‹ Bibliographie des chansons de gesteChapitre 85 sur 150 · VE USIONS · texte numérisé non relu

VE USIONS

MWUSCniTS.

1« Version primilive, ou Roland,

î» Vor»ion remanii^c , ou Roncevaux

a. Oxford, Bn^hMenno, 1«2», Dijjby. 23.

b. Voiiisc, Hibliolhoqu»' Saint-Marc, fr. IV (pour

los 3840 premiers vers ).

6». Venise, Bibliolhèquc Sainl-Marr, fr. IV (pour los vers 4U9-6012).

f . Paris, Bil)liothè<]ue nationale, fr. 860. d. Lyon, Bibliothèque du rolb'ge, 98i.

r. Bflanu>crit lorrain.

f. Châtoauroux (ou Versailles).

g. Veniso, Bibliothèque Saint-Marc, fr. VIL

h. Carabridj^e. Trinity-collei»o, B. 3-32.

B. Histoire et Classification dks manuscrits du Boland. — M. W. Fœrster, dans le Zeitschrifl fiir romane Philologie (H, pp. 16-2 et ss.), a exposé la illiation des différents manuscrits du Roland en un tableau qui nous paraît résumer l'état actuel de la science et dont nous acceptons volontiers les données :

Original.

fl"

Oxford. VmiiM IV. Ver^ailli». Venise VII

Cambridge.

Paris. Lorrain. Lyon.

II PART. LTVR. I.

GHAP. XXI.

502 ANALYSE DE LA CffANSON DE ROLAND.

dats capables de résister à la grande armée de TEmpereur ; il est rouge de honte, et demande l'avis de ses

L*hi9toire de ces divers mani^Ecrits peut se résumer en quelques propositions, que nous allons énoncer sous la Torme la plus concise : 1* Le manuscrit d*Ox- Tord n*cst évidemment pas un manuscrit original, mais une copie exécutée, durant la seconde moitié du xii" siècle, par un scribe anglo-normand. Le scribe était des plus ignorants : la copie est des plus médiocres. = !2« Le manuscrit original, prototype, de cette antique version, a dû être, suivant nous, exécuté en Angleterre, entre les années 10(>6 et 1095. Il n*est point parvenu jusqu*à nous. = 3<> Un certain nombre de copies ont été prisf-s sur cet original perdu. Sur Tune de ces copies, déjà corrompue et viciée (a) ont été transcrits deux textes (a' et a") qui forment une seule ramille, représentée par les manuscrits d'Oxford et de Venise IV. = 4* Plusieurs copies ou sous-copies du manuscrit original (qui ne sont point parvenues jusqu'à nous) ont circulé en Europe et ont été traduites ou imitées : ' dans les pays Scandinaves (d*où la A'orlamagnus-saga, qui, jusqu'à notre vers 256*2, suit, vers par vers, un texte analogue à celui d'Oxford) ; ' en Allemagne (d'où le Ruolatideitliet du curé Conrad, le Stricker et le Karlmeinety qui dérivent en grande partie d'une traduction de l'original français) ; ' dans les pays néerlandais (d'où les fragments flamands publiés par M. Bormans, qui représentent également le texte d'Oxford, mais qui remontent directement à la source allemande). = 5* A côté de ces différents groupes de documents qui ont été très-lucidement classés par M. A. Rambeau (Ueher die ah echt nachweisbaren Assonanien der « Chanton de Roland >, MaiJ[)ourg, 1877), on peut môme créer un groupe nouveau, un groupe à part, pour la Chronique de Turpin, qui représente sans doute un état plus ancien de la tradition, mais où il y a tant de faits et tant de noms communs avec le texte d'Oxford. :r= 6° Ici s'arrête l'histoire du texte que nous appelons Roland; ici commence l'histoire du texte que nous appelons Roncevaui-. Il importe de bien définir ces deux termes. = 7** Par Roland^ nous entendons la rédaction d'Oxford, qui, au point de vue spécial où nous nous plaçons, se divise en deux parties : Première partie : du vers 1" jusqu'au vers 3682, jusqu'au retour de Charleinagne et de ses Français, qui, au sortir de l'Espagne, /xisxfni Nerbone par force e par vigur. Seconde partie : du vers 3683 jusqu'à la fin du poëme. On y raconte, en trois cents vers, le seul procès de Ganelon, son combat avec Pinabel et sa mort. — 8" Par Ronceva^ix, nous entendons un arrangement du Roland qui a consisté à joindre aux 3082 premiers vers un déiioùinont nouveau. Un poêle qui, selon une hypothèse probable, vivait en France du temps de. Philippe-Auguste, aura trouvé le Roland trop écourté et lui aura, en deux mille vers, rimes et non plus assonances, composé un dénoùment nouveau, lequel consiste principalement dans ces deux épisodes trèslonguement développés : la fuit»» de Ganelon (couplets 31"à-361 du texte de Paris publié par Fr. Michel;, et la mort d'Aude (couplets 303-399; huit cents vers environ au lieu d'une trentaine que présentait le texte d'Oxford). = O" Dans notre langage, le mot « Roncevaux », d'une part, et d'autre, les mots « Remaniements du Roland », sont véritablement synonymes. = 10* Il y a eu un manuscrit original, un prototype du Ronceimxuty comme il y a eu un manuscrit original, un prototype du Roland. Ce manuscrit original du Roncevaux (p) n'est pas parvenu jusqu'à nous. = 11** Ce prototype du Roncevaux se composait, suivant nous, de quatre ou cin([ mille vers encore axsonancé^ et d'environ deux mille autres vers rimes. =12*' Ce même prototype a donné lieu à plusieurs copies iff et p") et sous-copies (y et y')- Dans celles de ces copies et sous-copies que nous possédons, la première partie du poëme remanié a été elle-même désassonancée ou rimée. Les lecteurs du xiii* siècle ne goûtaient plus les asso-

