-Vbi m. Raynou.ird qui lui avait communiqué une ■ criiiii.i. ■ ■ I- . .rr,. .,,, ■ niii-i.- rhanson. — r. L'édition de Francisque Hichel omiii' " ' " , .)l>liéeiLoudresen1836. — i.l.Ën18iS, MH.Nolle
lel-T ' ..' iiti' pni^mc une des excellentes Notices de leur
CtsAichte <!'■! r.!Vi:'iir..:i'.,iir,\ natwtiAl Lileratur (U, p. 81; vuj, aussi Ideler. Sgàthard, 11, p. l">-'i;,— ". I,a même année, M. Grœsse écrivait, dans son Dîf ■ gFMMn Sageiikreise dei MitlelitlteTs, une aulru Notice bibliograpliiquc sur 1<' " VB et •nrCalint (VII, 31!).— ». M. Paulin Parisa donnéen français l'analpe i\ë notre romun dans le premier volume du JahrhSch /ïlr miuanûelte tind tche Litfrntur (185U, p. rj8-âtlj. — jr. Dans ses Origiiieii littéraires de la ice, M. Lonii Noiand a publié une ancienne traduction de l'Iter, légende btine qu'il a également nnal^iée et miK en lumiùre avec le plusgrnnd soin (l'Hri:<, IHS3). Cette élude avait d'abord paru dans laAevAe archêolog. (18GI, p. 37 et si.).
— p. H. Gaston l>aris a consacra â cette bble un des meilJeinsetinpilres de sou WtMnpoéUquedeClutrlemagtieip. 55, et p. 33i,el soiv.). Il élailspiielé i étri' in JMr celui de tous les érudils qui s'oecuperail le plus de notre chansnn. — I. En lïliS7, parut le tome II de ta première édition des Épopées françaises, où 1« Vogêge était analysé longuement (p. 3RII et snîv.) et accompagné d'une police "' "on metlail "n relief li> prneiW dont «'é1a.it serti Benidl, ini'in" iln m"nl
t» ANALYSE ni; VOVACK DE CIIARLE«AGSE
» chpr : — Je tous Irancheraî la léle avec mon f pfe li'aciDr. — ■ I Empereur, dit-elle, ne vous en conrroucei, — Il est plus riche
Soraclc, pour donncT coan 1 «tte Table d'un pèlerinage de ChorlcmagHc en Orii;nl(pp- ses. 366).— od. En;i8TI.M.Oniti fit paratlre i Bolognc^iinp 5pairM pn prow, d'après un manuieril du Ti' siècle conserve 1 la bibliathËque de Pavie. mus ce litre qui lui-même est ancien : Il Vûgipo di Carlo Uagno m Eipagna per coaquitUre il cammino rfi S. Gùkoiuo (3 roi. in-18, cliei Roiiiai;noti). !lous n'avoni pu â critiquer ici l'inlroduction de M. Ceniti, on trop d'emprunts sont fait* à l'Ilùtoire poétique de Cbarlemagne de H. G. Paris; mais nouii dcvoni signnler l'inl^rfi qup pn^tente, dans le texte italien du moyen kgf, Mtte version du Voyagt (II, p. 1 10 et suit.), qui ett pleine de traili ori(;in.iut «t étranges. — bb. Trois ans après, dans un excellent article de la BiblioVtèque de CEeoU de» cltartei (1871, p. SlSctss,}, M, luIeiLairélndlait, avec une subtil ild remarquable, un munascrilde la Bibliothèque nationale (lai. 13710, fin du Xii* siècle), oi!i il noua faisait voirie point de départ, la maquette des Crnntfei Chroniqua de Saint-Denis. Cette compilation, d'après M. Lair, i serait l'ieuTre de quelque disciple de Suger oj d'un de ces abbés de Saint-Denis, ses tucceslunirs, qui, associa par la juste confiance des rois i la direction des atTaires, eurent à cœur de commencer pour la poitériti l'histoire delaPatrii^rrançaisct. Or, sur les premiers feuillets de son manuscrit, le compitotcur transcrit in exletuo la légende latine du vojaite, Vller Jeroêolimilanum, et il propose, pin) loin, d'introduire ce mBme docunient, avec une Vit de âaini Gitlei et In r.hreniquo deTurpin, dansic corps de ses Chroniques onlcicllei (ilTona Geiln), et au milieu des documente les plus sérieusement historiques ( inf erjionendum untti Egidii, lier JerotolimitaHHm et htoria Tilpini in Hupania). Celle intercalation scandateuie n'a pas été du re«te pratiquée dam les A'oi>a Geila du manuscrit ISTIO (1. 1. p. .