‹ Bibliothèque bretonne, collection de pièces concernant l'ancienne province de BretagneChapitre 15 sur 46 · MERVEILLES · texte numérisé non relu

MERVEILLES

Advenues à Disuan en nng Puys qui est dedens la dicte ville.

c En c'est an mille cinq cent et vingt, te mercredi onzième jour d'apvril après Pasques, en ta ville de Disnan, avoit ung vîcl puys merveilleusemenl aval el profond en la rue du vieil Marchix : lequel avoit esté achevé de curer ce dict jour. Et le lendemain qui estoil le jeudi ensuivant, se trouvèrent aulcuns bourgoys et mar- <;|ians de la dicte ville près le dict puys : et entre aultres ung nommé Pierre Rogier, chaussetier, et ung aultre nommé Jehan IIus, drapier; lequel IIus. par manière de passe-temps ou gaiailles. dist au dict Kogier qu'il nesauroilne ne pourroit puyser deux seillées d'eau au bas du dict puys, soit pour la profondité du dict puys, que

. pour la frescheur ou froidure qui en proccsdoit: lequel Rogier descendit au dict puys par une eschelle qui y estoit demourée du jour précédent et cfaeul lout incontinent sans jamais parler à personne el mourut subitement. Le voyant /ceul qui esioicnt attendans au hault du dict puys furent merveilleusenent esbaliis el fut faict grand cry parmi la ville de cestc adventure el vindrcnt grant nombre de gens veoir ceste fortune. Et entre les aultres y vint ung nommé Geffroy Rogier, frère du dict Pierre, lequel descendit dcdens le dict puys cuidant faire àyde et secour à son dict frùrc , et lout incontinent qu*il fut descendu au bas du dict puys cbeut tout mort sur sm dict frère. Le voyant, ledict Jehan IIus cuidant faire ayde ausdict Rogier, il y descendit; mais il y demoura pareillement comme les dessus dicis. Puis après y vindrent ung nommé Jehan Ilerconet, charpentier, et sou scr\ileur nommé Jehan Henry, les(]uels y descendirent l'ung après Faullre et ils dcmourcrcnt comme les dcs.sus dicls sans retour.

« Finalement y fut descendu ung nommé Uobert-IIenry Charpentier, frère ou parent du dict Jehan, le»|uel fut lié de cordes par soubs les bras aflin de le retirer si on le voyait en inconvénient ou nécessité. Lc(piel descendu au bas du dict puys

cl en prenant par les chcveulx Tung de couix qui esloient dcmourés devint comme Iransy et quasy mort : fut retiré en hault , mais il ne parla oncques depuis el mourut le lendemain en suivant; tous les aultres furent tirés avccqucs crocs de fer, lextpicU estoicnl morts qui fut chose moult pileuse.

• Voyanl les fortuhcs ainsi «idvenucs, messieurs de la dicte ville fireni faire def-

Cenceque personne ne se ingerast de plus descendre au dict puys. Mais bien y ont

descendu plusieurs besles comme cliiens, chais, couleuvres el crapaulx , poulaillcs

et aullres volalillesàgrand nombre; mais finalement tout ce qui y a esté descendu

en vie y est mort devant qu'il ait esté retiré en hault.

€ Pour éviter.le péril et danger advenir à causo JjAdict puys. a esté par los

gouverneurs et ofliciers de la dicte ville deOisnan cofamandé fiiire dcsUindre de la

cbatix vive à grant puissance ce ipii a esté faict et a esté le dit puys rem|)Ii par

Tespace de sept ans ou environ. Et puis après le dict temps passé, a esté ilerum

curé et nettoyé el est trouvé bon el sert tous les jours h ceulx de la dicte ville. De

icavoird*où procédoil cest inconvénient Ton n'en a sceu scavoir aulcune chose Tors

que l'on présuppose qu*il y avoit quelque beste venimeuse qui cstoit cause du

mal. • .

L'Eglise de Saint-Michel à Saint-Brieue.

Les travaux entrepris par la municipalité de Sainl-Brieuc, pour dc- '^l^jcr rcmplaeemcut oii s'élevait rancicnne én^lisc de Saint*llliehclf ont »it découvrir quelques objets que leur provenance même rend iutéres* Mats pour la ville, dans le Musée de laquelle ils ont été déposés. *

^iot-lfiebcl parait avoir été dans le principe une chapelle sous le vocable de TArchan^^e; l'accroissement de la population fît que , la cat>êdralc ne sufllsant plus aux fidèles, la chapelle devint une paroisse ^M le courant du XIV* siècle : on ne peut pas fixer l'année , mais il '*là remarquer que vers 1558, Pierre du lioishouessel , par sou tcsta- ^ol, demandait déjà à être enseveli dans la ehapellc de Véylisp Saint- ' JVjcbcl, oii reposaient ses ancêtres. Cette ehapellc de famille fut entièrement réparéo en iG40 par Jean de Hréhand, sieur dudit lieu de Boîsiooesscl.

