‹ Bibliothèque bretonne, collection de pièces concernant l'ancienne province de BretagneChapitre 32 sur 46 · DE LA VILLE DE QUINTIRI · texte numérisé non relu

DE LA VILLE DE QUINTIRI

Réponse a^x demandes conteoues dans la leltre, Ini adressée par Monseigneur Tlntendant, le 30 septembre 1779.

L érection de la ville de Quintin en ville de communaulé, sq prouve de temps immémorial.

La communauté de cette ville envoya des députés aux Etais tenus en la ville de Yannesen 1455 et aux Etats suivants.

En ranl498, il existait deux corps politiques dans celle ville, lesquels existent ce jour ; celui de la communauté et celui do général de la paroisse.

Le corps de la communauté était lors composé du recteur doyen de la collégiale de cette ville, des nobles qui passaient par les charges, alternalivemenl avec les bourgeois et des ha^ bitants les plus distingués. Le procureur sindic convoquait les assemblées, y faisait les remontrances, le capitaine de la ville y présidait.

Celui du général de la paroisse était également composé des plus notables, le chanoine n'y avait pas d'entrée ; le nombre des membres n'était pas fixé dans le général, ni dans la communauté.

La communauté s'assemblait dans une maison établie pour cet effet ; le général de la paroisse s'assemblait dans la sacristie a l'issue de la messe paroissiale, comme il le fait ce jour. La communauté s'assemble dans riIôtel-dc-Villc, conformément à ses anciens usages.

Ce qui se prouve par Taclc de translation de Thopilal de cette

vjlli% qui exislail lors dans son conliw cl qui fut iransfiTe hors

Ks murs, dans rentlroit où vsi actuellement bàtic q^ç maison i ap|>arlenîiul5 laquelle joint reuclos ilu couvent des pères inaes et le grand chemin, qui conduit de celte ville à CliiW Ilaudren et Guingainp, par le coiiscutenieut de la commulUlé et celui du général, des habitants de la ville et fauxmrgs, couvoqucs à cet eiïet par le général de la [)aroisse, à la llicitatiou des seigneurs de la ville, qui, en 1498, étaieut : ert'è de Rohau et Jeanne Dupcrrier, son épouse. La forme des assenildées des coinnni nantie des villes de , Bfotiigne, fut réglée dans les matières importantes par un édil,

»nncàSaint-Uermain-en-Laye, au mois de novembre 1561. çistréle20avr*I 1503.

n L^s lettres-patentes «les deniers d octroi , accordées à la coiinnunauté de celte ville, en 1 61 i, sont accordées comme a Hpe comnninauté existante de temps immémorial.

En Tan 1622, le roy accorda a la communauté de cette ville fjeslellrcs-palenlesde maiotenûc du droit, dont elle étoil en sion^ de tirer annuellement au japegauU, suivant la^ rmisssion (juVlle avait obtenue des ducs de Bretagne, avant 1 réunion de la piovince à la couronne. Au mois d'avril 1623, la communauté obtint de nouvelles latentes de maintenue dans ses anciens droits et privilèges iiDnicTOorials; sravoir de s'asseml)ler dans leur maison de ville, y (Viire leurs délibérations, jionimer et choisir des procureurs sindîcs pour prendre soin de leurs affaires, un mîsc^ur, jx)iir recevoir leurs denniei^s, et de nommer des officiel^, à ^ustar des autres conmmnautés de la province.

Quelques particuliers, gens de petite étoffe et de condition

Éevie pour se servir des termes employés, voyants ne pour être admis au nombre de la communauté, s*assemblèrenf llueusemeniy avant celte éfïoque, et formèrent uîiparf

pour abolir ce corps ; eh conséquence, se pourvurent iiù parlement auquel appartient le gouvernement des généraux desparoisses, et obtinrent un arrêt, qui réunissait la communauté kù^gêitétàl; et qui força la communauté de demander des lettres-patentes de maintmiâe du mois d'avril 1623, cy-dessos relatées; Le conseil, en annullant l'arrêt du parlemeùt de cette provinoe, confirma la communauté dans tous sesancie/os droite et privilèges immémorials, et lui accorda la connaissance des affaires du gâiéral de la paroisse, droit dont la communauté n a cessé de jouir qu'en 1742, parce que dans cette année; les trésoriers en charges représentèrent à la communauté, la nécessité d'obtenir un règlement de la cour, afin de fixer les droits de la fabrique, qui, lors étaient arbitraires, et 1^5 conformer à l'usage des paroisses des autres villes de la province.

