LES AMOURS DE MELLKEIMEZEK
Vcul-on connailrc la belFe
ColombcUc Dont les grûces sans atours Ont allumé dans mon âme
Une flamme t Qui doit me brûler toujours ?
Une ceinture azurée.
Bien serrée, De sa taille fait le tour ; Sous la robe courte et blanclie,
De sa banche L'œil embrasse le contour.
Une coiiTure légère
De bergère Couvre ses cheveux mouvants Dont les mèches vagabondes
Et bien blondes Volent sur l'aile des vents.
A sa cuisse rondelette
Et longueUe Un pantalon de nankin Avec volupté s'attache
Et se cache Sous un rouge brodequin.
Une sandale de liégc
Sert de siège A son petit pied mignon, Dont la plante sur la plaine
Courbe à peine L'herbe une du gazon. •
Vuilà cc'que j'ai su fuiro Pour lui plaire,
Eln'ai pu la rallier;
Une fille de Bretagne Ne se gagne
Qu'en touchant son tablier.
Un carquois sur son épaule.
Elle vole Le long des sable9 déserts ; Son arc, qu'elle rient de tendre.
Fait descendre Les touques chantres des mers.
Si je pouvais dans sa poche Droite ou gauche,
Heureux fanchy glisser la main i
Ou dérober Tépinglette Gentillette
Qui rayonne surson^ sein !
Ledgto^ de Havane
^pavane Snr sa lève de corail ; Un tourbilloh de fumée
Parfumée De ses den^dore l'émail.
Mais j'ai la barbe un peu rude.
Et la prude Compte à peine quinze hivers.
Dussé-je prôler à rire,
Je dois dire Que les raisins sont trop verts.
A Sainte-Anne la Palue,
Je l'ai vue Tenant son arc et sél traits ; Mais elle est an peu craintive
Et s'esquive, Quand je veux la voir de près.
Laissons donc aujjashionables
Plus aimables Le doux soin de pourchasser Cettebelle au Un corsage
Dont l'image Vient cliaque nuit m'embrasser.
Souvent au bas de la plaine,
La fontaine I^ui sert de lieu de r^pos ; Souvent sur sa gorge nue.
L'ingénue Verse le cristal des eaux.
Oui, toutes les nuits, je rêve
A la grève Où j'ai vu cette beauté.
Bienheureux celui qui songe :
Car le songe Surpasse la vérité.
M'est avis que la mignonne
Est bretonne, Bl fille d'un Buguel noz :
Car elle fait la gavotte.
Rit et saule, Quand je chante ann /uni goz.
Vous qui pensez qu'une femme
Pour votre î\ me Est le grand bien ici -bas.
Redoutez, troupe crédule,
La formule Du grand sceptique Thomas.
Croire, voifâ le partage ' Vous doncqu'Isaure ou Corinne
Du yrai sage. Endoctrine,
Nous disent les vieux papas : Croyez, mdls ne touchez pas.
Tombean de sainte Pompée à Langoat.
La patronne de Langoat est sainte Pompée, connue dans Thlstoire sous le nom d'Alma Pompa ou tH>mpeia , de Copaja ou de Coupaia , c'est-à-dire bienCusante princesse. Elle naquit v^rs l'an 480. Quel<iues historiens l'ont regardée comme sœur 'de Hod 1er, roi d'Armorique : mais c'était phitôl son épouse. On crolt^oec*éstb même qu'Aspasie, fille du roi Eusèbc f), ce qui est fondé sur les rapporta du. temps des lieux , de la famille môme et du caractère de cette princesse, qui , dès sa jeunesse, donna des preuves éclatantes <]e piété et de bienfaisance. Ainsi, le nonm d'Aspasie aurait disparu insensiblement pour faire place à' celui d'>lma Pompeia. que consacra la reconnaissance des peuples. $:,
Lorsque, par la perfidie de Clovis, Budic son beau-père fut assassine, et i mari dépouillé de ses Etats par l'invasion des Frisons , elle se réfugia avec lui daoff la grande. Bretagne, d'où elle revint ensuite, lorsqu'il les reconquit vers l'an 513 (**)^ Elle eut plusieurs enfants, savoir Hod II, Léonor, Tugdual, Ganao o« Ganobre, Waroc, Macliau , Eudicou Bodic, et une GUe nommée Sève ou Soève. Léonor, Tug' dual et Sève embrassèrent l'état religieux , et sont honorés dans l'Eglise» les deux premiers comme saints, et la dernière sous le titre de bienheureuse. Elle esl repré' sentée à Langoat comme une jeune vierge , avec une couronne de fleurs sur la tête.
Après la mort du roi Hoel, Aima Pom pela renonça également aa monde, et, comme le dit l'abbé Déric, retourna avec sa fille dans la grande Bretagne, où son lils Tugdual était resté <***). Bientôt après, elles repassèrent avec lui en Armonque, où lloel II les accueillit avec joie , et leur accorda autant de terre qu'ils en foulureot pour bdtir des monastères. : . . .
(*) Il paraît quli la mort d'Eusèbc , Budic usurpa letrftne au préjudice de cette prioccsse , et qu'ensuite il la fit épouser h son fils aîné , connu sous le nom de Hoel le grand eldoRivoal.
(**) Déric, histoire ceci, de Bretagne , tome 3. (***) Histoire ceci, de Bretagne , lome 3.
Tugdual , siprès en avoir construil un , près du Conquel , dans un lieu connu encore aujourd'hui sous le nom de Lan-Pabu eldeTrépabu , c'est-à-dire, selon l'ancien idiome celtique, monaslj^.ou demeure du Père, s'avança dans le pa}*9, le long du littoral , et en construisit un autre au confluent de deux rivières , dans la vallée de Tréoor, aujourd'hui Tréguier. Sa mère raccompagna jusqu'en ce lieu, et la tradition est qu'elle se fixa dans une forêt voisine et qu'elle y bâtit un monastère. On retrouve encore bien le nom dans celui de la paroisse même de Langoat , Lan dans l'ancien celtique signifiant monastère, et Coal bois ou forêt (*). Cette forêt môme, dUrabbéDéric, s'étendait jusqu'à llengçat, paroisse située sur une ligne parallèle i la précédente. Uengoat en effet signifie chemin du bois où de la forêt f *). Aima Pompeia , en résidant à Langoat , était à portée de recevoir de saint Tugdual les secoors dont elle avait besoin , et de lui fournir aussi ce^ix qui dépendaient d'elle» n'étant séparée de lui que par une distance de cinq mille mètres,. EMe a été inhumée dans ce lieu où ses reliques reposent encore aujourd'hui s^l; uii.aDtiqii(e niausolée , ((ni autrefois était au milieu du chœur de l'église , et qui maloteiiant » depuis, la reoopstractkm de cet édifice/ se trouve derrière le pilier du transept, au côte gauche delà nef. Ce monument, construit en tufféau , présente un carré long, d'un mèire ' (TâéTtUon au-dessus des dallpt du pavé , sur une longueur d'un mètre soixantequatre centimètres. A la base, les faces en sont revêtues de figures en relief, formant divers tableaux distincts, qui retracent sans doute les principaux événements de sa vie. Celui qui décore le pied , représente un abbé avec la crosse en main ; derrière lui, une femme; devant lui , un enfant à genoux ; et dans le coin , une tour trecharbacanes et un couronnement bordé de mâchicoulis. Sur la foce en regard duUs-cMé» on remarqué d'abord un navire on paraissent encore Tabbé avec sa crosse, ta femme et l'enfant. C'est sans doute l'arrivée de ces iltustriâ cénobites sur Is plage Artiioricaine. Plus loin sont deux abbés, pois un enfant tourné vers un religieox.'lie livre ouvert qu'ils tiennent entre leurs mains semble annoncer un maître et son élève. Le troisième tableau de ce côté paraît représenter la sainte iYhns sa chapdle mortuaire. Une mère à ses pieds , tenant un petit enfant dans ses liras, indique sans doute le culte^ue lui rendent les mères en l'invoquant pour leurs ehfants «B bas-âge. Au-^déssus, on lit cette inscription : An llfLXX construcl.', c'est-à-dire eoastruiteniSTO. la face du côtéde là nef ne présente qu'un 'lableaiî qui en couvre toole la longueur ; et c'est vraisemblablement la cérémonie des obitèques. On y voit mi corps couché et enveloppé , puis une longue file de religieux «vectun grand cru-
n Le G n'est subsitué au C^qve par Euphonie.
(**) D'aatres disent chcmia du sang, Hengoat , et se fondent sur une tradition vulgaire qui porte que des ennemis ayant débarqué sur les bonis de Troguéry, ou de Poul- «louran , s'avaucèrent jasque-lii en pillant le pays., cl (lu ils y furent taillés en pièces par les hsbitaats.
cifix au milieu d'eux. A, la partie supérieure des parois rognettl, dans loul le contour du tombeau., des a r.ca des ornées de denlclles, el surmonlées de flèches coniques ou pyramidales deniclées. Sur la surface esl couch(îela statue de la sainte, de grandeur naturelle et forlement drapée. Elle est en tuffeau, d'un travail poli, et parait due à un ciseau exercé.
, Ce tombeau fut ouvert en 4768 par ordonnance de monseigneur Jean-Marc de Royère, évêque et comte deTréguier, déléganl à cet effet meâsiré Anne-Nicolas Boric, chanoine, officiai et vicaire-général du diocèse, assisté de mcssire LeMareHec, recteur de Saint-Vincent en ladite ville de Tréguier, de messire François Capit^na, recteur de Langoat , des fabriciens et notables de celte paroisse , ainsi que du sieéf VilleneuYedeTréguier, chirurgien juré, chargé du rapport*anatomique. L'ouverture faite, ledit chirurgien déclara, après examen , que les ossements trouvés offraient un fémur et une portion de fémur, un tibia et un grand fragment de tibia ; la première côte, avec une entre-côte; le cubitus ; os du tarse; os du carpe; la rotule; une vertèbre et le corps d*une autre vertèbre ; portion de Tos sacrum ; deux o^'des doigts; une deat ; os du métacarpe et du métatarse; vertèbre lombaire; portion de la vertèbre du cou; fragment de la clavicule et parallèle de la clavicule ^ et Tos occipital. On voit par cet exposé que déjà beaucoup de reliques avaient été retirées de ce tombeau. 11'^ en avait une certaine quantité dans la sacristie de là cathédrale deTréguier, ocelles furent réduites en charbon par l'incendie qui , au mois de septembre 1632, brûla tout ce qui était contenu dans Tintérieur de cet édifice. Quant à celles extraites en 1768 , elles sont aujourdhui dans un reliquaire de bois doré» renfermé dans une châsse d'un mètre de long, ornée de sculptures en relief et surmontée d*ùn dôme que recouvre une fleur ou espèce de flamme. Deux ouvertures circulaires dans les côtés laissent apercevoir une partie de ce reliquaire autour duquel pendent en festons des chaînes de cuivre doré. Cette châsse, soutenue par quatre consoles de trente-trois centimètres de hauteur, repose sur le mausolée même, et le tout est environné d'une grille devant laquelle pend un lustre de bronze. VAhbéX}**",
RfOTICE
Sur les Caquins de Bretagne.
Un préjugé qui , en dépit des progrès accomplis par la civilisation, poursuit encore de nos jours, dans diverses parties
des campagnes de Bretagne, les individus exerçant la profession de cordiersou descendant de gens qui l'ont autrefois exercée , ma paru digne de quelque intérêt.
Connus généralement sous la dénomination de caquins, çaqaeaz , cacous , ils furent parfois aussi jadis nommés ïnézeaux et ladres.
Je me suis occupé de rechercher l'origine du préjuîgé populaire qui leur a donné ces différents noms et leur imprime une ttétrissure native.
Dans un fort remarquable travail sur les races maudites de France et d'Espagne , M. Francisque Michel scrute , avec le soin le plus minutieux , tous les documents qil'îl a pu rencontrer dans le cours de ses innombrables recherches et de ses consciencieuses études, pour assignera ces différentes races, dans chaque pays , une origine commune, un principe unique.
Loin de moi l'idée de* suivre ce savant auteur da^s toutes les sinuosités de cette difficile et obscure questiou ; plus loin encore la pensée de jeter quelque lumière sur l'origine des races étrangères à la Bretagne à laquelle je borne mes études, ,et que je restreints même , quant à présent, à la circonscription des ahciens évêchés de Saint-Brieuc , Tréguier et Saint-Malo.
Les Gagots furçnt-ils des lépreux, des crétine , des Vaudois , des Albigeois, des Bohémiens, des Juifs, des Sarrasins, des. Golhs ariens vaincus par Charles Martel? C'est ce que je ne saurais résoudre. Suivant M. Francisque Michel , ce furent des chrétiens espagnols qui suivirent Charlemagne dans la retraite de Roncevaux et vinrent chercher un refuge de l'autre coté des Pyrénées.
A I appui de cette assertion, il produit un nombre considérable de preuves, dont la plus ancienne remonte jusqu'en Tau 1000. PtiiSj prenant successivement les différentes pio-
vinces de France, en commençant par les Pyrénées-Orientales, il arrive a travers le Languedoc, la Gascogne, rAngoumois, la Saintongc et le Maine jusqu'à la Bretagne.
A chacune de ces divisions territoriales , il constate à ia race maudite un nom différent , une profession nouvelle : à Bordeaux , ce sont des Gahets ; à Blaye , sur les bords de la Scudre, des Gavaches; à Marennes, ils sont sauniers ; à Angoiilème, papetiers ; à Maillezais, dans le Poitou, ils se nonmient Collibert et sont pêcheurs ; enfin, en Bretagne, ils sont cordiers et se nomment caquins ou caqueux.
Cet auteur, comme on le voit , assimile chacune de ces catégories et lés suppose toutes entachées du même vice origiiièL
Je n'ai ni l'intention de discuter des assertions appuyées de tant de preuves, ni des documents suffisants pour les combattre ; cependant , suivant moi , les caquins de Bretagne n'étaient autres que des individus infestés de la lèpre ou de toute^ autre maladie contagieuse et incurable ; c'est du moins ce qiii^ me semble résulter jusqu'à l'évidence des termes des différents documents qui les concernent, des mesures réglementaires qui leur étaient appliquées et qui toutes avaient pour but principal de leur interdire tout contact avec les gens sains.