La tour et le portail avaient été construits au comniencenient du XVI* siècle aux frais des principaux paroissiens : les armes des bienfaiteurs rUicnt sculptées sut* celte partie de rédiiice , et nous devons sincère- ■tent regretter ces vieux écussons de familles briochines, nobles «m louri^eoises , qui auraient si bien fi([uré dans notre Musée. La tour était

surmontée d'une ûèchc qui fut abattue en 1700 par le sieur de j lain, trésorier de l'église.

La sacristie, construite en iSiO, derrière le maître autel» ] aux vitres et à la clef de Toùte les armes de l'évéque Olivier du Cl pir ordre duquel elle tj^j^ été bâtie. *

An midi » on voyait Vbe grande chapelle dans laquelle étaien labes, pratiquées dans le mur, qui avaient appartenu primitif aux familles de Ploufragan et de Couesquen : ces sépultures, suite, devinrent la proprij^té des seigneurs de la Ville-Juhel« de la Hélioy de Kergnec'h et de la Roche-Roux.

Au nord« près du chœur, était la chapelic des Boisbouesscl don parlerons plus bas en détail , attendu qu'il est impossible de par Saint-Hichely sans s'occuper de cette famille dont le voisinage être pas mal importun pour les évéques de Saint-Bricue qui trou chca eux une mine inépuisable de procès qui se transmettaient i lat à prélat. Cette chapelle dite de l'Assomption Xotre-Dame étal montée d'un petit clocher qui faisait supposer alors que c'était 1 ancienne partie de Téglise.

Les travaux de déblai ont fait déterrer une grande quantité à ments. 'C'est tout ce qui nous reste des Douallans de Carpont , dei tier, des Rozais, qui avaient leurs blasons dans le chœur^ des La 1 Rousse, des La Ville-JuhelDollo, des Portes-Pommeret^ dont on les écus au côté méridional; des Bigot, des Amorgant, desCicquc Baudcmamain, des Poullain, des Tournegouët qui avaient leui sous au portail , ainsi que les Boisbouesscl.

Chacune de ces familles comptait plusieurs de ses membres s< dalles de Saint-Michel, et les défunts avaient cru sans doute qa leur mort, les cendres reposeraient en paix dans l'église où leur exi avait commencé et fini : ils avaient embelli leur vieille église , ils a à grand frais acheté le droit de dormir sous les genoux des génér qui devaient les suivre, et voilà que peu de siècles s'écoulent, 1 est détruite cl les ossements vont pêle-mêle s'entasser dans une commune. Si nous ne vivions pas en plein XIX* siècle , dans nn où les vivants pensent peu aux morts, plus d'une personne verra tainement les ombres de ces pauvres défunts errer tristement autou triste temple qui a remplacé, quelques mètres plus loin , l'ancien

Micbel* Je ne prends pas la défense de raaliquc églbe que je ti^uî pas foc; malt, connue antic^uairei je préférerais le vicii:^ Saîtit-Mîcliel avec ICI (IaIIca tuuiulaîres et ses éeusHons hrîiinbius qtic [\yn ne retrouve plus dans les «rmoriaux^ à la nouvelle éfriise avec ses cheraïuées et su» uiar* breu peints. J%ise espérer (jue ceux i|ui voudront Lien !ire ces qtielqueg %ncs me pardonneront ma boutade : Tunliquairu est toujours de oiauulsG bumeur quand îl s'a(f;iL de monuments auxquels ne se rattacbeut ai lierre ni souvenirs.

Vaieî la liste des objets retrouves : des débris d'une cbusse toute g;ar*-

leile euir gauffré et aitaebé p:ir des clous âb cuivre doré, disposés de

oiinicrc u former des dessins; des fragments de poteries rj>ppclant l'u-

mgc, i|ui eiistait encore en Brclajjne au XVIl" siècle, de mellrc des

2%n pleins de feu et d*cnecns près deS cercueils , d'où venait la déno-

DtlDAtion à*enfeux donnée aux sépultures duos les é^j^lises , un petit

Climt en bols setublublo à ceux qne portent encore les recteurs dans

campa [;[ nés ; trois boucles de brouue des XV' ou XVI* siècle; une

iite af^rafe eu or; une quarantaine de pièces de monnaies de PUÎltppc-

lUrdi el de Jean Sans-Peur, comtes de Flandres» de Louis* eotnle

tleBéflnneen Italie, de Louis Xlll , de Louis XIV, tie Frédéric Henri»

'!dco irOranjje et de Maurice de la Tour, duc de Douillon ; enlin, trois

loes tumulalres du XVÎ* siècle , dont Tune est un Boisboucssel , et

Il deux autres des lîouessel Bréband.

