Sganarelle, ou le Cocu imaginaire, comédie (1 a. v
Avec les argumens de chaque scène (par le sieur de Neuf-
Yillenaine). Paris, Jean Ribou, 1660, in-12 de 4 ff.
prélim. et 59 pp.2
Après le privilège au verso de la page 59, daté du 26 juillet 1660 et accordé au sieur de Neuf-Villenaine, sans qu'il y soit fait mention de l'auteur , nommé M. de Molier dans la préface de l'éditeur, on lit : « Achevé d'imprimerie 12 août 1660. » Il y a un second tirage de la première édition, tirage presque semblable à l'autre et qui n'en diffère que par le fleuron du titre; mais ce tirage a 6 feuilles préliminaires au lieu de 4, parce que le sieur de Neuf-Villenaine y a joint une épitre anonyme adressée à Monsieur Molier, chef de la troupe des Comédiens de Monsieur, frère unique du roi : « Jevoulois, dit-il, faire le récit de votre Cocu imaginaire, mais je fus bien surpris,
i 30 fr. mar. vert, Duru, Giraud, 1855. — 500 fr. mar. r. jans., Trautz-Buuzonnet, catalogue Aug. Fontaine, 1875.
2 79 fr. cuir de Russie, Simier, Giraud, 1855.
MOLIERESQUE.
quand je vis qu'à cent vers près, je sçavois la pièce par cœur, etc. »
Il est certain que cette épître à M. Molier, laquelle ne se trouve pas dans tous les exemplaires, aurait été ajoutée après coup, car elle est imprimée sur 4 pages, avec la signature o, et cette signature se trouve répétée dans les 2 feuillets qui figuraient seuls dans les premiers exemplaires.
Il existe une contrefaçon sous la même date, in-12 de 58 ff., sans privil., avec un faux titre : Œuvres de Molière.
Réimprimé plusieurs fois, avec les Arguments, et par conséquent sans la participation de Molière ; Paris, Guillaume de Luyne, 1662, in-12 de 4 ff. et 59 pp. — Paris, Augustin Courbé, 1662 ou 1663, in-12 de 6 ff. et 59 pp. — Ibid., id., 1664, in-12 de 4 ff. et 65 pp. — Paris, Thomas Jolly, ou Estienne Loyson, 1665, in-12 de 6 ff. et 59 pp., etc. Cette dernière édition contient l'épître ou dédicace à Monsieur de Molier.
On sait, par la découverte d'un procès-verbal de saisie exécutée chez Christophe Journel, imprimeur, qui avait imprimé cette pièce à 1200 exemplaires, que Molière essaya de s'opposer à la vente et mit en cause le libraire Jean Ribou qui se vantait d'avoir épuisé l'édition en quinze jours. Yoy. Documents inédits sur Poquelin de Molière, publ. par Emile Campardon, pag. 3 et suiv.
M. Aug. Fontaine, libraire, possède un exemplaire de Sganarcllc, avecles arguments de chaque scène (Paris, Augustin Courbé, 1662, in-12 de 6 ff prélim. et 59 pp.) l, dont l'examen nous a offert quelques difficultés à résoudre. Le privilège, en date du 26 juillet 1660, est au nom du sieur de Molier, lequel a remplacé le nom du sieur de Neuf-Yillenaine. On lit au-dessous de cet extrait du privilège, comme dans une édition de 1666, que nous décrivons plus loin : « Et ledit de Luyne en a fait part à Augustin Coure (sic) et à Estienne Loyson. » Puis, plus bas, cette mention, qui ne s'accorde guère avec la date de l'édition : « Achevé d'imprimerie 12 aoust 1660. » Il faut donc supposer que Molière ayant gagné son procès contre Ribou en 1662, Augustin Courbé se sera empressé de faire réimprimer, pour les exemplaires qui lui restaient, un nouveau titre et un dernier feuillet, en y remplaçant seulement le nom de Neuf-Yillenaine par celui de Molière.
Il y a une contrefaçon imprimée dans quelque ville de province : Sur l'imprimé à Paris chez Jean Ribou, 1661, pet. in-12 de 6 ff. prél. et 48 pp.
Réimprimé aussi à l'étranger, avec les Arguments , qui nous ont conservé tous les jeux de la scène des premières représentations : Suivant la copie imprimée à Paris (Amsterdam, Abr. Wo If gang, au Quœrendo), 1662, pet. in-12 de 5 ff. prélim. et 26 pp.