^)59) et l'onn'apai osé la réaliiei* dans les Crandei Chrofiift»ei avant le règne de Charles VI (firanJ«(CAroiti4iiei,édit. Paulin Paris, II, p. 171). L'artii^le de M. Lair n'en jette pas moins une vive lumière sur notre ■ujeL Seulement, le savant critique a tort d'adribuer • à quelque inllueneo de clocher ■ l'insertion projcti^e, dans le corps des Xora Guta, d'un cliopitre sur saint Gilles. > Ce saint, en effet, a joué un râlo très-important dans la l^ende de Charlemagne, et sa Vie, avec te faux Turpin et ['lier, forme réellement toute uneHisIoire apocryphe dn grand Empereur. Un vitrail de la Itn du xii\iièc)a^ dont nous parlerons plus loin, est un réiumé de ces troia documenls ijnnt le lion est évident. — ce. ■ La mime année, H. Gustave Storm étudiait ta ferme que notre légende a reçue daiia la Karltmagniu-tttga, cl comparait avec «oin les versions danoise et suédoise de notre vieux poëtne {Sagt^rtfltetie om Karl denSInreog Didrik af Item hosde norduke FM. ^ Et Bidrag fil mUledalderenu Jif[ewweHù(orie,arCu!tavo Storm :Kri5liania, 187*, pp. 59-63 et !Ha.«i5). — dd. L'année suivante, paraissait l'ouvrage de Kolbing : Zurailerat rdnuinlitchen Ltteratur im Norden [Germania, 1875, p. ai), qui ouvrait de nauvellei vuii.'s aux travailleurs. L'auteur y complète et y rectille les récits et éclaircissements donnés par G. Storm sur la Karlamagimi-taga et ses dérivés. — et. Dès l'année 1875, le W Ed. KuIschwiU faisait paraître dans les AontawscAe ^Indien (Il,p. 1)une première étude [/eAerdieChanaon du Vojage à Jérusalem, dont H. Gaston Paris so hatail de donner dans la Romania un résumé Irèssabtlnntiel ni li'êi-fomplcl(l87.'i, p.^SOR). — /T- Le D'Kntschwiti ne devait passe contenter longtemps de ses prL'mières recherches, «t, en IBTG, il nous donnait nu second travail : Deber lieferuag iiad Spradit der Chanson du Voj.ige de Charlemagne i Jéruanlem et A Constantinople, eine IrritlKhe Vntermehung (lleilhronn, 1870). C'est A In langue du Koi/i'î' 1"'^st consacrée la plu»gr.inaep!irtiedc celtn utile lirarhurp (pp. 20-93); mais on amail lorl dp
.1 JEni'SALFJI ET A CONSTANTimPLK. iSI
> en argent, on or, en deniers, — Mais il n'est mie si preux ni si
> bon chevalier, — Pour férir en bataille et poursuivre les païens, u -
négliger la première partie, où l'érudît illpmand esiaje de <lreiicr une clniai- Oeation ibi manuscrils du Voijagt qui ont ionnt lieu aux ililTérentc» venions frarifaisci et élrangiresfvov. le «Tableau rteilliation ■ clelapagelS;, Cette nouvelle <Buvre de H. KoUcliwilc fui sigualËe k l'attenllon ilii public par M. d. Pari» dans b tiotnaiûa de janvier 1877 (p. 146). — gg. (^pendant le ChaTUmagne île N, Alphonse Vétaull avait paru à Tours vsri l.i lin de 1871), Au nombre îles gninilet planches hors texte qui ornent ce volume de luxe, deux i^t.iient contterirs A la reproduction d'un vitrail de Chartres oA est exposée en couleurs la légende du Voijagt en même temps que celle de Ronceuaiui et de saiiiL Gilles. Ce vitrail avait i^ té jusque-là mul déchilTrë iTiiuleurde \'éd<ÙTCiiitmenl IV iV\ CharUmagne en donna une lecture plus cxnete el le rapprocha de I7ler Jrro- «ptûmbiniini. — hit. Le 7 décembre 1877, .ivait lieu, au palais di- l'Institut, hi i^ace publique annuelle do l'Acad amie des inscriplions. Apr^slc • Itiipporl.iur le* prix de l'année i et t l'ÉUigo de ti. de Tlougé i, la parole Fui diJiin<<e A H' Ctsion Paris, qui lut un Mémoire sur la C/wnwn du pèleràtage de Chtirltmtfne. Vous avons en lieir d'en iliscuter plus haut les conclusions ; mais il faut «onslaler que le succès de cette leelure fut ciHnpIel el qu'elle servit singuliËremenlâ populariser noire vieille épopée :• L'esprit de notre petit poi.'me,dil U. Ctiilon ParisA In Tin de son discours, est éminemment