La dénomination de caquins leur venait du mot latin cacosi, ainsi que celji résulte des status synodaux de Raoul RoUaiifl, évêque de Trégui^ f ).^ r -. ,
Ils sont appelésjnézeaux ('*) dans la constitution de Jean, duc de BretaguQ^ faite au parlement à Vannes, le 12 février 1424, qui se trouve transcrite dans la très-ancienne coutume.
Ils sont nommés cacoust dans un extrait du Raoulin de , *«__
{*) Raoul Rolland fut évèque de Tréguier, de 1435 à U41.
(**) Le mot mézeaux vient de nuz, honte, ou mezu!$, honteux. *
1444 (')• Ils sont désignés sous le nom de caqiicnx dans un mandement référé dans un extrait des registres de la chancellerie de Bretagne des années 1474 et 1475.
Ce mandement est lui-même reproduit par une ordonnance de François II, de 1477, qui dn modère la rigueur en ce qu elle permet aux caqueux, habitant les maladreries de Tévèché de Saiul-Malo, d'affermer pour trois ans les terres les plus voisines de leurs habitations, afin qu'ils aient de quoi subsister, mais en même temps leur défend d'y bâtir, en leur imposant certaines redevances , qui furent d'abord individuelles et devinrent plus tard collectives. Elles consistaient en une taille de îiogt livres monnaie que chaque caquinèrle était tenue de payer à Tévêque au premier jour de l'an, et dont'^elle devait faire rôle devant l'official.
M. Francisque Michel fait remarquer à juste titré que l'ordonnance de François II ne se trouve pas dans le corps des coutumes qui furent rédigées sous ce duc et imprimées huit ans phis tard à Loudéac. Il tire de cette exclusion la conséquence que telle mesure ne concernant que la' circonscription de Saint-Malo , il est à présumer qu'à l'époque où elle fut rendue, les dftraeux n'étaient guère répandus au-delà des limites de cet evêche.
Gelté hypothèse est entièrement dénuée de fondement, attendu que dès 1424, il s'en trouvait déjà danà^fé duché de Bretagne, et qu'en 1444 ils étaient assez nombreux dans le diocèse * de Irégqier pour y 'former des villages entiers^.
fkni églises, la place des caquins était distincte et située dans la partie inférieure du temple ; dan^bertainklfeux même ils étaient entièrement séparés des autres hommes par une hante barrière.
: : — î ^ ^ ITT:
(*) Manuscrit inédit des Archives des Gôtes-du-Nord.
Ils ne pouvaient loucher aux vases sacrés et ne recevaient le baiser de paix qu'après les gens sains. Il leur était défendu de circuler dans le duché de Bretagne sans porter sur le bras droit un morceau de drap rouge en forme de patte de canard.
Us ne devaient exercer d autre commerce que celui de fil et de chanvre. De cette dernière obligation est naturelleïuent née la spécialité presque exclusive h leur profit de la profession de cordiers.
Les infractions aux divers prescriptions que nous venons d'énumérer étaient parfois punies d'une amende qui s'élevait jusqu'à la somme de cent sous, chifire énorme pour le temps et eu égard aux ressources des misérables auxquels elle pouvait être imposée.
Dans le but d'éviter tout contact des caquins avec les autres hommes, on leur assigna des lieux spéciaux d'habitation. Telle est l'origine des caquineries , qui gardent encore de nçs jours cette dénomination et qui se trouvent toujours situées à quelque distance des villes ou des villages, sur les points les plus solitaires. Les caquins y vivaient de leurs travaux; ils pouvaient posséder et transmettre à leurs héritiers ou aliéner les immeubles dont ils devenaient possesseurs. Toutefois, ces aliénations ne pouvaient avoir lieu qu'entre gens de leur race.
Il n'en était pas de même des léproseries qui étaient des sortes d'hôpitaux, avaient des revenus fixes, étaient régies» par des administrateurs comptables, ainsi qu'on le voit danfi une ordonnance du roi François l^^^ de 1S43.
De nombreux procès surgirent entre les évêques et les juges royaux relativement aux droits de fief prétendus par les uns ou les autres sur les caquineries ou les léproseries.
Eu 1737, un procès de ce genre existait entre le comte de Toulouse cl l'cvêiiue de Saint-Brieuc , touchant les caquiiie-
îes stlué4?s dans les difterentes paroisses du iluché de Peii-
tèvre , dans Irquel le roiiile avait l'universalilé de fief ( * ). Les paroisses de l'ëvôché de Sairil-Bijeue, dans lesquelles siuvaieni des caquineries étaient celles de Saint-Michel en nt-Brieiic, Plérin^ Plëguien, Plouha^ Pléhédel, Plëlo, Tréj^uineur, Quîntin^ Plëdran, Qucssoy, ïlénon, Loiidéac, Plumieux, Ti-edaniel, Le Gouray, Maroué, Ruea, Erquy, Plë- ^^uf , Plauguenoual , UilHon et IlUniac.
^^ Les caquins avaient des endroits spéciaux où on leur administrait le baptême; leurs corps n'étaient point enterrés dans le draetière commun, mais bien dans un espace réservé desliné à leur sc^pulture.
L'auteur des Notions historiques des Côles-du-IVord rend ttorapte d*un procès-verbal déposé aux archives de la paroisse jfli' Plauguenoual, qui relate les circonstances singulières de lîinhumation d*nn cordier de cette commune qui eut lieti >nl7i6.
I Cf*Ue inhumation se fit en présence des juges royaux de f Saiûi-Brieuc et des archei*s de la maréchaussée.
bjs habitants s'opposaient encore, à cette époque, à ce que
ieordier Tut enterré dans le cimetière paroissial, et les nobles
ï celte commune turent obligés de protester pai- leur présence
I SCS fanerai Iles contre le fatal pnîjugé qui voulait Texclure du
!/cu de repos destiné aux autres chrétiens ( *' ).
Nous avons retrouvé les traces d'une redevance bizarre im-
(*) Le comte de Toulouse devtoi acquéreur du duché de PcatbièvrQ d de Cata ie$ droits en déptndcmt, en 16%.
Annuaire i^s CâieS'du*Nard de l'an tS^O ^ p« 6&,
— au —
posée en 1690 ( *) aux diffdrenls ménages qui composaient les cacjuineries de révêché de Saint^Brieuc.
Ghactin d'eux devait , au jour des visites paroissiales de I evèque ou de son grand vicaire, fournir un licol de corde à chacun des chevaux de lescorle de ces hauts dignitaires.
Hédin , lé savant jurisconsulte breton , qui vivait à la fin du XV Ile et au commencement du XVIII® siècle , prenant en pitié le sort funeste des caquins , sollicita et obtint du Parlement de Bretagne un arrêt qui démontra combien la réprobation dont ils étaient l'objet a cette époque était dénuée de fondement (**).
Un dicton populaire dont nous n'avons pu découvrir l'origine ni la cause est souvent répété encore de nos jours : c Les caquins n'ont pas d'os , » disent les habitants de nos campagnes; et, lorsqu'on les interroge sur les motifs de la réprobation dont sont frappés les cordiers, c c'est, répondent-ils dans leur ignorance, parce qu'ils descendent de ceux qui ont filé le chanvre .et fabriqué la corde qui servit à pendre notre Seigneur Jésus-Christ. »
Vainement prétendrait-on que le préjugé qui les exclut depuis tant de si<èclës du commerce des autres humains a entièrement disparh atljoiitd'hui ; des faits positifs et un intérêt trop Secoridâîrié peut être relatés ici nous ont démontré iiâguère que, dans cérlalnes localités du moins, ils n osent ^encore se mêler ail reSte de là population ni suttottt contracter d'alliance avec elle.
Toutefois, hâtons-nous de constater qu'il va diminuant
C) Extrait d'un aveu inédtt de là seigneurie de l'évêché de Saint- Brieuc» rendu au roi le 21 novembre 1690.
(**) Ducange {v'crùo cagoti), tome li, col. 27. ^
chaque jour, que bientôt sans doute il s'effacera entièrement et qu'avant peu il n'y aura plus de caquins en Bretagne.
Charles Guimart.
m(M(&iiiio o
Ken skier a daoulagad ao aër, kx mor a gwenre, zioul a caêr, Ed eur ruill en aber Tolgoz TrezarcliaDta moaechqu demuz.
Eondrouz ebken, toliou an heur Vardocli bir lemm iliz Pleureur,
AsUeoje gwic'had an amzer ^ gieoziou run c'hlaz an aber.
An durzonel étal he far, Arpréonen he lochic douar Ed em ziskwize, koiisket mad, dïcliwezaden, éb huanad.
B^zn den,n[>arzenned he zor, Aadeokaled euz an Anror HÉ ^e? e, n'tro be wde doz, Ibiezaodoar, naganternoz. .
GoQzkoudesderijen al loar ▲ sUgne n*trezegan douar Efd eur skeud a cliwabrennou, flo clioumeu far ar c'houmennon.
Aussi limpide que les yeux de la couleurre, La mer s'enflait, silendeuse et belle, En roulant dans la baie de Tolguz Du sable d'argent et des toîx plaintiTes.
Un seul bruit, les coups de l'heure
Sur la clodtie de la flèche aiguë de l'élise
de Plemeur, Lançait le gémissement du temps Aux antres de la verte colline de la baie.
La tourterelle auprès de sa compagne.
L'insecte dans sa petite hutte de terre Se reposaient, bien endormis.
Sans souffle et sans soupir.
Et l'homme, sa porte terrouiUée, • L'homme dur de l'inaor ,
N'entendait, autour de son lit dos, Ni le murmure de l'onde, ni minuit.
Cependant la darté de la lune Projetait vers la terre Comme une ombre vaporeuse, Qui surnageait sur les flots.
(*) Morgan (née de la mer) était la plus belle et la plus puissante des Fées de l'Armorique.
lie
Jiogen ar skeud-ze a droas, Luzkellelvar an houlen c*hlaz.
En eur p1ac*h dudiuz mcurbcd E twez o]l blac*bejou ar bcd.
Hedaoulagad lemm a wa du, lie fri reïz^ he dioudiod iru, He guinou biban, hc zal gwen Hache bleô hiramelen.
Skuill eure bo c'buchennadou Var hc diouskoaz, eyel daelou, Uagho rujerezigvezin A liamas he gouzoug sin.
Ar bennerez, e korolll Dindan eur gest ireuz a lili, Na devo, dre c'houlou an de, Nag he stumm, nag he c'baerente.
Gouzkoude ken Tcura c'hened A dieie bea munudet Dre son he mouez, glan a nerzuz, Pa zihonas hegleô Tolguz.
Nan, bizkoaz evelep burzud N'eure dridal calon an dud Abawe kiniadek Gwenclann, Reizercoz b.irzazanemgann.
Pobl,. emezi, pobl eus a Vreiz, Getu me c'hoa deut en da greiz ; Hogen neb sell lirzin, neb can Na zigemer hirioMorgan.
Neb DrouizQc'harz an derven O c'hirvoudi^ gant he zelen, Var ar peulvan neve risket En toul don ar c'houriganed ;
Neb zebelierez mamennou ; Neljc'hopernoz er c*hroazenchou ; Neb komandon, pa zao al loar, c'had aour gwerc*h var an douar.
El celte ombre se changea,
Bcra^e sur la houle bleue,
En une femme rare
Parmi (ouïes les femmes du monde.
Ses yeux perçants étaient noirs.
Son nez régulier, ses joues roses.
Sa bouche petite, son front blanc Et ses cheveux longs et blonds.
Elle répandit leurs boucles Sur ses épaules , comme des larmes, Et leur bandelette de goémon Entoura son cou de cygne.
La Pennérez, qui danse Sous une corbeille pleine de lis.
N'aura, par la lumière du jour.
Ni sa grâce, ni sa beauté.
Cependant si grands charmes Devaient être amoindris Par le son de sa voix, pure et forte. Quand elle éveilla Técho de Tolguz.
Non, jamais pareil prodige Ne fit tressaillir le cœur des hommes Depuis le suprême adieu de Guenclan, Le vieux chantre des poésies de combat
Peuple, dit-elle, peuple de la Bretagne, He voici encore venue au milieu de toi ; Mais nul regard joyeux, nul chant N'accueille aujourd'hui Morgan ;
Nul druide au pied du chêne.
Lamentant, avec la harpe.
Sur le peulvan nouvellement glissé Dans le trou profond des Korrigans ;
Nulle nymphe des fontaines ; Nul crieur de nuit dans les croix-chemins Nul cornandon, quand se lève la lune.
Semant de l'or vierge sur la terre.
Na YelaD mui ar C*hérnevod O c'hedal, en (reiz an od, 0 c*hedal va nessa distro, HarpelYarhe benbas dero.
Mania bag he vagadTeuziou, He wialen hag he louzou Ne d'ml, pe na vont eb dale, Nemed spoatigou bugale.
Kwezet e indadeg Aryor, Haghe TalYennoa ken digor Pa fenre lein vriz he c*herrek
Diodanstrollad Veriadek.
Petecli ema n'amsergwechal ?
Neuze, bemdez en eur vragal EoiaLezobi d*anaber, Evdenluc'had hodager.
Ar stroU a zouge dagerou, Iteo euz brema var he zeuliou NemeltriYarer, o tivern ArbezioQTar he goz eskern.
Tdrgwalen hanyet an amzer, Tud arTro c'hall hag, en eur guer,
Ar Breiziad en eus n'ac'hel flejezbagiielaan divorc'hed.
Jfe cliores ta ken er c'havel, PobI sembl, eurmab kren da sevel Armein hirhag an dolyeniou, Douaret e krdz da vezou ?
X'ergribiken; anermeziad A Truzun a dindan hedroad, A Truzun, eTel ar brignen, Dabolredstàrda dorrepen.
(;aoiarc'hlezedir haghouarn, K ziframas eus ho daouarn,
Je ne vois plus le Kernevobn AUendrc, sur le bord de la grève, • Attendre mon prochain retour.
Appuyé sur son penbas de chône.
Merlin et sa bande de Teuz, Sa baguette et son louzou Ne sont, ou ne seront bientôt Que des épouvantails d*enfants.
Il est tombé le hurlement d'Armor,
Et ses paupières si ouvertes,
Quand bouillonnait le sommet tacheté de
ses roches Sous Tarmée de Hérîadec.
Où est le temps d'autrefois f
Alors, tous les jours en folâtrant
De Léxobie à la baie, '
Je voyais le scintillement de leur dague.
L'armée qui portait des dagues N*a maintenant sur sas traces Que trois défricheurs, qui démolissent Les tombes sur ses vieux ossements.
Trois fléaux nommés le temps.
Les hommes du pays de France et, en un
mot.
