‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 58 sur 150 · I.a Dostruciion de Roino · texte numérisé non relu

I.a Dostruciion de Roino

Ai.ai>sc La Destruction de Home! Il est peu de chansons de

«le la . ^

'^dc'Ztnr ^^^^^ Q"i olïreiil un titre aussi pompeux et débutent

popularité tic ce (icrnier por«me. La vi-rsion {ïWapremont qui est parvenue jusqu'à nous n;moiite sans doute uu ri'^ne de Philippe-Auguslo; inuis nous pensons qu'il a existé une version antérieure, et le texte dVlcçum semble donner raison à cette hypollièse.

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Contre A^'olant

El corilro Iloniiniunl, Sun tiU roiiUrccuidé, ^iif il avoil nouvcniliiii^nt (Oinonui*... " ... Par Ittilianil fut tmit «'scf-rvillr

0 nujj Irmison d'un roilr »'S|m««/. (|n:n'iv

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iNuil il fn |>uia clie\allirrs adoubi'... (P 38 i** ot >•**.)

* KOTK'.E BIBLIOCiRAPIlIQlK ET HISTORIQUE SIR LE POEME l.\TI- TtLÉ : « LA DESTRir.TIO^ DE ROME ». — I. lUltLIOGUAPlUE. — 1" DATE

DK LA coMPosiTiOiN. Lc î<oul W\W (|ui soil paivoiiu jusqu'à nous ne reinoulepeutclrc pas plus haut «pu» l«.î xiir siècle; mais il y a (mi une version antérieure en vers assiMumcés. — t" Aitehus. Les drux auteurs se sont uonnnés au cumuieuccnient de la clianson. L'un d'eux s'ap])elail Gautier de Douai, ot l'autri^ « li rois Louis )> lil était •( roi »> à la façon de l'auteur de lierte, d*Adenet). Us ne sr donnent, au n'>lc, que pour des remanieurs : « La clianclion est perdue et le rim<» l'ausée. — Mais Gautier de Douav à la rliiere imMuhrée — El li rois Louis dont l'aime es! UrspasM'c, — Kc li laclui pardon la Verjçe honorée, — Par lui «*t par Gautier est Tistoire aiiiié»!. .. »> (Vers 7-1 1 . ) Nous ne savons pas sur (piels arguments s'rst appu\é M. Gru'ber pour établir cpie « la Destruction de Home et la chanson de geste de Fierahras ont été composées par le mémo auteur «i. A ne: considérer que le style et l'agiMiocment littéraire des deux poëmcs, elles n<Mis apparaissant ronuno deux œuvres fort difl'énMites l'une do l'auln'

d'une façon aussi solennelle. Le seul nom de Rome, en "'^^X. ^ffet, a toujours eu je ne sais quel charme invincible,