parisien. Je meUgurii le plaisir que durent éprouver i l'entendre pour la première Tois, chanté sans doute par son auteur, avec accompagnement de vielle, les Parisiens qui, lljn environ huit siècles, assistaient à la foire del'Snilil, Tout se réunissait pour les Charmer dans ce conte vlf.et singulier, où ils Apprenaient l'origine des reliques qu'ils venaient de vénérer A Saiot-Denis, où ils vojraienlle roi ide Paris > triompher si mervcillBu sèment de celui de Constant! no pie, où le bel Olivier gagnait si vile et traitait si généreusement l'amour de la princesse byzantine, où étaient rACuntét tant de beaux miracles et d'aventures imprévues, le tout i la plus grande gloire des Fruiitais. ils se sentirent remplis île vènémlion A l'aspect <l« Charles entouré de ses Pairs, assis aux pl.-icos de Jésus el de ses ApAIrcs; lia (onpirtront i la pensée des saints lieux que les héros du poëme avaient eu le bottheur d'adorer ; mais ils rirent de bon cixur, avec leurs femmes, des gabs de* douie Pairs et de la piteuse mine du roi Hugnn. Et surtout ils renièrent convaincus que jamais, que nulle nation ne pouvait sa coni- Fraiifait de France, n En quelque psjs que nous venions, répétaienttoujours ra\AntagG, Ja ne vendroru en terre iment où nous écrivons ces ligues (mars 1BT8), n livre nouveau sur notre vieux poÉme et Tîn- I regard l'un de l'autre, les Irois textes en prose is. n-. U70 de la Uibliothèque nationale et du qui avait eu le même projet promet une série d'arlicics,
il* avec le poëte, n Milne ne teit li lot. ■ — Ai M. Kolaeliwitx nous annonc leotion où il est d'y publiei dams, de l'Arsenal 3351, d GfJim iocunablo. — D'un autre cdié, M. G. Paris, ■ renonce en faveur de H, Sotschwitz, j
daits la Aotnanùi, sur le Voijage et sur le Lendit. — On attend toujours tion de H. Conrad Hofmann, et il faut espérer que M. Gaston Paris voudra publier lui-même un texte qu'il a si longtemps et si profondément étudié. — tl'VAun)* LtnUAiRR. Dans notre première édition des Épopée) (II. p. ÎS3), Rtai nous étions peut-être montré sévère i l'endroit du Vni/age; • Prumière partie, iTaîuient épique el parfois sublime ; seconde purlie, obscènf et ridicule, • Le lecteur devra corriger ce qu'il j a d'excessif dans ce senUmcnt et dans Mtre analyse avec la pagf' ilr M. Gaston Paris que nous avons imitée plus haut. Lm deux parties de noire poème sont bien d'un seul et même auleur, mais qui, dans la première, s'pjI proposé de plaire niix liarnns. eldanslasecoiideanibnur-
îBî ANALYSE W VOYAGE DE CIIAltLEHAGSE
— Quand la Reine entendit combien Charles est irrité, — Forte- ' meni se repent, veut lui tomber aux pieds : — « Empereur, lui
geoii du Leniiil. Sans doute, comme le dit M. ■>. Pnrii, • l'auteur du Rolatfut aurnil ïccoub la ICIo 1 ces liadiniiges hardis > ; muii, 1 coup lûr, te poêla du Voyage ii'a pas voulu écrijv: une parodie de not Chanions de geste. 'Ha voulu aciilcnipnl Taire rira, non pas aux dépeus de Charlema^e el de la poi-tic •-|)ique. mais bien aux dépeni du roi Hugon, de tous ceux qui pré- IcDilraîeiit i^trc plus puiasanti, plui maenifiquea ou plui m«lin» que le» FranniiA. I>nr l'iiiprilqui ranime, mélange de bonliomii^ et de ftinlhronuBde, par In malice de son style el par plus d'un trait de diîinil, le Voyage rappelk, i itualru sitcles de dislancr-, te charmant roman de Jean de Pari». ■ N'était le gab d'Olivier, nous souscririons vulontiers ao jugement de M. G. Paris; mais nous rcgardo«R comme un devoir de prolesler, nu nom de la morale et du bon goût Égalemenl outragea, contre cet épisode par trop croustillant, qui n'a vraimi'nl rien de parisien etqui décidément est par trop gaulois.
