LA CHAPELLE DE KERFOIVS
Ea 1841, j'orrais sur les ruines du eh;\Leau guerrier île Coët- Frec, sougeanl à ce qu'en diseiU les auli(|uaires et les légendes, «|uand un vieillard vint me parler de ses malheurs. « Enlevé parla premier? réquisilion, me dit-il d*une voix affaiblie p:ir les ans et par ks souirrances, j'ai longtemps combattu |M>ur la patrie ; a la chute de TEmpereur, je suis revenu, couvert de ble^ureSj sans retraite, et atteint d'epilepsie!! ! » Après avoir donne Tobole que réclamait ce Bélisaire^ je lui demandai si le voisinage pHVait d'autres objets dignes d'attention. « Vous avez ici, reprend le brave înfortunt% la plus belle chapelle que je connaisse ; je ne lui compare que l église de Saint-Maihurin de Moncontourl Venez et voyez. »
. ,.Bienlot| au sein d'un frais bocage, j'aperçois 1 édiiîce sacré. Une construction en beau granit, une tour élégante, des ou- Terlures antiques, une des fenêtres tout entourée d'une riche guirlande en pierres ; un pignon hardi couronné de majestueuses décorations, une colonne portant la date de 1S39 aux pieds d'une belle statue de saint Yves, des écussons mutilés, me flrent désirer de pénétrer dans Tenceinte.
Nous marchons sur les tombes des seigneurs de Coët-Frec, mais un obstacle nous arrête : une grille en bois d'un travail iufmi coupe en deux la maison de la reine des saints. L'autel principal est de lion goût et tout en pierre; de chaque côté, on Toit une table en granit, armopiée, couverte d'inscriptions gothiques; le tabernacle est d'un luxe de ciselure admirable-
Cependant, c est sur le jul)é qui couronne la grille que j'a[v-
pelle toote voire admiialioQ : le dessous se partage en peliles voûtes d'un charmant effet ; les séparations se terminent, en bas et des deux cotés extérieurSj par vingt figures d'anges aux ailes déployées; ils liennent des livres ouverts; no de ces priiites du ciel est armé d'un bâton et préside aux concerts religieux. Un escalier en bois, comme le reste, conduit au pu* pitre, qui a aussi exercé la patience de Fartiste ; la ranijxî supporte une figure qui atteste que nos aïeux savaient
Passer du graTc au doux, au pUisaDl au sévère.
C'est un singe, dont la figure grimaçante est tournée verë" les chantres.
Sur le coté qui donne vers les fidèles, une croix semée de nœuds présente le libérateur des peuples , et h ses pieds se tiennent la plus tendre de^ mères et le disciple bien-aimé; audessous, quinze portraits en relief suni encadrés, sur la surface la plus visible des personnes qui viennent solliciler la mère des grâces célestes. Ces pei*sonnages méritent, [>ar la variété des poses, des costumes, des traits, une élude particulière.
Près de la cbapelle, s élève l'antique manoir où demeuraient les ecclésiastiques chargés du culte. Avant la Révolution, mille deux cents livres de rente étaient encore annuellement f>erçues par le gouverneur de ce [lélerinage.
Amis des arts, des souvenii^ chevaleresques, des émotions religieuses, allez voir la chajielle de Kerfons, près du Léguer, entre deux chateaux-forts, Coét-Frec el Tonquédec,
De Garaby.
SAIIVT-DOIVAN.
(TopograpMe*)
C*1te conimuiit* qui, en 1780, conq>lait 2,000 ciïminuiiianl
d'après le Uiclioiuiaire d'Ogé, a maintenant une iio|nilalton de 2,800 unies. Elle est sur une hauteur, a It kilumèlres sudoue^t de Sainl-Brieuc, à 8 de Quintin.
Ce territoire, conpë de ruisseaux, est partagé en prairies, terres cultivées, bois taîîtis, et encore quc!<]ues landes autour de la Ville-Neuve. Les arbres a fruit réussissent et sont en grand nombre dans celte paroisse.
Elle est limitrophe de Plaine-Haute, Le Fœil, Cohiniac, Plouvara, Pierneuf, La Méaugon et Ploufragan.
Elle a la forme d\m bissac ; le bourg se trouve presque au milieu. Elle s'étend sur 10 kilomètres de longueur et 3 au moins de large.
Le Gouël l'arrose à rorient; au midi, coule la petite rivière de Maudour. En 1773, le 18 août, la ru[»ture de la chaussée de Quintin et la chute de pluies torrentielles firent déborder le GouCt et ses allluents. Les moulins et autres édi lices élevés près du courant deft eaux furent emportés. Cette époque calamiteuse garde le nom d'année du déluge.
Le territoire de Saint-Donan se divise en deux bassins : celui du GoaSIf à l'orient; celui de la rivière du Lclf, an nord-ouest, On le partage aussi en deux grandes sections : pays d'à-bas et pays d'à-liûuL Trois bons chemiris vicinaux, dus a Tadminisiratton de Fancien maire, M. Le Coq, facilileul les communications avec Saint-Brieuc, Quiniin et les bourgs environ- Bants.
Dans le haut Saint-Donan, on remarque les villages des Villes-Goro, de la Ville-Neuve, de la Croix, avec Sainte-Catherine, Saint-Clair et la Rue d à-bas, de Launay, Le Guicry, Quilrin. Dans le bas saint-Donan, sont les villages de la Ville- Taunou, du Buchon, de la Transonnais, de la Prenais, de la Ville-Eruel, du Vaumartin, de la Ville-Susanne, du Billiet, fie la Forçe-Martin, deFolleville, de la Yilk^Gabel. On compte,
autour de Téglise, uue quarantaine de maisons, presque louies couvertes en chaume. Il y a, dans la paroisse, trois principaux laillis ; au Rufflay, à la Ville-Tannou, à la VilIe-au-Roux. On y compte aussi trois moulins : celui de Kerlan et ceux de Colvé, tous dans la partie méridionale. Il y a également trois fours publics : un au bourg, un au Vaumartiu, un à Sainte-Catherine. Les fontaines les plus citées sont la Maroclie, près de la ferme de la Roche-Longue^ cest la meilleure du paya; la Pîsse-Près, au Ixmrg; la fontaine deNotre-Dame-dc-Lorchant; la Glaume, doe à Guillaume AuHVay, prt^lre, qui habitait le village de la Yille-Tannou, qu'il dota de cet utile monument ; on y voit la représentation de son bréviaire et de son bonnet carré. Il y a aussi la Dom^Pierrc, au village du Buchou.
Toute la conmiune produit du blé noir et de Tavoine en ibondance; la partie d'à-bas donne de bon froment; ctêlle d'à-lmut du seigle. Les fourrages, la pomme de terre et les pommes à cidre y viennent également bien. Quand la [copulation qui, jusqu'ici, vivait à Taide du commerce des toiles, so sera entièrement livrée à Tagricullure et à Télève du l>élail, elle sortira de la gène qu'entraîne la chute de Tindustrie linière.
Histoire rfriigîeuse.
Saint-Donan, qui a laissé son nom à cette commune, était, suivant la ïradition, cousin germain de Fragan, qui lui-même était parent au même degré de Conan-Mériadec, premier roi de la petite Bretagne- Saint*Donan, revêtu du caractère sacerdotal, vint avec Fragan des îles anglaises débarquer à Bréhat, demeura quelques années avec lui dans le pays nommé depuis Ploufra*gan, mais n*alla pas se Dxer avec son cousin dans le Finistère^ Il s établit sur les bords d'un vallon, au voisinage du Goiiêt* Celait alors un territoire couvert de bois. I! v fonda une colo-
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nie (iiréliênnc, dont il lui le chei, 1 iuslitiUeur, le motlM^^ le bicnliileur. II éteudit son zèle plus loin, et fui raf>i>ti'e des environs.
IJ pénëira jusqu'au centre de TArmorique, et y lit lleurir la religion du divin libérateur. Dans la paroisse de Pauk\ au pays deCarhaix, se voit encore Tanlique manoir en tutTeau scuJpté de$;iiut Anaou. Là était une chapelle dome>tique dont saint Apaou était le patron principal. On prétend que c'est le nième ^e s;iint Donan, et qu'il demeura longtemps dans ces parages. tomme on n'a nulle trace du lieu de sa ntort a Saînt-Donan, il serait possible qu'après avoir consolidé son établissement religieux de Saint-Donan, il se fût déterminé à porter le flambeau de la foi dans la Cornouailles, et qu'il y eût terminé sa laboï'ieuse carrière.
Saint Donan est représenté en prêtre prêchant; et sa statue^ ^s«ez belle, est du cùté de TEvangile^ au maitre-autel de Téglise de Saint-Douan. Les croyances locales font remonter si n^utcet édifice^ quun maire de la commune disait à Mgr Caf-
»pelli quil était antérieur au christianisme. Peut-être voulaiidire qu*avant Tinlroduction de la religion de charité, il y ^tait déjà là un de ces sanctuaires druidiques dont les environs ^uGouët étaient couverts»
() L*église actuelle a des portions assez anciennes, mais incon- (siablement bien postérieures à la date du maire ; elle a revti es dévelop[)ements à plusieurs reprises, et les bas-cùtés n'ont pîis lui demi-siècle.
Sainte Barbe est la seconde palrone; saint Gilles y est ho- «f^n* |mr une grande assemblée; saint Loup y reçoit aussi les l^oinmages des fidèles^ ainsi que saint Joseph, saint Laurent, ï^ini Yves et sainte Catherine. La statue de la Vierge aux Anges ^'^t {>ilite, mais d'une élégance remarquable. Cette jolie staiiHHii» esl placée derrière la chaire.
Deux reliquaires eu bois doré, i-enferniiint cliacuu des os de quatre saints, sont exposés au inaîtrc-aulel. Saint Gonery est un de ces bienheureux. M. Urvoy, supérieur du séminaire de Tréguier, a donné ces deux reliquaires à sa paroisse natale. Il y a aussi une parcelle de la vraie croix dans une croix en ébène, donnée par un religieux.
On compte huit cfoix monumentales en Saint-Donan : la ^ eroîx neuve, sur la roule de Saiut-Brieuc, est en pierre; lafl 'croix de mission, érigée au Rufilay, en 1822, par les soins de 51. Cartel, est en bois, ainsi que le corps du Clirisi; ce sont les 'plus remarquables, avec celles de la Ville-Perdue et du cime- j lîère, qui sont en granit. Celle de Jean Morvan, sur le chemiufl de Saint-Brieuc, aussi en pierre, était fort belle, mais une lem- ► pète la renversée. La croix Thomasse est distinguée par les J processions qui s*y rendent au grand Sacre et aux Rogations.^ I La croix de Cosson a été rétablie par Jeau-Baplisle L'Holellier,™ \ fils du maire de ce nom. La croix /Irleliise, qu*on rencontre en I venant de Saiut-Brieuc, est célèbre par les contes de revenants fqui, assure-t-on, y rôdent !a nuit. Malheur au villageois qui [rentre trop tard de ses coursf^s en ville! Il trouve là des gens d*outre-lombe qui le saisissent de leurs maies glacées, et le^ fonl tourner avec une rapidité edrayanle. ■
II y avait jadis huit chapelles dans la paroisse de Saint- Donan. Celle du rtulïlay, encore conservée, est sous le vocable de Sainte-Catherine ; celle de Notre-Dame de Lorcbant, où Ton célèbre le jour de rA^cension; celle du Launay, dont saint fMaudez est patron; celle de Kermare, dont, en 1725, M. iean Tillan était chapelain; celle du grand Chesnay, dans le jardin; celle de la Yille-au-Roux; celle de Sainte-Cal lier i ne, au village de la Croix ; celle de la Villeneuve^ qu'on a changée en four, et qu'on devrait rendre à destination. M
La mieux dotée de ces chapelles était celle de Sainte-Cathe- ^
riue ; elle avait une rente de 120 boisseaux de seigle.
Un incendie ayanl délruîl les archives de Sainl-Donan, avant 1646, on n'a de renseignements sur le clergé de lapa- [roisse que depuis cette date. H se composait alors de quatre "'prêtres : M, Alexandre Le Roux, i*ecteur ; MM. Vincent ÂniTray, NfK'l Allaireel Michel Ferchal, qui devint recteur, en 1650. En 1688, il se démit en faveur de Claade Ferchal; les autres ecclésiastiques étaient Guinaume Robin, Noël Collet et Jean Morl Tan. Guillaume Robin était lecteur en 1711.
I^ 6 mars 1721, il y eut grande solennité à la maison noble "de la Villeneuve : bénédiction de la croix posée sur le grand chemin qui conduit de la à Quinlin; bénédiction de la cha- |>clle, de la cloche et des ornements ; le parrain fut M, François lainon, chirurgien royal de Quinlin ; et la marraine, demoiselle Marie-Anne Rouxel^ dame de Car ho : la cloche reçut le 'nom de Marie-Jeanne-Françoise.
En 1730, le 31 seplembre, bénédiction de la cloche de Notre- Dame de Sainte-Catherine de Lorchant. Elle fut appelée Marie- Françoise-rAmbroise , eut pour paiTain M. François-Noél Rouxelj seigneur tle la Villeneuve-Bot itîlle, en Sainl-Donan, et pour marraine mademoiselle MarioAnne Rouxel de Carho- Taillart. M. Julien Richard était recteur de la paroisse.
En 1733, le corps de Jean Robin, âgé de 60 ans, fut enterré dans réglise, près le bénitier du midi.
En 1718, le 19 novembre^ bénédiction d'une des cloches de la paroisse ; elle fut nommée Pierre-Françoise.
Le 8 juin 1752, Julien Richard, âgé de S9 ans, recteur de ^Saint-Donan, mourut sul)îtement au \neâ de Tautel, en venant de donner la bénédiction du Saint Sacrement. M. Guillaume <le la Villebiot fut mis à la tête de la paroisse. En 17S8, ce fut J.^. Lavru; en 1765, J.-B, Amette; en 1771 Olivier Le Nôtre ^lajl curé de Saint-DoDan.
Dans la première révoluUon, un ecclësîa&tiqtie, qu ou désigne sous le nom de Chausses-Blauches, fut cliargë du culte à Saint-Donan. On alla lui enlever son lard, et i^mplir sa mar^ mite de ce qui sert à faire de la poudrelte. De là des poui'suites contre plosieui's des habitants. L'infortuné Chausses-Blanches tut obligé, de son cotë^ de quitter le pays, et fut remplacé par M. Belœil^ de Quintin. Un chêne de la liberté avait été planté visr-à-vis le portail de rëglise, dans la rue do bourg ; mais, dès la nuit même, il fut entièrement coupé par le pied. En 1793, plusieurs habitants, dont on cite encore le nom dans le pays, forcèrent leur maire à dresser une i)étitioo demandant un roi et la religion* Cette pièce, signée, existe dans le registre delà commune*
M. Querbœuf, recteur de Saint-Donan, depuis le rétablissement du culte, procura un moyen précieux de répandre Tinstruction primaire chez les garçons ; c*est a lui que la paroisse doit un frère de la congrégation de l'abbé J.-iM, Roljcrt de Lamennais. La maison d'école oti cet instituteur communal est logé est neuve, a deux étages, est couverte en ardoises ; mais elle a rinconvénient d'être très humidey par sa positiau audessous du cimetière et de réglise.
M. Caution, successeur de M. Querbœuf, a complété renseignement élémenlaire pour la Jeunesse, par la fondation d'un couvent de sœurs qui font Técole aux filles. La fabrique acheta la maison ; M. Gautron y attacha un pré et un champ à perpétuité, avec charge d'un service annuel à son intention. Trois religieuses de la providenœ de Créhen sont employées aux boimes œuvres de leducation des filles et de la consolation des malades-
Il existe, à Saint-Donan, plusieurs moyens de maintenir la population dans les bons principes qu elle reçoit. Le chemin de la ci^oix est exposé, dans l'église en quatorze tableaux ; la
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i:anfréi te du Monl-Canucl y compte 70 sceurs, el le j-ecleur esft <iu pelil nombre de ceux qui, }>ar leur place, peuvent y agréger ; la dcvulion du sacré cœur e&l euibrasfiée par 50 jicrsoa^ nés ; celles du Scapulaire et des Saiiils-Anges 4iout aussi sui- "vies.
Une des pieuses villageoises du pays s est mise a lu lète d'une <^ntreprise qui vient d'obtenir uu couimencemetU d^exëcutioiu Shirie Pirio, entrant, en 1848, dans Ja coui' du presbytère, ^iperçut la statue en bois de saint Clair, éveque de Naules, M. Hamet, ualii'dePlérin, ancien vicaire de Saint-Michel de Saiulr Brieuc, et maintenaut recteur de Sainl-Donan, avait fait tirer -cette statuette du greniei' où elle était réléguéej comme trop mal faite.
La fervente fille crut voir le saint prélat lui sourii'e; elle fut touchée du sort qui menaçait sa sainte image : elle s'en empare, lui couvre la ligure de gros rouge, entoure tout le reste 4le morceaux de papier de diverses couleurs éclatante j a&~ semble les bai>itantSy et, devant un auditoire d^euviron deux cents tidèles, etl^ présente l'antique effigie du bon saint Clair: m Le voilà l s écrie-t-elle ; je vous le rends. Vos ivrogneries l'avaient obligé de fuir ; cent fois malheur à vous, si vous recauunencez ! Il s'agit maintenant de Le porter en triomptie à sou aacienne demeure. Maintefois il m'est apparu et m*a commandé de le ramener cbez lui ; un plus lopg retard nous se* rait falxd. Vous savez, d*aiUenrs, qu'il a fait même des prodiges, pour montrer son désir et en faciliter raccomiilissement. Ua oratoire, tout juste assez grand pour le recevoir, vient de lui être construit en pierre, par nos soitis, au village dont une partie garde son nom. Venez avec moi y transporter le saint qui protégea nos pères, et nous rendra le bonheur que je vou^ souhaite î » On assure qu elle bénit Tassistance attendrie.
Au^it4)t une piocession est improvisée. Linfattgablc Pirio
veul la présider et porler le saint dans ses bras. Mais uti aveugle demande la parole, et démontre que, par respect |vour la dignité de riiomnie, c'était aux garçons qu'était réservé rhonneur de porter le saint pontife. L'orateur fut choisi pour remplir cette Ibnctioo ; et. vu sa cécité, on lui donna un yuide.
On se range sur deux lignes, et les litanies de la reine des cieux retentissent dans les aîrs. On part. Mai*îe Firîo, armée d*un grand cierge allumé, marche, avec une joie manifeste, à côté de saint Clair. Arrivée à la grotte destinée à la statue^ Tas^ semblée l'y dépose et l'y vénère ; un grillage en fll de fer ferme la porte, pour protéger cet objet sacré. Une collecte faite parmi les partisans du rétablissement de la chapelle du saint produit 15 fr. On espère qu'avec quelques autres fonds et des prestations, on parviendra à construire un modeste lemple où la piété viendra invoquer le saint et lui témoigner sa reconnaissance.
Nous terminerons cet aperça sur l'histoire eecléstastique de Saint-Donan, en rappelant que la paroisse était ix ralternative^ qu'on y suit le rit romain, nouvellement repris par toiit le diocèse de Sain t-Brieuc ; qu'il y a dans l'église des bénitiers de pierre antiques, mais simples; qne le pavé de ce saint lieu présente une foule de tombes presque toutes apportées du etmelière; que la fabrique possède deux calices assex anciens, cl que la sonnerie se compose de trois cloclies de i>ea de poids.
Hisloîre féodale et civile.
Nobles de Samt-Donan.
Enquête du 17 Janvier 1V|9.
Geffroy Brangol, à Kergault.
Philippe Forget.
Guillaume Le Roux.
Ém
Jean Moro. — Folleville.
Louis du Rufflay. — Rufllay^ Bîliet.
Alix de BeauQiout. — Villeauroux.
Richard Robin, — Id.
Cuillaanie Boessel. — La Frënays.
Guillaume Conan. — Villelannou.
Eoanet Le Forestier. — LaJande.
Eonoel Le Charj>entier. — Brangol.
Ahin Le Gftsgoing, — Villeboulier.
1« Janpier 1513.
Tristan du Rufflay. — Rufflay, Villeaurôux, Biliet,
Christophe de Rosmadec* — Villetannou, la Salle,
Gilles de Kerranneuc. — Isle-Milon,
Gilles Le Gasgoing, — Yilleboutier.
Louis Moio. — Folleville*
Sylvestre Le Charpentier. — Brangol.
Jean Josses. — Guyeois.
Geoffroy Brangays. — Kergault.
Jean de Castellan. — Id*
Trisiau de Montfort* — Le Fpur.
Tristan du Tannou. — Clos-Briead.
Jean du BoîboexeL — Four-Jarus,
Le BtgoL — La Chesnaye.
Louis Le Gasgoing. — Id.
Pierre Le Forestier. — La Lande.
YvesBudes. — Croix-Cadiou.
Jean Grumel — Vaumàrtîn.
En 1555, voici quels étaient les manoirs nobles de Sainl- Donan :
Les maisons et métairies du Rufflay, de Bilîet, de Ville-an- Roux, de la Terre-Neuve, à noble Jean du Rufflay.
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La maison de la Yille-Boutier^ à Gilles LeGasgoing^ fils de Tristan et Olive Bouessel, nobles.
La métairie du Chesnay, à Louis Le Gasgoîng.
La maison de la Lande et de Brangays, à messire Pierre Foresiîer, iiol>le.
La maison de Ilsle-Milon, à Sylvestre de Kervenan et à Thoniiue Robicn, sa femme, nobles.
I^s maisons de la Vîlle-Tannou, de la Salle^ de la Ville-Susanne, à Jean de Rosmadec.
La niaison noble de Guicry, à François Josses^ que tienl demoiselle du Bodino en douaire.
La maison du Brangol^ à Le Charpentier, sieur de Rergou-
nan, noble.
La maison du Four-Jamier, k demoiselle Louise du Liscoêt.
La maison de la Follevîlie, à Jean Boizart, de bas clal^ an droit de Jeanne Moro, sa mère, demoiselle.
La maison noble du ClorSr-Briend, à N,
Ajoutez, d'après l'arrêt du 9 mai 1669, Rouïel de la Yille- Hamonnet.
Les Brangays, aussi appelés Brangol et Branguel, étaient sieurs deLaunay et de la Ville-Jubel, nobles d'ancienne extraction, et comptaient neuf générations en 1669 ; leurs armes étaient de sable au sautoir d'argent, accompagné de k fermanx de même. w
Le Rufilay était la seigneurie de la paroisse^ appartenait, en 1780,.à RL de Pontraartin, et avait moyenne justice.
Les Gasgoing étaient une famine de Normandie, d'après le dictionnaire général de la noblesse; mais on les voit de bonne heure en Bretagne» Ils étaient seigneurs de la Musse, de la Villeboutier, de Kerembro, se trouvaient dans les paroisses de Pordic, Saint-Brandan . Saint-Donan; comptaient scfl générations eo 1669, et avaient pour armes: d'or au die-
wroD de gueules, ûccompagoé de trois quiutereuilles de même.
Les Forget étaient seigneurs de Rerlanj de Fontaine-Blanche, de Kerfaiiolas, de Tlsle, de la Becque. Remarquez qu'on trouve un moulin de Kerlan dans Saint-Donan,
l-es Bouessel avaient des armes parlantes : d'argent à trois boisseaux de sable,
Lorchant (Loc'hant, qui donne son nom à une chapelle, est aussi le nom d'une propriété qui appartenait aux Gillart.
La Ville-Tannou tire son nom de la famille du Tannou,
Les llamon de Kergafl'et les Dugourlay ont été pro|ïriétaires de terres nobles à Saint-Donan.
Dans 1 église, en face de la chaire, se voit encore un banc qui porte le nom de M. Robinchon. « Ne me touche pas, disaitil à un roturier; je suis d'une antique noblesse t »
Après la puissance du clergé et de la noblesse, est venue celle de la bourgeoisie. La révolution fut compromise par des excès qui la firent détester. La commune de Saint-Donau alla jusqu a sr à Paris une protestation en forme, dont nous parlerons dans notre notice sur le maire de Saint-Donan, Ihîis, vint
gloire de lempire, Saint-Donan paya, comme le reste de la f'^rance^ de son sang toutes nos victoires. Ensuite, les vœux l'avaient exprimés les habitants^ dans un moment périlleux, furent réalisés.
Histoire poétique •
Voici quelques-uns des récits qui charment les veillées de la paroisse et des environs, lis ont souvent un côté vrai ou moral, qui ajoute au mérite d'entretenir le goût du merveilleux et d'adoucir les peines dont les pauvres gens des campagnes sont aMablés.
Une gtierre à mort éclata entre les seigneurs de Launay et
une vieille liabiuiiiteduix ehaloau que nous n'avous jnis encore cité, et doDl on trouve les traces sur tes ix>rds du Gouêt, du côté répondant h Plaine-Hauie. Sa fonne indique une tour. (détail le Chàleau-Bolherel, j>€iit-êfre le l)erceau de toute Tilluslre fanullede ce nom. Lbéroïne en cheveux blancs défendit son castel, jusqu'à ce que le canon de Launav Teût réduit en poussière. Elle sut même mourir, et ne se i^udit pas. Pour échapper aux vainqueurs qui la cernaient de toute part, elle se ^ jeta dans la rivière, au lieu nommé depuis ia Fos^e^Madame. On prétend que^ la, se forma un trou si profond, que Fou ne peut en trouver la lin. Entendez-vous mugir les eaux du gouffre? C'est la châtelaine de Bolherel qui rugit encore contre ses oppresseurs.
Voilà, incontestablement, une noble dame qui égalait l*îu- Irépidilé de Médée, et qui mérite un éternel souvenir. Mais une simple vilhigeoise de Saint-Donan semble avoir porté le courage encore plus loin. C'était une pieuse fille qui allait ■ exactement à la messe, pendant la semaine, à 1 église du FœîL ■ Il paraît qu'un diable, chargé par l'enfer de faire tout le mal ^possible de ce c6té-lh, reçut des reproches sanglants de ses ■ [confrères. « Une none va et revient sans cesse, édifiant deux paroisseSj et tu la laisses passer trauquillcmeni le pont qui les sépare 1 » A ces mots, notre démon, tout rouge de honte et de '•colère, court attendre la jeune pèlerine. Elle arrive par un bout du pont, et le malin esprit s'avance par l'autre; il cherche a la repousser, aussitôt elle lui lance un signe de croix : il recule et tombe dans la rivière. On afïirme que tous ses camarades, cachés des deux cotés du Gouét, pour assister au duel de la none et du diable^ ne purent s'empêcher d'éclater de rire, en voyant le malheureux rouler et se débattre dans les flots. Le lieu du combat porte eucore le nom de Pout-aux- ÎVoues.
