PRÉFACE DE LÀ PREMIÈRE ÉDITION
Les pbis beaux passapet
de
tous nos Romans
sont traduits
dans le cours
de ces analyses,
et composent
une Anàwlogie
épique.
pas les défigurer comme lui, en donnant à leurs personnages le langage, le caractère et l'habit de nos contemporains. Mous voulons enfin publier une Bibliothèque bkue à l'usage de tous, et même à l'usage des savants. Mais cette Bibliothèque bleue, au lieu d'en emprunter les éléments aux méchants romans en prose, aux remaniements des xv* et xvi* siècles, nous l'écrivons uniquement d'après les plus anciennes versions de chaque poëme, d'après les manuscrits des xiP et xiii° siècles que nous avons sans cesse devant nos yeux, avec des scrupules d'exactitude que n'ont pas connus les imitateurs modernes de nos Épopées. Nous avons été plus loin, et avons voulu en outre traduire les plus beaux passages de nos poètes nationaux, de telle sorte que cette partie de notre œuvre contint une véritable Anthologie de nos Chansons de geste.
Quant aux portraits de nos héros épiques, ils formeront une galerie à laquelle nos lecteurs voudront peut-être attacher quelque intérêt. Il était temps d'ouvrir à la gloire oubliée des Ogier et des Renaud, des Roland et des Olivier, une sorte de musée dont leurs figures fissent tout Tornement. C'est ce que nous avons tenté de faire. Nous n'avons pas voulu d'ailleurs flatter le portrait de ces vieux représentants de la race française, et nous n'avons pas à rougir de la* partialité d'un seul coup de pinceau.
L'auteur de V Histoire poétique de Charlemagne félicite quelque part M. Sîmrock d'avoir entrepris, dans son Kerhngisches Heldenbuch, un Recueil de petits poèmes ou de ballades carlovingiennes. Et M. Gaston Paris ajoute : « Le livre de H. Simrock est charmant. Entre les mains des poètes allemands, surtout de Louis Ulhand^et de M. Simrock lui-même, les anciens récits ont repris une fraîcheur nouvelle. La France, vraie patrie de la plupart d'entre eux, ne les a pas encore aussi bien compris ni autant aimés. »
Nous nous somipes proposé le même but que Simrock. Puissions-nous l'avoir atteint comme lui ! Et plaise à Dieu qu'après notre travail, on ne puisse plus dire que a la France n'aime pas son Épopée nationale ! »