er avril 1815. Mandement.... Les circonstances critiques
où se trouve L'Europe menacée d'une guerre universelle.... In-8°, de 4 pp. — S. A.
Le 26 février 1815, Napoléon sort tout à coup de l'île d'Elbe, où les Alliés l'avaient relégué, à la suite de son abdication du 13 avril 1814; il débarque au golfe Juan le 1er mars, entre à Grenoble le 7, à Lyon le 10, à Paris le 20, suivi d'anciens soldats qui, dans sa course à travers la France, vinrent spontanément se joindre à lui, ou qui, envoyés pour l'arrêter, se déclarèrent pour lui.
Apprenant cette nouvelle, les Puissances de l'Europe encore assemblées au Congrès de Vienne, déclarèrent par un manifeste célèbre du 13 mars 1815, que Napoléon Bonaparte était mis au ban des nations, et que l'on ne traiterait point avec lui.
Il y avait lieu, certes, de craindre une guerre universelle et, par conséquent, de prescrire des prières publiques, comme l'ordonna l'évêque de Namur.
4. 30 juin 1815. Mandement pour ordonner un Te Deum, en action de grâces de la victoire remportée par les Alliés sur les troupes de Bonaparte, le 18 juin 1815. In-8°, de 7 pp. — Paroisse de Wellin.
Il s'agit de la célèbre bataille de Waterloo.
« Waterloo, dit Bouillet, Dict. d'Histoire et de Géographie, village de Belgique, sur la lisière méridionale de la forêt de Soignies (lisez de Soignes), à 18 kil. S. de Bruxelles, 900 hab. Il s'y livra, le 18 juin 1815, entre Napoléon et les Alliés, commandés par Wellington et Blucher, une grande bataille qui décida de la chute définitive du régime impérial et qui fut suivie d'une seconde invasion de la France. Le théâtre de l'action se trouvait compris entre les trois villages : de Waterloo, au N.-0., de Mont-Saint-Jean, au N. et de la Belle-Alliance, au S. Les étrangers nomment aussi cette bataille : bataille de Mont- Saint- Jean . »
Parlant de la défaite de Napoléon, l'évêque de Namur, s'exprime ainsi :
« L'ennemi présomptueux comptant sur ses propres forces seules, a » enfin succombé, et lorsqu'il se flattoit, l'ayant même annoncé, d'entrer » en vainqueur le jour même dans Bruxelles, l'objet de son ambition, » plusieurs chefs de son armée y sont entrés captifs, et lui-même, et le » restant de ses troupes, saisis tout à coup de terreur, laissant sur le » champ de bataille les parcs d'artillerie, les bagages, les voitures, tout
» le matériel de l'armée, se sont enfuis à la débandade et dans le plus » grand désordre. »
« Ainsi la fausse sagesse du Général François, la hardiesse de ses plans, » ont subi la peine d'une orgueilleuse témérité. Falloit-il donc que la » fatale illustration d'un seul causât plus longtemps le bouleversement » de l'univers? »
5. 15 août 1815. Lettre pastorale sur les principes de la foi catholique, relatifs à la liberté des opinions religieuses et des divers cultes religieux; suivie (pp. 14-16) d'un long extrait du Recueil des ouvrages de Papin, en faveur de la religion, édition de Pans, 1723. In-4°, de 16 pp. — S. A. — Sém. de Namur.
La lettre suivante inédite nous fait connaître les difficultés auxquelles la publication de cet écrit donna naissance.
« Namur, le 12 août 4815.
» Nous eûmes hier un avant-coureur ou échantillon de la prétendue » liberté accordée à la religion catholique.
» Monseigneur notre Évêque, pour satisfaire à son devoir d'enseigner » et d'instruire ses ouailles et de les préserver de l'erreur, avoit donné » une Pastorale, signée de lui, pour les instruire des vices du nouveau » Projet de la Constitution par rapport à ce qu'il contient de contraire » aux principes de la religion catholique, et cette Pastorale, signée de » l'Évêque, étoit sous presse, lorsqu'on apprit que les agens de police, » ayant à leur tète le Directeur général de la police pour ce départe- » ment, un officier de gendarmerie, etc., ctoient occupés à faire la visite » chez l'imprimeur de l'Évèquc et à se saisir de tous les papiers relatifs » à cette Pastorale. L'imprimeur eut beau réclamer, ainsi que » deux ecclésiastiques, au nom de Monseigneur l'Évêque, contre cette » mesure, on leur ferma la bouche, en leur exhibant des ordres positifs » de son Ex. le Cte de Thiennes, Ministre de la justice, qui ' ordonnoit » cette visite et cette saisie de la Pastorale de l'Évêque.