Il paraîtrait que le diable ahuail à l'm|iienter la paroisse de Saint-Donaii, et que tout le iDonde n*etait |>as si hardi que la tiooe* Un soir, Satan eu personne alla, déguisé eu bourgeois, jouer aux cartes au iiiouliu d a-haut, a Cotvé. Mais un des joueurs reuiarqua que le oionsieur avait des pieds de bœuf, et que, pour gaj^ner loult^s les parties, il jetait sous la table les cartes qui no lui convenaient pas* Lliabitant de rErèbe, découvert^ H cebaj)pa, laissant une forte odeur de soufre, et jetant feu et llamnies dans toute la vallée, deux qui avaient fait la partie avec lui passèrent la nuit blamiie, et n'osèrent s eu aller cjne lors<|u*il lit grand jour.
Revenons a nos anciens seigneurs.
M. de Lorchant demeurait au grand Cliesnayes. FI se plaisait avec les paysans. Avec eux, il jouait; avec eux, il allait aux assemblées. On nipporte même, qu'aidé du grand Torchard* il balayait les pardons. Dès (pi'ils paraissaient, il fallait vider le* terrain. Les bourgeois de Quint in le îuenèrent à lâchasse, dans une île déserte ; on voulait s en défaire. Sous prétexte de diereher dti' fen, ik l envoyèrent a une cabane éloignée ; et, pc^udantee teinps-la, ils mii*ent à la voile, Lorchant revint, ne trouva [dus kîs perfides; il eourul a la chaumière de la vieille qui lui avait donné du feu, et témoigna son indignation et sa jieîne. « Connaissez-vous la croix du l^ouleron, en Plouv;ira? lui dit la sorcière, — Oui. — Que diriez-vous, si je vous y iransjKirtaîs'de suite? » Elle ajouta : « Vous y serex ce soir. » Effectivement, elle Ty flt transporter. Pai* quel moyen? Ccst le secret de la fée. 11 n'en est pas moins vrai que M. de lorchant arriva, à minuit, au grand Chesuayes. Les chasseurs (Juintinais n'arrivèrent que trois mois après. En le voyant, ils furent elTrayt%; et, pour éviter sa vengeance, ils dirent que c*était une farce qu'ils avaieni jouée, et qu'ils étaient allés [tour le reprendre.
Un noble, appelé Lanipoule, volait des chevaux à ceux qui en avaient trop, et les donnait à ceux qui u'cn avaient point. Pour Il être pas reconnu, il variait ses déguisements. Un jour, il passa devant d'aulres gentilshommes qui se tenaient a dtstanoe dune magnifique jument. Il iit semblant d'être un pauvre lourdeau.On lui proposa d'essayer Findomptable quadrupède : il se fit prier; enfin, il parut céder, supporta une ruade, parvint à enfourcher la cavale, fit quelques caracoles, se laissa emporter, et, arrivé assez loin, il s écria : « Adieu, raesseigneurs ! » On n'a pas revu la jument.
Vous pensez bien que de tels tours faisaient des ennemis à LampouUe, Un d'eux le trouva à la Villeboutier, et dissimula son i^ssentiment. Notre bienfaiteur des pau\Tes aux dépens des riches alla le reconduire. On arriva à un escalier, entre la Villeboutier et Sainte-Catlierine. Comme ils se craignent mutuellement, nul ne veut passer le premier ; ils se tournent Tun contre l'autre, se voient le pistolet à la main, et se tuent dans Fendroit nommé la Fosse Lanipoulle.
Allons au RuRlay, d'autant plus qu'on assure qu une barrique d'argent est cachée dans les douves qui l'environnent. Il y avait la un huguenot; ce pouvait être un de ceux qui allaient au prêche de rEmiitage. Il y avait 2,000 protestants dans le diocèse de Saint-Brieuc, en 1680, et il était le tiers de ce qu'il est. Le novateur intolérant avait juré la perte d'un bon prêtre de Saint-Donan. L'ecclésiastique prenait la précaution de se faire escorter d'un domestique ; mais, un soir qu il s'en retournait aux Petits-Madrais, après avoir confessé très lard, au bourg, il envoya son serviteur prendre sa tabatière qu'il avait ^ oubliée. On profita de ce moment pour l'assassiner et porter le ^ cadavre derrière le presbytère. Le frère du meurtrier revint bientôt de la lîlerie, et, passant par la, se heurta contre le corps de la victime. Il fut saisi de tant de fi ayeur, qu'une ûèvre
ardente Tenleva dans trois jours. Osl sans doulc depuis, que ioules les nuils on voit un corbillard en draperie de deuil, Iraîuè par des chevaux noji's et sans posiillon, se précipiter vers Saint*Brieuc.
La Villeneuve a aussi sa légende, 11 y a, dît-on, un souterrain qui moue de la à la Marocbe. Un soir, un étranger prit un homme de la Villeneuve , pour lui montrer cette fonlaiiuî, U lui avait fait porter une bêche. Arrivé la, il flt creuser; une porte se découvre. iNos deux individus entrent dans un vaste appartement, où sont entassés iït*s caffres remplis d'argent- Le monsieur dit a son guide d'en charger ses floches; mais rhonune des champs en prit peu, espérant bien revenir. L'inconnu passa dans une autre chambre, et ne prit que des litres els*enalla. L'homme de la Villeneuve ne put jamais retrouver I endroit où il avait bêché !... Apprenez à saisir Toccasion* Nous sommes dans la terre des merveilles. Un liomme qui s'en revenait du Fœily vers minuit, passa par Lorchant. Il vit une procession déjeunes g^ars qui s'avançait vers lui. Il voulut [^ se retourner; ils lui dirent d'une voix st'pulerale : a Passe ! un jour, lu seras avec nous. » Il continua sa route; et, arrivé à la chapelle, il la trouva illuminée et remplie de jeunes lilles en prières. Un autre voyageur attardé y a vu errer un géant, une torche à la main.
Tous les prodiges arrivés dans la paroisse ne sont pas si effrayants. En voici un qui vous apporte du vio des Canaries.
Le soir d'im mariage, le cidre manqua. I^ jeune époux courut en chercher. En passant aux Croix-Rio, il trouva le sabbat des lutins; comme il était un peu lancé, il se mit a danser avec eux. Quand la ronde diabolique fut terminée, un des esprit» follets demanda où Ton irait : a Aux îles Canaries, » dirent les esprits malins; et ils remportèrent avec eux. Tout cela $p fit ea un clin d'œiL « Te voilà loin de tes convives, lui dirent les
ravisseurs ; remplis bien vite les pots de vin, et dis-iioas où tu veux aller. » Le jeune marié ne se le fit pas dire deux fois- — D où nous venons, siécria-t-il , — et le voilà aux Croix-Rio. Il court riiez lui, arme de ses deux pots. On lui reproche un peu de lenteur. -T^ C'est, dit"ilj que )*ai voulu vous apfHjrter du vin. — 11 en verse d^s rasades, qui démontrent la vérité du 'ait, 1 p€^i 11% . ti!*%tn'
On assure que les sorciers viennent pncore danser aux Croix- Rio. Avis aux amateurs du vin des Canaries.
Biographie des personnes marquantes- Nées à Samt-Donàii.
Le Centenaire. — Il y a une trentaine d'années^ un homme âge de 102 ans, le nommé Montjarret, jouissait encore de toutes ses facultés, et allait à pied à la messe dans une paroisse voisine, au Foeil.
Le Cbevauer de la légion b'oonneur- — Yves Lllùtellieri né au lieu nomme le Château, était un cultivateur aisé et plein de bon sens ; il avait même une certaine instructionw II était sou* vent employé comme ex j^ert priseur et amiable compositeur entre les fermiers et leurs maîtres. Il réglait les conditions d'entrée et de sortie de$ fcrmierp, et faisait les affaires de plusieurs riches habitants de Quintin^ dont il avait mérité la confiance. Sa probité et sou inleUigei^ce lui avaient attiré la considération générale.
Quand le peuple fut appelé à nommer ses officiers municî^' paux^ les habitants de Saiut-Dùuan lui accordèrent Icunà suffrages, 11 exerça les fondions de mabe, pendant 45 an3.
En 1793, le conseil municipal de Saint-Donan était réuni pour voter la Constitution, Plusieurs membres inlluenls, dont le maire partageait lopinion, le décidèrent à formuler un re-
fus, el à demander le retour de la monarchie et de la relijjiori. Le proces-verlml fut rédigé dans ce sens, avec l'exposé des motifs, Presque tous ceux qui savaient écrire dans la commune vouluront signer celte proteslaliou, avec le conseil nlunicipaK Copie fidèle de cette pièce fut envoyée à Paris. Quelque temps après, le maire et plusieurs autres notables de Sainl-Donan furent incarcérés. Ils furent élargis par les royalistes, à la prise? de Saint-Brieuc* Pendant la déleniion de UHùlellier, personne ne voulut remplir les fonctions auxquelles on lavait arraché.
En 1827, un commis, fouillant, a Paris, dans les archives, trouva la rédamatiôn des gens do Saint-Donan. On écrivit à la préfecture de Siiint-IUieuc, pour savoir si le maire, qui avait assumé sur sa lele la responsabilité d'une démarche si périlleuse, vivait encore. Le ministre de Tintérieur lui envoya Tétoîle dès braws. Le préfet des C(\les-du-Nord attacha la croix d'hotinéur sur le cœur du vieux magistrat, devant une nombreuse réunion, et le félicita de ses services.
L'Hftiellîer est mon, dans un âgn avancé. Son chef a été depuis religieusement dé[K>sé dans un reliquaire en bois, el placé au porlail de leglise de Sainl-Donan, avec une inscription qui rappi^lleque L'Hôtellier était chevalier de ia légion d'honneur.
L'Histoire des Girondins mentionne l'intrépide opposition de Saînl-Donan, et ajoute que, de tous les milliers des cornniunes de Fmnce^ ce fut la seule qui eût osé rejeter la nouvelle forme de gouvernement, et demander hautement la royauté,
La Mu^LioNNAiaK. — Une jeune paysanne, née a Colvé, en Saint-Donan, était d'une beauté remarquable. Se trouvant aux f^tes d'un mariage, elle charma un opulent Anglais, qui parvint à lenlever. P'Ile nlla habiter avec lui un château de la Cornouaille insulaire. Elle y donna le jour à plusieurs enfants; raaiselle n'a eu qu'un petit-fils qui, en mourant, a voulu que s;i fortune passât à ses [>arents du côté de sa grand'mère. Il jki-
raît que c était lui qui vint deux fois à Ch;itelaudi*en, detnaa*der des renseiguements sur ses parents de Bretagne. Il s'adressa à une femme qui devait être une des héritières; el, à chaque visite de Finconnu, elle en reçut mille francs. Maïs, comme il fallait remonter à deux siècles^ el tjue la dame, dont le uom véritable était Anne Le Rouxy en a^'ait adopté un autre, celui de Marie, les difficultés n'ont pas encore éié levées. Cependant il s'agit^ ditr-oUy d un mobilier de 600,000 francs ei de trois millions de fortune.
Deux Colosses. — Yves et Mathurîn de Quinlin, qui vivaient en 1765, ont laissé, dans la population, un souvenir ineffaçable. Ces hommes de bien étaient d'une force extraordinaire, avaient six pieds de haut, avec un embonpoint proportionné, m et une voix de tonnerre. On disait qu'aiiprès d'eux, les autres ecclésiastiques étaient des nains et des préclioloux. Matliurin momut le 13 septembre 1776, à 44 ans, dans sa maison des GiDS-de-rile.
Jean du Rufïlay est cité dans Finformation pour la canonisalion de Charles de Blois. Alain du Ruttîay était gouverneur de Bréhat, en 1407.
Paiini les personnes qui font le plus d* honneur h Saint-Do- ^ nan, leur paroisse natale, nous citerons M. Laisné, proviseur ■ du Lycée national de Napoléon-Vendée; M. Robin, curé de Guingamp; M. Urvoy (J.-M.}, chanoine honoraire de Saint- Brieuc, supérieur du séminaire de Tréguier, auteur d*une Histoire de Trégu îcr, éditée dans le Publîcateur des Côtesdu-Mord, d'artides dans l'Avenir^ et d'une nouvelle édition du Règlement des sœurs du Mont-Carmel,
EXTRAIT du Rapport Tait par Gossuin, au nom de la commission chargée de recueillir les procès-verbaux d'acceptation de la Constitution, h la séance do vendredi 9 août 1793.
n Sur 44^000 communes qui composent la République
qui offrent une immense popuialioo, la comiimnc de Saiul- Donan, faisant partie de rassemblée primaire du canton de Plourhan, district de Saint-Brieue, département des Côtes-du- IVord, forte seulement de cent vingt habitants, est Tunique qui ait demandé le Ois de Capet pour roi, et le rétablissement du clergé. Toutes les aulres communes de cette assemblée primaire eu ont été indignées, et celle de Saint-Donan, ayant à sa tète uu nommé Yves L'Ilôtcllier pour maire, sest retirée, après avoir usé de menaces, et rédigé séparément un procèsverbal, n De Garaby.
TRÉGUEUX.
Histoire physique et archéologïque.
I Cette commune qui, dans la réformation de 1513; figure sous le nom de Tréguîeuc, semble tirer son nom du voisinage du gué qui mène a Million. Encadrée entre Iflînîac, Plédran» PlouiVagan, Saînt-Brieuc et Langueux, elle est à 3,500 mètres de Saint-Brieuc, offre la forme d'une navette, compte 1,500 habitants, et a saint Pierre pour patron.
Au [)onl dllliniac commence une chaîne de coteaux abruptes qui se prolonge jusqu*au Vaurouaull; une autre série de coteaux à [»enle rapide prend à l'ouest de la lande du Vaurouault, et vient jusqu'au Créach. 11 y a des vues magnifiques des hauteurs de Trégueux. Du Fraîche, on dirait que la mer touche au clocher.
L'Urne, que d'autres appellent TAc, arrose Trégueux à l'orient; au nord coule le Gouédic. Les ruisseaux Barriolot, de la
se/t
Croix-Gibatet de la ViUegœury ^u liaversi^ul des (lurlies. Sî.% moulins y sont eu aclivite ; a>hi de la Villebio; le Nouveau Moulin ; le moulin de TEvèque; le winulia de Gibat ; le Pelil Moulin ou Moulin-Neuf, sur la rivière cjui passe au pont Poilpot, elle moulin de Crëach*
Le pays est sain, fertik% bien planlo d arbres à fruit, à fou et pour meubles; il produitdii blë de toute sorte, de bons fourrageSf du lin, des pohm^ée Ictrre^ des pois, etc. Le cidre est une des principales branches du coumierce; On y élève des chevaux pour la grosse cavalerie. La route de Saint-Brîeuc à Moncontour traverse le bourg de Trégueux; celle de Saint- Brieuc à 14œuc passe par la paroisse, ainsi que la voie romaine (chemin !%oé}qni va d'Erquy à Carhaix; la route de Saint- Brieuc à Quinlin est k Touest de la commune de Trégueux. Ou y compte tOO maisons.
Les principales métairies sont : les Craix-Chemin, TEtang, le grand Gué-Morin, la Grand*Porte, le Guclanibt'rl, la Lan(U% le Milan, la Porte-AIaia> le Pré, le Prë-Oren,* les deux Quére, le Vaurouault, la Villecaluiel, la Villecartj la Villegrohanl, la Villejouyaux, la Villejongnéj les deux Villoger. 11 y a des noms poétiques : le Pré-Fleury, rEpiue-Fleurie ; des noms de saints : Sainte-Foi> Saiifct-Uivili, , .
Dans le cimetière, on voitdeuct ife antiques. L église n'a de remarquable que sa propreté. Le bourg est peu considérable, La maison de la Fosse, iiA^ec se5 écussons sur la cheminée, est des plus anciennes* U y a une chapelle domestique au Mitan el une autre ii la Yillegrohant ; elles sont dues a la piété de la famille Prud'homme. Celles de la Villcanbry, de Launay et de la Villecalmet sont en ruines, mais la grande Villoger conserve la sienne. Il paraît qu'il y en avait une près du lavoir de Saint Quay. La chapelle paroissiale de Sainte-Marie est la plus marquable ; elle couronne une hauteur d'où la vue embrasse^
^n iniuiorise'C4 riche panorama. I*r6sde la sainte demeuro, im orme colossal protège de son ombre les pieux pèlerins. Au fond du chœur est un ex-volo Tort cuHeujt. Au haut clu'tableau, un auge paraît étonné, à la vue d'un prodige; au-dessous de lui, d'un cùlo, c'est la Vierge tenant son lils divin dans ses bras, et portant sur la poitrine un soleil de justice ; de Tautre, cest un hoiuniG on robe blanche et au luauteau noir. 11 montre deux cicatrices sur son seiuide sa bouche sort une tlamiue^ avec ces mots : O Muria V adjuva raeîOn rapporte qu'un des Templiers de la Porte Alain se battit en duel dans Taveune de la Ville-Bougault, fut morttJlemeut blessé, courut, tenant ses inteslius dans ses mains, iuvoquer sainte Marte, et fut miraculeusement guéri.
Un autre monument de reconnaissance a disparu du sanctuaire de la reine des deux. Un marin, sauvé d'un naufrage par la protection de la sainte Vierge, s était fait reprèsenler dans le péril^ et avait apporté le tableau à Saiute-Marie.
Toutes les croix en plein air d^ la paroisse sont en l)ois, ex* C6i>té celle du cimetière, qui est assez belle, mais moderne. Une de ces cmix s'élève à IMran, dans la partie qui appartient à Trégueux. Les Botberel étaient seigneurs de Péran. Ce qu'on a cru un camp vitrifié ne serait-il poirtt siniplenient les débris du château de Péraii;, ruiné par ini^endie?
Pitfs du village de Bourgncnif, se trouve le Bergu. Ou croit que c'est une altération de Berrîeu, pronouciation populaire pour Brieuc. Comme révoque était seigneur de Trégueux, il pouvait avoir là un pied-à-lerre.
Les manoirs nobles de Trégueux étakfU^ au 17 mars 153S :
La Hazays, à François Le Forestier, î»'^ * r
Brandeho, id.
Le Launay, a Raoul de Couvran.
La FoiUenelle» — Moricette de Penmarch, épouse de Robert
— 36a — Eder, sieur de Beaumaiioir, en Leslay, prèsQuintiii.
La Roche-Blanche. — DenroiseUeCoëluban* La Villecalmet. — Alain Visdelou, Léhen, — François I^ Rechol, marchand.
La Lande. — De hi Garollay».
Les Salles-Hautes, — Id, Le Verger, — Marguerite Darcelles.
La Villejinguenë. — Jaquette Gandin, La Villaubry, ^ — Marie de la Chapelle et Anffray, son fils. Le Guélanibert. — Le chapitre de Saint-Brieuc, La Yillegrohant. — Pierre Parcevaux.
Quéré- — * Jean Audren.
Tré-Launay, — Jacques du Boeboixel.
La Fautai ne- Blanche, — Maurice Le Bigot, Là ne flgurent pas d'autres ébergements nobles, citœ en 1S13; les voici ;
La Ville-aû-Retz, à Pierre Poullain.
La Combe-Gnehenneuc, aux Lanouë.
Le Pré-Corbu, — Pierre Bedel,
La Ville-Héry, — Guillaume Gonyon.
La Maison-au-Chevalier. — Catherine Parcevaux,
Le Boizéon. — Pierre de BoeboixeL
Le Préoren était aux Parce vaux.
Histoire morale.
Saint-Rivili, nom d'une terre en Trégueux, est probablement une altération de saint Rigual ou Rivalon^ qui a laissé son nom à Kerdenoual en Saint-Brieuc, à Planguenoual et à Saint-Denoual. On sait que le prince Rigual était un célèbre guerrier qui gardait les côtes entre le Gotiët et TArgaeDoii, loi^quarriva saint Brieuc, son cousin. 11 céda au jneux luis-
siooiiaire la pluparl de ses possessions, et alla unir ses jours à liillion. Il 11 est pas étonnant qu*une partie de î?es domaioes cxïDserve son nom*
Nous avons vu Morîceltc de Pcnmarch porter la terre de Fonlenelle dans la maison d'Eder, Ce nom de la Fontenelle est immortalise par un célèbre ligueur. Guy Eder, plus connu sous le noni de baron de la Fonlenelle, était cadet de la famille Eder, et fils de Moricelle de Penmarch. Son frère aîné, gentilhomme plein de modération, garda le nom du château paternel ; Guy prit celui de Fontenelle. L'histoire raconte ses prouesses et ses cruautés. Il fut gouverneur de Douarnenez, et finit par être traîné sur la claie et décapité, à Paris, en 1602. Sa tête, exj)Osée dans une cage de fer, sur une des portes de Rennes, fut enlevée par ses partisans^ ce qui donna lieu à des poursuites. Une légende, que M. de Frérainville a conservée dans ses Antiquités des Côtes- du-Kqrd, place notre redoue baron dans la commune de Prat, et soutient qu'il était le plus bel homme qui ait porté habit. (V. les faits et gestes du baron de Fontenelle, dans Moreau, Hîst, de la Ligue.)
Parmi les prêtres qni ont dirigé les âmes de Trégneux, signalons François Le Guillou, restaurateur de la chapelle Sainte-Marie, en 1666. Il la rétablit à desolatione, dit une inscription qu'on y lit encore. M- Le Guillou, mort à 50 ans, fut enterré sous le senîl de la sacristie de son église, le jeudi 26 août 1700. Une célébrité présida à ses funérailles : c'était M. Leuduger, chanoine scolastique de la cathédrale de Saint- Brieuc, zélé missionnaire, fondateur des fdles du Saint-Esprit, auteur du Bouquet de la Mission et de Tancien Catéchisme de Saînt-Brieuc. Olivier Le Vicomte de Beaulieu signa Pacte de sépulture, comme snccesseur du défunt. Cet abbé Le Vicomte de Iteaulieu eut de nombreux procès à soutenir pour son é(;li$ef et se cassa une jambe en montant en voiture pour aller
^^dan!
BtaU
morlj en 1734, les fonctions curiales furent con- [ fiées à Tabbé Le Mée, qui figure dans les Annales Briochines mu chanoine Ruillet, eonime auteur d'un poème sur la Iransta- |lion de Mgr de Monklus à Alais, et du Propre de Saiiit^Brieuc.
On donnait quelquefois aux pasleui^s de Trégueux une qua- [lificalion iousilée par d autres. En 1663 et 1665, Jean LeFebvre [et Jacques Symon sont appelés sieurs recteurs; en 1646, Jean [Rochard prend le titre de sub-curé,
L'abbé Manoir, qui a longtemps gouverné le diocèse, comme K jcaire général, iït sa première éducation a Trégueux, sous son [oncle palernel, Hugues-Victor Manoir, recteur de la pafroisse.
La paroisse de Trégueux a donné le jour à plusieurs céié- I Ibrilés.
Jean Auiïra) , né à la Ville-Aubryj fut chanoine et trésorier du chapitre de Saint-Brieuc, conseiller et aumônier ordinaire ^ de la reine-mèrOj Marie de Médicis ; abbé de Lanvaux, en 1614«iâ
François Âuffray, de la même maison, chanoine de Saint- Brieuc, est auteur d'une tragédie morale, intitulée : ZoaDtro* pie ou Delà vie de Thamme, embellie de feintes appropriées au sujet; Paris, 1614 et 161 3 , in-S», avec une ode dédicaloire h au cardinal de Bézas, évèque de Béziers, grand-aumonier de la ^ reine. En 1625, il publia, à Saint-Btieuc, les Hymnes et Cantiques de TEglise, traduits en vers français, sur les plus beaux airs de ce temps. A la fm du volume, on trouve une foule de quatrains et des stances morales tirées de Saint-Gregoii^ de Nazianze. ^
La même famille avait fourni un président de la chambre fl des comptes, en 1 596. Elle était alliée aux La ChapeUe, qui ont donné un grand maréchal de Bretagne, en 1318, M
C est dans la même commune que naquit, en 1728, M* Julien Bagoij qui, élève du comte de la Garaye, fut maire de
Saiiit-Binouc, médecin habile et charilable, représouUuil du peuple. Sa Ijiograpliie a élé donnée dans l'Aonuaire.
Le Guclamlicrt a appartenu h Olivier Laurent, dont le [>èi-e éiait général des finances de Bretagne.
Le Boîzéon a été le berceau d'une famille qui compte plusieurs illustralious : Alain de Boizéon fut chevalier de Saint- Jean de Jérusalem et commandeur du Paradet , en 1460; Pierre fut gentilhomme de la chan'ilir^ et gouverneur do Morlaix. LesBoizéon figurent dans rhistoîix; de Bretagne, surtout à lepoqUe de la ligue, où ils signalèrent l^ur dévouement au roi.
En 1 423, Eon Guillaume est un di*s nobles de Trégneux, Un Pierre Guillaume, éi)oux de Jaipieite Ricbosme, fut général ^ des finances en Bretagne.
* En tu 3, Jeau Gandin est un des nobles de Trégueux. En 1438, on volt Jean Gandin accompagner le duc de Bretagne^ avec Jean de la Rivière et quelques autres seigneui^s, i>our aller d<î?tttander au roi de France la grâce du duc d*Alençon. Ils lui sauveront la vie. En 1868, mi autre Gandin était conseiller en laeoar; son fil$ Robert fut maître des eaux et forùu de Bretagne.
Dans la même année ltl3, JeM Perceval habitait Trégueux. Soixante-six ans après, un Jean PetTOval fut condamné, par la duchesse Anne, à avoir la tête tranchée, arec deux autres seigneurs bretons, parce qu'ils avaient combattu dans le parti de la Frstnce* Dès 14©2^ un Jean Perceval était gouverneur de Lesneven.
En 1423, Jean de Coëlhuan est sur la liste des nobles de Trégueux ; cinquante-ti*ois ans aprts, le sceau de Coethuan est envoyé, par le duc de Bretagnr", pour la ratification d*un traité avec le roi de France,
En t700, le sieur Coulon de Portalain^ lre>urjcr de Saint-
Michel, fait abattre Taiguille du clocher de cette église paroissiale.
Il y a des remarques singulières sur quelques personnes qui se disaient nobles.