La préface et les arguments du sieur de Neuf-Yillenaine sont supprimés dans une édition qui porte le nom de Molier sur le titre, et que l'auteur du Manuel suppose avoir été imprimée en province : Paris, Jean Ribou, 1664 », in-12 ; mais cependant cette édition a été réimprimée, deux ans plus tard, à Paris , par le même libraire, en vertu du privilège accordé au sieur de Neuf-Yillenaine et sans doute
* 25 fr. non rogné, Solar, 1860.
avec la permission de Molière, in-12 de 45 pp., y compris le titre. « Achevé d'imprimer le 30 septembre 1666. » On peut donc regarder cette édition comme originale. Voy. ci-après.
Sganarelle, ou le Cocu imaginaire, comédie, avec les argumens de chaque scène. Paris, Guillaume de Luync et Thomas Joly, 1665, pet. in-12 de 6 ff. prélim. et 59 pp.
Cette édition sur le titre de laquelle ne se trouve pas le nom de l'auteur et qui contient seulement la dédicace anonyme à M. de Molier et la préface à un ami, présente une particularité qu'on n'a pas encore signalée : le privilège est le même que celui qui avait été accordé au sieur de Neuf-Villenaine, à la date du 26 juillet 1660, mais le nom de Neuf-Villenaine a disparu de ce privilège pour faire place à celui du sieur de Molier. Ce privilège se termine ainsi : « Et le dit sieur Molier a cédé ses droicts de privilège à Guillaume de Luyne, marchand libraire juré à Paris, pour en jouir suivant l'accord fait entre eux : et ledit de Luyne en a fait part à Estienne Loyson, aussi marchand libraire, pour en jouir conjointement. »
On est surpris de ne pas trouver, au-dessus du privilège, un Achevé d'imprimer ; ce qui était une grave contravention aux lois qui régissaient l'imprimerie.
Molière était donc rentré dans sa propriété, sans doute à la suite d'un procès avec le libraire Jean Ribou, et son nom avait été rétabli dans ce privilège, à la place de celui du sieur de Neuf-Villenaine, déclaré contrefacteur ou plagiaire. Mais pourquoi alors Molière conservait-il les arguments dont il n'était pas l'auteur ?
Un exemplaire de cette même édition, conservé à la Bibliothèque nationale, présente cette différence que le titre porte le nom de Thomas Joly, quoique ce libraire ne soit pas nommé avec Etienne Loyson, comme associé au privilège que Guillaume de Luyne avait acquis de Molière.
Sganarelle, ou le Cocu imaginaire, comédie, par J.-B. P. Molier (sic). Paris, Jean Ribou, 1666, in-12 de 45 pp., y compris le titre et le feuillet prélimin. pour le privilège1.
Cette édition est probablement l'édition originale publiée par Molière, quoiqu'elle ait été imprimée en vertu du privilège accordé au sieur de Neuf-Villenaine, en date du 26 juillet 1660. On lit audessus de ce privilège pour cinq ans : « Achevé d'imprimer le 30 septembre 1666. » M. de Soleinne ne possédait pas cette édition, et nous en ignorions l'existence , lorsque nous avons rédigé le Catalogue de sa bibliothèque, dans lequel nous disions (tome I, pag. 295) : « Il est singulier pourtant que Molière n'ait pas donné une édition dégagée de la prose du sieur de Neuf-Villenaine. » On sait aujourd'hui par les Documents inédits sur J.-B. Poquelin de Molière, découverts aux Archives de France et publiés par Emile
1 600 fr. mar. r. doublé, Trautz-Bauzonnet, catalogue Aug. Fontaine, 1871. — 600 fr. mar. r. jans., Trautz-Bauzonnet, catalogue Aug. Fontaine, 1875.
MOLIERESQUE.
Campardon (Paris, Henri Pion, 1871, in-18), que Molière voulut faire saisir l'édition de sa pièce, si audacieusement mise au jour par le sieur de Neuf-Villenaine, chez le libraire Jean Ribou. L'imprimeur Christophe Journel ne fit aucune difficulté de déclarer qu'il avait imprimé , pour ce libraire , 900 exemplaires de Sganarelle ; Jean Ribou, chez qui le commissaire Lemusnier fit aussitôt une descente pour opérer la saisie des exemplaires de cette contrefaçon, déclara, en lui riant au nez, qu'il en avait fait imprimer 1250, lesquels étaient ou devaient être vendus. Il en résulta un procès, que Molière ne gagna peut-être pas tout à fait, car le sieur de Neuf-Villenaine prétendait avoir retenu dans sa mémoire la comédie représentée avec tant de succès au théâtre du Petit-Bourbon, et se croyait parfaitement autorisé à la faire imprimer, à son profit, avec des arguments de sa façon. Quoi qu'il en soit, il y eut, sans aucun doute, un arrangement, puisque le libraire Jean Ribou devint depuis l'éditeur de plusieurs comédies de Molière, et que Molière eut la bonté de lui prêter diverses sommes d'argent, que le libraire lui devait encore à l'époque de sa mort. On peut donc supposer, avec quelque certitude, que Molière était rentré dans sa propriété, et qu'il l'avait consacrée, en quelque sorte, en faisant lui-même une édition de Sganarelle , délivrée des arguments du contrefacteur. Notre opinion se fonde sur la présence de certaines variantes qui ne peuvent être que de l'auteur, et sur l'indication des jeux de scène qui ne sont plus tels que le sieur de Neuf-Villenaine les avait décrits dans sa contrefaçon.