*^ mii ne sont point dues à la niùnie inspiration. = 3" Nombke de vers ^"^ Nature de la versification. La Destruction de Rome est un pocine "<ï XiiOl vers cJodécasyllabiqucs, riinés. La plus grande partie des laissas est ^'^ e»r (notamment depuis le vers Ull jusqu'à la lin) et plusieurs couplets J^ Suivent sur cette même rinie. Il n'y a, dans toute la chanson, «pie trois Jjï'ades féminines, l'un en ée et les deux autres en te. — i"* Manuscrit connu. ^^^Hotlièciue municipale de Hanovre, n" 578 ^xiv* sièclej. Il a été exécuté en ^'[^jçleterre , et le texte, suivant l'expression de M. Crœber, « a été cruellement ^'^Çravé par de nombreux anglicismes ». = 5° Diffusion a l'étranger. Voy. la ^*^ticc consacrée à Fierabras. Il faut observer toutefois que la Destruction de "onxe n*a participé que de fort loin à la grande popularité de Fierabras. r^ C" Edition imprimée de ce roman. En janvier 1873, M. Grœber a publié "^ Oeslruction de Rome dans le o" fascicule de la Romania ^[»p. l-i8j. Cette publication nous semble défectueuse à plus d'un litre, et nous allons donner *^i les raisons d'un jugement que quelques-uns pourront trouver sévère. L'éru- ^it allemand «pris soin de constater que le seul manuscrit de la chanson a été exécuté en Angleterre et qu'il est plein d'anglicismes. Il a même ajouté que ^c lextt* anglo-normand avait sans doute été copié sur un autre manuscrit, i^*quel avait été écrit en dialecte normand. Jusqu'ici tout va bien, et nous nous '"allions volontiers à l'opinion de M. Grœber. Mai^ où Mou>nous séparons de lui, c'est quand il anirmc « que le manuscrit copié par l'anglais n'a été qu'un intermédiaire s et « que le véritable origiîial était écrit en dialccU* picard ». Les preuves qu'il en donne ne sont pas suflisant^^s : il a relevé dans son manuscrit un certain nombre de formes comme chanchonj comme le chapelet comme dresc/ac, et il y voit les traces de la rédaction primitive. Ce n'est tout au plus qu'une probabilité, et elle n'est pas vicloricusenient confirmée par ces formes verbales en omeSy connue aiomes et ironies, que l'on trouve également dans le dialecte normand. Donc, rien de scientifiquement certain. Je ne vois pas, non plus, que M. Grœber ait tenu compte de l'origine probable de l'un des auteurs de la chanson, lequel se nomme » Gautier de Douai /». N'y a-t-il pas là une précieuse indication et qui serait de nature à nous conduire à une hypothèse plus raisonnée? Il nous semblerait naturel de conclure que l'original de la Destruction de Rome «tait plutôt en dialecte wallon. Mais, même en admettant, avec M. Gr(cber, que Toriginal de ce poiime ait «'té picanl (ce qui n'est pas rigoureusement prouvé), fallait-il le publier comme il l'a fait ? Il n'a pas osé, en efl'et, entreprendre un texte critique, parce que « le manque de monuments picards sur lesquels il aurait pu baser une telle reconstruction et l'imperfection de sa connaissance de ce dialecte en ses détails devaient le faire renoncer à celle |)réU;ntion.-» C'est fort bien ; mais alors pourquoi ne pas laisser le texle tel qu'il était dans le marmscrit? Pourquoi n'avoir pas publié un bon t«?xle normand, ou même un textf régulièrement anglo-normand? M. Grœber n'a, en définitive, adopté aucun système, et s'est borné, comme il le dit lui-même, à rétablir la mesure et la rime des vers (ce qui est approuvablc quand on le fait avec critique) et à écarter de son texte les anglicismes et les normandismes « à mesure qu'il a pu les reconnaître » Ce dernier procédé nous paraît des plus va;;u<'s et, pour tout dire, des moins scientifiquos. Eu matière d(; texte criticpie, c'est tout ou rien. Ou il faut reconslruire tout s«»u lexU* en picard, enanglo-iiormaud, en normand ; (Ui il faut se contenter d'en «lonner uru' édition paléographique. M. Grœber semble l'avoir compris lorsqu'il nous dit fort modestement à la fin de sa Notice : o La plupart de mes corrections se fondent sur des expressions et des tournures de phrase usitées en d'autres chansons «le geste, principalement dans le

LIVR. i,

:m ANALYSE DK LA IlESTUlCllOS DE ROME.

cHAP. XV. oi ce nom suttirail a intéresser tous les Icr.leurs « poëiîieque nous allons raconler. Mais un autre inlé*' cajitivait, dans cette chanson, les pieux auditeurs ci moyen âge. et surtout ceux qui venaient à la foîr du Lendit, à Saint-Denis : il y était principalement question des saintes reliques de la passion du Christ. C'est

