‹ Bibliotheca americanaChapitre 2 sur 14 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

qu’il lui accorda. Richelieu n’était pas encore surintendant de sa marine , les projets de navigations lointaines sommeillaient à la cour pour bien des années. Le livre du P. Yves, accolé h celui du P. Claude, dont il était la suite, fut déposé sur les rayons de la bibliothèque et tout le monde l’y laissa dormir. Ce fut là au temps du digne Van-Praet, au début de l’année 1835, que Fauteur de cette notice eut le bonheur de le rencontrer. Il serait oiseux de raconter ici de quelle surprise fut frappé l’heureux découvreur à la lecture de ce récit aimable, si sincère dans ses moindres détails, si précieux par ses utiles renseignements. Pour faire comprendre sa valeur, il suffit de dire, que notre bon missionnaire était demeuré deux ans, où son vénérable compagnon n’ava’t vécu que quatre mois à peine. Yves d’Evreux figura dès lors dans une série d’articles, que publiait la Revue de Paris, sur les vieux voyageurs français , et certes il parut sans désavantage à côté de ce P. du Tertre, que Chateaubriand a nommé d’une façon si juste, le Bernardin de St. Pierre du dix-septième siècle.

Cet article, dont le moindre défaut sans doute était d’être trop peu développé forma en la même année une mince brochure publiée chez Techener et promptement épuisée. Yves d’Evreux ne fut plus dès lors complètement inconnu aux amateurs de vieux voyages, aux hommes de goût même, qui recherchent curieusement les écrivains oubliés, avant-coureurs du grand siècle. Préoccupé plus qu’on ne le croit en Europe de ses poétiques traditions et de ses gloires naissantes, le Brésil salua le nom du vieux voyageur et lui donna un rang parmi les hommes trop peu connus cpfon doit interroger sur ses origines. L’empereur D. Pedro, qu’on doit ranger parmi les bibliophiles les plus éclairés et dont on connait le goût pour les raretés bibliographiques, qui jettent quelque jour sur les antiquités de son vaste empire, en fit

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