Jean Macé, bon corps et bon appareil, fréquente Ja guerre et n*a aucune richesse.
Thomas Labbé s'arme ; son père impotent est de petite • jouissance. (V. Rérormation.)
Parmi les grands propriétaires de Trégueux, ont figuré: Maurice Le Bigot, proto-notaire apostolique, abbé de Rillé de 1503 au 3 juillet 1537, époque à laquelle il mourut; et Geoffroy de Ck)uyran, célèbre capitaine dont nous avons donné la notice dans FAoBuairede 1848.
En 1848, s*est ouvert, près du bourg de Trégueux, un bel établissement des Filles du Saint-Esprit. Cette institution est destinée a consoler les malades et à instruire les jeunes filiesl La paroisse de Trégueux, qui avait déjà divers moyens de rester fidèle à la religion et aux bonnes mœurs, trouvera^ dans cette charitable création, une source féconde de bonnes œuvres spirituelles et corporelles. Une école des garçons terait utile, pour maintenir, dans la population naissante, les goûts modestes et laborieux que détruit souvent la fréquentation des villes.
Nous terminerons cet essai sur Trégueux, en rappelant que le président Habasque dit, au second volume de ses Notions sur les Gôles-*du*niord, que le recteur de Trégueux fut déjuite à l'assemblée des étals généraux, à l'époque de la première révolution. Le même auteur rapporte qu'en 1790, M. Gofyery, oificial du diocèse de Saint-Brieuc, fit publier un monitoire contre ceux qui n'auraient pas signalé les accapareurs de grains. Le monitoire contient ce passage : « Pendant la récoke de la présente année, des quidum» ont été vus, dans les pa-
roisses voisines de Sainl-Michol, acheter des quaDlîlés considéral»les de gi-ahi sur Taire, 4 livres 10 sous, 4 livres 15, et même 5 livres 5 sous le boisseau. » Les moniloires étaient un puissant moyen de découvrir les coupables. Le gouvernement en rétablit l'usage, par décision du 10 septembre 1806.
Une des plus grandes scènes dont Trégueux ait été le théâtre
érite de couronner cet article, l, Berthelol, desservant assermenté de Trégueux, en 1791^ n'avait pour assistant à ses offices qiië son sacristain. Un jour, celui-ci Tabaudonnaj au commencement des vêpres, pour aller voir, du clocher, d*où venait un concert d'innombrables voix qui seml>laient se rapprocher de plus en plus. De sept paroisses différentes s étaient réunies 5,000 pci-sonnes, qui se rendaient processionnellenient à Sainte-Marie. Il les suivit, et les vit se prosterner aux pieds de !a reine des eieux ; on récita les litanies, et les cinq mille voix répondaient : Poimez-nous de bons prôlres, ou laissez-nous mourir I De Garaji!,
KMia«
Abbaye] de Saîiil-Jacul ou Jagu*
Cette abbaye était silnée dans l'ancien diocèse de Dol, sur le bord de la mer, près de Tenibouchure de la rivière rArguenon, à trois lieues à l'ouest de la ville actuelle de Saint-Malo. Elle reconnaissait pour son fondateur, au cinquième siècle, le saint dont elle portait le nom.
Saint-Jacutou Jagu, né dans la Grande-Bretagne, était fils de saint Fragan et de sainte Blanche. Il vint en Armorîque avec SCS parents, lorsque 1*^ Saxons s'emparèrent de cette Ile et
commencèrent à persécuter les chrétiens. Place près de saini Budoc qui tenait une école célèbre à l'île des Lauriers, il y acquit, ainsi que son frère Guétlienoc, des connaissances étendues dans les sciences, Técriture-saintc et les belles-lettres. Ils firent profession dans le couvent de leur maître et commencèrent dès lors à s'imposer la vie la plus austère et la plus propre à leur faire acquérir la perfection chrétienne. Méditer la loi da Seigneur, chanter ses louanges, se livrer au travail des mains, à la lecture, assister aux exercices de piété habituels à la maison , remplissaient tous leurs jours. Jacut ne buvait que de Tean ; sa nourriture se composait d'un pain grossier et de légumes. La terre lui servait de lit, un caillou de coussin ; ses vêtements étaient, les mêmes que<îeux du 'peuple. Guélhenoc imita son frère et partagea son désir de vivre dans la solitude. Ils en obtinrent la permission de leurs parents et de leurs supérieurs, et choisirent un lieu retiré, propre à donner un libre cours aux sentiments qui les animaient. Ils le sanctifièrent promptement par leurs bonnes œuvres, et se transport tèrent ensuite dans la péninsule de Lann- Douar, où ils se proposaient de vaincre le paganisme auquel se livraient les habîtants, et de les porter à détruire un temple qui s'y trouvait.
L'éclat de leur mérite, leur zèle et leurs vertus furent suivis de succès. On vint en foule h eux pour recevoir l'instruction et se faire leurs disciples. Le nombre des convertis devint si grand, ainsi que de celui de ceux qui se décidèrent à vivre en communauté, que les deux frètes furent forcés de se séparer et de former des établissements distincts. Guéthenoc quitta Lann-Douar avec la moitié des disciples, et alla se fixer dans un lieu que les légendaires n'ont point indiqué.
Jacut continua k Lann-Douar rétablissement déjà commencé en 418, et que le roi Grallon dota richement dès te commencement de son règne. Ce monastère prit le titre d'Ab-
— va —
ye: saiiil Jaciil y I* rmiiui ses jours, nyaiU consîaminoiit ne l*rxeiii[)l(* «le la (Vrvour vi de ht ivj^iifariCi'. L'Ej^Iiso rti lionne la iiieiiioire le 3 mai*», avec alliée iluuble a \i leiis du coiiiiuun, ce qui dëaionlre qu^ounecoiûiailpa;^ Uacles j*aiiîcuUers pouvaul perniellre d'établir dk's Propres.
' La situation de ce couvent elait mal clioisic, sous le rapjïort
la sécurité ; mais s'il est vrai, ainsi 4|ue le dît Dénc, (]u*un
Mnpie païen existait d^ms une %*îisle forêt qui s*éten<lait de
Imilialay a IVmljcmcImre de TArguenon, on conq*rend lu nio«
f de ce choix. Ce même auteur, pour ^'onfirmer son opinion
ur rexistence de ce temple, a prétendu en ofli ir la preuve en
hercliant Tétymologie de l.atin-Douar, dans une lanj^ue qui
i était ivarlailenienl étrangère, et lut donner pour sij^uinca-
ou Temple de la Terre. Doiu Le l'ellelier et Le^ouidee, dans
ur Dictionnaire breton-français, disent ([ne Lanu répand au
lot Land des peu [îles du Nord, et doit signifier territoire, con-
êe, n^ion, pays. Dariès, seul, qui n'a pas compris la valeur
e ce mot, a dit quil signifiait Temple. Lann servant aussi a
désigner rajonc épineux, M. Ilabasque a cru devoir reudreen
(ranvais le mot Landouar, par terre de Landes, ce qui est plus
niiseuibtable.
I- existence d'un tem[>le païeOj en s'en rapport^mt a la fausse
terprétation de lk»ric, serait pins ([ue douteuse, si on ne le-
il compte que les Uomiuns, devenus maîtres de la contrée,
pu élever un peiil temple en ce lieu, vers Tan 5G de J.-C,
pvoir consacré à la terre les environs. On serait probable-
[ni plus dans le vrai en ne cherchant la cause du choix de ce
, |)Our léreclion du couvenl de Saint-Jacul, que dans Tu-
établi du cinquième au dixième siècle, qui portait les
es a préférer le centre des forêts, le bord des étangs et le
peni des rivières pour former leui"s établissements. Ces
Jes convenaient mieux pour servir de refuge pendaul le
moyen âge aux arts, aux lettres et aux sciences, qui n étaient cultivés alors que dans ces maisons de piété.
Cette abbaye ayant été pillée et ravagée à plusieurs reprises par les Saxons, les Normands et les Anglais, ses titres les plus précieux se sont trouvés perdus; Fauteur des Notions historiques sur le département des Côtes-du-Nord assure que quelques-uns sont déposés à la Tour de Londres, ainsi que beaucoup d'autres concernant Thistoire de la Bretagne. Leur perte ne permet donc pas de connaître les premiers successeurs du fondateur, et ce n'est qu'à dater du onzième siècle qu'il a été possible de reprendre l'ordre chronologique des abbés, sans cependant que D. Morice, dont les recherches font autorité, ait pu assurer une date précise à l'entrée en fonction de Hingaeton, qui recommence l'ordre successif de ces titulaires.
Hingueton vivait ^us les règnes des ducs Geoffroy I^ et Alain III, son fils aîné, et fut chargé par ce dernier de rétablir le monastère de Gaêl, qui avait été ruiné par les Normands. Ses successeurs, jusqu'à Mainon, passèrent sans laisser de traces, ou du moins l'histoire ne cite aucun fait remarquable qui leur soit applicable,
Mainon assista au Concile tenu à Rheims en 11 31, par le pape Innocent II. Il y fit juger son différend avec les moines de Marmoutiers, pour la coutume du poisson qui se vendait à Dinan.
11 paraît que 'dès lors la vie cénobi tique n'était plus une vie retirée, consacrée entièrement à la prière et aux bonnes œuvres; que l'humilité chrétienne avait fait place aux droits, aux privilèges temporels et mondains, à en juger par ceux que possédait le couvent de Saint-Jacut. 11 est vrai que beaucoup de nobles firent partie de cette communauté ; que même pendant longtemps, il fallait être gentilhomme pour y être admis, et qu'il est assez probable qu'ils dotèrent la maison des privilèges
Il-O
qu'ils possédaient, et que leurs familles accordèrenl en leur faveur. C'est a ce litre sans doute que ce couvent eut pendant longtemps sous sa juridiction ^ les cures de Linthonie et do Sainte-Marguerite de Hisdran, «*n Angleterre ; qu'il était dispensé de la juridiclion de l*enthièvre, par décisicm du duc de Bretagne, Jean lit, en date de 1318 ; qu'il avait le droit d'obliger les (lècheurs de la paroisse d'y apporter leurs poissons, et que les moines pouvaient, en payant, en retenir la quantité et la qualité qui leur convenaient, ce qui u était jias sans causer un préjudice au marché de Dinan, sur lequel les moines de Marmoutiers prélevaient un droit. C était la cause du litige sur lequel le Concile de Rheims lut appelé à se prononcer.
En 1163, Henri, abbé comuiendalaire de ce monastère, et archevêque de Do!, fit conlirnier par le pape Alexandre Ul, toutes les donations faites au couvent, antérieurement à son entrée en fonctions. Cette formalité ne se sollicitait ordinaireuieut que pi es des héiitiers des donataires ou du souverain du I*ays. Cette démarche inusitée avait sans doute pour but de se rendre favorable le pape et de conserver le titre d'archevêque, contesté depuis longtemps au diocèse de Dol, et qui, malgré toutes les concessions faites au Saint-Siège par les titulaires, ne fut pas moins supprimé ti'ente-si]^ ans après par le pajx» Innocent UL
Le pa|>e Alexandre donna commission, en 1180, a ce même îibl)é, pour juger sur le ditlcrend que les moines de la Vieuville avaient avec G. Gaiplig* On ne sait à ({uel titre ce dernier se trouve indiqué.
Plusieurs prieurés dépendaient de cctlc abbaye, et on trouve qu en 1251, son abbé, Mathieu, transigea avec PieiTê de (]hémillé et Aliéner de Porohét, sou épouse, pour la concession d'un terrain dépendant du prieuré de la Trinité^ près Morlagne, où ils voulaient établir une cohue.
En 1303, deux autres prieurés dépendante de l'abbaye, situés dans révéché de Jréguier^ dont les revenus n'étaient pas suffisants pour l'entretien de quatre religieux, furent unis à la chambrerie du. nijonaBtwe, par l'abbé Geoffroy.
En 13381, Etïenn^IXideiGoyon.accorda, aux moines de Saint- Jacut la frandiisQ: aux. foires et marchés. <l6 Jugon, en faveur des vassaux de.leur abbaye. .,v .i . : .i,
Ici se présente^ encore vu mtervslllëbù^ par défaut de docQments concernant l'histoire de cette maison; on est forcé de venir au quinzième sièclepour trouver des» faits qui lui soient' particuliers. C'est ainsi qu'à la date du 17 février 1424, se trouve un acte obligatoire de' l'abbé Guiilàtiliië, de faire tons^ les ans un service -solennel pour le ducdeBreta^é, Jean V, qui avait déchargé les vassaux de l'abbaye de quelques subsides dont lajustioe n'était pas bien établie. '
Ce fut aussi sous ce mémeabbé, que les seigneurs de Matignon se plurent à augmenter la richesse de ce couvent par le don de rentes qu'ils possédaient en Saint-Gertnain , Saint- Cast, Pléboulle, Saint-Pôlan, et y joignirent la grande dixme de Saint-Cast, appartenant jadis à la Chapelle-Blanche , ancien couvent dont les ruines existaient naguères en Saint-Cast. Pour prix de ces concessions, les religieux de Saint-Jacut devaient dire la messe tous les jours, au lieu et place de la Chapelle-Blanche, pour la commodité des habitants des îles de Saint-Cast.
Ce même abbé, auquel la richesse ne suffisait pas, voulut y joindre des honneurs. 11 sollicita et obtint du pape Nicolas Y le droit d'officier avec la mitre , Panneau et autres ornements pontiûcaux, qui jusque-là n'avait^té accordé qu'aux abbés chefs d'ordre. M. Habasque donne pour date a celte faveur Tannée 1417^ qui serait celle de la nomination de cet abbé, ce qui est douteux.
Par un aclo du 17 février 1438, |>ass«' entre lui et le vicoiulo de RohaiK Alain \\% il recul de ce dernier une saninie de 10(ï lécus d or, pour la eéïébrîilion ii [^erpéluité d'un anniversaire flans son église pour les défunts de la famille de Rohan.
Ce fut aussi sous sa prélalure, que dans une conférence tenue h Tours, le 17 mars f iSl, par suite des discussions sur les droits respectifs de I eVeque de Dol et ceux de Tarchevèque de Tours, en présence de M. Roberl Ruelian, Itœncié ès-loîs, chanoine et chantre de 1 église de Dol, procureur de révê<iue et du chapitre, il fui décidé que chac|ue fois que rarchevèqiie de Tours, ou ses successeurs, ferait la visite dans Téglise de Dol, il la ferait de la même manière que dans les autres c^glises de la métropole. Après avoir réglé le cérémonial de la première visite^ il fut accordé qu'alors Tabbé et les religieux de Saint- Jacut paieniient dix livres pour droit de procuration. Ce traité fut ratilié par le pape Nicolas V, le 20 janvier liS2,
Son successeur fui lîerlrand de Brouns, qui mourut en 1471 . A sa mort, le duc fit défense aux religieux de recevoir aucun alilié sans son agrémenl, comme lavait été celui-ci*
Etienne Millon, protonotaire apostolique, fut pourvu de celle abbaye par le duc François II, et il assista en cette qualité aux états tenus à Redon, le 23 avril li7G, pour la ratilicalion du traité de Senlis, et y porta la parole au nom des trois états. Il mourut en 1498 et fut inhumé dans la chapelle de Saint- Vincent qu'il avait fait construii'e dans sou églis<*,
Jean, archevéfjue de Tharse, lui succéda et rendit aveu en Tau 1498, pour le temporel de son abbaye. L'éi)ot[ue de sa mori n est pas indiquée.
Antoine, cardinal du titre de Sainte-Praxède, le remplaça et fol qnaliliéabbé ccMuniundatatre et adminivSlraleur perpéluA de Saint-iarut, dans un acte do Tan 1 307.
Bernard, cardinal du litre de Sainte-Marie in porlîcU, fut
pourvu du titre d'abbé, sur la résignation d:U précédent, çt se démit en 1516.
Frère Jean des Gôguets f), religieux du monastère, qui fut vicaire-procureur dii éardinal de Sainte-Praxède, fut élu lorsque celui-ci se démitié 12 mai 1 611 ; mais le pape Pie III, qui tendait à s*empairer nlesvbénéfices en France^ tendance qui fut aussi .manifestée par 4KMI successeur, Jules II, conféra de son autorité privée cette aibbaye aA cardinal Bernard, cmnme bénéfice vacant en courideRome. L-élu défendit son droit de son mieux, et comme il avait affaire à un tribunal où les juges étaient parties, il fut déboute à Romç de ses demandes et condamné aux dépens. Son compétiteur. se démit enfin en ^516, entre les mains du pape Lécm X, et Jean des Ckignets obtint ses bullesle S décembre 1616. ^*
On remarque dans ces bulles que le pape se réservait ht petto le droit que s'était arrogé son prédécesseur cft ne vouloir confirmer le choix que par déférence à la protection accordée à l'élu par la reine Claude, fille d*Ânne de Bretagne, femme du roi de France, François I*'^ . Jean des Cognets mourut le 2* juin 1620 et fut inhumé dans la citapelle de la Vierge, où il lui fut élevé un tombeau.
Le but qu'on s'était proposé d'atteindre par la fondation des monastères était déjà dépassé. Le titre de supérieur n'était plus évité ; au contraire, on le sollicitait, on ne reculait devant aucune intrigue pour l'obtenir. La mise en commandita des abbayes, qui n'obligeait pas le titulaire à la résidence, offrit une spéculation a laquelle on se livra sans scrupules ; jouir du revenu attaché au titre fut tout pour le plus grand nombre. On en vint à en donner à des hommes qui n'étaient nullement en-
(V Nous aurons occasion bientôt île parler de cette famille.
. dans les ordres, à la condilioii de les recevoir i>lus lard, ce qui lie se réalisait pas toujours.
Georges de Guémadeuc, qui jouissait des prieurés de Hénaiisal et d'Escoublac, qui fut élu abl^é de Sainl*Jacul, le 28 août 1520, et dont les bulles ne furent expédiées que deux ans après, à la recounnandalion de la reine Claude, ii entra dans les ordres sacrés qu'en 1540 et fut béni par Jean de Mœuni, évêque de Saint^-Brieuc, en 1546 seulement. Soit par cause d'iniirmité, soit par tout autre motifs il se démit en 1559, en faveur du frère Louis de Saint-Méloir, et mourut en 15G8.
Frère Louis de Sainl-iMéloir fut pourvu du tîïre en lS59et d'après la résignation conditionnelle du précédent, et se trouvait probablement connue lui non engagé dans les ordres, puisqull ne fut béni que le 4 décembre 1569, par Bertrand de Marillac, évêijue de Rennes. Il se démit aussi de son titre en 1584, en faveur de Robert Haiens, et mourut le 9 novembre 1392.
Frère Robert Harens, fds de Bertrand Harens et de Thomîne (îautbier, lit profession de la règle de Saint-Benoît, eu Fabbaye de Sainl-Jacut, le 5 mars 1592. 11 fut poui-vu de celle abbaye en conséquence de la démission du précédent et de la proposition du roi de France, Henri IIL et reçut ses bulles du pape Grégoire Xll. Il mourut au cbateau de Guibriac, l'an 1600.
Louis de Bréhanl, fil^ dAutoine, seigneur de la Rocbe, fut Donuué a celte abbaye par le roi Henri T\% eu 1600, à condilion qu'il prendrait les ordres dès qu'il serait en âge de les recevoir, et que le tiers de son revenu serait employé aux répa- ^rations de la maison et de Téglise, Le pape Clément Mil lui accorda des bulles le 1*»" mars lti03. Il mourut en 1614,
En lui conférant cette abbaye, comme récomi»ense des servîtes politiques de son père, il fut déclaré qu'a l'avenir le litre d'abbé de ce couvent ne serait plus accordé <pi"à des ecclésias-
tiques. Celle promesse fui promptement oubliée, et les successeurs de ce souverain n'en tinrent aucun compte, comme le prouve une des nominations c^-après.
Pierre de FranchevîHe; recteur de Combourg, obtint des bulles pour cette abbajne, le 29 septembre 1616. H voulut établir des Bénédictins anglais dans son couvent, mais le parlement de Bretagne reftisa d-enregislirer les lettres patentes que ces étrangers avaient obtenues du roi, et leur défendit, par un arrêt du 7 juillet 1643, de prendre aucune abbaye dans la Bretagne. Les démarches que . fît l'abbé pour faire annular cet arrêt déterminèrent le parlement à en rendre un autre plus impératif en 1646, qui ordonna que les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur seraient seuls admis dans Je monastère de Saint-ïacut. Cette dernière décision judiciaire fut exécutée selon sa forme et teneur, le 19 mars 1647^ par D. Germain Morel, prieur de Saint-MelainCb Pierre de Franchevillle mourut en 1651.
Louis Hercule de Françbeville obtint cette abbaye, en commandite, en 1651, i^ns être engagé dans les ordres sacrés. On avait oublié la promesse de Henri IV, et l'on semblait vouloir faire un fief héréditaire d'un titre religieux; la jouissance du revenu était le seul butqu'pn voulait atteindre. U ne prit possession de son abbaye qu'en 1652. Le 29 décembre de la même année, il rendit aveu au roi pour le3 biens de la communauté et se démit de son litre en 1687 pour se marier.
La commandite continuant d'être en usage, le titre d'abbé et le revenu qui y était attaché devinrent en quelque sorte des sinécures. Ils furent possédés successivement par un prieur de Brives-la-Gaillarde , qui fut tout aussi étranger aux moines qu'au pays , ensuite par un chanoine, comte de Lyon et vicaire général à Rouen, qui devenu évêque d'Autun, se démit de son abbaye en 1767, et devint par suite archevêque de Lyon. Uu
%îcair€ général de Ttvguier lui succéda jusqu'en 1782; il fui reiu|>lucé par Mgr des Laurciits, évoque de Saint- iMalo, hounne il'uo mérite éminenl qui mourut eu 1785.
A sa mort, on laissa le litre vacant [jendant une année, pour en eilectuer le revenu à la caisse Jeséconomals, établie a Paris, pour percevoir les revenus des bénélices ecclésiastiques privés dé lilulaires. La coniplahilitë de celle caisse était réglée par la cour des coniples, et les fonds étaient à la disposition du roi.
Un vicaire général de Bordeaux, éïr^nger à la Bretagne, fut le Jernier abhé de Saint-Jacnt. Député k rasseml)lée du clergé, en I7H5, il fulnomnié a celle abbaye en 1780. Altaclié a BIgr de (]iré, p<»ndanl que ce prélat lut garde des sceaux, il ne parut point en Bretagne et fut forcé par les événenieuts politiques de passer en Angleterre, en 1792. Henti*é en France en 1803, il devint en 1800 inspecteur généiTil de riîniversité. Mis en retraite en i82l, il se retira h Versailles où il mourut en 1 826.
En prenant possession de ce couvent, les Bénédictins de Saint-Maur s'occupèrent de rebâtir tous les édifices que la négligence, résultat de la couiiuandite, avait réduit à un état de ruine.
On sait que les premiers monastères n'étaient qu'une réunion de cellules occupant beaucoup de terrain par le soin qu'on mettait a les isoler Tune deraulrc; ce ne fut que plus tard (jue les religieux habitèrent ensemble le même édifice sous la surveillance immédiate d'un su(>érieur. Ces édifices suivirent lart monumental dans toutes ses variations, et les caractères de chaque âge peuvent facilement leur être appliqués. Cependant les plus anciens monuments en ce genre ne remontent pas au-delà du onzième siècle, et encore conservaient-ils les dispositions générales qui semblaient avoir été adoptées dans le principe pour Tbabitation des communautés religieuses* Celui qui nous occufK.* parait n'avoir revêtu une
forme architecturale que dans le dix-septième siècle, car on lia aucune douaée sur la forme de Tancieii. On ignore donc si la reconstruction n*a pas occasioné de pertes artistiques. Quant au dernier édiOce claustral et à Tëglise qui en dépendait, ils ont été démolis pendant la tourmente révolutionnaire ; on sait seulement que la maison était un superbe bâtiment de 267 pieds de long de Test à Touest ; que l'église située à Test de cet érliûcc était fort belle, qu'elle avait la forme d'une croix latine; qu elle avait 105 pieds de long sur 70 de large (*).
Les sables de la mer qui, en s'avançant sans cesse^ menaçaient d'envahir le couvent, furent ûxés eu les couvrant de gazon jusqu'au rivage. Un vaste enclos, entre le bourg et Tabbaye, fut jugé nécessaire pour servir d'abri aux récoltes contre les vents impétueux de la mer; une terrasse fut adossée inlérieurement a cet enclos pour servir de promenade aux moines.
Ce couvent, enrichi par les dons des souverains de la Bre- j [tagne et par ses plus illustres seigneurs, entre autres ceux de] [Matignon et de laRoche^Goyon, qui procurait à son abbé un [revenu de 8,000 fr., a totalement disparu. Il n'en reste que [quelques souvenirs qu'il faut saisir avant qu ils ne s'effacent.
Dom Lobineau, cet historien consciencieux^ y trouva un rc-] fnge contre les persécutions du feu et véridîque abbé Vertot, \ [outré d'avoir trouvé en lui un contradicteur des faits erronés j [qu'il avait publiés sur la mouvance de Bretagne. Il y mourut le j [23 juin 1727, et plus tard ses restes furent dispersés, loi's de la i destruction du couvent.
On cite aussi comme y ayant été inhumé, Alain de Dinan,] [fds d'Olivier et d'Agénore de Penthièvre, né au comment:
(•) Le musée de Diïian posséda iroîs modèles d'église, ^^m^lri^j i ^aemenî réduUs, dont Van représenle réglîseabbalialedeSainl-Jacot.j G*esi te lrav;îil du père Simon^ archiiecte de la Congrégation (1776).
ont du douzièaio siècle, qui se distingua dans les guerres de n temps, et qui fut tué eu 1 137.
Eu lTo8, tes Auglais lireul une dernière visite à cette abbaye, ni eut à soullrir phisieurs lois de leurs déprédations : ee fut à lîpoque de la bataille de Saint-Cast, qui fut si meurtrière pour s insulaires.
Ils se présenlèreut au eouvent et furent aceueîllis pan le rieur elauslraL qui leur fournît des vivres et du vin. Grâce à
t acte de courtoisie, ou plutôt de |vrudonce, Tabbaye fut mise Tabri des excès des soldats.