» Une nous reste qu'à pleurer, gémir et prier pour que le Ciel veuille » apporter remède à la triste situation de la religion catholique et de » tous les Catholiques, dans la Belgique.
« L'imprimeur et les deux ecclésiastiques ont fait insérer leur
» réclamation et protestation bien motivées dans le procès-verbal des » agents de police envoyé au Ministre de la justice.
« J'ai l'honneur d'être, etc. » — S. A.
Ces mesures de rigueur n'empêchèrent pas Monseigneur Pisani d'écrire, avec une sainte liberté épiscopale, une nouvelle lettre pastorale, qui parut quatre jours après. Parlant de sa première lettre, l'illustre prélat s'exprime comme suit :
« Nous l'avions livrée à l'impression, lorsque celle-ci même a été tout » à coup suspendue, arrêtée le 11 août par une voie de fait très illégale » d'un Commissaire de la police; par une voie de fait contraire à » l'article II de la Loi du 23 septembre 1814 sur la liberté de la presse, » « lequel soumet simplement l'auteur d'un imprimé à en être respon- » sable; » contraire à la résolution du ci-devant Gouvernement des » Pays-Bas, du 7 mars 1814, autorisée par les Commissaires généraux » des Hautes-Puissances Alliées, lequel maintient inviolablement la » puissance spirituelle et la puissance civile dans leurs bornes » respectives, ainsi qu'elles sont fixées par les lois canoniques de » L'Église et les anciennes lois constitutionnelles du pays, assurant » au Clergé la protection spéciale du Gouvernement; voie de fait » également contraire à la promesse faite par notre bon Souverain, » qui dans sa Proclamation du 18 juillet 1815, assure aussi en parti- » culier a l'Église Catholique son état et ses libertés, et confirme » en quelque sorte la résolution du Gouvernement précédent, du » 7 mars 1814; contraire même à l'énoncé de l'article 190 du Projet » de la nouvelle Constitution, puisqu'il garantit la liberté des opi- » nions religieuses et que notre sentiment, d'accord avec celui de » l'Église, étant que pareille liberté est dangereuse, devoit être égale- » ment garanti, au moins comme opinion religieuse, par cet article, » qu'approuvent ceux qui se sont permis contre nous les voies de fait, » dont nous avons tant de motifs de nous plaindre. Aussi, le même jour » 11 août 1815, nous en avons instruit Sa Majesté notre l-on Roi, par une » lettre qui lui sera remise en mains propres par un Député parti le soir » même; voie de fait contraire enfin à la mission divine de Jésus-Christ, » donnée à ses Apôtres et aux Évêques leurs successeurs : Euntes » docete omnes gentes..., docentes eos servare omnia quœcumque » mandavi vobis (Math. XXVIII, 19). »
6. 15 décembre 1815. Mandement pour ordonner un Te Deum, en action de grâces de la paix générale conclue à Paris entre les Puissances Alliées et Sa Majesté le Roi de France, le 20 novembre 1815 ; suivi d'une lettre de Goubau, directeur général des affaires du culte catholique, datée de La Haye, 41 décembre 4815, demandant à l'évêque de Namur, de prescrire des prières publiques à cette occasion. In-8°, de 7 pp. — Sém. de Namur.
1492. — Rapport sur l'état de la France, fait au Roi dans son conseil, par le Vicomte de Chateaubriand, Ministre plénipotentiaire de Sa Majesté très-chrétienne près la cour de Suède. — Namur, Imprimerie d'Aug. Flahuteaux et sœur, Rue de la Croix, n° 684. S. d. (1815).
In-8°, de 34 pp. Ce rapport, quoique ne portant point de date, fut rédigé dans le courant du mois d'avril 4845, c'est-à-dire quelque temps après la sortie de Napoléon de l'île d'Elbe et sa rentrée en France. — S. A.
1493. — Représentations respectueuses des Évêques de Gand, de Namur et de Tournai, ainsi que des Vicaires généraux de Malines et de Liège, relativement au projet de la nouvelle Constitution, à Sa Majesté le Roi des Pays-Bas. 28 juillet 1815. - S. L
In-8°, de 8 pp. Le 22 avril 4815, le roi Guillaume nomma une commission chargée d'élaborer un projet de constitution. Dans l'entre-temps se placent les cent jours du nouveau règne de Napoléon terminés par la défaite de Waterloo, et au mois d'août suivant la loi fondamentale était présentée à l'approbation des notables belges.
