‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 73 sur 150 · II PART. LIVR. I CHAP. XIX · texte numérisé non relu

II PART. LIVR. I CHAP. XIX

II PART. LIVR. I

CHAP. XIX

comme l'Empereur ne tient aucun compte de ces prières, Roland éperonne son destrier, le pousse au plus

novele oi.,. — Duremant îi pesa e suen vis paloi. Il va, tout aussitôt, rejoindre rEmprreur : « Estes vous envahi », iui-dit-il. Et il ajoute : * Ja tie combaliés w vous ver Turc ne Arabi, — Mes ver jant cretiainet que vous a ja servi » Puii il éperonne et se jetlc cnlre les combaltanls. (Vers 145-179.) — Entretien de iioland et de Didier. Celui-ci lui expose longuement ses griefs contre Charles : • Je suis entré le premier dans la ville et en ai fait sortir les païens. Je me suis » alors emparé du palais de Maleeris, et je le voulais moi-même offrir au roi » de France. Mais les Tiois se jetèrent sur moi pour me l'enlever, et de là la » bataille. » (Vers 180-:25:2.) — Koland donne raison à Didirr et plaide sa cause devant l'Empereur. Les deux partis se réconcilient, grâce à Uoland et grâce à Didier, qui montre, en toute cette affaire, une admirable loyauté : E Rolland bellemant à Carton Vamena. — Quand De.ririer vit Çarlle^ tantost s'enginoila — Devant lu mantinant.e cil le redreça. (iC3-3ii.) — « Demandez-moi le don » que vous voudrez o, dilThinporeur. Et Didier lui demande sur-le-chnmp « que tous les Lombards puissent à -l'avenir porter Tépéc au côté devant les Empe* reurs ». Charles l'accorde volontiers. Iluec estait Trepin qui à nom sainte Marie — De cist feit en fist carte c, quand fu saielie^ — Ao buen roi Dexirier fu donée en bailie. — Adonc fu la peis feile e la meslée fenie. (3!25-36i.) — Didier offre à Charles Vhôtel de Malceris. Plaisanterie d'Estous : • Si j'avais un tel » hôtel, personne n'y logerait que moi. «Et l'Empereur de rire. Quant à Didier, il déclare qu'il veut servir le roi de France avec un désintéressement absolu. Tout ce ({u'il désire, c'est que Roland soit couronné roi d*Espagnc. Sur ce, on fait enterrer les morls et l'on ordonne aux païens de rester enfermés dans leurs maisons jusqu'à ce qu'on les baptise. (365-435.) — Cependant Charlemagne entre dans une belle chambre tote painteador fin^ — Ensicom en Besançeprist famé Costantin. Il se désarme de son clavein et de son haubert dopUiin; il se revêt d'un paile smeraudin. Les barons se réunissent en la maîtresse salle qu*est painte en or f rois. — Cornant Camilius desconfist li Gallois Repas solennel où s'astst le fil Milon ou siens palatinois. A la (in du banquet, Charles sonunc aiiiicalfiuenl M.ilceris d'avoir à se faire baptiser. « Volonli^'rs, dit Mal- » écris; mais je voudrais t(Hit d'abord être des dai'es Pières e de lour droit con- » rois. — Pue^proidrai le balismec servirai vous lois. » — Quand VEmperer roi, si en fist ris e gahois. Après que l'Empereur a birn ri de celé demandançe^ il la prend an scrn-nx et s'apprcle à all«T lieni.uider aux Pairs s'ils veulent acri'pl(!r Mal-rris dans leurs rangs. (4I0-51G.) — Charles va tout d'abord trouver Uoland el h* prie de choisir parmi les douze Pairs celui qui devra sorlir de l'ordie pour l'aire place à Malorris. Koiaiul s'indigne et se refuse très-vivement à faire un U-l choix :A'g conleroi je miey por tôt Vor de Costançey — Entre mes comi)ei(jnons. Alors l'Kmpen'ur, assi'z penaud, s'adresse tour à tour aux onze antres Pairs (pii lui répondent par h? nièan^ refus : il est obligé de revenir vers Malrcris el de lui annoncer le fâcheux résnllat de ses démarches auprès des douze ('.om|)agno[)s : u Ce sont des outrecuidants, lui dit-il ; mais ils » mourront un jour » En allondaut, il offre à Malceri'. d'être le condutor de sa baniere. Celui-ci reiuot habilement son liaplèuie an lendemain. (517-5^*.).) — Malceris et son lils vont se coucher dans la même chambre. Le roi païen est en proie aux sentiujenls les plus violenls : il vient de subir le mépris de Uoland et (\i'^ Pairs, (|ui n'ont pas votdu lui donner place parmi eux; il a renié ses Dieux; il a trahi >Iar>ile. Il ne- peut somnieiller; ses remords l'oppressent, et il se décide à s'enfuir loin de Charles pour ofl'rir de nouveau ses services au roi païen. Par malheur il parle trop haut, et son monologue est entendu par son lils Isoré. " Sire, Jpisies eslier rist velreparlemant; — CarZarlle

fort de la mêlée et s'écrie de sa grande voix : <t Arrière, n part. livr. i.

^ CII.VP. XIX.

