III
ANALYSE 1)1 GALIEy.
pi'onieiiail en un charmanl jardin, elle se laissa tomber près d'une fontaine et mit an joiw un beau fils qui lui
• Dams, ns nnil, diil-4le, tdiu m I Koiilt reauble OllTltr en jwnu h
De la cbanibr* du Due t'en n l'uii drflcniw Bl lui diil : • Sir* liac, H ton mtbi Inar, • Bl «nlf en la iills. Terrri Id bucbakr :
ni. Le vii:dx doc Renier et le jedne Cauen. — t- Texte du m çaï» Ii70 lie la Bihliolhtque nationale (!" i6-i7). — • Uor» m leva In Duc, Et se partisl du la chambre. El lui et la Ducheiie vindrcal li où estoil Galien. Quant Galien eut soQppé, si lui demanda le Duc : • Amis, diwt ne de quel lien I estas Yoii», ne de quel naàimf — Sire, dist Tislien, je sujrs de la torre au
> riche roy Hugues, cl roys ai^rcher partout peur avnirnouvellet de Charlemaigne i> et do les 'Xii- Pen. — Bel cnrmt, tlist le Due, tknlost vous dirons ce que >> nouB Muroni. Kn Etpuigiic la grani vous trouverei Charlemaigne, Roland et
■ Olivier, Ogii^r aussi, le duc Naimes, l'arcevesque Turpin, Bertrand et Bcran- " gi«r. El aussi Coiielon. Et oui prina Pauipclune et Burs el Carion; et
■ n'j e«t demeuré EKlavon no Persanl. Et s'en feaaseni piefa reloumei, se
• ne feust pour la cause que le rni Manille leur n mand£ bataille. Si prie à
■ Dieu qu'i leur suit en aide. Car mon fllx j est, dnni je suis en granl toiu-
■ ptçon. • Uiiant Galicn entend le duc de Gi^nncs parler d'Olivier, si bessa le menton el rommiMica moult Tort à pluurer, tant que dei jeiilx lui ebduieni grasses larmci. Kt llelleiiudc, qui eiloit pr^ de lui, quand elle le vit plourer, SI hucli.i son père et lui disl: i Sircorvoiei vous que r«tuienranl fkil, el
■ comme tes larmes lui cliécul des yeii\x babandonnemenl. Monseigneur, disl
■ elle, je croj que vous l'aves engeuilre en quelque région. Sire, s'il est mon
• Trere, lant mimilx l'en airmcraj-je ; si vous prie que lui demandes le nom de
• ta merc. — Or lessci ccste rutiott, disl le Due; car il y a passé -xxv- ans I que je n'eui de trmme mon talent Turs que de vostre mère seuIlcmenL — I Par Dieu, dist Belleaude, il Tant donc qu'il soit mon nepveu, et que Olivier
• l'ait engendré en quelque nocion. Car il est tel conuae Olivier, t S'Texli'du Galifn incunable, édiliou Nicolas Bonrons, ch^itreix. — • Adonc
le Duc se leva et yssit de sa ebambre; el la dame l'amena là oil ils avoyenl soupe. El quand il vil l'enfant Gnlîcn, il le salua et Galien luj rendit ion salut. Puis le Diiii le print ii arraisonner, en luy demandant de quelle nation II caloil, ol Galien luy respondit : • Sire, je suis de la maison du roj de GonsUnlin. Sï
> viens on ce pays pour ouyr nouvelles de Charlemaigne et des douae Pers qui
■ soutdc granl renom.» Adonc, le Duc luifdist: • Je vous en diray ee que je sea;.
> Le roy Gharlemnignc eslon Espagne, luy cl ses barons, Roland el Olivier, l'ar-
■ chcvetqnc Turpin et le duc Naymes, Bertrand, Beranger, CantloH et Ogicr le
• Dannois et ont prina la ville de Pamp^lune cl Biirges et Carion. Dedans, si
• u'esl demouré homme uc Tcronie ne heslo ne njsciiu que tout n'en soil Tuy.
■ El de ce Toi lu cause du Torl et redoubla roy Harcille qui leur a baillé joumic;
• tIz fussent piefn relournci en France. Si prioiia chacun A Dieu que'vueïlle don-
• ner victoire .iu roy Charlccnalgnc cl aux barons qui avec lui csloienl : car on
• ncscnuroit Irouver en tout Icmande ilc plus lier Sarraiin ne plus Turlqu'cillc X rui Hurcillc. Si avons gr.itid tMpeclion que notre DIa Olivier ne demeure, • Et r|u»nd Galion uuyt pailcr d'Olivier, si bais» le menlon, et reoouuncnça £ lar-
ANALYSE DU GALIEy. 3S3
rappela Olivier. Deux fées s'abattirent aussitôt près de ce ûlaid, deUx rées, notez-le bien, et non pas Deux anges-
tnojer d«« ïl^u\ que il nvuit plus vers que un foulcon en si grand Imboiiiliincc 4(«*il tcnilitoit qu'on lui versait de t'enue dessus son chef : laquelle luy descen- 'o«l ui long des ^ux à grosses goulea. Kl Belaude, Ja flile du Duc. cuninien;a A «lire à son père lout bas qu'il regardas! comment les larmes lui chéoient des yetjx à grand {ovan, et lu; disl qu'il ne croit point qu'il ne l'eusl engendré en q«««fa|iw tointain pajs : car il ressembloit trop naturel lemettt à son frère Oli- . Et sQsii elle n'avoil pu tort ; car elk diioit vérité. Alors le pcre alla ; • Pille, tuitei vaui. Il y a plu* de vingt ans que je n'euz compagnie de • r«uune fan de vostremere. — Mon père, disl la fille, s'il esloil voitre DU, ■nieui l'en ameroye. Je yous prie, demander luy qui fasl *a mère, et comment c^lle fstoit appelée : car je cuyde doacques qu'il soit mon nepveu, et que Olivier l'a fngendrd en quelque ngioa : car Olitier et luy s'erflreressemblenl, et \t\ est l'un et U?l est l'autre : Ir.Is sonl-ili d'une meime façon. ■ 3* Heititulinn du Ca tint en vers, d'apris les deui textes enprose précédemment
IJuindtaDuclil
• Sa Kwaip» h Kiml iw troïorpf r-lurlun,
• Rslut et Olivtor, Oiiar, le duc Niiiuoii.
• Si «nt pria Pimpoiiim el Bcnirg cl Unrion.
• Si ni est damouni Pemn ne EKloron.
• Kl humil rXuamd ei Pnwe le mù.n
• Kalorballlaujoniéeleroi lUrtilini.
• Or Dût Inr \'wnwi ™ idde. rgui «mOtH ]ii!i!iiuii :
Et flo prÏBl it pluurer dunneiil i budon.
El Mie Awlr (i diM i ton nero, à Iku ton *.
• Vee* i^EHRtD Jei liruiH lui ebéml tt foiurn. ■ Vnii r>vn Engendra tu qnclqiie rcirion :
• — Filk, ce diil le Dae,' laiiwi ecil(> nitan.
■ OliiiO' l'eiwmdn en ipiehiue nslion :
EN DoKPTK LE CBEVAL Mjuckepui. 1° Te<tc du manuscrit fr. UTO Je li lUbl. nationale [P 4Uj. — • Lors, l'eacuier va ïncontinen t deilicr le clieval qui «itoin lié A quatre ehaynei de fer et l'amena au Duc. Si esloit si fort el ai Uilcux ce cbeval qu'il n'i avuit nul A qui il aloucltast, qu'il ne Ust dommage. Dr j tiuit mains barons du pais qui virent la manière du cheval. Quand Gnlien le til vi>iiir, l'enfant si prinst le cheval par lo frain qui esloit d'or de CarUtigt; ■i miit incontinent le pié en l'oBlrier et saull en la selle, laquelle esluil moult bien ouvrée. Si le chevaucha pnnny la court moult habillement, et tant que leui ogulx qui le VGoieul disaient : ■ Ceslui cnfnnt est digne d'avoir du bien, et • >'il vit longuement, il y aura eu lui grant vasuiage. Il ressemble dr corps et > lie fMdige â Olivier, i
!■ Texte du Gnlien tocunsbie. édition Nicolas Bonfons, chapitre xxl .— • Lors l'eKuycr alla deslier le clieTal qui esloit lyé de trois chaînes de fvr, si hideus «l si tauvage qu'il n'esloit homme si lianly (f'il ne voulait avoir ihmmage) apruuchor de luy, si ne fui mie poulie, ni en ville ni en village.
su ANALYSE UU (;M.IëS.