Vu autre fait vint aussi eu aide aux i!junn s pour les garantir ;s douiuiages que peut occasiouer une invasion par rennemî,
pi*iuce Georges (l'Angleterre, qui monta sur le troue deux is après sous le nom de Georges IM, faisait partie de Tcxpédion. Descendu à leri^, il se rendit au couvent des Carmes du uildOj et se trouvant a une fenêtre du réfectoire poursuivre de œil un engagement où les troupes bretonnes repoussaient virement les Anglais, il manijua d'y être tué par une balle qui
isa un vitrage j>rès de lui. On le conduisit aussitôt à Tabl^aye
Sainl-Jacul ; il y fut re^u par les moines avec tous les égards us à son rang, et ou lui procuia le uioyen de s'embarquer
ur rejoindre sa flotle. (kH acte leur valut une garantie pour événements ultérieurs.
Après* cet événement, la sécurité du pays ne paraissait pas evoir être troublée désornuiis. Il s*écoula des années datis
lie douce quiétude ; mais un orage iK>litique vint fondre sur
France et détruisit ses anciennes institutions. Ce couvent vail encore douze moines au moment où la Révolution éclata;
ais bientôt ils furent dépossédés de leurs biens et chassés de letirdcHuicile. Le vandalisme dclTOS s attachait faîredisparaitre
lise et maison ; a peine reconnaît-on aujouid'hui Tendroit où ïs existèrent. Tout fut dévasté et pillé; jk'U d'établissements religieux, en Bretagne, ont subi une pareille destruction.
M. Ilabasque, (ju on consulte toujours avec fruit pour ce qui ncerae le dé[>arlement des Côtes-du-Nord, dit avoir remarué en 1835 deux restes de tourelles du côté de la mer, dont la eslination, dans le moyen Age, aurait été, selon lui, de déiidrc le couvent contre une surprise. A ce titre, ce serait enre un souvenir, si le boui^ qui dut son commencement à Té* ' issement religieux u'existait pas.
Aujourdliui tout le territoire que possédait Tabbaye dans la péuiusule, d*uae coutenance de 1,020 hectares, dont 229 à 230 sont en terre labourable, présentant trois quarts de lieue de long sur un quart de large, presque environné de sable, de telle sorte qn'on n'y peut pénétrer que du côté du sud, forme une commune du même nom que portait l'abbaye.
Sa population est de 1,000 à 1,200 âmes; presque tou^ les hommes sont pécheurs. Les bateaux sont montés par 8, 9 e^ 10 hommes, et la pèche la plus fructueuse est celle du ma^ereau, qu*on sale pour l'exportation, particulièrement pour les colonies françaises. Une partie est aussi vendue dans les Tilles de l'intérieur, en Normandie et à Paris. On évaluait dernièrement, en 1847, que le nombre de ces poissons vendus salés par . les pècheui-s de Saint-Jacut était de 120,000.
Le nombre des habitations de cette commune était, en 1847, de 232 et deux moulins. Vu du phare du château de la Latts^ le boui^ se présente bien et affecte la forme d'un triangle, sv* vaut M. Habasque ; mais, vu sous un autre aspect, il est tout ai longueur et ressemble à un beau village d'Allemagne. C*est le seul du département qui présente une pareille vue et où OB trouve une aussi forte population agglomérée. j
L'église, dédiée à la Vierçe, comme l'était celle de l'abbayi^ est près du bourg. La congrégation du Rosaire y a été instituée longtemps avant qu'elle ait été érigée en succursale. Elle est sans clocher, dépourvue d'ornements intérieurs, ce qui démontre l'état de gêne des habitants de ce territoire, dont le revenu n'a été évalué qu'à 4,778 fr. 33 c. pour l'assiette des contributions.
La vie habituelle des habitants de cette commune ne subit de changement que dans la belle .saison : à cette époque, ws^ grand nombre de personnes de Dinan s'y établit momentanément pour prendre les bains de mer.
D'après cet aperçu statistique, on voit que l'état actuel de ce lieu n'oflre plus que l'apparence de la médiocrité où régnaient autrefois la fortune, les grandeurs et une certaine célébrité.
{Extrait des Etrennes Dinannnws )
Sommaire
du premier \oluiiie.
Al. t
tort ^^^ — - — — — — — — pape S*
feta|rjiey pir Mme Lando^ née de Kervéléf^aD, — — 7.
reloQ, par M. D, B. . — ^ — ^ 10,
et filles de DouarnéncK, — — — — — — — 14*
ions bretonnet, — — — — — — — l2.
et Héaux de Brcbat^ par !ki. Talilié Urvoy» — — -^^ 55.
âme de Gràcesi près Gui ugaai|)» piir JU* J^Iy^ ^^ — 5i.
' de Lorteutp — — — — ^ — — — — — — àl -
me LexuJjîe (Caa Yeaudel), pur M* Bmiiiiter, — — 45.
uhoux, ou la puissance du repenlir, par M* de Garaliy* 47.
S^iui par M. S. A. — — — — — — .^ .1- 5^,
Iaitein^deTré{ruier» par M. Faillie Urtoy» *— — — «iU-
ioo de CliàtclaQdriïu en 1775, — — ^ — — OU-
e, poésie par M. Le Jea»t — — — — — — -^ *54.
lUgue, frAgmcnts, par Ëpbrern Monêl, — — — — tî.^*
d de Bét^ard, — — — — —- — — — — (î9.
ilpiquets 5— — — — — — — — — — 7U'
•es cultures maraîchères y par Iléricarl de Thury, — ^-^ 70*
graphes bretons aux lt>% JB* et 17* siècles^, — — — 1Ï0<
t Beaumanoîr, chronique de 1410, «— — — — UO-
'icttc, fondateur de la ville de ce nom, ^^ — — . *— 02*
Tré^utet^ par Tabbé IJrvoy, *- — — — — — ÎIO-
le d'Audierne, — — — — — — — — — lOl!*
mn de Mellkeinkesch^ — — — — — — — 104-
t. de Sainte-Poinpéc à Langoat, — — — — — 10(î*
Ur les Caquîni de Bretagne, pat* Cb. Guîmart, — — lOli-
, poésie bretonne avec sa traduction par Cb. Le Bras, -^ 115-
itatlles de Jeau V, par Anat. Barthélémy, ^ — — IIU-
irroriginede la ville du Port-Loiùs^ — — ^-.^ — ^ lg4*
ian de Morlaix, — — « — .^ — — 120-
bîe topolo^ique de la Bretagne, — — — — — I5ît
Lexobic. — — — —**— .-^— , — — |A0
lie de Tréçtticr, — — ^ — .*^,^ ,— — ^141,
il,— — -, — ___ — i;>4.
de Ploubarnel, — — ____^-^14lî.
; Guingampais. -^- — ^^-^^-.*— — -^ — li>l-
letMolcne, ^ — — — __-^ ___ |J0.
aint'JUiebel de Saînt-BrieiiCt — -^ — — — — 171-
eg advenues en un puits de Binan. — — — — lïi*'
Dinan, ,^- «- — , -^ — .*. 177.
VesUbalc Àe réi^lisc ûz Lanlcff. ~ — -« — — —. page 18 1.
Quîmperlé» — — — — — — — -*.— — — — ^ 184.
Taleusac, Hontrort-Sor-Hea , Sain^Malon. — — ^ ^ I85.
Forêt de Paisnpont — Compert. — Goncoiet, -^ — — —, 192.
Château de la dachesse Anne en Pordic, — — i-. ... .. 800.
Kecberchcs sur Loquircc, (Finistère). — — ......... 801.
liong^évité phcDoménalo. Jean le causeui', — — — -.. SOS.
Brélévenes, près Lannion, — — — — — — __ 805.
Diflférend survenu en 1840 entre Gorseul et Plancoct, — — S05.
Ancien camp de César en Pordic, — — -...•. .^ ... 208*
Monument funéraire de Tristan de Carné, — — — .^ 2IO4 Revue des monuments, lieux historiques et objets d'art remarqua* blés 9 de l'arrondissement de Saint-Bricuc.
Cantons de Saint-Brieuc» — — — .— .. ..^ SIS.
Canton de Ch&telaudren» *- — — .— •... S19*
Canton de Lamballe» — — — — .^ .. ,. SS3.
Canton de LanvoUon, .— — .. •. .^ ... .^ S27.
Canton de Honcontour , — -——..... .4. 250.
Canton de Pflfimpol; abbaye de Beauporty -. — .. S3S«
Canton de Piéneuf^ — — —. — S57.
Canton de Piœuc , — — — — -^ S40.
Canton de Plouha; temple de Lanleff, — — «^ 24Sj
Les muets de Trévérec, — — .— .-.^-.. — 248.
Notice sur Bégard et son abbaye, — — — —.— ....• 280.
Camp de Péran, à rempart vitrifié, par B. delaPylaie« — — - SS7.
Note insérée au Publicateur à ce sujet, par Ch. Le Maout, — S6S.
Découverte d'une construction £^allo*romaine, par B. de la Pylaie, 266.
Voie romaine de Corseul à. Erquy» par B. de la Pylaie, — «— 272.
Indication de monuments (id.) — -^ .-....... 274.
Prise de Dinan au temps de la lig^ue, par Ch. Cunat • — — 27«S.
Notre-Damc-du-Mur, de Horlaix, par O. Le Gall. — — — 282.
Le quai d'Aiguillon à Lannion, par J. de Penguern, •— — 286.
Notice historique sur l'abbaye de Beauport, — —1 .. ... 292.
Prieuré de Saint-Hartin de Lamballe, — — .— .^ — 502.
Prieuré dé Saint-Halo de Dinan , — — -i- — -. — 507.
Prieuré de Saint*Ma£rloire de Lebon, .-. .^ — — .. 518.
Translation des reliques de Saint-Malo, par M. Mahéo. — — 521.
Dinan, aspect génér. de la ville et de ses envii*. par M. Mahéo. — 524.
Le prisonnier de la Tour de Cessons, par M. de Garaby. — 555.
Le Croisé de Dinan, par M. de Garaby, — — — «— — 557.
Inhumation d'un Cordier dans l'égalise de Planj[ucnoual, — 541.
La chapelle de Berfons, par M. de Garaby. —- -^ — 545.
Saint*Donan, par M. de Garaby. — — — — -. — <— 544,
Abbaye de Saint- Jacut ou ëagu, — — — — — . «. 571.
Clergé ; 7 évèques, 10 abbés, 9 députés des chapitres, 1 agrégé, Présîdenty Tévèque de Samt-Brieuc.
Noblesse : la liste des nobles est vérifiée par des commissaires. Président, le duc de Rohan.
Tiers : 41 députés, i agrégés. Président, M. Borie.
Commissatresdu roi : MM. Ogier, Dauïilly, Dagay.
Les^ états assistent aux enterrements de M, Rouxel de Lescoët et de M. Trecessoi^, et les paient chacun 1 ;200 livres.
Les états font recueillir toutes les anciennes pratiques les coacernant, afin de les joindre à leurs observations sur le nouveau règlement. D'énergiques représentations sont adressées à sa majesté, sur ce règlement, et occupent plusieni's séances.
Les états donnent 50 livres aux musiciens qui ont chanté la messe du Saint-Esprit^ 300 livres aux aumôniers des états; 1,71 1 liv* 13 s. 2 d. à leur hérault ; 800 liv. pour les officiers et ^chers de la maréchaussée présents; 47 liv. 17s. à Thôpital <1<^ Saint-Brieuc ; 2,000 liv, au séminaire de Saint-Brieuc, pour les débris de la salle des séances; 150 liv. aux clercs qui ont |8ervi les messes pendant les étals; 150 liv. aux huissiers de Brviee ; 881 liv. 17 s, au commis juré du greffe ; 300 liv. poiu* travail de cinq commis extraordinaires, pendant 40 jours; 720 liv. pour voyage et nourriture des trois conuuis ordinaî-
\; 1,200 liv. pour voyage et nourriture des commis extraor- "^dinaires et de Bertelot, fils; 1^200 liv. pour quatre écrivains extraordinaires : graliûcatious ; 1,500 liv. à Bertelot, père;
1,500 liv. à Barlhomeuf , commis juré ; 1,000 liv. a Le Roux, commis ordinaire; 1,200 liv. h Duval, autre commis ordi-' naire.
Los étals oblicnnent de grandes modifications au règlement proposé, et adressent auvroi Tliommage de leur reconnaissance ; ils insistent sur d'autres avantages qu'ils veulent conserver ou obtenir. Les étals extraordinaires, ouverts le 18 février, ont été clos le 1^^ avril suivant.
Etats géDérani ordinaires de Bretagne,
Ouverts à Saint-Brieuc le 12 décembre 1768 , fini» le
6 mars 1769.
Clergé : Président, Mgr de Girac, évoque de Saînt-Brieric ; 8 évêques, 11 abbcs ; les députés des 9 chapitres, 10 agrégés.
Président de l'ordre de la noblesse : le duc de Rohau. Membres présents, 503.
Tiers : 42 députés, 3 agrégés. Prés. Borie.
Commissaires du roi : MM. le duc de Duras, Damilly, de la Tullaye, Dagay, de Trévenegat.
M. Dagay demande, au nom du roi, un don de 2 millions de livres, payables par mois, pour 769 et 1770. Ils sont accordés.
10,000 livres sont données en aumône à la pauvre noblesse, sur les 48,000 livres dont le roi laisse la disposition aux états.
1,200 livres pour renfermer les pauvres mendiants de Saint- Brieuc.
Les ordres dressent un mémoire pour le rétablissement des
roils, frauchîses et libertés des étals , entre autres, de la triunc.
Emprunt de 1 ,450,000 livres, pour déficit des fonds de t766. Formation de 8 bureaux, chacun de 3 membres. Les états demandent pour les étrangers en Bretagne^ exemption du droit d*aubaine, la sui^pression de 29 sons par balle de 100 pièces que le duc de Penthièvre laisait payer au passage de Dinard. Ils reconuuaodent de protéger les fabricants contre les teîntuners, les colporteurs contre les marchands jurés des villes; ils veulent que l'on continue d'exclure de la province
ries sardines étrangères ; qu'il n*y ail plus de droit sur les ha-, rengs péchés sur nos côles ; que le droit de Brieu soit aboli ; qu'il y ail liberté de vente du set ; que la dépense obligée de la L Bretagne pour la subsistance des troupes n'excède pas 200,000 livres.
F Les états paient 800 livres les funérailles du député de la Giierche, et y assistent dans l'église des Cordeliers. Ils donnent 4,000 livres à l'école de chirurgie de Nantes. Ils assistent à la cathédrale à un salut solennel^ pour la conservation du roi^ le 5 janvier 1760. Le roi accorde 200^000 livres de remise par an, pour 1769 et 1770 sur la capitalion.
Les états accordent l,JiOO liv. à leur envoyé à la cour, pour annoncer au roi le don gratuit de la province. Ils députent vers le roi tombé malade, et donnent 9,000 liv. au porteur de leurs lettres. Ils assistent aux funérailles du député de Lan*nion, aux Cordeliers, et les paient 800 liv.
Ils accordent une gratification de 300 liv. à Frévin, qui a établi à Quimper une brasserie, une houblonnerie et deux fours à chaux ; 4,000 liv. au secrétaire de la société d'agriculture, du commerce et des arts; 66,300 liv. aux musiciens de Saiiit-Brieuc, pour le chant de la messe du Saint-Esprit; 6,000 liv. pour leur avocat au conseil ; 4,000 Uv. pour l'école des
chîrurgtons tle Rennes; autant pour celles de Nantes; aulatit poui- les écoles gratuites de dessin dans ces deux villes, el à] St^Maloet à Lorienl ; 1,000 lîv, pour un eours de mathématiques, fonde par les elals h Rennes; 8,400 liv. pour les inspecteurs des toiles; 100 liv. au sieur Saint-Jean, pour avoir pris soin de la pendule des états; trois bourses de jeions pour le premier commis du chancelier M, de Floreni in et du contrôleur général ; 10,000 liv. pour réparer le sillon de Saint-Malo ; .400 liv. à M. de Lauzanne, pour deux volumes de la réformation de la noblesse, en 1427 et 16G8. ,
Les états demandent au roi son portrait ; ils accordent une" indemnité de 70,000 liv, aux ajudiolaires des étapes; 300 liv. au sieur Guyot, pour enseigner dans nos principales fabriques k imiter le pliage des toiles de la Silésie ; 500 liv, de retraite à M. Martiiu sous-ingénieur au département de Guingamp ; 500 liv. a M, Chardcly commis du bureau du commerce. Le roi défend d*accorder des présents sans sa permission. Les états en font encore pour 267,833 livres, La duchesse de Rohan reçoit 15,000 liv., son mari autant; la duchesse de Duras autant; Ogier, commissaire du roi, le double. Les états donnent des bourses de jetons a divers ; 14,oS0 liv. à la commission intermédiaire, pour dépenses ; 2,000 liv. au séminaire, pour débris de* la salle des états; 3,700 liv. 19 s. pour impression et fournitures ; B92 liv. 16s. 9 d, pour la tribune ; 600 liv. pour autres frais ; 2,700 liv. en prix aux fileuses ; 79^ i il liv, pour Télève des chevaux; deux pensions militaires et une pension pour un ordiniuîd du tiers, créées par le testament de M. Le Givre. Suivent 24 pages de remontrances au roi ; que les bénéfices de la province soient aux Bretons ; la capitation abaissée de 200,000 liv, le 2^ 20<^ supprimé ; le premier et les 2 s. pour liv* réduits ; la dépense de la Bretagne pour étapes et casernement fixée à 350,000 liv. ; plus d'étapes aux troupes de la compagnie
dos Indes^ d'entrelien des garnisons, de levée de milice dans celle province dépeuplée, de fouage, d*inipol sur les cuirs. Le niéûinire pour les députés en cour a 132 articles; les recommandations au prncnreur général pour le maintien de nos droits, 91 . Fonds pour 2 ans ; recette, 32,073,80-2 liv. 6 s, 2 d,; dépense égale.
IMOTICE SUR DIi\AI\.
Portes, Toura et Murailles d'enceinte.
Dinan est une ville très ancienne, on n'en peut douter ; son origine se perd dans la nuit dt^s temps.
Les uns ont prétendu rpi'elle était, avant la descente des Romains, Tune des principales stations des Gaulois qui occupaient la contrée ; les autres ne font remonter sa fondation qu'au sixième siècle. — lîieu jusqu'ici n'a pu prouver Tépoque réelle de sa piemière existence ; rien aussi ne peut faire supposer qu'elle ait existé au temps des Romains, ou ce ne pou-^ vait être alors qu'une eliélive bourgade^ car le sol ne semble receler aucune trace de leur passage, el Ton n en trouve aucune mention ni dans les Commeulaires de César qui parcourait le pays en Tan 52 avant l'ère dirétienne, ni dans aucuu ouvrage des géographes et des historiens latins des âges suivants.
Son existence ne commence à se révéler que dans les actes du commencement du onzième siècle ; mais il est à remarquer que^dèsce temps, elle avait acquis déjà un certain degré d'importance. Elle avait dès lors un château-fort et des seigneurs
larges
qui portaient le titre de vicomtes. Hamon, qui vivait en l\ mil, est connu pour être le premier vicomte de Dinan.
L'histoire nous fait connaître que, dès le moyen âge, Dînan était une ville forte et importante ; aussi ëtail-elle considPrée 1 par les ducs de Bretagne comme un des remparts de leur province. Ils ne lui rendaient en cela que justice, car sa positioafl avantageuse et la masse imposante de ses murailles en faisaient ^ aux yeux de rennenii un bouclier formidable. Ils la qualifiaient encore d'un titre plus Ûatleurj lorsqu'ils disaient dans leurs chartes : noire bonne ville de Diuan, tant ils avaient de confiance en sa force et dans la fidélité de ses habitants.
La ville était enclose par une enceinte de hautes otls murailles défendues par un assez grand noml>re de bastions. Les mui^ formaient un développement de plus de 2,300 niëlres J de circuit. A Texceptiou de quelques brèches ouvertes pourfl faciliter les voies de communication, les murailles existent encore sur tous les points, mais dans un état de dégradation plus ou moins avancé. m
Le haut des murs oflVait encore aux habitants, il y a moins n d un siècle, une promenade saine et agréable, d où, en faisant le tour, ils pouvaient contempler à loisir leur vieille cité etJ admirer tout à la fois les sites riants qui se reproduisent à ses j pieds et dans les lointains. Mais, dans le milieu du siècle dernier, le gouvernement ayant négligé ou plutôt abandonné les places de rintérieur pour porter toutes les forces matérielles et militaires sur les villes-frontières, Dinan subit le sort commun : ses murs furent vendus aux particuliers qui avaient dfis propriétés adjacentes, et ceux-ci ne tardèrent pas a donner une autre destination à la promenade des Murs, en la Irans-j formant en pavillons, parterres, etc.
Jusqu'ici l'histoire ne nous a point appris si Dinan avait ei une autre enceinte de nmrailles, c'est-à-dire une moins étea-*
er
lue que celle qui exisle; ce qu'il y a de certaiu, c*€st que les inui-s acluols ne son! j»as, sur lous les points, ceux qui ont dû former la preniière euceinle, car il est 1res supposable que lu ville dût tHre close de murailles des les premiers moments de relablissement des vicomtçs de Diuaa, c'est-à-dire vers le commencement du onzième siècle, et la ville ne devait pas avoir alors retendue qu'elle a aujourd'hui. D'ailleurs, il est à remarquer que l'arclii lecture des murs^ des portes et des tours, ne pivsente nulle part le caractère du onzième siècle. Sans doute, dans le ravage des guerres, les murailles ont dû subir de grandes modilications : ce qui nous le prouve, ce sont les uom!)reux cbangements de construction et de diverses époques 4jui stï font remarquer dans le pourtour de l'enceinte.
ek Nous croyons devoir assigner aux parties les plus anciennes les mure la date du tr^ei^ième siècle ; quelques points prés^mleraîeut peut-être le cachet d'une cpoqne antérieure, ce que Idus oe pouvons absolument préciser, Nous signalerons parliculièretuent à Faitention des amateurs un pan de muraille qui se trouve presque intact, sous les jardins de Sainte-Catherine (hospice) ; il est d'un effet admirable et respire tout le caractère de la plus grande vétusté.
Quelques pièces aulhenliques nous font connaître que, dans le quinzième et le seizième siècle, il fut fait d iiuporlantes ré-* Jaralions aux murailles de la ville, et qu'un grand nombre de ^^aisonset jardins furent rasés pour rendre libre l'abord des »osst»s. C'est au moment de l'exécution de ces travaux que fui deajolie Tancienne chapelle de Saint-Julien, qui était située, '^tt. un vieux carlulaire de Saint- Malo : « Lès le fossé des murs ^^ la ville, jouxte la veille Boucherie. » L'épaisseur des murs "^ la ville est d'environ quati e mètres sur une hauteur moyenne ^^ dix mètres ; le ciment qui lie les pierres est de la plus grande *l^reté.
Dans la partie du nord à louest, la ville présenlaît moÎDs de défeose et on accès plus facile à rennemi; aussi, de ce côté, avait-elle une double enceinte de murailles cl les tours plus rapprochées qu'autre part.
Les tours qui détendaient les raurs de la ville étaient au nombre de quatorze, non compris le château et les tours latérales des quatre portes principales.
Voici leurs noms, partant de Forient au midi :
La tour du Petit-Rempart, située à l'extrémité orientale de la promenade Saint-Sauveur, d'où Ton jouit d*un magnifique point -de- vue.
A lautre extr^irtîté dfe' cette promenade est la petite tour Sainte-CatherinCj au pied de laquelle se trouve une porte de secours.
Viennent ensuite la petite tourduBois-IIarouard et la TourtJLongue {cette dernière se nommait vulgairement la tour du Cassecou); la tour du Bois-Harouard fut démolie loi'squ'on oiï- \Tit le Chemin-Neuf en 1781, et, par la même raison j le baslion des Vaux, sur lequel est établie aujourd'hui la Mie propriété de M. A, Michel, se trouva totalement séparé de Fenceinle de la ville. Un vieux poulier de Saint-Sauveur mentionne une requête faite au roi pour obtenir indemnité d'une grande quantilé de pierres destinées à la continuation de Téglise Saint-Sauveur, et prises au pied dudit œuvre pour la construction du bastion des Vaux en 1 592.
Avant d'arriver à la porte Saint- Louis se trouve la tour des Sillons ou du père Renaud.
Après la porte Saint-Louis vient la tour Coëtquen, qui sert actuellement de poudrière. Dans un temps, la société francmaçonique y tenait ses séances. An fond de cette tour, on voit lembouchure d'un vasie souterrain qui (suivant la chronique) communiquait avec le chàleau-furt de Léhou.
Au-delà du châleau étiiii une pelite lour qui a éié démolie et dont nous ignorons le nom.
Viennent ensuite la tour du Connétable et h pelite lour de CochereL
Apres la porle de rilotellerie, h Tanf^le du Pall-Mail, se trouve la tour Saint-Julien, qui sauta en 1597, par Fimprudence d'un gardien qui mit le feu aux poudres.
Plus loin est la tour de Lesquen,
Au bout 4le la Rue-Neuve était la tour de la Rue-Neuve, qui ■pi été démolie pour ouvrir nu passage sur le boulevard du Grandbssé.
Vient ensuite la tour de lAllooé, Tune des plus fortes de Fenceinte.
Au-delà de la porte Saint-iMalo vient enfin la tour du Biguoa ou de Kecgorlay,
Outre les quatre portes principales de la ville, placées aux quatre points cardinaux, il existait encore quelques portes de secours.
La porte du Jersual, située à l'orient, fait face à la rue dont elle porte le nom ; sa construction, qui est le gothique, décèlo aussi une réminiscence do roman.
A droite et à gauche de celte porte étaient deux forts bâtis au temps de la ligue : celui de gauche eu sortant de ville^ et qui fut construit sur Fancien doiuaine de Kergorlay, sa nommait le Grand-Fort ; celui de droite le I*etit-Fort* Entre les deux il existait une seconde porte diie Saint-Sébastien, et dont la déniolition, ainsi que celle des deux forts, eut lieu en 1777, Les matériaux furent employés à la construction de la cale du port, de sorte qu'il ne reste plus aujourd'hui que quelques vestiges de ces fortifications.
La porte Saint-Louis est située au midi et fait face à la rue de Lélion ; celle-ci est d*une é{K)que plus récente que les au-
très; elle ne fut ouverte qu'en 1620, pour remplacer celle du Guichet, qui fut supprimée par les nouvelles constructions que fit exécuter en 1593 le duc de Mercœur, lorsqu'il fit augmenter les fortifications du château.
