‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 55 sur 150 · ANALYSE DE SIMON DE FOUILLE · texte numérisé non relu

ANALYSE DE SIMON DE FOUILLE

qui éblouit les messagère païens. Mais que fera-t-il ? Se " J^JJ; ^^^Tl'* soumettre au roi sarrasin? C'est une pensée qui ne peut '

poesté. » Et Sinndos source à se conv<»rlir. (P I-IO r*.) Il ne tanlc pas à le faire, et annonce sa (léci>iun aux barons français : « Fiez-vous à moi, liMir <lil-il, et • je vais vous conduire au cliAlean d'Abilent, où vous serez en siirelé. » Les chrétiens acceptent, et les voilà dans ce château^ désormais ccMôbre, où ils doivent resU-r si longtemps. (F" I4<> r" et v".) — Par malheur, ils sont trahis |iar le neveu de Smados, nommé Tristamant, qui fait prévenir en secret l'émir jonas de tout ce qui vient de se fjasser. (F'* \U\ v", 117 r'.) — Les païens commencent le siège de la tour d*Abilent. Sinados est fait prisonnier, refusL' d'abjurer'la foi cliiéticmie, «»t est jclé dans un cichol à Uabylone. (F» 1-17 r* et f.) — Couragiî et sang-froiil de Simon de Pouille, ipii no désesfM'rc pas de la situation et s'empar* du traître Triitamant. (F" 117 \°.) — Jonas fait construire des machines de guerre, un chafaud et im beffroi, pour cinportnr Abilent \t* lt8 r";. — Les Français, de leur côté, jettent Trislauïant du haut de leur tour dans le camp de Jonas. Celui-ci veut user de représailles et s'apprête à décocher de la même m.mière aux Français leur ami et son prisonnier Sinados. Mais Sinados est aimé par la fille de Jonas, qui va éner^iquement travailler à le sauver. Licorinde, au lieu de livrer le converti à son père, vient elle-iiiéme sons les nmrs d'Abilent a la tète de quatre cents chevaliers. (F" 118 r* et \*.) — Le chûteau où sont enfermés les Français est 1)aigné par les eaux de la Brunie, qui porl<; d«'s navires. Un vaisseau païen, commandé par Sorbarré, s'arrête au pied de la tour dWbileiit. Les Français s'en emparent et conqnièivnt ainsi tics pr«>visions pour soutenir u:i long siég.». (p 1 iU r".j — S*jrbarré b* Sarrasin se ronveriil à la foi cliréli«*nne et reçoit an baptême le nom de ■ Simon le vonvern ». (F" I iU \".; — Il se dévoue loiit entier à la cause des douze Compagnons. Mais quatre auln\s païens, qui avaient feint de se convertir avec lui, trahissent les Français. — Bataille entre les Sarrasins et les chrétiens, qui sont vainqueurs. — Colère de l'émir Jonas. — Nouvelle trahison ourdie contre les Français. L'Êinir craint que sa lille ne favorise leur cause. Il envoie aux Douze un messager du nom de Fol-si-fie^ qui fivint de venir leur parler au nom de Lic«»rinde et de Sinados : « Venez, dit-il, venez » rejoindre la fille de Jonas, en tel lieu, où elle vous attend, u (F*^ 1 II) v', 151 v".) — Ils y vont, mais bien armés. Au lieu de Licorinde, c'est Jonas qu'ils rencontrent. — Nouvelle bataille où les païens sont encore vaincus. (F** I5:i r*, i«53 r".) — Mais voici que cent mille Sarrasins arrivent au secours de l'émir de |Vr>ie. C'est le moment pour Simon de Poui^^e de réaliser un projet qu'il a depuis longtemps. Il se travestit en paumier, ri va trouver Jonas. (F" ir>3 !• cl V.) • Jo viens à vous, dit-il, de la [lart de rempereur Charles A la barbe * fleurie. II est très-irrité de la conduite des tloiize Français qu'il vous a en- » voyés. Tout ce «pii est arrivé doit être mis sur le compte d'un vieux Hm, Simon ■ dépouille. Le Itoi le regrette sincèrement, et veut désormais être votre homme » lige. * Jonas a quehpie raison de mettre en doute la bonne foi du messager. Et pendant ce temps, en elTet, h*s Français parviennent à rejoindre Lic«»rinde et Sinados. l'F" loi i ' et v".) - Simon entend le signal de ses compagnons, le signal qui dtiU lui annoncer la réussite de leur entreprise; il l'en- Icnd au moment où Ffimir vient de le faire monter à cheval pour l'éprouver. Alors • le vieux «b* Pouille «, sarhant b's siens en sûreté, donne violemment de l'éperon et s'éloigne su|K*rb«'nient en jetant au [laïen de fières paroles : «C'est moi qui suis Simon.») iF" 151 >".)— Nouvelle bataille,,nouveIle victoire des chrétiens (P* 155 r'). — Les Français, par malheur, n'ont plus de vivres et vont ôtrc affamés (P" 156 et 157). — Ils demandent du secours au roi de Jénisaleni. C'est Simon le convers qui va les lui demander avec Hnguc's de