3> seigneurs! îirrière, et laissez ce combat! » Charles

» vous fera plus rice e plus mainant — Che n'est le roi Marsille ne aucun suen » parant. » A ces mots de son fils, Maiccris feint de sommeiller, de sornoilier, et Isoré 8*endort, tranquille, en sMmaginant que son père avait parlé en rôvant. (600-683.) — Alors Maiceris, sans perdre un moment, se lève evestisuen jambons e fous ses garnison; — Car de ciere i avoit grant lumere environ. Mais, avant de s*évader, il veut tuer son enfa^içon^ qui connaît trop bien toute la terre d*Espagne et sera d'un trop précieux secours pour les Français. A deux ou trois reprises, il s*approche du lit d*lsoré, un couteau à la main ; à deux ou trois reprises, il se sent ému jusqu*au fond du cœur, et s'éloigne. E quand vit la façon — Dou fil que à lu sembloit plus qu'autre rien dou mon, — Le coer U entendri. Enfin il sort de la chambre larmniant à foison et descend à rétable où il tue le garçon de garde et équipe son cheval : Pues mist 00 buen detrierfrain e sele à esmal, — E saili ens VanonSy e la lamepoignal — Seisi por grand irour e isci de Vostal. (684-751.)— Bref, il s'en va, sans Cire inquiété par personne. Autemant mercia tous siens Diés por ingal — E dist : « 5c je euse mien cier fil ao costal, — De toute Vautre perde je ne donroie » un gai : — Car sour Frans cuit je ancour vengier mien duel coral. » Il se dirige tout droit vers Aragon ; mais après avoir marché l'espace d'une demilieue, il ne peut s'empêcher de se retourner une dernière fois vers Pampelune et de la saluer d'un dernier cri d'amour : 3fès il ne fuja mie demie lieue aie — Che Vaube fu aparue e le jour fu esclariê. — Alour tout maniinant oit arier regardié — E *ausi Pampelune e le paleis pavé, — Le mur e la mamn où il ovoU leisié — Suen cier fil Ysoriés. Lour oit moût sospiré — E dist : « Ay ! » Pampelune, amirable citié, — Ja fustes vous la flour de la Paienitié.., — Or » atendrai je auquant sout cil aubre ramié — Pour veoir se par toi me sera B envoie — Mien fil, que je tant ay queru e demandié! » — Lour ala soui un aubre quUl vit te* un fosié — E esgardoit ver la ville par le camin feré. (752- 798.) — La scène se transporte à Pampelune. E Zarlle se leva, merciant Vaut Yesu — Pour qu'il avoit Vorguel de la vile abatu. L'Empereur demande à ses Pairs de lui amener solennellement Malcoris, dont il ignore la fuite : a Où est » votre père », disent-ils à.lsoré, <7U« estoit iaucié e vestu? — « Seigneurs, il » dort encore, mes je le esveilerai tantost sens nul demour. » Par malheur, Isoré s'aperçoit bientôt que Maiccris n'est plus là, dans son lit ; les Pairs alors soupçonnent toute la vérité, et pâlissent : Si alerons à Zarlle acontier cist labour. Et voici, en effet, Isoré qui monte à cheval avec Naimes, Salomon, Gondeibuef de Frise et Ogier. (799-870.^ — Ils vont trouver Charlemagne : « Malceris » s'est enfui », lui disent-ils, et ils s'emportent contre le païen. Isoré, en cette conjoncture, n'est pas le moins ardent contre son père, el il ne faut point s'en étonner : il s'est converti depuis quoique temps à la foi chrétienne, et les auteurs de nos épopées prêtent à tous les convertis des sentiments qui sont peu conformes aux affections naturelles. Tristesse de Charlemagne : il envoie Gnudin, le fil à cuens de Fous^ et Bazin de Langres à la poursuite de Malceris. Ceuxci trouvent bientôt les traces du cheval de Malceris, et rejoitrnent VAmirant lui-même, qui se repose sous un arbre. (Vers 871-942.) — Dialogue entre les messagers de Charles et Milccris; le païen se prend à insulter l'Empereur: • Car je voi e conous qu'il n'est mie poestis — De fer rien, s'd ne pleit à Roi- » land te marchis. » Gaudin et Bazin répondent à ces injures par d'autres injures, et il en faut venir à d'autres arguments. Le Sarrasin, d'un premier ccMip de lance, tue (iaudin ; peu s'en faut qu'il n'en fasse autant de Bazins Par bonheur, Isoré, que Turpin vient de baptiser, arrive au secours du Langrois. (913-1019.) — Malceris ne sait pas encore que son fils est chrétien et se réjotiit

îi PART. LivR. I. écoule celle fois la voix de Roland. Même il recon- '- — '— naît qu'il a tort, lui et ses Tiois ; il avoue que Didier

d'uboril de le revoir : Lour le roi remira — Arier soi marUinant e bien afigura — Suen fil. Quand l'oit veii, lour Maçon mercia — Quand il le vit venir : car wur tuit moût l'ama. Mais il ne garde pas longtemps celte illusion, et son fils le détrompe en le suppliant de revenir à Pampelune et de se mettre, comme il Tavait juré, au service de Cliarlemagne. Alour prist Maoieris de duel à empaloir, — Quand il vit che suen fil le voloil semonir — De retoumier à Zarlle clC il ahoit plus cIC aversir, (loiO-1083.) — Combat entre le père et le nis, combat terrible. Isorc proclame bardiment sa foi: • Je ai pris le batismede » Dieu le fil Alarie, — Ond meis ne li jaudrai, mien cors bien le Vafie, — E $e t tu ne retournes ao roi che France guie^ — Si te garde da moi : car miencorg N le desfie. » (lU84-110-i.) — Malceris rend à son fils insultes pour insultes, et le duel commence. C*C!>t le iils qui Trappe le premier coup, et peu s*en faut qu'il ne tue son père : « Que Mahomot te maudisse ! Onque meis ne fist fil ao pier » tiel vilenie, » Sur ce, il se jette sur son fils, Tcpée à la main. La bataille aurait mal flni pour Isoré, si, sur le cbemin anliy Malceris n^ivait pas soudain aperçu Olivier, Roland et les Pairs. Il prend peur et s*enfuit : mes plus outre suen gré da liost''ne départi — lloi Tarquin quand Porsene pour peor le faUi — Comant roi Maoieris Pampelune guerpi. (1 165-1 199.) - Les Pairs arrivent, relèvent Isoré et se mettent à la poursuite de Malceris ; mais ils perdent bientôt ses traces et la ferée dou cival. Voilà donc Roland et les siens qui sont forcés de rentrer à Pampelune, assez honteux. Le plus triste est Charlemagnc, quand il apprend toutes CCS nouvelles. Il se console en faisant baptiser tous les païens de la ville. Lour se leva le roi e pues à Trepin fist — Sacrer le temple Venus à ionour Jesu Christ. — E le roi fist d tuit donier le saint batist. (1300-1304.) — C'est alors sculemonl que le roi de France fait présent de Pampelune à son neveu Koland. Mais il ne veut pas oublier le bon convers Isoré et lui octroie le comté de Flandre qui se trouve vacant par la mort du comte Henri : « Je » vous fais comte de Flandre, lui dit-il, et vous aurez un jour à votre service » trente mille chevaliers et cent mille geldons. » Isoré s'agenouille aux pieds de Charles, cpii le relève. Fêtes et banquet, E quand orent mangié à grand desduU pleniery — Ceus ménétriers prislrent manlinant à sonier — Tubes e caramatis e après à arpier; — Cens jentis bmaliers prislrent à baordier — Ca e là pour la vile tretout cil jour entier. (135()-1300.) — Cependant Marsile apprend que Malceris a pu s'échapper de Pampelune et qu'il est là, tout près de lui. Sa joie quand il le revoit : « Swe^ dist Maoieris, je ai bien le cuer plan — De ven- )» iier mien daomaie sour l'Emperertiran. » (1361-1409). — Le poète en revient à Cliarles : Or dirons de Zarllon cIC avoit mis cuer e son — A conquir le iamiu dou sainl Galician. (1410-1411.) — Conseil lenu par le roi de France : « 11 est » temps, dit-il, de quitter Pampelune. Demain matin nous partirons vers la » Stuille. » Le gonfanon de pourpre, le gonfanon royal est confié à Isoré. Rien n'est mieux peint que le départ du duc Koland : Avant la mienuit fu Rolland esveiliés — E se fu de ses armes vestu e adobié^. — Pues sona Volifantf ontl losl furent monliés. — Bien vint mil civalers garnis e coroés. — A Vosiel le niés Zarlle furent luit asenbliéSy — E le duc de Vostel isci ioiant e liés. — Pues 7nonta manlinant ao detrier sejorniés. — Le confenon Rolland che tant lu redoutiés — Fu davant tuit li autres ao vent desvolupiés. Le mot d'ordre de l'armée chrétienne est: <« Saint Jacques ! » Le lendemain, à l'aube, ils aperçoivent la Stoille. (141i2-1490.>— Le seigneur de la Stoille est Âltumajor, un païen fort honoré dans tout le pays; mais rien ne saurait effrayer Roland, qui envoie . Yvon et Yvoirc brider le faubourg de la ville ennemie. (1491-1525.) — Malceris, qui f-onge toujours à se venger de Charles, se met alors en embuscade pour se