païens. L'un deux se lève et conseille la paix : « Envoyez > des messagers à Charles, dit Blancandrin. Comblez-le

nan€e8, et il fallait répondre par la rime aux nouveaux besoins de l'intelligence et de roreillc. = 13" Ce travail était tellement réclamé par l'opinion publique, qu'il fut exécuté, vers le même temps, par plusieurs jongleurs, qui travaillèrent chacun de son côté. De là le remaniement de Paris (le meilleur de tous, et dont l'auteur a utilisé un manuscrit de la famille d'Oxford-Vcnisc IV en môme temps qu'un manuscrit de Iloncevaux) ; le texte de Lyon (qui est copié sur le type de celui de Paris, mais avec le parti pris évident de l'abréger quand même, de l'abréger partout, et où Ton a notamment supprimé, comme dans la Karlamagnus-saga, tout l'épisode de Baligant); le fragment lorrain (qui se rapporte également au texte de Paris) ; le manuscrit de Chàteauroux ou de Versailles (qui ne fait qu'un seul et même groupe avec Venise VU; mais on trouve encore quelques couplets antiques dans Versailles, et ils ont disparu dans Venise VU); le texte de Cambridge enfln, souvent moins développé que celui de Versailles. = 14* Encore un coup, ces « rifacimenti » forment trois groupes : * Paris, Lyon, Lorrain. — ' Versailles ou Chàteauroux et Venise Vil. — * Cambridge. = 15* Chacun de ces Remaniements renferme des fragments plus ou moins appréciables de la version primitive et qui ne sont pas les mêmes dans chaque remaniement. Celui de Paris ne nous a pas conservé moins de quarante couplets qui sont empruntés presque littéralement à l'antique rédaction. On voit par là de quelle utilité peut être le Roncevaux fiour constituer le texte définitif du Roland. = 16* En résumé, deux prototypes, l'un pour le texte primitif ou le Roland; l'autre pour les Remaniements ou le Roncevaux. Tout rentre dans ces deux groupes, et il ne reste de difficulté que pour le manuscrit de Venise IV. = 17* Ce manuscrit est l'œuvre d'un jongleur qui exploitait l'Italie durant le second tiers du xiii* siècle, en y chantant un répertoire de poèmes français qu'il adaptait à la langue de ses auditeurs italiens. Il le composa avec les éléments suivants : * Environ quatre mille vers transcrits sur un type analogue au type d'Oxford. ' Un épisode, la Prise de Narbonne^ que notre jongleur emprunta à quelque manuscrit cyclique de la Ceste de Ouillaume et qu'il rattacha tant bien que mal au Roland (grâce au fameux vers : Passent Nerbonê par force e par vigur). ' Le dénomment ordinaire de tous les RoncevauXt copié sur un manuscrit de cette famille. = 18* Dans une thèse qui a été présentée en 1879 à l'université de Marbourg, M. Ottmann soutient un système contraire à celui que nous venons d'exposer sur le ms. de Venise IV, et essaye de prouver que, pour la plupart de ses leçons, ce manuscrit se relie à la version originale de Roncevatuc. Nous attendrons, pour nous prononcer sur ce point obscur, la publication de la thèse de M. Ottmann. Jusque-là, nous croyons devoir persister dans notre système. = 19* Pour tout ce qui concerne la classification des manuscrits du Roland et du Roncevaux^ voy. surtout )a Dissertation de M. Adolf Rambeau (Ueber die als echt nachweisbaren Assonarnen der « Chanson de Roland », Marbourg, 1877), la préface de la nouvelle édition de Th. Mùller (Gottingen, 1878, pp. iii-vii), et surtout l'excellent article de W. Fœrster dans le Zeilschrift fur romane Philologie^ II, pp. 16:2-180.