|>ar ri'iilir Jon.i

OII\nii' itoii/i' nuiiti'H

350 ANALYSE hE 5/.l/().V ItE POllLLE.

" rHÎÎ: x7n.' '' vonir à Tospril d'un riiarlemaj^me. Il penche pour la

uuoiTO. ïoulefois il consonl a envoyer un mcssaM en iriM- Orionl, et, connue il prétend se fan^e représenter di£;ncment, il env(»ie près de Téniir de Pei^sie douze <le ses barons les plus illustres que la légende confond avec les

"lin il;;ri";": douze Pairs. Simon, « le vieux de Pouille ' », sera le chef

de cette and>assade dont l'ont partie Bernard deBrebanl, (îeollroi de Danemark , (îeolhoi McU'tel d'Angers , Richard tle Norniaiulie, ïhierri (rArdenne, Bernard de Clerniont, Hugues de Mantes, I{aind)aud le Frison, (îaulier <le Lond)ardie, Hugues de Dijon et Dreux de Poitiers. Ils partent, ces douze comtes, honneur de la France. Ils s\Maient donné rendez-vous à Rome : les y voici rassemblés. Alors, tous les douze ensemble partent en Orient et vont s'agenouiller sur le saint Sépulcre qu'ils mouiiliMit de leurs larmes. Mais, a peine sortis de Jérusalem, ils tombent aux mains de Jouas, qui, tout d'abord, veut leur taire trancher la tète. Les Français, en véritables Franç;ais, cherchent à se tirer d'affaire par des plaisanteries, par des t/ah. Rs couvrent TEnTir d'éloges exagérés; ils j)arhMit même, hélas! de

M<Mil;m cl H'-niiinl i\o r>r««l»anl >[' \'û v", ITiS r'i. — I.r un de Jérusalrin est trop fiiihlo piMir W< judcr : iiun-^ il nivoio los troi»* nifssajrors en F'rancr, où ils loiil appi'l à rKiiipiTiMir, (F " lôS \ •, l.VJ r",)- - Deux milli* chevaliers parteiil de France pour aller dclivrcr Siiium de Pouille t-l li'>. <icns. iF" 15'J v".) — Dernière j^randi; bataille i-nlre Jiuias el les Frîiinais. Dérailc des païens; l'Émir hii-mènie e>t lue par le rni »le Ji-ni^aleni. (F" l.V.I \", I(»0 v". I — C'est ici que. s'nruHc Ir miinuscrit tic /'(///s ; Ir leatc </<• iiolvr itnnlijsi' est emprunté au tnfrail de M. Fiiinri.sque Mirln'L V"i a rè.snwë le ïnatiusvrit de Londres. — Les Français sont eiilin délivri's. On haplisc Sinmlos, (]ui reçoit le nom de » Girard l'r poij^neor '-; on baptise Licorindc, ipii s'appellera désormais c- Florence à la frcisclie col<»r >-. — Quant à Simon le c<Mi\«'rs, on lui donne un château, el, à la mort de Sim-m de Pouille, il hérite de la Pouille et de la C.alahre. — Le roman se termine par le récit doi^ noces de Siuados et «le Licorinde. (F. Michel, (l}n\rlennujiu\ Intnuhu'tiou, pp. civ-cviii. i w

•^11 est de honne race suivant notr»' poi'Mii' : ■ Fil soi >rdon le tlnc, \e rosin Ainii'ri — \.i\ merchi«i de N nhonne an rniaii:.' ardi, — Qui (Wiillaume au Cort iH'/, le cuite ari-en.»ï. .. - .Moie est Pnillr la heh- «'I (ialahre aniresi... >■ (Ms. odS, f»» Mi V", »'ol. \\.) Miljiré celte parenté et pan*e «juVIIe est trop évidemment îuhilrairc, nous ne classons point SiiiKin tle l'nuille diu]^ la geslc de (iuilianme. mais dans celle du Hui.

le\ir |irôtV>nd am^nir [w-»ur Malioin ot TriNacaiil. Mais

Sinion ne soiirait menlir li* la >*>rto. Il >o lôvo, l'uri-^ux,

ci lîi.'iit au it»i païen un »li>*;r.iiis nia^nitl|no : n» No Ios

p civii> p»a>.iiilHl ; il> >ont i hivtions. «Juanl à r.hai lo<, > il

> êtail iii, tu ne |iourrai> uhHxw pas >u[>porler la \ue kU-

> srm visage: tu en ileviemlrais Imu de p»*ur. Kt saein » bien «pie le vrai Iheu est celui qui mourut sur la rroix :

