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HISTOIRE DE LA FEMME DE MOLIÈRE

1170. Requeste d'inscription de faux, en forme de Factum, présenté au Ghâtelet, le 16 juillet 1676, par le

sieur Guichard, intendant général des Bastimens de Son Altesse Royale Monsieur, contre Jean-Baptiste Lully, faux accusateur, Sébastien Aubry, Jacques du Creux, Pierre Huguenet, faux témoins et autres complices. Paris, 1676, in-4 de 117 et 118 pp.

Ce Factum, dont la violence dépasse tout ce qu'on peut imaginer en ce genre, est une réponse à une Requête que Lully avait fait courir « dès le 14 septembre 1675 », libelle diffamatoire dans lequel il accusait le sieur Guichard d'avoir voulu le faire empoisonner avec du tabac mêlé d'arsenic. Cette Requête de Lully n'a pas encore été retrouvée ; quant à celle de Guichard, elle renferme les détails les plus circonstanciés sur les faits relatifs à ce prétendu empoisonnement, qui n'eut pas lieu, mais qui aurait reçu un commencement d'exécution, si Sébastien Aubry, frère de Jean Aubry, sieur des Carrières, lequel avait épousé Marie Hervé Béjart, belle-sœur de Molière, eut consenti à y prêter les mains, à prix d'argent.

Il n'est pas question de Molière dans ce Factum, mais on y trouve les plus épouvantables calomnies contre la veuve de Molière, qui avait déposé en faveur de son beau-frère. Voy., dans la seconde partie de* cette Requête, page 109 et suiv., la déposition de la Molière, avec la réponse, ainsi que la déposition de Jean de Visé. Il est à remarquer que le Factum ne contient pas un seul mot injurieux pour la mémoire de Molière, quoique son ami Lully y soit cruellement maltraité.

1171. La Fameuse comédienne, ou Histoire de la Guérix,

AUPARAVANT FEMME ET VEUVE DE MOLIÈRE. Francfort,

Frans Rottenberg, 1688, pet. in-12 de 89 pp., y compris les prélim., et 8 ff. non chiffrés.

« On trouve, à la fin de cette édition, qu'on regarde comme la première, les portraits (en vers) des Comédiennes de l'Hôtel de Guénègaud. Le libraire, dans son Avertissement, dit que l'auteur lui est inconnu et que le manuscrit de cet ouvrage lui fut remis par un courrier, qui, passant à Francfort, achetait quelques livres dans sa boutique. On voit que cette édition, sans un seul alinéa, fut imprimée sur un manuscrit très-fautif : la Béjart est nommée la Bejare, la Guyot, la Guiot, etc. L'orthographe est souvent singulière. Ce pamphlet a été attribué à notre grand La Fontaine, et, en effet, le laisser-aller du style, la finesse de certains traits, la grâce du récit, ne sont pas trop indignes du Bonhomme. » (Note du Cat. Soleinne.)

1172. Les Intrigues de Molière et celles de sa femme. Sans nom de lieu ni d'imprimeur et sans date (1688?), pet. in-8 de 88 pp., y compris les prélim.

C'est le même ouvrage que le précédent, mais avec quelques retranchements, et surtout avec de tels changements de style, que l'on peut y voir une rédaction nouvelle. Le passage, relatif aux amours du duc de Bellegarde et du comédien Baron, a été entièrement supprimé, pp. 30-31.

1173. Histoire des intrigues amoreuses (sic) de Molière et celles de sa femme. Sur l'imprimé à Paris, 1688, pet.

On trouve, dans cette édition, qui paraît être une contrefaçon faite en France, le passage relatif au duc de Bellegarde et à Baron, pp. 41 et suiv. On ne connaît pas d'édition, imprimée à Paris, sur laquelle celle-ci aurait été faite.

1174. Les Intrigues amoureuses de M*** et Mad*** son espouse. Bombes, 1690, in-12 de 120 pp.

Même ouvrage que le précédent, avec des changements dans le style et quelques suppressions.

Réimprimé, sous la même rubrique et sous la même date, pet. in-8. Il y a encore une édition anonyme, datée de 1690, in-12.

1175. Histoire des intrigues amoureuses de Molière et de celles de sa femme. Francfort, Frédéric Arnaud, 1697, in-12 de 96 pp., non compris le titre.