Elles le douî^ivnl mni'VL'ilIcusumerU. I.'utie d'elles s'appelait IÏ)glanliiic, « (jiii fut jadis nioullgranldameet tint
ni G11 maison privûe. Aiiis Tiil nourry sriit ans an un bois où il ne niïngeoil sinon du fruitage. El qu»nt Giillc^n la vit, si le Ttrit prendre p»r le Train cl raillil iégieremcnt dc»u« la ullc qui esloit ouirée el faicte d'or ieCoTlage; bolle et ridie eslnil. El puis, donna des espérons siaspremrnl, quclcdcslrier lesenlil. Si vu H vient, loin le ctievauche, Tdnl le ehcvauclia que ceu^ qui le regardokiit disaient qu'ili n'eurent onquM vcu mieux chevaucher cheval. El dlsoil thaï un que bien ressembloil de eoriage à Olivier.!
J°llcElilulionduf^lim en veri, d'après les deux textes en prose précideiniiwnt
cités:
Nul n'iipfochDÏI de lui n Sa M lui mla yovSe, a
Tulldi
> Ed In] •
n puit viateligc,
V. ArUÈi LA MURT ni; ROI Pikart. — r Telle du manuscrit te. U70 du la Uibl. nnliannlc tPVi r*). — ■ Aussi loat queGalien eut occm le roi PinnrI, li monta sur son destrier et va tout droit i Roncetaulx. Mais avant qu'il fut hors du champ 0(1 il avotctoccif Pinart de Brîseulle, Tut ilnalleaient (Miaiflyde païens: i:ar bien ciloient 'Xixvr des gens de ce roi Pinart qui descendirent sur lui el lui vont dire: • Mauvais frantois (aillti, par Mahon nosire Dieu, vous n'en I eschapcrei jamès ttf. 1 Quant Oalien lei voit, si Tut moult esbaliy. •
S'TexlcduCoiien incunable, éil il ion Ni colas Bonrons. — • Si loslque Galien eut utci» le roi Pinart. Il monta di^ssus son cheval sans Taire aucun arrcsl, cl chevaucha vers ItoncGvaux; uiais avant qu'il fut liors du champ, il advisa parmi les tarrii trente cl six pa.vens, qui csloient piirens au roi Pinart, dont il Tut de tous CDite> aiMillït; et lui escrierenl en disant : i Ha ! traistre rranrjoyi, pjr • nosire DiçuMahom, vos n'escliaperei pas tif.i Et quant Galien les vil descendre en bas où il oslolt, se fut couroucd. ■
3' tlestilutiondu C^/ini en vers, d'aprèales deux Icxles en prose préc<!deromciiL cil£i:
Si UmI qua Gilina ol lu roi Piurl acds, Il mania uni liir|ïar ml dsitriar anbli Va droit 1 Rencovaux el. parmi lea lirril, ..,. ... ----.>„ ,^1 piiurt «mil.
Donl [n de ur
• Hnlvai
>nla>n
Vt , UoBT n'OmiEH. — 1" Texte du ms. Tr. 147(1 de la Btbl, nation. [■ S; r'etsuiv. (Noua ne reproduisons pas ici le premier couplet, parce que celui du Galien incunable asiini pour la reconitllulion.) — < Or Tut couché Olivier sur l'erbe verl, « le baise Galien moult de fois, Roland el les autres barons le firent si vaiUammeni qu'ilt occiront tous les Sarrasins qui nvqicnt Galien assailly. SI souipïre SUIS cesser le conte Olivier, et rcgrelte inceiïornmenf Jaqueline sa myc. et en se pliit(fniinl commence à dire : • Très doux Dieu, sire omnifjoleiil, qui creailo*
■ tout le monde, vueillei par voslre très dignn grâce garder la belle flile en
■ laquelle j'engendray ce gentil enfant lequel dedans son g'u'aii me lient ainsi • iloufcemenf. Adieu vous di, Jaqueline, ma ties cliîere amie. Je ne vous vcrruy
ASALVsli I)L: GAUES. 3Î5
la terre du Poitou et du Maine w ; l'autre, Galienne, qui lui donna le nom de Galien. Il grandit, et de temps en
ne la To; que je vous avnjc promiic; si vous prie, latit ehieremtnl comme ïe puit, que voua le mn vunitlet pardonner, el saicbei eertaimmtnt igiie jo sui* Tnoull dùlant et courrouce, c|uc je ne puis acomplir le coatnant que je vous avoye promjrs. Hais faulx puien«, que Dieu msuidire, m'en onl pitié, l«sqii»|g sonl ïeriii* par leur e/foreemenl en France. Or ndieu, mon très chior père ir duc Régnier de Genncs i|ui m'ajoioicl si cimremenl. Adieu 1p v»iliLint <lue, tp vaillant eombaitani : jauiËs ne vous verraj ne plui vous ne verrez Olivier. VDttrc Qtz que vous amiei si ehierement. Adieu, ma doulce mère, i voua commande qn'i vous vueille de tout cncanibricr garder et Rir je vof bien que jamès ne me verrei, dont grani dueil ourrz
■ en TDstre eueur : aï prie i Dieu qu'i voua vueille rrconrorter. Adieu vous di,
■ Betlcaude, mi Ires rioulee seur. Hélas! que vous aurez gmnl dolleur de ma •> mort. i|uanl saurez que plus ne me verrex. Hê ! Dieux, que tant de Icrmcs
■ vousen cherront de va« beaux yeult vers riofut. HAUs! que dciouspirs ot de
• ngrets en seront faii du votre belle bouche fiiitiiae. Hélas! comment et
■ qunnles foys eu seront daslrcssez vas beaux chevcuE blons et ntuUann
■ comme On or. Hélas! mu doulce seur, quel dueil, quel tourment démènerez
• vous par ma mort. Hélas ! quant vous savir'z que j'esloie en quoique ealni-
■ ou balullc encnnlre Sarratins que je alloyc de mon espée oedant, Dieu sait
• comment votre cueur en eatoll joieux. El quant saviez mon retour, sur unj
■ ptllenro; veniei au devant de moi et me baisiez de votre ttroeieuie boirchc
• Irais hjt sans c«uer. Et Roland voslre amy baisiez voui bien autant. Or
■ plus ns me baiserez, ne me FËrez chiere. Si vous supplie, ma belle seur, ' qu'entre U noble ffenl vaui vous mainteneit sagement, el vous recommande
■ BoUnd voilre amy ; car j'appercoy» bien que aux nopce» de vous et de lui
• je ne sera; point. > — ■ Or estott Olivier (aujours couché sur l'erbe vert; ■■ it «ouilenoit son Dlz Galien en sun giron, lequel oayoit toutes les paroles lue son père disait et les regrels et tribulations qu'il faisoil. Si pensez que Galien avoirl en son cueur granl ilollour. Si approucUe Tort de sa fin Olivier et souspire el larmoyé de ses jeulx et. pendant ce, Roland va venir. El quant il voict que Olivlrr est de la mort ainsi deslraint, si Tut tout esbahy Bt ciHnmanee à dire : ■ Bé Dieux, doux père Jhfon Crisl. qunnt i'eiloie en bataille
• «i je lenforfe près de moy le conte Olivier, je ne doMoie liomme qui Tust •tirinl, el tant plus je veoi« païens environ ma jr, et plus en avoir gnal joie: ' ur je leur destrenchoin bras, lestes el jambes, et faitoye verser chevaliers ' et elievaux a lerre. Hélas ! que dira Charlemaigno l'empererc, quant il aura
■ perdu le meilleur chevalier qu'il ayt, ue que oncques perdit roi qui fusl sur
• tnre. Et si ica; bien que d'icy A h mer ne pourrait on trouver XI* meilleurs > barons que fauoye l'autre jour avecquesmoy, que les païens ont occis, dont j'ay
• ai grut dueil nu cueur qu'i peu je ne meurs. Et encore estions de xx' si\ 'demourex dont je me ntntoije le plus sain; mais or suis-je plus navré que
• iineenidoyt. Sine quiers plus vivre en ce monde, puys que je voy les autres
• ilnint moy nlonrrîr ; si en ay au cueur si grand dueil que j'en pers toute joie
• n loale etperancc. cl si icaj bien que de dueil, avaul qu'ilsoit nuyl, mourray (imcques les chevaliers. El. se je ne moiiroije, si scny-je bien de certain itue je im'oeciroye île dueil. — Olivier, beau compaignon. dis! Roland, Dieu doint k
• toales les dames qui sonl en voye d'amer, meilleure joye recevoir de leurs
• ui» que n'auront len nosircs de voua et de moy. > Or esloit toujours Olivier Mcontre la roche ou giron de Galien son flli, lequel le vanbroioil de sa
Ik niieulx qu'il pnvoil, le soleil l't chah'ur qui rLiisoict (tki. -- Or esloit ml nu pltts \.rH rroiiiicr qui mnull fort le regrctle ; si dis! â Cnilinn qui
aa*. »NAl.li"SE DT GAUKX.