Fienihrus * i daîi.s la Destruction nirmo. Opondant rlles n'ont pus toutes fc iijôiiic d<-(çn} de probabilité, <'l jo sais qiioj'' in'cxposc, pour (plcll]u<^s-un(^s, au ropnirlio d'avoir procé'!»'* av«'c trop d(» hardiesse. •» Nimis n'aurions |»as inirux dil, <■! rcxri'ss.ivc liberté «pie [»rcnd le ptiibdo^uc allemand avec son t<'xt»' «'-t. aprè> fon picardisnie irn'v'ditM', le priinipal défaut que nous ayons à repnnli.r à M. liru.'ber. : 7" TnWAlx ImiM CE POEME A ETE l'oBJF.T. a. M. (iM-lnn I*:iris, rn son Histoire iioètninr tie CUarlemaijne^ avait regrcllé \i\ disparition d'une pr«MHi« re l'sanclie de t'ienthni^, intitulée IJalaul, et dont il iivjiit s.iNaninn.'nt recon>lruit b*s d«Miné».'s (p. 'lô\). — b. Au niois^e mai 187i, eut lieu à Leip/ij: l'a^Fomblée des idiilob»jj:ues allemands : M. GrœbsT y lut un .Ménnure où il clh'icba à montrer que a la /Je-itniction de flome elle Fierabra» ont « lé coni|>o>é"i par le niènio auteur /. (>e Mémoire a i»aru, sans doute, dans les l»a|»pi»rl> df rass».'inbl<'ii des pliilol'>i:ues. — c. Au mois de janvier 1878, le même éru<iit publiait dan^ la lltnnamn le texte de la Destruction et le faisait préiéiler d'ime iulénssaiiti; .Notice. — </. I»ans la Itevue des tangues romant'x 'IV, ^t. p. i'>ô', M. Bourlnriealt;irpia fort vi^emcnt la restitution de la Destructinn de Itome, par .M. linjub- r. — e. .M. P.iul Meyer ne la défendit que très-faiblement ilans la Jt-nnania dl, ô'i'2; juillet iSTwi. — f. Dans les TranslUtiOÊis of thc i^hitoloijiad Society for 1873-1871, b* même érudit alla beaueoup plus loin et condamna sans recours le travail de M. Grœber. Nous avons cité ailleurs 1" texte de la condanmatiiui, et n'en voulous reproduire ici que les passa^ies les plus sijrnilicatifs : « L'imprudent étlileur s'éUiut persuadé, par des inolilN iiisuHi^anls, que le [joi'm'" avait dû être rnuiposé en |ùcard. s'est mis à traiter en eon^équenie la lce.»n unique qui' iiou> eu possédons, qui est anglounruiande. L»; texte t-l sorti de >e< ni.iii;.». dans un état lameuiable, ayant perdu presipu; tons >••> eaiiictèr<s an^rlo-normamis et en ayant j^aj^ué lrès-i>eu qui voient vraiinenl |>ir.ird>. I..l..p. i.'l'J.i s Vai.EIK i.ittekaire. La Destruction de Home r<l à nos ni-ux nii'' «le n<»> m illiures rbansons de la seconde «■'|ioqn''. l]'-ani'i»np «b' descriptions et, eho».' r.'re, peu de loujrueurs. De la >ie, du uionvenieot, et pln> de st\le ei d,« couli.'ur «jue dans la plupart des poèmes du nième lenqts. Mériterait d'être traduite.

