C:iAP. XIX
Clinr1c9 Hc'piite
cil aii:k'isii.i \o
pri'* (lo Marsiio
les co:iil •!»
lia ail et B.i>il(*,
que \(* roi luiicii
f^it ni(*ttro
à mort.
cerné par les gens de Malceris, où il va succomber, el la France avec lui. Il semble que ce soil le commencement de Roncevaux'. Elle poêle nous indique clairement Textrémité de ce péril quand il nous dit : « Onque meis ne lu Zarlle en lieu tant perilous — Pues qu'il fu roi de Franze ^ d Mais Dieu lui vient en aide et lui envoie Didier et les Lombards^. L'Empereur est délivré ; les païens éperdus se jettent les uns contre les autres ; Altumajor s'enfuit vers la Stoille, serré de près par le terrible Roland. Un nouveau combat se livre sous les murs de la ville infidèle : Altumajor vaincu se convertit, el livre aux Français le Groïng* et la Stoille. Cette nouvelle campagne s'achève encore dans le triomphe; mais la victoire avait été chèrement achetée^.
Ici se place un épisode qui paraît avoir été des plus populaires et dont la légende doit remonter très-haut, car on la trouve mentionnée dans le texte le plus ancien de la Chanson de Roland. Sur la proposition de Ganelon, deux messagers sont envoyés au roi Marsilé : Marsile les fait pendre^*. Cette odieuse trahison allait pousser jusqu'au paroxysme la haine, déjà si vive, des chrétiens conlre les Sarrasins. La mort de Basan de Langrcs et de son compaj^non Rasilc allait provoquer la fureur et devenir, en (|uclquc manière, le cri de guerre des Français. De cotte mort funeste allaient sortir Roncevaux, la mort de Roland, le châtiment de Ganelon^les terribles repré-
« Prise, de Pampelum, 1. 1., vers l.r)3-1830. — ' /6iV/., vors 1«!0-!8ei).
' Ihid., vers PJil ri suiv. Didifr esl ici le type du vas al 4黫»iui. Dès iju'il est arrivé sur le rhanip do bataille, il s'aperçoit que rpLiupereur esl à pied : « A peine Didier C!il-il aperrii Cliarles, cpie, sans une minute de retard, plus rapide qu'un l«''vrier, il se jette hors des arçons et, par le frein d'or clair, amène son clieval à THnipcreur. Puis, lui dit d'une voix lrc>-doucc : «• Mon » droit seigneur, montez, montez pour l'amour de moi sur re cheval qui n*a pas n son pareil dans toute l'armée. — Volontiers, répond Charles. » Et il se met en selle sans avoir besoin de 1 etrier. (lliriS-Or).) >
* Lognu'io. — * Prise de Pampehinc, 1. 1., vers 1830-3i7l. -- ' Ibid., v. r« :i.V.)7--J70i.
sailles de Charles. Au premier moment, cette violation du droit des gens abattit l'Empereur, sans le décourager ; quant à Ganclon, il fut d'avis qu'on envoyAt surle-champ une seconde ambassade à Saragosse ^ Le traître, qui se plaisait tant à faire partir les autres en message, ne savait pas qu'il serait un jour chargé d'une mission semblable et qu'il en reviendrait déshonoré.
Bref, une seconde ambassade est décidée. Mais qui sera chargé d'un honneur aussi périlleux? Ce sera l'un des chevaliers les plus sages et les plus pieux de l'armée, le neveu du bon roi Salomon de Bretagne ; ce sera Guron. Déjà le poète nous a intéressé à ce Guron, que Ganelon déteste, qu'il désigne à Charles pour remplir cette mission fatale, qu'il envoie chez Marsile à une mort presque certaine*. A mesure que nous approchons de Roncevaux, Ganelon, on le voit, devient de plus en plus odieux: il se prépare à son infamie suprême par une série d'autres crimes; il ébauche sa grande trahison^. Guron, simple en son dévouement, ignore la trame qui s'ourdit contre sa vie. Au soleil levant, il se revêt de ses armes, entend la messe dans la tente de l'Empereur, s'agenouille à ses pieds et lui demande noblement son congé. Puis, il part pour Saragosse, accompagné seulement de deux de ses meilleurs ainis, Taindres et Andriais. Il accomplit très-fièrement son message ; il défie les Sarrasins ; il dit à Marsile : « Je suis prêt à combattre seul contre deux de
CIIAP. XIX.