temps, déjà liei% U s't'oriail ; t Où csl mon père? je veux » connaître mon père. » Sa mère élait rentrée en faveur.
deniEacMd put durit; • Mon pMitil chcnlïer, cpIIu qui ctm tout le niiMilc,
• le nade la bien» i{ue tu ûût i mon compaignun M le dainl. de sa gnce,
• hoaneur laut le lems de U ne : car tu lai as tail tant de bien que jamèt,
■ taniqueje nre, jene le fanldraj. • LonOlJTier dis! i Roland : ■ noland, beau
■ coD^iaigaon, je tous prie que tous lui aviet boa aia;; or je tous jure que
■ c'est mon Bit, lequel je engendnj en la belle Jacqueline la fille du roj
■ Hugues, quant nous estions à Constanlinoble. Si tous prie, Roland, que mus le
• gardiei aiecquesTom, et il vous servira. — Par nu Tôt, dist Roland, beaulxdoux t cooipaignon, tant que je Tiie, il ne faulilra kehote que j'ajeet si jamais, nul
• jour de ma vie, faj aucun bien, il aitra comme ma;. • Adoiic troMa U Teue â Uliiier. Se prïnt Roland tfoji brains d'erbe el la comminelia (sic), et, eti cetle bsson, l'ame s« dosparlil d'Olivier. Et penrei qu'il eusl eu le eueur bien dur quin'Gusl plouré. Car il n'y avoit celluî, de laue les àx iiui yeslaïcot, qu'ils ne Ssienl et ne démenassent grant duel et grand tourment qui Tari leur empimii
' leur maUadye. Cor il a'f avoict celluj qui ne futt navré k niarl ; mais m le» compaignons d'Olivier faitaiont grand duel, il ne le Tault pas demander ; mais qni eusl TCu Calieii r^retlcr ton père, qui n'en euit prins gnot pitié. •
ï* TelLle du Calien incunable, édit. do Sicolas Bonlons, cliapitre lUUU. • Si loit que Galien eat ailvisé le père qui l'avoit engendré, il descendit de dcMUt Marcbepîn son bon destrier et alla l'embrasser, et moult courtoisemeal le inisi hors du dcslour, et le porfa auprès du rocher, dessus le belle verdure, et puis M eoudia de cosie lu; en le regrettant piteusement et disant; • Helat! mon
■ père, je vois qu'il vous convient mourir. Mol vinte* par dero- Jaâquelioe
■ ma mère qui m'a longtemps nourri en ConalantiDopie ne vous perrajuniis. • El Olivier lui respondit: ■ Tu dila vraj, mon Hli; car, un jour qui passa, luy
■ promis (le retourner cl de l'espouser ; mais nous sommes icj venus qui m'en a
• gardé tiie): ne oncqucs puis ne relourae en France, dont j'en suis dolcnl. Je
• la cominande à Dieu que tout le monde forma, le duc Régnier mon pcrc et
• ma dame ma merc aussi, qui en ses tinaa me parla, ne ma mur DelL-inde
■ jamais ne me îierra. Helas ! Jésus, quelle douleur aara le ro; Ctiarleniaignu «.de ceslemort, quauL U le ifaara. Hclas! pourquo): ne venct vous icjr, mitr-
• leutaigno? Celui qui vous a conseillé de nous laisser ic; ne vous aimoit pas,
■ et de ce que vous pardiei, en aurei tousjours en vollre ciKur douleui', ol
■ aussi tuulc France tourmentée en sera, tant que Prance sera France, et le
■ monde sera monde, ne lem tenue si bïulternenl qu'elle esloil, de ce n'en fault " point doubler, ne roj qui vint en Franco ne la liendra si pompeusement que ) vous avci lïil, sire empereur Cliarlemaigne : car Ici l'n aimAa qui i mort U
• verni, el tel l'a sauslenue qui ta coitfondra. > = Chapitre xxxiv. • EL lors quo le conlc Olivier estait couché sur l'herbe, Hagellâ et tourmenté, sentant inoelimablcs doleun pour les novreurcs el coups que les payens et inlidelles luj avaient donnei, son liU Galien, estant de cosle luy, souvent le bnisoit en la bouclje. Et, lanLdis, Roland et les autres se tenaîenl fort de metlrc à mort tes pujens qui esloient au champ, qui avojcul assailly Galien; mais te bm cunlc Olivier souvent suuapirait el rcgreloil s'amje Joqueline, mère <Ie Galien, Hlle du ra; Hugues de Gonstantinople, â laquelle il avait promis mariage. Lurs eoinmeada à Dieu qui la voulus! sauver et garder ds lous oiicambriom. • Kl vous, mon ires cher enraiit, dist il, qui souvenl me baiseï. Dieu > vous vueille avoir lousjoura à ta sainele praleetion et sauvegarde. • Puis luy dist: ■ Adieu, mou doidx enfant, qui en vostre giron me lencï. Adieu, Jac- I quulinc. ma douce amye, jamais vous ne me verrez en vie; pardonnei moi,
I s'il vuus plaisL, geuUilc dnuiiiysdlc : car je ne vous ai pas tenu promesse : ..
AML\'S£ DT GALIEW Xtl
«t iui-inènic élail l'objet de l'adiniralion générale. Mais ilarriva qu'un jour, un de ses oncles, dans un momeiil de '
• et a etU par hs hax cl dMlopnix r>T"*< ^"^ Di'u muldir. Adin, le iliic
• R«c«icr de Geanas, adka. mon pcre, qui Uni m'uTct txmi. Ailieu, ma douce
• DM» foi m'arei li çkeremetil nourn en nion jeune »ge ; jamais ne me
• TCtrei jmir de vmtre nml. Adieu «tas dis. ma sœur Beluide ; car quant
• KHis (faurej nu mort, tous en aurei bien grand douleur, tant que xat yeux ■ arrauteraDt souTeal Toslre doulce face, et de vot ebr veux rriNyfaHl nmnw Qn
• «r le* wrcherci, el. de U grand douleur que «ostrc rurur pOTlera. touirnl t «OUI dcslournerci (tic) toi bnu el toi mains. HeLis '. doulce «OMir, quand I l'eitnîi en bataille el que ses ftk) mauldicu Payera el Sncraiina je ràisoys 1 finir la vie â tout nun eqme, voslie rueur en e«tail lout joireiix ; el puis,
• «u lutg palleTroj ou hacquené au devant ds mojt venin en me [aiaaal 1«
• cour, el autant en faisiet à rotlrr amy Rotand. Ua doulce soiur, plus ne me
• bakem puis qu'A la mort mis nwn corps Undre. Si vous luplie. ma s<Fur - > Belaode, que, entre lei nobles rouj «utnllea ftonneilenieni maintenir d'icy
4 ta anal, au mieux que tous pourrrx ; car je ne porteray pas mon bauboîs.
• ainsi que je cuidois, aux nopces de Tout et de vostra unjr Koland. • = OMpilio txxv. — I Or eiloil Olivier couché deuui l'herbe, de coile liiy »n lila ■inile soustenoil en ton giron, lequel regardoil pileusement pour la mnrt qui si tan k coilDoit, en souspiran^et lanuoyaal iea yeuU. Alan arriva Roland et ■on eompoigoon qui fort pîteutemenl le regard» el eomnwnca 1 plon<r iniinll pilenamenl quanti! vit qu'iltlraitAbDn de ses jours. Alors tl<ilaii'li-iimmcn{an tijro pilenx regrela en disant; • Helas! mon Dieu, mon p?re tout puiiannl, qu^iil
• |'e*loût jadis nn bataille monlé sur mon cheval Valenlin cl auprj^ de moy 1 Mloit le coule Olivier, je ne douloji homme qui Tusl dessoui le ciel ; niais
■ lanlplus jr tenojl de paireiix, tant plus en faitogt d'occision. Je voj mainlc-
• Mntque U mort cuiilraî net Olivier qui avoit acouslumé k deslrvuchcr Payions
■ MSunxinijlulesteii, lepoolDioa elle/oyeraîMil Muvent voler. Helas! que
• 4n Qiarleinaigne, qui avoil acouslumë de guerroifer b^ paycni, d'avoir
• ptrdu b plus noble peje (>icl de «on royaume. Jamais roy ne perdit autnnt, . • el ki ^ay bien que, d'icy A mille lieues, ou ii'eust pas trauvévingl meilleur»
• chevaliers que ceux que Oharicmaigiie m'avoit laisseï, qui tous sont mtiri.