Il est dit qu'il fit aussi raser plusieurs maisons et jardins qui se trouvaient en dehors du pont-levis de la porte du Guichet :
« Les dictes maisons, jardrins et colombier à pigeons volants, sous la juridiction de la Trinité et à devoir de rente et obéissance. »
Plus tard, les fabriciens de l'église Saint-Sauveur adressèrent au roi une requête pour obtenir indemnité de la perte des susdites rentes. La porte du Guichet se voit encore entre ses, deux tourelles latérales, dans la courtine qui communique ^n château à la tour Coëtquen ; sa construction est le style gor: thique. ♦
La porte de l'Hôtellerie est située à l'ouest ; il , est à croire que son nom lui est venu de sa proximité avec l'ancien Hôtel- Dieu et qu'on nommait aussi l'Hôtellerie, qui se trouvait sur la droite eu entrant en ville. Cette porte, quoique voûtée à plein cintre, a été également construite au temps de l'ogive ; elle en porte le cachet a l'extérieur. Ses deux tours, avec quelques bâtiments sur-élcvés, ont, pendant longtemps, servi de prison.
La porte Saint-Malo , qui fait face au faubourg dont elle porte le nom, est située au nord. Cette porte, sauf quelques additions postérieures, offre un mélange du roman et du gothique, ce qui nous ferait croire que, comme celle du Jersual, elle aurait pris naissance vers le commencement du règne ogival, et conséquemment ces deux dernières seraient d'une époque antérieure k celles du Guichet et de l'Hôtellerie.
Chaque porte avait un pont-levis, une herse ou porte de guerre et une porte de ville ; de chaque côté, une tour de dé-
fenso, et au-devant étaient des ouvrages avancés, en forme debastions.
Château de Uman.
Cet édifice a été construit vers la fin du quinzième siècle par les ducs de Bretagne; jusqu'ici, aucun doctiment na encore fait connaître la dale précise de ce monument et son principal fondateur; ce qu'il y a de positif, cest qu*un acte de VSW prouve que le chuleau n'était [las encore construit; un autre acte de 1 i20 nienlionne son existence.
Ce monument, le plus remarquable de Dinan, est en même temps un des plus renonunés, des mieux conservés et des plus majestueux de la province. Il a été momentanément la résidence des ducs de Bretagne. Pendant longtenips on a attribué à tort sa fondation a la ducliesse Anne» conjecture (jui s est peut-être formée à propos du long séjour qu'elle a pu y faire. 11 est situé dans h partie méiidionale de la ville et assis dans les murs d'enceinte ; son entrée principale est tournée vers la TiIle, dans la ditection du levant. Sa forme est un énorme donjon^ composé de deux tours accouplées, qui sélcvenl à une. hauteur dVnviron 33 mètres; it est séparé dt* la ville par deux profonds fossés, sur lesquels sont jetés deux imnts en pîerrcSy doiU Tua, le plus rapprocbé de la viUe^ est d'une construction assez hardie ; l'autre, qui est à la plac-e de Tancicn pont-levis, est de construction récente.
L'intérieur du cbileau est divisé en dix-neuf pièces^ dont 4jualre principales. La partie basse consiste en deux salles soulerraines.
A i entrée, dans une pièce qui servait jadis de chapelle cl qui se nommait la salle du Serment, on montre un siège en pierres que Ion appelle le fauteuil de la duchesse Anne, Heu où elle devait se placer pour entendre la messe (selon la chronique).
. Les étals de Bretagne ont teim plusieurs fois dans ce château.
La tour Coëtquen, qui n'est séparée du château que par une courtine, devait aussi en faire partie.
En 1593, le duc de Mereœur fit faire de grands travaux de fortifications dans le pourpriadu château. Aujourdliui» il sert de prison ; elle y fut transférée en 18â2.
L'édifice dont nous venons de parler n'est pas le château primitif de Dinan.
Dans la partie orient de la ville, sur le coteau ou promontoire qui est compris entre la rue du Fetit-Fort et !e Chemin- Neuf, et qui s'avance sur le pont, s'élevait anciennement un ehateait-fort, connu sous la dénomination de Cbâteau-Ganne. Aux quatorzième et quinzième siècles, où il ne restait peutêtre déjà plus aucun vestige de ce monument, ce lieu se noramait le plus souvent Vieil Châlel. L'histoire ne fait pas mention de l'époque de sa première existence ni du moment de sa destruction. Peut-être fut-il rasé dans la guerre que soutinrent f les principaux seigneurs de Bretagne contre le duc Jean I*^*^, en 1258j où Dinan fut Uxié aux flammes.
Au temps de la ligue, il fut fait dans ce lieu des ouvrages de fortifications qui depuis ont été démolis : l'emplacement est aujourd'hui livré à la culture, et il n est pas resté une seule pierre pour attester que là fut jadis la demeure superbe des Rolland et des Richard de Dinan.
Vicomte et Sénéchaussée de Dinan.
La seigneurie de Dinan portail le titre de vicomte. Ilamon est le premier vicomte dont rhisloire fasse mention; il virait en Tan mil et jouissait d'un grand crédit à la cour de Geoffroy l^f, duc.de Bretagne.
La seigneurie de Dinan était une des principales maisons du
fluché, elle a produil plusieurs liouimes distingues, Soit dans la haute îidniioistration, soit dans les armes; nous citerons entre autres : Geoffroy, Olivier, Rolland, Flîeluird , Alain, Haoul, Charles, Roliert, Pierre et François, vicomtes de la sénéchaussée de Dinaii, qui portait le titre de cour royale, avait un grand nond*re de jurldielions seigneuriales sous son ressort, et dont suit la nooienclature ;
Le comté de la Garaye, le Bois Riou^ Kergorlay, Léhon^ Vaueouleur en Binan , Prieuré de Saint-Sauveur, Prieuré de Sainl-Malo, les Chevaliers de Malle, Beaulieu, Bosquen, la Trinité, le Saint-Esprit, la vicomte de Dinan, la Magdeleine, la Yallée-Plumaudan , Broons, Broonsdineuf, Pont-Briand, Ponlhaie, Pontual, Plouër et Rigourdenne, Gbakmge et Duval, Chalonge, Trévron et la Cibonnais, Beaumanoir, la Ferronnais , le Besso , Langcvinais et Boutron , le Chene-Ferron, Chani[KGéraull, Quérinan, Coëtquen, le Clialonge et la Llaute- Ville, la Roehe-Glé, le Colombier, l.anvallay, la Roche-Colombier, le Mottay, le Gage, la Saudrais, Bois de la Roche, Yvignac, la Herviais, Monlalllant au siège de Plancoët, la GhafielleBernier, la Ville-Roux, Launay, Vaueouleur en Corseul, la CaulnelaiSj Beanbois en ce qui relevé de Binan, la Boissière, la Tondourie, le Plessix-Madeuc, la Forestrie, la Baie, la Villeès-Fous, la Ville-Morel, la Motte-Ollivet, le Plessix-Balisson, le Pin, le Guildo, Saint-Meleuc, la Touclie-à-Ia-Vache , la Cueurine, Tressainf , la Pasquenais, Merdrignac, Lanvollon, le Motlay en Merdrignac, Vaueouleur en Merdrignac, Vaueouleur et la Chaussée en Miniac, Launay-Gomalz, la Guérais en PloulKiIay, la Gonnînais, Villedéneuf, Lorgeril, la Crochais^ Beauchène, la Mettrie, la Chénais-au-Porc.
En 1300, la cour de Binan fut érigée en présidial, juridiction qui fut, en 1598, réorganisée à Tiuslar des autres présidiaux.
En 1 589, Jk siège présidial de Rennes est transféré à Dinan, et Guillaume d'Argentré en est président agréé du duc de Mercœur.
La même année, la cour des monnaies fut aussi transférée à Dinan, d'après les ordres du duc de Mercœur :
« Considérant que la ville de Dinan est assise en un lieu proche des meilleures villes de cette province, et qu'elle s'est toujours maintenue et conservée en la sainte union sous notre aide, et que, pour cette raison, elle doit être grandement décorée et augmentée comme nous l'en connaissons très digne. Avons transféré et établi, transférons et établissons eh ladite ville de Binan, la monnaie qui soûlait travailler en ladite ville de Rennes pour y être dorénavant tenue et exercée par vingt maîtres et autres officiers tout ainsi et à l'exemple des autres monnaies du royaume. Le 12 septembre 1589. »
Emmanuel De Lorraine.
Les états de Bretagne se sont assemblés dix fois à Dinan depuis 1352.
Dinan, jusqu'à la révolution de 1793, a eu des gouverneurs.
La ville portait anciennement les armoiries de gueule, château donjonné d'or au chef d'hermines, et surmonté d'une
couronne murale. (Extrait des manuscrits de Mahéo.)
IIVDICATIOIV DES MOMJMEIVTS
et Sites remarqfuables ,
Ruines et lieux célèbres de Mnan et des environs.
Dinan. — L'église Saint-Sauveur, construction de la fin du
quinzième siècle, a rexceplion du porlail et de la côlale ménilionale qui sont du onzième siècle, magnifique aiThitcclurc du style roman.
Le clocher, qui *s élance a uno hauteur de plus de 200 pieds, est admirable par son cjégance et sa légèreté. L'extérieur du chœur, architecture riche et imposante.
A rinlérieur, des inscriptions do diverses époques ; le mausolée renfermant le cœur du connétable Du (îuesclin; de lieaux vitraux peints, et une ancienne piscine baptismale d'un travail bjsantin fort curieux.
2. L enlise Saint-Malo, monument de la fin du quinzième ^^Sfèc^le, dont le chteur, seul eomph»ïentont achevé, est d*un tra- ^^ vail admirable tant à Tintérieur qu'a l'extérieur.
3. A l'ancien prieuré de Saiîit-Malo, faubourg de ce nom, se trouve une petite cljai)elle servant de remis*?, dans laquelle on voit encore un reste de Tancienue église pariossiale de Saint- Malo ; seul souvenir qui nous reste de cette belle et vaste basiiique, admirable architecture du style roman, édiliée vers la lin (lu onzième siècle et détruite en li87. * La jïarlie <|Uf existe encore est Tare d*entrée d'une chapelle de Tabside, et qui h^biluellement, dans nos églises, est celle dédiée au Sacré-Cœur.
4- Les restes de Tancien couvent des Cordeliers, fondé par le connétable d'Avaugour à son retour des croisades (en 1210),
5, Le château (aujourd'hui Prîsou), monument bien consent*, construit dans la dernière moitié du c|uak)rzième siècle par les ducs de Bretagne- — A Tentrée, dans une pièce qui servait jadis de cha|>elle et qui se nommait la salle du Serment, on montre un siège en jnerre que l'on appelle le fauteuil de la duchesse Anne, lieu où elle devait se placer pour enteudrc la messe (selon laclironique}. — Dans la partie basse de TédiGce sont deux vastes cachots où le jour ne pénètre que très faible-
fi05
ment* — Les otats de Bretagne out tenu plusieurs fois dans ce château,
6. La belle Oèclie pyramidale de Thorloge qui s*élève à une hauteur denviron 60 mètres du pave. De la galerie en plomb où se trouve la bruyante nileule de la bonne duchesse Anne, on découvre un vaste et magniflque horizon qui dédommage grandement de la peine que Ton prend d'y monter.
7. La place du Champ, où est érigée la statue du connétable Du GuescliOj lieu même où ce grand capitaine terrassa le fameux Cantorbéry, chevalier anglais (en 1350).
8. L'ancienne communauté des Jacobins (aujourd'hui occupée par les dames Ursulines)^ fondée par Alain de Lanvallay {1216), Tun des plus éloquents prédicateurs de son temps. On y voit le caveau où se trouvait ïc cœur de Du Guesclin avant la
[suppression de cet ancien écablissemenl.
9. La maison des chevaliers de Malle, qui se distingue par quelques ogives placées dans le mur faisant face au portail des Cordeliers. Ils avaient aussi une succursale au village de Lannouée, commune d'Yvignac.
10. Le Musée, à rHùtel-de-Yille, qui, quoique naissant encore, mérite déjà Tatlention des amateurs. On y voit, entre autres objets dignes dintérèt, la giberne du vaillant et modeste Latour-d' Au vergue, premier grenandier de France, m
1 1. Le Parnasse, délicieux coteau où vient s offrir à l'oeil le paysage le plus varié ; des cascades, des moulins, des ruines de forteresse et d'abbaye, des rochers, des bosquets, des châteaux et de gentilles maisonnettes de campagne qui couronnent avec élégance le front du coteau,
12. La promenade Saint-Sauveur, d'où Ton découvre lei sites les plus pittoresques.
13. La Fontaine des eaux minérales, délicieuse promenade d'été.
Laxvaixay. — Non loin du bourg, les vestiges du châleau des seigneui^ de Laiivallay. Alain, qui est le premier dont rhîstoire fasse raenlion, fonda en 122i les Dominicains de Dinan* Jehan et Raoul, seigneurs de Lanvallay et de Tressaint, fondèrent,dans le quinzièniesiède, uneiifeu prohibitif dans une des chapelles rayonnantes de 1 église Saint-Sauveur de Dinan.
Au [X»nt de Dinan , quartier de la Magdelaine, on remarque encore quelques bâtimeots de raneien Prieuré de la Magdelaine, fonde en !078 par Geoffroy, premier vicomte de Dinan, et Ilivallon, son frère. Avant la destruction de Tëglise, on y voyait quelques tombeaux de la maison de Coëquen,
Léhon", — L'ancien château-fort, en ruines, dont lajcons- Iruction remonte à une époque très reculée.
La vieille église du Prieuré, vaisst^au remarquable par son architecture roman-gothique (de la transition). A cote est Tanlique chapelle des Beaumanoir,)doat le sol était revêtu de plusieui'S beaux nionumenls funéraires, àTépoquede 1793 (voir au musée); au nord du cloître, on admire un pan de muraille d'une î^rçhilecture tout-a-fait bizarre et que Ton croit être un reste de la primitive église du Prieuré, fondé en 850 par Nomi noé, roi de Bretagne,
Au lieu dit les Bas-Foins, le vaste et magniOqucMiospice des aliénés, contenant près de iOO malades*
Plus haut, au village du Saint-Esprit, cette belle croix d'un seul bloc de granit dont la riche sculpture fait Tadmiration des amateurs.
Sajot-Maudez. — Une croix, non moins digne d'atienlion que celle qui précède^ se voit tout prùs de Féglisc,
Taden. — Les ruines historiques du château de la Garaye, construction du seizième siècle.
I>€?s ruines romaines sur le lit gauche de la Rance, au lieu dit la Croix-de-Taden.
Saint-Samson. — Un menhir (1) de plus trente pieds de haut nous rappelle le culte et la puissance des Druides.
Il existe aussi dans l'arrondissement plusieurs tumulus, cïitre autres dans les communes de Plouasne, Broons, Créhen^ Trigavou, Trémereuc, Pleudihen, Languenan et Ploubalay.
Pleudmen. — Le château de la Bellière, ancien domaine des seigneurs de Dinan, où est née Tiphaine Raguenel, premiore épouse de Du Guesclin. Ce vieux manoir a aussi vu naître Tun des preux de Mi-Voie.
Au village de THôtellerie, fondé en 1373, par Bonabe la Bécasse, seigneur de la Touchc-ès-Bécasses , qui abandonna à M. Robert Pépin, abbé du Tronchet, tous ses biens et dîmes de Pleudihen pour la fondation dudit Prieuré, où il serait dît pour lui une messe chaque vendredi, et que tous pauvres et indigents y passant seraient Bourris, vêtus et aumônes.
Saint-Hélen. — L'ancien manoir historique des marquis de Coëtquen, dont il ne reste plus que quelques tours en ruine.
EvRAN. — Le château de Bôaumanoir, lieu que Ton croit avoir été habité par le fameux Beaumanoir, héros delà bataille des Trente. Quelques opinions sont partagées à ce sujet et lui donnent son habitation au château de Carmeroc, en Saint-Juvat.
La lande du Tournay, où devait avoir lieu cette fameuse bataille entre les troupes de Charles de Blois et celles de Jean de Montfort, le 12 juillet 1363.
YviGNAC. — Le beau manoir des anciens seigneurs d'Yvignac. A côté sont les ruines du château primitif.
Mégrit. — L'abbaye de Beaulieu , fondée en 1163 par Hoirland de Dinan, avait une église fort intéressante sous le rap-
(*) Eiym. : Men, pierre, hir^ longue.
porl de rarcliilocUire et îles tombeaux qui y étaient , nolaiimient celui du rondateiir, dont la pierre, portant refTîgîe de Rolland, est aujourd'hui vivement réclamée par le musée de Dinan à la ville de Saint-Brieuc, qui s*en est emparée,
Trémeuh. — I/liospice et prieuré de Saint-Georgi^s, fonde> en 13itî par Geolïroy Levoyer, seigneur de Trégomar^ [)our entretenir quatre religieux Augustius devant secourir tous pauvres passants et repassants.
Lk Quiou, — Les carrières de sablon-coqu illier, où l'on trouve quantité de fossiles très curieux,
La cliapelle du Besso, non loin du château, monument qui jiaraîl appartenir à i'éi>oque de la transUion, Vn peu au-delà, vei*sie midi, est aussi le château de Hac, dont Farchitecture mérite quelque attention.
BaouNS. — Les ruines du chàteau-fort de la Molte-Broons, iKîrceau du counétalde Du Guesilin, où s*é4ève aujourd'liui une belle colonne en granit, en mémoire de ce grand capitaine.
JuiîON. — Sur ce monticule, qui s'élève fièrement entre deux Tastes plaines d'eau, était Jadis assis le châleau-fort de Jugon, qui passait pour Tuu des plus redoutâmes de la province; aussi avait-il donné lieu à cette devise : « Qui a Bretagne sans JugoD a chape sans chaperon.
Pi-ÉNÉE. — Les restes de l'ancienne église de l'abbayo de Bosquin, où se voyait le tombeau de F infortuné Gilles de Bretagne. La pierre tumulaire était un large madrier de bois de chêne qui représentait Tetligie du piince, de grandeur naturelle* A la révolution de 1793, ce tomtx^au fut fouillé, et la pièce historiée lut transférée daits la chapelle du Parc, comsuuiie du Gouray, Qu est-elle devenue? aujourd'hui qu'elle sérail si précieuse dans nos musées.
Les belles ruines du château de la Moussaye, On y voit eu-
core Ifs prisons, de grandes caves voûtées el de magnifiques ^ escaliers en taille.
Dans la i)arlie de l*est de la commune, on remarque aussi de longues traces d'une voie romaine (chemin de Lélra,)
Plépéliac* — Les ruines monumenlales du château de la Hunaudaye, ancienne résidence des ducs de Pentbièvre.
L*abbayede Saint-Aul)in-des-Bois, l'ondée en 1137 par Geoffroy Bolrel, comte de Penlhièvre, est remarquable par ses vastes bâtiments. A
CoRsiîUL (Carsîlium), principale cité des Curiosolites, peuple gaulois subjugué par les Romains lors de leur descente dans TArmorique. Ces derniers ont laissé dans ce lieu de nombreuses traces de leur passage : des inscriptions, des médailles, des bronzes, des vases, etc. Non loin de Corseul, on trouve encore les restes imposants d'un temple romain consacré à Mars, ■ et appelé aujourd'hui la tour du Haut-Bécherel ou du Haut- ^ Tribut. J
Le château de Montafdant, qui n offre plus que des ruines * remarquables, fut longtemps la résidence des seigneurs de Dinan. La quantité de tuiles et de médailles que l'on trouvait anciennement dans ce lieu fit présumer que ce château avait été construit sur remplacement d'une forteresse romaine.
Nazareth. — Le couvent de Nazcreth , prés l*lancoél, fondé en 1047, par Catherine de Rosmadec, baronne de la Hutiau- , dais, qui y établit des religieux Dominicains tirés de la maison de Dinan, L'église du couvent, qui est devenue paroissiale, est en grande vénération dans le pays.
Créiien. — Les vestiges de l'ancienne collégiale du GuildO; j fondée en 1410 par Charles de Dinan, qui y finit ses jours. Al quelque distance de là sont encore debout quelques pans de] murailles du vieux caslel du Guildo, lieu on Pinfortunë Giries] de Bretagne fut saisi par les ordres du duc, son frère, el envoyé
au clialeaii de la Htuiaudais, en SaiiU-Launcuc, où il ne tarda |ias de succomber aux alrotilés que lui firent endurer ses gardiens.
Saint-Jacut, — Les ruines de l'ancienne église de rabbaye, où i^t voyait, avant 171K1, le lombeau du savant bénédictin doin Lobineau,
Le Plessix-Balisson. — Les ruines du chaleau-fort du Plessix-Balisson, maison très ancienne des comtes de Rayset seigneurs de Broous.
Thigavoli, — Le bois de la Motte, ancien marquisat. Tune des plus puissantes maisons de Bretagne, a produit plusieurs hommes distingués. 11 a existé dans ce lieu un chàleau défendu par des tours el de profonds fossés ; il n'en reste aujourd'hui que quelques vestiges sous les jardins du château actueL
(Extrait des manuscrits de Mahéo,}
Chapelle de Nolre-Daiiie-de-Coiiforl ,
Eq Berhet.
La clia(>eHe de Noti*e-danie-de-Confort , en la paroisse de Berhet, sur les confins de celle de Prat, est un lieu de dévotion célèbre. C'est aussi, sous le rapport de Tarlj Vnn des monuiiients religieux les plus remarquables de l'arrondissement de Launion.
Elle s élève gracieusement sur une éminence qui domine au loin le paysj et semble api>elcr les pèlerins et les malheureux i|ui viennent de toute part y chercher confort pour leurs
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Sa construction ne remonte qu'à la première moitié du seizième siècle, et bien qu'elle appartiennent à la période de décadence de l'architecture gothique, Qlle est d'un assez bon style, et conservé sous ses ornements multipliés la grandeur et les formes élancées, symbole mystique des âges de fol .
Sa nef, spacieuse, élevée, sans bas-côtés ni transepts, est régulièrement percée de cinq fenêtres ogivales, dont la plus considérable, ouverte a l'orient dans le mur droit du pignon, contenait naguère une des plus merveilleuses rosaces que Ton pût voir.
Un coup de vent la détruisit, il y a environ douze ans.
Ce malbeur ne serait peut-être pas irréparable. On en trouverait encore tous les précieux débris. Mais cette restauration coûterait cher, — et nous pensons que le monument réclame de plus urgents travaux.
Les deux autres fenêtres de chaque côté latéral sont longues et étroites, divisées en deux lancettes par des menaux prismatiques, et chargées, dans le tympan, de réseaux flamboyants formant, au nord, des larmes contournées, au midi, d élégantes fleurs de lys. Ce dernier ornement ne se rencontre guère en Bretagne que dans les édifices religieux construits depuis la réunion de cette province à la France.
Extérieurement, ces fenêtres sont surmontées de frontons triangulaires, dont les côtés, hérissés de crosses végétales, se lient au sommet par un bouquet trilobé. L equerre et l'angle supérieur du pignon sont décorés de même.
Mais le morceau capital de cette œuvre, celui où le ciseau a déployé toutes ses ressources, c'est le portail méridional.
Un porche voûté en plein cintre le précède, comme pour servir d étui à ses riches sculptures. Le plan de son ensemble est fort simple. Une seule porte , dont l'ogive n'a pas de très grandes proportions, offre le caractère distinctif de cette épo-
— hOl ^
<iue : des lignes suliilement relevées près du point de jonction eîse terminant en pointe îiiguë. Mais quel luxe, quelle profusion dans les détails! Les voussures sont couvertes de feuil- I;î;:^rs hardiment fouillés a jour, de rinceaux, de vignes où se jvvuenl parmi les grappes et les pampres une foule d'animaux fantastiques, I/arcliivoUe, ornée de larges feuilles laciniées, suit les contours de Togive, se redresse également en pointe, et supporte à son sommet une sorte d'acrotère où reposait probablement une statue.
Kniln. remadrenienl est ("orme de deux colonnes chaî*gées de tores et de bandelettes, et surmontées d'aiguilles.
Trois autres [lorles, Tune au-dessous du portail dont nous venons de parler, les deux autres dans le coté latéi*al du nord, rej^roduisenl ces caractères généraux. On y retrouve aussi Togive aiguisée, Mais elles sont moins ornées. Les deux dernières n'ont même qu*une archivolte garnie de crochets et de panaches.
Quanta la fa(;ade occidentale, on pourrait la croire beau- , coup jilus récente que le reste de Tédifice, si Ton ne se rappe- L'iit que les constructions religieuses se commençaient toujours ^ par le chevet, Il dut nécessairement s*écouler un certain nom- I lire d'années avant qu'on n'eu vînt à cette dernière i>arlie, qui ^Hès lors se trouva en pleine transition, en plein changetnent de "style, à ce retour aux arts païens, que Fou a si mal a propos nommé la renaissance.
En effet, cette porte de louest, qui se cache honteusement entre deux contreforts massifs, ne donne pas une hante idée des premiers efforts de rarchiteclure nouvelle. Des pilastres simulés, un semblant d*archiliave et de corniche, un fronton brisé, coiffé d'une manière de dôme, tout cela est mesquin et d'un assez mécliant asiHTL
Eu revanche, le clocher, qui est encore a moitié gothique,
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conserve une ccrlaine|tHégance.[ Quatre baies ouvertes laissaient voir les cloches, réduites à une aujourd'hui. Une flèche octogone et mince, qui fait jaillir sa croix d'une loulïe de feuillage,;,une balustrade légère à dessins flamniéSj une tourelle d'escalier courounëod*une coupole^ en complètent gracieuse- ^ raent l'eusemble. ■
3Iais ce qui donne Jtin aspect vraiment monumental h cette charmante église, ce qui Tentoure d*un luxe inusité dans les édifices de diuicnsions médiocres, c'est radmirable parti que rarcliitecte a su lirer de sa frise et de ses conlroforls.