C. Plan d'une édition critique du Roland d'après ces divers manuscrits PRÉALABLEMENT CLASSÉS. — J. CHOIX DES LEÇONS. 1* La classification qui précède est la base nécessaire de toute édition classique du Roland. = i* Sans oublier que le manuscrit IV de Venise appartient à la même famille que celui d'Oxford, il convient d'observer que le copiste du manuscrit d'Oxford s'est rendu coupable, pour son compte personnel, d'un grand nombre d^erreurs et de lacunes que l'on peut aisément corriger et combler avec le manuscrit IV de Venise. =3* D'où il suit que, sans aller jusqu'à faire une

II PART. LIVR. I

CUAP. XXI.

Il PART. MVn. I.

r.iiAP. XXI.

:ah analyse de la CNANSOX bE nOLANf).

y> de présents; faites-Ini don de sept cents chameaux, de » mille autours, de quatre cents mulets chai^gés d*or et

TamillcA pari de ce texte de Venise iV,on peut cl Von doit tirer de ce texte un parti aussi avantageux que sMl formait à lui seul une famille spéciale. Et c*est en ce sens seulement que nous lui donnons le nom de « famille ». =4** Bref, sans négliger le témoignage très-précieux et nécessairement utilisable des documents nordiques, néerlandais et allemands, nous nous trouvons en présence de trois groupes ou de trois familles principales : la première qui est représentée par le manuscrit d*Oxford ; la seconde, par celui de Venise IV; la troisième, par les différents textes du Roman de Honcevaux qu'il faudra tous consulter et toiis utiliser. = 5*" Ces principes étant admis, le système que nous suivrons sera le suivant : a Quand une leçon nous sera fournie à la fois par Oxford et Venise IV, nous radopterons de préférence à celle que nous présentent le Roncevaux de Paris et nos autres Remaniements. — Quand une leçon nous sera fournie à la fois par Venise IV et par Pun de nos Remaniements, nous radopterons de préférence à celle que nous offre le manuscrit d'Oxford. — Quand une leçon nous sera fournie à la fois par Oxford et par un de nos Remaniements, nous l'adopterons de préférence à celle que nous trouverons dans Venise IV. » — II. Langue. l'Le but que nous devons poursuivre est, suivant les paroles déjà citées de M. Th. Millier, de « restituer la Chanson de Roland normande, si misérablement déflgurée sous II recension anglo-normande ». = 2* Or, les deux caractères des textes anglo-normands, c*est l'altération des règles de la déclinaison romane et II confusion des notations é et ié. Ce sont ces deux caractères qu'il s'agit principalement de faire disparaître. = 3* L'éditeur se fera un devoir de corriger, dans son texte critique, les fautes innombrables et grossières du scribe, relatives à la déclinaison, à la grammaire et à la notation orthographique, fautes qui sont principalement dues aux habitudes anglo-normandes de ce copiste ignorant et distrait. — 4* Les lacunes seront comblées à l'aide de Venise IV et de Roncevaux j donl on devra ramener le texte au dialecte normand. = 5* Les vraies formes orthograpliiqucs sont, presque toujours, fournies par les mots placés en assonance. On ne l'oubliera pas, et Ton se servira d'un Vocabulaire complet de ces mots pour rectifier partout leur orthographe. — 6" On ira même plus loin, et l'on essayera do ramener le texte du Roland à l'irNlTÉ ORTHOGRAl'HiQrE. Si le manuscrit d'OxIonl nous offre plusieurs formes, nous choisirons la meilleure, au double point de vue phonétique et grammatical, et nous la maintiendrons toujours et partout. C'est ainsi, pensons-nous, que les anciens scoliastes ont dil procéder pour les textes iiomériques : c'est ainsi que nous avons essayé de procéder dans notre septième édition i\c\di Chanson de Roland (1880). Aux Dissertations qui précèdent nous jugeons utile de joindre un spécimen des difTérenls manuscrits de Roland.