• Ore ntiont nous demcnm six dont j'eiloiï le plus sain : mus mainlcnanl
• «lis le plus malade el suis si navré de dueil cl de courroux que je n<< Sf ay
• quejchce. fuis que les autres meurent, plus vivre je ne if^iNrow de rexceisif
■ iMiiment que je «eoffi^ : à peu que je ne m'en vois noyer. Ui«a je sfay que
• de dupit, avant que ta morl ii^. je mourrai avec Ici autres. Et si je ne
■ meurs, do ceriain je nt'occirai. Helas! Olivier, mon compagnon : Dieu
• vucille envoyer liesse cl joye aux dames qui ont amyi loyaux, et plaise A < Dieu qu'il) refoivenl joye meilleure de ceux qu'ils auront après nous qu'ils ' n'ont eu de vous et de muy. ■ Ces paroles disoil Roland pour la gmnd iniEiur qu'il avoil Je la boue sceur de Olivier, laquelle il devoil avoir en mn- 'iip. et pour l'auiaur de la Hlle au roy Hugue à qui Olivier avoïl promis de KI»umer. H<tii il TaiUir {tic) pour la inaudicte Irabyson de Gannei. ainsi que •DUf avei uuy. Adonc. le bon curole Olivier esloit cmcbi dessus la terre nue uù la mort angoisseusc le tuunnenloil, ot son Dix Galien luy Taisoil umlin' pour la chaleur du soleil qui fort chaut esloil, i|ui rajoil sus la Tacc. Et Hul.ind csioil Miprtj, qui piteusement le regrettait. Puis, disl A l'eulMit Galieu ces parolles:
• Hdu en^nl, dil le prcudoiamc Roland, Dieu i[ui «ut créa, qui a pouvoir
• dfODs loulea choses, le doinl grâce el honneur: car mon compaignon quevoicy
• a btel beaucoup de bien. Je sçay cerlainement qu'il est mort et que jamais
• n'en rwAM/ieni . El saches que, pour le pr.nii'l bii-n rjiic lu luy as faict en soli-
ANALYSE nu aALii-:-\
colère, lui jeta h la face le mot de Mlard. » Galve* rougit, et insista plus vivement encore pour savoi *
' citant de ta puissance, que jnmaiinc te Tauldray, pour mort ne pour via je ne* ■• t'abanilonneray. • Alun Olivier ditt â HoUnd : • Uon amy Roland, je vou^
■ prie, «uyot ïcrBluy lion ndellecinmy, et dp son coitÉ, il voii» aydrro. Carj."*
■ vous jure m> Toy que c'e«l muii enfin! que j'ay engendray {àc) i. la tille du I roi Uuicues de Conilantinnplc, la nuyt que je couchA arec elle en revenant de
■ Hierusalem, ainsi qiin vuui itavez. Or le ^rdei bien, Roland, et il vous ir< ' raurra. > El Roland luj promist que ainsi /):ra-ilelquc, a'iladubien, qu'il en aura, et du mal aussi. Adonc Olivier le eanimandn a Dieu, et la veue luy afia troubler, cl luy pxrtil l'ame du corps. Et Roland print trois brins d'iierbe et In rammenfa (ne). A l'tieuro oual pu le cueur bien dur qui n'eust ploré de pitié du dueil que demenoit Galien et Roland, ■
3* Restitution en vers du xiii' niËcIr, d'aprjti 1ns deux Icxtrs en proie prJrédemmeiil citi!» :
Et très plteuniii • Chlar
•t nm, tui diil-il, iiur vfniMi par il«f> :
• — pir Kfii, diil ÔllTier, jiniaii no me verra.
I Or lu dia voir, iuob flli ; ur, un hir mi pun,
• Lui Qancai m foi cl n nMin ng liaiilB.
• Hils or ni ffF bien qn'a Dlini jnini nu nlen
• El qu marlr ne fiul sujourdliul pir diçii.
nt el rlump
Jadinliafl l'uDia, tl dbt on, u plaiegniniL :
■ (irei vguiliei girder, douli Diou omaiwilf ul.
■ La gealllle pncotle oft c'anseodrai l'eabnl
1 Adieu Toui dî, pnceUa, itï Dieu vuui ceniiniiil.
■ Ja plot ne me varm, ne irQÏ imit cnwoHnl.
* Que prâmia tou aTOie. dont molt mï^e dolinl-
■ PAfdan vDui en requjer, dame, Lanl ebiepcmeal ;
• Malt nubi deiUinwa par la païenne «ni
■ Qui viiMn dmce France par (nul eSbrceœnl.
> Jamaii piui lUi ïprreiOlliÎBrvoiire cnfani.
ANALYSE Df GALIIÎS.
le nom de son père. nEhbieti! c'est Olivier, c'est l'ami de "j; • Cliaiiemagtie et de Itoland s, lui crie alore Jacqueline.
tjMMit»
lui
wyl»ui
■ DMitmi
HJïiMlpe
alortn
• Qnaln
mort II»
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«nonchemml
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l'p^niin
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linnl
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■lokt w ««or,
Smilu cH;i«ii
I Vwln caer, bdo m
■Mltï.
• Etiurmi
ffr„:
doul.
• l'.rlnrf»
me baii<rH, puii qu'a la mort ft Uni ;
vriiH vuaU pnar ipi'eiln li noble g«DI 11» vueillai IM \an nuinlolir Di|r«iMnt. inl TOUR «ni. Hic «m, vu conimul :
Khi pMMgt an'to Galian n'I ol d^fort no jnin. QumI U rail Oliiior râii du » ad> lamoîs. ■>m na Rnibiit «[ nimiaiit u i^BHrie, Qiémi il loit •BU In iHrl k deUnlnl. . . .
• Itii f Jnai lin mni. qtunl en avsf j'cilaie
• BUS coile OUvitr uinrèi de moi HUMic.
• Hmi* fui hil MM* c»l nul jor se ne dmiloia :
t Lor trancbûiu !■ Mie. la puaimon et 11 nia:
• Cbevalten el chenDi à tere «e venue.
• One dira CkirtemirMi. qui Samiiiu Kiierroie
• D'avoir de loa rovaDOM perchi
• On^iH mil n'ol Uro» meilkiri nie ge p'avaù.
• Do vint mile qu'nUont le plut uin ma Hnlnip;
' Plia qm U taire nmenei. vitre c* ne nonilei
> Tel dûl «D al w cuer ipM J'en pen lotn ipia -,
• Bkn ui do duel leomâ daiiul qse la norl tolu
• Kt, M (• M nwrnio, de dael u n'odniln. >Dln dôint k taules danea qui d'aoïer anit en voîi
> De iMin amla tDjiaiii reuiDir pIub granl joie.,. ■ Or eilaft Olivier cnnlrg la roclii bloie
I iCallcn qai s te Hfln que te'~
ir Celui qui tout c
• Or Ni-ce «11 Ht mort : lauiiU n'en eMo tx Int dil 4u'l nul )ar ianiali oe lui taudn
• C'aM non Eli, diit Ij cueni. que l'imgend 1 Ka 1* BUa «■ roi Hugue, m'iid (nnlbe» > Dwlaiu CooMatUinaMe od Clurieinaciia al
• Oiirdei te bten. Rollaul. et il vot uwaiirni RI mi pramiil Rollam qu'ilnii 11 lobn Rt uni ler <b> la vie ianiia m lui biKln : Kl, l'il a Mcun tiian, ame lui >i l'uin.
Or II eue» OIkhh' à Dieu le «mminda.
Bl la •dir m comte ailona|Dn lui Ireufala. l'riil nollini imis poui d'erbe el tl I'k*ii> Bl rama d-Oli'irr du con» deMevra.
Il M IB«I
830 ANALYSE an GAIIEX.
Sans plus atlendre. il part. DAl-il errer toute sa vie à travers toute la terre, il trouvera ce père dont la gloire
^ dT "*" iBlionÉle (f-" 31 r*, 96 r-). — < Un Roland prinsl Duremlil, ton *Hpm, el
ei to i™uwi P" ^'*"' '^ '' *""*• *' '" «ui'''' brùer : car bien UTorI quf plu» ne lai
,nr It laroicl mettier. Si ne niiiUoil pu qup aucun païen Traut «nin qn'il n'eu por-
ann de luuillr |M| ijomini^e mit chmiîcfit. Si U fleri conlre une roche pour la tuider dé^e-
'"' """"'•■« cier: anus il ne peut. Lor» dist-il ; < Les baulx noms JheNicriil (lirenl à vous
t /onffyJnrj.elpdurMnepoici vous lordre ne rompre. . Si réferit de Purr^n-
dal qu.itre ou cinq coups contre la nehr. El Ion entra iledana bon deini pié.