Ces derniers, sans conqirendre les masses qui soutiennent la tour, sont au nombre do dix. Ils ceignent la sainte chapelle comme d'une couronne à hauts lleurons, élevant leurs pinacles au-dessus de la naissance du toit. Sur leurs faces antérieures^a des niches, abritées de dais Bnenient travaillés, coutenaieul des statues d'apotrcs que Ton n'y voit plus de nos jours; car, pour les soustraire au vandalisioe révolutionnaire, on les cacha, et si bien hélas! qu'on ne les a pas retrouvées. Des fouilleB . régulières amèneraient sans doute leur découverte. h
La frise historiée représente, dans toute la longère du midî? une chasse à courre. C'est d'abord un personnage paivsseuse-^ ment endormi, pendant que les renards croquent ses poules et n que les loups emportent ses moutons. Plus loin, des chasseurs armés d'épieux, des piqueurs donnant de la trompe, excitent une meute nombreuse à la poursuite d'animaux divers. Au nord, on ne voit que des sujets pieux : des end)lénies en T honneur de la sainte Vierge, tirés de ses litanies et du cantique des cantiques.
Avant de passer à la description intérieure de cette chapelle, il est convenable, et c'est peut-être par où nous eussions du commencer, de dire un mat de son histoire. ■
Jehan du Perrier, juveigneur des comtes de Quintin, épousa, "
dans les preniîferes années du quîn/jenio siècle, Anne, hérilière de Coalconian^ Coalbersot, et autres lieux seigneuriaux de Berhet.
L'un de ses descendanls, qui se iiomniail aussi Jehan, posa, ' le vîugUème jdtir d'uppril. Tan 1523, la première pierre da celle i*glise, qui, d*après Finsciipliou qui nous donne celte date, ne fut terminée qu'en 1337.
■■ Or, on sait quelles étaient alors les graves préoccupations de j la Bretagne* Deux l'ois reine de France, notre duchesse Anne f ne laissait que des filtes, dont l'aînée, mariée à François I^ï*, lui apportait en dot rusufruit de cette province. Les longues iulrigues de la France allaient enfin réussir. Déjà le cercle ducal ornait le front du Dauphin ; et, malgré Topposilion la plus taj^nergique, lesélals de Vannes venaient, en 1532, de prononcer la réunion définitive de la Bretagne a la France.
Les du Terrier perdaient à celte adjonction une position princière. Le duc Pierre 11 ledit formellement en érigeant en leur faveur le comté de Quiutin en haute baronnie : — Xous bicD certain du degré de parenté dont notre cousin nous alleinl, lequel est extrait et consanguin. de notre uiaisoo, cic.
Aussi avons-nous cru remarquer, au sein du sanctuaire élevé par eux, les signes d'un regret, d'une protestation, t/une uiordaiHe satire.
E) Voici nos conjectures. Il est bien entendu que nous ne les donnons que pour ce qu'elles sont : des conjectures. [ Aux fenêtres, — nous l'avons déjà dit, — les lys s'épanouis^ seul au soleil du midi ; au nord, coulent les larmes.
Sant-c-rod (le saUit à la roue), tourne toujours sa roue de fortune, mais elle tourne désormais dans une lablxï funèbre, au-dessus des tombeaux.
Dans la corniche, une femme d'un orgueilleux embonpoînl, [lieds et poings liés, tourne sur elle-même; et, quand elle se
présente au retour, ce n'est plus qu'un maigre squelette. Neserait-ce pas Timage de la transformation qui attend sous la domination étrangère la riche et grasse Bretagne?
Au rétable, contre l'autel, l'allégorie semble plus transparente encore. Deux statues principales figurient l'Annonciation. A gauche, du côté breton, la sainte Vierge, à genoux devant un . pupitre, a les traits et le costume de la duchesse Anne. Devant elle, ce personnage agenouillé est sans doute l'ange Gabriel : d'où vient donc qu'il porte le manteau royal, la robe, les cheveux longs et bouclés de Louis XII? et qu'au lieu du lys symbolique, il présente à la Vierge... une quenouille !
C'est que le duché tombait en quenouille. C'est que la bonne duchesse ne laissait pas ce second fils, qui aux termes de son contrat de mariage, devait continuer la dynastie bretonne.
Et, comme si l'on avait craint de i^'être pas compris, audessous de chacune de ces figures brille un écusson aux armes de France.
Ces observations, nous le répétons, sont toutes conjecturales ; elles nous ont semblé curieuses, et nous les donnons sans y attacher une grande importance. Rentrons dans le positif.
Au-dessus de l'autel est un méchant tableau de Notre-Damedu-Rosaire, loul-à-fait indigne de son entourage.
A droite et à gauche, deux bas-reliefs représentent, le premier, la sainte Vierge couronnée par la Trinité, le second, Tarbre de Jessé.
Ils sont du même ciseau que le rétable, qui mérite une description spéciale.
Outre les deux ligures dont nous avons parlé, ses galeries à jour et ses ornements secondaires, il se compose de sept tableaux tirés de la passion, et ainsi disposés :
— Ml —
Au-dessus (lu labernade, et plus élevé que les autres, est le crucifiement.
A gauche sont :
L*adôralion des bergers.
Pilate se lavant les mains.
Jésus portant sa croix.
A droite :
L'ensevelissement. r
La résurrection.
La transflguration.
Le dessin de ces sujets n est pas toujours très cori'ect, mais ridée est ingénieuse, les |)ersonnages bien groupés, les attitudes et les physionomies rendues avec expression. Somme toute, ce morceau est remarquable, et il est à regretter que de méchants barbouilleurs Taient couvert d'une grossière peinture, poussant l'ignorante vanité jusqu'à y inscrire leurs noms.
Les poutres, les corniches, les frises sont sculptées, chargées d'ornements, de personnages, d'animaux, et suriout d'ar-, moiries.
Ces hiéroglyphes du moyen âge sont aussi des preuves de notre histoire. Nous allons tacher de les expliquer.
Le premier écusson, dans la û'ise a droite, porte écartelé, aux l^^ et 4, d'uzur à 10 billelles d'or, qui est du Perrier, et aux 2 et 3, de Coatconian, de gueules à 3 roses d'or.
Cette dernière famille est éteinte depuis environ quatre siècles.
Le second est partie du Perrier et du Mené : de gueules à la face d'argent.
Le premier de ces écussons nous semble rappeler l'alliance qui fit passer la terre de Coatconian dans la famille du Perrier. Le second pourrait être celui du fondateur de cotte chapelle.
Alain du Peirior, fils de Claude et de Renée-Françoise dej Kerlec'hj comparut h la reformation de 1671^ portant le tîlre j de seigneur de Coatconian, Mais quatre ans plus tard, en 1675, nous trouvons ifn sieur René du Bouîlly s*intiîulant châtelain du même fief, qui Tenait à ce qu'il paraît de changer encore de mains.
C'est sur la cloche de Mot re-Dame-de-Con fort, dont ce sieur de Bouîlly était parrain, que nous lisons ce détail. Elle est encore blasonnée, h gauche, des armoiries des du Perrier, < comme souvenir peut-être. \ droite est IVcusson des du Bouîlly : d'azur à la bande d'argent, acconipagnéc de deux croissants de même, mi-i)artie du chevoir de Coadelan : de gueules J au croissant d*ar^enl, surmonté de trois macles de même* v
Coadelan, eu Prat, était la demeure favorite du trop célèbre , ligueur Guy Eder de la Fonlenclle. Cette terre, et la plupart II de celles que nous venons de mentionner, appartieonenl aujourd'hui à M. de Kergariou, de la Grand-Yille.
Celle descri[>tion est déjà si longue qtiVlle nous force à négliger les détails accessoires. Nous allons indiquer sominairelueni les réparations les plus pressées, les plus nécessaires à la conservation de ce monument*
A rextérieur, les pietTes de la corniche, à environ un oiHre du pignon, et de chaque côté, ont été ébranlées par le coup de vent qui enfonça la maîtresse-vitre, et se séparent en lézardes J profondes. Cette réparation serait encore facile et peu dispen- n dieuse; si on la négligeait, elle entraînerait infailliblenienl la chute de l'édifice.
A rintérieur, la charpente est bonne; mai» quelques parliez j du huïibris demandent à être relevées.
Il serait h désirer aussi que l'on replaçât, au milieu de la nef, la grille et le beau jubé qui la coupaient autrefois, et dont
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H>iiles les i>ièces soûl jetées pèle-mènie dans un réduit sous riiorloge.
EnGn, les loiiiheaux des fondateurs niérilont queliiue inléreL
Leurs statues gissent maintenatit sur le mur du cimetière, livrées a toutes les inleiui»éries de ralmosphère. Encure quelques années, et la jJuie les auia enliérenienl dégradées. Elles ont pourtant du caractère et une certaine valeur artistique.
L'une d*elles représente un chevalier armé de toutes pièces^ exccf té la tête el les mains qui soûl sans heaume et sans gantelets- Sa large épée repose entre ses cuisses, et sa miséricorde est passée h son ceinturon. Sous sa cotte d'armes, qui remonte jusqu'au cou et ne descend que jusqu'aux genoux, on pressent une cuirasse bombée, sanscareue* L'attache des genouillères aux cuissards et aux grèves est d*une seule pièce, sans lames compliquées, et la forme pointue des soleretSj appuyés sur un chien, et se repliant légèrenienl en i^oulaine, achève de nous désigner Tépoquc à laquelle elle appartient : la première moitié du quinzième siècle.
Sur la tablcj deux éeussons presque effacés montrent encore Fun des roses, l'autre des billelteSy et fout reconnaître le chef de la branche des du Perrier fie Berhel.
Celle statue serait donc plus ancienne que la chapelle, et y aurait été apportée d'ailleurs, à moins qu'elle n'eut été faite après coup, comméniorativement.
Une autre elTigie tumulaire, placée à côté de celle-ci, n'en est évidemment qu'une imitation. Cepeiidant, à quelques <lélails échappés au copiste, ii la forme mince et ellilée des dagues dont les gardes et les poignées très ceuvrées ne forment plus la croix, on reconnaît une époque plus récente : le seizième siècle. Une inscription engagée aujourd'hui dans une maçonnerie, nous apprend (lu'elle recouvrait la sépulture de Jehan du 'errier, seigneur de Coatbersot*
— au —
Il serait convenable de replacer ces tombeaux dans la chapelle, au-dessus des cryptes qu'ils recouvraieiit autrefois.
Remarquons, en terminant, le soin qu'on avait apporté jusque dans le choix des matériaux. Toutes les constructions sont en beau granit, toutes les boiseries en if devenu noir comme de rébène, partout où le badigeon permet de l'apercevoir;
On pourrait, pour diminuer les frais des réparations, employer les pierres de taille de la masure qui sert aujourd'hui de maison commune. Cette bâtisse, dont on réclame instamment la démolition, ne date que de 1768, n'offre aucun intérêt, et masque le monument.
Nous regrettons, en jetant les derniers traits de cette pâle et frêle exquisse, de ne pouvoir parler que de l'œuvre matérielle, de ne pouvoir dire .un mot de ce qui en fait.l'âme : — de l'amour religieux que ce saint temple inspire ; mais M. le recteur de Berhet, ayant bien voulu nous promettre les bulles et les indulgences accordées par les papes à Notre-Dame-de-Confort, nous ferons de cette communication l'objet d'une note supplémentaire.
Puissent au moins nos faibles efforts contribuer à attirer TaUention et les bienfaits de l'administration sur ce monument vénéré, afin qu'il fasse longtemps encore la consolation et l'ornement de notre pays. J. De Penguern.
LA PRII^ÎCESSE AZÉNORE.
(liégende du Iiéonais. )
La princesse Azénore était fille du comte de Léon, roi de
Brest. Pieuse, bieiif^ilsanto, affable^ elle possédait loules leg vertus; sa beauté cijarmail (Faulanl plus qu'elle avait Tair de ne pas la coaiuiîire : aussi raisait-elle ks dclices d'une cour dont elle était l'idule et le plus bel oraement.
Le eonile de Goetlo et de Tréguîer, roi de Donnonée, ayaut cnleudu parler des rares qualités de la eliariuaiite Azénore, en devint épris; il députa deux de ses barons, cooime ambassadeurSj vers le roi de Brest, pour lui olVrir son alliance et le $U|)(>lier de lui accorder la main de sa tille. Le comte de Léon* fier do cette demande, alla sans hésiter troaver Azénore ; il lui Gl part de la proposition du prince de Gocllo, en lui rcprést^ntant combien ce parti était avantageux, non-seulemeni pour elle, mais aussi dans l'intérêt de ses étals, La belle princesse, qui ne s'attendait pas à celle demande, répondit a son père qu'elle serait toujours reconnaissante de ihonneur (jue le roi de Donnonée voulait bien lui Taire en la choisissant pour é|x>use, maisqu*elle ne pouvait Taccepter, étant depuis ^onglems résolue à consacrer sa vie au service de Dieu.
Le roi, son père, qui l'aimait tendrement, ne voulut pas c«)ntrarîcr sa pieuse vocation ; il cbaigea les ambassadeurs d'îLssurer ii leur maître qu'il tenait sa recherche à grand honneur; puis il ajouta qu'il IVrait son possible pour lléchir le cœur de sa fille et la ramener a d'iiutres idées.
De son cûlé, Azénore reçut la visite d'adieux des ambassadeui*s; elle les remercia, les cond)Ia de présenis, mais persista ;ï leur refuser la moindre espérance, déclarant que sa résolution de se consîicrer a Dieu était irrévocable.
Le roi de Donnonée fut bien surpris, bien affligé du rapjxïrt de sesambassadeui*s; et comme ce que Fou n'obtient pas est toujours ce que Ton désire le plus, ce refus augmenta famour du prince ; il ne cessait de faire des questions a ses envoyés sur l:i cour de Brest, espéranl qulls lui parleraienl de la princesse.
En elTet ves derniers ne tarissaient pas snr les louanges irAzénore; ils assuraient que jamais tant devenus n'avaient brille sur la terrCj et que jamais beauté comparable ne s était renconlrëe.
Le comte de Goetloj dont le cœur s'enflaninuiit loujoui-s davantage , espéra <|ue sa [>ersévérance finirait par loucher la princesse, et qu*il obtiendrait enfin le bonheur après lequel il aspirait.
Il envoya donc une seconde ambassade plus magnifique que la première, cliargée de prodiguer Tor, les prcsenls, et de mettre tout en oeuvre pour gagner les conseillers du comte de Léon,
Les ambassadeurs furent fort bien accueillis dans la ville de Brest, on leur rendit les bonneui^ dus k leur caractère ; après leur avoir lait porter toutes sortes de ralïaîclnssements sous leurs tentes, on les conduisit en cérémonie devant le roi. Celuici, charmé des ofïres de service que contenaient les lettres du comte de Goello, promit de se servir de son autorité paternelle pour amener la princesse, sa lille, à se décider en sa faveur.
Azénore, qui s'était toujours fait remarquer par sa soumission filiale, ne résista pas longtemps aux ordres de son pereel aux conseils de sa mère : elle engagea sa parole, résignée a son hymen qu'elle ne voyait pas sans répugnance ; elle espérait qu'elle aurait encore le temps de s*y préparer. Mais à peine eut-elle promis d'accepter pour époux le roi de Donnonée, que rimpatient prince, qui s'était caché parmi ses anibassa^ deurs, parut à ses yeux,
11 était dans toute la fraîcheur de la jeunesse; sa physioncH mie pleine de charme, sa tournure élégante, relevée par un costume de drap d'or, brodé de perles et de diamants, lui donnait nn éclat qui ne pouvait que plaider en sa faveur. Monté sur un magnifique cheval qu'il maniait avec dextérité* il dé-
ploya tant de courloisie, d^amabililé, témoigna tant d'amour, que Azénore ne se repentit plus de Tavoir choisi.
Peu de temps après, les deux fiancés se marièrent, les fêtes
I nuptiales furent brillantes, les tournois, les festins ne furent pas oul)liés. Les preux chevaliei^s et les nobles demoiselles exécutèrent au son du biniou les rondes du jabadao ( * )j puis le barde le plus célèbre de Lesneven, dans la grande salle du château, vint réciter à la nouvelle reine de Donnonée des vers dont voici la traduction ;
a Le cœur que tu m'avais conOé, ma gente et douce amie, je ne Tai point perdu, je ne Tai point donné, je n'en ai point fait un perûde usage. Se Fai nièlé parmi le mien, et je ne sais plus lequel est à toi ou a moi« »
Bientôt les nobles époux durent quitter le Léonais, |)our se l'cndre dans les terres du comte de Goetio, où la comtesse reçut de ses sujets un accueil plein d'enthousiasme.
Ce fut dans un château situé entre Tréguter et Goetlo, construit par les ordres du roi Audren, et qui se nommait Chàtel- Audren, qu'ils fixèrent leur résidence. Cette magnifique demeure dominait la ville, et réunissait tous les charmes qu^on peut désirer dans un lieu cliampétre.
Les premières années de leur union s écoulèrent heureuses et calmes ; le monde semblait leur présager de longues prospérités ; mais, comme malheusenient rien n est stable sur celte terre, tant de bonheur ne devait pas durer, car, dit Fhistorien dans son naïf langage : « Si les roses qui naissent ez jardins des princes sont, ce me semble, plus odoriférantes que les communes, leurs épines sont-elles plus piquantes, et leurs • grandes poinctes blessent plus vivement, »
La mort de la reine de Bre^ fut le premier chagrin quéprouva la princesse de Léon : ses larmes coulèrent ea abcMhdances à la nouvelle de la perte de cette mère chérie ; elle fit prendre le deuil à toute sa cour, et partit iminédiatemeut pour porter des consolations au roi, son père. Après un court séjour près de lui, elle fut obligée de revenir dans son royaume de Donnonée, car son époux ne pouvait plus longtemps supporter son absence.
Le roi de Brest, à qui la solitude où le réduisait son veuvage était devenue insupportable, prit le parti d'épouser une dame de grande maison d'une éclatante beauté, mais hélas ! d*un cœur noir et malicieux. Cette nouvelle reine, pleine de ruse, sut si bien prendre son mari, qu'elle parvint à doininer soa esprit, et que le pauvre roi n'agissait plus que par elle. Comme l'éclat des brillantes vertus de sa belle-fille était une critique perpétuelle de ses vices, elle couçut dans sa basse envie l'affreux dessein de la perdre.
Après avoir cherché les moyens d'accomplir ses funestes projets, la perfide belle-mère, pensant que chez un mari aussi épris de sa femme que l'était le comte de Goetlo, il pourrait n'être pas insensible aux atteintes de la jalousie, résolut de faire naître sa méfiance sur la fidélité de sa belle compagne.
Elle écrivit donc un billet à son propre époux ; mais elle eut soin que la menteuse missive tombât aux mains du roi de Doih uonée. Dans son contenu, elle plaignait son féal époux de la conduite de sa fille Azénore, assurant qu'elle donnait un grand scandale, puis ajoutait : « Si vous en doutez, je vous donnerai preuves nettes et claires comme belle eau de roche, »
Le cœur du pauvre comte de Gœtlo^ à cette lecUir^ se<)é« chira; il lui semblait qu'un poignard le blessait sans cesse ; il hésitoit et se refusait à croire a une si grande perfidie de h part d'une épouse qui jusqu'alors lui avait témoigoé tant dp
Iresse et s était montrée si vertueuse : maïs la calomnje, 5nblable à un ver rongeur, avait tellement pénétré son àme, celle terrible lettre ne pouvait sortir de sa mémoire.
yjL reine de Brest, ayant eu connaissance de sa douleur, de . incertitudes^ se décida à lui porter le dernier coup ; et elle îussil en avertissant le roi son mari des prétendus désordres (ille. C'est avec les yeux baignés de larmes, au milieu des Supirs et avec les signes du plus profond désespoir, qu*elle lui ^ cette perfide et fausse contidence. Le trop crédule mari, ivaincu du crime de sa iille, fut le premier à en parler a son idre, et ce père indignement abuse, en soutenant ainsi la >mnie, fut en partie la cause de la perte de son innocente
comte de Goetlo, alors complètement aveuglé par une ja- >usîe furieuse, enferma la princesse, sa femme, dans un eapl, eu attendant qu'il la fît juger par son sénéchal et ses ba-
,a reine de Brest, qui ne perdait point de vue sa victime,
K>rna des gens perdus, sans conscience, et qui, à force d'ar-
it, s'engagèrent à accabler ia vertu.
izénore, tirée de sa prison, fut amenée devant le tribunal
'oi son époux : Taîr terrible et menaçant de ce dernier conit avec la sérénité, la douceur et la résignation qui brit-
ait sur le front pur de la princesse.
^s chefs d'accusation supposés furent présentés par le pro- UT fiscal avec une véhémence haineuse, et il ne sVidressa à uvre accusée que dans les termes les plus durs.
l'abord Azénore ne put retenir ses larmes; puis, rappelant
dignité et craignant qu'on înterprélàt son silence comme
u de sa cult>abilité, ell3 parvint a reprendre assek d*em-
sur elle-même pour répondre avec assurance, pleine de
le : « qu elle ne pouvait autrement se défendre contre de
faux lënioiyiiagos quon déclarant (|ii*ils étaient faux ; qu'elle ne tenait point au bonheur ironipeur du monde, el que si Dieu fl lui dtHuandait le snerifico de sa vie. elle ékût prèle à le faire, jtiaîs qu'on ne lui ravirait jamais I amour inviolable qu'elle portail îi son seigneur el mari, ni la renommée de princesse J'bonneor qui accompagnerait sa mémoire et décorerait sa louibe^ malgré les accusations de la calomnie et de la haine» »
Api^ès avoir aîosî parlé, on la reconduisit a son cachot. Pendant la procédure qui fut longue, la constance de la raalljeurouse Azénorc ne se démenlit pas. Cependant ses ennemis finirent [»ar renq>orterj et le sénéchal rendit une sentence portant que la comtesse de tioetlo et de Tréguier, reine de Donnonée, alleinte et convaincue dlnOdélilé envers son mari, était condamuée à être brûlée vive et ses cendres jetées dans la mer.
Azénore, aussitôt après la lecture de cet arrêt, porta la main droite sur son crucifix, leva ses beaux yeux hutuides vers le ciel et protesta hautement sur le salut de son âme « que jamais elle n'avait lailli h lendroit de son seigneur et mari ; » puis t elle ajouta ; « N'y a-t-il ici aucune âme chrétienne et chari- f table qui me secoure au dernier moment? Je suis grosse de quatre mois; faut-il que, pour le crime supposé de sa mère, mon enùmt soit privé du baptême? »
Les personnes (|ui Tentouraient versaient des larmes d'at- ^ tendrissement. Toutefois, le comte de Goeilo (car la jalousie dénaturait son cœur) insista pour que la sentence fût exécutée.
Les juges, touchés de la situation de cette intéressante princesse, et trouvant d'ailleurs bien de la cruauté dans cette précipilatioUj révoquJ renl leur première décision. Par la seconde, ils condamnèrent Azénore à être enfermée dans un tonneau et
jetée en i»Iejne mer, à la merci des ondes, des vents et des écueils.
Quand vint le moment d*accom[»îir ce ju^foment inique et cruel, ce lut un sijectacle déchirant pour ïous les habitants de la ville et des campagnes, dont elle avait élé la providence, que de voir passer, le long du port et de la grève, une si jeune princesse, liée avec de grosses cordes, versant des larmes anièi-es, el plus belle que jamais sous sa profonde douleur. Elle leur dit adieu d'une voix angélîque, se recommandant a leurs prières, puis monta sur la nef (|ui devait la conduire à quinâ^e ou vingt lieues de la terre.
Arrivée à cette distance, il fallut alors se disposer à subir TalFreuse exécution. La malheureuse femme, après avoir pardonné à tous, recommanda son àme à Dieu, déclara qu'elle mourait innocente, puis, ayant fait le sifjne de la croix, elle entra courageusement dans le tonneau fatal, (jui fut fermé cl lancé au milieu des flots ,
Dieu, à qui rien n'est impossible, par un miracle de sa toutepuissance, permit qne le tonneau fut préservé du choc des rochers et de la violence des ouragans. Dès les premiers jours, les soulïrances de la faim se* firent senfir^ et comme la pau\Te princesse n'avait p<Mnt de nourriture, malgré son courage, do grosses larmes coulaient sur ses juues amaigries, ses yeux mourants se tournaient vers le ciel qu'elle ne fmuvait apercevoir, quand tout-à-conp elle fut subitement fra[*pée par une clarté céleste qui pénétra dans sa misérable prison ; une voix divine et consolante Tassura que ses prières étaient agréables à Dieu, parce qu'elle n'avait jamais désespéré de sa miséricorde; qu elle pouvait être assurt-e que son innocence repiu'aî trait un jour avec éclat, et que ses calomniateurs seraient confondus.
. Le tonneau se changea en une demeure f>eu spacieuse, il est
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patronne, lui apparut plusieurs fois et Vint l'assister au moment de ses couches ; elle mit au monde un fils ; mais ne pon- ,vànt le baptiser, elle le recommanda au Seigneur par une prière si touchante, que Dieu alors, pour fortifier son courage, délia la langue de son petit enfant qui lui annonça, airecdes paroles bien tendres, que le temps de consolation était arriTé ainsi que le terme de ce douloureux voyage qui avait duré cinq mois.
En effet, le tonneau s'arrêla sur un rocher de la côte d'Irlande, près de l'abbaye de Beau-Port.
La mère et Tenfant furent recueillis par le saint abbé du monastère que Dieu avait miraculeusement averti. L'enfant parla encore et demanda le baptême.
Cet enfant, prince de Bretagne, devint par la suite archevêque de Dol, et fut canonisé sous le nom de saint Budoc.
Pendant ce temps, la coupable reine de Brest n'avait pas joui de son triomphe: le remords avait empoisonné ses jours, ruiné sa santé. Enfin, le chagrin la fit tomber dangereusement malade, et elle mourut avouant son crime en se repentant sincèrement.
Lorsque le malheureux comte de Goetlo, dont la vie n'avait plus été qu'une suite de douleurs et de regrets, apprît l'innocence de sa vertueuse femme, son désespoir ne connut plus de bornes; il se mit a parcourir le monde dans l'espérance de la retrouver, quoique cela parût impossible. Cependant Dieu permit encore qu'après plusieurs années il arrivât à l'abbaye de Beau-Port.
Âzénore, qui n'avait jamais cessé de chérir son injuste époux, lui pardonna, et le comte crut avoir trouvé lé bonheur; mais le Seigneur en avait décidé autrement.
La comtesse de Goetlo était à la fin de ses éïMPetïVes. Dieu bientôt après la rappelait à lui et la récompetibait, par va
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bonlieur céleste et durable, de tout ce qu elle avait souffert sur la terre.
Le roi de Doiiiionée, riprès celte perle dont il ne devait jamais se consoler, consacra sa vie à Dieu el finil ses jours dans ' une austère pénitence en ex [dation de sa déplorable errcur.