* 1»'> tiens ne valent |ms une feuille île lis. ^^ (irauii«*

ooli^re tie THuiir, «pii vi.»il ilans ees paroles une N»*Mi-

^alile ilêclaralinn de iiuerre. I-«'S Krant;ais^ par bonheur,

trouvent un proleeleur in»»s|vré dans le sênêelial d»*

•louas. Sinados se eonverlil à la foi olnvlitMuit» et met les

Ki»ii "S

^louzt' bamns en sûreté dans le ehàl«»au d'AbilenL où V.X*m."

il> sauront se détendre . Le sié^iede re eliAleau [>ar les ' '\i,MM.^ "*** plions sera, s n tant tout due, I unique obieî île liuit le »''»v"»» >*"^'* ï'f'sle de notre roman. !^««'«"^

Il est Ibrt, il est l)eau, ee ehàleau dWbilenl : à ses ^' "il»" » i»;"nmto piods coule Feau de la lîrunie, iKMtanl nefs et dromons : ,i,;Mo»fslnl^^^^^ tout autour sont les Sarrasins de Jonas, brûlant d'entrer Jans la tour et d\v massacrer les Français. Tu peu plus loin, voici un autre camp où se li(»nnenl tpialre cents chevaliers sous les ordres d'une fennne. Kl ct»lle fennui» est la fille de TKmir lui-même, Licorinde, qui aime di»puis lonjiçlemps le sénéchal Sinados el est par conséquent toute disposée a favoriser les Français (M à rtn*evoir le baptême. Tels sont les éléments de ce drame épi(pie.

Faut-il ici raconter les batailh^s interminables, h^s trahisons et les vilenies des païens, les grands coups d'épée et les prouesses dt»s Français? Simon dt* Ponille joue le premier rolt» dans cette action un peu viih^airi»; il y tient convenablement la place dn jeune Koland et du vieux Maimes, bravi» et lin tout à la l'ois, soldat et dipl<» mate. Le but (pi'il j)onrsnit est dillieile : il veut opérer la jonction de ses inlnrtnnés compaj'iions avee les j^ens

3M ANALYSE DE SIMON DE POllLLE,

Il PART. LIVR. I.

CIIAP. XIII.

(lo Licorindeet <le Sinados. GrAceà une vieille ruse, i |)arvicnt. Il se travestit en pèlerin, et se présente à Jon -^ comme arrivant de France : d Charlemajçne, lui dit-il^ » été Irés-irrilé en apprenant ct)mment se sont coiului ^ j(» s(is douze ambassadeurs. Un seul est coupable : c'efe^ » Simon de Pouille, c'est ce vieux fou. Mais le roi d^ ^> France m'a cbarfçé de vous dire ([ue désonnais il veu t )) élre votn» honnnelijîe et obéira toutes vos volontés. *> Jonîis ne sait trop que [)enser de la véracité de ce inessa^^î. Tout à coup, on entend le son d'un cor. C'était le signal convenu, et l(»s Français par là devaient amioncer à Simon Theureux accomi)lissement de leur réunion avec Licorindt». Alors le prétendu [)èlerin change de visage; Simon donne un coup d'éperon formidable, et, riant aux éclats : « C'(»st moi ([ui suis Simon de » Pouille, s'écrie-t-il. Vois si je suis fou. i> Il était temps, d'ailleurs, que les Français reçussent quelcfue secours : car cent mille Sarrasins arrivent a l'aide de l'Kinir. , . Celles les chrétiens ne les redouteraient pas sur le chanin

Cliaili*!» eii\oii' ' *

•';"""""" de bataille; mais par malheur ils sont alTamés, et vont dôiT.>2^^^^ mourir. Vite, ils envoient un message au roi de Jéru- .Mijr.ialpum^^ salem, ipii lui-même est obligé de s'adnîsser à Charle-

«■t n>viiMiiii*iit i^* . * i "il* 'Il 1 1* i*

m Franc.-. maguc. Ihcnloton voit diMix mille clievahers Irançais (lél)ar(|uer en Ïerre-Sainle et, j)leins de vigueur, marcher sans (lésemj)an'r à la rencontre de Jouas. (Jue les païens aient été battus, c'est ce dont ne doute aucun de nos lecteurs. L'émir diî Persic. meurt de la main du roi (le Jérusalem; Sinados et Licorinde sont enfin baptisés et reçoivent les noms de n Cirard le poiyneor » et de (( Florence à hf frcisr/m rolor ». Le brillant récit de lems noces met fin an tro[) long récit de leurs infortunes, et Simon de Pouilh*. retourne enfin dans l'obscurité... d'où il aurait du ne pas sortir.

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