Cette constitution instituait une monarchie représentative; mais le roi devait décider seul de toutes les questions administratives et de toutes les propositions de loi à soumettre aux délibérations. Elle proclamait les libertés modernes et donnait au roi la direction absolue de l'enseignement.
Les évèques réclamèrent contre la loi fondamentale, parce qu'elle ne donnait pas à la religion des garanties suffisantes. Cette loi fut rejetée, dans l'assemblée des notables belges, par sept cent quatre-vingt-seize voix contre cinq cent vingt-sept, après avoir été approuvée à l'unanimité par les États de Hollande. Le roi déclara néanmoins la loi fondamentale obligatoire, et garda du ressentiment contre les catholiques qui avaient été cause de son rejet. Les évèques publièrent un jugement doctrinal sur la constitution nouvelle, et défendirent d'y adhérer par un serment pur et simple. Bai.au, Soixante-dix ans d'Histoire de Belgique, pp. 1 et 2. - S. A.
1494. — Rapport au Roi par la Commission chargée de revoir la Loi fondamentale des Pays-Bas. — Namur, Imprimerie de Dieudonné Gérard.
In-8°, de 14 pp. Extrait de la Gazette générale des Pays-Bas. Lundi 31 juillet 1815. Pièces officielles.
1495. — Jugement doctrinal Des Évèques du Royaume des Pays-Bas, sur les serments prescrits par la nouvelle Constitution. Août 1815. — S. /.
ln-8°, de 16 pp., signé le Prince Maurice de Broglie, évèque de Gand, Charles-François-Joseph Pisani de la Gaude, évèque de Namur, François- Joseph Hirn, évèque de Tournay, avec l'adhésion de J. Forgeur, vicaire général de l'archevêché de Malines, et de J.-A. Barett, vicaire général capitulaire de Liège. — S. A. — Sém. de Namur.
Le même en français et en flamand. S. 1. n. d. In-8°, de 27 pp. — S. A.
La loi fondamentale disait : La liberté des opinions religieuses est garantie à tous. — Protection égale est accordée à toutes les communions religieuses qui existent dans le Royaume. — Tous les sujets du Roi, sans distinction de croyance religieuse, jouissent des mêmes droits civils et politiques, et sont habiles à toutes les dignités et emplois quelconques. — La presse étant le moyen le plus propre à répandre les lumières, chacun peut s'en servir pour communiquer ses pensées, sans
avoir besoin d'une permission préalable. Néanmoins, tout auteur, imprimeur, éditeur ou distributeur est responsable des écrits qui blesseraient les droits, soit de la société, soit de l'individu.
Cette constitution, prise en un certain sens, est certainement contraire aux dogmes catholiques. Fallait-il entendre la liberté qu'elle consacre dans le sens civil, dans le sens de la tolérance civile, ou bien dans le sens dogmatique, dans le sens de la Déclaration des droits de L'homme, dans le sens du rationalisme? C'est ce que la loi fondamentale ne dit pas, et ce n'est qu'en 1821, c'est-à-dire après la mort du courageux évêque de Gand, prince de Broglie, que Goubau, directeur des affaires du culte catholique, déclara que le serment à prêter à cette constitution devait s'entendre dans le sens civil.
C'est dans ce sens que le comprirent treize députés aux États-provinciaux de Namur, lors de leur installation, le 10 juin 1816, comme le prouve leur déclaration suivante :
« Les soussignés croient devoir informer le public qu'avant de prêter leur serment comme membres des États-provinciaux, M. le gouverneur (d'Omalius) leur ayant dit en pleine assemblée « qu'il était autorisé à » leur assurer que ce serment était pour l'ordre civil; que d'ailleurs il » n'obligeait à rien de contraire à la religion catholique, apostolique et » romaine, et qu'on pouvait s'en référer d'avance à la décision du pape, » comme chef suprême de l'Église, » ils l'ont prêté dans le sens de l'énoncé de M. le gouverneur. »
(Signés) Hofschmidt de Resteigne, F., baron de Woelmont, le baron de Ponty, H. Biot, L. de Baré de comogne, Louis baron DE HâULTEPEN'NE, le baron Jacquier de Rosée, H. de Severin, C. de Modave, le baron de wal, demanet de blesmes, l. de zualart, et de montpellier de Wedrin.