ANAL\SK DE LA PltlSE DE PAMI'KLfXE. m

raison. Il s'amende, il souril la paix est rétablie. Un grand banqiiel rôiinit ce joiir-IJi les Tiois et les

jel«r nr le» troupes ilu {(rnnd Eoiperenr, im cnoineni nù celui-ci quille Pnmpeliinc, et «0 dirige h «on tour vers In Stoillo. OKc lAclic embnstradc oit lur le ' poini de réunir. A la tnrlie d'une vallcc. lïx mille Sarraaini ji-ltcilt un cri hurriblB el tombent, cumme diablra il'enrcr, lur Ohartemagnc et lur leicheYB'

1. Combat terrible ; Ont/ne mets Ceiarim ne fit enliel afroit — Ao Durât, qtunil Pompiu H vtnipti ti«u beSfroii — E ch'it te vil catier itou camp à grand egploîi, — Com fa Zarlle, quand vit la gient à Uel dtttrou. tntri'pidité '" uré lui. avec un eang-rroid încomp.irable, lient i, doux inaini, au milieu de la twlaille, le gonrauun de Cbaricni'igiie. Eiiploita du vieux roi Snlunion ' et de Ganelon. MËIéeépDiivanlablc. (I53<)-IT:Î5,) — D^jàlei pii'iens |>lieni. ijuiind Halceri) relËTe leur courage et les Inncc de nouveau contre l'Empereur. C'est t»'A eetlo roi« de Charles et des Français; mais par bonlicur le rui de Franco

lauvient alora de Didier qu'il a chargé du uum mandement de l'arrièregarde. 11 lui envoie un mesuger pour l'avertir de se hlter et d'arriver lur-le-

np an secours des cliréliens plus qu'A moitié vaincus. Donc, il ne l'ngll plu» que de rteittcr aux païen* jugqu'i l'arrivée de Didier el de ses Lombardi. Cestce quo font les h'ranfaii avec une admiraMc vaillance ; mais, hélus! ils ne •oniplui que trois mille. Que Dieu les seciiurcel la Vierge pure! (I7Î0-1T0G.) — Charles regretta amèrement rahsence de Roland qui est là-bai, sous les ninrs de I» Sloitle, et qui ignore la détresse de t'.irmée impériale ; t Se v(ii fuites,

• bimu niés, ci à eîst pont, — Pour mal fiuenl paint devalitt nui don mont, ■ — Jfti aiÀtre n'enpuel Un : car Fortune m'a jont — Par si feilr mainere

• ijite se le Sir dumonl — fTi enpanse.je leray don loi hui mis ao font. • Or, m ce moment m£mo, Halccrls aperçoit au loin l'enseigne du roi Didier cl l'armée des Lombards qui aecourl à l'aide de Charles. Sa rureur s'en aceruit. Il De peut oul)lier que c'est ce Didier qui lui a pris sa chire ville de Panipelune, et frémit de joie 1 la pensée qu'il va peut-élre se venger de ce mortel ennemi. ~ I plus tarder, il harangue le» païens et »e précipite au-devant de Didier. (I7UT-I80Î.) - Mais le roi des Lombards est un habile stralégiate : il envoie tout d'abord au secours de l'Empereur vingt mille hommes de pied et arbalélrieri ; puis, il dispose, A l'entrée d'une vallée, dix mille ■ gelons ■ armés de lances (ris-longues , alln de couper tout à l'heure la retraite nnt Siirriiiins. Lui-

n&nc, ennn, il s'avance contre Miilccris avec vingt mille nliev.iliors au petit «s. Les trompettes sonnent, les larnboura battant, tes soldats crient; c'est m tumulte épouvantable et qui Uil trembler la terre. (1863-1883.] — Nort du «len Salemun d'Aumerie el des français ■ Lambert In Astenoii et Richard de Haelint >. Allocution de Didier A ses chef iliers : Il leur rappelle que • l'Einromain les a mis en Tranehise >, A cause de la prise de l>ampelune qui a été vrnimenl due h leur courage : }ltii devons la franchisse i VEmperer merir. Chargf! de» Lombards ; Us païens ne peuvent j résilier, et Didier peut enHn arriver jusqu'à rEmperenr. qu'il trouve i pied, désarmé. Alors Didier si: conduit en bon vasial; il est très-beau : Quand Dexiritr vit Zarlle. plut imel ehe limer— 5e jriefii de Tarpon efiar le frain d'or elier — Amena nwn cirni à ■ Çarlton sens tarditr — Pues, ti diil Houcemant •- • J/ien leîiiiuir ilroilurier, — "lur miint ntnour votis pri que vous i/uiri monfier — Sourciit cirai, ■ < 188-1i,) — A peine Charles est-il remonté en selle, qu'il lue un paï»n, Uu:iiid Miloinii voit le triomphe îles Français, si rogi cùm coral. Il en prullte pour lire des axiomos sur les chances de la guerre el poui pmpascr dée>d'im''nl glratte. Alluni:ijof se retire i la Sloille et Nalceris retourne vers Mur'ile. »8aragoi«c.(lue(l.«t«.) —par malheur. Allnm Roland el Olivier. Ils ne savaient pa* encore In

"ÏÏS'rï""''

IIPART. LIVR. r.

CUAP. XIX.