Albcrt-le-Grand. de Morhiix, qui a écrit la vie de la piniicesse Azéûore, ainsi que celle de? saint lîudoc son fds, et de l'antique recueil duquel nous tirons cette bistoirc miraculeuse, (uiît son récit par la phrase suivante :
u La sérénité d*une bonîie conscience est un banquet continuel, c'est le temple sanctifié de Salomon, le jardin clos et scellé où l'ame s'entretient, le réclinatoire doré de la sagesse éternelle^ la salle nuptiale, et le palais royal du Saint-Ksprif »
NOTICE
Historique et slâtistique sur Dinaii.
eCommerce et Industrie.
Dinan n'est pas absolument une ville d'industrie ni do commerce : le génie indolent et sans intrigue de se*s habitants est peu propre aux grandes entreprises et aux spéculations bazardenses. L'artisan et le chef datelier travaillent modestement pour vivre en paix avec leur famille, rou\Tier gagne stricte-
ml sa semaine, el ne songe point à amasser; a peine si Ton remarque une vingtaine de maisons qui tentent quelques et-
forls dans les aflaîres^ commerciales. Cependant, malgré le peu d'activité qui règne dans la branche industrielle et commer-ciale, celle \ille fait encore des affaires assez imporlantes chaque :innée.
Par sa proximité avec la mer, il remonte dans le port, au moyen du flux et rellux et à laide des écluses de Livetetde Léhon, une centaine de chasse-marées de 100 à 150 tonneaux, dont rimporlalion consiste en vin^ eau-de-vie, savon, résine, sel, houille, ardoises, pierres meulières, plâtre, etc. Ilsexportent, en retour, une grande quantité de grains, graine de lia et de Irèile, cidre, beurre, bois, cuirs, bestiaux, pommes à cidre, ctc.
Des bateaux de transport de 1 5 à 30 tonneaux font le trajet de Dinan à Rennes, par le canal dlUe-ei-Rance, et communiquent avec Nantes; ils exportent de la houille, du bois, de la pierre, du cidre, de Tavoine, et y apportent, en retour, du noir animal, de la sardine en baril, du hareng salé, du fer, de la fonte, etc.
Un bateau à vapeur fait chaque jour un service régulier entre Dinan et Saint-Malo, et sert de messager à ces deux villes pour le transport des objets qu'elles se fournissent réciproquement, ce que font aussi plusieurs petits bateaux de la rivière.
Une des principales branches de Tinduslrie de Dinan, celle qui utilise le {ilus de bras, fait vivre le plus grand nombre de malheureux et y répand peut-être le plus de capitaux, est 1» fabricalion des toiles à voiles. Trois manufactures de ce genre exisleul dans celte ville, et emploient annuellement à la confection des toiles à voiles pour la marine de TEtat et du commerce environ 400 ouvriers, ce qui fait vivre de cette industrie plus de 1,200 personnes.
On fabrique aussi à Dinan des toiles dites Combourg;toiles sont le plus.souvent employées pour les hôpitaux el pri^
sons ; autrefois, elles s*exporlaîeiil presque exclusiveme Sainl-DominguOj la Marliûique, la Guadeloupe, etc.
Il se fabrique encore à Dinan des toiles d'emballage à coton et qu on envoie aux colonies ; de grosses toiles d'emballage pour toute espèce de marchandises, et servant aussi à faire des greniers de navires; une autre espèce, dite cajot, d'un tissu clair et peu serré, est employée à Terre-Neuve pour la préparation de r huile de morue.
Quant aux toiles dites de ménage, il s'en fait en grande quantité en ville et dans les environs ; elles sont très estimées en Bretagne.
Les toiles dites Languenan, qui se fabriquaient anciennement à Dinan et dans plusieurs communes voisines, jouissaient d*une grande réputation ; il s'en faisait un commerce immense dans cette ville, avant la révolution de 1793 ; on les ex|>ortait en Eg)'pte et aux colonies, La ville de Dinan n'a pas vu sans regret s'éteindre cette branche d'industrie, jadis si florissante dans le pays, et qui faisait vivre dans l'aisance un grand nombre de familles.
Les rayés, cotons et tlanelles de Dinan , avaient aussi leur ancienne renommée ; mais depuis l'apparition, en France, des cotons et calicots à la mécanique, ce genre de fabrication est presque anéanti.
Après les tissus viennent les tanneries, qui sont en assez grand nombre, mais dont deux ou trois senlement font la nasse des affaires en ce genre. Les cuirs de Dinan sont très estimés, particulièrement les basanes, dont il se fait un grand débouché.
Parmi les autres indoslries qui ont un peu d'împorlance dans cette ville, nous citerons, comme méritant une certaine réputation : la coutellerie, l'ébénisterie , la vannerie, la chapellerie, la brasserie, la clouterie, la tonnellerie, la laïencerîe,
le charronnage, les cuivres ouvrés pour garnitures de meubles^ et la culture du plant et des arbuâtes^ dont il se fait un assez grand débouché.
Nous rappellerons une autre industrie qui, dans les siècles passés, n'était pas moins florissante à Dinan que les précédentes, c'était la parcheminerie, dont les produits ne le cédaient en rien, pour la bonne qualité, à ceux de Rennes et de Lamballe.
Un article d'un vieux pouillé de Saint-Sauveur de Dinan nous rappelle un de ces bons parcheminiers des temps passés :
« Le 22 d'Apuril 1476, il a été baillé par les dits thésoriers, la somme de 8 livres 6 sous, por le velin fourni à la dicte église pendant l'an, par noble homme Jehan Razel, parcheminier, maistre de la rue du Jersual. »
Depuis que la fabrication du papier a pris un développement si étendu, la parcheminerie a fini par disparaître.
Foires et Marchés.
Dinan possède plusieurs belles foires, entre autres, celles du Liège, du Déliège, de la mi-carème, de la Trinité et de la Saint- Gilles. L'origine des foires du Liège, de la Trinité et de Saint- Gilles, remonte à une époque très reculée ; on les voit figurer dans des actes de 1300 ; elles avaient une si grande importance dans le pays, et leur époque était tellement fixe dans l'esprit des habitants, particulièrement celle de Saint-Gilles, qu'elles servaient de base et de terme à leurs traités et paiements ; ainsi sont conçus d'anciens actes :
<c  partir de la foire de M. Saint-Gilles, finira à la foire de M. Saint-Gilles, payable à la foire de M. Saint-Gilles, etc. »
La foire du Liège a lieu le deuxième jeudi de carême ; elle était anciennement une des plus célèbres de la province ; elle
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tenait pendant huit jours, et, pour mieux dire, pendant sept semaines, car il n'y a pas encore un demi-siëcle que Dinan avait, pendant tout le carèrae, une foire presq^ie continuelle, tant les alîairess'y multipliaient alors.
L'imporlance des foires diminue chaque anntîe d'une manière sensible, Ce qui tient à plusieurs causes parmi lesquelles on peut ranger surtout l^exlension donnée h rindustrîc et la facilite des commuoications. Le Liège, comme toutes les autres foires, est bien déchu de son ancienne célébrité. Dans les temps passés, il s*y faisait des affaires colossales en tout genre ; des marchandises et des produils de tous les pays étaient apportés; de riches magasins, des princi(>ales villes de Bretagne et de Normandie, venaient étaler aux yeux du public tout ce qu'il y avait de plus i-are et de i>lus brillant ; il s*y trouvait une afllucncc considérable de peuple de tous les pays; des juifs y venaient chaque année pour faire le prêt et !e change, ce qui facilitait grandement les affaires dans ces temps où il n'existait à Dinan ni banquiers ni maisons de change. Mais aujourd'hui les clioses sont bien changées, et cependant le Liège, malgré sa déchéance^ est encore la plus belle foire du département, et très estimée, particulièrement pour les chevaux qui, généralement, sont de belle espèce, et dont le nombre dépasse quelquefois deux mille.
Le Délicge, qui se trouve le troisième jeudi de carême, est aussi une très belle foire ; elle est même quelquefois plus forte que le Liège, ce qui dépend de Finiportance de la première; la nii-carême est encore une forte foire; quant aux foires de la Trinité et de Saint-Gilles, elles ont beaucoup perdu depuis qu'elles ont été changées d'époque.
Anciennement, la fabrique de Saint-Sauveur possédait une dîme sur la foire de la Trinité ; il est à présumer que dans les temps, celle foire avait été établie, soit |Kir les seigneurs de
Dînan ou les ducs de Bretagne, eu faveur de cette paroisse doiïl le patron est la Trinité ; voici un article menlionué dans uû vieux sommier de Saint-Sauveur :
« 1457, payé deux polz devin d*Anjoust a quatre bourjois de la dicte ville por avoir princs i*ar !a roire, la dîme de la Trinité, soit : 3 sous 6 deniei^. n M
Celte dîme semble avoir été abolie des le commencement du seizième siècle, car elle ne Ggurc pas dans les comptes de 1 520 et des années suivantes ; seulement, des quùles sont faites aux^ foires et marchés, pour aider a la constrnclion de Téglise. f
Le marché de Dinan se tient, de temps immémorial, le jeudi, et Ton peut assurer que c'est un des plus beaux et des mieux approvisionnée du pays. On y vend du blé, de l'avoine, de Torge, du sarrasin et des bestiaux ; on y trouve des cuirs verta^ et secs, du suif, de la laine, du fil, de la filasse et du beurre de™ provision; on y vend de plus, de la volaille, du gibier, du beurre frais, des œufs, de la viande, du poisson, des légumes, du fruit, etc. Des magasins bien approvisionnés oflrent tout ce qui e^t nécessaire à la vie. ^
La viande, le poisson, les fruits et les légumes se vendent" journellement à la halle ; les céréales, les bœufs, les vaches* les gros légumes, place du Champ, ainsi que les chevaux, aux jours de foires; les porcs, dans le Parc-aux^Coi:lions, sous les mui^ du Château ; le beurre frais, place du Marchix ; les cuirs verts, le fil, la laine, le suif et le beurre de provision, place deM Cordeliei^; le bois à feu, place du Clos-Pinot ; la corderîe, I:^ cordonnerie, la filasse et la boissellerie se vendent sur le phicître des Jacobins ; les veaux, les agneaux, les œuls, la volaille et le gibier, place Saint-Sauveur : sur cette même place, le dimanche malin, a lieu une espèce de petit marché, où il se vend des œufs, de la volaille, du gibier, des oiseaux, des frutte, des
légumes et de la mercerie ; ce marché se termine vers les neuf heures du matin.
Halles.
La halle où se vend la viande et le poisson est située entre les rues de hi Mittrie et de la Cordonnerie, sur lesquelles elle a issue; elle aboutit, par ses deux principales entrées, aux rues de Cocherel et du Petit- Pain ; sa fornie présente deux rangées de galeries, portées sur des poteaux de bois, laissant au milieu un large passage a découvert ; un coté de la halle est destiné à la viande, et l'autre au poisson et aux légumes ; une pompe, qui a été appropriée dans le haut, fournit Teau pour nettoyer lesétaux.
Celte halle, qui est la seule qui existe aujourdliui à Dinan, a été construite en 1827, sur remplacement d'une autre (pi'on avait laissé tomber en ruines à la fin du siècle dernier; celte première était très ancienne, on la voit Cgurer dès 130O, sous le nom de la Cohue; dans l'embas on vendait les céréales, et dans la chambre haute se vendaient les toiles, la friperie, la mercerie, etc.; dans la partie orient de la chambre haute, qui était desservie par un escalier en pierre, se tenait anciennement la Juridiction royale de Dinan ; à l'autre exti-émlté se trouvait un escalier en bois a deux volées et de large dimension.
11 est à remarquer que, dans toutes les anciennes halles de nos villes de Bretagne, il se trouvait une chambre haute, où Ton rendait la justice; ces halles dépendaient le plus souvent des domaines du seigneur suzerain ; celle-ci appartenait au duc de Penthièvre, et chaque année les revenus étaient perçus en son nom.
La principale cause qui occasionna la ruine de cet édifice fut Tabandon qu'en firent les marchands pour aller s'installer
dans Feglise des
dans la nouvelle halle qu'on venait d ou
Jacobins; celle-ci, beaucoup moins sombre que la première,
leur parut préférable pour le débit de leurs marchandises.
Au milieu du siècle dernier^ il existait encore une autre halle, dite la halle aux bouchers, qui était située sur la place Saint-Sauveur; comme celle-ci menaçait ruine depuis longtemps, et que sa proximité avec 1 église était souvent une cause de troubles aux offices, Tadministration de la ville fit dresser un procès- verbal de son état, pour être envoyé à Fin tendant de Bretagne. Celui-ci, par un arrêté du 1 5 septembre 175S, en ^ ordonna la démolition immédiate : la boucherie fut aloisV transportée dans l'ancienne chapelle des Catherinetles , au vieux couvent. M
La graade nécessité d'avoir une halle au blé est depuis long-^ temps l'objet de nomlîreuses réclamations. Le conseil muaicipal va enfin y faire droit; il est mention de l'ancienne église des Jacobins pour y transférer le marché au blé, qui a lieu aujourd'hui en plein air.
Prison.
Dans les temps les plus reculés, Dinan n'avait pour prison qu'une simple maison que Von remarque encore aujourd'hui dans ce groupe d^habitations qui sépare les rues de la Yoûle et des Merciers; elle est bâtie en pierres de taille avec des fenêtres à moulures qui ont encore les crampons qui retenaient les grilles de fer; son élévation de quatre étages, peu en harmo-. nie avec sa largeur, lui donne tout l'aspect d'une tour carrée J comme toutes le^ anciennes prisons que l'on voit encore enJ Bretagne, elle n*avait ni cour ni promenade pour faire respirer Tair aux détenus.
Celte maison d'arrêl avait été établie dans ce lieu, pour ctre san& daule a yi^o;iim)té du ^ége, de la Juridiction royale. Ce ^
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qui nous a mis sur la voie de celle ancienne prison, ce sont doux legs qui lui sont faits dans deux Tondatious d'obils, aux églises de Saiol-Sauveur et de Nolre-Danie-de-rHùlellerie :
a Eu H391e27^ jour d'aoust Ecuyer Mobiu Alleix par son lestauienl veult qy*il soit baillé aux reclus de la voule, la vente de ses harnais, armes et armures de guerre. »
« En 1471 le 5 lévrier Dom Macé Loisel, ordonne par son testament que le jour de sa mort, il soit baillé et distribué à tilre daumone à chacun des recluz de la rue des merciers, deux deniers de pain, quatre deniers dagnelet et cinq deniers de vin de Bourgoigne. ^
Plus tard, vers le commencenient du dix-septième siocle, lorsque la guerre fut terminée dans la province et que les i?iUe^fortes ne furent plus armées sur le pied de guerre, alors les fours de la ville devinrent libres; c'est probablement vers ce moment qu'on transféra les détenus dans les tooi's de la porte de rUotellerie^ qui ont servi de maison d'arrêt juqa en 1822^ époque où la prison fut établie dans le ckiteau où elle esl aujourd'hui. Cet édifice, qui est grand, vaste, bien aéré, avec des préaux pour la promenade des prisonniers, offre J>eauroup plus de commodité sous tous les rapports que les tours de rHutellerie.
Cette maison, desdinée aux individus arrêtés pendant Tinstraction des affaires criminelles et autres, et à ceux qui sont cciudamnés à moins d'un au de prison^ renferme 50 à 60 déte*mts* I^ pain^ la soupe, k*s hamacs , le linge blanc leur sont roarois par radministration ; quelques secours particuliers leur :>out procurés piir des dames de charité, qui veillent à ce qu'ils soient eatretenus d ouvrage ; cet ouvrage consiste le plus el le Diieux à laire des épelucbes et à Ûler de la laine, et, par ce moyen, ils peuvent enqoœ se procurer quelques adoucissemeiii6, La Qourrilure se compose d'uue soupe au beurre^ dis-
iribuée cliaque jour à dix heures du matin, et d'une ration de pain de 730 grammes. H
Les détenus font une promenade de deux heures tous les jours dans les préaux ; le dimanche ils assistent à la messe, qui se dit dans la chapelle qui existe dans rintérieur du donjon.
Dinan^ comme toutes les sénéchaussées royales, avait anciennement ses fourches patibulaires, c'est-à-dire on gibet au potence, qui consistait en deux piliers de pierre au haut desquels il y avait une pièce de bois en travers, à laquelle on attachait les criminels condamnés à être penduâ et étranglés. On appelait ces sortes de piliers fourches^ parce que anciennement, au lien de piliei-s de pierre, on posait seulement deux pièces de bois, faisant par en haut la fourche, pour retenir une autre pièce de bois qui se mettait en travers et à laquelle on attachait les criminels.
Les fourches patibulaires de Dinan étaient placées sur le haut point d'une colline qui est à Toccident de la fontaine du Pirot ; ce lieu se nomme encore le clos de la Potence ; les deux piliers sont restés debout encore bien des années après la révolution de 1793, époque où la guillotine remplaça la potence.
Palaîfl de Justice.
La justice se rendait anciennement, comme nous l'ai dit, dans la chambre haute de la vieille halle, dite la Cohue; plus tard, le siège de la justice fut transféré dans la vieille chapelle de Saint-Léonard, rue de la Lainerie, où il resta jusqu'en 1826 ; à ce moment, le tribunal fut installé dans le nouveau Palais de Justice qu'on venait de construire sur le terrain de l'ancienne communauté de Sainte-Claire. fl
Nul monument moderne dans Dinan n a plus d élégance ei^
n est élevé avec plus de goût que cet édifice ; il est le priueipal ornement de la place Uu Guesclin, auprès de laquelle il se trouve ; sa façade, eu beau granit bleuâtre, est remarquable par son péristyle orné de deux belles colonnes d*un seul bloc el d'une hauteur iiiiiK)santo. La salle de^ audiences, qui est la principale, est assez spacieuse et convenablement décorée ; la diambre des archives païaît petite pour contenir cet iiomcnse dépôt qui va toujours croissant.
HôtelHle-VUle.
Anciennement y les séances de la communauté de ville de Dinan tenaient dans les sall**s de rilorloge ; plus lard, h la révolution de 1793, ce fut dans les bâtiments de la Victoire et des Jacobins; après le rélablissement de Tordre, la municipalité fui transportée daus l'hôtel de Fancien Gouvernement, rue de rMorloge, où elle resta jusqu*en 1822, époque où elle fut insuUée dans les bâtiments Je l'ancien Hotel-Dieu, aujourd'hui l'Hôtel -de- Aille. Cet édifice parait avoir été construit dans le quinzième siècle; sa façade, sans aucune ornementation, et son peu d'élévation lui donnent un air lourd et massif; on y accède par une cour ou esplanade, fermée d'une grille de fer, qui fait face au quartier de la Croix-Plate ; au derrière est une terrasse qui s'avance sur les anciens murs de la ville. Dans la partie méridionale de ledifice, au rez-de-chaussée, sont des caves sèches renfermant les échelles et pompes à incendie ; à lautre extrémité est la sî.Ue d*audiencc de la justice de paix : au centre, à droite en entrant, est la bibliothèque et le musée ; à gaucJie est rbabitation du concierge; au milieu, un large es* calîer en pierre conduit aux étages supérieurs; à gauche, en montant Tescalier, sont les bureaux de la caisse d'épargne et la comptabilité militaire; au fond du couloir vient la splendide salle de I»odéon : c'est là qu'ont lieu habituellement les con-
certs et les réunions solennelles ; à droite de l'escalier est le cabinet du maire, la salle du conseil^ le cabinet des archives et le secrétariat. Les combles de Tédilice sont maintenant occupés par la troupe de la garnison.
Salle de Spectacle.
Depuis~1842^ Dinan possède un théâtre qui a été placé dans l'étage supérieur de l'ancienne église des Jacobins; cette salle peut contenir environ 500 personnes plus ou moins à Taise; quant à la décoration intérieure, elle en est entièrement dépourvue, la scène seulement est passablement décorée i des troupes d'acteurs qui passent momentanément y donnent des représentations. Malgré la chétive apparence de ce petit théâtre, il y est venu quelques acteurs distingués, notanunent la célèbre tragédienne M"® Georges.
 deux époques différentes, il s'était établi à Dinan un petit théâtre, sous les auspices d'une société dramatique, dabord dans un local de la rue de la Mittrie, puis, eu 1826, dans une salle de l'ancienne communauté de Sainte-Claire. ^On sait que les représentations dramatiques, chez nos «eux du moyen âge, ont commencé par des sujets religieux, tirés de l'histoire sainte, tels que la mort d'Abel, Abraham et Isaac, Joseph et ses frères, Tobie, les saints Mystères, l'Enfant Prodigue, etc. C'était, en général, dans les cimetières où sur les places publiques et aux portes des églises que ces représentations avaient lieu, et le plus souvent elles se liaient comme accessoires à d'autres cérémonies publiques. ^
Dinan, au quinzième siècle, recherchait aussi ce genre de loisir; en 1479, on fit venir de Coutances la compagnie des Mystères, pour donner une représentation de la Nativité de J.-C. En 1483, on appela les tragédiens de Guingamp pour re-* présenter Joseph et ses frères.
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Dinan avait eocore anciennement, poor recréation el divertissement, un jeu de Panme et un Papegault.
Le jeu de Paume se tenait dans une grande salle qui se trouvait où sont maintenant les maisons qui bordent la place Du Guesclin, à rencoignure de la rue Sainte-Barlie ; ce jeu était particulièrement en vigueur f>endant la saison d'hiver; il consistait à lancet' une forte balle de cuir remplie de son ou d'étoupe, qui bondissait, et d'autres la renvoyaient avec une raquette, ou la saisissaient.
Le Papegai ou Papegault avait d'abord été institué^ dès le commencement du moyen âge, par les ducs des provinces, pour exercer leurs sujets au tir de l'arc et de Tarbalète, afin d'en former des compagnies d'arcbers. Mais, en 1600, les armes à feu ayant pris un grand développement dans l'armée, les corps d'archers et d'arbalétriers furent jugés inutiles; le Papegault n'en prit pas moins dioiportance, il devint au conire une sorte de divertissement pour toutes les villes» L'exercice du Papegault consistait à attacher au haut d'une longue perche un oiseau de bois ou de carton peint et orné de rubans, qu'il s'agissait d'atteindre et d'abattre d'un coup d'arc ou de Uèche; alors la ville décernait un prix au vainqueur- Dans les deux derniers siècles, les jeux du Papegault avaient pris une grande activité à Dinan ; ils commençaient après Pâques et se renouvelaient tous les dimanches après vêpres pendant l'été, sur la place du Champ, ce qui la faisait souvent iioumier place des Arbalétriers, comme il est mentionné dans quelques actes.
Abattoir Général.
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Dinan ne possède point d'abattoir public : c'est précisément motif qui nous porle à en signaler un pour en provoquer la lise a exécution.
De tous les établissements publics que réclament les besoins d'une ville, il n*en est aucun dont Futilité soit plus inconte^ table que celle d'un abattoir général ; là^ une administration vigilante surveille efficacement les diverses manipulations, et s'assure de la bonté des produits qui sont livrés au public; les accidents et les craintes amenées par la divagation d'animaux furieux, échappés à la hache, deviennent impossibles; mille espèces de fraudes ou de négligences sont réprimées ; la cause première encore est la salubrité des lieux, et l'on obtie^it tous ces avantages si précieux pour une ville, en lui créant im nouveau revenu qui vient ajouter encore à sa prospérité et un monument de plus à son embellissement.
Ces motifs d'intérêt public détermineront sans doute l'administration municipale à ne pas retarder davantage la construction d'un abattoir à Dinan.
Si la ville n'est pas en mesure de s'imposer pour le moment une telle dépense, il est bien des particuliers qui se chargeraient volontiers de l'exécution de ce plan, moyennant que des conditions de péage pendant un temps limité leur permissent de rentrer intégralement dans leur mise-hors. Le terrain des Grands-Jardins conviendrait tout particulièrement pour cet établissement et il serait abondamment pourvu d'eau, les sources s'y rencontrant à moins de deux mètres de profondeur.
Pompes à incendie et Eclairage.
La ville possède quatre pompes à incendie ; ces pompes, avec leurs ustensiles, sont déposées dans les grandes caves de THôtel-de-Ville; elles sont bien entretenues, et on en fait souvent l'essai.
Une compagnie de pompiers fut orçanisée pour la première fois à Dinan en 1802; aujourd'hui, cette compagnie est sur
un bon pied et bien exercée. Les habitants n'ont qu à se féliciter du zèle et de Tact i vite qu'elle montre au premier signal d'incendie.
L'éclairage de la ville consiste en 38 réverbères disposés dans les divers quartiers; celle quantité est bien insuffisante eu égard au nombre des rues , dont la plupart sont tortueuses et ne peuvent recevoir dans toute leur étendue la lumière des réverbères placés aux extrémités opposées; les réverbères, d'ailleurs, sont anciens et pourvus d'assez mauvais réflecteurs; il en faudrait au moins soixante pour que la ville fût convenablement éclairée.
Pompes, Puits et Fantaines.
S'il existe encore un besoin essentiel à Dinan, c'est de n'en être pas assez pour\ u ; cette ville, par sa i>osition élevée, est exposée a souffrir beaucoup par le manque d'eau, dans les années de grande sécheresse,
A diverses époques, et particulièrement en 1618, Dinan ressentit plus sérieusement que bien d'autres lieux tous les effets d'une longue sécheresse ; les puits et une quantité de fontaines devinrent à sec, et la mauvaise qualité des eaux dans leur état de baisse engendra une maladie en ville, qui se prolongea plusieurs mois ; c'est à cette époque que fut découverte la source abondante de Briand.
En 1738, Dinan éprouva encore une grande disette d'eau, ce qui détermina Tadministration de la ville à percer un aqueduc pour amener en ville les eaux des fontaines de Cassepot ; ce travail fut achevé Tannée suivante, et Thùpital général (rHolel- Dieu) commença par en recevoir les premières eaux. Mais, soît que la pente de lean fût mal établie ou les tuyaux mal ajustés, toujours est-il que cette voie d'eau ne fonctionne plus depuis bien longtemps. U est grandement à regretter que dans
les temps on n'ait pas assez compris les îotérêls de la localité, en abandoiiiianl à sa ruine cet aqueduc qui, moyennant quelques repai'alions, eut continué de fournir aux habitants ses eaux fraîches et délicieuses.
Nous ne rappellerons pas ici tout ce qde la ville eut à souffrir de la grande sécheresse de 1785.