te% trotn statues représentent trois {jenlilsbommes parfaitement sem- - lilililcii pour Tarmurc, le style et la pose : il semble que le même scolp- ^Hkarlca ait fait toutes trois simultanément: les blasons seuls, j^^ravis ^H|Jii petits éciis , peuvent • à défaut d*înscripttous , indiquer à quelles ^^^Blesapparteualenl ces personna[[es. Quelques mots sur les seigneurs

Iit Buisbouesscl feront sans doute comprendre les souvenirs qui se ratbcbeot k ces monuments* Irai

tes BoisbouesseK originaires, dit-on, de la paroisse de Tréçomeur, Iraient leur nom d*un fief situé â peu de distance de SainUBricuc et pi relevait de Tévcebé, dont ils étaient sergents féodés; je crois que pourrait établir facilement que le nom primitif de cette famille pjl du Kouvre. Dès 1405* le sieur du lïotsbouessel était cHar[;^é de Ire exécuter les criminels condamnés à quelque peine corporelle par 1^ jn^es de révéque « ou de délé^^uer quelques oflieiers pour remplir ce

devoir {*). Un siècle après environ , le sicar du Doisboaessél , vonh» donner à sa cliar(rc de sergent féodc un peu plus de relief, chcreha à s faire passer pour premier écuyer de révéqoé* et fit si bien que, son Tépiscopat de Jean de I\ieux-Ghàtcauncuf, en lfS56, il panrittt à fair ctalilir qu'il avait droit à la Laqueuée que montait le prélat h sa pre micre entrée solennelle à. Staint-Bricuc (**).

Ce premier empiétement parrait avoir eu lien, lorsque le Doisboaessél arriva dans la maison d^ Dréliand, par le maria^^e de Jean de Bréband avee Jacquemine, tille unique de Bertrand du Rouvre. Les Drébaal s'éteignirent en i76o, dans U personne du marquis de Bréband ymafé* cbal de eamp et inspecteur g^énéral d'infanterie, qui ne laissa qa'ane fille, mariée an comte de Maillé.

Pendant deux siècles, depuis ilS56, les Bréband ne cessèrent d'avoir des procès avec l'évèquc, dans le but de conquérir le titre de vliaiact ou de premiers barons de Tévèché ; les parlements de Rennes et de Paris curent souvent à s'en occuper : D. Moriee défendait les sergeati féodés • tandis que le sieur de Lescouèt les attaquait avec ardeur aimi que leur avocat. A cbaquc nouvel évoque' la querelle s'envenimait , et je ne sacbe pas que la question ait jamais été bien éclaireie.

Outre la baquenée de Tévéquc, les Boisbouessel prétendaient à bien d'autres prééminences. Ils se disaient fondateurs de Saint- Micbel; selon eux, ré{;[lise avait été construite sur un terrain dépendant du Boiiboucssel (***)> et ils avaient droit à toutes les prérogatives accordées avant la révolution aux seigncurs*p atrons des paroisses. Ainsi, on devait à Saint-M icbcl prier à baute voix et nominativement pour eux ;

(*) c Quand aucune personne par l'un des juges de notre dite cour a été con- » damnée à souffrir morl ou aulrc peine corporelle par occision de membres, cf- 1 Tusion de sang ou autrement, après ladite sentence donnée par les ofllciersdu-

• dit révérend père en Dieu , peuvent Taire évoquer et appeler ledit sieur du Bois- » bouesscl sans autres mouvements po'T prendre le condamné et faire exécutioi » d'icclui selon ladite sentence, auquel apparue, sans autre mouvement ledi

• sieur du Boisbouessel doit comparoir ou procureur pour lui. » — 11 parait qu< le sieur du Boisbouessel refusa de faire son service de sergent féodé en i559, et qu< révoque fit saisir le lier du i\3calcilrant. Le passage cité plus haut est pris dans um transaction de 1495.

(**) On sait que les évoques de plusieurs diocèses, à leur première entrée danj

lears armes devaient èive placées dans les endroits les plus élevés; enfin, le lendemain de Xocl , h l'issue de la []^rand*mcsse , ils disaient avoir Icdroit de jeter dans l'é^li^ïc une tourte enfilasséc, ancien vestige du pain des Enloo^ies. Le résultat de cette cérémonie était d'amener une TériUble bataille entre les assistants ; aussi des arrêts du parlement de 1604 et 1G08 avaient formellement défendti cet usa{rc scandaleux (*),

Pour soutenir tmiles ces prétentions, les ttrcliand n'avaient pas de titres; ils- prétendaient que tous leurs parcbcmihs avaient été brûlés* pèadant les {juerres de la li{]^ue, avec le ebâteau du Rouvre, assiégé parle sienr de Saint-Laurent (**), Mai^ , pour suppléer à ce moyen de preuve , ils ne 6e faisaient pas faute d'user de supercberie.

