OEuvres de Monsieur de Molière. Lyon, 1681, 6 vol
in-12.
Deux volumes de cette contrefaçon, le 2e et le 3e, ont figuré dans un Catalogue de M. Bachelin-Deflorenne, en 1866.
276. OEuvres de Monsieur de Molière. Genève, 1681, 6 vol. in-12, fig.
277. Les OEuvres de Monsieur de Molière, revues, corrigées et augmentées (par Vinot et La Grange) \ enrichies de figures en taille-douce (grav. par Sauvé, d'après P. Brissart). Paris, Denys Thierry, Claude Barbin et Pierre Trabouillet, 1682, 8 vol. in-12.
On sait que les éditeurs de 1682 publièrent pour la première fois, dans les Œuvres de Molière, six comédies qui étaient restées inédites, parce qu'elles ne se jouaient plus : Don Garcie de Navarre, Don Juan, Mélicerte, l'Impromptu de Versailles, les Amants magnifiques, la Comtesse d'Escar bar/nos. Ils prétendirent aussi donner le véritable texte du Malade imaginaire, et ils ajoutèrent aux Œuvres dramatiques le Poème du Val de Grâce, qu'on n'avait encore imprimé que séparément. Mais ils se servirent, pour faire leur édition, de manuscrits originaux, que Molière avait modifiés plus ou moins, en faisant représenter et imprimer ses pièces ; de là, les différences qu'on remarque entre cette édition et celles publiées du vivant de l'auteur. Les comédies qui ont le plus souffert de cette maladroite révision, sont : Tartuffe, les Fourberies de Scapin, l'Avare et le Malade imaginaire. Les éditeurs ne se contentèrent pas de marquer les jeux de scène; ils se permirent, de leur autorité privée, nombre d'altérations qui, si légères qu'elles soient en général, deviennent graves, quand elles s'attaquent à la langue de Molière. Enfin, ces altérations volontaires se compliquèrent d'autres plus fâcheuses, par suite des cartons que la Police exigea, surtout dans les deux tomes VII et VIII, qui portent le titre à'CEuvres posthumes, et dont le privilège est accordé au libraire Denys Thierry comme ayant traité avec la veuve de feu J.-B. Poclin (sic) de Molière.
Quant au privilège des 6 premiers volumes, daté du 15 février 1680, il déclare que le même libraire n'a publié, depuis la mort de l'auteur, qu'une seule et unique édition des œuvres de Molière. « Achevé d'imprimer en 1675. »
Un heureux hasard a fait découvrir un exemplaire non cartonné de l'édition de 1682, et cet exemplaire a permis de rétablir le véritable texte de l'auteur dans plusieurs passages que la Censure avait altérés. Voici en quels termes M. de Soleinne, qui possédait ledit exemplaire, en a signalé la provenance : « Ce précieux exemplaire est celui de M. de La Reynie, lieutenant général de police à l'époque où fut publiée cette édition. C'est sans doute à ce titre que cet exemplaire ne reçut aucun des nombreux cartons, qui furent exigés pour l'édition, et si mystérieusement exécutés par l'éditeur. Le tome VII, que la Bibliothèque du Roi acheta à la vente de M. Regnault Bretel, est en partie cartonné. Celui-ci ne l'est pas du tout. Lorsque je l'ai acheté, il revenait de Constantinople, où il avait été porté par M. Simonnin, son précédent possesseur, et, pour le faire rentrer en France, on l'avait passé au vinaigre. »
L'exemplaire non cartonné de La Reynie, acquis à la vente Bertin par M. le comte de Montalivet, appartient aujourd'hui à son gendre, M. de Villeneuve, et un autre exemplaire, également non cartonné, a été acquis, en 1867, par M. B. Delessert, à la vente Chaude, au prix de 2,560 francs, et relié depuis par Trautz-Bauzonnet.
278. OEuvres de Jean - Baptiste Pocquelin de Molière. Paris, Denys Thierry, 1682, 8 vol. in-12.
Cette réimpression textuelle et presque identique de l'édition précédente a été faite sous la même date que celle,-ci, après l'incendie arrivé au Collège de Montaigu, dans lequel se trouvaient les magasins de dépôt des libraires, où fut détruit tout ce qui restait des exemplaires de l'édition de 1682. On reconnaît, à première vue, les exemplaires de la réimpression, à des différences dans le papier et le tirage : le tirage en est moins soigné, plus inégal, plus pâteux ; le papier moins fin et plus bis. Quant aux gravures, qui ont du être retouchées, elles sont plus dures et plus confuses.