La communauté, ne désirant que le bien public, chargea lesdits trésoriers de solliciter à la cour, un règlement pour la fixar Uondes droits de la fabrique, en conformité des autres villes. La cour faisant droit sur la remontrance desdits trésoriers^ rendit un arrêt qui, non-seulement fixe les droits de la fabrique» mais encore ôte a la communauté la connaissance des alTaires du général de la paroisse, et remet le général à la paroisse, quoique les lellres-patenles de 1623 l'avaient réuni à la communauté.

La communauté ne s'est pas pourvue contre cette iimovation, quoiqu'elle y serait fondée et recevable, conformément aux lettres-patentes de 1 623, qui lui en avaient attribué la côttnaissance, parce que le général se trouve composé des mêmes membres que la communauté; et qu'il a altenlion à n'admettre dans son corps, que des membres de satisfaction etd*état à pouvoir être admis dans celui de la communauté.

La communauté observe qu'elle n'a aperçu aucune variation dans son gouvernement, qu'il se trouve seulement deux

- fi^5 — quels k

nouveaux $11 je Isn il nus auxquels Icroyailomié oiUn'c ; sçayoir ; lu suhdolcgue tie iMonseigneur riiileiidaui ci le médecin de la viUc*

La forme ordinaire a toujours existé ; la commuaaulé n'a ^jamais sollicite do réyleinenl parliculier.

™' Lorsque lo capitaine de la ville a présidé aux asseml>lées, le procuixmrsindicles convtxiuait et y faisait les romoutrjincxiSé

^F^ Les charges de maires furent créées Du i692 ; le n^uirc [ïour- ^pfu présidait aux assemblées; le procureur sindic, cpii a Ion- ^Moursété à la nomination delà Tille, convoquait les assemblées ^et y faisait k s remonlranceSj les anciens niendiresonl toujoui's

tenu leur ancien ranj^, tant pour les déliljéralions que dans les

marches.

mf Les charges de maire furent supprimées en 1717. Les jugés ileifairent présidens des asscml)lé€*s. Ils ont joui sans trouble ■Kilo ces privilèges, jusfiu'en 1745, on leroy, par un arrt^t du ^fconseil du 22 décembre 17ii, enregistré à la comuiunauté^ le 14 février 1745, leur fait défense, sous peine de 3,000 fr, d'amende, et de plus grande, si le cas y échoit, des immiscer directement ou indirectement dans les allaîres de la conimiinaule. La forme ordinaire, à Tégard du procureur sindic, n'en a pas moins existé et a toujours été la même.

La charge de miseur n'a pas toujours été à la nomination ^^e la ville ; ce jour, elle y est, la communauté nomme a cette ^blace tous les deux ans, au mois de janvier ; elle a commencé ^nar nommer le i>lus ancien échevtù qui suit, celui qui sort de

charge, et elle continue cette règle établie.

! Toutes les charges de la communauté, excepté celle de maire

et celle d*avocat du roy, qui a été levée par un particulier, ont

«'•lé réunies à la communauté ; elle ne nomme cependant a au-^

jar la déieuso qui se trouve iiortéu dans les letlres-pa-

tentes çn dalc du nioisd'avril 1748, qui en ont ordiohné^là'i^-i^^ nion. * ; : ;

La communauté, ce jour, contre ses usages et privilèges' immémo^'ials, ne nomme plus de procureur sîndic; cetïè cbmmunauté^ toujours soumise aux ordres du roy, quoiqu'elle se trouve la seule dans la province privée de cet avantage, n a pas réclamées privilèges immémorials ; ce jour elle lirendria' liberté de foire des remontrances, et elle supplie Monseîg^eu^ rintendant de les prendre en considération.