Ainsi, à la fin du XVI* siècle, pendant que l'évéque et les membres do Chapitre avaient quitté leur villc'oii ils ne se croyaient pas en sûreté, Jean de Boisbouessel n'oublia pas ses querelles bonorifiques. Il profita (le l'absence des intéressés pour mettre ses armes dans tous les trous de Saint-3licbel laisses par les éebafauda(res ; il alla môme jusqu'à mettre ion blason h la place de celui des familles à qui ce droit ne pouvait pas ^re contesté ; aussi il faut voir, quçnd la paix fut .rétablie , eoihme les procès mare bèrent; il semble que Tbémis a^t 1|(plu donner à ses sup-

^r métropole, étaient portés et servis par Icsbauls barons du pays. L'archevôque •l^ReiiDs avaiC fies six pairs ; l'évoque de Troyes avait ses quatre barons de la crosse. ACibors,le baron deCessac allait au-dcvanl de révoque jusqu'à un endroit fixé et kors la ville ; il saluait le prélat, et . prenant la bride de sa mule , sans manteau , bjambe droite nue et cbaussée de pantoufles, il le menait à la cathédrale et à l'é- ^Wié, puis le servait à table : pour son salaire , il prenait la miile et le bulTet do l'^ôque. — Le baron de Cbdleaubrland rendait le môme service à Tévêque de ^nes, Ic^ieur deGuengat à Tévêque de Quimper, et tous deux avaient également blaquenée. C'est un droit semblable que le sieur de Itoisbouessel voulait obtenir JMNirlui.

r*) fis appelaient ce terrain le clos du Colombier.

0 On jetait la soulle ou tourte eniilasséc, le même jour à Plérin, à Pordic, à Trébry, et dans d'autres églises paroissiales.

O ïl paraîtrait que, pendant la ligue, une troupe d'aventuriers se seraient jetés lanslccliâteau du Rouvre, d'où ils ne sortaient que pour piller et rapincr. La inère fu sieur du Boisbouessel, retirée à Dinan et ne pouvant pas peicevoir ses revenus, rîa le sieur de Sainl-I^urcot de deslogcr de sa maison telles gcns^ affin de/oujr ^rement de sa terre.

pots quelque compensation, en raison des mauvaises années qui Tenaient de s'écouler durant la lî^ne, pour ces pauvres oi&ciers de la jni* tice. Pour s'en convaincre , il sui&t de rappeler qu'en 1744* le marqvii Ma rie- Jacques de Bréliant-Doisbouessel était encore à plaider contre Févèque Thépault du Brig«0u » sur le droit à la haqiienée , sor la qualité de vidamc et sur le titre de fondateur de Saint-Michel.

Et cependant ki difficulté n'était pas bien grande, si les avocats etki procureurs n'avaient pas voulu exploiter l'amour-propre des parties, cette mine inépuisable pour quiconque veut s'en servir adroitement. Il était bien évident que les Boisboucssel , très-bons ^gentilshommes , d« reste , étaient chargés de veiller à l'exécution de sentences auxquelles l'autorité ecclésiastique devait rester étrangrère » qu'ils obtinrent le droit d'avoir la haqucuée de Tévèque , lorsqu'ils le conduisaient par la bride à sa première entrée pour lui faire honneur ; et enfin qu'à Saint-Miebel ils avaient une chapelle de famille , sans pour cela être fondateurs Ae l'églide.

Je reviens nuintenant aux trois statues tnmulaires des Boisbonetsel. J'ai eu beau feuilleter tous les papiers relatifs an procès des Brébasd contre Tévôque , je n'ai trouvé aucune pièce qui mentionnât ces moMU'* mcntSy et cependant la Bréhand auraient dû les citer à Tappui de leurs prétentions.

Si on remarque que ces trois statues , toutes trois semblables , toatc^ trois du commencement du XVII* siècle , ont été passées sous silène^ par les avocats des scig^ucurs du Boisbouessel • on sera assex porté 9 penser qu'elles ont été très-probablement faites par l'ordre de Jean à^ Bréhand , alors qu'il profitait des désordres de la guerre civile pot^ remplir Saint-Michel des souvenirs de sa famille (*).

Dans cette hypothèse, le chevalier qui porte les armes de Boisbouet* sel, d* hermine au chef de gueuies chargé de trois mâciet d'or^ sérail Bertrand, seigneur du Rouvre et du Boisbouessel, beau-père de Jean de Bréhand, et les autres, qui portent les armes de Bréhand^ de gueuiu à sept tnâctes d'or^ seraient soit des fils, soit des proches parents du nouve-u Boisbouessel. A. B.

{*) J*ai lu dans un des mémoires rédiges en i62G pour l'évêque le passage suivanl : Car comme les inthimez ont très-bien vérifyés par leur enqueste et rapport

CHATEAU DE DIJVAIV.