Lombards réconciliés. Charlemagne, à la fin, somme le roi Malccris de se faire baptiser, ainsi que ce vaincu s'y

à riieurc traversées Tarméc de Charlemagne ; ils ignoraient encore la grande bataille que cette armée venait de soutenir; mais ils apprennent tout, en ce moaient, par un des nouveaux convertis de Pampclune. Us ne s'en montrent que plus excités contre Altuuiajor. Celui-ci comprend quMI a affaire à rude partie, ot se résout à prendre l'ofTensive : E enfeutra sa lançCy où fu un fiotr penonciaus — A un cenglier d*or batu sens nul autre segnaus. Duel entre Altumajor et Roland ; victoire du neveu de Charlemagne : exploits d*01ivicr et de ce Samsonnot de Perse qui joue un rôle si considérable dans la Sf^conde partie de Y Entrée en Espagne. Ce Samsonnot en arrive à prendre à bras-lecorps le terrible Altumajor que Holand a vaincu, mais qu*il n'a pas d<^armé : Altumajor se bat en déses|)éré et, menacé par Yvon et Yvoire, voit que toute résistance lui est désormais inutile. Mais il ne veut se rendre qu'au Sénateur romain, à Roland, si che aucliun neo repragne quHl ait cuer de vilan. (2023- 222G.J — Le poëte peint Altumajor sous les plus belles couleurs ; il le fait au«si grand que les plus grands chrétiens. Heureusement pour ce vaincu, Roland arrive, et il le reconnaît à Técu, où estait le quartier d'açur e d*or batus. Alors, il jeltc son épéc sur le camp erbus et s'agenouille devant le neveu de Charles : « A vous me rend^ frans duCy plain de toutes vertus. » Sur ce, il lui raconte très-longuement son histoire, et promet de se faire chrétien, t Je te » ferai roi de Cordes, la patrie. » Ainsi lui répond Roland, et en ce même instant il voit apparaître l'oriflamme de Charles. {itil-tZ^S,) — Il s'élance vers son oncle, et ils se racontent mutuellement tout ce qui vient de leur arriver. Joie de Charles quand il apprend qu' Altumajor est « converti à sainte Eglise » : le convers se jette à terre e baisa sens fantise la destre jambe d ÇarUe. a Failes-inoi baptisLT», s'écrie-t-il. Les Français, sens coup grand ne meneur, font leur entrée à la Stoille et prennent possession du palais andenour. Ils ne s'y arrêtent pas, et se dirigent aussitôt vers Logrono, que le poëte appelle le « Groïng ». Altumajor leur en ouvre les portes, et Roland en fait baptiser tous les habitants, liaptéme d'Allumajor et des païens de la Stoille, qui, sortant du baptistère, poussent ce jçrand cri : « V'i/'C, vive le buen roi de Paris!»,,,

— Leur fu saur l'aule tour le confenon Dieu mis, — E cil aou grand César e Vautre à flor de lis, — E cil aou duc Rolland fu josie c£us asis. (235^2457.)

— On soniçe alors à faire, sans plus de retard, l'expéilition contre Cordes. C'est le pays d'Altumajor, c'est le royaume dont il a été injustement dépossédé par un vieillard du nom de Jonas. Les chrétiens veulent rendre la couronne à Altumajor, ils veulent détrôner l'usurpateur. Mais Gaiiclon, dans un discours très-sagt', conseille d'envoyer, tout d'abord, une ambassade au roi Marsile : a Nous avons passé cinq ans à prendre Pampelune. Si nous mettons autant » d'années à nous emparer de chaque ville d'Espagne, le plus jeune d'entre » nous aura barbe blanche. » Roland appuie la proposition de Ganelon : « Si » Marsile veut croire en Jésus et devenir Thomme de Charles, nous lui laisserons B son pays et sa ville. Il reste assez de terres païennes en ce monde pour que je » puisse encore m'en composer un très- vaste royaume. » (â458<2d-U.) — Charles se rend à l'avis de ses barons, et se d*'-cidc à envoyer à Marsile deux ambassa. deurs. Il choisit, pour cette mission diflicile, doux chevaliers de Langres, Basin et basei; il leur donne ses instructions : « Nous laissons sa terre à Marsile, » s'il veut se faire baptiser et tenir sa terre de nous. » Départ des messagers. (2515-2571.) — Basin et Bascl arrivent à une tour en une yeve fondée par moût sotil labout, 11 y a là un pont da dous ciés leveoury et, pour aller à Saragosse, il faut nécessairement le traverser. Les deux ambassadeurs trouvent Marsile entouré de maints païens, chi noir, chi bktnSy chi tous; ils lui font

était engagé. Malceris y consent, mais à la condition " ciup." "ix^^* '* d'être aussitôt élevé à la dignité de pair de France : « Ne-

leur message, et le somment de se convertir à la loi de Jésus-Christ. Marsilc leur répond en les faisant pendre, et les deux valets qui les accompagnaient sont chargés par le roi païen d*aller apprendre cette triste nouvelle à l'Empereur. (2572-2676.) — Colère de Chcirlemagne en apprenant la mort de ses deux messagers. Ganelon ne partage pas l'indignation du Roi et propose sur le champ d'envoyer à Marsile un autre ambassadeur, un mesagier clie soit prous e sate e ardi, et qui soit en outre porteur d'une lettre scellée de Charlemagne. L'Empereur ne fait aucune objection à cet étrange avis de Ganelon et se demande seulement quel messager on pourrait bien choisir. « Ce sera Guron », dit Ganelon. On accepte ce choix, et Charles le confirme. Or, Ganelon n'a désigné Guron que parce que c'est son ennemi : Car envoler le feit en plus cruel voiaie — Che Jason ne fu quand ala en l'isle saovage — A tondre le mouton. Ganelon va plus loin. Sa nature de traître se révèle soudain, et il envoie à Marsile son propre chambellan, nommé Guirdonal, pour prévenir le roi païen de l'arrivée de Guron et lui dire que, s'il veut faire une grande douleur à Charlemagne, il n'a qu'à tuer le nouveau messager du roi de France. Guirdonal accepte cette infâme mission, et part à Sarragosse. (2677-2844.) — Quelques jour* plus tard , il revient auprès de Ganelon : le misérable n'a que trQ|) bien rempli son message, et Marsile a, par avance, décidé la mort de Guron. Le malheureux chambellan est d'ailleurs puni de sa complaisance criminelle : Ganelon le tue d'un coup de couteau pour faire disparaître le seul témoin de son crime. (2845-2889.) — Cependant Guron s'apprête a partir. Deux de ses amis, Taindres et Andriais, ne veulent pas le laisser partir seul auprès de Marsile :

