Apologie du cardinal, burlesque. Paris y 1649, 8 pages
Tout ce qu'il y a à en dire, c'est que, malgré le burlesque, c'est une apologie véritable. Voici pourtant un passage qu'il ne faut pas laisser perdre :
« Je trouve qu'il faisoit mieux (le père de Mazarin]
Que nos obere9.ux (sic) glorieux ,
Nourris dans la fainéantise ,
Qui ne trafiquent qu'en sottise ,
Et qui piourroient plutôt de faim
Que d^ gagner ainsi leur pain. »
115. Apologie du révérend père Chartreux contre le père Faure sur la réponse à la harangue faite à la reine. Paris j t€52, 24 pages.
Je n'ai point vu la Harangue ; mais V Apologie est incontestablement d'un homme de talent. Voici qui fera juger de la doctrine du père Gharti'eux : « Un roi est établi pour conserver et défendre ses sujets, et non pour les oppresser ni molester. Il est roi et père ; et partant, ce lui seroit une inhumanité de par trop châtier ses en-
58 BIftLIOGRAPHIE [ipologie]
fants. Il est dît que le rai prendra vos fils et vos filles, mab seulement pour s'en servir avec honneur et lui subvenir en cas de besoin : comme si le roi étoit attaqué de ses ennemis, son peuple le doit assister et ne le laisser jamais sans défense; mais si le roi veut, par un mauvais conseil, détruire le peuple que Dieu lai a mis entre ses mains, il n'est plus roi, mais tyran, n
Voici le titre exact de la pièce que V apologie réfute : La Béponse da.père Faure prédicateur et confesseur de la reine. Je ne crois pas que jamais le père Faure ait dit que « le roi peut mettre un frein à la bouche de son peuple et le mener à couiitet {sic). » Aussi n'est-ce pas dans la Réponse qui, elle-même, n'est pas fort authentique.
Mous retrouverons cette double thèse, traitée des deux cAtés, avec plus de développements et d'une manière dogmatique, à propos de la Lettre d'avii à Messieurs du parlement de Paris écrite par un provincial.
116. Apologie du théâtre du monde renversé, ou les Comédies abattues du temps présent , par J. C. D. L. (de Lorme). Paris, Rolin de la Haye, 1649, 8 pages.
117. Apologie, ou Défense du cardinal Mazarin, traduite ou imitée de l'italien de L. Paris, 1 649, 8 pages. La Fronde était en verve d'ironie.
118. Apologie particulière de monseigneur le prince de Conty, pour la justification entière de sa conduite, présentée à messieurs du parlement. (S. I. a.d.),20 pages. C'est une réponse à la Lettre du prince de ConCi écrite au roi sur
son iroyage de Berry. L'auteur suppose que cette lettre est de la même main que le Discours libre et véritable sur la conduite de M. le piinee, etc.; et il dit qu'il avait, lui-même, écrit l'Apologie de M. le prince , etc.
Mailly cite Vjdpalogie particulière dans les adcUtions et corrections, page 817, de son S* volume.
119. Apologie particidière pour monsieur le duc de Longucville, où il est traité des services que sa maison et
[apologie] des UAZARINADES. 59
sa personne ont rendus à TÉtat , tant pour la guerre que pour la paix, avec la réponse aux imputations calomnieuses de ses ennemis, par un gentilhomme breton. Amsterdam {Paris), i 650 ,116 pages.
Cette pièce est assez curieuse, surtout dans les détails qu'elle contient sur les négociations de Munster.
Dès que le duc de Longuevillç fut arrêté ^ l'avocat Baudry reçut l'ordre de cesser:' ses fonctions de syndic des États de Normandie, a On lui a donné, dit l'auteur, un successeur qui sait fort bien faire des vers , mais qu'on dit assez malhabile pour manier de grandes affaires. Bref, il faut qu'il soit ennemi du peuple puisqu'il est pensionnaire du Mazarin. » Cet ennemi du peuple était le grand Corneille !
L'auteur nous apprend dans un avertissement qui est au verso du titre, qu'il préparait une histoire générale de la maison de Longueville et qu'il se proposait de faire quelques ouvrages satiriques sur des grands. Il s'est, en effet, essayé à la satire dans V Apologie même; et c'est une des raisons qui firent publier contre lui le Désaveu, etc.