On y trouve aussi le passage relatif au duc de Bellegarde et à Baron.

Le succès de ce pamphlet galant, réimprimé au moins sept fois en moins de dix ans, donna certainement à Mme de Villedieu, précédemment Mne Des Jardins, l'idée de composer son roman intitulé : Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière (Lyon, 1693, in-12), dans lequel l'auteur a introduit beaucoup d'aventures qui lui sont personnelles. On peut supposer, cependant, que bien des détails pouvaient aussi se rapporter à la veuve de Molière. C'est à ce double point de vue qu'il faudrait étudier cet agréable roman de mœurs, très-estimé alors et souvent réimprimé.

1176. La Fameuse Comédienne, ou Histoire de la Guérin, auparavant femme et veuve de Molière, réimpression conforme à l'édition de Francfort, 1688, augmentée d'une Notice bibliographique par P. L. (Paul Lacroix). Genève, J. Gay, 1868, pet. in-12 de xn et 67 pp.

Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés. L'éditeur a rétabli, dans cette réimpression, les passages qu'il avait supprimés dans les Œuvres inédites de La Fontaine (Paris, Ha-

chette, 1863, in-8), comme pouvant prêter à une interprétation outrageante pour la mémoire de Molière. Il a découvert, aussi, que Lancelot ayant eu entre les mains les manuscrits de La Fontaine, sur lesquels il publia les Œuvres diverses de notre fabuliste en 1729, on devait supposer que ce savant n'avait pas attribué, sans raison et sans preuves, à La Fontaine, la Fameuse Comédienne.

L'Avertissement de l'éditeur n'est que la réimpression corrigée et augmentée de la Notice qu'il avait publiée dans le volume des Œuvres inédites de La Fontaine ; il persiste à y soutenir, par de nouveaux arguments, que La Fontaine est l'auteur de cette satire fine et mordante, comme le croyaient Lancelot, Jamet et l'abbé Lebeuf.

1177. La Fameuse Comédienne, ou Histoire de la Guérin, auparavant femme et veuve de Molière , réimpression conforme à l'édition originale de Francfort, 1688, suivie des Variantes des autres éditions et accompagnée d'une Préface et de Notes, par Jules Bonnassies. Paris, Barraud, 1870, pet. in-8 de xxvm et 73 pp., avec 2 portr. grav. par Launey et Rebel.

Tiré à 500 exemplaires sur différents papiers de choix.

M. Jules Bonnassies, avec plus d'esprit et de talent que de succès, a cherché à démontrer que ce pamphlet, écrit de main de maître, était d'une comédienne de campagne, nommée Boudin, et non de La Fontaine. Il n'a pas remarqué que le Glaneur francois (Paris, Prault, 1736, t. II, p. 8), en parlant de VHistoire de la Molière, par feu madame Boudin, ne désigne pas très-positivement la Fameuse Comédienne, et que les auteurs du Glaneur francois, Dreux du Radier et Pesselier, n'ont pas d'autorité contre le témoignage antérieur de Lancelot, possesseur des papiers de La Fontaine. Le président Bouhier, dans sa correspondance inédite (Mss. de la Bibl. nationale) avec l'abbé d'Olivet, parait convaincu que le coupable était La Fontaine.

1178. Dissertation sur le mariage du célèbre Molière, par le comte de Fortia d'Urban.

Cette Dissertation est imprimée à la suite d'une Dissertation sur le passage du Rhône et des Alpes par Annibal, etc., par le comte de F*** d'U*** (Paris, Treuttel et 'Wurtz, 1821, in-8). L'auteur soutient que la femme de Molière, Armande Gresinde Béjart, était fille et non sœur de Madeleine Béjart, qui l'avait eue de sa liaison avec le comte de Modène. Le comte, depuis marquis de Fortia d'Urban, savait à quoi s'en tenir à ce sujet, puisqu'il appartenait lui-même à la famille de Modène et qu'il en possédait tous les papiers.

1179. Dissertation sur la femme de Molière (par le mar-

quis de Fortia d'Urban). Paris, imprim. de Lebègue, 1824,

in-8 de 16 pp.