• Vraj Dieu, diil Roland, donlx Dieu, je tous prie, ti crsl voilre plaisir, que
• jam^ homme du monde n'ait ceile etpé', *i ne ntutient nuljinl sainte
• rresiienlf comme j'ai bil ptir l'amour de toua. ■ Si couroict da«anl le duc Kolnnd une niioel grand et large qui ettoicl loul laincl du ung dea xx- ereatîena et des TurcifS qui aToient eité luei. Si esloient bien ncds de Sarraiîns le nombre de ir miffien que In sx* cfarpstrieni avaient occis. ■ = • Or regrette RoUdiI l'espée; dpdam l'caue l'î effondre incontinent. Si survint ioconUnant Callien celle part et demande à RoUot comme il lui • dcpuit Miè : t Par > tua fujr, disi Roland, je ne >csj. Ja no verray, ce cro)r, le vespre ne le soleil
• couché. • Si viat ptte de Roland et h regarde. Si mua Irojs Tais coulleur , en peu d'oure; premier devînt loul rerl, el puis apris «ermeil fins que n'est muM, el puii ileviut pliu noir que meure. Quant Galion le rit nîasi, si ploure lie pili6 : car bien voit qui? Roland est en dangicr de mort. Si lu; diit Calien :
• Roland, je voua prie quo vous me doniici Ourendal, s'il vous plaiil : car, de
■ miille aventure, a; mon branl coiaê; ni n'en aj point.— Par ma fo;. diilHo- I laïul, vout avei trop tard parlé : car, en ce sang devant vous l*a;-je getCe. • UuanI Galien l'entend, si esl moull Tort courrousté; si broche ion destrier Harclicpiii et avec une lance alla ^rcher dedans le gité; mais oneques depujrs ne Tut par homme trouvée. Piiïi i'ea retourne Calien vers Roland et le roonto sur son cheval : ce fut Valentin qui moull esluicl loné; jusquei i Roncevaux chevaucha auns arrealcr el mena Roland li où eiloict Olivier son père cl les au~ [rfs. Si prinst Roland et le couscha auprf^ de son père. Roland oeuvre les jeuU el regarde v'Ti le ciel; si lui Tut adiis, endrotcte vérité, qu'il vil Nostre Seigneur, el des nngcs largement, et qu'i vit saint Michel et sa grant puissanc« qui conduisait In aines des chevaliers trespnsseï qui avoicmt Mie occis par les païens. • Helts ! diit Roland, mon 1res dont Dieu, je le prie qu'il te
■ plaiM conduire les aines de tous mes eampaignons l.issus h leavtté en Ion
■ rolauine île Pamijli. Et le plaise donner ù mon oncle honneur ot puistanc
• qu'il puisse sauver cHrenlienU toute, et si donner lant vivre i Galien rtxtoré
■ i)u'il puisse compter à mon uncle toiiies mes angooses. • Seigneurs, saichea que ce que je vous vueil dite n'iisl pas mensonge, mais est vtritè : car aussi tosl que Roland fusl mort, toute la lerre trembla.... •
!■ Tvzle do Gaiien incunable, édition de Nicolas BonTons, chipilrc xuvi. —
• El quand Roland vit son espée où tant avoit de boolé. il en tnpA cncorcs cinq ou sii coups sur le marbre pour la euydcr rompre; maii ellG entra ilHdaos bien un grand pied de mesure. Lors vft dire en cestc manière : • Il t Duraudiil. ma liuiuie espée, qui avci cruellement vengti sainte ChreslienU?,
• oit les noms de Dieu sont escripls et duvciM de Un or et dedans entregetui.
• jamais ne tut branc d'acier forgé de vosire valeur. Vray Dieu du ciel, je vous a prie qu'il vous plaise que jainuis cesle espée ne puisse trouver homme de
• mère s'il ne veull soustenîr lu toy ainsi comme j'ai Ikicl. • Lors y avoil une rivière devant luy qui esloit tuulo rouge du sang des mors qui veiioil de Roncevaux oii il getta Durantlal son cspL^o deil.iiis qui, pour la pesanteur de l'acier, nlla Lien lusl cironJrer au fous. El Rolaiiil ii'amil mye encore relirii son
INALYSE DU i:AUF>f. .131
est venue jusqu'à lui. Il s'élance, il mai'che, il court. Mais que nous irnporteul les aventures qui vont l'arrêter
bru de leur (ne), qunnd Rxlirn arriva à \uj qui luj va cscrkr : i Sire Ro-
■ Luwl, pour Dieu, comment vous a ate'} — Par ma toj, se disl Ralmd, je ne a tcaj. Je suit si fojbleque je ne me puia remuer : devial qu'il soit loleit
■ emÛM, me conviendr» rendre retprîL • Et quand Gidna l'enCendll ainsi parler, cnauneiita i soj^irer, et l'aprncha prit Ae lui cl ]t regarda, et vil
ta peu d'heure, te viuige luj' mua de trois couleurs. La première fois, le
Tiiaige lu; devint autui vert que l'herbe d'un prê; la seeande, aussi permeilli
ine ruse; la tierce, ainsi que une more. EL quant Galicoluj vil ainsi muer
Il cimlear, si cammenta à plorer de grand pitiA : car il veoit bien qu'il esloïl
ireuer (sic) de U mari ; puis, lujr va dire : • Ha f sire Roland, je vous prie,
s'il TOUS vient t gri, donnes moj Durandai, vostre très bonne espée; car, par
nnllc «dventurc, ay U mienne rompue. —Par ma toj, diit RoUnd, trop avri
AnwMrd: dedans cette rivière la viens de geter.i Quand Calien l'entendit, par
Koult f rand jfrri picqua son cheval des eiperons i tout une tance, et va au lieu où In
1tilg«Urrelhi(uc)quiestdedansl'eaue; mais oncques ne la sceut trouver, ne se
n'ul point Ironie que depuis (<lh! ail esté trouver (ne). AtonGalîea retournai vers
Raland el monta sur son chevnl Valcntin qui estuil si latte qu'il ne povnît nllé
(fie), et la mena sans armsler jusques à Roncevaui où estait son père Olitici'
«l les autres; el U descendit moult souef supr^ de son pure et de rarchi>-
tesque Turpio, rl>< Sanson, de Beranger. Et quand Roland Tut esleodu tout plat
■nr l'hrtbc auprès des autres, il leva les jeux vers le ciel ; adonc luy Tut ndvis
qu'il Tilt Dieu, et grand muiu'tude d'anges, et monseigneur sninci Nicliel qui
démenaient un armonïcux chant pour les âmes des nobles chevaliers, qui là
MuienI morts, Icsqudic* port[u]icnt en Poraiilis pour la peine qu'ili avoicnt
■oullert des pajens, un eouslenant la ereiliente. Et RnUnd enmmenca i dire .
■ Hélu! taon Dieu, plaise vous conduire mon une il saincle salvalinn avec-
• quM relies de mes compaignnns. el vueillei donner à mon oncle tel honneur
■ et puissance qu'il puiue toujours exaiilcé (tic) vostro suinclfi crettienlé. Don-
■ nei pouvoir A Golicn qu'il puisse raconter â nion anele les angoisses i|uc j'ay
• ponîes depuis que je ne le veis. i Or vous diray en veril^ que ce nefut point .IDenfunge; car â l'heure que Roland rendit l'amc à Dieu, toute la terre d'en- *inn commença i trembler. Adonc, Roland estant auprte de Olivier, Tut si al-
^hiUj qu'il ne se povoil plus ayder. Si leva la main el Qst le signe de la cruix t recommandant à Dieu ; puia, de trois brins d'herbe se print i «nwtbr (air). Et incontinent l'ame lui partit du corps, laquelle les anges prindrcnt cl la portèrent en Paradis, en rendant grâces devant Jésus Christ. 3* Reililution en vers du IIIT siècle, d'après les deux telles en prose préci-
Rulluil ^irisl Dimndal. »n bni
■ni Diii
!Vnî ' eo chemin'
ANALYSE DC OALtE\.
Nous nû prendi-ons plaisir k faii'c h; héros que dans le palais de -Renier
dil RtDul le «Mbrt.
> Pu- ■■ M. '« Bolkiil. trop • C«r diiit cvu* rïTim dmnl «m» i •■ ir«^. • ÛBÉnt AiKmi i'miIhuIïi n* Idî hit aie i fat- ■ ina iMtl,^ .* I. p*.
HAi» oiMue* païi par ï l-nn GaBra a RoIubI ValHHa Ht II non. ni nril naloil biiJ Bll'i, Hu ■mler, à RoncaiHii matt.
ittmk
ftU.
