Symbola et Emblemata jussu S
Maj. Imper. Moschoviæ Pétri Alexeidis... excusa. — Amstelodami, H. Wetstein, 1705, in-4, 839 fig.
SYMBOLES, EMBLÈMES, DEVISES
Le tzar Pierre Je Grand fit exécuter à ses frais ce volume destiné à être offert en présent en souvenir de son séjour dans les Pays-Bas. Le texte est en neuf langues : hollandais, russe, français, allemand, anglais, italien, espagnol, latin et flamand. Les exemplaires en sont fort rares, car ils ont été presque tous détruits par le naufrage du navire dans la traversée pour la Russie. Ces emblèmes auraient été gravés par Mulder.
874. Laur AVolffg . fFoyttens Emblematischer Parnassus, etc. — Parnasse emblématique,etc. — Augsbourg, 1727-30, 3 vol. in-4, avec 1500 fig. s. cuivre (10 à 20 fr.).
875. Science hiéroglyphique, ou Explication des figures symboliques des anciens, avec différentes devises historiques. Ornée de nombreuses figures. — La Haye, 1746, in-4 (5 fr.).
876. BOUDARD (Giovanni-Batt.). Iconologia tir ata da varj autori anüchi. — Iconologie tirée de divers auteurs anciens (texte ital. et franc.). — Parme, 1759, 3 vol. pet. in-fol./lig. ; — texte franc, seul.; Vienne, 1766, 3 vol. in-8, lig. (5 fr.).
Peu d’images, suivant Winckelmann, sont de l’invention de l’auteur; la plupart sont de Ripa, et composées de figures grêles dessinées dans le style et dans le costume moderne. — Boudard était sculpteur de l’infant duc de Parme.
877. WINCKELMANN (Joh.). Versuc/i einer Allégorie besonders fur die Kunst. — Essai sur l’Allégorie principalement à l’usage des artistes. — Dresde, 1766, in-4; — nouv. édit.: publiée par Alb.
Dressel, d’après l’exemplaire de l’auteur annoté de sa main, accompagnée des lettres inédites de Winckelmann et des détails sur ses derniers moments. Avec un Avant-propos par Const. Tischendorf ; Leipzig, Mendelssohn, 1866, in-4, xvi-180 pp., portr. et fac-sim. — 10 fr.; — trad. en franc, par Jansen : De l’Allégorie ou Traités sur cette matière par Winckelmann, Adisson, Sulzer, etc.; Paris, an VII (1799), 2 vol. in-8.
Dans ce livre ingénieux et original, l’auteur entend par allégorie l'expression des idées par le moyen des images : c’est la langue universelle. En voici un exemple: pour symboliser la paix entre deux puissances, cimentée par un mariage, Winckelmann propose de représenter deux colombes faisant leur nid dans un casque.
878. LAFOSSE (J.-Ch. de). Nouvelle Iconologie historique ou Attributs hiéroglyphiques qui ont pour objet les quatre éléments, les quatre saisons, etc. — Paris, 1768, in-fol., fig. (5 à 6 fr.).
879. PETIT Y (l’abbé J.-R. de). Manuel des artistes et des amateurs, ou Dictionnaire historique et mythologique des emblèmes, allégories, éuigmes, devises, attributs et symboles, relativement au
costume, aux mœurs, aux usages et aux cérémonies, etc. — Paris, 1770, 4 vol.
in-8 (6fr.).
880. A Letter to Count *** on Poetry, Painting and Sculpture , etc. — Lettre sur la poésie, la peinture et la sculpture, dans laquelle on examine s’il est nécessaire de faire emploi de l’allégorie dans la peinture et la sculpture. 2e édit. — Londres, 1771, in-12.
881. RICHARDSON (George). Iconology , or a Collection of emblematical Figures. — Iconologie, ou Recueil des ligures emblématiques, morales et instructives, gravées d’après les dessins originaux coloriés et accompagnées d’explications d’après les auteurs classiques; choisies parmi les meilleurs emblèmes des Egyptiens , Grecs et Romains et dans les compositions de C. Ripa. — Londres, 1777-79, 2 vol. gr. in-4, 109 pl. avec 424 fig. (40 à 50 fr. et plus).