Le Breton qui a nié Sa langue et sa terre, sans remords.
Ne couves-tu donc plus au berceau.
Peuple (aible, un fils fort pour relever Les menhirs et les dolmens Terrassés au milieu de tes campagnes? .
Tu ne le feras jamais ; l'étranger
Ecrase sous son pied.
Ecrase, comme le gruau.
Tes gars serrés qui cassaient la tète.
Avec l'épée d'acier et de fer.
Qu'il arracha de leurs mains,
E bet govel, irar an anneT, An huai a samm hag a prer.
Goalheor ! emezi, iKent ter d, Goalheur d*ar bobl a Y reiz-Izel !
A goalheur din-meva-unan ! Pa Toug he speret a wdan.
A kerkent e soublas er mor, Haghe mouez, etreizan Arvor, Eure gwiclial eûned an noz Evel eun divea maUoz.
Strafilet e kwez ta ure.
Me barz an amzerîou neve, E tihunis dre r*jEon euzua, A greden deret en Tolguz.
Gouzkoudepa skoas eun heur Var doc'h bir lemm iliz Ptouteur,
£ layaren, en gwd he clirGaz :
Speret Breiza luc'ho pell c'hoaz !
A été forgée, sur l'endume.
L'entrave qui te diarge et^qui te brise.
Malheur ! dit-elle, atant de se taire.
Malheur au peuple de la Basse-Breta^e ! Et malheur à moi-même !
Puisque s'étdnt son génie que je pleure.
Et sitôt elle plongea dans la mer.
Et sa Yoix, sur la grève de l'Armor, Fit gémir les oiseaux de la nuit Gomme une dernière malédiction.
Effrayé à la fin de mon rêve.
Moi poète des temps nouveaux, Je m'éveillai par le sône terrible.
Que je croyais entendre à Tolguz.
Cependant, quand tomba une heure Sur la cloche de la flèdie aiguë de l'église
de Plemeur. *
Je disais, en vue de sa croix :
Le génie de la Bretagne brillera longtemps
encore ! Gh. LE raAS.
Les funérailles de Jean V, duedeBretagnc.
Auprès du tombeau d'assez mauvais style que Ton a érigé en rhorineur de saint Yves, dans la cathédrale de Tréguier, on voit une grande dalle tumutaire, en marbre jaunâtre, sans inscription. Sous cette pierre reposaient autrefois les restes de Jean Y, surnommé quelquefois le Sage, duc de Bretagne. Noi:^ allons rappeler ici quelques détails qui se rattachent aux funérailles de ce prince qui , ainsi qu'on le verra , faillirent être mi
niolif sérieux de discorde eutre les chapitres de Irois des priattîpales cathédrales de Bretagne.
Jean V étaQi tombé inahide vei-s le mois de juillet 1442, au château de Nantes, ses luédecias lui conseillèrent de changer d^air^ et le fireiit trans[>orter an château de la Touche, où il nnulit le dei nier souiiir le 28 août suivant , à minuit : sou roips, enl'enué dans un cercueil de plomb couvert d*uue caisse (le bois goudionué, fut porté dans le chœur delà calhédiale de Nantes, et le jour de la cérémonie funèbre fut (ixé au dernier vendredi d'août.
Levèque de Nantes, Jean de Malestroît ; deChàteaugîron ('), diancelier de Bretagne, tenait à conserver près de lui la dé- [•ouille mortelle d'un prince dont il avait ru toute la conlîance, el(|ai avait coulribué à rembellissenieut de la cathédrale. Le chapitre, de son côté, ne pouvait que partager le vœu du prélat : la réalisation flu projet enrichissait rédifice d'un niausol^,et, chose non moins importante, auguien lait les revenus, griœ aux fondations que Ion faisait, et aux libéralités auxquelles la piété filiale devait nécessairement donner lieu ultérieurement.
îlais Jean V avait eu une dévotion toute particulière pour saint Yves de Kermartiu, qui reposait dans lu cathétirale de Tréguier, et plusieurs fois, de son vivant, il avait exprimé le
*J JesQ de CtiÂteaugîron» président en la chambre des comptes de Igne, d'abord évéque de Sainl-Bri<iuc, puis de Nantes en 1^19 : ce lt lui qui» dans ce môme chUtcau de la Touche, où mourut Jean V| >rti la parole au nom delà noblesse et du clergé de Bretagnr', pour Trir à la duchesse ieaane dtss secours, adn de dôtîvrer son époux , risoQnttsr des Penthièvre ; il mourut un an aprùs le prince dont il avait été le premier ministre.
désir que ses ossements fussent inhumés près des reliques du grand saint Trécorois : il l'avait même consigné dans son testament y et les mêmes motifs qui guidaient le chapitre de Nantes excitaient Pierre Prédou , évêque de Tréguier, à revendiquer pour son église les droits que lui donnaient les dernières volontés du duc.
Il faut croire que les projets de Tévêque et du chapitre Je Nantes n avaient pas été tenus bien secrets , car le duc Jean V n'avait pas fermé les yeux, que déjà trois chanoines de Tréguier, munis de pleins pouvoirs , étaient à Nantes pour faire valoir les droits du chapitre : c'étaient Jean de Nandillac , archidiacre de Plougastel (*), Jean Gaedon et Robert Cador. Ils commencèrent leurs démarches la veille des funérailles.
Jean Validire , évêque de Vannes et confesseur du noble défunt, désirait bien aussi voir les cendres de son pénitent déposées dans sa cathédrale ; mais il ne fit valoir ses prétentions qu'avec une grande modération, quand il vit que la même affaire devait être opiniâtrement débattue entre Tréguier et Nantes.,
Donc, le dernier jeudi d'août, les trois procureurs de Tréguier, accompagnés d'un notaire, vinrent dans la cathédrale de Nantes, porteurs d'une cédule dans laquelle étaient exposés leurs motifs : on y rappelait les dernières volontés dé Jean V,
(*) L'archidiacre de Plougastel était l'un des principaux dignitaires de la cathédralede Tréguier; il avait juridiction ordinairedans Tarchidiaconé, qui comprenait les paroisses de Trédrez, Ploumilliau, Ples« tin, Plouagat ou Goéllo, Garlan, Plouigneau, Ploujean et Saint-Melaine» avec le droit de inquirere, punire , incarccrari , instalare et dcponcre : il avait ses officiers qui étaient un sénéchal, un sigillifère, des huissiers, des cxpùnsarum taxatorcs et des scribes. A Trédrez les habitants relevaient immédiatement de lui, et chacun lui devait, par an, une redevance de U deniers, une poule et une mesure d'avoine.
i en avait recommandé rexécutioii h ses fils, François, n^^rre (') et Gilles (") ; on ajoutait que la réalisation du projet des Nantais serait une véritable spoliation dont on poursui- >Tail la répi*ession d'abord devant la cour métropolitaine de Tours, et môme à Rome et devant toutes les juridictions. Cette mlule était assez longue et rédigée en termes tels, qu*ils n*y ma pas à douter de Fopiniàtreté que metiraienl les chanoines * (leTï^éguier. Mais la [)remière chose à faire était de notifier cet iicle au chapitre de Nantes, et là était la dilliculté.
Nandillac et ses compagnons parcouraient déjà depuis quelqotMemps la cathédrale, cherchant quelqu*un à qui faire la notilbition, quand, danshi nef de droite, du coté dn cloître, H [)r{?s d'une porle, ils rencontrent Raoul de la Moussaye, tlnyen, et Raoul Moren* ccolastre : les procureurs s'approchent, <'X[Kisent leurs griefs, et présentent la cédule au doyen. Mais L'iui-ci se retire brus(}ueniènt , en disant fjue ces sortes d^afh\ve% ne |>ouvuient être traitées qu'en assendilée capitulaire , t*lija Un avait aucune connaissance de ce dontonreniretenait.
Voilà les chanoines Trécorois se promenant de rechef dans balhéflrale, avec la malheureuse cédule, et chercliant quelqu'un qui fut au fait de l'objet de leur demande, ou tout au moins plus complaisant. Comme ils faisaient le tour de Téglise, ik rencontrent un individu, en habit de chœur, prés duquel ils s'informent du moyen de trouver quelque chanoine ou lar-
idiacre ; ils apprennent ainsi que tous les chanoines sont is en assemblée capitulaire dans la librairie, détail que le
•) Piiiffc du Brelagae, comte de Gtiîngamp ei de Bonon > duc de Breiagoe en i/i50, après lu mon de Sun (rère.
**) Gilles du Brol*iga'\ qui épuusa Françoise de Dinan, Jaîue de lli^aubriant.
~ 122 — doyen n'avait pas paru avoir envie de leur faire connaître.
NandîUac se rend donc à la librairie : il frappe a la porte , et aussitôt l'archidiacre Pierre Boyneau se présente à lui ainsi que quelques chanoines ; sans entrer dans aucune explication, les Trécorois leur remettent la signification qu'ils avaient tant de peine à placer ; puis , se rendant dans le chœur, où on célébrait alors la giand'messe, ils lisent à haute voix la cédule aux fidèles. Bertrand de Rosmadec, chanoine de Qqimper; Jean Ivisan, chanoine de Vannes, et Roland de Pcnhoëdic, prêtre du diocèse de Léon , furent appelés à cette lecture pour servir de témoins.
Le lendemain , vendredi , Jean de Malestroit , feignant de ne faire aucune attention aux réclamations du chapitre de Tréguier, officiait solennellement et rendait les derniers devoirs au corps du feu duc : tous les dignitaires de la cathédrale entouraient le prélat. Mais la cérémonie fut bientôt trouUée ; l'infatigable Nandillac entre dans l'église , et , se fondant sur la cédule lue la veille, s'oppose formellement à ce que le duc Jean V soit enseveli dans la cathédrale de Nantes : une discussion très-vive s'élève entre Nandillac et l'évêque, et la querelle paraissait sur le point de devenir plus vive encore, quand intervint Jean Prégent , évèque de Saint-Brieuc.
Grâce à la médiation de ce dernier, qui est acceptée par les deux partis, on fait un arrangement. Il est convenu que Téglisc de Nantes conservera tout ce qui a été donné pour la cérémonie elle-même , qu'on demandera au nouveau duc François s sa volonté est que le corps de son père soit enseveli à Tréguier. qu'en attendant on l'inhumera à Nantes , mais que l'évêque d ce diocèse ne s'opposera pas a l'exhumation si le duc l'ordonne. Jean LeQ'ant et Jean de la Lohene , qui se trouvaient à Nai;iteî pour faire l'inventaire de ce que le feu duc y avait laisse , fu
rettt chargés de faire auprès du duc François les dcaiarclios nécessaires.
On peut k peine se figurer aujounrhuj i^elfet que dut faire
ce débat, qui s<.* vidait devant une afïlii<?aœ iuimeuse : l'éveque
de Nantes prêt à faire chasser de son église les dépuU*s du
ihapitre de Tréguier, la cérémonie suspendue, une discussion
qui paraît avoir été assez peu parlementaire, au milieu d'une
basilique ornée pour les obsèques du souverain, les signes
ilipprobatiou de la foule qui devait nécessairement mêler sa
jfranJe voix à la dispute qu'elle voyait et entendait dans le
ckuuLT; ce devait être un spiîclacle auquel on regrette presque
Je ne pas avoir assisté.
Du reste, le consentement du duc Français ne se fît pas atiimdi'e longtemps : le 8 septembre suivant, il donnait une cliarte ilans laquelle il faisait droit aux prétentions de Tréguier, et ordonnait que le corps de son père fut transporté dans la calliêdrale deSaint-Tugdual, aussitôt qu'il serait réduit en poussière, por la grant chaleur du temps qui faisoit et autres incoQvéïiieots qui ensuit seoipuissenl (*)■
CeUe translation eut lieu neuf ans plus tard , en 1451 , lors- <jue Jean de Plœuc tenait le siège de Tréguier*
Grâce à cette sépulture ducale, la cathédrale de Tréguier vit scsrf^venus considérablement augmentés : Jean V lui avait assigné 500 livres à percevoir sur les droits d entrée du [*ort et bairede La Roclie-Derrien, ce qui aujourd'hui pourrait é'quifiiiôir il lO^OOOCrancs de rentes; en outre, il donna au chapitre laites le* paroisses de Plouguiel et de Flougi*escant qui avaient été lîonlîsquéessur les Petilhièvre, lors du bannissement d'Olivier de Blois. Pour mériter cette libéralité, le chaiiilre devait
{•) V, D. Mufice, u \U vol 1358.
célébrer tous les jours et à perpétuité des services solennels pour le repos de l'ànie de Jeau V et de Jeanne de France , son épouse, et particulièrement une messe quotidienne^ chanter douze anniversaires par an, et faire chaque jour Une procession solennelle.
Cette fondation perpétuelle, pendant près de quatre siècles, fût servie sans interruption ; puis vint un jour où , de cathédrale , l'église de Tréguier devint simple paroisse , les cendres de Jean V furent jetées au vent, et la propriété de Plouguiel et Plougrescant,, ainsi que la rente sur le havre de la Roche- Derrien, s'évanouirent sans laisser de traces : ainsi fut anéantie l'œuvre de Jean de Nandillac.
A^e BARTHÉLÉMY.
NOTICE
Sur roiigine de la ville da Port-Iioub.
La ville du Port-Louis, dout rimportaoce 'est tellement nulle aujourd'hui que y sans la citadelle qui défend l'entrée de la' rade de Lorient, on ne saurait çuère qu'elle existe qu'en consultant un dictionnaire géographique 9 est pourtant de beaucoup plus ancienne que Lorient. Une fatalité semble aroir pesé sur cette ville et s'être opposée, malgrré le bon vouloir de ses fondateurs , hommes puissants , mal«fré sou heureuse situation, mal(]^ré môme le nom royal qu'elle porte encore aujourd'hui, à ce qu'elle prit de l'extension et devint florissante.
En butte d'abord à la alousie des autres villes maritimes des côtes de l'ouest, qui crai^j^naient qu'heureusement située comme elle l'est > elle ne nuisit à leurs intérêts, en devenant le centre des opérations corn**
^mercjâlcs de U Bretagne, clic vit ensuite s'élever ii c6t« dVHe une rt-
^■Fiile rcdoutahlc, fondée non pas camme elle par des (;ens puissanU .