Pnc d-Oertar ma i>a* il a Rvlut mn 1» agit, i^ la
Adoac M rpl avtt. M draiu Qa-B «Ht NoMr Seifaw. '
Il vim 1 IMif n rttrlorJ laa in^iu^ft à Cbarion rac paa manconn. auii para i . fut mon. lia Icm Irai)b1<
is d'appliquer A U r^Hlilution di
n pourra un jou
r lei ai
:. Sous cette prose, ; peul reconilruîre. C'pal eim. M»ii l'exemplo Ae
s ferons un jour pour plusii Catien lufSrait : il pst décisir.
l. Le Vûiggio di Carlo Magna in Itpagna eil une compiUlian italienne du XV siiele où l'aulrur a mit à profil VÉntrie tn Eipagne. la Prite de Pamptlune, Roncevaux, et où il b intercalé un récit du vojage à Jérusalem cl un Gaiieti qui ost visililoment emprunta i^ un roman rranco-îtalien. ~ Dans In Viagpo di Cario Magno. liilien fCaleanl) naît d'Olivier et de la lllle du roi ili- PuKugal. On sait rhiiloire du gah d'Oliiier. Le jour rnSme oii Olivier raccomplil avec Ih fille du rai. celle-ci senl tout à coup son enfant remuer en )on icin : ' Si c'est un garçon, lui dit le Fronçais, tu lui donneras cette êpée, cl ij c'est 1^ une fille, cet anneau, afin que je puisK un jour rcfonnaltre mon enllint. a Neuf moii nprèi, naît Caleant. Le roi de Portugal le lïit élever ai il arrive ainsi k l'Age de vingt-deux ans. C'est, con» le plus pnrfait chevalier de la terre. Or, en ce mon Roncevaux, cl Marsile envoie demander des se
lui envoie Oaleanl, Mais le jïunc liéros apprend alors qi
peut s'y attendre.
1. écUle la guerre de ~ de Porluftal. Celui-ci 'il est (Ils d'un dire-
ASALYSK DU CAtlIi.W
»cnucs, OÙ la belle Audo le ooiilemple longtemps sans le *nuaUre el devine à ses traits ((u'ilesl le filsdc son frère
a mère, un jour, lui dit lout ol lui rtmcl l'ëpùc que lui n' ', .lion Galeant «aisît Vépéc : ■ Si je trouve man pive dan > deCliarlei, s'écrie-t-il, je renierai Maliomel. • Il arrive *m \i taille lie RonccvRin, bu niomenl le plus terrible ilc la mêlée, cl lui «ppi^nd le secret de sn naiiiancc. Hais c'est son père i Olivier. Il est enlln asset heuruux pour rap«rcevcir : i Jo
dans la grande ost w 1g champ rie bny rencontre Roland qu'il cherclir!. c'est votre lils. —
éUU ^re
Honlru-inoi ïotrc ipéc. i Olivier lo reconnaît pwir son enfant; llKurl, liélls 1 et n'a plus que le temps de lui donner ses derniers conseils : ■ AimeCliaries, aime aussi sesbaronset principalenenlinon père, qui e«l Renier t de Genaes. Hais déne-loi des gens de Hajence et surtout de Ganelon. i Puis, VUviert abbaïao la teiia e paiio da qutÉta uifa. Galeant se précipite alors dans Il bataille pour venger la mort de son père, et te» Sarrasins tombent sous ta coups. = Lorsque Charlemagne revint sur le cliamp de Roncetaux pour y chercher \e corps de ion neveu Roland, il vit deitecnilre do la monlagne un joanc valet qui tenait une épée toute sanglanio et dont toute l'armure luge de sang; près de lui étaient Thierri d'Ardennc, éeuyerde Roland, Il quelques chrétiens qui avaient poursuivi lea païens jusqu'l Saragusse ; le suis Galcant, lUa d'Olivier et de la reine de Portugal. • Charlet, sur- ^hamp, le serre dans ses bras et s'écrie : i Olivier est mort; mais je Olivier. • Alors it se Ht un grand mincie. Roland mort, Roland, i prodige ! saisît l'épéo de sa main droite et la tendit à Charles par la pointe. L'Empereur la prit par le pommeau, et la donna à Galien. Après un tel miracle, le roi de France n'hésite plus à Taire Galien clievslier. Biais ce n'est pas ici lin adoubement comme tes autres. L'Empereur prend la main droite, ,b main inanimée de Roland, el lui Tait donner la cotre à GalcanL Et c'est rinsi, dit notre auteur, que Galeant Tut Tait chevalier par Roland, bien que " itandriltmorL^Heudc t«inpiaprès,Gsleant meurt lui-même, sous les murs de igosm, dans ta grande bataille contre Ikiligant. Sa mort est superbe. Acculé ■levant les uiurs de la ville par il' innombrable s Sarrasins, il peut encore, d'une nain mourante, remellre Durandal, comme il l'avait juré, entre les mains de Chariemagne. = Tel est le récit du Viaggio. Il oITre des traits d'une beauté assex {■rtifonde et ifun caractère assex antique pour permettre de croire 1 l'exiilence d'uflpoëme antérieur, d'un poème franco-italien du xiii' siècle dont Galien ~ ' le héros. (ria!i9io,^dit.Ceruti. Bologne, Romagnoli, 1871. t., Il, 170-tSn, ■•- 218,2191.
5. Le manuscrit de la Bibliothèque nationale, fr. 1470. est calqué sur le roman de la lin du xiir siècle, dont il conserve l'ullure générale et jusqu'à 1 ou b-agments do vers. (Test la meilleure île toutes tes rédactions en fut la plus lldi,'lc, c'est celle que nous avons suivie dans notre analvse is. Les nomlireux extraits que nous en avons cités permettront au
Mur de comparer cette version avec celle du Galïeit incunable.
6. Le manuscrit de l'Arsenal 3351 (ancien B. L. F. 236) est connu do nos s, et nous nn avons précisé le caractère. C'est l'icuvre d'un écrivain fanet inégal qui t-tnldt resserre à VexrH son modèle et tantôt le développe
luiiTemeot. Quanta ce modèle, c'est, k n'en pas douter, le Galien en vers do On du mil' siècle, mais qui est trop souvent devenu-méconnaitiablc sous les ' laUonaouampliOcaliDnsdu prosateur. D'ailleurs, les péripéties sont ici Ici que dans le manuscrit 1170 de la Ribliotlièquc nationale et dans le Garunable. Nous noterons seulement, en passant, quelques traits jdus ou lins originaux..! Au moment où Jacqueline m<-t au monde Galien, l'une riex
Olmer. liais 3 nSt que BOUS ferelrouTioa» sur le champ ^^ debaunie deRoocevaMx. Car c'est là qa'îl anÎTe, après ^
1 afté «t blifai d<* toipifii de Ma modtlc, sdcwabfrMdtpôaCcosc* JM^'i Roncmui.
X rtfimtt M Haut • de araKkrfaulie •. <d H «ait le rânu - - - " nprrKhedBBMMerilllTOirSISr-iaMV). A pM de loBg«e durée, ïi. aprè< »T»ir coottcri isia ( itaiHiiats tpi'il u pntpote dr raconter ;
• Cenmttd CaHm fdria « aM ftn OUrirr rt à mm inMapc^utt floldnt. «i atmtmtt CJUrlMMÎM • (T m>). il ('«rMc. Unil csuaTK. >u boat de deai fntillel* r • El pavr woi abreper «ote bisloire, Uqadle cM moult piteuse qui U Tait e( oit , et *eoir la peal !*<■ on tirre «or ce bit et compote parlant au kxitdeifraas bât et bdlcseoa^uedMqDC (bt Charlei en Kïpaigne • IHH r*). iprè* u reniai 1 /tonoeroiu tni i Turpin. noire bonune expédie en quelques ligne* la mort d'Olitier. Puii il ï'arrAte, cl. par la plus ioatleodue des fanlai- *i**i juge bon de suipendre ici le récil de »n Catien et d'j intercaUr ^imen de t/arbonjK: ■ Charlemaine conquit! Sariptsse depuis et desconfiit Baligaiil le raj d'AulTrique et ton nercu l^agallie fncj el Niuprin de Turquie- Celui Tut prit en bataille par Calien et sauré de mort molennant ceqn'il ileiiRlcrestien el ilélivra MonlTuiain et Guïnaude lattelle au damoiïel Galien, qui depuis l'cspouna, comme l'itloirc par aventure cy après ncomptera en pnrlanldeifats de rtttlienle noble damoiael. Maisà prêtent «e taitiriatoiredeluiet pirled'Airaer; il« Beaulande. . (F* M3 »•.)— Galma recommence au f 333. La tcéiie, ici, «e pawc aprèa Konccvaui, el la rubrique nous nverlii que le romancier v.i nous raconter I cetnmenl Gatuncomputt Motttfutam où ttloil la noble Giûnaiule,elUiiU par le moyen du SarraunMauiprin lie Turquie <iu'U avait de morlmpitét{fi3\ y-). \n l'auteur Fait long, el devient rhéteur et .iUmbiqu£, Guinaudc eti une ■ préïieuai! • et le convertit à l'amour de Galico en lennes recherchb : • Bien
• paurru eitre quant je le verra<r, qu'Amours me puurra de son cuer faire tel > prenant qu'en ung moment cl par ung seul regarl lui pouraji le mien octrojer, ■> el pour lui me fera; bapljtier. ■ (P" £35 v°.) Et plus loin, Gnlien lui dit : • Vecj
• mon eorp« qui se preacntc devnnl vous en signe d'Rmcndc... Et met mon cuer " an la prison et mer«y dn vuslrc. ■ (P S36 r*.) Ici, comme dani les Citertn de Montglaïf incunables, il esl ciuestion d'un llls de Cuinaudo et de Catien qui ■'appela Hanlnr*, et ■ cuit tnnl de fortunes en son lems que chose mcrvcil- Inute HToll i racompler. Et dll l'istoire que celui Maalara fut fugitif et banj de France avocq ung jone dumoisel comme lui, nomnié Lohicr, lequel fut Qli ilc rempyrcur Cliarlraiiiiiii'.. Sy n'en pnel mie, en cesl présent livre, feiro l'istoire MK'mi.iri ' .'.(I- li'up |ii>Lii'i>lt l'ïlroi'nniiicuseet longue. ■ (F> â3U r-.jLn délivrance du .l,ir-i|inlLiii', '|iii' ]i' |ii>--.iirur.>.i> prend fliyrs A raconter et il raconter forllon- Hiiniii'iiL il i.i'.i 1 ,1 -J.".i;i,ii'iilli!' |i,i«rlii;j!luida Irait bien pnrliculicr. Lerftlo des ili'ut l'uLiiii- <!<' Mil'' <ii' l'miillr iilx f'^iiiiiellenl Foulques de Cundie et Savarl] •'$1 liii'ii imt <H> liiiiiiitv iT l't^j. I.i' inmbnt di: Calicn uonlri' tlurgxtnni est
ANALYSE ne CAIIEN. 33S
^ingl traverses qu'il serait vraiment inutile de raconter ' 'ci. Ce moment, d'ailleurs, est merveillensement choisi
'"cini dérclappé que dans le manuscril ti70, el noire auteur est ici dans une
?°"t> heures d'agacemenl où U abrège violemment son ■Dodèlefr" 946 et Buiv.).