882. GRAVELOT (Henri-Fr. BOURGUI- GNON, dit) et COCHIN (Ch.-Nic.). — Iconologie par figures, ou Traité com plet des allégories, emblèmes, etc., ouvrage utile aux artistes et aux amateurs et pouvant servir à l’éducation des jeunes personnes. Orné de 208 pl. et accompagné d'un texte explicatif par Ch. - Et. Gaucher.— Paris, 1796, 4 vol. pet.
in-8, fig. s. cuivre (60 à 80 fr., et plus en gr. pap.).
Ces emblèmes, pouvant servir à l’éducation des jeunes personnes, ne sont autres que ceux de V Almanach iconologique ou des Arts (publié d’abord par Gravelot: Paris, 1764-73, 10 vol. in-24, et ensuite par Cochin : ibid., 1774-80, 7 vol. iu- 24), auxquels on a ajouté une bordure. Trèsbien gravées, ils sont néanmoins du plus mauvais style et répondent fort mal aux idées qu’ils sont chargés d’exprimer. En voici quelquesuns : affabilité, affection, aversion, confiance , constance , contrariété, discrétion, indiscrétion , docilité, indocilité, etc.
883. (HUET, J. -B.). Le Trésor des artistes et des amateurs des arts, ou le Guide des peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, décorateurs, etc., dans le choix des sujets allégoriques ou emblématiques qu’ils ont à employer dans leurs compositions, etc. Orné de plus de 400 fig. gr. en t. d. — Paris, 1810, 3 vol. in-12.
884. PISTRUCCI (Fil.). Iconologia , ovvero Imagini di tutte le cose princi pâli, etc. — Iconologie ou Images de toutes les principales choses auxquelles le talent de l’homme a attribué un corps, bien qu’elles ne l’aient pas en réalité. Avec la traduction française par Ser-
DANSES DES MORTS
gent Marceau. — Milan, 1819-21, 2 vol.
in-4,240 pl. noires ou color.
Ouvrage médiocre. Le traducteur, Sergent Marceau, graveur, littérateur, conventionnel, membre du comité des arts et de l’instruction publique et, en cette qualité, fondateur, le 27 juillet 1793, du Musée français.
885. MENZEL(Carl-Aug.). Versuch einer Darstellung der Kunst-Sinnbilder , etc. — Essai sur l’emploi des symboles d’art compatibles avec Fart moderne.
— Berlin, 1840, in-8.
Le nombre de livres d’emblèmes publiés depuis le xvie siècle est considérable, et leur bibliographie complète nous entraînerait loin. J’ai dû me borner à ne signaler que les plus célèbres et les plus importants. Quelques bibliophiles s’étant adonnés plus particulièrement à collectionner des livres de cette sé.ie , les curieux trouveront d’amples renseignements dans leurs catalogues. Tels sont : Cicognara, Catalogo rcigionato de’ libri d’arte; Pise, 1821, 2 vol. in-8; — Catalogue de la bibliothèque de feu M. A. Dinaux; Paris, 1864, in-8, lre partie, n°s 1615- 2112 ; — Catalogue de la bibliothèque de M. Yan der Helle; Paris, 1868, in-8, n°s 1608-1818.
Néanmoins, pour faciliter les recherches, je vais indiquer les noms des auteurs des livres d’emblèmes que je n’ai pas fait figurer dans cette bibliographie :
xvie siècle : Camerarius (Joach.), Covarrubias y Horozco, Guerra, Mercier, Monaw, Pittoni, Schlechte, Taurellus.
xviie siècle : Aicher, Albertini, Bargagli, Berthod, Biver, Boissevin, Boldoni, Bonomi, Borja, Bornitius, Boxhornus, Bruck (J. a), de Brunes, Ant. de Burgundia, Camerarius (G.), Casoni, Catz (J.), Chesneau, Cramer, Doni, Drexelius, Engelgrave, Fay, Giarda, Goulart, Graff, Haeften, Hesius , Heyns , Hoogstraten , von der Ketten, Kilian, Kinschot, Klepisius, Kreihing, Labia, Lopez , Lüflocht, Luyken.