La commuiiauté par cette loi, lui imposée, ne jouit que da seul droit de nommer l'administrateur de l'hôpital, l'administration de cette commune lui étant attribuée, un greffier, tous les deux ans, un misseur, et tous les ans, au mois de janvier, deux échevins qu'elle choisit dans les membres qui la composent. . .

Au mois de janvier 1748, le roy envoya des provisions de la charge de maire à un membre de la communauté pour en faire les fonctions et jouir de tous les privilèges ; au mois de mai de ladite année, le seigneur de cette ville acheta les deux charges de maire, auxquelles il nomma M. Baron, sénéchal de cette ville, et successivement différents autres particuliers, pour en faire les fonctions. Depuis ce temps, le maire, a la nomination du seigneur, convoque les assemblées, y fait les remontrances et y préside.

La communauté observe, pour conclusion, qu'elle a remis en 1771, a Monseigneur l'Intendant, une liste exacte des membres qui la composaient lors, conformément à ses anciens usages, laquelle contenait, non-seulement leurs noms, mais leurs rangs et qualités et y joint une consultation de Irois avocats en parlement, pour refuser au corps des procureurs de la juridiction de cette ville, rentrée et voix délibéralive aux assemblées

de la communauté qu'ils 8 étaient hasardés, tiknsalkmiifdni'é-' ment, (le solliciter auprès de sa grandeur.

Les membres de ce prétendu corps, on le re|>ète, né fifeutent même par leurs commissaires, acquérir le droit d-anéiéAfS ci-^ toyens, loin de pouvoir f^rétendre à celui d'être* admis aU ûôtii* bre des membres de la communauté et du général de la paroisse. Leurs chaînes, non-seulement ne sont pas- à vie, 'msA^ remboursables à volonté du seigneur, et la finance en est mince : d'ailleurs, ce serait une innovation qui diminuerait !e$ droits naturels aux enfants méritants des ancien^ cil^oyens distingués.

Liste des membres composant, ce jour, la communauté, con-^ fôrmement a ses anciens usages. Savoir :

De TEglisc :

M. le recteur doyen de TEglise collégiale, Un chanoine de la dite église coilégiaJe.

De la noblesse.

Le nombre de la noblesse a été longtemps sans être fixé, parceqa'ils passaient alternativement avec les bourgeois, par les charges de la ville pour avoir entrée et voix délil>érativc aux assemblées, mais ce jour, n'y passant plus, les règlements généraux pour toutes les communautés de la province, en ont fixé le nombre a deux ; savoir les deux plus anciens gentilshommes originaires et domiciliés de la ville, chefs de famille et propriétaire de maison. Art. premier de l'arrêt de Vitré, du 2l ivrU 1739.

Noms, états et qualités des citoyens ayant aujourd'hui enrée et voix délil)érative aux assemblées de la conmiunauté. Sçavoir:

Messieurs Baron Dutaya . fils , avocat ancien écheviû et iiaire de la ville.

Baron Du laya père, avocat, ancien echcvin^ 2.acieninarîre,:S0« néchal de la juridiction de cette ville.

Degeri, avocat, ancien maire, procureur fiscal de cett^ juridiction •-

. Digaiillray de Seigneaui^, avocat, corresfyondant de la commission de nos seigneurs les Etats, ancien maire, arrière pe^ tit fils d'anciens mairos ou procureurs sindics.

Digaultray Deslandes, père, négociant, membre de là Sdcîété d'agriculture arts et commerce de cette province, ancien nommé par le roy en 1748, arrière petit fHs d'anciens mtnv^ ou procureurs sindics. •

Chassin de la ville Chevalier, négociant, fils d'anciens maires et procureurs fiscaux, et ancien echevin.

Dessalles Lemesle, négociant, ancien echëvin, fils d'anciens maires ou procureurs sindics.