^BMi|ueU« n'ayant pas d'inter^^tâ particulierj a défendre, 8*ÎDi|uiètent
"peu de rintérct (général ^ — mais par des {rens actif^^, cntrcprenauU et
iolcresséi à ce que la cité qu'ils foiidaîcut dcfint Horlssante. Celte ville
uudvclle qui venait de surj^ir tout^ii*coup à Côté de Tanciennei et lui
arrachait le peu d'importance qui lui restai encore, c'était Lorient que
tenait de fonder la compajjnîe des Iodes.
Uaift rcTcnons à rétablissement de la ville du Port-Louis,
A son origine t cette vjlle s^appclait VOpéran, ce qui sifrnille en lire* \un, dit on ancien manuscrit auquel nous empruntons ces détails ^ ^- Saîol-Pierre. Ce n*élaît qu'un hameau misérable , habité seulement pur quflqacs pauvres familles de pécheurs.
Si peu d'importance qu'il eût, ce hameau cependant^ situé sur une pomte de terre ou presqullc à rcmboucbure de la rivière du Blavett illifji Tattentinn du duc de Brctajj^ne qui « dès Tan l^^QG , envoya sur kl lieux tlean, prince d'Oran^fe , et le sire de Ricus: , pour examiner si
I t'éUblissement d'une ville et d^un port ne serait pas possible au lieu de VOyéran, Après avoir pris dc<i rensel|]fnemeuts de la noblesse des CiTiront et des marchands fréquentant la e6tCp les délé[pués du due de
I Br^ti^e dressèrent un procès^ verbal dont les conclusions furent favo-
' r«biei à rétablissement projeté par le duc.
Cependant , on ne sait par qu'elles circonstaoces » il uc fut pas donné
de luilc à ce projet , et le hameau de VOpéran resta , comme par le pas-
«è,au lieu presque inhabité et sans défense; en sorte que des câpres
ipa([iiols vinrent y établir leur repaire , s'y fortifièrent par des fossés
îles retranchements, et y mettaient en sûreté le produit de leurs ra->
iiaeS| an retour des courses continuelleB qu'ils faisaient dans la .pro-
, Uisftaat partout sur leur chemin des traces de meurtre et de pil*-
Cela dura lon|]^temps ainsi. Ce n'est quc'soua licori III que l'on comaeiiea ii fortifier le hameau de VOpénfti et qu'il prit quelque imporliiic«. Ou l'appela alors le port de Blavet , du nom de la rivière à l'cm* knielinre de la<fuclle il est situé. Mais les travaux de défense entrepris •e réduisirent à peu de chose; en aorte que, sous le reflue d'ilcuri IV, le dmc de M«re«cur, qui soutenait la li{];ue contre le roi , fît déburqucr B
à 10,000 hommes de troupes espa^^noles da côté de Lomalo , où ils été* lilircnt un retranchement et s'emparèrent du village et du port de Bla- Tet. Il nomma gouverneur de Qaimperlé , d'Hennebon et da port de Blavet, Jérôme d'Aradon, chevalier des ordres du roi et eolonçl com* mandant la cavalerie légère de la province de Bretagne , qui conserva ee poste jusqu'à Tépoque où Henri IV fit la paix avec la ligue. G^est alors seulement que les Espagnole « qui occupèrent pendant dix ans le port de Blavct » l'évacuèrcnt enfin , à la grande satisfaction des habitants de la province qu'ils surchargeaient de contributions de tout genre. .
Après la mort d'Henri IV, et sur la proposition du cardinal de Richelieu, qui connaissait l'importance de ce point du littoral des côtes de Bretagne , et qui voulait interdire aux rebelles renfermés à la Ro« chelle un lieu qui, en plus d'une occasion , leur avait servi de refoye , le roi liouis XIII nomma le maréchal de Brissac , commandant la pro« vinec de Bretagne « gouverneur du port de Blavet, et lui enjoignit de continuer les fortifications. C'était quelque chose» mais non pas to«t ce que voulait le cardinal. Son projet était de donner une importance telle au port de Blavet, que les Rochellais ne conservassent aucun et* poir de s'emparer de ce point. C'est dans ce but qu'il obtint du roi, par lettres patentes du 15 juillet 1618 , que le port de Blavet prendrait le titre de ville royale sous le nom du Port-Louis, nom qu'elle porte encore aujourd'hui.
Ces lettres obtenues et enregistrées au parlement de Bretagne, le maréchal de Brissac jeta ses vues sur M. de la Meilleraie » son parent , pour l'accomplissement du projet du cardinal. M. de la Meilleraie , qui connaissait les desseins du ministre» s'y prêta de son mieux. C'est alors qu'il fit enceindre la ville de murs et continuer la citadelle; et que» pour y attirer des habitants » il distribua des emplacements dont la concession gratuite et perpétuelle eut bientôt triplé la population de la ville.
Nonobstant les travaux de défense exécutés par H. de Brissac » les Rochellais, qui s'étaient révoltés vers la fin de i624, de concert avec M. de Soubisc et sous sa conduite, entrèrent le I'' janvier 16S5 an Port-Louis, dont ils se rendirent maîtres, quelques efforts qu'eussent faits pour les repousser les troupes de la garnison. Descendu à terre avec les hommes qu'il commandait, M. Soubise livra la ville au pillage et la fit brûler en partie.
Ainsi •ceitc ville £t peine fondée: se tîI à peu prL'S ilétrultL^. Ses KaliH Unis eurent a rc{;rcltcr urin-sculcmcnt la perte de leuft» Ihods, mnîs ^û celle de leurs privilèges, car les lettres patentes du roi Louis XIII, ni 1rs leur conrcraicnt , furent enlevées ou perdues.
Ce fut le duc de Veudàmc qui , assiste de la nolilcssc de Drcta||ne , Asta les Roehellals du Port-Louis, ou ils étaient restés seulement 27 itirs; court espace de temps, îl est yrai ^ mais asses lonj; cnc<^rc pour ietir avoir pcrmin de détruire la ville et d'en ruiner les bâljîtunts.
y. le dfie de Urissac suceédu à son pî^rc dans le [puvernement du Port-Louis. Autant le maréchal, à qui la ville fut redevable de la contraction de réalise qui existe encore , d'un couvent de réeoïlets et d*mi hnpltai connu aujourd^liui sous le nom de Flièpital de la marine , enfin iti'lrsvauii de défense, mur«%, bastions » ete.« tenait à ce que les babi- UnU pussent jouir de tous les prlviléfrcs accordes par Louis XIII, autant SL le duc de Brissac prit à Uiche de les a1>olir. Loin de solliciter (lu roi de nouvelles lettres assurant les privilégies de la vîlle [les aneieniie* étaient expirées), profitant de la faiblesse des bakitants, il s*atiriliua les droits et privilégies que le roi leur avait reconnu! et accordés, et rcla sans que pcrsimuc cis:it réclamer,
Q CD fut ainsi jus4ju*en iOl^. M. le duc de Brissne aratt marié sa fille aa maréchal de la Meillcraie. Celle-ci avait apporté en dot au maréflïal Itt fille et la citadelle du Port-Louis, dont le roi lui confirma le purrriiemcnf. Mais, à cette époque^ le sieur de Herpcdron, fermier uuiuiiltia^fe de la ville dllcunebon, dans la juridiction de laquelle était plicc le Port-Louis, avant sa séparation des fermes g^énérales de ta pro« |^ viacc, ayant su que lu maréchal jouissait sans titres des taxes et im* ^Kfètâ du Port-Louis , hicn que cette ville relevât de son hsilliafye , vint ^■péctamcr ses droits, c« qui irrita si fort un cousin de M. de la Mctlle- ^imîe, qui commandait sous lui au Port-Louis, qu*aynut rencontre le ù^ttr de Itcrpedron à llennebon, il le tua d'un coup d'épée. Cette af* (aire fit grand bruit et fut portée devant les états de Bretaj]^ne« qui déridèrent qa*à ravctttr il serait piiyé, à titre de dommages» au baillia{|^e d'Ilcunchon, une somme de 500 livres,
La population du Porl-Louis, loin d'aug;qicntcr. diminuait chaque
jfior* M. de la Meilleraîe, pour reitiédicr à ccl état de choses, aban-
Doa pour 5,000 livres aux habitauls les devoirs dont la jouissance
arait été accordée par le roi. Mais la ville uc prolita pas loii([lrnips
de ce bénéfice : M. de la Meilleraie moarut» et son fils, M. de MasArin, nommé par le roi an çouyernement de la place • afferma sans autorisation royale les devoirs attribués à la communauté , comme si c'eût été son propre bien. Les devoirs des états seuls furent atfcrmés âS»000 livres. Vainement les habitants obtinrent de nouvelles lettres patentes portant les mêmes privilèges que ceux que leur accordaient les lettres octroyées par Louis XIU » H. de liaxarin s'opposa à ce qu'elles fussent entérinées au parlement de Bretagne , et la ville resta soumise , comme par le passé , aux taxes et impôts qu'il plut an gouverneur de prélever.
La perte de ses privilèges et la rivalité jalouse des autres villes maritimes avoisinantes contribuèrent, chacune pour leur part» à ruiner le Port-Louis et à lui 6ter toute l'importance qu'avait voulu lui donner le cardinal de Richelieu. Mais ce qui devait lui porter la plus forte et la dernière atteinte , c'était l'établissement delà compagnie des Indes i Lorient et la création de la ville nouvelle. Ce fut , en effet » le coup de la mort. Depuis cette époque , et malgré les événementu politiques qui se sont succédé depuis soixante ans p la ville de Port-Louis n'a d'autre importance que celle que lui donne sa position de sentinelle avancée à l'entrée de la rade de Lorient.
Le château de Morlaix.
Le château de Morlaix, qui a joué un si grand rôle dans Thistoire de cette ville et où les ducs de Bretagne résidaient quelquefois, depuis que le duc Pierre de Dreux eut donné son palais aux frères prêcheurs, était situé sur une colline au sud
(le la cité.
Quoique son emplacement soit aujourd'hui une promenade, i est encore facile de distinguer la forme de quelques-unes de SCS parties et particulièrement du donjon.
Il consistait en plusieurs bastions : ceux qui flanquaient la poterne du Quefleut, au-dessus du chemin actuel de Thôpital; celui de Saint-Mathieu, celui de Montrelaix ; ceux qui dominaient la rue des Brebis et la cité. Il avait outre son fort donjon, des corps de bâtiment et des murs crénelés suscepti- Wes d'une bonne défense. On prétend, et cette tradition est fort probable, qu'il s'y trouvait de vastes souterrains communiquant îvvec la chapelle ducale du Mûr et certaines parties de la cité.
Après le siège de 1594, vaillamment soutenu par le gouverneur contre le maréchal Daumont, le château, presque démantelé par l'artillerie, ne fut pas réparé, ou du moins si quelques
réparations furent faites aux brèches, elles curent tout le caractère du i)rovisoire. Il avait été réglé par la capitulation coulirmée par Henry IV (article 4), « que le château, dont les » habitants de la ville demandaient la démolition, serait con- » serve ou détruit selon ce qui serait jugé le plus à propos pour » le service du roi et la sûreté de la ville,. ayant égard aux ob- » scrvations desdits habitants. »
Désormais, en effet, le château devenait inutile pour garantir la ville des atteintes de l'ennemi, puisque celui du Taureau défendait l'entrée de la rade.
Il parait cependant que le château fut conservé et qu'il existait encore en 1636, puisque nous voyons dans Albert le Grand (chronologie des évoques de Tréguier) que le 25 février de cette année le feu prit à l'infirmerie des religieuses bénédictines du Calvaire, rue de Ploujean ; que l'incendie, favorisa par le vent, se répandit avec rapidité et qu'il fut aperçu par leî sentinelles du château, qui avertirent la ville. Des secours fièrent portés sur le champ, mais ils ne purent sauver l'édifice.
Ainsi il demeure établi qu'a cette époque le château av^î^ une garnison et des sentinelles.
On ne sait pas d'une manière positive en quel temps sa démolition eut lieu, il est cependant probable que ce fut vers YaB 1692, époque à laquelle le gouvernement dès villes de l'inté^ rieur, qui n'étaient plus considérées comme places fortes, devint purement honorifique et se vendait par l'état. Ces gouverneurs in parlibus n'eurent plus d'autorité, il ne leur restait que le droit de se faire installer par le maire et les échevins, et de présider dans certaines circonstances le conseil de la commune. Le château resta donc pendant plus d'un siècle à l'état de ruine.
En 1670, ce terrain et les décombres qui le couvraient, furent concédés à la famille Duvigneau, et vers l'an 1692, du
Coibir*ntiMti(nit du |>roprk'ît;iin', lus chovaliers du P.ipogault Tenaient s'y livrer a leurs excn iœs, trouvant |»rukibluinenl ce lieu plus propice que celui de la Roche, où ils se rendaient préoéilemment.
Ih avaient eu d'ailleurs asoutenir un procès qu*ils {^'agnèrent contre le sieur Poulras, propriétaire a la Roche, qui voulait s opposer au tir dans le voisinage de sa propriété.
A 1 époque de la révolution, le château, tooihé dans ledo- Biaine de la nation, fut donné a la ville. D'iionorahles citoyens emviUaloi's la pensée de faire niveler ces décombres à Taide [d'alisiers de charité, puis, lorsque le terrain fut disposé con- I vonablenient et tel qu'on le voit aujourd'hui, on lit un ap|K*l à [lagonérosi lé publique, et bientôt quatre mille pieds d'arbres, pins, lietres, sapins, clienes. maronniers furent donnés par les divers propriétaires du pays. Une clôture avec haie vinl garantirœlte pépinière des atteintes du vandalisme ou de la mal- Veilbjice ; une maisonnette ayant été construite à l'entrée, un gardien y fui placé, et un tronc portant ces mois : Aklez l'hospice &mellrc en valeur ce lerraîn, ne fit pas vainemeinenl [ap|>el a la bienfaisance des promeneurs.
Celle promenade si pittoresque, d'oiï les regards enibrassf^iit I'' magnifique panorama de la ville et de ses environs ; ces Ii(?ux si remplis de souvenirs hîsloriijues ; ces l)OS(|uels si frais, l^m chaque famille aisée avait apporté son offrande : ce témoin [iloianl de bonheur, ce confident discret de tanl de j)î»ines ; c*es H^ousescm Tenfance aimait à s'éhallre sous les yeux de (jiiel- ^tïut'S vieillards conteurs ; c'est vendu ! Ce qui devrait être une promenade publique, est une proi>riéte particulière. Espérons <|Ueradministration éclairée, produit de Télecl ion, parviendra il fendre à la ville remplacement de son vieux château ; c'est bien de famille, c'est plus qu'une promenade, cest une
jp fiisîorique.