II. ELEMENTS HISTORIQUES DU VOYAGE DE CHARLEMAGflE A JÉRUSALEM ET A COSSTANTINOPLE. — Qn peut scienlidqueraent établir les propotilioni suivantes :1- Dant leVoyagcdeCImrleniagne J£rulalem olùConslantinople, Toci ESi fabuleux. — TU est nèmmoin* certain g«e Chartemagne s'eut préoccupe de la titualion det ehrétieH* dt la Terre-Sainte, et qt'â teffél île leur tienir en aide, Q a entretmiu d^ejteUentex relation* aiw le celtfe llaroitn-al-Ra»clùd, gui lai fil de beaux pràenli. — 3" Il véevt OHM) daru itn« tiilime alliance avec lei empereun yic^rhnre, ttieliet et Léon. — i' Trêi-historiquet sont igalement sa rapporlt avec te Patriardie de Jéniulem, legvel, «iTOU et en BOO, fui adretia de précieuiet reliquet avec let eleft du Saint-Sqititere et du Calvaire.— S' Cluirlei envoya lui-même UM amliasiade en Orient, chargée de set donipow les Lieux laintl. — Tous res faits sont atlcsléi par plusieurs textes historiques : n. Egiiihard, en sa l^ila A'arolt.'iCircapauperessustcnlandoiotgi'ataitamliburaliliilcmdcvotissimiia.ut,
• quilraas maria i» Sijriamet .€g;ptumaliius Arricam, Hieronolgmit, Alexandrie
■ atque t^rthajiini, ubi ehriatîanos in paupeiiale vivere eompererat, penuri» < illorum oompaliens, pecuniam raittcre lolebat, ob hoo maxime trantmariii norum regum amicilias expelens ulchrislianis sub eonim domina lu degentibus 1 refrigiTium sliquod ac relcvatio proltcerel.>(Cap.xx\il.JCElexle>élé reproduit pur Hugues de Saint-Victon't publié dans ses fxrerpfionef, lib.X.cap.viiiietc,
— ■ Cum Aaron, rege l*crsarum. qui, excepta In di a, lolum pêne Urienleui lenriial, IF talem habiiil in amicllia concordiam ut ïs gratiom ejus omnium qui in tolo orbe
■ terrarum crnnt regum se principum arnicitiie pmponeret snluuiqueillum honore
■ ae magniDcentia aibi colendum judicaret. Ac proinde, cum legall ejus, qung
• cum donariis ad sacraliasimum Domini ac Sulvalorit nostri Bcpulchrum locnm-
• que resurrrctionis miterai, ad eum venisscnt et ai doroini sui voluntalem indi-
• cassent, non solum qurc [lotebanlur fleri piirmiilt, sed eliim sacrum illum l>1 > lalularem locum ut in tllius potestate adscribcretur conceesit el, rerertentibus ilegalia suas adj un gens, inter vesles et aromaUiclcœlcras Orienlalium terrarum
■ opes, ingenlia itii doua dircxit. . . Imperalores Constantlnopolilani ad eum xlcgalos miscrunl, cum quibusAEdusDraiisaimumatnluit.i (Cip. xvi. Ce texte n été reproduit par tiuillaume de Tyr, I, cap. lit, etc.) — b. L'unlcurdcs.lmra/M longlem'ps altrihuées i Eginlinrd, et qui est sans doul^ Angilberl (ann. 799), ajoute aux rails précédcnis les indications suivantes : ■ Nonuchus quidam,
■ lie Hleroaolyma veniens, brnMictionem el reliquias de luco resiirrectionii •■dominii-ip, qua:- l'atriarclia Régi miserai, delulit. Et rcx '/.urlwri»™ q ndam
A JÉRUSALEM ET A COUSTAXTINOPLB. Î83
> ilil-elle, pardon pour l'amour de Dieu. — Je suis votre femme, » et roulais plaisanter. — Si vous le commandez, je m'excuserai -
> lUA aij illa veneranila Iota ilererenila cmntnisit. ■ — i Ann. SOO. Eadcm ilie
• Zschnrias prcsbytrr. qiiem rex Hlerosolymam miserai, clim duobu» manBcliis ■ quos Pairiarclin cuin eo nJ Regem misil, Romani vem't; qui, liRnciliclioiiiii
• gTiilia, duvei Sepiilchri dominld n« loci Calvrtriic cum vcxillo delulcrunt. > Cï* deux dcrnfcra textes otil élé rqiraduits dans les Annala Lauriiaaut* (PerU, 1, I8B], dans lai Annala Fraacorum vulgo Tittani mmeupali UH^oriait lU France, \,i3}. d»m \es Annales Mrtautêiibid., p. 350I, dan» les CkroHiipiet de Samt-DeHu (ibid., 908), etc. Cf. les textes anilngucs du PoPle «amn, d«la Chronique de Haiisac el delà Cliraniqiie d'Adon (llalorûnide France, \, 167, 1%, 3S0|, — 6* L'origine de la fable du voyage à JèTusalem doit innu itovU être rappnrtie à Benoit, moine du mont Soracit, qui l'est bomi 6 faltilier indignement un texte if Eginhûnl et à remplacer lei motf legati régis n par le wiol ' rex ■. C'est ee quo nous allons dimontrer tout 1 l'Imurc.