Goniac de Trébua , négociant , ancien echevin, capiGune commandant de la milice bourgeoise et fils d'anciens maires ou procureurs sindics,

Chassin de Keryommaux, avocat, ancien echevin, sénécbal dediflerentes juridictions et fils d'anciens maires ou procnreurs sindics.

Ollitrault de Callagant, père, avocat, négociant, ancien pro* cureur fiscal, ancien maire, nommé par le Seigneur.

Garuier, raîuc, avocat, négociant, ancien echevin et (ils d'ancien maire ou procureur sindic.

Leprêtre de Lanrûe, avocat, ancien echevin.

Le Texier de Clewy, avocat, ancien echevin, subdélégué de Monseigneur l'intendant et miseur en exercice.

Digaultray du quartier, avocat, ancien echevin et petits ûls d*anciens maires ou procureurs sindics.

Coniac de la Longraye, uéi^^ociaiiij ancien echevin, capitaine

; la milice bourgeoise et fils d'aHciens maires ou procureur»

ndics.

Gamier de Keruault, négociant, ancien echevin et fiisd'an-

en maire ou procureur sindic.

Coniac de LaPommeraye^ négociant, ancien echevin ef. fils

incien maire ou procureur sindic. •

Sarnier-Desgarennes, négociant, ancien echevin, capitaine de

paîlice bourgeoise et fils d'ancien maife ou procureur sindic.

Le Mercier de Bourg-Blanc, négociant, ancien echevin, catai ne de la milice bourgeoise.

Le Couëdic, négociant, avocat du Roy de la communauté. Chassîn-Duguernic, ancien echevin et petit fils d'ancien maire. Bîgaultray des Landes, fils, négociant, ancien echevin et mère petit fils d'anciens maires.

Chassin des Essards, ancien echevin et petit fils d'anciens i&aires.

Ollitrault de Callagant, fils, echevin actuel et fils d'ancien maire de la nomination du Seigneur.

Nota. — Le plus grand nombre des cchevins nommés depuis 1.771, sont morts ou retirés de la ville.

Observation. — M. Le sénéchal est du- nombre des maires ^pimé par le Seigneur.

M. Degery, procureur fiscal, est dans le même cas. Ces MM. n'ont voix délibérative qu'en qualité d'anciens înais ; cependant ils prétendent avoir droit d'y entrer en qualité j'uges.

M. Baron Dutaya, fils de M. le sénéchal, cy-devant nommé hevîn, ensuite député aux derniers états par la communauté t, ce jour, commissaire des Etats et maire; en celle qualité, U nvoqueles assemblées, y fait les reraontrancKrty préside. Suit copie de la lettre écrite par les commîssaîfxrs cu\ovmH méjùioirc à M. Tlntendant .

Monsieur,

La ( onimuuautc de la ville de Quintin nous ayant nommé commissaires, par délibéraliondu 23 octobre 1779, pour repondre aux demandes contenues dans la lettre lui adressée par yotre grandeur, le 30 septembre dernier, nous aous empressâmes» dès que nous eûmes connaissance du choix qu'elle avait fait de nous, à travailler h la rédaction d'un mémoire, au iRoyen duquel la communauté put satisfaire à tout ce qu'exigeait votre grandeur.

En conséquence le JO novembre dernier, nous remîmes^ >k M. le Maire, le projet des réponses arrêté par nous, le priant de les communiquer à l'assemblée.

M. le Maire le présenta à la communauté, vers la fin de dé^ cembre , laquelle improuva un seul article ; mais dont la radiation opère, en ai)parence, la suppression des candidats^ ce. qui a obligé leurs commissaires à n'employer, dans la liste des membres composant la communauté, que ceux qui ont clé, sans néanmoins qu'ils prétendent, comme M. le Maire le sup-^ pose, exclure aucun des candidats.