On ne trouveraii guère de villes en Bretagne, et môme en France, dont l'aspect comparer à celui de Dinan, Rien de pitloresque comme l'amphilhêâtre de i|(ti conroone celle colline élevée, au pied de laquelle ta Rance déroule ses Rmpides eaui. Il sérail facile, pour peu qu'uvec la pensée on élendit ses horiâonn eliiu'on élairgil la Rance trop bornée, trop encaissée dans les alentours de la ville, A kfnii facile, dis-je. de rêver la Suisï>e, cette terre célèbre que le pied des voyapmi laiit sillonnée, et qui serait devenue banale, si la naluré pouvait jamais Vé^ ticOt) ne Aâurail adresser le même reproche à Dinan. Ses campagnes, tout adminUeiqu^dleti soient, n'ont pas obtenu la réputation qu*elleâ mérilenl ; personne ne la i cUiititéai, el cependant elles sont dignes de cet honneur. Un vieil auteur breuioqiioj'at sous les yeiix, leur applique le nom de nom*el Eden, Son entbousias* ne, a& national qu'il paraisse, me semble légiLime. L'admiration est réellemenl juslillteptr la diversité des points de vue queDinan présente, et par la richesse des piji^eiqiii Tenvironnent,

t'iiry mi pur comme dans tous las pays de montagnes. La v^étalion s'y conserve 'Wcbe, grftce auit nombreuses sources qui fertilisent ses prairies ; c*est une nature ^Motossanie, une nature moins sévère qu'elle ne Test ordinairement au milieu des ^nnie» bretonnes. Ces campagnes n'éveillent rien de triste au fond de l'âme ; elles I^l'«itpliii4l rappelé Théocrite et André Ghénier.

^m lldépiodâromenl de sa situation vraiment magique, ec qui sufllrait seule pour r *ltirer Taitention du voyageur, Dînan a une spécialité qui la distingue entre les I ^illS dt Bretagne. Dinan possède une fontaine d'eaux minérales, fontaine renom- I >ée dans le pays et qui lui amène chaque année toute une colonie d'étrangers. r ^httiralê pouvoir de ces eaux si recherchées, je ne sais jusqu'à quel point elles '1 èltall mt !a santé, ma science ne va pas jusque-là ; mois cites ne peuvent man«

Imm élite aalulaires, & en juger par la multitude de visiteurs qui y accourent I ATtAMJu ^t** ont gravé et apposé Us irojres pierres armttjrèt des armes du ià BoÊÊÊmL..,* LcspucUes pierres ont été appoiéft peruiani les troubles de U i« que le c^pitfUMe Lerma commandoit pour le t^jr en la tour de Cesson , ei ê/rtmoii des régimenU du partr du roy d Sàint-Brkuc en garnù^m.

dans la belle saison. L'Anglelerre y compte de nombreux représcnlanU. c Us pi iilles d'Albion, comme dit Child-llarold, aiment à rôfer dans ces allées déHcic ses. B 11 faut convenir aussi que la position de la fontaine est on ne peat p agreste et favorable aux promenades de Tété.

Que Ton se figure une étroite vallée resserrée entre deux bautes collines, val verte et fraîche, parsemée de sentiers mystérieux ; c'est là que se donnent rend» vous les douleurs du corps ou plutôt celles de l'esprit ; car- cette vieille infirmité cœur qn'on appelle le spleen est encore, je crois, de toutes les misères terresti celle qui y conduit le plus de malades. Dans les tièdes soirées de juillet, au toml du crépuscule, la vallée s'illumine, le bruit delà fôte s'éveille et se prolonge d'il en allée, la musique jette ses rumeurs confuses. Le spectacle, qui s'offre alors • haut de la colline est plein de charme. L'œil embrasse à la fois toutes ces luml res, l'oreille saisit toutes ces harmonies, c'est une heure d'enchantement.

L'époque de la fondation de Dinan est inconnue. ;0n a débité sur son origine < versions plus ou moins invraisemblables.^mais qui ont toutes la môme valeur h torique. Suivant les uns, Dinan était occupé, plusieurs siècles avant Tèrechrétieni par des peuplades inconnues qui en furent chassées par une armée de barbares ▼ nus du nord. D'autres prétendent qu'ayant été construite au milieu des forêts, oei ville doit son nom à Diane, déesse des foréls, étymologie qui rappelle celle d*jà fana venant d'c^iii/5, comme chacun sait, quoique le moi ait un peu changé sur route. Ce qui semble le plus croyable dans les diverses traditions, c'est que Dioi était la capitale ou au moins une des villes les plus importantes des Diablinthes o Diaulètes, dont parle César, puisqu'il est certain qu'elle se trouve sur le territoîi de cet ancien peuple.