II. f:Lf:Mi:MS IIIsrOnigUKs. — Tout est faux, tout est conventionnel, tout est uniquement littéraire dans la hesliUilimi de /«orne, si ce n'est la léi^eude de> Ileliipies de la Pa»ion (vo\. la Notice du \tn/aije et celle de Fierabras)^ et c«' j:raiid r.iit que plusieurs ehan^nns ont \\\\> en relief et dont nous avons déjà luoutn'; l'inq-ortanie : - les invasi-wis des Sarrasins en Italie et jusqu'aux jiortes de llonie > Uoy. les N<iii«»s d-v Fiiprncrs Ofiicr et (b? la Chanson dWsprcnumlt. Il e^i i^ialemenl probable «pie b■«^ ♦•xp«'dilions victorieuses de Cbarlenia^^ni; en Itali»* ont été lran>bMint'«.'v; par la b'-ji^Mide en expéditions «outre le> païeu>, cl lt?s L«)mbards de Didier en S:irrasius.

III. VAIWANTES KT MODIFICATIONS DK LA l.KiiENDK. — Voyez ri-apres la Notice consacrée à Fierabras, et plus liant. •.*<;lle du Voyivje à Jcrusateni.

Il TAUT. LIVK I.

CHAP. \V

la couronne d'épines, c'est la croix, ce sont les clous et le saint suaire qui tiennent la première place dans ce roman militaire et religieux. Jugez par là, jugez si les rudes et naiïs chrétiens du xiii* siècle ouvraient Toreille, s'ils avaient la fièvre, s'ils écoutaient passionnément les vers chevaleresques et sonores qui étaient consacrés à riiisloire de ces augustes instruments de la Rédemption : « Orcomcnce chanson de bien enluminée. — l^oisque Dieu fist Adan et Eve s'espousee^ — Ne fu plus fieredite : s'el soit bien escoutee^, »

Ce n'est pas à Rome, c'est en Espaiine que s'ouvre la i vmir r.mi,i scène de ce drame a cçrand sr)eclacie intitule : la Destruc- . imi»on>«- . (ion de Rome. Fidèles à l'iiistoire, les trouvères ont tou- «^^'*'r'*'" *^^""-jours fait de TEspai^ne un des grands loyers de Tislaniisnie, et nous sommes aujourd'hui transportés sur le l)ord de la mer, dans une de ces localités de laiilaisie lue nos poètes, assez médiocres géographes, avaient niultipUées à Texcèsde l'autre coté des Pyrénées. Qu'estoc que (i le port sous Aigremore j)? Où placer Aigreiiiore? Mystère. Mais, en réalité, cette topographie n'a iiucune importance dans l'action cpii nous occupe. Le Jécor de cette première scène est magnifique. L'émir J Espagne, Balant-, lient sa cour au milieu de mille Puïens, de mille Esclers. On vient de se livrer à la chasse

* Destruction de Rome^ 1. l. vers 37-o9. -: Le second couplet répèle le prc- 'nior «Il le coinplélniil, et ce sont là «Ii-iix île ers laissrs que nous avous iu)ni- ^('■t-y similaires : « S<'igii«iurs, or m'escoulés, si Irssiésli' uoisi«'r»,(;tc.- l'ue Iroi- ^u*;:: ' annonce de la chansnii rcinplit unt; partie du troisièiuc couplet : « llaron, '»• fêles pès, lessi'-s la noix' e;>ter. — Clian«;ou d«' viaiiî e«>toire pl«'st vos à ♦'scuutcr. — De l'amiral d'tspai^ne vous voil iuiiniais rliauler — Kl d<'l roi Fitrciibras, d'AlUandre hur nier... « (L. 1., vers iU-71.j

* Le texte puito pirsipie jiarloul « Kaban '■; mais c'est um» erreur qui résulte d'une Ir.inspoNiiiou facile à expliquer. llalant, «[u'il faut considérer comme le chef de rislanii'^iue, e<t frère de l'émir llruaiil, de Uali^ant (que notre scribe appell-- Habilansj et «le Marsile. Il a une lille, l'huipas au vis rlerf et un fils, Fierabras. Quant à l'elendue de sou euijtire, elle est imnuMise . il possède l'Arabir, TAtrique, l'Europe, THsclandie, la Perse, la Syrie et ConsUiiiinoplc. (L. l., v.rs li-\)i.)

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