CONTRE MOLIÈRE OU EN SON HONNEUR
1192. Stances a Molière, sur sa comédie de l'École des Femmes, que plusieurs gens frondoient (par Boileau).
Cette petite pièce, datée du 1er janvier 1663, a été imprimée pour la première fois dans les Délices de la Poésie galante, première partie (Paris, Jean Ribou, 1666, in-12). Elle y était donnée, sans aucun nom d'auteur, avec ce titre : Sur l'Ecole des Femmes. Stances. On la trouve dans plusieurs anciennes éditions de Molière, mais avec quelques variantes. Une des strophes avait été supprimée par l'auteur lui-même, lorsqu'il la recueillit dans ses Œuvres. Cette strophe n'a reparu que dans les dernières éditions de Boileau.
1193. Le Songe du Resveur. Paris, Guillaume de Luyne, in-12 de 36 pp.
Ce poëme mythologique et satirique nous apprend que la Pompe funèbre de M. Scarron (Paris, Jean Ribou, 1660, pet. in-12), où Molière avait été un peu moins maltraité que les poètes ses contemporains, était de Baudeau de Somaize, qui est mis au pilori dans le Songe du Resveur. On trouve, dans ce poëme, une épigramme, attribuée à Molière, contre l'auteur de la Pompe funèbre. La bibliothèque de l'Arsenal possède un exemplaire que l'on croyait unique, avant que M. Ambroise Firmin-Didot en eût découvert un second, qui est venu depuis peu enrichir sa précieuse collection moliéresque.
1194. Le Songe du Resveur, réimprimé pour la première fois d'après l'exemplaire unique subsistant aujourd'hui et conservé dans la bibliothèque de l'Arsenal, avec une préface du bibliophile Jacob. Genève, J. Gay, 1867, pet. in-12 de x et 27 pp.
Collection moliéresque, tirée à cent exemplaires numérotés.
1195. Réponse (en vers) a la Gloire du Val de Grâce de M. de Molière.
Cette Réponse, accompagnée d'une lettre d'envoi, en vers, à M. de Molière, est imprimée dans un recueil intitulé : Anonimiana, ou Mélanges de poésie, d'éloquence et d'érudition (Paris, Nicolas Pépie, 1700, in-12, p. 241-83). Cette pièce devers a été réimprimée,
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d'après une ancienne copie, avec beaucoup de variantes, dans la Revue universelle des arts, où on l'attribue à B£Ue Elisabeth-Sophie Chéron, poète et peintre.
1196. L'Enfer burlesque, tiré des Visions de dom F. de Quevedo, par M. C. I. (Jaulnay, doyen et chantre de Saint-Rieule à Senlis). Sans nom de lieu ni de libraire, 1668, pet. in-12 de 81 pp., non compris le titre.
On y trouve un long passage satirique contre Molière.
1197. Les Horreurs sans horreur, poëme comique, tiré des Visions de dom F. Quevedo, avec plusieurs Satires et pièces galantes, par Jaulnay. Paris, J.-B. Loyson, 1671, in-12 de 3 ff. prélim., 66 et 46 pp.
Même ouvrage que le précédent.
Dans les Satires imprimées à la suite de Y Enfer burlesque, on croit reconnaître quelques traits perfides décochés contre Molière.
1198. L'EnfeR burlesque, le Mariage de Belphégor, Épitaphes de Molière. Cologne, chez Jean le Blanc, 1677, pet. in-12 de 112 pp., non compris 3 ff. prélim., avec un frontispice gravé, représentant Molière aux enfers.
Cette troisième édition de Y Enfer burlesque contient, de plus que les précédentes, quatre vers injurieux sur la mort de Molière.
1199. L'Enfer burlesque, le Mariage de Belphégor et les Epitaphes de Molière, réimprimés sur l'édition de Cologne, 1677, et augmentés d'une Notice bibliographique par Paul Lacroix. Genève,,/. Gay, 1 868, pet. in-12 de xx et 99 pp.
Collection moliéresque, tirée à 100 exemplaires numérotés.
1200. Descente de l'ame de Molière dans les Champs-
Élizées (en vers et en prose, par Dorimond, comédien).
Lyon, Antoine Jullieron, 1674, in-8 de 22 pp.
« Cette pièce a été composée par un esprit-fort, assez mauvais juge en matière de comédie, mais très-porté à défendre Molière contre les bigots. Il appelle le Dépit amoureux, l'École des femmes, etc., des « petites farces de fort peu de conséquence », et il déclare Molière digne d'être impatronisé aux Champs-Elysées,
Puisque , pour avoir ce bonheur , Sans s'estre repenty des deffauts de sa vie , Qui de cent crimes fut suivie , Il estoit mort sans confesseur.