""^nta Mulf;mcnl, en psiunt, que les tapisseriei de In wllc aii Jncquelîne est
""•t en jugement rcpré«enteol la pnm de Troie (P S< I r*) ; lue, parmi les
"J^WplM de retour* do fortune, Vauteur aime i citer Heetar, Godefroj et T:iu-
'rèda (r Î6B v*!. Hais, euRn. ralTabulation est exactement la mâme que dam le
^"'■■•fcrit UTO et dans le Gahtn iocunablo : ces trois réciti ont évidemment
J* 'n<iD« Morce. Quant i la mort de Galien, notre remanieur do maauHU-il
' l'Anwnal oublie naivemcnl de la raconter (t> 3G0 r< cl ¥">. Il est à peina
'c d'ajouter que sa proie elt coupée en chapitres inégaux par des rubriques
,^'*^', dérdopp^ et que ces chapîtrei sont oroi^s de sentence! en vers ou
■^•Ulilr* ■.nouïcnaians cité plusieurs dans la Notice du Voyage à Jénualem.
' - LeCdlùnincunable. llfaulytoir,aron£-noasdil,lareproduction Jidèled'un
*>uurit composé ver* le milieu du xv siècle, et l'auteur de celte composition
^-■-Isons les yeux Le Culienen vert de la On du xin*. Nous en allons donner une
^^^l]'Htré».complêle, d'après l'édition de McolosBonroni... La pauvre Jacqueline,
l C^^^^ dépurl d'Otiiier, avait étéchassÉoparsoripiredupalaisetde la ville de
l ,j^ ^^slMlinople, et s'était réfugiée aux environs chei une pauvre femnic. Un
I -il^^^ * qu'elle était allée • 1 une dere Tonlaine >, elle lo scnl prise des douleurs
l'enEwIement, et, ■ ainsi que Dieu le voulait et la vierge Marie '. deux
* viennent i elle. L'une est Gatiennc, l'autre Esglantine, < qui jadii fut
Kk~^*~%M de Poiteu •. Elles lui font lours dans ; i 11 lera très - uinl heureux en
Ks^ ^on eabne<!, dit Galicane, mais aussi hurdi qu'un lion, et ne mourra jamais
P^t^ ^diilrahison. El il deviendra un Jour roi de Constanltnople. • Quant 1 Esglanlinc,
e annonce que cet enfant i no trra jamais vaincu en joules n'en tournoy,
^~w "^ lu'il ne reculera jamais d'un seul pas devant ses ennemis >. C'est alors
^^^'■1 reçoit le nom de Galion et le turuoni de Ketboré, ■ eumme qui vuudroit
^T^ îre : c'est celuj qui a restauré chevalier en lieu des douis pairs qui ruroul
^^^reique tout mors i la journée de Roncevaux. Car en ce lems là fut nommé
^^alien Hcthoré • (cbap. xir). La mère de Jacqueline, la grnnd'mère de Galien. le
^Vil baptiser par l'archeitque Heroiain, el entoure la mère et l'enrant des soins
^•tt plus prcvemmU ; puis, Jacqueline et son llls se retirent i Damas. A sept ani.
^îalien révèle sa naissance et sa vocation chevaleresque par des traits nombrejft
d'énei^ie et de courage (cliap. xiitj. A treize ans, il ir esluit le plus beau que
fnst on creitienlé, le plus avenant, le plus «cavanl, le plus lionncstc. grant et
bien rornié, corsu rt bien façonné de tous trs membres •. Le roi Hnguet tient
on jour courplénièro i Constanlinople, et le comte de Damas jenimèue l'i-nfant
ivM lui. • Quel est ce bel enfant? ■ dit le Roi. Fièrc réponse de l'enfant. La
Rwie nt forcée de dire la vérité : i C'est le llls de votre Qlle. • Hugues ié-
meuli al la réconciliation ne fail ; Jacqueline revient à ConslanlinopU', et Galion
5 Ml bieaUH aimé et admiré de tout le monde. Hais une partie d'échecs ra mcllro
Bn i kml ce honbeur : le Itls de Jicquelinc commet un jour In faute ^ravc de
m pas le laisser bntirc par ion oncle Tj>l>erl, et le fait mat. L'autre, furieux,
le Ihippe de l'échiquier i la tête cl l'appelle bltard. Ce mol étonne Galien, qui
va tniuver sa mère et se fait raconter par elle l'histoire du gab d'Olivier. C'est
ainsi qu'il appreiid le secret de sa naissance : i Certes, dit-il, puisque je suis
> nii d'Olivier, ai on m'appelle hastard, je n'en conte un nî<)url. Hieux vaut un
• baslard qu'il soit hardy, que ne feroit vingt couart qui seront cng^ndrei en
• mariage.! El il est plus joyeux que si on lui uùtrionné tacite de Cunslantinoplo (chap. uv). Galien ])art i la recherche de sou père, avec lo congé du roi Hugues, qui iv conlle fi un jeuni' chevalii'r nommé l>irard de Sicile et lui donne
3» l)ilL\aB M! CAUeX.
par le poêle. A l'iiif^taiit m^mc où Galicn se raootre.l!