Dinan était une des villes les plus fortifiées de la Bretagne : ce qui resie de o remparts ne suffit pas pour qu'on en puisse induire l'origine précise ; ils ont sul tant de modifications, tant de ohangements avec les siècles, ils se sont accrus tant de reprises différentes qu'on ne saurait distinguer ce qui a été bâti d'abord, est cependant probable que leur construction ne remonte pas au-delà du treinèn siècle. Les murailles étaient épaisses et puissantes, et leur solidité fesait de Dim une des places remarquables de la province.

Le château se trouve en dehors de&* fortifications de la ville ; c'est une espèce vaste donjon bâti sur le bord d'un ravin. Il sert maintenant de prison. Ony co serve l'oratoire delà reine Anne. La popularité delà bonne duchesse esi un des ù qui fkrappent le plus en Bretagne ; il n'y a guère de ville et dte château un peu imp tants qui ne rappelle son souvenir.

On y montre presque toujours la chambre qu'elle habita, le lieu qu'elle préfén et cependant les vrais bretons ne peuvent, même aujourd'hui, lui pardonner réunion de la Bretagne à la France; c'est elle qui a anéanti leur nationalité, c à elle qu'ils doivent la perte de leurs privilèges les plus précieux.

La Bretagne fut le dernier grand fief revenu à la couronne. Ainsi , dit un illus

écHtaîD, ainsi acheva de périr la monardiie féodale : commencée par le démem- Neipeiil «ucoessif des provioces du royaume, elle linll par la réunîoQ successive de ces provinces au royaume, oomrae tes lleuve» sortis de la mer relournenl à ta m&. Il faut dire néanmoins que ta royale épouse obtinl pour ses premiers sujets louies les libertés et francbises compatibles avec leur nouvelle position; droif9 IHiimnts, défendus avec courage pendant des siècles, et qu'un seul jour a suffi pourdôlruire* Qu'est devenue la Bretagne, que sont devenues les autres provinces <kfYince f Paris les a attirées, les a concentrées en lui. Il les tient fous sou aile , mmme une mère sévère et jalouse tient ses lllles esclaves. Puisse>t-il ne pas finir lûtdu lard, comme Saturne, par dévorer ses enfants l

C'est i peu de distance de Dinan* dans le petit village de Lehon, que la célèbre ibtNOt de ce nom fut construite au neuvième siècle. Nominoé, roi de Bretagne, en, «t regard*} comme le fondateur. On dit que ce prince renommé pour sa piété inlt trouvé l six religieux dont les vertus édiliaient te pays. 11 tut touché de VetiftOM dénuement dans lequel ils vivaient cl il leur proposa de fonder un monas- 1^ en leur (aveur^ s'ils parvenaient à découvrir le corps de quelque saint, t/un i'mi partît pour lersey où Ton avait transféré les ossements de St-Magloire, évè- ! de Dol, et les emmena à Lehon où le roi de Bretagne, Adèle à sa promesse, bâ-

H'jibbaye dont on n'a maintenant que des rentes.

U diâleaude Lehon. ruine lui-même, mi voisin de ces ruines. Il dominait une

«|èoe d« montagne d'où l'œil embrasse des horisons ravissants. Ses murailles,

hai formaient une vaste enceinte, sont toutes dé couronnées. Le terrain qu'occupait

I cèileau a été déblayé et abandonné à l'agriculture. Des souvenirs hi^itoriques

U'? riiiachent; cctait une puissante forteresse regardée avec terreur par les habi-

fili d'alêulour ; aujourd'hui, comme tant d'autres monuments de cegenre^oe

't'est ipi'une solitude qui inspire ta tristesse et une vague rêverie sur rinslabilité

«todiotûsde ce monde.

Iteori II, roi d'Angleterre, s'en empara en ilGS et le Ût détruire un an plus

Uvec ras^seotiment de Louis-le-Jeune, roi de France. On ne sait quand U fut

II, Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au quinzième siècle il était cité pour sa

force; «a |>osition et sa structure le rendaient également redoutable.

U maison de Dinnn jouissait d'une réputation méritée ; elle a donné à Im NtepM plusieurs grands hommes, Uuguesclln. entre autres. Son cœur fut dépo^ huk une des églises de la ville. De tous les seigneurs de Dinan, ffamon est le prerque riiistoire nomme : il vivait vers l'an tOOO et était favori de Geolfroi 1er ^ ËdiBreUgne.

Ussiéiges que Dînan eut à soutenir, les faits d'armés dont il a été le LhéÂtre. l^t «a grand nombre. Les Anglais le prirent et le brûlèrent en 1544. Dix ans «^, le duc de Laucastre , forcé de lever le siège de Rennes , vînt à Dinan , où 0 «chou» devant l'habile défense du bon connétable. Clisson s'en rendit aussi maitre >u BoUeu de toutes les crises, de toutes les vicissitudes qui font de ces époque^

une ère à parL Lulles inteslineset continuelles» voilà le moyen-âge î Qiron s'étonn^q après cela des secousses qui nous travaillent aoluellement . comme si ce otioe ii cesjianl n'entrait pas dans ta marclie nécessaire de l'htintanité.