M, le Maire, depuis l'approbation de l'assemblée, ayant rélû, en particulier, cet ouvrage n'a pas cru devoir vous l'envoyer, Monsieur, sous prétexte qu'il n'était pas conforme aux vues de lacommunauté. En conséquence, il l'asoumis unesecondefoîsà lexamen d'une nouvelle assemblée et voulu en substituer un autre de son propre travail et tendant à donner l'entrée aux juges, ce qui a forcé les commissaires de prendre la liberté de vous l'adresser. Monsieur, et de rendre, nous mêmes, compte à votre grandeur de notre conduite.

Nous sommes avec le plus profond respect. Monseigneur, vos très humbles et très obéissants serviteurs.

Signé : DuiALLTKAY-DESLANDES, père, et De la ville- (hcvalior (jiAssiN.

(Kxirail dcfc archives de la ville <lc Quintin.)

Nolrc-Damt* do Laml»alle«

La romarqualik» oglise de Notre-Dame, ancienne chapelle ilti rhïiteau do Lamballo, meiia{;ail ruine, on le sait, parlicnlierpinoul du roté où la njoutaj^aïc est taillée îi |>ic ; ses vieilles murailles, noiicies par !o teni[>s, avaient perdu de leur aplomb; les pîlio!-s delà nef penchaient d'une manière effrayante, et tout faisait présager la i>crto dnn monument précieux par les souvenirs cjuil retrace et comme page de l'histoire de l'art, h

tiieurs époques reculées, a ville de Laml)alle, en {)erclant iNoLre-Dame, eut perdu le Bs beau (leuron de sa couronne, car ce vieux monument, té sur son rocher comme les météores de la Grèce^ lui donne tthc physionoînie piltores(|ue qui charme Tartisteet fait penser rhistorien.

Heureusement, Notre-Dame résistera eucure, pendant plusîeur siècles, à l'action dissolvante du temps; placée au rang des monuments historiques, des fonds ont été attribués à sa solidalion, et, nous devons le dire, de l'aveu de tous les ar- >logues, les réparations sont faites avec autant d*intelliice que d'entente de Tart, par M. (îuéi>in, aichitecie du

rtemenl* Aujourd'hui, les arclutecles intelligents ont renoncé à la inie d'accoler du neuf à du vieux^ de placer des portiques il des églises gothiques ; ils évitent ces ridicules anacbix>nisuies et, s inspirant des plans primitifs et des détails de Tiiïuvre, ils cherchent a les reproduire le plus fidèlement possible, avec leur caractère et mémo leurs défauts. Ainsi, Notre- Daine reparaît avec les broderies de ses menaux, ses guérites fortî fiées, du cote du précipice, et ses hauts pinacles aux gracieuses arrêtes.

Los travaux effectues dans l'intérieur de 1 église ont /ait de* couvrir la cause de la ruine dont était menacé cet édiiico. Oa;i remarqué que les fondements, [>eu en rapport avec la naai^ qu'ils devaient supporter, étaient établis en pierrailles etnV valent pas une cohésion suffisante ; d'ailleurs, les fossoyears, en creusant des tombes, dans les siècles passés, avaient attaqué 4os bases des piliers, afin de se ménager do l'espace, à une époque où l'on recherchait l'honneur d'être inhumé dans ^lajiepi saint. Toutes ces causes, jointes à l'action du temps, . contrit huaient à miner l'existence de la vieille chapelle ducale. Âujoiu^ d'hui, grâce aux travaux importants qui se poursuivent, h consolidation est assurée et la physionomie extérieure est resr taurée avec d'autant plus de bonheur, que la pierre semide s'assouplir sous le marteau de nos ouvriers, comme sous celai des vieux Lamballais.

On s'occupe maintenant de la restauration des voûtes, dont une partie sera en briques et l'autre partie en bois ; plus tard, l'ornementation intérieure devra être suivie, et alors on placera sans doute , d'une manière définitive , le petit jubé en bois sculpté que l'on y remarque ; il n'a probablement rien qui rappelle les jubés de Saint-Etienne du Mont, de la Magdeleine de Troyes, ni môme du Folgoat dans le Finistère ; mais, quoique plus modeste dans ses proportions, il mérite d'être conservé.