les Français sont moris, tous les Pairs sont iiioils. Seuls,
quatre lommirrt cbu^é« iTar el d'argent Adieai >lc Galirn ri
• Ailii^u. mon mriinl ; slieu. ui> joje et ma lieue. VueiUtv looj nmciwr vitU«
• hin père, lequel j'at laBlij-né.ir^pendanl, les 4auriiresd«JMqoeIiiKpré- IttrrBl, sTcc leor oncle Rieharil, aoe embutrate coaini Cali«o; ils rallendent •mil lin bo», li-jMU. t\ W veulent loer (cbati- »>. Toute la tille de CootUntïiiDple lïileorUseiCalîen: maii il arrive bienldtdanieeboiihul où ses onflei fiaient (on paitagr. Cooibai lerrible. Girird de Sicile lue Kicbanl, ijue Calieii ,1 rcnierté (thap. m et ïïih. Par bonbeur, Hugues lient au lecours de sou pelit-ni« qui, niaIfT<^ tout, était en matmia point. Nais il ne se tirait d'an pvril que pour tomber dans n>i autre. Aprèi un long Tojige, il était en&n arrité pri* de CCiiei. Or. il t avait alors dans ce pajs un brigand nonuné Brisbam'. qui ataii iltjà bit mourir plus de deux mille marchands et qui. à la me de te jciinp enRint monté sur un beau cheial et suivi de quatre sommiers cbargés •l'urgent, se sent plein de eonvoitite (chap. xfpii. Il l'attaque arec ie« Irenle larrons : tiaticn n'avait ave? lui que ion lldèle Girard et dix écujers. Mai». nvifc un tel enfant, l'issue de ce combat ne pouvait Ctre douteuse ; la plupart des larrons sont tnés et lu autres mis en Tuite. C'est aprt* cette «ietoire que (iallen entre dans le ebitcan du duc de Cennes (cha(i. inj et se Tail reconnaître du duc Rcgnicr, qui était le pire d'Olivier et !on grand-père. • La b<4le nilc Bi^Uaudc tant pria son seigneur de |>ere ifn'îl interrogun l'enfant Calteit :
• Je suislilz, dit-il, de votre Dli Olivier. • Lors Régnier, le nobleduc de Cennes et sa femme ne se povoie ai saouler d'acollcr l'enfant Calieo. ■ Olui-ci, d'ailleurs, se reflue & tout plaisir, 1 tout repoi, jusqu'à cequ'il ait trouvé son pèm, Avant qu'il parte en Espa4{ne, Régnier lui donni^ l'^pée Plamberge et nn beauine où il jr a une escarbouclc qui peut éclairer, dans la nuit, la marche de trois charaliors (cbap. xn). Hais il lui réservait encore un plus beau don: c'était lehmeuii cheval • Marehepin >. Il ne manque plus an ni< d'Olivier quelle bonbeaubert double et am bonne lance qui «oit forte et puissante >. Quant â Aude, elle lui tait présent d'un anneau d'or merveilleux ; • Celui qui le portait jamais na se Iruuvoit eigaré ne ne pouvoit csirc vaincu en bataille, ne recreil. Et le cheval, sur quoj il s^wit monté, soui luy ne pouvoit estrc tué. ■ Bellaude n'oublio lias de lui remettre • un pennon de cendal pour porter â Roland son amj •. Alors Galicn se met en route el se défait rapidement de deux lan'ons qui lui barrent le rliemin (chnp. %x\). Il arrive à l'ost de Chnriemagnc, n lui dcinatiilc sur-le-ebiimp de le fïire chevalier. L'Empereur ■j causent. ■ Fiat vciiïi' l'archevesque Horain, auquel il commanda chanter légèrement la mes». Quand clic fut dicte, le roy luy nst faire les prouesses et veux de chevalier; puis, lui
•ceignit l'espée au seuexlre coslé el luy chaussa les espérons dorez i son pied dcutre, et lui donna la collée de son espéc sur le col, en luy disant : ■ Enfant,
• Dieu le doint la grâce d'estre hordy cSinbatanl cl que, par dessus tous 1 hommes, tu sois le meilleur conquérant de la cresticnlé. • Dispute cntr« Ga~ lien et tionclon, lequel dit au Dis d'Olivier • qu'il se tcust de par tous les diu- D Mes et qu'en sa vie il n'avoilaiméLomliart : toujours ne se font quo vanlori. Kl il ajoute : ■ Horvcus, malotru, tu n'oserais regarder un mcschanl cslronl puant. ■ l^ulien se jette sur lui et lui casse deux dents (chip. xxil). Ambassade lin Cnnclun prts do Karsile. Le Irallro vend au païen Hulanil et six d'oiilro les l'airs qui mM nlnm iivci: lui. Il convient de noter que les l>alrs B'Bf^llent ici Ral:iii<l. iili.xi. i>ir|>ji., '...imes, Bérnngcr, Estouf le flix Odon {tic), fîodebeur, Ivon. \'.- ■■■- i: \iiir:ent, Charles consent & quitter l'Espagne !>! Iniue. dan» l'.ui ' >' I. -\ .>\':c vingt mille Goniballanlefehap.xuil). Cent cinquanli' imii.' |> i.> n u i nssaillir Halund «vers la mimiJel'.Nar-
ANALYSK DU GMIEX. :]3T
Olivier et Roland résistent oïl, plutôt, vivent encore. Mais " ""^"^ ^''» '•
' r ' ^ r.HM» XIII
quelle vie ! Ils sont couverts de leur sang, ils agonisent,
^ilc a avec lui son frèro Baligniit ot quinze rois paicMis. « Le |>nMiiim' osloit l«i roy Pinart «le Urucellcs, le plus forcené «le touli* la paiennio. Si avoit U* roi hn.irt la chair |>lus dure «|ue fer ne acier trempt*. >» Malgré h grani1«Mir «lu danjjcr, Kolaiid se refuse à sonner «le son cur. Uataillo lerribl«*; mort «le la plupart (l«*s coni|)a^nons de Uoland. Charles cependant a un songe : a II lui «^stoit a«lvis que Tejflise Sainct-D'nysen France esloit v«M'séc à terre. Aju'ès vcuit le portail «le Noslri»-banie de Ueims et tous les pilliers treshusclior sur la terre. Si veoil \i\ lune perse et W. soUmI mué. » (Chap. xxiv.) liinlin Itoland se décide à sonner (1(1 cor H à peu «|uo les montai^'iies ne fendirent ». ChaiieniagrYe Tentend, mais r>anelon le détourne «l'aller au sc'cours de son neveu. Bien ne peut retenir Gali«'n. Il s'arme; il preinl son épce Fhunherge et met à sa lance «« l'enseigne que It'laude envoyait à son amy Roland ». Puis, « il broche désespérons et va si isnellemcnl courant qu'il sembl«>it à voir «luc le vent le portast. Si dirent I«*s Kraii- 4-oys les uns aux autres : « Qn ' Di<'u lui soit en nyde! » Chemin faisant, Calten rencontre Godebeuf de Frise, «pii est couvert «!«' blessures et e>saye «mi vain de retenir le fds d'Olivier. Mort de GiKlebeuf, «bntil de (iliarleniagn«'; entrée de Galion sur le champ de bataille de Roncovaux. 11 commence par tuer le roi paï«Mi Martigault, qui s'était vanté devant lui d'avoir donné un <>oup mortel à Olivier. « Oalien qui v«'noit contre luy (h; grand roydeur luy per(;a son haulberl, et si luy licsmailla toutes les mailles de son dos.» ((îliap. xxv, xxvi.) Martigault trouve un vengeur en son neveu, et ce neveu n'esl autre «jue le terrible Pinart. « 11 se oignit d'un oygnement précieux par tout le corps qui luy list la chair plus «lui*e que acier, et |)uis vint jouster à Galieii. • Le lils d'Olivier s'était fort imprudemiiieni endormi; mais, par bonheur, son cheval .Marchepin est là, qui, a l'approche de Pinart, « courut à Galien vistemenl et luy donna de son pié un SI grand coup contre son escu, «fu'à peu il ne le f<'ndit en deux picc(*s ». Le pand duel commence (chap. xxvii), et le récit en est interminable; mais il ne manque pas d'intérêt à causede certaines descriptions d'arnnires, qui nous()euvent >cn'ir à «Utter l'original de ce roman. 11 n*«*st partout «iuestion «lue de mailles, (le heaumes, de ces cercles de heaumes qui sont ornés d'émail et garnis de (lierres précieuses et de « fleurs ». D'un autre cOlé, Galien froisse le camail de l'inart, « qui cstoit tout covert de line pierrerie ; et luy devalla le coup sur l'espaulle, en celle façon «pie les haultes pièces de fer ne sceurent garantir que il ne vint justfues à la chair p. Plus loin, il s'agit d'un <« escu painturé, de la coeflfc du heaume », etc., (*tc. Quant au combat, il ressemblerait à tons les autres, n'était l'invulnérabilité de Pinart : tous les cou|)$ que lui porte Galien lui semblent caresses, tant il a la peau dure. Mais le fils d'Olivier finit par prendre le bon parti. Ne pouvant le percer à coups «le lance ou d'épée, il Tassonnue à coups de bâton. ((>hap. xxviii-xxx.) Enlin, dans la grande mêlée où il abat tant de païens, Galien a la j«Me de retrouver son père : « Si tost que Galien eut advisé le pen' qui l'avoit engen«lré, il «lescendit de dessus .Marcin'pin, son bon destrier, et l'alla embrasser, et moult courtoisement mist hors du destrier, et le porUi auprès du rocher dessus la belle verdure, et puis se coucha de costc luy en le regrettant piteusement.» (Chap. xxxi-xxxiii.) Adieux d'Olivier à tous les siens. C'est alors qu'arrive Roland, et Olivier lui pr«»sente son lils (rhap. xxxiv). M«»rl d'Olivier, que Roland a communié avec trois brins d'herbe. 11 est visible que l'auteur du roman ne comprenait plus le sens «le cette ccunnumion syndiolique : car il n'en parle qu'après qu'Olivier a rendu l'Ame, et il écrit « la comcnça » au lieu île « l'acom^Mija ». Turpin se connuunie (se c«)michaj de la même façon, et meurt (chap. xxxv). Derniers moments de Roland, auxquels assiste Galien. Prodiges : « A l'heure (|ue Roland a rendu l'àme à Dieu, toute la terre