On peut croire que cet auteur était Lescomai dont Guy Patin a dit, dans une lettre du 21 octobre 1653 à M. C. S. (Charles Spon), page 211 du 1®' vol. : « Il y a ici un avocat nommé M. Lescomai, homme d'étude et de ti*avail , qui a fait une histoire entière de la maison de Longueville, de^puis Jean , comte de Dunois , b«ltard du diic d'Orléans , tué à Paris , rue Barbette , en 1 407 , et qui a été le premier chef et le fondateur de cette maison. Il l'a présentée, manuscrite, à M. de Longueville qui l'a trouvée si belle qu'il est résolu de la faire imprimer' à ses dépens et d'y ajouter tous les portraits de ses ancêtres que l'on fait graver exprès*... »
n ne paraît pourtant pas que cette histoire ait été publiée ; au moins est-elle portée, comme manuscrite, dans la Bibliothèque du père Lelong et encore sur les indications de Guy P^tin.
' Le père Louis Jacob annonce, dans sa Bibliographia parisina, sons la date de i 650, une Apologie pour P honoraire oufieconnàissance due aux avo^ cats à cause de leur tnwail, par M. Jacques de Lescornay, avocat en parlement. CVst assurément le Lescornay de Guy Patin. Il était donc gentil^ homme?- il a donc pu signer V Apologie comme au titre : Par un gentil^ homme Breton,
krite deRouen, elc.
BIBLIOGRAPHIE [ipologieJ
Désaveu, i\ faut joindre \& Réponse à une lettre
\ 20. Apologie pour la défense des bourgeois de Paris, sur la dernière déclaration du roi, portant amnistie, donnée à Mantes. (S. 1.1, 1652, 15 pages.
121. Apologie pour la défense du cardinal Mazarin. « Aliud in ore promptunt, alîud in pectore reconditum. » (S. 1.}, 1649, 10 pages.
L'auteur dit que Mazarîn est le bras droit du roi et que celui qui le forcerait à quitter la France , oiFenserait plus le roi que s'il lui crachait au visage.
< La conronue Qui u'a point d'aatre éclat que ce qu'il lui eu doone. » Faîtes attention à l'épigraphe. C'est encore de l'ironie ; mais ici elle est dans la pièce comme dans le titre.
1 22. Apologie pour la France, sur sa préséance contre l'Espagne en cour de Rome, Paris, François Noël, 1651 , 31 pages.
Pièce curieuse et peu commune.
123. Apologie pour le parlement de Bordeaux et pour le père Bonnet contre XeCuré bordelais, à messeigneurs du parlement. (S. 1.), 1651, 16 pages.
Le père Louis Bonnet , oratorien , était curé de Sainte-Eulalie de Bordeaux. Fils d'un secrétaire de Henry, prince de Coudé, il avait embrassé la cause de la fronde avec une sorte de fureur. Ce fut lui qui, au début de la première guerre de Bordeaux, prononça le sermon pour l'union du parlement et de la ville, quand la population fut appelée à prêter serment dans les églises. Il devait faire l'éloge funèbre du marquis deChambaret, premier général des Bordelais , dans la cérémonie des obsèques qui eut lieu après la seconde guerre; mais « l'archevêque lui ferma la bouche par des considérations d'État, " dit Fonleneil, Histoire des mouvemcnci de BordeatLv. Il mourut en 16S0 '. S j'en crois le Jugement da
' Lenet lui attribue i page a04 de ses Mémoir
le relation de la prise de l'île de Saint-Georges, , Coll. Micliaud.
[apologie] des MAZARINADES. 61
curé hordelois , Dussaut , avocat général , fit imprimer un panégyrique du bon père ^ Un bordelais royaliste publia à son tour le Curé hordelois f grand défenseur de la cause de messieurs de Bordeaux,
C'est alors que parut V Apologie qui n'était rien autre chose qu'une dénonciation du Curé, Ce cri de la fronde fut entendu. Pai* arrêt du 10 mars 1651, le parlement condamna le Curé bordelois a être brûlé par la main du bourreau ; mais ce jugement ne satisfit pas tous les frondeurs ; et dans une pièce intitulée : Arrêt de la cour de parlement de Bordeaux y etc., on reprocha au parlement de n'avoir songé à venger que sa propre querelle.
Enfin vint le Jugement du curé Bordelois qui est une satire très-spirituelle et très-piquante des juges de la Grande chambre et de la Toumelle de Bordeaux.
Dans cette polémique vive et curieuse., tout l'avantage est resté incontestablement aux pamphlétaires royalistes, qui se sont montrés pleins de verve , de gaieté et d'esprit.
Toutes ces pièces sont peu communes.