‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 79 sur 150 · ANALYSK DE CCI DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

ANALYSK DE CCI DE BOURGOGNE

iiPART. Livn.i. vent; — Il aperçoit la poussière que font les grands destriers ferrés.

— Et TEmporeur pensa qu'il était en grand péril, — Il crut que

c'étaient Sarrasins et Esclers. — Alors, il appelle ses hommes, partout où il les voit : — « Vite, barons, dit TErapereur, soyez » prêts au combat; — Il nous faut traverser ces premiers batail-

> Ions ». — € Vous avez grand tort, sire, lui dit Ogier; — J'ai » les pieds et les poings tellement enflés — Que je ne pourrai » mettre mes pieds aux élriers, — Ni tuer un Sarrasin en trente » coups, j — € Barons, dit TEmpereur, quand vous me verrez » mourir, — La honte sera pour vous et pour vous les reproches, j — Jamais en votre vie n'aurez meilleur seigneur. > — « 0 Dieu, » reprend-il, vous me portez grande haine ! — Moi qui avais cou- » tume de prendre chàte^x et cités, — Moi devant qui ne pou- » vait tenir donjon ni ferté, — Ni grande salle de pierre, ni mur » si haut qu'il fût. — Je ne puis plus rien faire, et j'en perds le

> sens. — Si c'est votre plaisir, Seigneur, donnez-moi la mort. >

— Lors pleura l'Empereur, ne put s'en empêcher. — Ses hommes le voient, et il leur en pèse : - « Allons, seigneurs, s'écrie Ogier, » adoubons-nous... » — Lors ont attaché les éperons à leurs pieds nus, — Car ils n*ont plus ni chausses, ni heuses, ni souliers : — L'air et le vent les avaient tout pourris. — Ils revêtent leurs hauberts, lacent leurs heaumes gemmés, — Ceignent leurs épées au côté gauche, — Et montent sur leurs chevaux rapides et courants

— Qui ne mangent ni foin, ni avoine, ni blé, — Mais seulement l'herbe poussant dans les champs, dans les prés, dans le sable.

— Ils pendent à leurs cous les forts écus à boucles, — Prennent en main les roides lances avec leurs gonfanons, — Et le roi les recommande au corps de Dieu ^..

On le voit, le contraste est vivant entre ces vieux soldats couverts de haillons, héroïquement épuisés, qui retrouvent encore quelque jeunesse pour obéir a Charles, et ces beaux jeunes gens qui font leur première campagne sous les ordres d'un jeune roi, marchant de triomphe en triomphe, et ne pouvant pas croire aux vicissitudes de la guerre. Mais ce qui achève d'intéresser le cœur à la

* Gui de fiourgofjne, 1. I., vors 77i-8ir>.

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