LE CROISÉ DE DU\A1V
La longue et sanglante lutte de TEurope contre TOrienl, qui a va 6 millions de chrétiens courir au secoui-s de leurs frères, ' était commencée depuis seize ans. On était dans Tan de grâce 1 1 12 ; Alain Fergent occupait le trône de Bretagne. La nouvelle des nouveaux dangers de la Terre-Sainte, où il avait combattu cinq années, vint attrister sa vieillesse. Une maladie, qui le fit même abdiquer la couronne pour chercher le repos du cIoUît», l'empêcha de voler au secours de ceux qu'il avait déjà une fois ivres,
lîn jour qu il gémissait de ne pouvoir entreprendre une expédition si lointaine, son fils cadet , Geoffroy, se leva , plein d'un religieux enthousiasme, et s'offrit pour remplacer le vieux héros. Les jeunes seigneurs de la cour applaudirent et sollicitèrent Thonneur de raccompagner. Bientôt le mouvement fut général, et une armée de volontaires fut passée en trente par le duc attendri . Rivalon de Dinan brillait parmi tant
de brîi\e&. Déjà, dans les guerres contrai Guillaume le Cooqueranl, il ^ etuit signalé ; mais rOricnt va devenir te grand théâ^J ire de sa vaiHauce.
Au cri dalaraie des chrétiens orientaux, nos guerriers s'ctn* pressent de partir. Ils arrivent, comme des envoyés de la Providence, sous les murs de Jérusulem, en 1113. Baudouin II, que les inlidèles voulaient accabler, profita de ces auxiliaires jKjur obtenir de nombreux succès. En 1115, Koger, prince dAntioche, les uppehi k âon secours, et nos ini'aligablas Bretons alR>rent pxirtager avec lui Thonneur d*une célèbre victoire. Quand ils Teurent ainsi secondé, ils revinrent dans la capitale de la Palestine. C'était de ce centre de leurs opérations qu'ils voulaient se porter sur tous les points les plus menacés. Le prince d'Antioche vient de périr en combattant, et Bobémond, qui lui succède, est exposé à subir le ïucrae sort. Baudouin, son beaufrère, rassemble ses forces et vole à lui, Geollroy n'est plus à ses côtés. 11 était mort, en 1 116, au reiour à Jérusalem^ à peijie âgé de ?3 ans; maisRivalon eonsoleia le monanque d'une perle si sensible. Il se multiplie dans les dangers, et contribue puissamment à la délaite des barbares. Baudouin iriompbaat le ramène dans son palais.
A peine sont-ils remués, quon apprend la captivité 4e Jo&sliul*'^, combe d'Etiesse. U était lonabé dans une embuscade, t^udouin rappelle tous ses chevaliers, et part pour ailer Vwr^ racher aux ennemis. On passe le Jourdain ; on hâte la jmvigxi^ m Voilà Tennemi. Balac, le plus puissant des princes ottomans, cofumande les disciples de Mahomet. Une grande bataille est fitijluineBte. Pour la livrer avec plus d intelligenc^j Baudouia xa lui-inètuerecojjmaître rarmée musulmane. 11 part à la l^ d'uae e^çoile d'éliw? ; c est assez, diie que le digne fils des mros dç Di^ap étuîMà. i^^ soleil était a^v^ncé dans sa course; luai» o|» e5péwilt,eiw:or* les revoir av;uijl? j^uit,. U^ mfinarquç et *a.