Les grandes chaleurs de 1 834 et 1 835 mirent encore à sec les puilsel fontaines de Dinan : c*est à cette époque que Tadiniuistration de la ville, ayant fait exécuter des sondes dans plusieurs terrains, Ton parvint à découvrir sous la place du Clos-Pinot une voie d'eau potable et très abondante, à laquelle il fut approprié une pompe à bras, ce qui est d*une grande utilité pour les quartiers voisins; mais ceci ne garantit pas de la disette d'eau les quartiers opposés dont les puits, se trouvant plus rapprochés de la pente du coteau, restent à sec pour peu qu'il fasse de la chaleur ; il en est de même des puits publics, qui sont au nombre de six ou buil, situés au milieu des rues où ils sont de plus exposés a recevoir à chaque instant toute espèce d'immondices; on commence cependant à s occuper de les faire couvrir et d'y établir des pompes.
Outre quelques fontaines particulières, il existe huit ou dix fontaines publiques dont les eaux sont assez bonnes et assez al>ondaules, entre autres celles des Bouteilles, de Briaiid, des Salles, du Pirot, des Cosnillères, du Suet, et la fontaine monumentale de Lccuycr, dont la vue nous rappelle les ancieimes piscines d'Orient, Ce qui est d'une grande incommodité, c'est que presque toutes ces fontaines se trouvent déjà à une certaine distance de la ville,
Dinan, pour son étendue et sa population, demande doncj un servant d'eau plus régulier et plus facile, c'est un aqueduc qui puisse fournir d eau vive toute la ville^ en la distribuant
dans chaque quarlier, et les eaux perdues alimenteraienl des lavoirs publics, ce qui est indispousablc à une ville, car les
twx ou trois qui existent sont loin d'èlre suffisants aux be^ ins d'une population de dix mille ânies. Ou paie 10 e. pour faire venir un vase dVau des fonlaines, el 50 e. pour laver une lessive à un lavoir particulier ; moyennant ces péages^ lentrepreneur d*un aqueduc et de lavoîi^s publics serait encore peu d années à rentrer dans ses frais et déboui's.
Dans riut«?rêt général > il est donc à désirer que le conseil municipal ne larde pas h s'occuper de ces diverses amélioralions.
B Grandes Routes.
Il y a moins d*un siècle encore, nos grandes routes élaient loin d'être ce qu'elles sont aujourd'hui ; nos chemins vicinaux, ^^ns leur état actuel, sont des routes de première classe comparativemenl aux routes anciennes; celles-ci, a la vérité, n'étaient autre chose que des chemins plus ou moins élargis, ra- JM)teux et sans alignement aucun, avec quelques pavés bruis Hir endroit. 11 est facile de s'en faire une idée, <piaud on saura ^B*un roulier mettait neuf et dix jours à faire le trajet de I>inan BSaint-Brieuc. Qu'on examine ce bas-lond qui longe au midi la cote de Saiuto-Âime, c'était par là que passait anciennement la roule; la uiéme chose se présente a la côte de Clenuont, sur vieille rout^; de Vannes.
Si vous avez parcouru, il y a vingt ans, le chemin qui quitte aux Loges la route de Hennés pour descendre à Léhon par Sainl-James, vous aurez saiis dnule ri*marqué avec surprise
fi pavés massifs et irréguliers qui vous conduisaient de la rue X Anes à Saint-James, sans savoir probablement que ce lïil rancieune routt^ de Rennes qui venait aboutir à la porte
rSaint-Louis(*) avant qu'elle vînt faire jonction avec celle de paint-Malo, ce qui eut lieu sur la un du siècle dernier.
Si rancieniie route de Rennes présentait un arrivage dîffi- [cile aux abords de Dinan, la route deSainl-Malo et de Noriiiandie |jrésenlait encore de plus grandes diflicultés ; celle-ci i avait son arrivage au pont par le cliemin escarpé et grossière- ■ l nient pavé qui se trouvait dans la côte où a été percé le chemin l neuf; on en voit encore des traces sur la droite en montant.
Après être descendu au pont, il restait encore à monter ce 'rude et âpre Jersual, chose qui n'était pas facile à un roulier de6à8 milles de charge, ce qui paraît même presque incroyable (le nos jours; il faut admettre que, depuis un temps immémorial, le prieuré de la Magdelaine avait établi un attelage de 4 cbevaux pour aider les voituriers a monter cl descendre le lersual et la côte de Lanvallay : chaque voiturier était tenu pour cela à payer un droit de trait.
Pour mettre lin à de si grandes difficultés, la communauld de ville de Dinan, sur une requête qu elle avait adressée à Tintendant de Bretagne, fut autorisée à ouvrir la grande route qui descend de la ville au pont, et les états de Bretagne votèrent pour ce travail une somme de BOjOOO fr. Lecheiuin neuf qui monte du pont à la route de Saint-Malo fut ouvert à la même époque, ainsi que rembranchement de ïa route de Rennes jusqu'aux Loges.
Cinq glandes roules ont leur point de départ k Dinan et se dirigent sur Saint-Malo, Cnen , Rennes, Vannes et Saint- Brieuc.
Cinq autres routes secondaires se dirigent sur Combourg, Broons, Plancoét, Ploubalay et Dinard.
Aux abords de Dinan, les chemins vicinaux sont dans l'état
le plus satisfaisant, et aujourd'hui que les voies de coiiimuiiicaliou s'améliorent à Dinan comme partout ailleurs, les voilures publiques et d'occasion sillonnent nos routes en gr:md nombre et font un service régulier enire Dinan et les villes voisines.
L'arrivage des routes à Dinan subit en ce moment de grandes araclioralions; à Touest , vient d'avoir lieu le percement d'une route neuve, dans laquelle viennent faire leurs jonctions k*s roules de Vannes et de Sainl-Iirieuc; par ce travail important on a évilë les côtes loDgues et rapides du Bas-Bourgneuf, de Clermont et de Sainte-Anne; à ('est, les roules de Rennes, de Saint-Malo el de Normandie auront pour arrivage en ville, ce viaduc magniiiquc qui bientùt va unir les deux coteaux de !a
Raoce.
Rivière et Canal.
La rivière de Rance^ qui passe a Dinan, prend sa source dans les communes de Collinée et de Saint-Jacut, sur le revers orienf des montagnes du Menez, non loin de la source de l'Arguenon, et, après avoir arrosé lesold'u ne trentaine de communés qu'elle parcourt par ses nombreuses sinuosités dans un espace d'environ 15 myriamètres, elle arrive en face de Saint- Malo, où elle se jette dans TOcéan,
De toutes les rivières de Brelagne, la Rance n'est pas la moins t>oissonoeuse, grâce i>eut-i*lre aux nombreuses chaussées de moulins et aux écluses, qui, nalurellement, doivent retenir le poisson.
A partir de sa source, jusqu'aux moulins du Besso en Saint- André-des-Eaux, elle fournit de la truite, du biochel, de la tanche, delà carpe, quelque peu de saumon et des écrevisses, aux environs de Saint-Jouan-dc-1'lsle. Du Besso à venir au jiout de Dinan, on pèche du dard, de la loche, de la brème, de la i)erche et beaucoup d'anguilles. Dans l'espace de Dinan à Té-
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cluse de Livetj on pèche de la chevrette, de petites crabes, de la plie, du bar et du mulet en quantité.
Au-delà de Técluse, la Raoce commence à devenir saumatre et annonce par ses eaux écuraeuses le voisinage de la mer ; ici elle devient, comme toutes les autres rivières à leur embouchure, peuplée de toutes espèces de poissons; et déplus laRance possède un banc d'huîtres qui s étend largement sur la plage du Néril, devant Saint-Suliac , où de nombreux promeneurs se rendent en parties de plaisir dans les beaux jours d'automne, pour y faire la pc»che aux huîrres el aux crabes.
La rivière de Linon , qui est canalisée avec Tile jusqu'à Rennes, fait sa jonction avec laBance dans les co^imunes ifEvranet de Saint-André-des-Eaux, et, à partir de ce lieu, laf Rance, au moyen des écluses, devient navigable jusqu'à son embouchure.
Le canal d 11 le-et- Rance a é/é fait dans le but de mettre en communication par l'intérieur, Saint- Malo avec Rennes et i Nantes, II fut commencé sous Tcmpire et nV été achevé qu*en:fl 1832; il porte jonrnellement des chalands de 15 h 30 tonneaux.
Au moyen des écluses de Léhon et de Livet, le port de Dinan peut recevoir des bâtiments de 150 tonneaux; si le plan projeté pour rexhaussement des eaux du port est mis à exécution, il^ pourra y entrer des navires d'un plus grand tonnage. ■
Pour éviter le circuit du rocher de la Courbure, on commença à ouvrir en 1640 une tranchée dans la montagne; mais les habitants du Pontet de la Magdelaine, craignant que la rapidité des eaux n'endommageât leurs propriétés, s'opposèrent a la continuation des travaux; ce ne fut quen 1827 que la tranché fut achevée et livrée à la navigation.
Le quai ouest qui avait été fait en 1763 a été reconstniit d nouveau en 1831,
Le quai opposé larde d'cïrc rétabli; il est dans un état com-
plet de dégradation, et cependant il est probahle qu'il n'aura son exëcutiou qu'avec d'autres travaux plus importants qui sont projetés pour rainëlioi ation et l'agrandissement du |)ort.
L'ancien pont de Dinan, qui livre passage sur la Rance p<jur entreren ville, nous semble appartenir au XIII' siècle, la fornio aiguë de ses arches aflecte le premier âge de l'ogive dans nos contrées. L'une des aixhes, celle à plein cintre , est moins ancienne que les autres, l'on s'aperçoit facilement que la voûte, à sa naissance, a été reprise sur la vieille maçonnerie, soit qu'en cet endroit le pont se fut écroulé ou qu'en temps de guerre, il ait été rompu pour opposer un obslaclc à rennemi, comme l'arche qui est à côté 1^/uC en 1793, lors de Tinvasion de l'armée Vendéenne dans le p^]^.
Lorsque la Rance a été canalisée, on a démoli deux moulins qui éiaient accolés aux arches du pont, dont l'un, le plus rapproché de Dinan, appartenait au Prieuré de la MagdelainCy et l'autre, nommé le moulin au Duc, dépendait anciennement de la Seigneurie de Dinan.
{Extraii des manutcriU de M. MaJiéo,)
Château de Tonquédec.
Sur les bords do Guer, à deux lieux de Lannion , dans une vallée pilloresque et romantique, s'élèvent a mi-cote les ruines de l'antique château de Tonquédec, l'un des [>lus beaux de la Bretagne. Ses onze toui*s gîgantes<|nes, ses murailles de douze à quinze pieds d'épaisseur, donnent une idée de la grandeur et de l'importance de cette forteresse du moyen-àge.
Le nom de Tonquédec paraît veniï- du breton too ou lun,
hhh
qui signifie hauteur, et quédec ou guédec , composé de gued,
garde, et signifie hauteur oii Tod lait la garde, hauteur ouest
le clîateau.
Cette forteresse fut Yraîsemblablement bâtie au treizième
siècle par un seigneur de l'illustre maison de Dinan , Montafi-
lant, qui prit le nom de Tonquédec, et pour devise : E fi
Doue (0 mon Dieu). Postérieurement, les constructions furent
augmentées; la tour du nord ou donjon est du quatorzième
siècle, et ravanl cour ou entrée^ du quinzième.
En 1270, un vicomte de Tonquédec accompagne Jean 1** aux croisades.
En 1282, Rolland de Dinan, Montaûlant vicomte de Tonquédec^ figure dans un traité conclu entre JeanI", duc de Bretagne^ et Henri d*Avaugour.
Celte terre passa par alliance delà maison de Dinan dans celle d'Avaugour, puis dans celle de Coëtmen , juveigneurs d'Avaugour. Dans celle d'Acigné, en 1497, par le mariage de Gillette de Coëlnienj unique héritière de Jean, baron de Coelmen, avec Jean d'Acigné. Claude d*Acigné, petite tîlle de Jean d'Acigné, porta cette terre dans !a famille Du Châtel, et sa fille Claude Du Chatel dans celle de Goyon en 1 570, par son mariage avec Charles de Goyon, baron de la Monnaie, Enfin René de Quengo, comte du Rocher, Tacheta en 1000 d'Amauryde Goyon,
Lors de la guérie de Clisson contre le duc Jean lY, le cliâteau de Tonquédec était possédé par la famille de Coëtmen. Rolland j baron de Coëtmen, vicomte de Tonquédec, était Tun des plus zélés parûsans de Clisson : il prit les armes pour lui contre le duc. Le connétable ayant é^é par trahison enfernié au château de THermine en 1387, consentit à tout pour sortir de prison. 11 céda au duc plusieurs places, entre autres Guingamp et la Roché-Derrieu, reprisî^speu à près par Coëlmen la te te de ses vassaux.
En 1394, Jean IV assiégea la Roche-Derrien : Rolland de Coëtmen y commaodail pour Glisson. Ne se sentant pas assez fort pour résister, il prit le parti de se rendre et implora la cléiiience du prince^ lui pronietlant fidélité. Le duc lui pardonna.
Vers le ni*>me temps. Du Perrier, vicomte de Quintin, grand maréchal de Bretagne, assiégeait dans Tonquédec les partisans du connétable. La garnison se voyant sur le point d'être prise H^aut et massacrée sans pitié, proposa de se rendre au bout oe six jours, si la place n'était pas secourue. Cette capilulalion ayant été acceptée, les travauxdu siège furent suspend us; mais ils furent repris |Xïii de temps après, et Du Perrier s'élant emparé du château, en donna la gai'de à Henri du Juch, chambellan, et à Jean le Barbu.
Alors Coëtmen, auquel la force seule avait arraché des promesses, reprit les armes.
Sur les entrefaites on fit un traité portant que les places seraient rendues et tous les prisonniers délivrés sans rançon, que Coëtmen jouirait du même privilège et rentrerait en possession de sa terre -
Malgré cette réconciliation apparente, les hostilités continuèrent, et le duc craignanc que le château de Tonquédec ne servît encore de retraite a ses ennemis, le fit démanteler, et déchargea Henri du Juch du serment qu'il lui avait fait pour la garde de cette place*
D'un autre côté Clisson erleva pour la seconde fois la vais-
le du duc.
Enfin, au mois d* octobre 1395, Ton conclut un traité de paix dont l'un des articles portait que le comte de Penlhievre obéirait au doc, nonobstant la démolition du château de Tonquédec dont il ne pourrait demander le rétablissement.
LÎnsi finit celle guerre funeste, qui depuis huit ans désolait
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la Bretagne. Il paraît qre la clause du iraité couceinanl le château de Tooquëdec ne fut pas mise entièrement à exëculioo; car, après la mort de Jean IV, on en rétablit les fortifications, et pendant la guerre de la ligne, qui commença en Bretagne en 1589, c était une des places où Henri IV entretenait une garnison. Les ligueurs rassiégèrent.
Fontenelle, que ses cruautés ont rendu célèbre, étant sorti de Morlaix avec cinq cuirassiers et sept arquebysiers, fut pris devant le château de Guerrandj et meuc prisonnier à Tonquédec, d'où il ne sortit qu'après avoir donné pour sa rançon le château de Coëtmen.
En 1S90 la garnison de Tonquédec ayant appris que Tarrière-ban de Cornouailles, commandé par Brignou, était arrivé à Plestiu pour rejoindre le duc de Mercœur à Saint-Brieuc, envoya 200 homniea qui s'emparèrent du bourg , tombèrent sur rarrière-ban, en tuèrent beaucoup et firent queKjues prisonniers au nombre desquels élait du Brignou, qui fui conduit à Tonquédec, où il mourut de ses blessures.
Sous le règne de Louis XllI , Richelieu, son minisire, qui acheva de faire tomber le système féodal sous la massue de sou despotisme et ruina presque loutc*s les forteresses particulières, fit mettre le château de Tonquédec hors d état de défense et réduire à Tétat où on le voit aujourdhui.
En présence de ces ruines qui ont résisté au temps et à la main plus destructive encore des hommes, T imagination se laisse bercer par one romantique rêverie. L'ombre de la chevalerie lui apparaît avec ses paladins, ses fêtes et ses tournois : elle entend le cliquetis des armes, le son du cor annonçant Tarrivée d'un chevalier, et le pont-levis criant sur ses gonds et s'abaissanl pour lui donner passage. Elle voit tlotter sur les remparts la bannière de Coëtmen aux annelels d'argent, brillant sur un fond de pourpre. Ici Ton faisait la veillée des armes,
là était la chapelle dont les voûtes relcnlironl si souveii! de ces paroles sacramentelles De par Dieu, saiot Michel et IVotre- Dame, je te fais chevalier.
D'un côté la salle des ancêtres, où les images enfumées des aïeux semblaient dire à leurs descendants : Souviens-toi de qui tu es fils et ne forligne pas.
De Taulre le salon dhonneur, où plus d'un troubadour célébra par ses chants la beauté des dames, les brillants coups de laiice et les exploits des chevaliers; où les preux parJèreul si souvent de faits d'armes, de joutes et de tournois.
Là sans doute le sire de Tonquédec entretint ses amis de son voyage d'outre-mer et en prépara l'exécution avec ses compagnonSy et, quand il voulut partir et mettre à la voile, comme le sire de Joinvillcj il envoya quérir quelque ministre du Seigneur pour se réconcilier à lui et en recevoir Tédiarpe et le bourdon, car dans ces temps^ la foi régnait dans le cœur de ces chevaliei^s sans i>eur et sans reproche, dont la devise était : E pcb beat lealdet (En tout chcmiu loyauté).
Et lorsqu'il s empartit, peut-être aussi comme le sénéchal de Champagne, n'osa-t-il tourner la face devers Tonejuédec, de j>eur d^avoir trop grand regret, et que le cœur ne lui attendrit de ce qu'il laissait son bel chastel qu'il avait sans doute fort à cœur.
Pour moi lorsque je quittai ces ruines, je me sentis saisi d'iiQ6 vive émotion, et si je tournai la tète^ ce fut pour les saluer par ces vers d'un poëte moderne :
O murs ! ù créneaux ! 6 tourcUcB !
ncmparts î fossés aux ponts mouvants !
Lourds fuUeeaux de colomcs frêles t Fîerii châteaux ! modesles couvents !
Cloîtres poudreux, salles anlîc^ues»
2^" ~ Où gémissaient les cantiques* Oïl riaiciit les bant{ucts joyeitx
— hm —
Lieux où le eceur mît ses chimères !
Eglises ULi priaient nos mères !
Tours où coinliaUûient nosaïcus,
VicTOE Hugo.
Comme tous les vieux châteaux, celui de Tonquédec a aussi j ses chroniques merveilleuses. Une vieille femme qui, seule âu TniVieu de ces décombres, habite une des tours, comme gardienne de ces belles ruines, raconte qu'un lièvre d'une grandeur extraordinaire, un lièvre tel qu'on n en vit jamais, se promène souvent au milieu des ruines : les chiens s arrêtent à sa vue ; le plomb meurtrier ne peut l'atteindre, et, si on le poursuit^ il ne s'enfuit pas, mais il se retire lentement et disparaît tout-à-coup sans que Ton sache comment. On le voit surtout dans ces belles soirées où la lune vient, de sa lumière argentée, blanchir le sommet des tours et répandre sur ce romantique paysage un jour mystérieux.
On raconte encore que des jeunes gens, dansant sur un moQticule voisin que Ton appelle lluo ar Kuz (colline de la cachette), surpris par la pluie, cherchèrent un abri dans le château , où ils continuèrent leurs bruyants ébats, lorsqu'une des danseuses se sentît arrêtée par la queue de sa robe : mais no rusé danseur coupa avec son couteau cette queue , et , nouvel Alexandre, délia ainsi le nœud gordien ; aussitôt des voix moqueuses et riant aux éclats se firent entendre,
La seigneurie de Tonquédec, ancienne vicomte, avait baiitei moyenne et basse justice. Neuf iuridict ions en relevaient. Le vicomte de Tonquédec devait cinq chevaliers à lost du duc.
L église de Tonquédec, située a un qiuirt de lieue du château, est une des plus jolies des environs. Les bas côtés ont été rebâtis ; mais la nef, dans le style gothique, est remarquable par son élévation et sa licite fenêtre ornée de vitraux peints. Sous le chœur était un caveau destiné a la sépulture des seigneurs de Tonquédec,
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Aspect de Quiiitîii. Ses chapelles*
fmiinl U* Idui'jsle, aprcs avoir cI*J
^passf
le village de rOrine,
arrive sur le [>oinl culniifiaiit qui domine la roule, il aixirçoil à sa droite, eu faee de hn, la charinaute villa de la Bruyère, ■k^ ga tourelle au toil aigu. A (juelques pas, voici la Barre, jolie uiaison de canipaguCj puîs^Grenicux au hêtre séculaire ; puis, si votre course <l<» la jouraec n'a pas été trop fatiguante, faillis encore uu kilomètre^ el vous trouverez à Quiatin uq gitc hospitalier. Mais avant d'entrer dans la ville, arrêtez -. vous an instant sur la butte de la Ville-Neuve, en face du pavillon. Là se déroule à vos yeux un des plus beaux panoramas do Brelague : d'abord, a votre gauche, le niagnirique jardin de la Gareiinc^ avec son labyrinthe, sa chapelle murée, ses pièces «reau où se joue depuis longtemps Toiseau chéri qui chante, dil-on, eu mourant... puis, plus loin, le beau menhir de la côte, qui a 7 mètres de hauteur ; sa forme ovoïdale à côte en Taîl un des plus beaux monuments druidiques de notre pays. Rentrons en ville par la belle usine de Saint-Fiacre ; hommage au génie de l'ouvrier parvenu qui Ta fait construire! Cette papeterie-mécanique a été édiliéepar M. Chesnel.
La ville se déroule devant vous avec un grandiose, un i»iltoresi]uc qui vous ferait croire que vous entrez dans une cité du
SDinier ordre. Ici de verdoyantes pr^omenades, là le beau calrre du sculpteur breton Rouxel, élevé sur un monticule t|ui mine la route et Tétang bordé d*uiie forèi de verdure; puis l'antique château de Quintin, construit par cette dame de la
Rossa ye qui vint apporter au fond de la Bretagne sa foi et sa îrté et voulut mettre Tune et l'autre à Tabri derrière les rs d'un chateau-fort en granit; mais le grand roi arnHa les [irojet^ de la noble huguenote, et elle fut obligée de transporter son prêche dans la foret de Lorges. 2^.
Du point élevé où lo voyageur est placé, il découvre la ville en entier. Par un soir calme d'automne, c|uand l'astre des nuits resplendit, on jouit d'un spectacle ravissant : il s'y trouve des effets magiques de lumière et d'ombre ; puis, le matin, voyez comme elle est coquette ! -comme les clochers se dessinent bien dans la brume !
Voyageur, descendons ensemble et visitons-la. Ici le désencliantement commence : vous croirez, après ce que vous venez de voir, qu'une fée malveillante a touché de sa baguette le tableau enchanteur que vous venez d'admirer; l'intérieur de la ville ne correspond nullement a l'idée qu'on s'en fait, en arrivant. Cependant il existe des choses dignes d'ôtre examinées. Visitons d'aboi*d le vieux château, d'une belle architecture, où se trouvent deux blasons aux armes des Choiseul de Lorgcs, sur verres coloriés : Texécution ne laisse rien h désirer. Dans le château neuf, est une belle galerie de tableaux des familles Choiseul, Duras, d'Arfort, Praslin. Turenne, dans un de ses voyages en Bretagne, coucha au château de Quintin : on y remarque encore sa chambre et son lit. Auprès du château se trouve Tancienne collégiale qui maintenant est église paroissiale, mais qui autrefois appartenait au chapitre.
Cette église n'est pas située favorablement. Cependant elle mérite d'être observée. En entrant, on voil un magniGque vestibule dans le style roman, avec ses minces colonnettcs. Douze niches qui sont disposées de chaque côté possédaient autrefois les douze apôtres de grandeur naturelle ; mais une main vandale a passé par la, et les statues ont disparu. Si on en juge par l'architecture ornementale, ces statues devaient avoir du mérite. L'intérieur de l'église renferme uoe belle chaire, œuvre d'un sculpteur de Binic. C'est un morcoaa bien réussi. Une partie de l'église a été replâtrée. On ne peut donc bein juger de son état primitif. Cependant la nef est supportée
jKir «los colonuos on granit^ octogones et rondes. Jbîeu dispose, mais il uo possède aucune statue rare ni tableai précieux. Citons cependant deux culs-de-lainpe du jeuuc sculpteur Ollivier de Quiiitiu.
II existait autrefois derrière le chœur une magnificiue rosace en verres de couleur; mais, depuis l^inccndic qui dévora la sacristie, en ...., incendie dans lequel la iii'écïeuse ceinture de la Vierge fut miraculeusement conservée, les besoins de lâ^ reconstruction d'une nouvelle sacristie (irent condanmer la rosace ; on enleva les verres et on boucha les jours avec des tuiles. Aujourd'hui, a peine ce beau morceau de travail est-îl connu de quelques personnes. Les verres coloriés sont dépos^'s <lans un des greniers de la sacristie. Faisons des vœux pour la réparation de cette rosace, ainsi que de celles des cotés latéraux.
Maintenant donnons un coup d'oeil en passant aux autres diapcUes de la ville. A Saint-Yves la palme pour sou chœiir, ouvrage du célèbre Corlay. Viennent ensuite les Ursulinos : la cha|>elle n'a rien de remarquable, mais rétablissement qui y joint est un des plus beaux de la lïrctague. La chapelle de l*(iopital nuRVe aussi rien de curieux. Lliospicc, vaste et l>ien situé, fut fondé par un pieux prêtre en 1752. L'administration actuelle y a apporté de grandes améliorations. La chapelle des
ti-res, ainsi (jue quelques anciennes chaj>ellcs qui servent de agasîns, ne mérite aucune mention.
Nous terminons par Tancienue église paroissiale de Saint- Thurian, située au milieu du cimetière. Cette çhaj>enç a été dé^ mnlie, car elle était toute lézardée parla foudre. Il ne reste cjue quelques pierres de la tour: on y remarque deux |K)i*tcs vu ogives, relick^s par unaiTeaii. Ce travail est de bon g<?ût. Oii ferait bien de tlémolir tout-a-fait ces portes et de les ajuser a notre église paroissiale qui a un [portail dans un slvle &-'»»*»- MACÉ. '^i '''-'^
Gommmunauté