ÊLÊMtiSTS HISTORIOCES DE LA LÉGE^DE
.VSALÏSE BU IJALIES
F lemeot sévère. Il avail imposé à Jacqueline un véritable texil. PainTc, les yeux en picui-s, l'àino pleine de tris-
c tradilion lêgendjin
I tomplélemiuil fiibultux ; il o'eU même pas Tonilé wr
I Tmil J Ml lie oanvenlion; laiit y est faux. C'est ua v C J* flua modono et le [iliis niiiuvsii de ce mot.
lU. VAKI&.1TBS ET MODIFICATIONS DE LA LËCtNDE. ~ Lci principalu tonnes qu'ail rcvClua U Uecndo de Catien soiil lot suiYunli!*: I' Un potian (rancait du comment ctucnl du xur et ^ un pocme Oancu-Î talion du »ir bÎïcI», iiililulû Galtmtt. Ni l'un ni Tautrc ne sont pnrveiiut jusqu'il nous, et nuus pouvons wuiffinfint i-uajer de li» reiLituer avec le Viagjjio. — ^ Un pxumn de la fin du mt' «ïèole que noui pouvoni reconstruire avec te manuscrit 33&1 du l'irsciwl, le manuscrit IflO de in ElïbliotliiquanHtiotialeBllQ (Malien incunable. -- i'Lf Viaggioin yi;Hi0)U,CDnipjlatian italienne duKv'iièclc, d'aprtt uneaâriu ■ ' * franco-iuliens du Jini* ou du xiv siÈcle. — 5" Lo manuKrit fr. liTO
■ 4c ia Bibliothèque nationale, W siècle.— G' Le manuserit <lti l'Arsenal 33&1 (ntie.
II 8. L. F. 39S). iV siicle, — 7- Le Golie» ineuniJblo (XV-xvi* si^le), eopid sur ■'■M vertkm manuecrile en prose du xv*. — 8' Le Giàeria ilt iloHtglave incu- Lnble, qui dérive d'un manuscrit du xv analogue à celui do l'Arunnl. Nous ^■Uoru retenir avrc quelque! détails, sur chacune de ces niodilkn lions.
I. 3<aus croyons que, dès le coni'nKncement du xili* siè«lL>, un premici' Oa-
enaéli composa dans l'Ile-dc-Pranco. Nous avons développé plus haut les rai-
m* qui nous conduisent il cette hjpolhèsc. Dans la couipilnliun en prose ÎUl-
enne du if siècle qui ost connue sous le nom de Viaggio di Carlo Uauno in
fMÇtui, le GalenHl est certainement emprunté à quelque poSmo rranro-ilnlinn
u XIU* siècle. Or, il n'est pas probable que co poKme rraiioD-lLalien ail été la
remière œuvre consacrée au Gis d'Olivier, el il est bien plus iinlurel du penser
.u'un poHe rran;ais, vojani le suceis du Voyage à Jtriualem, aura voulu,
Ld'asset bonne heure, lui donner une suîli;. Cette suite a de, i l'iirijine, être
1 Voyage à Jénualem et otTrir une afllibuintion aussi simple que celle
r du Viaggio m lipagna : naissance de Galien à Conslantlnoplo; ses promiârna
i révélation qui lui est faite par sa mère ilii secret du sa naissance;
(lépart pour la France; arrivée à Roncevaux; mort d'Oliviei'; Kxploilt du Galien,
•Jiù menrl, sous les murs de Sariigassc, dnns la gmiide batoillo vnnLm Kaliyanl.
II ) avail li matière à Irnis ou quatre mille vers. Tel aurait été le Galim pri-
. BiliT; mais nous iiommes bien forcé de convenir que son existonce n'est encore
L qu'une hjrpothèse.