Lorsque l'année suivante, M. de Méan, ancien prince-évèque de Liège, fut appelé par Guillaume à l'archevêché de Malines, le pape Pie VII refusa de lui expédier ses bulles, s'il ne modifiait le serment pur et simple qu'il avait d'abord prêté à la constitution, en sa qualité de sénateur. M. de Méan se hâta d'annoncer « qu'en jurant de protéger toutes les » communions religieuses de l'État, c'est-à-dire les membres qui les » composent, collectivement ou individuellement pris, il n'avait voulu » leur accorder cette protection que sous le rapport civil, sans vouloir
» par là approuver, directement ou indirectement, les maximes qu'elles » professent et que la religion catholique proscrit. »
Le pape se contenta de cette explication et préconisa M. de Méan, le 28 juillet 1817. Dès lors, les catholiques les plus scrupuleux prêtèrent le serment dans le sens de Monseigneur de Méan. — Cette question du serment a été mise en parfaite lumière par le card. Dechamps dans les deux opuscules suivants : Les catholiques-Libéraux. Deuxième Lettre à un publiciste, pp. 18-30 et 50-62. Du serment de fidélité à plusieurs constitutions modernes. Troisième Lettre à un publiciste, passim.
1496. — Aux habitans de Namur, Par un blessé Français, après la retraite de 1815. — S. /. n. d. (1815.)
In-4°, de 2 if. Cette pièce de vers est un hymne de reconnaissance adressé aux habitants de Namur, particulièrement aux jeunes personnes de cette ville, pour les remercier des soins que, sans distinction de nationalité, ils prodiguèrent aux blessés de Waterloo. Il est un homme qui, en cette circonstance, se signala entre tous par son rare dévouement : « Je venais de subir l'amputation du bras droit, faite par Mr Darrigade, dit le soldat-poète; les talens et les soins de cet estimable docteur, qui secourut successivement et avec le même zèle tous les blessés restés en cette ville, sont de nature à éterniser son nom. » — S. A.
« Après la bataille de Waterloo, dit un autre témoin, nous avons vu de » jeunes femmes, de jeunes demoiselles, bien jolies, se rendre dans les » hôpitaux et dans les maisons où il y avait des blessés, les soigner, » leur porter de la charpie, du linge, du vin, du bouillon.... Tous les » médecins, les chirurgiens se sont offerts à l'envi; amis, ennemis, » libérateurs, oppresseurs, tous ont eu part aux soins les plus empressés, » et d'autant plus désintéressés, qu'on ne pouvait en prévoir d'autre » récompense que celle qu'on ressent d'avoir fait une bonne action.... » Les feuilles publiques ont retenti des remercîments des officiers » généraux. Cette reconnaissance a été bien partagée par tous les mili- » taires prussiens. A dater de cette époque surtout, les attentions de leur » part ont redoublé. Ils ont été plus doux, plus discrets, moins » exigeans.... Il est vrai que tout cela n'a pas été mis dans les feuilles
» publiques, mais que de témoins pour l'attester! » D'Auvin, Mélanges de Littérature et de Politique. (Décembre 1815), n° 1er, p. 105.
1497. — Nomenclature Des objets intéressans, représentés au Salon des Arts du sieur Martin, avec une notice historique sur chaque personnage. — A Namur, de l'Imprimerie de D.nné Gérard. S. d.
In-8°, de 7 pp. Faisaient partie de cette collection : les portraits de Louis XVI, de Marie-Antoinette, du Dauphin, de Louis XVIII et du pape Pie VII, du général Moreau, de Bernardotte, de Blucher et de Wellington, de Napoléon Bonaparte, de François-Athanase Charette, de Marie Stuart, le jugement de Frédéric II et de Conrad Fonderval, et la représentation de la chaste Suzanne au moment où elle est surprise dans un bain par deux infâmes vieillards. — S. A.
1498. — Mélanges de Littérature et de Politique pour servir à l'histoire ou Pot-pourri, Par Mr. D'Auvin, belge. Nec Otfio, née Galba, nec Vitellius mihi, vel odio, vel beneftcio cognitus. Tacite. Je ne hais, je n'attends, et ne demande rien à personne. — A Bruxelles, chez tous les Marchands de Nouveautés. 1815.
In-8°. 16 volumes publiés de 1815 à 1836, imprimés successivement à Liège, chez J.-F. Desoer; à Bruxelles, chez De Prins; à Namur, chez J.-H.-J. Misson. En voici le détail :