Nous avons dit que les ruines du château étaient devenues h lieu où les chevaliers s'exerçaient au tir du papegault. Nos ancêtres avaient parfaitement compris que la première loi dei peuples était la conservation de leur nationalité^ et que poui cela il fallait non seulement une armée soldée, mais aussi un< milice exercée qui pût, en cas de danger, se lever en masse et repousser l'ennemi. Et quel ennemi pourrait résister à un mouvement national ? La création des bons corps par le duc Arthur, n'était-elle pas une sorte de garde nationale active? celle des milices une garde nationale sédentaire î Toutes les bonnes idées ne sont pas modernes, et nous sommes assez riches pour ne pas dépouiller nos pères.
Ceux-ci, par exemple, savaient un peu mieux que nous qu'il ne s'agit pas d'avoir une arbalète, une arquebuse ou un fusil pour pouvoir en fiiire un bon usage. Aussi avaient-ils institué des jeux publics où ils créaient des rois et des connétables du casse-tète, de l'arbalète et de l'arquebuse, offrant ainsi des prix a la force et à l'adresse, comme le font encore aujourd'hui les Suisses, les Tyroliens et d'autres peuples étrangers.
De tout temps les Bretons ont aimé les exercices du corps ; ils excellaient à la course, et dans les luttes ils n'avaient pas de rivaux.
Si la noblesse brillait dans les tournois par sa force et son adresse, la bourgeoisie et les peuples de la campagne saisissaient aussi avec empressement toutes les occasions de se signa* 1er par l'adresse et la vigueur. A la lutte se joignaient les exercices du bâton et les jeux de la soûle ou niallader , qui tous tendaient au même but. Aujourd'hui il serait à désirer que des tirs publics aient lieu dans toutes les paroisses, les gardes nationaux y gagneraient de la confiance : et combien seraient redoutables à l'ennemi, une nuée de tirailleui's adroits, audacieux et connaissant parfaitement les localités?
Le tir du papcgault avait lieu avec beacoup de solennité. Le roi ou vainqueur recevait une écharpe de soie bleue ; le roi et le connétable des années précédentes étaient conduits avec pompe de Thôtel de ville au lieu du tir, et le nouveau, acconipagnéchez lui avec le même cérémonial, puis, le dimanche suivant, à réglise du Mûr, où Ton chantait une messe solennelle suivie d'un Te Deiun. Il n'est pas besoin de dire que les acclamations étaient vives et qu'il s'en suivait de gras repas comme àtoute bonne fête.
Le papegault qui servait de cible était un bouclier de fer blanc nommé ar rondachen, avec des cercles, rouge, blanc et ' jaune sur fond brun ; l'oiseau surmontait le rondachen.
Le règlement sur le tir du papegault du 8 janvier 1716, contient les dispositions suivantes :
lo On commencera à tirer l'oiseau le i^r mai de cha jue
année ;
2o Les habitants de la ville reconnus pour tels et enregistra» à Thôtel de ville, seront seuls admis à tirer ;
3^ Chacun tirera dans le rang que le sort lui aura aligné ;
*o Le procureur du roi de la communauté assemblera à fhôtel de ville les connétables et anciens rois , qui nommeront deux prévôts pour entrer en exercice le 2 mai ;
5o Chaque chevalier aura une arme à lui et tirera l'épée au côté ;
6® Ceux qui paraîtront ivres à Thôtel de ville, pour en retirer leurs billets ou en tirant à Toiseau, subiront deux jours de prison et seront déclarés incapables de concourir pour cotte année au tir à l'oiseau ;
7^ Ceux qui n'auront pas été admis a tirer l'oiseau ne pouiront en aucune façon porter les armes dans la ville, sous .peine Je couûscation de leurs armes et de (|uatre jours de prison.
C était un honneur que Tadmission au tir du papegault et, a plus forte raison, la royauté ; la rondache, perchée de balles, était conservée comme un trophée.
Voici d'ailleurs les noms de quelques uns de ces rois populaires : ils sont tirés des archives de la commune.
En 1453. Mention de la fête, du mouton, mais sans détail. En 1483. Yvon Gazin, ttilrjém casse-tête, 50 s. En 1489. Allain Quintin, roidesarbalestriers,27l. 16 s. 8d. En 1592. Guillaume Garanou, roi de Tarbalestre.
• En 1593. Jean Traler, abatteur du papegault de l'arquebuse, 4ol., par ordonnance de la Ghambre de Lunion.
En 1600. Guillaume Durât, abatteur du joyau de l'arc ; Yves Boudrimont, subrogé à son privilège.
En 1669. Pierre Manac'h, roi de l'arquebuse.
E694. Rolland, Mérer, id.
En 1695. Germain Juhel ( de St-Melaine ), id.
En 1796. Guillaume Boëssel, id. id.
En 1697. Pierre Le Roux, id. id.
A cette époque les exercices cessèrent par suite du manque de fonds pour les prix. Puis un long procès entre les chevaliers et le marquis de Guébriant ayant étéçagné par eux, ils reprirent leurs exercices après une interruption de vingt et un ans. Commencés le l^r mai 1719, par Germain Juhel. Ils finirent en 1761, par Alain Audren que plusieurs de nos contemporains ont connu.
O.LeGall.
6É00MPBIE TOPOLOfilQlIE
DE
%A sms'SAa^ns*
(Us fragments qui suiTent sont des pages détachées au hasard d*uu traTaii étendu, nr la Topologie de la Bretagne armoricaine, étudiée comme moven de contrôle bislorique. Tout ce travail repose sur cette donnée, plus amplement développée àiu rinlroduction : c Que les diverses dénominations topologiqucs étant antérieure en Bretagne, à répoqueoù la langue de ce pays 8*est assez altérée pour former uo idiome à part dans la famille cymrique, ce n'est que dans Tétude comparée du Cymraêg et du Breton qiie l'en peut les retrouver. »)
ABERy confluent ; point où unruiiseau tombe dans une tivilre^ ou
«ne rivière dans un fleuve ; embouchure ; port, havre. L'étymoloçie
«OBiiée par Owen ( Welsh dictionnary^ 1er) est assez obscure et trop
▼*{ae : bous croyons que ce mot vient plutôt de la particule augmen-
tatîveet de 6er, eau courante : d'où bera couler. — Ce mot n'est pas
JNirticalier aux pays cymriques : nous le retrouverons en Ecosse : Aber-
iM, havre de ta Deen ; Abernelfh, ancienne résidence des rois Pietés,
havre de ia Neith. — On le retrouverait aussi dans rancienne Gaule
pllo-lumriqne: AMncatc (Avranches), i7<2t;re du vieux 2rots(Abcr-hen-
eomi), sous la forêt fameuse du Scssey.— D'Aber nous avons fait bâvre,
et les Anglais barbour.
Les dérivés d'Aber sont très communs dans les deux Brctagoes.
En Cambrie ;
Aber Fraw, embouchure de laFraiv.
AberConway, havre du Conway.
Aber Esthwyib, hâvrc de i^Ysthwyth, et ainsi des aalres.
En Bretagne :
ABËRy près Roscoff, amse profonde formée par l'insignifiant missetu du même nom.
Aberwrae'h, près Plouguerneau, kàvrt des gaUts, et non, comme on l'a dit quelquefois, havre de ia soreiire.
Aberildnty sons Lanildut, kàvYû-dc Saint^Ildwa,
Aberbcnoit, mot bybride pour Aberbenighed^ ic havre béni : près Lannilis.
Aberlac'h (par corruption Laberlanch), près Plougastel-Daonlas : le
havre du me%iTire.
AEL^ sommeil limite.
Keraêl» près Locqnirec» au sommet de la commune, haute^viUc:
Reraél y à Botsôrbel^ pourrait affecter les deux significations, étant à
la fois le point culminant de la commune et le village le plus reculé sur
la limite de cette paroisse et de celle de Guerlcsquin.
AHES ce qui divise^ fnit¥ (en cymraégy aces, prononces abcs) : par extension ruisseau* D'oii
Hent «liesy chemin de séparation. On Toitque l'étjmologie de ce mot n'a aucun rapport aveo la princesse Ahès, fille de Grallon^ sur laquelle il a été débité tant de fables. On a parlé de grands chemins envelop« pant toute la Bretagne et attribués par la tradition à cette princesse <|ui, disent nos yillageois^ avait l'intention de les pousser jusqu'à Paris. Un jour qu'elle visitait les travaux, elle vit une pie morte sur la chaussée de la route : ce qui lui rappela cette vérité un peu vieille, que, quoi que nous fassions en ce monde, nous devons tous mourir tôt ou tard. Cette pensée là fit rentrer en elle»méme » et elle abandonna ses gigantesques projets. La tradition existe dans toute la Bretagne, elle a fourni aux trouvères du moyen-àge la matière d'un joli fabliau, mais nos paysans ne nomment pas du tout telle ou telle princesse. On lui a appliqué, a tout hasard^ le nom vulgaire des seuls chemins importants existant à l'époque de la colonisation bretonne (hcnt aes) ou voies ro« nlaines, dont plusieurs semblent avoir formé, à l'époque susdite, la limite entre les colons bretons et les indigènes de l'intérieur : et, pour trouver à cette princesse Ahès ni^e existence historique, on a été la
fonrondre avec une autre hôroïne presque ausHÎ fabuleuse^ Dahut» fille de (j fa Ho Q (v. Puuld&vy). Une erreur de hiugiie a toulfait Ici, et accrédité uiie erreur historique pas^iée presque à Fétat d'axiome. — Kous np* )ilÎLjut*roas le même système a la déconipjâition du nom de Carhaii^ duoi otj a fait aussi une créaliou de la fameuse AUès, liien cm'eile cxis* Ul plusieurs siècles auparavant.
C^tel Xhea, château du ruissêmu : près Pluuçueineau. %
€leQO*Ahes* fosëi de séparation : au GuerUsquin.
Ker-Mes^ ville frontière (Carbaix : les habltaotides communes Toitltie» rappellent, par coutraeUou, Cartes). C'éUii à la fois lu capitale et la tille frontière d'une très ancienne principauté bretonne, le Paukaër
^BiroPober (r. Pou], Ou dit que c'est le Kris de ranooymc de UaTcnnes,
^V|ni ccn?ait au commencement du cinquième siècle.
ALLEC, gaute : $au$saye^ alefj^uen. Dans quelques endroits, ce nom a «lé francisé eu celui de sauderaye comme désij^nation topolo^iquc. Coatiltec, près Lanmeur» ifois de sauiù. Pontsle^ueui pont de ta Saussayc : près Morlaix, Rotitlouallcc ; le gué des saules^ au pied des montagacs noires.
Bianalcc et Plobannalec» ie grand saute ou le haut saute, ia butte
<u iau(e : deux comoiunea de la Cornouaîlle (v* Ban). Dannalec est
pelée dans de fieux actes^ Danadlcn et O^inadtanc : jamais Balance,
Qoie le renient quelque» arcbéolof^ues. Nous dirons cependant que
littan des Bretons fait en cymruêj BaUald, et balance B&nadiawk t
ittNi BOUS bornons-nous à émettre rétymolojjie ci-dessus sans la ilé*
; d*ailleurs le territoire de Bannalec renferme cfFectivemcnl beau-
>p de g'cnètières.
A\T, ftisse entre deux siUons : par cxtention, vatiée..* Elec'b ma ni aacrf er binas ma, e vn an ani er blouz a jficu. » Oà était le sillon celte €4 sera (a fusse Van prochain* Proverbe breton destiné ii peindre tjibillté des choses bumaînes.
aerrand (Gouer-4nt) vallée du ruisseau : ebâteau qui donne son h Plouéj^at'Gucrrand, sur le ruisseau de Goasvcn.
Baranton, son^met de ta profonde vallée : célèbre fontaine draîdiqur dan* la foret de BrocéUande» près Concoret. On retrouve ce nom, altén* I Barenton, dans diyerîics provinces de rninee. \ùn \*»r-
maniLle, près Rouen : sur la limite bretonne, près Hortain^ dans U ▼allée de l'Oise, en Picardie, etc.
Donant, profondô vattée, nom de la petite ririère qui sépare Taaié de Saint»martin-de8 -Champs , et qui coale dans an vallon cflectÎTcment très ahri|p,te«
Donanty nom d'an yilla^e de la commune de Saint-Jfean-dn-Doigt si^ tué au confluent derHercl et d'un ruisseau insignifiant : même ^igniftca • lion que le précédent. j^ -.
Brehant (Bre-ant), nom des deux communes situées dac* la'Tallée de rOaatetdu Goaenan (Brehand-Londéac et Brchand-Honeontour) Mûn" tagnc près de ia vaitée.
AOSf çénériquement rivière, ruisseau : en cymraëg awn. Ce nom a été appliqué spécialement à la rivière que nous appelons Aulne : il lai vient peut-être de
Guernaon, aunaie turia rivière, nom d'une belle forêt de la commune de Scriçaac, au coude de TAulnc, et au point oii il quitte Bolla sec poar arroser Scrignac et PouUaouen.
Steraon» rivière de CJon, village voisin de Chatcauneuf du Faou. Ce nom de Steraon est aussi celui d'un autre village situé sur un grand, affluent de l'Aulne^ affluent qui sépare Lennon de Chatcauneuf et que quelques cartes nomment Groancs : aussi a*t«on souvent confondu ee9 deux rivières et appelé feette dernière Aon, comme celle qui passe à Chàtcaulin.
On a cru 9 mais sans preuves, que ce nom propre d*Aon venait de quelque mystère du culte druidique : rivière de la terreur. Aon n'a pas de radical, il est lui-même un, ou plutôt il est une forme particulière des mots aw et awen, eau, fleuve.
AOT, grève^Tivage de ia mer. Les trécorrois prononcent et écrivent ot, par contraction.
Milin an Aot, moulin deiariue, près Locquirec. Bancl an, Aot, chemin de la grève, nom du chemin qui mène du bourg dePloujean à la rade de Morlaix.
Aotfranq, large grive, près Ploujean.
Parc an Aot, plateau couvert de bruyère près de Saint-Fol» de-fcéon : en français champ de ta rive.