k 9. Il a existé un poome franco- italien du xili* siècle, dont l'affabulation devait •
■ Atre cuclemcnl celle du Cdlieii primitiT avec quelques Irails particuliers, nue l'iiitraduction du roi de Portugal, qui remplace ici la roi Hu^^u ; cuninit^ li le mot GaUant au lieu de Galien, etc. Voj. plus loin le résumé du Viag-
l-fù : celle prose du xv* siècle doit reproduire cxaetemenl les vert du Xlll*. 3. Pour reiwnilrulre lcC«fienen vers de la lin du xitl* tVicla, nousavons Unis Mémentc : a. le manuscrit ^351 de l'Arsuiiali b. le manuscrit du lu Ribliolhèiiua maie 147U; c. le Galien iiicunahle. Hais en réalité le manuscrit de l'Arse- « nous est pas de grande ressource, parce que l'auteur de cette compila- •II prose ne suit pas son iiriifînal d'astci près, cl qu'il l'abréfo ou lo déi l'excès. Il n'en csl pas ainsi du maimsorit U7(l et du Calieii incunable. euiM de CCI deux namiliinis calque le roman en vers : mai) rhacuiin le HcalqiM i ea bçon. De là ces vers ou frapnents do vers que l'on trouve dans ■'fiaat qui ne se renconlrent pas d.ius Tiulre, et réciprixiucmenl. A lu auilc de K<lueiin de* morceaux que nous alluns restituer, nous iiiiblicruns b: texto cur- Inspondanl du manuscrit 1470 et celui ilc l'iricunidile. Il n'est pas besoin
•l'Ulivw h> Jn-dwlln
ANALYSE DU GAUEt\-
Icssc, celle nui avait consenti à être la concubine d'Olivier fut fort heureuse de trouver un asile dans je ne
d'ajouter que, dnni notre reslilulion, it ]r a nécessairement un certain nombre d'éléraônli hjpalliétiquH; nnui ne jugeons pas qu'il soit nécessaire de lessigunler à nos iMteun, et îts roui prendront que, dans les cas. où nou« manquons de loote ilonniSe scicntilique, un lel procédé élatt parfois inévitable. !4ou> nous sommes bomiS à imprimer en italique le« rimes que nous ont fournies lea di'ux virsions en prose. Malgré tout, nous ne craindrions pas que l'on découvrit un manuscrit ancien de ce Catien en itn et qu'on le rapprochât de notre restitution : le texte original ne doit pas Aire fort éloigné du nAIre. Cela dit, commentons. I. Gàuui Ai^REiCD LE lîECRETDES* NATMANCE. — I' Tecte du Cofien iocunablr, édition Nicolas Bonfoni, chapitre mv. — • Or fut Galîen bien couroucé pour l'amoar itc Mn onclo que de ton etchûpùer l'avoit frappé, et se montra fort sage el rassis, et ne m voulut rei>enclier ,* nuait entra dedans lo pilais ainsi soignant, cl tint en un vergier où il trouva «a mère qui tiit bien eabah^o quanJ ulle le vit ninsi blecé, et lujr disl : ■ Ma mère, mon oncls Tliibert m'a faict jouer
■ aux gtchetl avccques luj, cl pour ce que j'aj eu roc et l'a; matté, m'a appelle
• baslard, fUi de putain et m'a donné de l'efcUfuter desaus la teste. Ainsi cjuc
• vous voyci, si ne me suis pas voulu rei'encAer pour l'amour de vont, et si ne luy
• ai dit nulle vilennic ne n'aj point voulu crier ne lencer,- mais m'en «uit venu > vers vous sans prendre noyie à luj. Je vous prie d'une chose: c'est que ne me » vucillet rien celer dccc que Je vous demandera]). —El quoj.i, disl sa mère. Et Galîen lu; disl : i Dictes mo; comment vous niâtes premier despucelée, qui est 1 mon pcrc el de quel lignage je suis. — Mon llli, dist sa mère, je le vou» diray.
■ Une fois fut que Charlemnignc et les douze Pers de France, en revenant du
• aainct Sepulchte de Hierusalem parcy, et mon père les luges et leur fiit grand
• honneur. Et U nuyi, quand Ut furent coucliei, ils se prindrent à gaber, et un
■ clerc qui oiiyt les gabs le vint raporlar i mon père, lequel jura qu'il les teroil 1 mourir s'ils n'acomplissoycnl ce qu'ils avoicnt. Alors Tun d'eux, nommé le
■ comte Olivier, dist que, s'il m'avoit inm couchtr, quïnscfois auroitma compa-
• gniesans sa; reposer; mon père me bailla à luj à qui je n'osa; relliserelBe- » complit ce qu'il avoit dicl, et ainsy flistes engendré, et est vérité. • Et Galien reipondit k la niere : • Certes il est bien fol que ce veult reprocher. Puis que je
■ suis nu de Olivier, si on m'appelle bnstard, je n'en conte un niquet. Mieux
• vaut un bastard qu'il soit hardycAefdlierquc ne feroitving couarti qui seront
• engendrez en mariage. ■ = (Cf. lems. 1170 de la Bibliothèque nationale, f' 3â.) 3° Restitution du Gaiieti en vers, d'après tes deux textes précédemment
Or Hchisi que G^ieu ii: pri» t «wniucUir Por »a Odcla qui l'ol faru de ri»clwi|iiler. Hsii il Bit mail qus mis : ne h *all rêve Or coHTiil Nul Hn|lHl liiai k paUii plnuei Bl u nars Iran nul fu dam un n niiir Bl h DBlt ubibJe quat lu vit ■■ uininiw. ■ Danw. ne Hit TElwrs jonar i rsHbequier
1 Mail, por l'anuT do ma, ne mo vols retenchier > Si n'ai uie vouId ne crlor na landar, • Et iBÎ 1 lot lanB ; m Tolt a lui luriiiar.