• E se nous jusque ci Vavons volu amer y — Ancour te volons nous plus servir » e hortorier. » Guron accepte leur dévouement. Us s'arment, et le messager, sur le point de partir, va s'agenouiller devant TEmpcreur. Or, Charles a fait écrire une lettre à Marsile par Turpin che moût bien savoit scrir e ditier — En romein e en latin. (2892-2914.) — Guron pénètre jusqu'à Marsile, après avoir donné son cheval à garder à un sergent qu'il récompense d'un besant d*or. Le roi païen reçoit la lettre de Charles, et la donne à lire au bailli Justin, tin roi prous e saçant. Le poëte nous donne, en couplets de quatre vers octosyllabiques, le texte de cette missive, de cet ullimalum de Charles : « Nom Çarllemagne ao Dieu honour — De Rome droit empereour — E roi de France e encour feignour — De Crestentié sens nul irour ; — E de Baudard e de Nubie — E de Persse e de Surie — Jusque où (u mort le fil Marie, — S'est la giant d nous convertie. » Dansf la suite de cette lettre, Charles reproche à Marsile d'avoir mis à mort ses deux ambassadeurs : « Venez nous demander parji* don, ou vous êtes mort. » Vultimatum du roi de France se termine en ces termes : t Pensiés com riva à buen destin — MithridateSy le roi Ermin, — Che se cuidoit défendre enfin — Contre Ponpieu le palatin; — Cil home est saie e prous sens fal — Clie se çastie con l'aulru mal. — Or respondiés, sire amiral, — A notre lelre e ànous saial. ■ (2915-3028.) — Colère de Marsile à la lecture de cette lettre; De maotalant ch'il oit rogi plus che stiçon. « Faites-les » pendre », dit-il à ses hommes. Une bataille s'engage dans le palais du roi sarrasin. Contrairement à toutes les lois, les païens sont sur le point de massacrer les trois Français qui defendoient lourcors à force e à vigour. Par bonheur pour eux, Baligant arrive : « Arrière, arrière, dit-il aux i^ons de Marsile.

• Vous avez perdu l'honneur, et ce n'est pas'ainsi qu'on traile des mess.igers,

• des ambaseours. » Courage admirable et siuig-lroid de Guron, qui propose à Marsile de se battre en champ clos contre deux champions du roi païen : « Si > je suis vainqueur, je porterai votre couronne à Charles. ■ Marsile accepte, et

i7î ANALYSE DE LA PRISE DE PAMPELVSE.

» veu Roland, dit alors l'Empereur au fils de Milon, c*esl » à loi de choisir parmi les douze Pairs celui qui sortira

fait porter, comme gage de la bataille, sa corone ad orfroi — Sour Ventrée de la sbare sus un paile arablox. (30:2D-3â3:2. ) — Les deux champions de Marsile Ront le roi de Porlcgal, Ayqiiin, ot un roy de Barberic, nommé Timides. Ut s'arment, et rien n*est plus intéressant, dans le pocnie, que la description de leurs costumes. Ayquin porte une sourveste ou fu Maçon e Apolin; Timides tme rice sourveste d'un cier paille rosiés. Leurs selles sont d'ivoire, et au flanc du roi de Harbcrie est attaché un arc avec un carcoLs plain de sajetles. Le duel commence ; la barrière, la sharCy est fermée, et Guron fait faire à son bon chefal un bond de trente-deux pieds. Puis, il désarçonne Ayquin sous les yeux de tout le peuple païen qui se presse aux barrières du champ. Timides subit le même sort, et les Sarrasins de s'écrier : « Se Dieu ne nous secourt, sour nous

■ viendra le pis. » Mais d'un coup de flèche, Timides frappe alors le bon cheral do Guron. Celui-ci ne s'émeut pas; il se retourne contre Ayquin et le tue. TiH H dona sour Peome dou brand che flambooit — Che tout Veoume trença aou pain maleoit, — Ne eu fie ne venlaile ne h vaust rien che soit — Chejusqu'as dens desus ne H entrast Vacier Iroit. Reste Timides; mais, dès ce moment, il est facile de prévoir que la victoire restera à Guron, et Malceris va s'embusquer likchement, avec deux cents hommes, sur le chemin que doit prendre i son retour le chevalier français. (3233-3r)24.) — Timides, en effet, a beau cribler de ses flèches Técu de Guron : celui-ci, qui a dû descendre de son cheval et qui combat à pied, poursuit le païen, chaçant lu pour le campcom cien le Ums aou bois. Bref, il l'atteint et lui tranche la tôte voiant noires e blois. Il a donc gagné loyalement la couronne d'or du roi Marsile ; il la saisit, crie • Montjoie » et l'emporte. (35!!5-3560.) — Mais le malheureux Guron, triomphant et joyeux, tombe bientôt dans l'embuscade de Malceris. A ses deux compagnons, à Taindres et à Andriais, il fait une belle harangue : t Se nous puisons

■ brisier ceste giant mal nascue, — La renomée de nous sera sour touscreûe, — 9 E se nous morons ci^ ampues sera seue — La proece de nous e bien ramentefîe.

■ — Ë nous armes seront en la gloire asolue. * Avant de se jeter sur Malceris,

Guron se fist fermer stis Veome la corone yemée — Pour cICelle ne i poùst ceïr

en la meslée. — Bien la pooit portier qu'il la avoit gaagnée — E fil de roi estoit

ede roial lignée. (35G1-3603.) — Guron va attaquer Malceris covert sou% suen

escu e sa hnice enfieulree; Malceris est désarçonné. Mais il se relève et /eri/Nir

deriere Taindres le buen vasaus; il lui tranche la tôte et, quelques instants

après, tue Andriais. Voilà Guron tout seul : il est blessé ; il est à moitié morL

11 n'en renverse pas moins Malceris de son cheval, et le blesse grièvement.

Puis, il se fraye un chemin et parvient à ^''^gner le camp de Charlemagne :

Grand pièce serait mort, pour voir je le vous di; — Mes le suen aut coraçe le man-

tenoit ensi. Son bon cheval meurt, dans le moment même où ils arrivent tous

deux à l'ost de rEnipereur. Los Français, cependant, s'étonnent de voir Guron

dans cet horrible et singulier état, tout sanglant et une couronne en tôte :

« C'est moi, dil-il, c'est moi, Guron de Bretagne. Allez prévenir Charles, Ro-

» lan<l etSalomon. Je me meurs. » Charles arrive, et le prend tendrement entre

ses bras. Guron lui raconte toute son aventure ; puis, d'une voix mourante :

« Avant che je faice ma fenison,—Mout voluntier voudroie parlier ao filMilon;