ARHORi rivage de ta mur. Ce nom est très commun en Bretagne : cUi8 beaucoup de communes littorales» surtout celles du Léon, on dis* tinjjfae la partie voisine de la mer par le nom d'Armor on Arvor» que Von francise en Jrmorique. Ainsi Ton dit Arvor Plestin, Âtvor Plou ipisnou, ArTor Gléder : et fArmoriq^ de Plouo^oulm, l'Amifirigue de Plonnerez. Jadis» ce nom était connu dans la Haute-Breta(pie*: ainsi Âliin Bouchard appelle Armor le lieu où Gonan Mérladec et llazimus ninquirent Jubaltus , à rembouchure do la Rance. — On nomme jât'^ vortiles gM$ du littoral.
L'Armoriqne/*^ès Ploujean, très ancien manoir où» suivant une légende fabuleuse» Gonan Mériadec et Maximus Glémens passèrent une nuit en marchant à la conquête de l'empire.
AKZ» terre tahouraMe, plaine fertile, vient de ar (même siçnifica« tioà)etara» charrue. Sonrenlptaine, plateau.
Ara» Ile dn Morbihan. .
Anal» près de Musillac» plaine des étrangers. Nous trouvons effectlTement dans cet endroit de nombreuses traces de colonisation g^er- ■sniqae.
Aruno» (ars-an-bon), la plaine ou le plateau de la vallée : nom IW {grande paroisse entre le Scorff et TEUé. ^
^rtfïnf la plaine aux frênes f paroisse de la presqu'île deRnis» autrefois couverte de forêts» maintenant détruites. — C'est peut-être la Béme étymolo|^ie que celle d'Arthon, près Pornic» limite de la coloni- Mtion bretonne au sud.
AVAL, pomme : avalen, pommier. D'où
EaCambrle : Tnys a vallon , lie des pommiers » ancien nom de l'ile àt Ghstoubury, où fut enseveli le roi Arthur.
En Bretagne : Enez Aval» l'ile du pommier^ près Lannion» que l'on a quelquefois confondu avec Tile citée plus haut.
Rernavalletty village du pommier : près Plestin.
Porsoavalen (par corruption port Navalo), port des pommiers^ dans ia presqu'île de Rhuis, où Saint-Gildas plant^ un (j^rand nombre de ces arbres. Par ignorance de la langue^ ou en a fait mal à propos une station romaine (navale).
AVEL, vent. Ce mot s'emploie en composition pour désl^^ner des posi-
tions exposées aux vents, et par coaséquent des points ^généralement très élevés. En GornouaîUais, on contracte ce mot en a£i : ce qui induit souvent à confondre avec aïi» hauteur ou iimitô,
Keravcl : il y en a dans une foule de paroisses, notamment à Plougasnou, i JLanmeuri etc., maison dU vent,
Ty-aveleCf dans les montagnes du haut Ploug^onven, maison exposée auvent. G.L. J.
(La suite prochainement,)
Sac de Lexobie.
Voici les détails vrais ou poétiques donnés sur cet évéuemcnt par 4a complainte trécorroise :
Hastcrin Si douas gant listri A Zancraarck da Lexobi, Ag en deus y ïssiegot Gant pcvar mil a zoudardet
Gloar d'ar Vercbcs a Goz-Yeodct, Mclodi d'c mab biniguet!
Gloar d'ar Vcrchcs a Goz-Yeodel!
Melodi d*e mab biniguet !
Hastcrin, an tirant cruel> Evel ma antreas en ker, A gommanças da vassacri Ar gristenien dre m'o c*bifi.
Nao mis c oa ncuze gante 0 clasq abordi varncze :
Pa n'elle quct antren en ni, En dcusconcluet e zcvi.
Gloar d'ar Verchos a Goz-Yeodet, Mclodi d'e mab biniguet !
Gloar d'ar Vcrcbes a GoznYcodoty Melodi d*e mab biniguet !
Goude a pillas an oll vadou, Deus an ilis an tcnsoriou Ncmet rolcgou Sant Tuai Ëch ejont oll gant an dud fall.
An liabitanUl eus a guor Pa ou vuT \odjont en dan(;cr, O deus sonjet en cm renia, Kn Oiiperanv treli ganta.
Gloar d'ar Vcrches a Goz-YcoUct, Melodi d'e mab biniguet !
— lui —
Cathédrale de Trégoier.
1i. Mérimée, inspecleur-général des beaux-arts, et M. Schmil , inspecteur-général des cathédrales de France, ont visité l'église de Tréguierctont reconnu son importance monumentale. Le gouvernement est entré dans leurs vues , et elle est aujourd'hui classée parmi les monuments artistiques et religieux du royaume. Sa forme est celle d'une croix latine , et son style gothique ou ogival. Elle fut commencée en 1559; et il parait, dit M. Lorin^ à qui nous empruntons la plupart de ces <létaiU d'architecture , qu'elle fut bâtie sur l'emplacement d'une ancienne église romane, dont quelques parties ont été conservées à l'extrémité du croisillon gauche. Le style bizanlin y est parfaitement caractérisé, tant à la tour qu'aux arcades et m colonnes sur lesquelles elles reposent dans l'intérieur de l'église, et tout fait juger que cette construction remonte au-delà du Ville siècle.
Us dimensions de l'église , prises dans l'intérieur, sont ^e soitante-quinzc mètres àt longueur, depuis le portail de l'orgue jusqu'à l'autel de la croix, au fond du I rond-point, derrière le chœur; de trente-neuf mètres cinquante centimètres de I largeur au transept, de l'extrémité d'un croisillon à l'autre; et dans la nef, de dix- ^1 mètres quarante-cinq centimètres. Sa hauteur sous clef de voûte est de dixhuit mètres. Elle est sous l'invocation de saIntYugdual et de saint Yves. Leurs stafoes occupent les entre-colonnes du grand autel , dont l'entablement est soutenu prdes colonnes corinthiennes et surmonté d'un attique, au milieu duquel est assise une statue de la sainte Vierge.
L'édiûce , construit de pierres de granit et voûté partout , se compose d'une nef ei de deux bas-côtés. Les deux bas-côtés ou petites nefs , se prolongeant autour du choeur, forment ce qu'on appelle rond-point. Des chapelles régnent dans toute l'étendue du pourtour ; et les murs de séparation entre elles établissent les contre-forts qui servent de culées aux nervures des voûtes. On remarque aussi du côté septentrional , vis-à-vis de la nef, une chapelle en face de laquelle était le tombeau de siîDl Yves. Elle fut construite vers l'an 1420 , par Jean V, duc de Bretagne , qui y fut i nbumé.
— IW —
Les croisées de TéglLse sont Irès-riclics, d'un dessin extrônôômcut varié el d'un belle exécution. Mais le défaut d'entretien a été cause que quelques-uns se soi prématur^ea]^(}]^gradées. Dans plusieurs on a été ohUa^ de maçonner Un ass< grand K\^|piiNns,dq jours, faute de resaouroe pour les vitrer. Des sujets peints oi naienl autrefois pes fenêtres, mais il o'eD reste plus que quelques fragments. Dev galeries pratiquées au-dessus des arcades de la nef, dans l'épaisseur des muTS régnent tout autour de l'édifice. Elles sont ornées d'une balustrade à jour, omi de divers dessins et découpures. A labasedelapfMDîère, on remarque une espè< de vignette régnant dahs toute l'étendue de la loAjgtaeur des deux cdtés de la m On remarque aussi dans l'épaisseur de la muraille des bas-côtés , ainsi que dans ]< chapelles latérales, des enfeus ou tombeaux ornés de dentelures et autres décora Uons architecturales. Ils servaient anciennement de sépultures à des familles nobl de la ville et des environs.
Toutes les voûtes sont à nervures, qui se réunissent sur des colonneltes engagéi dans les pieds-droits et les piliers; on peut observer, comme une particularité pn pre à la Bretagne, dit encore H. Lorin , que les ogives de l'église de Tréguier d*0] point de clef. Les deux arcs se réunissent au sommet par un simple point, mên dans la chapelle du ducJeany.Ge serait un défaut sous le rapport de la solidilu si la coupe était plus surbaissée et les pieds-droits moins forts qu'ils ne le M>
A rexiôrioijr, des contreforts surmontés d'aiguilles assurent la stabilité de \o le système de l'édiûce , parfaitement conçu et présentant partout un emploijuc cieux et économique des matériaux. Car quoique les contreforts placés à l'exti rieur avec les double» arcs-boutanls pour soutenir la poussée des voûtes, semble présenter quelque chose de lourd au premier aspect , cette idée s'évanouit apr un examen attentif : et l'on reconnaît que l'espace occupé par l'édiûce , comps à la surface des points d'appui , présente un rapport proportionné qui ftdt hoi neur au génie de l'architecte. On peut juger, aussi à l'inspection du plan , qu'io a su garder une grande unité dans l'exécution. Le soin dans l'appareil des piem etlegoût dans les détails, prouvent que les travaux furent dirigés par des hommi habiles, qui imprimèrent à l'ouvrage le cachet de leurs talents. La plupart des pn fils sont très-élégants et presque tous différents les uns des autres , sans que l'oni en soit blessée. La clef de voûte sur le transep , ainsi que celle au-oessous de flèche principale, sont évîdées par une lunette d'une hardiesse remarquable et fo bien exécutée.
L'église est couverte en ardoises , à l'exception du porche de la grande tour, des trois chapelles en arrière de l'abside. Ces trois chapelles sont revêtues exi rieurement de dalles de schiste. Et quant au porche, il est d'une architecture f( riche. Son arrière voussure est décorée de figures en ronde-bosse, sculptées da le granit. Ces figures sont rangées sur deux files , en suivant les moulures^qui d( .sinent l'arcade , dix-huit de chaque côté. Plusieurs ont subi les injures d'un ma
|trau destructeur. La dcf de la voûlc paratt occupée par \ù Père Eternel , qui étend
i tirti sur toute Tassemliléc. Le porche est retêtu de deux voùles Huperposi^es.
.'mfi*fieufe est découpée à jour par des rosaces, qui laissent voir les compartinfienls
let les dico rations de la seconde, dont elle n'est s«3paréequcpar ihleriralle d'emirôn
Tingl ccnljm«Mres. Six statues en pierre existaient dans des niche* latérnlo.s» eau-,
j roanées d'ogives : mais elles ont elé enlctées cl détruites pendant les troubles de \n
•TolutioTi
Losjstémo pour lV-couleine)j^4es coût ilu toit est tout-ii-rail remanpialile. I>r s lut sont reçues au 1ms do la couverture de la mï dans de» gargouilles un pierre nant TassiiC sutnlTieure de la corniclu', ïU pour empêcher» dans aucun ca^p que I rihinîoQ des esmx n'ait lieu en trop grande <pianlLté clans Ic^s gargouilles, des onirê-pcnieft ont été élaUlîcs à partir de l'axe des croisées, pour les diviser et les If'verser tmr des canaux verticaux, pratiqués en saillie sur rexlérteur des murs, ih riii»1omb des contrerorls de la grande nef. I^s canaux ne desceuilent qne jusà'h ta hauteur de la naissance de la voûte, et reposent sur des arcs-lxHitants q li ntde ce point pour se rendre aux premières aiguilles. D*aulres arcs-boulants eut dans la même direction et reposent à leur tour sur les aiguilles des orts inférieurs. Quant à l'eau des conduits verticaux dont nous venons de f.elle passe ensuite dans des canaux couverts» servant de chaperons aux arcs- Dls , et traverse les aiguilles plus élevées pour se rendre aux aiguilles Infé^ Mais du point de la naissance de l'arc le plus bas , elle coule à découvert ïieUiifise ensuite des deux côtés de la dernière aiguille pour se rendre, par de olUes, aux grandes gargouilles des bas-côtés» d*où elle est déversée jusqu'à 9 par des canaux ornés de chimères. Cette disposition, toute ingénieuse qu^etle lit cependant t»esoîn d\Hre exécutée avec beaucoup de soin et de perfection, oir toute son elUcacite : car une chute d'eau d'une pareille hauteur exerce e grande puissance de dégradation.
îïQ paieries en pierres avec des balustrades ornées d'ogives cl autres dessins va*
. existent à l'extérieur tout autour de la c^ittiédrale, tant à la naissance des
i de la nef que des bas-c6lés. Mais la plus grande partie est aujourd'hui dé-
i;it D'en reste guères de bien conservées que celles des bas-ciHés, surLout en
r (lu etoitre. Les aiguilles qui couronnent les contreforts sont évidées par le bas
ur procurer le passage sur le trottoir de ces galeries; ce qui les affaiblit sans
utc:et il a fallu en augmenter la hauteur pour leur donner une solidité capable
^soulcînir TacUon répubivcdes arcs-boutanls.
As tours déc4>rcnt cette cathédrale. La princîpaJe est celle du croisillon droit.
itBi couronnée d^une balustrade de granit, et surmontée d'une superbe flèche
ffitcm^» de forme octogone , à angles non prismatiques, mais ornés d'un cor-
I ou boudin longitudinal , et toute percée à jour par d'élégantes découpures. La
totale prise du pavé jtrsqu'À la croix inclusivement , est de soixanle-douxe
(321 pieds 9 pouces). Mais cette IkThe est moderne, même pour le style
— ihlx —
d'architecture. Elle fût commencée en i785 et terminée en 1787. Pour sa oonstroctionLoui» XVI donna nngt mille francs et le chapitre de la cathédrale quinie mille. Le 26 avril i858 , vers six heures du soir, elle fut frappée de la foudre; et une lézarde assez éiendoe qu'on remarque à «)n pied , au point db sa jonction à la tour, atteste la violence du fluide électrique.
La seconde tour dite du Sanctus, parce qu'elle renfermait autrefois une dociie qu'on sonnait à celle partie de la messe, est assise sur quatre superbes piliers à colonnelles qui dessinent le transept de l'église. Sa plate-forme est comme celle de la précédente, entourée d'une galerie en pierres et surmontée d'une flèche conique couverte en ardoises.