• laime Vks ccjiis se vïddrviU bcbcifior...
ANALYSK l>l' GÀLIEX. :KI
s«tis quelle pauvi-e maison aux enviix)ns de celte ville "part.».iv».i
» » ^ CHAI», xm.
oti SOU pèi'e portait couronne. Un jour, comme elle se
• IMivior s« \anU, >\) uioi |m^isI coiithior,
» Quinxe foi» pomnl-il à iiKti s'acc«tiiiraipii(T. " Mon liera rele nuit me Tolt à lui baillier. » Or ftt»to$ engendre, à coter nd'vos quicr.
• — Si e»l mollit fol relui qui le p«)l roprocliiei .
• Uame. ro di»l (talion, se sui filx Olitrior. «
• $*on m'appelle bastart. ih> mVn chaut un doiiier.
• Car mielx vaut un bai»tarl, s'il ost bon chevalier. « Que ne font di^ cuuars »
Quand Galien entent que d'Olivier est lix. Si en fu molt liex. mais toutes foix marrix De ce qu'il rit ses oncles estre se« eneniix. L'un 8 apela Tibert, et Fanlre ot nom Thierrix. Si pensa, en lui-mesmo, s'en iroit du yvku
II. Gauen au CHATEAi' DE Gennes. — 1* Tcxtc du inuiiuscril français 1470 Uc*
*^* Bibliothèque nationale (t^ My). — « Lors la dame fist nietlre le rlieval à l'ca-
^Ic et fist Galien et ses gens monter en la salle. Si fisl la danio aprester leur
^per, et moult bien furent seniz. Bellaude regarda moult bien Galien, ri
'^^^^ult lui sembla bel. Et puis, alla tout bellement dire à sa inerc : « Dame,
^ |H)r Dieu, ce gentil enfant qui souppe leans ressemble moult bien à Olivier. —
^ Par ma foy, dit la Duchesse, il est moult bel enfant. Si le vueil, après soupper,
* 9iontrer à mon seigneur. » Lors va tle/fermer Puis de la chambre où le Duc
•^«•t^it. Si le salua, et puis lui dist : « Sire, se vous, vous |K)uviez lever et venir
^ «n la salle, vous verriez le 1res plus bel enfant que je croy qu'onques vous ne
^ listes le pareil, ne qui mieulx ressemblast à mon filz Olivier. — Dame, dist le
^ Duc, se Dieu plaist, pour Tamour d'Olivier que moult chierement devons
• CTOfr, ne me tiendray en lit n'en chambre tant que j'aie l'enfant veii. »
^ Texte du Galien incunable, édition Nicolas Bonfons, chapitre xx. — « Incontinent la dame commanda à prendre les chevaux et à deschausscr les espe- ^^118, et puis les fist monter en liault en la salle, où le souper fut lantost appa- ^illc. El quant il fut près, fist asseoir à table Galien et Girard, son maistre, ^^près d*elle, et une fort belle lille qu'elle avoit, nommée Belaude, devant ^lien, laquelle le regarda tant que le souper dura. Quand ello Tcut bien rc- S^rdé, elle dist à sa merc bollenient : « Ma dame, je ne vous vueil celer ma
* pensée. Regardez un petit ce jeune gentilhomme. Vistes-vous oncques enfant » qui mieux ressemblast à mon frère Olivier'' — Vraycment, dist lanière, lu dis
* la vérité. C'est un beau jeune chevalier. S'ilestoil de son aagcje le prendrois
* pour luy. Après soupper, je le vueil monslrer à mon seigneur voslre pcre. » Quand ilz eurent souppé, la dame s'en alla en la chambre où mon seigneur le Duc estoit malade, et luy va dire qu'il estoit arrivé leans ung jeune gentilhomme, lequel estoit le plus bel qu'elle vit oncques, qui resembloit de toutes choses à son filz Olivier et qu'il n'y avoit point de difTérence d'eux deux, fors que de l'aage, et que, s'il se pouvoit lever pour le venir voir, qu'il n'en seroit que plus ayse. Et quand ce bon duc Régnier ouyl parler de son filz Olivier, le cueur luy alla enforcir de joyc, et dist que jamais en lict ne couchera tant qu'il ait veii la figure de l'enfant pour l'amour d'Olivier. »
3* Restitution du Galien en vers, d'après les deux textes en prose précédeui-
nient cités :
LorA la I)ucliO!(9r ii^tt le cheval cstahlcr Et Galion et m:s (;cn> en In salle monter. Et iist la bouiie dame le souper apre^tcr-- Or fu devant (ialicii la hole Audi; nu vis cUr Et, le sou|>cr durant, si I' priftt à roi^nrdor. .V S.I nioro i«Vii va tout iM-lrnu-nl pailnr,