Oxford (ver* 2360 el 88.). Venise IV (vers 4516 et s».).

'.o scnl Roll.inz que la inorl le irosprcnl, Quand Rollant vid che la mort rcutropraiil,

overs la teslo sur lo qu«»r li desceiit: Jus do la Iwla sur II cors li desant,

Desuz uu pin i osl alel curant, l)«>suz un pin est aleç corant.

Sur l'orbe verlf s'i est culi^hel odonz ; Sur l'orbe verdo >i «c colçc cassant.

Dosuz lui met s*e8|M'»«' o l'olifan. Dosor lui se niisl sa spea e l'olifant,

Turnat M tc»le vers la painnn gent : Tornot sou ccf vers Espagne la grant

Fur ço l'ai fait que il vocll vciremont Che Çarlo die eslrote sa çanl.

^ d*argent. Puis, ne soyez pas avare de belles promesses : ^ ne manquez pas de lui dire que vous irez lui rendre hom-

n PART. LIVR. I.

CHAP. XXI

Que Caries dîet e treatulc m gcnt,

Li gentili quens, qu'il fut mort cunquennt.

Cleimet sa culpe e mcuut e suvent,

Pur ses pecchez Deu puroffrid lu guaiit Aoi.

Ço sent Rollanz de sun lens n'i ad plus ; Devers E^^paignc est on un pui ai^t, A l'une main si ad sun piz oatud :

■ Deus, meie culpc, vers les tues vertuz, » De mes pecchez, de5 granz c des mcnuz, » Que jo ai fait dès i*urc que nez fui » Tresqu'à cest jur que ci sui consoiit! » San destre guant en ad vers Dcu tendut ; Angles de! ciel i descendent à lui. Aoi.

Li quens Roibnz se jut desuz un pin ; Envers Espaipnc en ad turnet fun vis : De plnsurs choses i remembrer li prist, De tantos Icres cum li hors cunqnist, Dedulce France, des humes de sun lign, De Carlemagno sun seignor ki 1' nurrit. Ne poet muer n'en plurt e ne suspirl ; Mais lui meïsme ne volt mettre en ubii. Cleimet sa culpe. si prietDeu mereit :

> Veire patène, ki unkes ne mentis, » Saint Lazaron de mort resurrcxis » E Daniel des leons puaresis,

» Guaris de mei l'anme de tnz perilz

* Pur les pecchez que en ma vie fis. » Sun destre guant à Deu en puroffrit :

Seint Gabriel de sa main l'ad pris.

Deaur sun braz tencit le chef enclin : Jantes ses mains est aJet à sa (in.

Deus tramist sun angle chérubin

B seint Michel de 1' péril ; Ensemblod od els sent Gabriel i vint.

L'anme del cunte portent en parcïs.

Paris.

Quant voit Rolbns de son tans n'i a plus, Devers Espaingne est couchiez estendus ; A une main fu donc ses pis bains :

* Dez ! dist il, sire, à voz ranl je sains.

> Ma corpe ranz voz et à vos vertus

> Do mes pcchiës, des grans et des menus

* Que je ai fais puis que je fui nastcus

» Jusqu'icest jor que sui ci mors rhaiiz. > Ses destres (pns en fu à Deu tondus ; Angre dou ciel en descendirent jus :

Dm main» Rollant fu li gans receùz.

Quant Rollans voit que la mors l'entreprent.

utescz *r pin est alez erranment ;

Sur l'erbe vert \h s'est couchiez as dcns.

Por ce l'a fait que il weult voircment

Que Karles die et trestoule sa gent

Dou gentil conte qu'il soit mors conquérant.