Seconde ambassade près
de Marsile.
Épisoilc du bon
chevalier Guron,
qui pôrit vicliino
de la trahison
de Ganelon.
• Prise de Pampelune, I.I., vers 2705-2739.
' Ihid.t 2710-2876. — Ganclon, dillcpoëte, élnit plein «l'iror e d'ahan contre Guron à ransc d*Anscïs qu'il voulnil vongcr (v. 28il). Il y a ici une allusion à des faits qui étaient évidcmmcnl racontes dans K*s premiers vers de la Prise de Pantpelune. — Voy, plus haut (paijo 401 et ss.) le résumé du Viaggio où sont racontes les exploits dWIgirone (Guron) contre A nsoïs et contre la race des Mayenrais. Dans la Spagna en prose du nis. de la bibliothèque Albani, le même persoimage s'appelle Chirone (voy. p. iOl).
' Il envoie son chambellan à M:u'ïjilc et à M.ilceris pour les prévenir traîtreusement de l'arrivée de Guron. Et, pour que le mallieurcux chambellan ne révèle pas ce secrnt, il le tue (vorsi873, 2874).
" ïSîî*. "«:'' * v^s barons. Si je suis vaincu, Charles quitte l'Espagne ; ~ » si je suis vainqueur, je lui porte votre couronne d'or'. » Le duel s'engage avec une solennité inaccoutumée ; contre Guron se dressent deux païens redoutables, Àyquîn et Timides : Guron est vainqueur. Il se réjouit de sa victoire en pensant à Gliarlemagne, à la guerre qui va finir, à la joie des Français. Et le voilà qui part, emportant en triomphateur la couronne d'or du roi Marsile. Mais, au passage d'une vallée, en une lande herbue, Guron et ses deux amis sont tout à coup surpris et attaqués : c'est Malceris qui, averti parle traître Ganelon, s'est mis en embuscade, et qui va lâchement assassiner le vainqueur d'Ayquin et deTimidés. Cependant les trois Français se défendent : Guron étend morts soixante Sarrasins autour de lui; mais Taindre et Andriais périssent. Seul alors, se débattant au miheu de nombreux Sarrasins, le chevalier chrétien se précipite sur Malceris, le désarme, et profite du désordre causé par ce beau coup de lance pour s'échapper et gagner rapidement le camp français. Il y ftiit son entrée, demi-mort, couvert de vingt plaies dont une seule aurait causé la mort du plus brave, perdant ses forces avec son sang, les entrailles ouvertes : (c Mes le sien aut coraçe le maintenoit ensi. » Enfin, il peut voir Charles avant d'expirer : « Je voudrais bien y> parler avec Roland», dit-il d'une voix mourante. Puis, il se confesse, il reçoit le corps de Jésus, et rend l'Ame dans les bras de l'Empereur*-. Au milieu de tant de batailles, dont les péripéties sont éternellement les mêmes, après et avant tant de coups de lance, tant de heaumes brisés, tant de hauberts desmaillé^^ tant de chefs tranchés, il m'a paru bon de citer tout au long ce touchant épisode qui honore et élève l'ame humaine.
Prise de Pampelune, 1. I.,vers 3119-3140. — - Ibiii, vers 3140-3850.
ANALYSE DE GUI DE UOVfiGOGSE. m
Nous n'insisterons pas longuement sur le reste de la " îli^p. ';J) "• ' chanson. On n'y trouve plus que des récits de guerre : récits étrangement monotones et fatigants. Les Français,
qui ont à venger la mort de Guron, celle de Basan et de . „
* ^ ' Les France» I s
Basile avec mille autres attentats, les Français rempor- '"enîl-cn"" tant une grande victoire sur Malceris et ses cinquante "^din/ciîde^' mille Sarrasins*; puis, ils entrent par surprise dans «* ^«"^ ^^^^'^-^ Toletelle* et dans Cordes% reçoivent la soumission de quatre autres villes* et mettent le siège devant Astorga^. Et la Prise de Pampelune se termine par le récit de ce dernier assaut ou, plutôt, de cette dernière conquête.