L'église Notre-Dame s'élève à l'extrémité orientale de la route, afin sans doute de la garantir de ce côté, lorsqu'elle était comprise dans l'enceinte du château dont le sommet de la col" line, devenu une promenade, conserve encore les empreintes. Quoique ce plateau soit vaste, il nous paraît fort doutenxquele château qui le couvrait ait jamais eu la grande quantité de tours qu'on lui prête. Rien n'est plus pittoresque que ra3pect de cette église flanquée de contre-forts, garnis de pignons aigus, et surmontée d'un clocher carre, surmonté lui-même d'une flèche fort

tilt fiS'i, l'poquo a la<|UolI«^ il fii! il<»truit parlêfeiulu

h'cK Déjà te chœur availoté ravagé parla foudre, le 1 S aoiil lii7,

taïuHs (|ue la loiik' était pieusemeiil proslornécc au pied des aii-

îéls. Noire-Dame n'a pôim do style prédomiuam. Les édilices

fnnnent cependant un ensemlilc qui charme par le piiiorcsque

II et rîniprévu ; le {dein ceinlrc y coudoie le gothirpie Hamboyant.

La dédi<'ace de Notre-Dame tut laite, seh^n M, La Porte, on

1 200, par révéqite de Sainl-Brieuc ; le duc Charles de Blois, qui

[fui, comme on le sait, aussi dévot que brave, vint en pcléri-

Hj^ge a Laniballe et gravit, les pieds uuds, le rude sentier delà

^colline, portant une relique de Saint-Yves, qu1l déposa h la

• rliapelle. On prétend que c'est ce prince qui fit faire lesre- I marqua blés rosaces des fenêtres du chœur.

Le 19 avril ii20, Jean V rendit une ordonnance pour démolir le château de Landialle, qui appartenait aux Penthievre, en punition de ce que ces seigneurs avaient attenté à la rsonne du duc. Il paraît cependant, ou que l'ordonnance ne l qu'imparfaitement exécutée, ou que le château futreconsuit, puisque près de deux siècles apres^ au mois d'août 1591, cbateau et la ville qui n'était ceinte que d'une palissade /arent assiégés par le prince de Donibcs. Lh, se passa un des énemcnts les plus remarquables qui signalèrent les déploies gueiTCS de la ligue; le brave Lanouë , bras-de-fer, mnie Bayard sans peur et sans reproche, y fut tué d'une arquebusade, lorsque, monté sur une échelle, il examinait ce I qui se passait dans la place.

^H L'itrmée royale, démoralisée par la jKTte du héros Breton, ^Bva le siège et se retira devant celle du duc de Mercœur.

^P Lanouë avait embrassé le parti du Béarnais, par sympathie F 4rt raison [lolilique ; mais il est fort douteux poui» nous que ce

* fiit par fanatisme religieux, puisque lui-même se disait catho-

Hquo, dans la déclaration qu'il publia ; mais les ligpBUf!i| avaient intérôt a le proclUnior huguenot : ils n'y faillirent pas.

DédaraiioD de M. de Lanouê, sur sa prise des armes po^f^U juste dérense des villes de Sedan, Jametz, e£c. — .YardiiQ; — Mathurin Marchant. — Pour se justifier MDLXS^^XIVIv. « C'est un hérétique qui parle (diront quelques zélés) tielé! » croyez pas, plutôt ayez le en exécration. Messieurs, dq vov » courroucez point sur ce mot dont vous vous servez pouf ^<xk » lorer la guerre que vous voulez perpétuer: certes^ je Mile » suis pas, car je veux vivre et mourir en cette foy renoqmé^ » et excellente de l'Eglise Romaine, membre de la catholîqoei,; » tel que Saint-Paul (qui en a été le premier évoque), l'a iojr, » tituée, ainsi qu*il appert par ses registres sacrés. Mais, yaiis » dirai-je, quel est celuy qu on doit tenir pour tel au temps QJi D nous sommes? C'est Thomme qui ne désire aucune paix». y> concorde en l'Etat, qui en souhaite le changen^ont, qui. te » fortifie des ennemis du Royaume, qui advancesacheutepû|U! » en ramasser les pièces, qui a l'équité et la sainteté en laboiT^ » chc, et Tinjustice et l'hypocrisie dans le cœur. Au contraiiei » le vrai catholique est celui qui poursuit la paix et l'uiiiçA;^^ » qui souffre patiemment la domination temporelle que Dîea;4 » établie sur soi, qui a pour suspects les étrangers qui procu- » rent iiostre ruyne, qui veut que l'Etat se conserve et qui mpii*. » trc par ses œuvres qu'il aime Tordre, la justice et la piété. ».;