Qainnie ta corpe et menu et souvent,

Por les pechiës vers Deu son gaige tent:

U anfre Deu le prinrent erranment.

Li gentils cans, t^u'il seit mort combatant. Il bal soa colpe, si trait Deus à garant, Por ses pecieç ver Deus tend ses niant.

Quand vid Reliant de so temp n'i a plu, Devers Es^iagno cist in un poi agu ; A son pung destre ait ses pieç batu :

• Deus, miserere, per la loa vertu,

» De mes peçieç, cle gran e de menu, » Che 00 ai fait des ore que neg fu » Jusque ces jort que ci Mii conseil. * Son destre iiuins vers Dcu a tendu ; L'an'^le de cel est à lui descendu.

Li cent Rollant se cist desot un pin ;

De tantes çoscs à remembré Ji prist :

De França dolçe e des hommes de son loy,

E de SOS oncles Ka|rlc|maine chel' nori.

De Francei « dond il estes (i ;

Non poit muer n'en plur e n'en sospir ;

Mais si mccsmc n'en volt mètre in oblie ;

Clameit sa eolpc, preioil Deo merci :

« Vcrc paterne, que unquo no menti,

• Santo Laçarou da mort rosurexi,

» Li trois enfant qui el fog furent mi, 9 Sa nie Mario ses pccid denieti,

• Enz en la croice |>or nos volis mori,

• Al terço jors re usitas tôt vi,

• Gardeç me l'arme, che non seit inpeie » Por ses pecieç che en sa vie li. » Son destre grani vers Deu enprist ofri ; Desuç son br.'iç ol tint son elme enclin. Joutes ses mNi|n|s est allé sa fin ;

Deus li trumist li angle chérubin E santo Michael de la mère del' perin ; Insemble ccis saint Gabriel li vin :

L'arme de 1' cont enport en Paradis.

Lyon.

Quant voit Rollanz de son tans n'i a plus, DeviTS Espaigne s'est couchiez estenduz ; « Diex! dist il, sire, à vos nuit je saluz. * A une de ses mains fu moût ses piz baïuz : « Ma corpe. Diex, rant ge a vos saluz

• De mes péchiez, des granz et dog mcnuz, » Que je ai fait dès que ie fui nascuz. » Ses destres ganz en fu a Dieu randuz ;

Li ange Dieu en descendirent jns ; Des mains Rollant fu li ganz receiiz.

g liant voit Rollanz que la morz le sorprant, >r l'erbe vert est couchiez en estant ; Sa corpe bat e menu e sovant ; Por ses pochiez vers Dieu son gage rant.

iitAttt.uru.i.

OUf. ui.

» mage et vous faire baptisera Aix; enfin, donnez-lui dos > fils en otage. L'important c'est que Charles traverse

Rolbnf «e (i«t sot nn aabre foilli.

Devor* Efpaingne a rHorné ton tïi :

De m»inU^ chmet à porpaiis«r m prinst.

De UnlM mrei eonme il a cooqaif .

De dooce Franee. de msIs de soo paw.

Et d«s Fraofois par cui il a tel pria ; Ne poel muer qoe ne plort li Marchis, El lui meifsex ne pnet mailre en oaÛi, Cbinme aa euqw, ai prie Den mercia : « Ahi ! voir» perea, qui onqnea ne mentis, > Saint Lazaron de mort reaarmia » Et Daniel dou lyon i^ranlis, » Dex, reaoif m'arme en Imi aaint Paradis. » Sire, ma corpe, ac jp ontpn^ monli, » De roP9 pechiés qpv. jo ai fai* toux dis. > Ses dostres gans en fi vers Dea oflris. Desoz son bnis e«toit ses elmes mis.

Jointes ses mains Ta la mors entreprins ; Dex li tramist ses angres bencîs.

Saint Gabriel et bien des autres dis ; L'arme de lui portent en I*aradi8,

(Paul Meyer, Recueil éCaneieni textet, p. 219 et ss.)

Versailles (Cf. Venise VII).

Quant voit Rolant <{ue si est deceii.

En Rancevaus a paie grief treii, Li 'Xir per i sunt mort et vancu, Li rois de France en ert mot irascu, En orfentc en est son cors cheii.