» — Car je ne dexiroie autre rien à cisl mon — Fors cite être en sa compagne

» e soui suen confenon. » Roland se montre, et le serre sur son cœur : « Ond je

» pri Damnideupour sa redencion — Che de tous vouspeçiés vous faiçe hvy par'-

» don. ■ Quant à Salomon, il couvre de baisers son neveu Guron et le regrette

decuer parfon. Puis, Guron se confesa e prist le cors Yesu, et il meurt en brais

â Vemperer. (3604-3823.) — Regrets de Charles, regrets de Salomon. On rend les

ANALYSE DE LA PRISE DE PAMPELUXE. i73

> de l'ordre pour donner place à Malceris. » Roland s'indigne et se refuse à faire un tel choix entre des barons

derniers devoirs à Guron : AUmr fu despoUé — Le cors, e fu boiU^ e cuit, e éeievré — Les osses de la cam, com Zarlle oit comandié. — La iorn fu enterée au grand temple sacré — E les otses furent par nwut grant dignitié — Lavés e enbaumés, e en un paile rosé — Furent envolupies. Nais le roi de France ne se veut pas attarder en cette douleur, et pense sur-le-champ à s'emparer de Cordes. Il fait d*abord explorer tout le pays devant lui ; car, dans la Prise de Pampelune, TEmpereur est représenté commn un très-habile et profond tacticien. G*est Attumajur qui est chargé de prendre cette ville de Cordes que lui a jadis enlevée Jonas. Frayeur de Jonas. (3824-3912.) — Dans la ville on se dit que le roi légitime de Cordes est Altumajor et mal rolonlier cescun cuntre lu trer voloit. Là-dessus arrive TEmpereur qui dresse sa tente près de la porte de Cordes. 11 envoie contre les païens dix mille Français et cinq mille archers flamands. Jonas, de son côté, fait dresser sur le mur un gonfanon à ses armes où fu un tous tretout noir plus ch' agrimant ne pois ; il charge les bourgeois de défendre leur ville. Cinq mille hommes sont gardés en réserve; cinq mille sont envoyés au rempart. Les murs sont très-forts, et les grands fossés •ont pleins d*eau. Cependant Jonas ne se fait pas d*illu$ions et se hâte d*envoyer à Marsile un messager nommé Carpent : • Si vous ne venez pas à mon

• secours, je suis perdu. » Marsile promet à Carpent d'envoyer à Cordes cinquante mille chevaliers. (3^U3-i078.) — Et voici que Carpent expédie Coursis devant lui pour annoncer à Jonas l'arrivée de ce renfort. Coursis à la porte de Cordes s'en vint^ e lour requis — Le portier, e cellu, quand entendi siens dis, — Le recoili en la ville par un pertus petis. Le païen se fait sans retard conduire au palais, devant le veilard roi Jonas : « Cinquante mille homuics arri- » vent par mer à votre aide, lui cric-t-il, et c'est Maiccris qui est à leur tête. ■ Joie de Jonas. Le siège continue. (4078-4137.) — Cependant les vivres manquent nux assiégeants, et l'empereur Charles est très-vivement inquiet. Roland s'informe auprès d'Isoré et lui demande, à lui qui connaît si bien la terre d'Espagne, s'il n'y a pas aux environs quelque cité ou château où se poûst vilaille prendre. Isoré lui indique sur le champ-le-chàteau de ToletcUe . Toletele Vapelle cescun joune e ferant ; — Car la giant de Tolete exilée malemant — Fermèrent cil pastel, selong que je entant, — Ond Toletelle vient apelée pour la giant — De Tolete, que iluec le fistpar lour garant. « C'est là, dit Isoré, que » sont les claires fontaines, le vin et le froment. » « Mais Toletelle, ajoutc-t-il,

■ est défendue par mille chevaliers et cinq mille gcidons. » Malgré tout, Roland se décide à y aller, conduit par Isoré. C'est en vain qu'Estons l'invite à se déOer de cet Isoré, de ce fils de MaiceriS ; c'est en vain qu'il lui dit : « Bien seroit

■ plus que fous — Chi cuidast que un angnel peûst nestre d'un tous. » Roland déclare qu'il a pleine confiance en Isoré, et se laisse conduire par lui. (4138- 4234.) — Ils arrivent bientôt dans un petit bois voisin de Toletelle. Des troupeaux immenses sortent du château : Le lour mugir estait si grand e le criour — Qu'il tentissoit la terre de mie lieue longour. Scène héroïcomique : Estons redoute toujours une trahison et finit par tomber au bras de Roland. Combat des Français contre les mille chevaliers et les cinq mille geldons ou bourgeois de Toletelle. Victoire des chrétiens. (4235-M27.) — Mais au moment où ils s'apprêtent à revenir vers Charles, avec la grand e menue bestiaille qu'ils viennent de conquérir, ils aperçoivent soudain les cinquante mille païens que Marsile envoie au secours de Jonas. A leur tète est Malceris dont l'enseigne est facile à reconnaître. Estons pour le coup triomphe, et croit que la trahison d'Isoré n*est plus douteuse pour personne : • Rolland, ce dist Hestous, la couse est ave»

• nue — Que je vous ai huy tant noncée e menteùe. — La parole de Hestous ne

n PART. u\n. u

CBAP. XDC.

CHAP. XIX

•m ANALYSE DE LA PRISE DE PAMPELUNE.

Il PART. LIVR.I. qu'il aime et qui ont tout quitté pour le suivre en Espagne. Charles va trouver les onze autres compagnom^ et