Église de Trévou Trégiiîgiiec.

Il y an peine quatre ans , le Trévou Trçguignec n avail pôor toute église qu'une sorte de crypte sombre dont les murs, stirplombés, lézardés et perforés de toutes parts, offraient ;i Vmï\ le plus triste spectacle. Et certes, le fidèle paroissien qui visitait alors cette église ne pouvait guère se défendre d'un sentiment de douleur et de honte, en pensant que, pour sa localité, c'était là ta maison de Dieu. A la fin, le recteur lassé de roogîr et pour lui-même et pour ses ouailles, voulut, et sans aucun foiuls, voire même avec quelque passif, y bâtir une élégante église gothique.

On commença, et, avec Taumône en nature ou en argent de cette modeste paroisse, on érigea, comme par enchantement la gricieuse église gothique que nous allons décrire.

L'église du Trévou n'a qu'un transept, lequel est éclairé par deux élégantes verrières flamboyantes. De légers meneaux distribuent chacune deces fenêtres en trois compartiments, et une rosace en larmes trilobées en remplit logive. Les collatéraux sont flanqués d'un contrefort par trumeau. Ces contreforts, quoique d'une légère saillie, n'en arrêtent pas moins l'effort du comble aussi bien qu'ils déguisent la nudité du mur et empôdbeni celui-ci d'avoir quelque parenté avec les murs de nos grangeftet de nos usines. Quatre fenêtres avec un dessin de rosaces de la période flamboyante éclairent les collatéraux, et les portes latérales ont, elles aussi, des rosaces en quatre feuilles un peu aiguës comme les trèfles que nous rencontrons parfois dans la période flamboyante au milieu des cœurs et des larmes. Les battants de ces portes sont décorés de meneaux et de roses» qui les mettent en parfaite harmonie avec le style des diverses façades de Téglise.

La tour est flanquée de quatre contreforts qui, confine ceux des collatéraux, ressemblent un peu h des chambranles, tant leur saillie est légère. La façade occidentale de cette tour est percée d'une porte de procession remarquable par sa hauteur, par rérasementde ses jambages et par la profondeur et le relief de ses moulures. Cette porte est dominée, au second étage de la tour, d'une élégante fenêtre dont le meneau et la rosace rappellent ceux des nefs latérales. Quoique déjà élevée à environ trois mètres au-dessus du faiteau de Téglise, cette tour doit être incessamment couronnée d'un troisième étage, dont les faces seront percées de quatre fenêtres semblables à celle du deuxième étage.

Jadis l'église du Trévou n'avait pour tout meuble qu'un méchant lutrin, qui fut vendu 35 c. par adjudication publique, pour être affecté par suite à sa destination la plus naturelle, c'est-à-dire à faire l'office de poulailler, dans une ferme voisine. Aujourd'hui, au contraire, la nouvelle église met une sorte de complaisance et d'ostentation à étaler son fastueux mobilier aux rayons du soleil bleu, jaune et rouge qui traverse ses vitraux peints. Le plus remarquable, sans contredit, de tous ces meubles, c'est le maître-autel. Le coffre est décoré, en face et des deux bouts, de niches qui affectent la forme des portes processionnales de la période flamboyante, c'est-à-dire que ces niches sont flanquées de clochetons et qu'elles se terminent par un arceau figurant une doucine en accolade. Notre- Seigneur et les Èvangelistes, logés dans ces niches, donnent une expression religieuse et parlante à cette partie de l'autel. Le rétable s'élève gracieusement, des deux côtés delà maitresse vitre et développe ses piédestaux, ses dais, ses frises et ses tympans gothiques jusqu'à la hauteur du lambris, sans masquer par un seul de ses ornements cette élégante verrière.