Il ne serait pas impossible que le sieur de Neuf-Villenaine se fût procuré, par l'infidélité d'un comédien de la troupe de Molière, le texte du Sganarelle, qu'il prétendait avoir retenu de mémoire à la représentation. Cela expliquerait pourquoi le texte est plus correct dans les éditions publiées par lui que dans toutes les autres. Ainsi, dans cette édition de 1666, où les arguments ont été supprimés, on lit dans la scène xxn : me quitter pour autre, au lieu de : pour un autre; dans la scène xxm, 4e couplet, le nom de Gorgibus est omis, en sorte que le vers : Oui, monsieur, c'est ainsi que je fais mon devoir, se trouve dans la bouche de Lélie; ce qui n'a plus de sens.
. L'Escole des Maris, comédie (5 a. v.), par J.-B. P. Molière. Représentée sur le théâtre du Palais-Royal. Paris, Charles de Sercy, 1661, in-12 de 6 ff. prélim., y compris la figure formant frontispice, et 65 pp.; au verso de la dernière commence le privilège, qui se développe sur les deux derniers feuillets non chiffrés1.
« Achevé d'imprimer le 20 aoust 1661. »
Le privilège, daté du 9 juillet 1661 , qui n'a pas été assez remarqué, expose la situation de Molière vis-à-vis des libraires contrefac-
1 46 fr. Bertin, 1854. — 140 fr. mar. vert, Duru, Giraud, 1855.
teurs : « Nostre amé Jean-Baptiste Poquelin de Molière, comédien de la troupe de nostre très -cher et très -amé frère unique, le duc d'Orléans, nous a fait exposer qu'il avoit depuis peu composé pour nostre^ divertissement une pièce de théâtre en trois actes, intitulée V École des maris, qu'il désireroit faire imprimer, mais parce qu'il étoit arrivé qu'en ayant cy-devant composé quelques autres, aucunes d'icelles auroient esté prises et transcrites par des particuliers qui les auroient fait imprimer, vendre et débiter en vertu des lettres de privilège qu'ils auroient surprises en nostre grande Chancellerie, à son préjudice et dommage ; pour raison de quoy, il y auroit eu instance, en nostre Conseil, jugée à rencontre d'un nommé Ribou, libraire imprimeur, en faveur de l'Exposant, lequel craignant que celle-cy ne luy soit pareillement prise et que, par ce moyen, il ne soit privé du fruit qu'il en pourroit retirer.... » Molière avait alors intenté un procès à ces libraires , et notamment à Jean Ribou, qui fut condamné sans doute à des dommagesintérêts ; c'est pourquoi il fit imprimer lui-même à ses frais la comédie des Précieuses ridicules.
La figure le représente dans le rôle de Sganarelle et nous donne, par conséquent, son portrait ainsi que son costume de théâtre.
Il y a des exemplaires de cette première édition, avec les noms de plusieurs libraires qui la vendaient, notamment Guillaume de Luyne, Gabriel Quinet, Cl. Barbin.
Cette édition, précédée d'une dédicace à Monsieur, duc d'Orléans, frère du roi , a été certainement revue et corrigée par Molière , et l'on doit, par conséquent, avoir égard à l'orthographe qu'il a adoptée; ainsi, il écrit loupgaroux au pluriel, en fleure pour enflure, cartier pour quartier, soû pour saoul, foies pour folles, etc. On voit que, comme la Fontaine, il modifiait l'orthographe des mots, pour la rime.
