DE LA LÉGENDE DE CHARLEMAGNE
le calife Haroun-al-Raschid. D'un autre côté lelcgcndaire Empereur conquiert' la petite Bretaj^nie: c'est le souvenir des victoires de Charles contre les Normands iivahisseurs des côtes bretonnes, et contre les Bretons ^ux-môraes.
Et maintenant, que restait-il à faire à nos vieux oëtes ?
Il leur restait à préparer leurs auditeurs au récit
e Texpédition d'Espagne. C'est à quoi peuvent servir
ï es romans de la Destruction de Rome^ de Flerabras
^3t cVOtinel^ où sont fabuleusement rappelés les services
<que Charlemagne et ses prédécesseurs rendirent à la
ï^apauté menacée, et où nous avons trouvé un trait
^'union commode pour en arriver à VEntree en Es-
S^agnCy à la Prise de Pampebme, à Gui de Bourgogne^
à Roland.
Comme on le voit, cette période intermédiaire ellemême n'est pas sans présenter quelque unité, et l'on retrouve sans trop de difficulté, dans la physionomie de l'histoire, les grandes lignes de nos principaux romans. Entre nos chroniques et nos chansons il y a vraiment une ressemblance de famille.
Parmi les dix romans que nous venons d'analyser, deux appartiennent, tout au moins par leurs origines, à notre période épicjue la plus reculée : c'est 0////T, c'est Renatis. Un autre, fort ancien, n'est qu'un fabliau <r pour rire i^ : c'est le Voyage. Un quatrième contient des éléments vraiment antiques : c'est la Destruction de Rome^ et l'on en peut dire autant de la première partie ^ de Fierabras. Les cinq autres, enfin, n'ont prescjne rien d'historique, et ce sont des œuvres d'imagination, nées dans le cerveau de quelques i)0(Hes du troisième onln» : lel est le caractère de Jehan de Lanson, iVAcrjnin^ et surtout de Simon de Poinlle, d'Otinel i'\ de Galien. Ces
Il PAIIT. LIVR. I.
ClUP. XVII.
Je Fierabras, v{ à'Otinel.
CHAP. XVII
40i ANALYSE DE VENTREE EN ESPAGNE.
"«îliïî?;*' dernières œuvres attestent la décadence et annoncent la fin de rÉpopée française.
Et maintenant, faisons silence pour écouter religieusement le récit de la grande guerre qui doit se terminer à Roncevaux.