La troisième, et la plus ancienne, est située à l'extrémité du croisillon gauche, et présente un édifice carré, ayant à son angle oriental une tourelle qui sertdecag^ à un escalier en pierres et à plein-noyau. On l'appelle tourd'Hasting, parce qu'on, l'attribue à un capitaine danois de ce nom , qui s'empara de Tréguier en 8S6. c Has» teing, capitaine des Danois qui escumaient la mer océane, dit Albert-le-Grand « vint avec une grosse armée navale au Bécleguer. Ils assiégèrent et prirent d'assaut, la ville de Lexobie... Puis , passant outre , ils entrèrent dans l'embouchure du Jau— dy, et posèrent les ancres devant le monastère de Trécor, lequel ils pillèrent. Hais trouvant ce lieu d'agréable situation et accommodé d'un beau poit , ils y laissèrenC une peuplade , laquelle commença à y bâtir une bourgade et un petit fort pour &^ défendre des subites incursions des Bretons, duquel reste encore une tour carréi^ sur la grande église et qu'on nomme encore à présent tour d'Hasleing. • il paraisbien plus vraisemblable que cette tour existait avant cette époque , et qu'elle niB prit le nom de tour d'Hasteing que parce qu'^e fut choisie par le capitaine comme un point d'observation pour surveiller soit l'entrée de la rivière, soit les environ^ de la ville. Des vers qui se lisaient anciennement sur le Drontispice du côté de la porte de la sacristie, attestent assez que c'était là une église et même un siège épi»copaî. En voici le sens : Hasteing s'empara de ce siège , et par lui il devint fw cant , le prélat ayant été tué. Le caractère même de l'architecture , au jugement des arcliéologues , annonce un ouvrage antérieur au huitième siède. Dans l'intérieur de l'église, celte tour repose sur des piliers dont les socles et les chapitaux sont revêtus d'ornements absolument analogues à ceux qu'on observe aux colonnes du temple de Lanlcfl*, ouvrage qui n'étant sans doute que le clottre d'une ancienne église bâtie sur le plan primitif, au temps des pénitences publiques, doit remonter à la fm du septième siècle ou au commencement du huitième.. La voûte sous la tour d'Hasleing est sans nervures ; et , pour me servir des termes de l'ingénieur déjà cité, elle est d'arréle avec aros-doubleaux , supportés par des colonnes romanes engagées dans les piliers. Cet édifice paraît avoir eu quatre étages. Les deux premiers sont sur voûtes plates. Les deux autres n'avaient que de simples planchers, à en juger par l'encastrement des poutrelles dans les murailles: car aujourd'hui ces planchers n'existent plus, et tout l'escalier correspondant à leur hau»
^t! détruit. A chaque face de l'élage supérieur, si ce n'esi m sud-e^t. celte
uf estéclaîrée par deux fenêtres à pleio cînlre avec double arceau » cl surmonlée
Rti^fjeuremenl d*un cordon en saillte, excepté toutefois celles de Toucst qui sont
\ (wiile ogive ; ce ijui a fait conjecturer qu'eliea» n'apparliennetit pas à la même
nue. Hais il nous semble que celle raison n'est pas fondée, parce que, dans
^tirdiilôciure d'alors, la pelite ogive se trouve souvent mêlée au plein-cintre. Dans
cette louf môme . plusieurs autres ouvertures soûl ogivales, par exemple la porte
deracalier et d*aulres fenêtres masquées par tedoilre. On peut remarquer la m*>me
^dioscà la tour de Saint-Conéri , ouvrage qu'on fait remonter jusqii^au sixième
Hkède. Ainsi celte diffcrence diins le style n'annonce point une époque dilférenle,
^RbaîsplulAt caractérise Tépoque.
" A cette partie de ré^^lise se trouve joint un cloître qui fut commencé en l4Ct , elbéïii en U69 par révoque de Sinope qui se trouvait alors à Tréguier : ce qui fait lojectarer qu'il fui huit anî en construction. Il est formé de quarante -huit arcades îlules d'une grande délicalesse, reposant sur des colonnes de mèuie style . grou- I ptr quatre pour former des pieds-droits, et sur une colonnetle placée au mii|ujiir soutenir les rosac&s qui remplissent la partie ogivale. Les rosaces sont à u\à\}\e parement avec des protiK et des détails d'une grande pureté d'exécution . fl*eD pierres de granit. La base des colonnes est un stylobate continu, ouvert nement en deux endroits pour le passage, te toit est en appen'Js , et tes fermes point de lirans : mais ou a habilement soutenu leur poussée au moyen de vés de trois en trois arcades. Ces cotiforls sont surraonlés d'aiguilles Pbgive en relief et couronnées d'une pyramide triangulaire. Dans le préàti B renferme son enceinte, on remarque aujourd'hui divers tombeaux qui ny talent pas anciennement *: C3 sont dc?i sarcophages peu élevés, sur lesquels sont r^iHtcbâes dûs statues, les unes en vôtemenls religieux et deux en habits guerriers. Côdetix dernières représenieni des chevaliers armés de pied en cap , à Texceplion fétu tfilo qui est sans casque* Ces moaumenLs sont sans date; et il paraît qu'avani |ilrcTdution de 1703, ils étaient placés dans l'intérieur derégllse.
L'AàÙé U^.
Plouffiiîel.
eâl situé au nord-ouest deTréguier» dont il n'est séparé que par la ri-
ndy ou de Saint-Frani;ois. Aulrcfois la communication était établie au
d'un bac : aujourd'hui elle Test par uo pont suspendu. On ne connaît ui
— IW —
l'époque de son érection en paroisse, ni l'origine même de son nom. La manière dont il est écrit dans les anciens auteurs qui en difisent les deux syllabes, donne à juger que c'est un peuple dont le premier pasteur porta le nom de Guid (peuple de Guiel), ou bien que l'on appelait ainsi le seigneur de la juridiction duquel relevait d'abord ce lieu. Ce qui fait naître cette opinion, c'est qu'il se trouve encore aujourd'hui dans cette communa une ancienne maison noble appelée Lesquiel , ou si l'on veutLez-Ouiel , mot dont l'élymologie peut signifier Cour de justice ou Juridiction de Guiel. Mais , il fout le dire , cette maison qui , dans son état actuel , annonce une construction du treizième siècle, est loin de soutenir l'honneur d'mie pareille conjecture : ce n'est qu'une simple ferme couverte en chaume , n'ayant d'autre étage • que le rez-de-chaussée.
Après les bouleversements de i 705, cette paroisse conservée fut érigée en succursale par décret du ier frimaire an XII (23 novembre 4803). Depuis, sa population s'est beaucoup accrue , et aujourd'hui elle ne compte pas moins de 2,800 habitants. L'élise, agréablement située sur une hauteur en £ace dcTréguier, est disposée en croix latine et se compose d'une nef de trente-huit mètres de long, dans œuvre, depuis le portail jusqu'au pignon du grand autel. Elle a deux bas-côtés dont elle est séparée par deux rangs de piliers octogones , les uns avec chapiteaux , les autres, à cintre plein ; elle offre un tel mélange d'architecture gothique et romaine qu'il serai ^ difficile dindiquer d'une manière précise l'époque de sa construction; et, poovdire vrai , c'est un composé de parties , successivement bAties ou réparées : car, s' fil en est qui peuvent remonter jusqu'au douzième ou treizième siècle, il en est aus^i d'une date tout-à-fait récente.
Le portail et la porte intérieure du vestibule sont absolument identiques et m^* ritent une attention particulière. Ces deux ouvertures sont à ogive peu prononcée , ayant à l'extérieur un cordon en saillie , reposant sur deux courts pilastres. PI iisieurs autres cordons régnent dans le contour du cintre, ainsi que des moulures remplies de vignes avec grappes. Il y a aussi au devant du portail un petit porcM voûté qui mérite d'être remarqué. L'entrée présente une arcade à plein-cintre, or* née de dentelures. Le clocher, tout en pierres , est à flèche pyramidale avec troii ouvertures ou chambres de cloche, et surmonté d'une croix de fer. Autour de si base règne un joli balcon en saillie. Les pierres à l'origine du cordon sur lequel il repose, sont couvertes d'arabesques. Dans l'intérieur de l'église, au côté gaudie de l'autel du Rosaire, on remarque un enfeu occupé par un tombeau assez bim conservé. C'est un sarcophage de pierres sur lequel est couchée la statue d'un chevalier. La tête sans casque repose sur un coussin , au bout duquel est un écusson dont les armoiries ont été effacées. Les yeux sont fermés. La cuirasse, surmontée d'un gorgerin, est sans carène ou bombement longitudinal; ce qui accuse une époque antérieure à l'usage des armes à feu. Les épaulières formées de trois petites plaques cpnvexes, puissent la cuirasse aux brassards. Les mains sont jointes sur la poitrine. Les tas$ettes sont formées de cinq lames dont les dernières couvrent le
liaui des cuî&sariis. Las genouUlcTcs sont asscx fortement articulfks à la joiiclion des cuissards et des grèves. Les pîeils sont appuyés sur un objet rtui parut! être le cef|Nid*iiii lion dont on a bris«^ jusqu'à l'encolure, il parait aussi que la dague était pliOâe enire les deux jambes. Uais un niurteaii destructeur la mise en pièce. On pvétiutne que c'est la sépulture d'un ancien seigneur deKérousi, Mais on ne peut lien disUngtier dans Fécusson qui confirme ab^îolumcot cette conjecture.
^^ ,\ranl ta nWolulïon , les collatenrs de la cure de Plouguiel étaient le Rouveraîn ^■Dntife et l'évôqucde Tréguier, è rdltemallve, chacun dans son mois. Le revenu ^Bb prémices y annexé , d*après une déclaration de 1730, était de 58 lieclolitr€8. ^^a froment^ dont 56 seulement exigibles, cl évalués à 4 fr. 15 cent. les ^^ ktL
Parmi les événements remarquables de cette commune» il faut compter l'établis -
«emenl des religieux Franciscains. * En 1183, dit Alberl-le-Grand , le duc de Bre-
^^llgiW, François 11 , fit venir les Conlelicrs qui étaient en l'une des sept lies, dans
H|lntentson de leur former un couvent près de la ville de Lanlréguer, duquel furent
^^tbnd&teurs Jean , sieur de Kerousi , et Jeanne de Bark, sa femme.
^^ Us prîjicipalei maisons nobles étaient 1' Keralio, partant d'or au léopard de ^m^/e n, avec basse, moyenne et haute justice. En 1701 , elle appartenait à GuiU ^Pbuiae-Artbur deKeralio. seigneur de la MaUc. Celle famille, dit Guy*lc-Borgne p V'i lirôduit des hommes de cœur qui , pour la plupart sont morts ayant charges et Gowmandement dans l'armée des ducs de Bretagne. On cite surtout Goillaumede leialb. vaillant et expérimenté capitaine, qui , en 1423, périt à la prise de l'île de tbodcs, après dtis preuves éclatantes de valeur. Ce château qui autrefois appart«- **til au connétable Olivier de Clisson. est encore aujourd'hui rnlourè de larges ^o«Tw. Près du pont qui donne entrée dans la cour, on renconlre une tourelle re- ""ifquftble par l'épaisseur de ses murailles , ses meurlrières et ses larges macliicou- ^.C'«l une construction du treizième au quatorzième siècle^ et qui existait par «î'Nquenl au temps de cet illustre guerrier c'est aussi lu seule pièce antique de nût»1e manoir : car le corps de logis qui de là s'étend jusqu'au donjon , peut gét être attribué h la (in du quinzième siècle^ et le principal ediâce remonte âpcbeà la On du seizième;
t* Ecnnizî , qui portait d'or mi lion de sable ^ avec cette devise : Pour le mieux, ^3lllB maîaon avait basse et moyenne justice, et passait pour une des plus anciennes ^ni. Elle peut se prévaloir, dit rautcur déjà cité, d'avoir fourni en divers temps 4» personnes de valeur et de renom. U reste encore de ce château deux corps de logbaéparés. Le principal, fortemeni construit» conserve de la fraîcheur et se fait marqaer par son élégante corniche en forme de mâchicoulis. Ces deux construc- ^Som fkAraisseal dater du seizième ou dix-septième siècle. En 1104 , ie seigneur du*
-liHlire écosson au funds d'or avec un léopard doit.
dil lieu était le chevalier Joseph-Marie de Kerousi , qui possédait en outré Lesquiel cl Kcrdanzer;
3- Leshildry ou Lesquildry, avec bassç juridiction , portant dazur à trois he^ sans d'argent , 2 eM avec croissant de même en abùne (**). En 1704, celle maison appartcnailau chevalier Olivier-Jacques de Leshildry. Gel ancien édifice , assez biea conservé , se compose d'un principal corps de logis , el de deux ailes qui le coupent à angle droit. Il parait généralement dater du seizième au dix-septième siècle , sauf le Hanc extérieur du principal corps de logis qui peut appartenir au treizième. C*est dans cette parliequese Irouve une cavilé , nommée toulcus , dont on ignore la profondeur. On croil qu'elle conduisail à un souterrain : el la significalion du mot désigne en effet un lieu de cache ou de refuge.
rjbbé U***.
Grottes de Plouharnel.
Les Grottes de Plouha rnel (Morbihan) , découvertes le 6 octobre 1 849« par M. Le Bail, maire de celte commune, sont situées sur an petit tertre granitique inprodnctif, connu sous le nom breton de RochMuyon' Tai'Rondossec, entouré d'une légère clôture en pierres sècbcs, à une distance d'une portée de fusîl du bourg, à droitq de la route qui conduit à Erdevcn, et à environ deux kilomètres et demi des premières lignes des pierres de Garnao,dont nos plus doctes archéologues ne eonnaisseni encore ni l'origine ni la cause de l'érection.
Les grottes sont au nombre de trois, séparées l'une de l'autre par an intervalle de près de quatre mètres, et par trois chemins couverts dont le plus long à dix mètres de longueur. Ils conduisent fous en ligne droite à l'intérieur des monuments.
(**) Cest-U-diro que le fonds do récusson otail couleur d'azur, ayant en haut, de chaque cMé, un h«sant d^argenl , cl un troisième au has avec un croissant de même «éul ao milieu.
Les fouilles qui out condait à la découverte de ces monuments, que Ton peut reg^arder comme la répétition de celui de Vile de Gavri-nis , moins cependant les caractères hiéroglyphiques qui distinguent les' pierres intérieures de ce dernier, sont peut-être aussi les interprètes muets de ces menhirs çi{]^antesques et énig^matiques qui couvrent cette tride contrée. Ces feuilles ont été faites par les soins de M. Le Bail, sur les indices que présentaient plusieurs larges pierres dépassant la superficie Ju sol d'environ ISO centimètres, commencées par la grotte du milieu, elles n'ont eu d'autres résultats pour celle-ci, que de se faire jour ptr un chemin couvert à une salle carrée formée de pierres debout, recouvertes d'un entablement de deux autres pierres d'une énorme dimension placées horizontalement à côté l'une de l'autre etufées à la surface comme par l'effet du passage de quelques milliers de siècles. Les trous que Ton remarque sur ces deux pierres ont été faits pour essayer d'ea faire éclater des morceaux. Le chemin couvert et l'intérieur de la grotte étaient comblés de remblais se composant de terre végétale et de petits cailloax silicieux de diverses couleurs, provenant, selon toutes les apparences, de la côte voisine de ce lieu. On remarque parmi ces amas de décombres des fragments de diverses piètres, auxqlielles les Druides faisaient donner la forme de Ceitœ et qu'ils affectaient d'après l'opinion de plusieurs savants aux cérémonies religieuses.