Holant estoit en son un pui aji^u, A ses dcus meins en ot son pii batu : « Dex, moie copc. per la toie vertu, » Dns ç:nnz péchez dont qit eslre perdu » Cist U% pecherc dès Tore que nez fu, » Trosc' à cesljor que ni est conseil. » Son deAtrc (^ant a coniremnnt tendu.

Li rch ovri, les angles i sunt venu, Qui metront s'arme en joie et en salu.

Quant voit Rolant que la morz l'entreprent, Car Der les els li cervals li desccnt, Per les orellei» n'ot il niais ne entent, Tint Durondart al nom d'or ot d'urgent, Fiert en la piere, bote pi<^ et estent. Ne la |H)t rir|aindre, qe Dex ne li consent. Quant voit Rolant no li forfait nient, Sor di'!«lrc garde contre demi arpent.

Si a roisi un fontenil rovent Plein do venin et plein d'iotoschemont.

Dex ne lîst hoine, dès le tenis Moïsent,

RoOanz se fiai ios -II'

Devers Espaifna a nlUmé um via ; De naoat mnt chose à porpanaei ae pris(. De douce France, de ces de aoa pala ; De tôles terres que li bers a coiMraia B des FraoQois que II a tant sema.

Ne puet muer qoe ne plort li Marckit.

Puis, bat sa corpe, si crie Diea oseras : c Venis rois sire, qui ooqaes ne naatit, » Sont Lazaron de mort resnacltii

> E Daniel don lion garantis, -

» -Diex, recoi m*arme en ton sai*it Paradis ;

> Diex.moie coq»e de mes pecbiet qoe fs. a Ses d'astres ganz en fu à Dieo oAris.

Desoz son braz fu ses ymmes mis ; Jointes ses mains l'a la aaors entrais; L'arme de lai portent sa IHimdis.

(Paul Mayar. 1. 1.)

Cambiiiimi.

Quant voit RoallanI de son temps n'y ad plas, Durandal tint donc li brane est nioiuas, AI' russel eo est Ronllant venna :

Ly Duc se besse, qui moult fut irasens. Durandal boute parfont en la paloz. * Illcc fut bien li oranc d'acier repus ; D'ycv au haut ly a tout enbatnt.

Ronflant se tourne qui moult fût esperdot. La mort l'empressé, contre terre est chaûs. Devers Espagne c'est couchez cstendoz.

Dieu reclame et la sonc vertuz De ses péchez, de graiiset de menuz « Des yceu jour que je fu conccûz. »

L'angrc du ciel ilec est descendus.

Qui de par Dieu ly a fait tiel saluz : « Sire HouUant, ne soies esperduz ; » 0 les martirs seras bien cogneiia. s

Quand voit Roullunt la mort lo va menant, Desouhz *r pin s'en vait courant.

Ly Duc se couche, son chief vers Oriant ; De deft^nbz lui tourna son olifant.

Tourna son vi^ vers Espagne la grant.

Que Charles die en Franco onscmenl :

« Ly gentil duc est mort rombatant. > Il bat sa coupe, n'y va plus atendant. Pour SCS pochez offrit à Dié son guant.

S'il en bevoil ne fust mors e^ramont ; — Mot ert liisdos et parfont et pulent : — U vint UolanI, cororeus et dolent; — Entor lui garde, n'i coisi nule genl; — Durendal prist par son fier- hardiment, — Dedenz la gelé, car la mort le sosprenl. — La gent del rt-ignc en trai vos à garent : — Cil nus ont dit, ^e l'estoire ne ment, — Q'cncor i est por voir cerlanement — Et i sera deci an feniment. — La morç l'argiJe et poignot mot sorent, — Mot estoit près do son trespassement ; — Sur l'erbo verdc s'est codiez plorantment. — Son vis torna vers Espegne la grant; — Por ce Ta fait que il velt voirement — Que Karles die è

A!fALYSE DE U CHANSON DE ROLAND. 507

1 les Pyrénées, c'est qu'il sorte d'Espagne. Après quoi, 1 les Français n'entendront plusjamaisparlernidevous,

treslotc sa gent : — « Li pcDtis cons est mors conquirammcnt. » — Gleime sa cope et ■Mnu et soveni : — « Dame-lfeo père, pater omnipotent, — Sainte Marie, m'anne et mon > cors vos rcnl; — En som cest mont vos en fax un présent. »

Page 1