Maccius, Majer, Mandl, Mannich, Martin, Martinet, Meissner, Menda, Murer, Neugebauer, Offelin, Pfann, Philotheus, Picinelli, Pona, Quarles, Reifenberg, Roemer- Wischers, Saavedra, Schoonovius, Stengelius, Sudermann, Thomas, J. van der Yeen, de Villana, von Zesen.
xvme siècle : Brouër van Niedeck, Elger, Gai I ner, Graauwhart, Iiuigen, Kauffmann, Klinkhamer , Pauwels , Reinzer , Roth- Scholtz, Spinniker, Yerryke,Weigel, Zaunsliler, Zweerts.
Un grand nombre de ces livres sont ornés de figures dues à des artistes célèbres, tels que: Diepenbeck, A. Flamen, Léonard Gaultier, Romain de Hooge, A. Houbraken, Raph. Sadeler, Jér. Wierix, etc.
DANSES DES MORTS
On nomme Danse des morts . en latin Chorca, en allemand Todtentanz, tout un ensemble de représentations allégoriques dont l’unique sujet est une danse où la mort apparaît comme coryphée. C’est au xive siècle (la plus ancienne de ces danses qui soit connue est celle du Petit-Bâle ou de Klingenthal, 1312) que ce genre de représentation commence à prendre faveur. La peste, surtout la peste noire, et des calamités sans nombre dans ces âges de fer, ayant surexcité les imaginations, une nouvelle mythologie prit naissance, celle de la mort; mythologie dont les formes se modifièrent selon la marche des esprits et le changement des mœurs.
La fragilité de la vie, les caprices de la mort, sa joie cruelle quand elle nous frappe au sein du plaisir de coups si imprévus, ses terribles railleries, voilà ce que nous montrent, sous les aspects les plus variés, et dans une suite d’inventions hideuses ou plaisantes, les Danses des morts. Notez que ces représentations proclament l’égalité, car tous sont égaux devant la mort. Rois, papes, empereurs ne peuvent lui résister; elle les étreint tout aussi bien que les petits et les faibles dans ses bras osseux. Et qu’est-ce donc que cette égalité devant la mort si ce n’est l’idée démocratique, qui agitait les âmes dans les bas-fonds du moyen âge, se présentant ici sous la forme chrétienne?
Ce choix assez bizarre d’un ballet ou chœur de danse, présidé par la mort, d’où vient-il? A-t-il été inspiré par ces fêtes orgiaques, ces fêtes des fous qui déshonorèrent les cathédrales du moyen âge? ou bien n’est-il que l’interprétation figurée ou plastique du mot danse , qui signifiait à cette époque reproche, leçon, moralité, correction : sens que nous a conservé celte locution populaire : « tu vas recevoir une danse , » c’est-à-dire une correction? Ce sont là des questions que nous pouvons indiquer, mais que nous n’avons point à aborder dans une bibliographie. Il en sera de même du nom de danse macabre, donné aux danses des morts , nom si difficile à expliquer. Nous l’abandonnons aux commentateurs.
Les croyances et les courants d’idées qui traversèrent le quatorzième et le quinzième siècles multiplièrent ces sortes de représentations dont il reste encore une quarantaine dans toute l’Europe. La France, l’Allemagne ; la Suisse, l’Italie et même l’Angleterre eurent des Danses des morts soit sculptées , soit peintes sur les murs des cimetières et des églises, et dans les galeries des couvents. Bien peu se sont conservées en France, ainsi qu’en Italie ; c’est en Allemagne et en Suisse où l’on en retrouve particulièrement les traces. Je ne parlerai point de l’Espagne, peu favorable, à ce qui semble, à ces allégories. Londres eut aussi sa Danse des morts, danse très-remarquable parla richesse de sa composition, et fausse-
DANSES DES MORTS
ment attribuée à Holbein. Cette peinture, exécutée sous le règne de Henri VI, décorait le mur d’un cloître appelé le cimetière du Pardon, auprès de l’église du vieux Saint- Paul, fut détruite, en 1549, par l’ordre du protecteur Sommerset qui gouvernait alors la Grande-Bretagne.