VINGT-SEPT ANS
Cil Espagne.
A la fui (lo ccllo lon|;;iiK alisoiicc de l'Empereur,
les jciiiii's huroiis
do France
so font un rui.
' Gui de Bourgogne. l'cliiionGuossanl cl Miclulaiit : « XXVir anz tous plains acomplisol passez — Fuli rois en Espaigne, olui songrantbarné... • iVers -4, 5.) • Gui de ItourgognCy 1. l., vers 191 et suiv. — ' MiV/., voiî» 201*2:29.
^i ANALYSE DE GVI DE BOUnGOGSE.
"cu"p."Jx.'' P^"'' ï'eruser cette royauté; mais ses jeunes électeurs
ne tarderont pas à rej^retter leur choix. Il va les con-
Lo roi quVIisciil i» n • ii. \ t 11
aiuM les nis (juire, d une main rude, a travers les épreuves les plus
(les) <loH/0 l'ilil*S
. ^»;»^*'^ , difficiles. Tout d'abord, il leur ordonne de s'armer et de
vieux chovalicrs
**c\^l*GÙr' '^ suivre en Espagne. Sur de grands chars, on place les ""^Q^m^^Z enfants, les vieillards et les femmes. 11 semble que ce soit la France tout entière qui parte avec le jeune couronnée Et c'est alors que Ton vit cette singulière armée, ou plutôt cette émigration, traverser tout le pays, se Le iiouvea.i lui diiigeaiit vers les Pyrénées. Ils avaient des vivres pour cnTspagne dix aus. Au preuiicr rang, marchait Gui, terrible, obéi
toute une annëc , . f^^ ^
au :*ocour« (les sicus commc un autre Charlemagne, et menaçant
du vieil empereur.
ses barons, menaçant les dames elles-mêmes, au moindre mouvement de désobéissance, de leur arracher les membres « et de leur séparer la tête du buste i> -.
Charles ne pouvait rien savoir de ce qui se passait dans son domaine : il ignorait qu'on eût osé faire un nouveau roi de France, il ignorait que ce nouveau roi vînt il son secours. Gui, d'ailleurs, s'était très-noblement refusé à toucher un seul denier des revenus de l'Empire et à exercer le moindre droit régalien^ Faut-il ajouter que les vieux barons avaient besoin de leurs fils? 11 y avait bientôt vingt-sept ans que Charles n'avait quitté ses vêtements et sa broigne; il était couvert de poils (( comme un chevreuil ou une biche » *; la misère des Français était extrême. Voilà ce contraste que nous signalions tout II l'heure et (jui peut, en réalité, produire
' Gui de Bourgogne^ 1. 1., vers 230-3U!2. Au inonieiit de ce départ, la nature s'émut, dit le poi'ae imitant la Chanson de Roland : « Ilavint à Paris une merveille tel — Que sans *i est pleiis, endroit midi soné — Et li soleus csconse, quant midi fu passé. — Lors dicnt par la terre : o Li mondes est fincz. » (Vers 306-309.)
" Voy. notamment vers !27C, 277 et vers 237.
' K Janelandrai an France ne cliastel ne cité, — No n'i aurai de rente -I* denier monéé : — Car, :5e revenoit Rarles arièrc en son rené — Et il me Irovoit «:i que fuisse queronc, — 11 me todroit la ti'stc. jel' sai de vérité.» (Vers 251- 25").)
* Oui de Bouryoïinv, 1. 1., vers 50-01.
ANALYSK DE Cn DE UOVnGOGSE,
de fort puissants effets. A la rencontre de ces vieux soldats épuisés s'avancent des troupes rayonnantes do jeunesse, de beauté, de couraji[e. Gin(( villes soni tour à tour emportées par Tannée de (iui de Bourgogne : Carsaude, Montesclair, Montorgueil, Augorie etMaudrane. Dieu marche, pour ainsi dire, dans les rangs de cette jeunesse et fait pour elle maint miracle : la tour de marbre de Carsaude se fend en deux, et s'écroule sur les Sarrasins; le païen Iluidelon, qui défend Montorgueil sur mer, est forcé de se rendre et de se convertir : car les eaux aimantées qui entourent la ville se sont retirées miraculeusement devant Gui et ses compagnons ; la tour de Montesclair tombe du même coup au pouvoir des chrétiens ; vingt mille païens reçoivent le baptême; Huidelon et les nouveaux convertis aident eux-mêmes les Français à s'emparer de la tour d' Augorie et deMaudrane. Il semble que, pour triompher, Gui n'ait qu'à se montrera
Pendant ce temps, que fait Charles avec son armée de vieillards? Hélas! tandis que cinij villes tombent si facilement au pouvoh* du jeune roi de France, le vieux roi, lui, assiège inutilement la ville de Luiscrne. 11 arrive même un instant où la misère devient tout à fait insupportable dans le camp de l'Empereur. Un jour, le malheureux Charles aperçoit dans la plaine un corps d'armée qui vient à sa rencontre. Il ne reconnaît pas, il ne peut reconnaître les Français de Gui de Bourgogne, et s'imagine, plein d'angoisse, que c'est une troupe considérable, une armée de Sarrasins :
II PART. LIVn.
CUAP. XIX.
11 ciiiporio
il'assaiil,
cinq villrs
ftaioNims :
Carsaudi\
Moiito^cbir,
Monloi'Çiiotl,
Augorio cl Maudraiio.
Charles a vu, il a regarde les enfants, — Leurs écus dorés et leurs heaumes gemmés, — Les gonfanons de soie développés îiu
* Gui de Bourgogne, 1. I., vers 395 et suiv. Voyoz, pour ce qui concerne Carsaude, vers 39i-709; Montorgueil et Moulcsclair, vers 1021-3091; la tour d'Augorie, vers 3184-3413, et Maudrano, vers 3^414-3717.