On lit au verso du titre : « Cette Dissertation était déjà entre les mains de l'imprimeur, lorsque j'ai appris que la note insérée dans la nouvelle édition de Molière n'était point de M. Taschereau, mais de M. Beffara lui-même, qui tient à son opinion, ce qui est très-naturel. Cette opinion paraît avoir été adoptée par M. de La Porte dans son article Modène, de la Biographie universelle, mais non par M. Auger, qui a composé l'article Molière, dans le même ouvrage. »

1180. Lettre a M. le marquis de Fortia d'Urban, en réponse a ses Dissertations sur Molière et sa femme, par Jules Taschereau. Paris, Fournier, 1824, in-8 de 16 pp.

1181. Supplément aux diverses éditions des OEuvres de Molière, ou Lettres sur la femme de Molière (par le marquis de Fortia d'Urban) , et Poésies du comte de Modène, son beau-père. Paris, A. Dupont et Itoret, 1825, in-8 de 172 pp.

1182. Lettre a M. le directeur des Annales de la littérature et des arts (1828), signée : Un de vos abonnés, in-8 de 4 pp.

Cette Lettre, extraite de la 416e livraison (t. XXXII) des Annales, est relative à la femme de Molière, et répond à un article d'Hipp. de La Porte, inséré dans la 411e livraison du même recueil, sur Y Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, par J. Taschereau. Le marquis de Fortia d'Urban est l'auteur de ladite Lettre.

1183. Amoureux et grands hommes, par Emmanuel de Lerne. Ouvrage inédit. Paris, Eugène Didier, 1854,in-16.

On y trouve, pp. 5 à 98, Molière et Armande Béjart.

1184. Mademoiselle de Brie (et Madame Molière), par

Paul de Musset.

Voy. cette Notice dans le Magasin littéraire, ne 24, publié en juin 1843.

1185. Madame Molière, 1675, par Hippolyte Langlois.

Cette notice se trouve dans la Chronique artistique et littéraire, n° du 17 mai 1857.

1186. Mmc Molière, par Arsène Houssaye.

C'est un des chapitres de son charmant ouvrage : les Comédiennes du temps passé (Paris, Michel Lévy, 1856, in-12).

1187. Les Supercheries d'une courtisane, morceau tiré des Mémoires manuscrits de la demoiselle Molière, femme du Comique de ce nom.

Ce récit satirique, qui n'est pas extrait de la Fameuse Comédienne, se trouve à la fin du tome VIII de la Nouvelle Bibliothèque de campagne, ou Choix d'épisodes intéressants et curieux, tirés des meilleurs romans tant anciens que modernes (Amsterdam, 1776, 10 vol. in-12).

1188. Courtisane punie pour avoir vendu ses faveurs

SOUS LE NOM DE LA FEMME DE MOLIÈRE, en 1675, par

Desessarts, avocat.

Cette analyse du procès criminel de la femme Hervé de la Tourelle, qui s'était prostituée, sous le nom de la Molière, à un président du parlement de Grenoble, est imprimée dans le t. III des Procès fameux, de Desessarts (Paris, l'Auteur, 1786), in-12, p. 70.

1189. Aventures de Mlle de Molière avec un président de Grenoble.

Voy. le récit de cette aventure dans l'ouvrage anonyme de Chaussard, les Antènors modernes, ou Voyages de Christine et de Casimir en France pendant le règne de Louis XIV (Paris, Buisson, 1806, 3 vol. in-8, fig.), t. III, p. 214 et suiv.

1190. La Veuve de Molière, par le bibliophile Jacob.

C'est l'aventure du président Lescot avec la femme La Tourelle, qui s'était livrée à lui comme étant la veuve de Molière. Ce récit anecdotique, publié dans le feuilleton du journal le Pays, pour faire suite à la galerie des Mystificateurs et des Mystifiés, était extrait du second volume des Mémoires curieux pour servir à l'histoire de la Prostitution, supprimés et mis au pilon par décision du parquet de Paris, en 1854. Il a été réimprimé dans la 2e série des Curiosités de Fhistoire de France, Procès célèbres, par le bibliophile Jacob (Paris, Delahays, 1858, in-12).

1191. Les Infortunes conjugales de Molière, par Henri de Kock.

C'est un des chapitres de son Histoire des Cocus célèbres (Paris, Bunel, 1869, in-4 à 2 col., pp. 153-174).

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