Dinan tomba entre les mains du duc de Mercœur en Iô85. Ce fut Henri III qui le lui livra, mais il n*en resta pas longtemps maître. Les habitants de la vtlle, fati* gués de la t>rannie que les olTicicrs du duc eiccrçaienL sur ett^ et (\m impôts dontr< tts les accablaient, Quvrirent leurs portes au maréchal de6rîs.sac. Cette soum eut lieu en I&98.

Son histoire à partir de cette époque n*cnt rien de remarq^iable. Un seul fait détache de la Yolgarilé des événemenls qut Tan y rencontre. La peslc désola ville vers la fin du J7e siècle, circonstance d*autanl plus frappante que Talr y eit *plus pur. Elle lit beaucoup de ravages, el Ton conslruisit en dehors des murailtes un cimcliêrc dit des pestiférés. Les notables se mirent sous la protection de Saint* Hoch, el jusqu'en i7B9 une procession solennelle se faisait tous \gs cinq ans pour remercier t»ieu du secours côleste que la vîUe avait obtenu dans cette occasîoQ.

Sauf le château dont j'ai parlé et la chapelle dont je vais m 'occuper plus bas, ninan n*a pas de monuments remarquables. Sa cathédrale, parfaitement située, n'olTre qu'une arclii lecture massive cl inélégante. La façade seule pourrait altirer, 1 aUention. Elle est de slyîe rom;in, mais dans des dimensions minimes el inutrement e%écul<îe. L'intérieur n'*i rien de saillant ; en somme, ce n'est pas un éôi~ Ûce en rapport avec la ville. Il faudrait là une église comme celle de Dol» îégère, majestueuse, pittoresque, et qui surmonlAl dignement ce^t admirables collines. De bettes flèches gothiques seraient merveilleuses, tues des éminencesqui se trouvent en face. Au reste, la position de la cathédrale mériierait seule qu'on la visîtAl. De lu promenade qui la touche d*un côté, l'horison se présente vaste et spleudide; c'est un des points de vue les plus curieux de Dinao.

La vieille église de Lelion est en ruines. Ses murailles sont restées debout, tniis

lenliêremeuL découvertes. Cet édifice n'offre que peu de détails dignes d'être reoiar*

L'iicrbe croit dans son enceinte abandonnée ; mais la chapelle que l'on voit

'ÉAté e^t célèbre, Uoe des plus hautes illustrations de la Bretagikc y attache Aon

nom. Cette cliapelle noire et sombre renferme le^ tombeau il des seigneurs dt

Ueaumftnotr

Où 3f trouve cinq pîerra<î sépulcrales. Us cinq ligures sculptées sont couchées i le dos avec des lions ou des al^lesà leurs pieds. iJ^ traditioD donne à l'une d'eJles ' le nom du plus renommé des Beauraanoir. Cette crojancc, générale dans le pays, est eonlredilc im l'épilaphe gothique qu'on lit autour. Il semblerait que ce «dit plutôt l'image d'un des prieurs de rabba>e. Les autres tombes représentent évidemment dcK chevaliers.

oir !

M I3cpu4e p«r o^ fam^ui

qui ne eeoMll ee non eii aretignef QueUe ie^iie imegiiiftUoii n'a

des Itaiii, eue des prtnoipatoi gloires <le,k

ïîlld AnnûHquefCâfuK comme l'on sait, auprès d'un chêne. A moitié chemmr [klreiosseUn cl Ploermtî], qu'eut ïiou celte sanglante môîéa, o*i l'Angleterre fui Bcore une fois taincue.

[plus fort Je la lutte* Filluslre chef bretoa, dOvoru par lu soif, tiemancie ù se ïUir î Beaumanoir^ • ùois ton sangl • Cette rrjjonse ije Geoiïroi Ju bois re- \ 1«8 forces du iiéros» il se Jette de nouveau au milieu des ennemis el remporte \ YÎcloire complète. Ce combat est reste comme uu des grands souvenirs de la relagne. Ou a <^levé sur le lieu môme où Taclion »e passa im monument qu'on ppeler au moin.4 modeste, sans Otre taxé d'eiî^fence; main, après lout^ qu*im- 'le soutenir qui gramlil dans les cœurs n'est-il pas le monument le plui Aii|il6le, le plus durable, et rtrisloîrc. racontée de génération en génération, i*c§t*4;lle t*^"* 1^ l>l*is t>eau des trophées polir ces faits immortels dont une naluu i^'Uonore à jamais !

Troixiioms illustres dcmiinent ainsi rhîsloire de Oinoo. La duchesse Anne, rvu- :lin« Ueaumanoir. Triple gloire, qui rayonne autour de la liretagne» car ellt unit comme dans un faisceau ce que tes liommes admirent le plus : Sa^i'sse, ourage et loyauté.

