‹ Bibliothéconomie (volume 2)Chapitre 13 sur 26 · Un bâtiment qui est , comme une autre maison · texte numérisé non relu

Un bâtiment qui est , comme une autre maison

coupé en grandes et petites pièces, ne fournit ni la place ni la commodité nécessaires à une grande bibliothèque , qui ne se prête pas à cette économie de place, si recherchée dans la construction d'une maison ordinaire.

La forme la plus convenable d'une salle de bibUothèque est celle d'une longue et large galerie , éclairée d'en haut ou des deux côtés , et coupée en travées par des corps de bibliothèque adossés les uns aux autres , formant ainsi des divisions, et communiquant ensemble par un passage ou par une porte au milieu (v. le plan ci-contre. )

Outre les salles destinées à renfermer la bibliothèque même , il faut réserver un salon de lecture , une pièce pour les bureaux de l'administration et un vestiaire.

9. L'avantage d'une pièce spécialement consacrée à la lecture est trop grand pour qu'on ne fasse pas tout ce qui est possible pour en établir une dans une bibliothèque pubhque ; les employés peuvent mieux y surveiller les lecteurs et la remise exacte des volumes qui leur sont confiés , les travailleurs sont moins distraits par le bruit des allants et venants ; enfin, dans l'hiver, il est plus facile de chauffer cette seule pièce que tout un vaste local.

De rAmeublement.

1. L'ameublement d'une bibliothèque, chose bien accessoire en apparence, n'est pas moins important que le local qu'il garnit , et contribue , selon sa composition , autant à la conservation des livres qu'à leur usage. Il n'est sans doute pas nécessaire que , dans une bibliothèque publique , chaque visiteur trouve un fauteuil et un bureau particulier pour s'y installer comme dans son cabinet ; mais en bannir toute espèce de commodité , c'est passer d'un extrême à l'autre. Il y a peu de person-

nés qui n'aient fait Fexpérience que tout travail de tête devient plus facile lorsque le coi-ps se trouve dans une position et dans un entourage confortables : être mal assis, à une table trop petite ou chancelante, trop basse ou trop haute, contre le jour, les pieds froids, etc., sont autant de causes de distractions désagréables j tandis que Fesprit s'anime et devient fécond si la partie physique de rhomme est satisfaite.

2. A commencer par les corps de bibliothèque, il ne faut pas que leur élévation ou leur disposition intérieure fasse jamais abandonner une recherche , de crainte de grimper sur des échelles trop grandes, ou de déplacer une première rangée de volumes pour découvrir dans celle du fond un livre dont souvent on n'a besoin que pour un nom ou une date. Pour fixer leur hauteur et leur largeur, il faut bien considérer le nombre des volumes dont est composée la bibliothèque et l'étendue du local où elle doit être placée. Si alors on n'est pas forcé de les élever très-haut, il faut toujours l'éviter; on peut les orner de bustes et de vases analogues aux études. La hauteur la plus convenable est de huit à dix pieds, et, si la salle est très-élevée, on y pratique, audessus de la première rangée d'armoires, une galerie ou pourtour en saillie avec un balcon léger , sur laquelle peut être placé un second étage d'armoires. Cette galerie, exécutée avec intelligence et goût, peut même servir d'ornement à une vaste salle.

La distance des tablettes dépend entièrement des formats et des dispositions prises dans l'arrangement de l'ensemble ; toutefois on a soin de placer la première du bas au moins à trois ou quatre pouces au-dessus du parquet et de la garnir d'une plintlie pour empêcher qu'on ne touche du pied les volumes et pour donner jeu à l'air. Les distances d'usage sont :

Pour les in-fol.

16 à 18 pouce?.

» in-é*^

» in-8o

» ia-12

et il restera toujours assez de place en tête des volumes pour les retirer sans les frotter.

Chaque tablette des corps de bibliothèque qui ne sont pas garnis de portes vitrées doit avoir un tablier (bande de drap de douze à dix-huit lignes de largeur, clouée sur le devant des rayons et tombant sur la rangée de livres au-dessous) pour préserver les volumes de la poussière. Les tablettes , sans toucher au fond de Farmoire , doivent être larges au moins de quinze pouces , afin que les volumes, même les in-folio, laissent la place nécessaire à la circulation de l'air, qui doit être encore favorisée par des ventouses dans les côtés des montants.

Pour garantir les livres des mains des curieux, des importants et même des gens pires que ceux-ci , il faut que les corps de bibliothèque soient fermés, jusqu'à la hauteur de huit pieds , par des portes à grillages. Cette dépense est promptement recouvrée par Tordre et la conservation des livres. Les portes vitrées ont l'inconvénient d'être facilement cassées, et, sans être établies à meilleur marché , de causer des frais continuels ; le grillage , au contraire, dure toujours et prévient les tentatives de vol, sans empêcher de lire les titres et étiquettes des livres.

3. Dans le choix du bois à employer à l'ameublement d'une bibliothèque, le chêne est, comme il a déjà été dit, préférable à tous les autres bois de nos climats, parce que sa dureté l'expose peu aux attaques des vers et qu'il est très-solide pour cette espèce de meubles ; il permet , en outre , une propreté plus facile à entretenir.

4. Toutes les tables doivent avoir un fond à six pouces du parquet, pour recevoir les atlas et les ouvrages d'un

format plus grand que Tin-folio ordinaire. Les autres meubles n'exigent pas non plus le luxe des habitations modernes ; il suffit qu'ils soient décents et assez commodes pour ne point éloigner les studieux et savants travailleurs, qui, le plus souvent , sont d'un âge avancé ou d'une constitution délicate.

5. Les plus incommodes et en même temps les plus indispensables des diverses pièces de l'ameublement des bibliothèques, ce sont les échelles : le besoin d'atteindre les livres sur les rayons les rend nécessaires ; il faut donc qu'elles soient solides , mais légères , pour faciliter leur déplacement continuel.

6. Dans une bibliothèque publique, il est urgent que les places des employés de service soient élevées d'un ou de deux gradins au-dessus du parquet, pour dominer en quelque sorte la salle : la surveillance et le service en seront plus faciles.

Les employés de recherche doivent être séparés du public par une barrière, ou par tout autre moyen convenable aux localités, de manière qu'ils ne soient pas gênés dans leur service, et qu'aucune personne étrangère ne puisse toucher aux catalogues , aux registres et aux papiers dont ils sont entourés.

La distribution, enfin, de l'ensemble des meubles est naturellement soumise aux localités, et principalement au jour qu'il faut ménager avec le plus grand soin.

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