ni. VAniANTES rr MODIFIUTIO^IS DK la LËCËNDIi:. — Le Vo-jage de CImrkmHgiie a Jérutalem et à Coniianlinople est, indépendamment de notre pnfioe, l'objet d'i'nviron trente récits légendaires dont nous allons Taïre l'éniimi^tion -. I* Un Traj^ent de la Chronique de Benoll, moine de Saint-ilndr6 mi DMiil Sorartr, moit vers 908. — 3' Une li'fen.de latine anonyme, oonnuo sous ]'. nom d'/ler Jeroiotimltanum, qui titl sont doute écrite vers 1060-80, et qui ruius cit conscrt-éc dncis le manuscrit de la Bibli'itnèquc nationale, tsi. 13710 IHn ilu \ii* siircle) : > Descr^lio quatiler Carolut Mngtiut clamim el coronam Demini II Comtantinrtpi^i A^Ugrani atlulerit qvnlileniiu Carolui Calvuf bœc «i Sanclam-Diontiiium reluUril. t Cette léeendc u élé nbr^éc et co^denséc^ ; «. par Hjlinand. qui éeriviiit sôus Philippe-Auguste ; b. par. Vincent de Beaunù Ml niu* ciècle, qui cite Hélinand en ion Spéculum bktonale (lib. SXtV. tip. iv); (, par Harino Snnula : Seerela fidelium Cmcà (lib. 111, pari lU, eip. VI et vu; première nioHié du xiv' siicle). Nous parlerons plus loin des ViilucUons dont elle a été l'objet depuis le Xi il* jusqu'au xv siècle. — 3* Les Annttle* Elnoaeiaei mîunrM, qui s'arrêtent en lUGt. — t' La Chanion île noland (dont ou peut placer la rédaclion entre les années lUSH el 1095). — S* La Chronjf Hf de Pierre Tudebode (commencement du xn" siècle). — 6" l.n CArontfM i(« TiirpiR(en(rell09 et ]tl9),cap. XX. — T* Un vitrail de la callié- Arale île Cbftrires 'Itn du xit> siècle ou commencement du Xtirj, consacré à Vller IrrMOtimilanum. A la Chronique de Turpin et i la Vie de saint Gilles.— 8" L-n Iragment de Pierre l^meslor imorl en 1178). — 9" Cui de Basoehei (mort en liOS}. eilé par Auhri de Troi^-Fantainec. — 10" Richard de Clunf, Un tlu Ilfribele. — M* Les dilTércnles versions du Galien en vers, qui ne sont [loini FUvonnei jusqu'à nous el qui étaient du xiu* siècle. — 13* La Karlamagnm- ■■Sa|IIIt*uèele)irésnméednusle Keiirr Karl Magma's Kronike, irutTS danoise ■la !IV*«ièeIe. — 13' LaCftronigue de Tournai (xiu" siècle). — 14* La Chro- •i«K de Philippe Ho'uskes (xui* siècle; vers 1003! Pt suiv.). — l5°La J/orl tAilMfi de Sarbonne, t\\»t\toade geste du iiH'sitcle.— 16' Le Charlemagne le Cirord d'Amiens (eommeneement du xiv siècle, Bibl. nat., fr. TTtl. (• 131lU r). — 17" Le Kart Heinet, corn pilai ion nllcmnnde du comme ne i-mi^nl du Vf liicle. — 18" Le Charlf^nagne et tiolani, eompilntion anglaise aniikigue % celle de noire Girard el au Karl Meinet. — <S' Le De velerum i>niiiipum gurnianortim nlo ft fervor* in clirationam reOgionem, de Léopold du HeUi'utmrg.mêquedi'Bjinilierg vers I3i0, — ÏO"Lo Viaggio de Carlo Magnii m Eipa- JM, cnmiiîlalirin ÎLilienno du xv* siècle, composée d'après des poi^iiii-* fi .incDilalÎFiis du xiir, ~ ;i" La drrnière rédiniinn des Gramiet Chroniqn" de Satitl-