Réimpr. plusieurs fois, du vivant de Molière, Paris, Claude Barbin, 1662, in-12. — Paris, Jean Guignard, 1662, in-12 de 4 ff. prélim., 65 pp. et 2 ff. en plus pour le privilège. — Paris, Guill. de Luyne ou G. Quinet, 1663, in-12 de 5 ff. prélim., y compris la grav., plus
1 f. blanc, 65 pp., et 3 if. pour le privilège ■. — Paris, Guil. de Luyne, ou Jean Guignard, 1664, in-12 de 4 ff. et 65 pp., non compris les deux feuillets qui complètent le privilège. Cette dernière édition paraît être la troisième.
Nous regardons comme une contrefaçon faite en France, sans doute à Rouen, l'édition qui porte la rubrique & Anvers, G. Colles, 1662, pet. in-8° de 3 ff prélim. et 66 pp.
6. L'Escole des Femmes, comédie (5 a, v.), par J.-B. P. Molière (avec dédicace à Madame et préface). Paris, Guillaume de Luyne, 1663, in-12 de 6 ff., prélim., y compris la fig. gravée par Fr. Chauveau, et 93 pp.2
* 20 fr. mar. r., Cape, Giraud, 1855.
2 80 fr., 93 pp. Bertin, 1855. — 140 fr. mar. r. Cape, Giraud, 1855. — 305 fr.,
La dédicace à Madame est adressée à Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, épouse de Monsieur, frère du Roi, et non à la seconde femme de ce prince, Charlotte-Elisabeth de Bavière, dite la seconde Madame. Cette observation est d'autant plus importante, que plusieurs écrivains et bibliographes ont confondu ici les deux princesses qui portèrent le titre de Madame.
Il y a deux éditions sous la même date : l'une de 93 pp. et l'autre de 95. Il faut, à celle en 93 pages, un carton, paginé 73 et 74 en double, pour combler une lacune laissée à l'impression entre les pages 74 et 75 (scène ndu Ve acte). Ce carton manque souvent.
L'édition en 95 pages contient le passage oublié. Les deux éditions sortent de la même imprimerie, quoique les ornements diffèrent, et ont dû se suivre immédiatement. Celle en 93 pages est vraisemblablement la première, puisque M. le comte de Lignerolles possède l'exemplaire d'hommage offert à Marie-Thérèse d'Autriche et relié à ses armes. Il n'est pas probable que Molière ait présenté à la reine deux exemplaires différents de la même comédie.
« La première édition (édition .4) compte, en réalité, 95 pages, parce que les pages 73 et 74 y sont doubles. Un passage, omis à l'impression, après la page 74, a donné lieu à l'insertion d'un carton sur lequel on a répété les chiffres du feuillet précédent. Cette erreur ne se retrouve pas dans l'autre édition (édition B), qui est probablement postérieure.
« Les deux éditions ne diffèrent entre elles que par des variantes typographiques peu importantes. Les seules variantes qui aient été relevées dans le texte sont les suivantes :
P. 2. A : Car vos plus grands plaisirs sont partout où vous estes. B : Que vos plus grands plaisirs...
P. 52. A : voulu de cet amour estouffer la clarté.
B : voulu de cet esprit...
P. 65. A : Et goustast-on cent fois un bonheur trop parfait. B : Et goustast-on cent fois un bonheur tout parfait.
P. 68. A : Car pour bien se conduire en ces difficultez. B : Car pour bien se conduire en ses difficultez. »
(Extrait du Catalogue de M. le baron James-E. de Rothschild, n»s 2,321 et 2,321 a.)
Il y a des exemplaires aux noms de plusieurs libraires associés au privilège, Louis Billaine, Thomas Jolly, Estienne Loyson, Jean Guignard le fils, Charles de Sercy, Cl. Barbin, Quinet, etc., auxquels Guillaume de Luyne avait cédé une partie de son privilège, obtenu le 4 fév. 1663. On lit à la suite de ce privilège : « Achevé d'imprimer le 17 mars 1663. » La dédicace ne se trouve pas dans tous les exemplaires.
95 pp. mar. v., Solar. 1860. — 105 fr., sans la fig., Chedeau, 1865. — 110 fr., 93 pp. sans la fig. ni le carton, Huillard, 1870. — 700 fr., 93 pp., et le carton, non relié, Aguillon, 1870. — 1,000 fr., sans la fig., 95 pp. Rouquette, 1873, catalogue n° 9. — 1,500 fr., 93 pp. avec le carton et la fig. mar. r. jans., Trautz-Bauzonnet, catalogue Aug. Fontaine, 1875.