mite ni; revinrent poinl. Toul-à-coup ils se trouvèrent euvekloppés par d'innombrables Sarrasins, Longtemps ils culbuté-*
rent les légions qui osèrent les presser ; enfin, accablés p^r des Fflols amoncelés d'ennemis, ceux qui respiraient encore furent tcbargés de chaînes et traînés dans la citadelle où gémissaient
losselin et Galeron, son cousin. Rivalon, Guyomardy tils du jmle Alain, et Gervais, fils de Hamon, seigntur du pays de fBol, furent compagnons de captivité de Baudouin,
Pendant une année, nos lions languirent dans les fers; mais h finirent par les briser sur la tèie de leurs gardes, et ils s emirèrent d'un cbàteau-fort où demeuraient trois femmes de lac. A la nouvelle de la mort de ses satellites, de la sortie des I prisonniers, de la prise de sa citadelle, de ses trésors et de ses femmes, il accourt transporté de fureur, avec des forces redoutables. II Intercepte toute communication entre la place et les dehors ; il somme les assiégés de se rendre, et les trouve in- Oexibles. Pendant huit gi*ands mois il réitère, et les menaces et les assauts, rien ne lui réussît. Enfin, il descend aux offres et aux prières; il promet la vie, il assure la liberté; il propose mille avantages. Un épargne aucun moyen de convainci^ de sa franchise. Nos chevaliers, qui étaient eu si petit nombre, avaient encore des vivres pour longtemps; mais, fatigués par les veilles et les travaux que leur imposait leur situation au sein d'un camp ennemi, craignant d ailleurs qu'on ne minât leur refuge, ils Unirent par prêter l*oreille aux magnifiques promesses du prince. I*our acquérir un droit sacré à ses égards, on résolut de lui remettre ses fenimes. Nos trois Armoricains cl deux autres furent choisis pour les lui conduire.
L'indigne époux, une fois maître des personnes qu'il voulait obtenir, oublia tous ses serments et fit arrêter les cinq envoyés; pour n avoir plus même moyen de les rendre, il les donna ^ Hali, roi des Mèdes* Ce potentat les garda neuf mois, comm^
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autant de trophées; et, pour faire un extrême plaisir au calife (le Bagdad, il les lui envoya en présent.
Dès le lendemain, le Soudan, averti de leur arrivée et de leurs malheurs immérités, voulut montrer ce qu'on doit aux cœurs magnanimes. Il les obtint dû calife, et ne ^ contenta point de les traiter avec les ménagements dus à leur rang et à leur courage; il s'empressa de leur déclarer qu'ils étaient li-bres. Un procédé si inattendu et si généreux fut payé d*an noble retour. Les cinq valeureux chrétiens demeurèrent trois ans et demi au service de leur libérateur. Pour agir avec plus d'ensemble, ils formèrent une petite compagnie dont Genrais fut le chef. Ils se signalèrent par tant de belles actions, quHs excitèrent l'admiration du monarque et de ses sujets. Os furent comblés d'honneurs et de présents.
A leur retour à Antioche, la princesse Cécile, veuve de Tancrède, les accueillit de la manière la plus flatteuse et fit eOemême Gervais chevalier; les autres Tétaient depuis loûgtetnps. Ils apprirent que le déloyal Balàc avait été puni dès6n](iârjure. Josselin, échappé des fers, avait couru à Jérusalem ; et, aidé de Guillaume de Bures, régent pendant là captivité du roi, il avait attaqué, vaincu et tué dans la mêlée l'émir infidèle. La principale épouse de Balac, ne voulant plus de guerre, rendit Baudouin pour une rançoA considérable.
Longtemps encore Ri valon déploya sa valeur dans les champs de la Syrie. Rentré, dans sa vieillesse, au château des vicomtes de Dinan, il charmait les soirées du récit des faits d'armes dont il avait été témoin. Plus d'un jeune courage s'enflamma d'ardeur à la vue du héros et au souvepir de ses exploits; tout mort qu'il est, depuis tant de siècles, il vît encore dans nos histoires, entouré du respect que commandent la loyauté, la constance, le dévouement et les honorables services. (V. Lomb., D. Manr., l'abbé Manet, Hist. de Bretagne, année 1 1 12.) Ife Garavt.
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mwmim vm cordier,
Dans rCglifie de Plangnenoual , ea Tannée 1716*
Les renseîgneoieiits qui vont tiiiivre ont été IraiisoiiSj le 14 novembre 1839, à Taiiteur des Isolions historiques sur les Câles-du-!Vord, par >L Le Grand, maire de PlaiigueaouaL Ils ont de riiitér<>t comoie étude de icotfUrs, et viennent h Tappui de ce qui a été dit par Tauteur des violions, à la note m 1 de la page 378 de son premier volume, sur Fosage où Ton a été, pendant longtemps, de saler les cadavres qu'il importait de conserver.
A cette époque, le préjugé contre les caqueux, cacoux ou caquins exislait encore en Bretagne, mais déjà affaiblij et l'on va voir que la noblesse, la magistrature et le clergé de ce pays avaient en vue de le faire disparaître enlièrement*