« L'auteur de cette allégorie, souvent hostile ou malveillante, prétend que Prosper, bouffon de Braguette, vendit, après la mort de l'opérateur italien, tous ses manuscrits de farces, à Molière, qui en tira VÈtourdi, le Dépit amoureux, le Mariage forcé, etc. Dorimond reproche ensuite à Molière d'avoir fait dire à son Don Juan k des choses horribles et de trop mauvais exemple ». Ailleurs, on voit que le comédien Laroque et les demoiselles de Morville et de Longchamps, comédiennes, avaient fait des pièces de théâtre représentées avec succès. Ces pièces ne sont mentionnées nulle part. » (Note du Catal. Soleinne.)
1201. L'Ombre de Molière et son Épitaphe (en vers, par Dassoucy). Paris, J.-B. Loyson, 1673, in-4 de 2 ff. non chiffr. et 7 pp.
Cette pièce, qui parut immédiatement après la mort de Molière, fut arrêtée par la Police, et l'auteur se vit encore emprisonné, mais l'affaire n'eut pas de suite, et Dassoucy fit réimprimer son opuscule, sous ce nouveau titre : Sur la mort imaginaire et véritable de Molière (Paris, Olivier Desvarennes, 1673, in-4 de 8 pp.), en le signant Polimène. Il y a eu plusieurs contrefaçons de cette pièce.
« Dassoucy dit, dans sa dédicace au duc de Saint-Aignan , qu'il fut toujours l'ami de Molière, quoique ce grand homme « eût plus de talent pour se faire des envieux que pour s'acquérir des amis ». Molière, sur la fin de ses jours, avait cessé d'être l'ami de Dassoucy, qui lui rend hommage pourtant, « au milieu de tant de jaloux qui font vanité de remuer ses cendres et déchirer sa mémoire ». Un passage de cette pièce de vers peut faire croire que Molière, dans son Tartuffe, eut l'intention de mettre en scène un prêtre, nommé Martin, que tout le monde avait reconnu :
Pardonnez-moy, maistre Martin, Si j'ay fait une esgratignure A vostre pourpoint de satin , Priez pour moy soir et matin. »
(Note du Catal. Soleinne.)
1202. Sur la Mort imaginaire et véritable de Molière,
vers libres (par Dassoucy). Metz, Jean Antoine, 1673,
in-4 de 4 pp.
Contrefaçon de la seconde édition de Paris, publiée sous le même titre, après la suppression de l Ombre de Molière.
1203. Recueil des Épitaphes les plus curieuses, faites sur la mort surprenante du fameux comédien le sieur de Molière. Sans nom de lieu ni de libraire, 1689, in-12.
Réimprimé à Lyon, la même année, in-12.
Ces épitaphes, qui circulèrent manuscrites aussitôt après la mort de Molière, parurent d'abord, en partie du moins, dans le Mercure galant de 1674 ; elles furent réunies, dès la fin du xviic siècle, dans les éditions des Œuvres de Molière publiées à Lyon et à Toulouse. On les trouve aussi, plus au complet, à la suite de quelques éditions du Voyage de Chapelle et Bachaumont, notamment dans celle à'Utrecht, Fr. Galma, 1697, in-12, contenant « un mélange de pièces fugitives tirées du cabinet de M. de Saint-Evremont ».
1201. Sonnet sur la Sépulture de Jean Baptiste Poclin (sic) dit Molieres (sic), Comédien, au Cimetière des Mornes (sic), à Paris, par Les-Isles-le-Bas.
Ce sonnet, qui nous fait connaître pourquoi Molière fut inhumé au cimetière de Saint-Joseph , où l'on enterrait les enfants morts sans avoir été baptisés, les suicidés et les personnes suspectes d'hérésie, qui n'avaient pas reçu les derniers sacrements, se trouve à la p. 27 d'un petit livre rare de ce Les-Isles-le-Bas, lequel se mêlait aussi de faire des pièces de théâtre, qui furent représentées et publiées en Normandie (Voy. le Catal. Soleinne, t. I, nos 1377 et 1378) : l'Apollon francois, ou l'Abrégé des règles de la poésie françoise. Par L. I. L. B. G. N. (Les-Isles-le-Bas, gentilhomme normand). (Rouen, Julien Courant, 1674, in-12). Ledit sonnet a été signalé et réimprimé pour la première fois, en 1863, dans la oc édition de Y Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, par M. J. Taschereau.