Cette édition originale est très-importante, non-seulement parce que la gravure représente Molière et sa femme, mais encore parce que la ponctuation et l'accentuation du texte nous indiquent la manière dont Molière débitait ses rôles. On voit qu'il a présidé lui-même à la correction scrupuleuse du texte , car dans plusieurs exemplaires nous avons remarqué certains mots corrigés à la main qui pourraient bien être de l'écriture de Molière : page 52, ligne 19, esprit, au lieu d' 'amour ; page 65, ligne 1, tout, au lieu de trop ; page 68, ligne 8, et, au lieu de car.
Réimpr. plusieurs fois du vivant de Molière : Paris, Thomas Jolly, 1663, in-12 de 2 ff. et 93 pp.— Paris, Gabriel Quinet, 1665, in-12 de 6 ff. prélim., y compris la figure, et 95 pp.
7. Les Fascheux, comédie (5 a. v. avec prologue), de J.-B. P. Molière. Représentée sur le théâtre du Palais- Royal. Paris, Guillaume de Luyne, 1662, in-12 de 11 ff. prélim. non chiffrés, y compris le titre, et 76 pp. et 1 f. pour le privilège1.
Les six premiers feuillets non chiffrés contiennent le titre et la dédicace au Roy, 9 pp. dont la dernière est blanche. Les six feuillets qui suivent renferment la Préface, le Prologue, le nom des personnages et le commencement de la pièce ; le sixième feuillet seul est paginé 9 et 10, ce qui ne donne pas une pagination exacte, dans laquelle on puisse comprendre la dédicace au Roi. La dernière page du volume est mal chiffrée : 52, au lieu de 76. L'irrégularité de la pagination, dans cette première édition, permet de supposer des tâtonnements et des remaniements, imposés par les circonstances, après la disgrâce de Fouquet. Le premier cahier, signé a, est de 6 feuillets ; le second, signé A, également de 6, dont le dernier commençant la pièce est paginé 10; au feuillet suivant, la pagination saute à 13.
On ne peut s'expliquer ces bizarreries de la pagination, qu'en supposant un changement dans la préface de l'auteur, et dans la dédicace au roi, ainsi que la suppression d'une partie du Prologue, où il était question de Fouquet, car la comédie des Fâcheux, jouée d'abord devant le roi à la fête de Vaux le 16 août 1661, et représentée ensuite à Fontainebleau le 27 du même mois et de la même année, devait sans doute être imprimée avec une dédicace à Fouquet, qui fut arrêté à Nantes, le 5 septembre suivant, et mis en accusation. Dans cet état de choses, la première dédicace et le premier prologue ne pouvaient plus subsister, quoique la comédie commandée par le surintendant lui eût été naturellement dédiée après la fête de Vaux, où Molière avait obtenu un si brillant succès, comme auteur et comme acteur comique.
d 39 fr. Bertiu, 1855. — 115 fr. mar. r., Duru, Giraud, 1855. — 256 fr. ff. réemm. Chedeau, 1865. — 325 fr. mar. r., Trautz-Bauzonnet, Germot, 1869.
A la suite du privilège, daté du 5 février 1662 et accordé au sieur Molière on lit : « Achevé d'imprimer le 18 février 1662 »
Il va'des exemplaires, avec les noms des libraires J. Gmgnard, Ch de Sercy, CL Barbin, Gabr. Quinet, associés au privilège, car chaque libraire, qui achetait un nombre d'exemplaires en blanc, ou en feuilles, faisait faire des titres portant son nom et son adresse. Réimprimé plusieurs fois pendant la vie de Molière : Parus, Charles de Sercy, 1662, in-12 de 8 ff prélim. et 67 pp - Par*, Gabriel Quinet ou Th. Jolly, ou Guill. de Luyne, 1663, in-12 de 6 11. prélim., y compris le titre, et 47 pp. 8 U Critique de l'Escole des Femmes, comédie (1 a. ' pr ) par J .-B . P . Molière (avec dédicace à la Reine-mère) . Paris, Charles de Sercy, 1663 , in-12, ou plutôt pet. in-8, de 6 ff., prélim., y compris un feuillet blanc en tête, et 117 pp.1
Le privilège, en date du 16 juin 1663, est accordé à Charles de Sercy, marchand libraire. .
On trouve des exemplaires avec les noms des libraires : Guillaume de Luyne, Cl. Barbin, Th. Joly, Loyson,G. Quinet, Guignard, Claude et Loids Bilaine, etc., qui avaient eu part au privilège en date du 10 iuin 1663 , dans lequel l'auteur est nommé le sieur de Molière.
On lit au bas de ce privilège : « Achevé d'imprimer pour la première fois le 7 aoust 1663. »
Dans cette comédie, Molière écrit la plus-part, obcemte, soupe pour
souper, etc.