» veut estre creue ; — Hais ce me reconforte e de parlier nVargûe^ — Che la V force aou lion est as las enbatue — E la pie est aou broy atainte e retenue, » Roland ne répond à Estous qu*en envoyant Isoré lui-môme demander du secours à Gharlemagne. (i4^8-Î497.) — Bataille terrible entre Tannée de Malceris et celle de Roland : dix mille Français contre cinquante mille Sarrasins! Ex* ploits de Roland, d'Olivier, de Samson, de Tarchevôque Turpin, de Girard et de son neveu Estous. « Tuez, tuez leurs chevaux ! » dit Malceris à ses païens, en leur montrant les douze Pairs. C'est ce que font les païens; mais, même à pied, les douze Pairs sont encore terribles. Toutefois, ils vont succomber, lorsque tout à coup, 6 bonheur I Roland aperçoit l'enseigne de TEmpereur qui, avec Isoré et quatre-vingt mille chevaliers, accourt à l'aide de son neveu et des douzo Pairs. C'est alors, mais alors seulement qu'Estons cesse de croire à la trahison d'Isoré. (4498-4673.) — L'Empereur fait son entrée sur le champ de bataille; duel entre Isorc et Malceris, entre le fîls et le père ; exploits de Charles dont le cheval est couvert d'un paile bleu à fleurs de lis d*or, et qui, sur son heaume, porte un aigle couronné a parce qu'il est empereur de Rome». Sans le courage de Malceris, les païens seraient en fuite ; mais Malceris ne fléchit point un seul instant. Sa haine le soutient, et il parvient à arrêter la d^oute des siens. (4674-4770.) — Heureusement pour les chrétiens, Roland retrouve un destrier et fait aussi remonter à cheval les onze Pairs, les onze pugneours, (4771-4796.) — Exploits de Roland contre « la giant 51aoccris » : E Rolland e Olivier e Estous le loial — E Trepin e le fil dou Persane amiral — E tous U autres piers dou règne impérial — Li aloient coupant corn maisher Vanimai. — Parmi les plus braves Français, Estous n'est pas le moins brave, et c'est lui qui de Toletele ptist le mètre firmament. C'est en vain que Malceris essaye de s'enfermer dans ce maître château ; c'est en vain qu'il frappe à la porte. On lui répond que les Français sont maîtres de la ville. Douleur de Malceris : // vit bien ch*il esloit honi e deceû. Bref, il ne lui reste plus qu'à se frayer un passage à travers les chrétiens : c'est ce qu'il fait ; mais il est aperçu par Samson qui se met sur-le-champ à la poursuite de cet enut-mi de Charles. LWmirant s'en aloit dotant^ plain de suspir, — Le brand sanglant en poing che maint en fist languir. Combat de Samson et de Malceris : Lour s*enlreferoient andous par tiel avis. — Che le sang de lour cors coloit ao pré floris. Sur ce, on aperçoit Roland dans le lointain, et Malceris en profite pour piquer des éperons et s'enfuir. Ni Samson, ni Roland, ne peuvent l'attiMiidre, (4797-50^9.) — La bataille est tout à fait achevée, et les Français délibèrent sur le sort des prisonniers. C'est alors que Charles et Roland aperçoivent le gonfanon d'Estous au sommet de la tour de Tolelelle : ils ne savaient pas encore que cette tour fût tombée au pouvoir des chrétiens. Ils s'avancent jusqu'à la porte de ce terrible donjon, et un dialogue s'engage entre Estous et l'Empereur : « Recevez-moi » dans voire maison, beau sire Estous. —Non, non, répond l'autre; aies vous » aobe nier par delà cil bougon. » Roland éclale de rirc;car il a le rire facile et ne peut jamais entendre, sans éclaler, les grosses plaisanteries d'Estous. Après s'être fait un peu prier, Estous ouvre enfin la porte à Charlemagne. (503U-5102.) — Il reste toujours à se prononcer sur hi sort des prisonniers païens. Or, parmi eux, se trouve Carpent, h; messa^jer du vieux Jouas, qui raconte à rEnipcrcur toute l'histoire de son ambassade. L<\s Français se décident à tenter, dès le lendemain, un eflfort décisif contre" la ville diî Cordes. La prise de ToletcUe n'a été qu'une diversion ; il faut revenir au but principal de l'expédition. Mais Roland ne veut pas que l'Empereur s'aventure, durant la nuit, à travers ces vallées inconaues : « Nous allons employer la ruse, dit le neveu de

leur demande s'il en est un parmi eux qui consentirait à sortir de Tordre des douze Pairs pour y céder sa place à Malceris. Ils se révoltent tous, autant que Roland, de

' Charles. Je vais prendre avec moi Olivier et les vingt mille chevaliers dont ' '*^lise romaine m'a confié le commandement. Nous nous ferons passer pour ' ^^ aecorê roi Maraile : on nous introduira sans défiance dans les murs de la ' ^^lle, et nous en serons bientôt les maîtres. « Cependant Roland pense à tout, envoie un message au roi Didier qui est resté, avec ses Lombards, sous les "^^rs de Cordes : « J'entrerai à Cordes celte nuit, lui dit-il. Au deuxième son de ' *^on olifant, venez vous joindre à mes chevaliers. » (5103-5''!62.) — Sans plus I ^^er, Roland commence à exécuter son dessein, et Turpinse hâte débaptiser ^ f)aïen Carpent qui doit être le guide des Français dans toute cette singulière périlleuse campagne. Tout réussit d'ailleurs au gré de Roland : Carpent joue ^rveiUetisement son rôle de traître et introduit les Français dans Cordes ; tias est tué ; les douze Pairs massacrent les chevaliers païens. Mais plus de ille Sarrasins montent sur la terrasse du palais et font de là pleuvoir sur les ^^^rétiens une grêle de flèches et de pierres, de telle sorte que Ruland ne peut ^l^procher du palais. E quand aparait l'aube^ IloUaiui, noire marchisy — 5e ^''fM ver la porte dou paies segnoris. Tout cela, on effet, se pusse durant la ^vit, en pleine obscurité. Le lendemain malin, les Pairs enfoncent la porto, et ^^s païens se rendent. Alors Roland sonne deux fois de son cor, et les Lombards arrivent avec leur roi. L'Empereur lui-même nctirde pas à venir prendre Possession du palais de Jonas, et Roland distribue à ses chevaliers le trésor du ^ui païen. (5163-5569.) — Le jour suivant, on baptise tous les païens de Cordes «t tous les prisonniers de Tobtelle. Charles se repose trosquerneni lendemain ch*U fu lievé Febus. — E quand VEmperier vit la clartié de Titus, — Vestir se fisl e pueSf com seignour pourçeUs^ — Se fist menier aou temple des faus diés mescreus; — 5i le fist à Trepin sacrier da part Yesus. — Puis, canta /'/Irctvesque la mese aou Roi de sus. Roland demande la cité de Cordes pour Aitumajor qui a été un bon et loyal allié des chrétiens : Charles y consent et lui donne Tinvestiture. A Carpent, on donne Tolcteilc. (5570-5651.) — L'Empereur ne reste que dix jours à Cordes et fait dresser son oriflour vers le chemin de saint Jacques. Sur sa route, il trouve la tour de Carion : « Je ne partirai pas » d*ici, dit Charles, avant que cette tour ne soit prise. » Roland sonnue alors les Sarrasins de se rendre : pleins d'-cffroi, ils se rendent et lui livrent leur ville. Puis l'Empereur reçoit la soumission de Sainl-Fngon, de Maselc et de Lion. A l'exception de Suragosse, il ne reste guère à conquérir que Storges. (5652-578i.) — Le roi de Stjrges est Esturgant : Roland se charge de le réduire. Mais E^torgant est plus fier qu'on ne s'y pouvait ultcmlre : il refuse de capituler. Charles tient un conseil, et malgré l'avis prudent de Canclon, se décide à livrer un assaut. Les fossés de la ville sont peu profonds : Roland envoie quatre mille sergents couper des chênes et des frênes pour les combler. Puis, il fait faire des échelles pour apoier au mur. Au lever du jour, il sonne de son cor, fait manger ses hommes et, en habile stratégiste, attaque la ville de quatre côtés i la fois. Olivier, Cirard et Turpin sont chargés du commandement des trois premiers corps d'armée; Roland garde avec lui le quatrième corps, qui, comme chacun des trois autres, est ingénieusement composé de cinq mille chevaliers et de mille archers flamands. (5783-(>061) — L'assaut, le terrible assaut est donné A la fois sur quatre points difl*erents; le mot d'ordre est « Saint Jacques de Calice ». — Le poëme, évidemment écourté, se termine ici par l'annonce de la prise de Storges. Avant la nuit, avant Voscurourf la ville fu robée e destruiU e maonUie, (6063-6113.)