Veslibalc de FEglise de LauleiT.

tous les moîiunietîts ancieuî* que renfennent les Côlos-

du-Xord, il n^n est aucun peul-î'lre qui ail jilus exercé la

[plume (les antiquaires que le vestibule de l'église de Lanteff,

Y^ nus y ont vu ou un leinple du soleil ou un temple de Druî-

rtlei ou un temple des Armoriquains, avant leur conversion au

^flirisiianisine ; d'autres un baptistère, d'autres enfin un nio-

[niimeftt d'architecluie religieuse du temps des Croisades. Il

Nis semble que la plus probable des conjectures au sujet de

t>u origine n*a pas encore é\é exposée. Le plan des églises

^^i%& les temps anciens sulBiait pour le faire comprendre.

Suivant le plan primitif du vestibule, on entrait dans sou ^ceinte appelée en latin Claustrum ; et cette enceinte était >uble. La plus excentrique formait sur l'autre une sorte de

galerie circulaire, et en oiait séfiarée par des colonnes des ar-| cades. C était là que se tenaient les pénitents apjielés fientes ou pleurants, parce qu'ils imploraient par leurs larmes la pitié et les ]>rières des fldèles qui passaient par renceinte intérieure, laquelle portait le nom <le Parvis. Ce parvis n'avait point de couverture ; et cela, ailn que les fidèles qui entraient dans Téglise pussent de là contempler les beautés du ciel , et se préjva rer par radoratioii de dieu, créateur de I*univers, à Tadoralioii de Dieu, rédempteur du mojide. Au milieu, était une fontaine, où ils se lavaient les mains et le visage, avant de pénétrer jusqu'à la nef- On y lisait cette inscription : Lavez vos péchés^ et pas seulement votre visage. Dans la suite la fuiitaiue fut supprimée et remplacée par le bénitier.

Voyons maintenant le monument de Lanleff. Cet édifice» compose également de deux enceintes concentriques Tune sur laulre.

L'enceinte intérieure présf^nte un espace d'environ neuf mètres d étendue, EU est séparée de l'autre par douze arcades qui reposent sur des eoloimes. Tout le baut de cette enceinte est ouvert. Un if élevé, qu'on aplanie au milieu, sort maintenant par cette ouverture. Là aussi se trouvait une fontaine ou tient- ■ lier ; e était un bassin de granit qui a été transporté dans une [ferme du voisinage, où il sert aujourdliui d'abreuvoir aux lx*stiaux. L'enceinte extérieure décrit sur l'autre un corridor cir* culairededeux mètres soixante-douze cenlimètres de largeur. II n en subsiste plus que deux tiers ; mais dans la partie ruinée, on voit encore la trace des fondements.

Que I on compare maintenant ces deux édifices. Qui ii*y voit, je ne dis pas une grande analogie, mais les traits même

riine parfaite rossfiablancc ï Dans l'une et Taulrej deux enceintes coucentriques, séparées par des tolouaes et des arca- ^pk^ : renceiute du aiilieu sans couverture et avec une fontaine "ou bassin pour les purineations relij^qeiLses. Joignez à cela la piTsilion du inonunienl de Lanlelf, placé au bas de la nef de Téglisi^; que niauque-t-i! pour compléter une entière identité? Il est vrai que, dans les premiers siècles, ce claustrum ou cloitrc parait avoir été de forme carrée : mais rien n'empecbe que, (bas la suite, selon le goût des temps et des architectes, il n ail |»ris une ligure plus poljgouale ou môme circulaire. Et il est vraisemblable aussi que^ lorsqu'on réédilia Téglise actuelle de Lauleff, on voulut Ty conserver coinine un reste encore solides une pièce rare et remarquable d'une ancienne église, liàtiesur le plan primitif. Les ligures bizarres qu'on y remarque , ne combaltenl point notre conjecture : on sait que les anciennes églises en étaient remplies. Et, pour les douze arcades, s'il faut absolument trouver des raisons à tout, on peut aussi Heu en faire l'honneur aux douze apôtres qu*aux douze signes du zodiaque.

Quant à Tépoque de sa construction et au genre d'ai^chitec-

lure auquel il appartient, on peut encore se fonder sur des

analogies. La lessemhlance qui se trouve entre les ornements

de ses colonnes et ceux qui revêtent les socles et les chapiteaux

è^ piliers de la tour dMlasting dans la cathédrale de Tréguier ;

1 les rapports qu'on remarque entre les voussoirs et les ar-

aux des arcades dans les deux édifices, font juger que ce nio-

runent est de style teutonique ou Saxon ; et son origine doit

monter au moins jusqu'au huitième siècle, temps oii cessa

m réglise d'occident l'usage des pénitences publiques.

L'abbé U**\

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