Dimensionde la g rot te du milieu: — Hauteur de l'intérieur i m. 80 c. I*arçettT5 m. Longueur 3 m. 23: Pierresde couverture. — Epaisseur i m. ^tr{rear4 m. 40 Longueur 6 m. 30 : — Chemin couvert. — Hauteur! m. SOc. Largeur 83 c. Longueur 8 m.
De la grotte du milieu, les travailleurs ont passé à celle de gauche flisint face à la grande route d'Erdeven. Cette fouille a conduit à la dccoavertc importante de deux colliers ou brassards en or, très bien couserves, d'un travail simple et bien poli de quelques ossements, de cendre, fc charbon, et de fragments de vases en terre cuite presque vermoulus.
Le chemin couvert de cette seconde grotte présente la même forme et ' peu près les mêmes dimensions que celle précédemment fouillée. Les ^rres qui ont été extraites sont aussi de même nature. Arrivés au ccn- ^ de la grotte, les ouvriers ont été arrêtés par la résistance d'un corps ^r, dont il s'est détaché quelques pierres brutes tombées sous les coups les instraments dc.travail. C*^st alors qia'ils se sont aperçus qu'ils ve-
«aient de briser un vase en terre dans lequel se trouvaient deux colliers on brassards d*un métal poli, de couleur jaune cuivrée, ayant encore da brillant, et qui heureusement n'ont point été atteints par le fer des ouvriers. Les pièces du vase ou de l'urne dont ils <^nt voulu se saisir étaient tellement friables qu'ils n'ont pu les conserver dans leur entier. Ce vase se trouvait renfermé dans un compaitiment formé de pierres non travaillées que les ouvriers, dans an moment où ils n'étaient pas sur* veillés, démolirent entièrement, pensant qu'ils n'avaient rien de mieux à faire qu'à niveler le terrain du fond de la crotte. Il était trop tard pour leur reprocher leur maladresse: le mal était fait. Après cette découverte on pénétra dans un cabinet adjacent, ayant a l'intérieur la hauteur d'un homme de 5 pieds, formant un petit carré et communiquant du côté gauche, par une porte pratiquée entre deux pierres debout avec la salle de la [jfrotte. On trouva dans ce cabinet, au niveau du sol , après l'avoir déblayé, des charbons, delà cendre^ des débris de vases en terre cuite et quelques ossements.
Dimension de cette seconde grotte. — Hauteur de l'intérieur I met. 80 c. Largeur 2 met. 60 c. Longueur 5 met. 50 c. Hauteur de l'intérieur i met. 80 c. Largeur i met. 50 c. Longueur i met. 70 c.
Pierres de couverture, — Epaisseur I met. Longueur 5 met. 8 c. liurgeur 2 met. SO c.
Chemin couvert. — Hauteur intérieure i met. 20 c. Lono^ueur iO met. Largeur i met.
La troisième grotte, qui n'est qu'une miniature auprès des deux autres a été également fouillée; elle renfermait quelques restes d'urnes et un petit vase en terre cuite ayant absolument la forme et la capacité de la moitié de ces fromages connus sous le nom de tête de more. Ce vase est aussi tombé en morceaux» quand on s'en est emparé.
Dimension de ta petite grotte. — Cette salle est sans pierre de iQou* verture. Hauteur intérieure, i m. 20 c. Longueur, I m. 60 c. Largeur, i m.
Chemin couvert, — Hauteur, i met. 2 c. Longueur, <$ met. Largeur, SOc.
-Les deux colliers ou brassards en or sont absolument de la même forme , seulement ils diffèrent un peu dans le poids et la largeur de la feuille du métal. Ils ont donc 56 centimètres de circonférence et pèseul
de l«S7 à I6ÎS grammes cUacuo, dunt la Taleur totale est cslimée à une somme d*cnvtroii 800 fr. Le centre de cet colliers est divisé en douze légers filigranes serrés l'un sur Vautre et coui>é9 borizontalcmcnt; ils •e ferment au moyen de deux petits plis faîtî) dans les cxtréiaités, qui s'afntfent Tun dans Tantre. Ces Itrassards paraltraîcnt avoir été les iasigiiea d'une haute distinction et se portaient peut*étre dans de |[raail«8 tférémonics. Etait-ce par des prêtres druidiques ^ par des Louimes dm facrre» ou par des bommes de juslice? Là s^irrètent les conjeetures et «'épaissît le voile qui cache à nos yeux les pratiques mystérieuses de ces peuples reculés.
On 8*est occupé de savoir si le g^ranît des énormes masses qui recon'* ▼rent ee«» (grottes appartient au sol sur lei|tie1 il se trouve placé. Il pareil avoir été reconnu, après confrontation, que le çrain n'est pas le même, et que ces pierrea auraient été extraites dans une antre partie de lerraîn.
Il m été pris rapidement ait croquis de ces monuments et de Fan des culUers. resté en la possession de M. Le Bail ; un fac-similé en fer-blanc de ce collier a été exécuté ;i Liirient et est réservé à la section d'Archéolagie de TAssociation bretonne, comme un faible hommage dn souvenir de Tauteur de cette notice.
Le Géant Guingampnis.
J*aî, plusdune fais, entendu affirmer, du Ion le plus dogmatique^ que le vaste départeuienl des Côles-du-Nord . le cîn«|iiicnje de toute la France, pour la i>opulalion, était dès
ïmiers, si l'on a égard aux personnes niarquautes qxie les
lUresont données à l'histoire.
Partag^eant avec la plupart des hommes cet amour du pay» natal qai faitquon s'intéresse vivemeutà tout ce qui lecoa-
corne, j étais vivement contrarié de cette soite de flétrissure qu'on infligeait à ma patrie.
Un jour que je veiiaîs d'entendre répéter le même outrage, il me vint une idée qui a été heureuse... Il faut vérifier cette terrible assertion, et visiter le temple de mémoire. Si j'y trouvais cependant des gens de ma contrée ; s'ils y étaient à centaines, quelle consolation pour mon cœur! quelle réponse foudroyante contre les contempteurs audacieux qui nous moi^ tifient! ! quelle leçon pour tous ceux qui blasphèment ce qu'ils ignorent ! ! !
Et me voilà sérieusement occupé de cette recherche qui devait résoudre le problème. Je suis maintenant à même de démentir complètement la calomnie qui attaquait tout un pays et tous les siècles passés. L'Aonuaire des Côtes-du-Nord a signalé, dans ses quatorze volumes parus, environ trois cents j)ersonnages qui se sont distingués dans diverses carrières. Cette revue de nos illustrations n'est pas épuisée.
Je pourrais, dès aujourd'hui, en évoquer qui n'ont pas encore été cités dans nos recueils. Je me contenterai, pour le moment, de vous présenter un Guingampais qui était à la (ois un grand homme et un homme grand : c'est le géanf Auvré, coimétable de Normandie.
Ceijueje vais en dire est tiré de la Chronique riméc des ducs de Normandie par Benoit, trouvère anglo-normand du i 2e siècle; des Chroniques de Normandie publiées par Dom Boufjuet ; du roman du Rou et des principaux historiens de Bretagne, ainsi que des notes des savants qui ont donné de nouvelles éditions de ces différents ouvrages. Loin de deman- <ler (ju'on me croie sur parole, je découvre les sources anciennes et nouvelles où je puise, et l'on peut contrôler mon récit.
Auvré, que quelques historiens écrivent, Auvrcd et Awred,
était né à Guingamp, aujourd'hui chef-lieu du troisième arrondissement des Côtes-du-Nord. Son nom, tel qu'on le donne encore, peut remonter au mot qui dirait Le Breton, ce qui signifierait le breton par excellence. Il aurait été connu a 1 etranger par celte désignation nationale.
On va voir Auvré ûgurer avec éclat à la cour du duc de Nor- ' mandie, et qualifié de Géant. Jl fallait que ce fût un vrai Goliath, pour qu'on le distinguât ainsi dans la Neustrie dont les habitants sont encore d'une taille supérieure.
La nuit des temps nous dérobe les prouesses qui , marquèrent les premiers pas d' Auvré dans la carrière dès armes, mais le bon sens y supplée assez pour nous faire reconnaître qu'il dut multiplier les prodiges de valeur, puisque nous savons que le chef d'un peuple redouté dans tout l'univers le demanda, comme une faveur spéciale au duc de Bretagne.
Sans doute que le souverain de l'Armorique liésîta longtemps, mais comme il relevait du duc de Normandie, et qu'il était son parent, son cousin germain, il crut devoir faire ce sacrifice, surtout en temps de paix et comme moyen de cimenter lalliance des deux nations.
Je ne m'arrêterai pas à vous peindre la douleur des concitoyens du héros partant pour la Neustrie, et la joie de la cour du successeur de RoUon, à l'arrivée du lion de Bretagne.
Voyons notre brave à l'œuvre. Sans vous fatiguer à parcourir tous les champs de bataille où il s'immortalisa et sans compter tous les ennemis qu'il terrassa, arrivons à un des grands événements de l'histoire des deux provinces, et examinons la haute influence qu'y exerce notre valeureux géant.
Robert 1er était monté sur le tronc des Normands. Arrêtez un regard sur ce potentat que ses peuples surnommaient le Libéral, mais qu(^ ses adversaires vous annoncent
par unequaiifieatiou épouvantable : à leurs yeux, c'est le dia ble fait homme, Robert le Diable. Or, le diable doit se biei connaître en fait de guerriers. Puisqu'il insiste pour avoir celui-ci à ses côtés, c'est qu'il était digne d'un tel choix, et les faits vont le montrer un vrai diable à quatre. •
Alain III régnait alors sur la Bretagne continentale. Mal conseillé par quelques jeunes courtisans, il refusa d'aller rendre hommage au duc de Normandie. On sait que la Bretagne avait été donnée à RoUon, pour nourrir la nombreuse colonie d'hommes du nord qu'il venait fixer dans les champs dévastés de la Neustrie, C'était sur ce don que s'appuyaient les princes Normands pour se dire suzerains des Bretons. Mais on leur répondait que l'Armorique n'avait été astreinte qu'à les faire subsister jusqu'au moment où ils pourraient se suCfire, et le fiei Alain prétendit que ce jour était venu.
On négocia longtemps : tous les moyens de douceur furent employés par Robert, qui se montra bon diable, tandis qu'il espt^ra persuader son cousin. Quand les Talleyrands de l'époque eurent épuisé les protocoles, il fallut quitter la plume pour l'épéc.
La partie plaignante , Robert commença par garnir ses états de forteresses et il y mil des garnisons d'élite. Il crut devoir apporter une attention toute particulière à garantir ses confin* du côté de la Bretagne. Ce fut à Charrueix , entre les deux provinces, qu'il fit élever un boulevard qu'il s'efforça de rendre inexpugnable. Les ruines de cette place forte , attestent encore au voyageur du i 9® siècle, l'importance que dut avoir cette construction militaire. Cette clé de la Bretagne et de la Normandie dut n'être confiée qu'aux mains les plus fortes et les plus sûres, aux braves les plus intrépides et les plus incorruptibles. Née de Saint-Sauveur, vicomte du Cotentin , et Auvré le géant furent proférés à mille autres capitaines renommés,
pour commander ce château qui dominait le Coësnon , fleuve mi-breton et mi-normand. Nos deux frères d'armes étaient égaux en dignité^ tous deux connétables du ducRol>ert.
Sûr que son duché resterait tranquille au-dedans et respecté au dehors, tandis que nos deux foudres de guerre !e garderaient, Robert réunit une armée formidable, fut enchanté de la voir partager son ardeur et entra eu campagne. Il force le pacage de la Bretagne et s'avance en vainqueur jusqu'à Dol. La ville est prise et pillée; le peuple épouvanté s*est réfugié dans la cathédrale. L evêque est tué à la porte. Les environs de Dol furent le théâtre d'une dévastation générale.
Les guerriers Bretons entendirent le cri des victimes. Eudon, frère d'Alain, se mit à la tête des vengeurs. Il poursuivit et repoussa les Normands jusqu'au bord de leur province. Non contents de s'être délivrés des redoutables visiteurs, le Cls de l'Armorique parvinrent, par un passage détourné, â se jeter sarrAvranchin; ils y promenèrent les ravages et la mort.
Las de verser le sang de leurs ennemis, et cbai^^ de dépouilles, ils allaient rentrer dans leur patrie.
Les gouverneurs de Gherrueix les attendaient la. Y<mlant finir, par une action décisive, une guerre funeste aux d^ux pays, ils profitèrent du désordre qui régnait dans Fexpédition bretonne.
Néel harangue la garnison et les paysans attroupés, et prr>niet que le géant viendra décider la victoire. Les soldali^ d'Kuion veulent franchir les obstacles; on réi^md xiffmnfWieiiiffui Ueor charge mal concertée; on tomlje sorceox qui «locit di*r- P««és. Le géant accourt, fond sur les dér^SUOeurh sarr:han;é^ de butin et les force à lâcher leor riche proie.
Aucon de ceux qui étaient entrés en Noruxaiidie n é< ha{')a.
Les historiens de b BrelagiMr Uâmeiit uaammffttÈ^ùi b }«s^
d'armes du jeune léinéraire Alain. Ils ajoutent qu'il ne tira que chagrin et confusion de son refus d'hommage. La guerre commencée en 1028, finît par cette affaii*e décisive, en 1029.
L'année suivante les deux cousins furent réconciliés par l'entremise de leur oncle, Robert, archevêque de Rouen, a condition qu'Alain reconnaîtrait Robert comme son suzerain. Alain, instruit à l'école du malheur et mieux conseillé, consentit à la cérémonie qui eut lieu là au mont Saint-Michel, devant les deux cours.
Depuis cette entrevue solennelle, les deux princes vécurent dans une intimité que rien ne vint altérer.
Robert alla signaler sa piété en orient.
Le connétable Auvré put le suivre et partager ses bonnes œuvres. Je vous mènerais trop loin si je vous entraînais sur les pas du géant jusqu'aux lieux où naît l'aurore. L'épisode que je rappelle met sur la voie pour achever l'épopée.
De Gârabt.