Il PAIIT. LIVH. I.

CIIAP. XIZ.

IIPART. LIVR 1.

CUAP. XIX.

i76 ANALYSE DE LA PRISE DE PAMPELVNE.

cette proposition qu'ils considèrent comme un outrage : « Nous aimons mieux mourir avec ton neveu, disent-ils, » que de posséder toute la terre depuis Paris jusqu'en » Piémont*. » Malceris est donc évincé de sa demande. Honteux de ce refus plus encore peut-être que de sa défaite, il parvient à s'échapper de Pampelune durant la nuit* : libre alors comme avant la prise de sa ville, il va préparer en Aragon une rude et sanglante besogne à Charlemagne et aux douze Pairs^ « Si seulement » j'avais, dit-il en franchissant les portes de Pampelune, » si j'avais mon cher fils près de moi* 1 jo

Au lever du jour, le lendemain, on s'aperçoit de cette fuite. Vite, vite, on se jette à la poursuite de Malceris. Le poète, après vingt péripéties et vicissitudes, use enfin d'une machine dramatique qui ne manque jamais de produire un grand effet : il met aux prises Malceris

* Prise de Pampelune, édit. Miissafia, vers i-56I.

* Malceris hésite a tuer son fils Isoré. — Isoré s^cndorniit sans songer à mal... — « Je le tuerai [dit son père Malceris), je le tuerai avant de partir. » — Lors, prit un couteau qu*il avait au côté — Et vint au lit où son fils était couché. — Il vit qu'il dormait sans songer à mal. — Lors, se résolut en son cœur à ne point commettre ce crime; — Mais fit quelques pas en arrière. Puis, de nouveau, le félon se décida — A tuer son fils, à le tuer malgré tout. — 11 revint encore sur lui ; mais quand il vit le visage — De ce fils qui lui ressemblait plus qu'aucune chose au monde, — Le cœur lui attendrit, et il s'en retourna — Jusqu'à la porte de la chambre. Puis, se repentit — De ne point l'avoir tué, et dit: « Je suis bien fou — De ne le point mettre à mort; car, » pour peu qu'il vivo, — Il détruira toute la puissance du roi Marsile. — Par • la foi que je dois à Dieu, il périra. » — Lors, retourna sur Isoré, furieux, morne et tète basse. — Isoré dormait comme un blaireau ; — Malceris, alors, lui souleva tous les draps — Et le découvrit depuis le ventre jusqu'au menton. — Isoré ne remuait pas plus qu'une pierre. - Son père alors le regarda, pleurant des yeux de son front, — Et se dit : « Misérable que lu es, ni Jésus, ni » Mahomet, — Ne te pardonneront jamais un tel péché. — N'est-ce pas là ta » chair, ton cœur et ta poitrine? — Ton fils t'a-t-iî jamais trahi en le servant? » — Advienne que pourra, poftr quelque motif que ce soit, — Je ne mettrai la » main sur lui. Ce n'est pas, d'ailleurs, que je craigne — Qu'il me puisse un » jour surprendre en bataille ou en duel : — Car je me sens encore plus sage » et plus vaillant, — Et de plus grand renom qu'il n'est, je le sens bien. — N Mais je vois, hélas! qu'il sera funeste à maint pai<*n. » — Lors, Malceris prit son écu et sa lance, sans un mot, sans un cri; — Puis, fondant en larmes, sortit de la chambre. (Vers 684 et 703-735.)

* Prise de Pampelune, 1. I., vers 561-759. — « Ibid., vers 760.

^t Isoré, le père et le fils. Mais, avec la grossièreté ordiï^aire de nos derniers trouvères, il ne nous fait pas assister au terrible combat qui doit se livrer dans le cœur ^'un père et d'un fils avant d'en venir à cette aff^reuse ^Iréinil^. Non, Isoré, devenu chrétien, ressemble à tous ^es convertis de nos chansons : il n'a plus d'amour pour ^n père. Il lui dirait volontiers ce vers un peu modifié ^^ notre grand Corneille : «Vous n'êtes pas chrétien ; i^ ne » vous connais plus. » Tout cela est odieux, nous ^^\ons le dire, et démontre jusqu'à quel point la formule ^ était glissée dans les œuvres de nos poètes, jusqu'à quel '^^intleur manquait la connaissance du cœur humain. ^c)ré, cependant, n'est pas de force à lutter contre son ^^re : il est désarçonné. Par bonheur, arrivent Roland, î^ Jivier, Girard et tous les Paii^. Isoré est relevé, mais '^^alceris a pris le temps d'échapper encore aux Français, ^t court librement à sa vengeance*.

C'est alors qu' Isoré est baptisé et que Charlemagne lui ^onne le comté de Flandre ^.. Puis, la campagne recom- *Tience contre les infidèles, et les Français s'apprêtent à lettre le siège devant la Stoille^, défendue par le païen Altumajor . Roland est chargé de cette expédition ; Charles \a rallier son neveu. Mais l'Empereur rencontre sur son chemin, dans les prés sous Mont-Garain, le père d'Isoré, Malceris, que Marsile vient de mettre à la tête d'une puissante armée. Une lutte horrible commence dans un petit vallon obscur et herbu : Charles y fait des prodiges de valeur ; Malceris est fou de rage. Altumajor est près de lui : il a quitté la Stoillc pour Combattre les Français en bataille rangée. Il y a au milieu de la mêlée un instant solennel : c'est celui où le roi de France est

Il PAnT. LIVR. I.

CHAP. XIX

CoDibat ftinipilier

enlro Mulceris et son fils Isoré,

qui reçoit

\fi biiplôino, reste

tout dévoue

aux Français

et devient comte

de Flandre.

La guerre

recommence :

les Français

s'emporont de

lu Stoille et du Groing.

' Priu de Pampelune, 1. 1., vers 762-H99, — • Ibid., vers 1199-1353. — ' EstcUa.

II PART. LIVn. I.

Page 1