'L'ardiilecU>, poursuivant loujours lexécution d une idée (lit©, loujoui's domine par son iavuicible affection pour le gothique et dédaignant partout et le rocaille de Louis Xiy et encore plus les panneaux en équorre d'une architecture pIus récente et plus pauvre, a voulu que tout ici fut revcMu d'un^ fornte et d*uu caractère religieux. De là cette élégante chaire Jont la cuve, le dossier, la lanipe, et 1 abat-voix sont couverts de cœurs, de larmes, de festons, de clochetons et de niches gothiques. De là encore ces bancs et ce catafalque dont les formes s'harmonisent avec les autres meubles de l*église.

De la enfin ces grilles qui, dédaignant de ressembler à la claii'e-voie de la cour du i)resbytere, rellètent si gracieusement les dessins et les découpures des verrières de régUse.

lloiuiiiiculs religieux de Perros-Guirec.

Une tradition de la plus haute antiquité et à laquelle des indices d'un certain poids donnent au moins toutes les apparôn^ ces de la vérité, rapporte qu'à Tendi'oit même où se trouve aujourdhui le cimetière communal , existait autrefois ua monastère dont l érection, appiirtenani au Mlle ou IXe siècle, sérail due au premier fondateur de la foi, dansées contrées. Des travaux qui subsistent encore et qui se rattachent à la parlie ancienne de l'église aclueUe semblent d'autant plus confirmer celte créance qu'ils ne sauraient trouver ailleurs aucune explication raisonnable- Bailleurs des fouilles journellement failes, dans ce terrain des sépultures, ont plus d'une fois découvert des fondements qui témoignent, eux. aussi, de la vérî^;;^ :ite de nos soupçons.

Touleroîs, le voile épais qift couvre ce berceau de régTîsè^ll Perros et que nous soiumes dans rînijH>ssiI>ilite de lever d'a^ vanlage, la crainte d'èlre Irop aiïîrnialireila raciliiéawc ik^ quelle le paradoxe s insinue dans les queslioiis d'anliquilél nous forcent de faire ici Faveu de noire impuissance , poitj garantir un fait qui esl tout entier conjectural.

'. Sortant maintenant du tloniaine des conjectures et des jjiro babilîtësj nous allons donner, avec quelques détails, ladescrit tion de Téglise paroissiale; puis nous esquisserons plu| rapidement celle d'une chapelle qui, comme nous le verrons,! n'est piis non plus dépourvue de tout mérite architectoniqpeJ

L*ëglisc paroissiale de Perros est, sans contredit, le plusl curieux et le plus intéreseant monument roniau que nous connaissions dans Tancien diocèse de Tréguier. Il est vrai qu^; j sans nous éloigner de Perros, aux abords même de la rade, à] Louannec, nous rencontrons quelques débris d'une église riK I iuane, dont les formes accusent une antiquité plus reculée ' que celle de l'église de Perros ; mais cette antiquité à elle séole, si respe<^tablc qu*elle puisse être, ne nous paraît pas racheter ] assez la nudité j la rudesse et la grossièreté du monument^ pour que nous ne laissions pas à Téglise de Perros notre pnfférence d'intérêt. A Lonannec, Tartest muet comme il devait, rétre au berceau; à Perros, au contraire, la richesse des ornements et la profusion des décorations offrent nombre de documents matériels qui permettent, aujourd'hui inêrae, do[ caractériser, non-seulement rarchitecture , mais encore tij statuaire de la période romane.

Mais de ces notions préliminaires revenons au sujet spe-i cial de cet article, , L'église de Perros figure un rectangle. Elle a deux collaié-'l raux sans transept. A part quelques restaurations qnî ap[iar-l tiennent à la renaissance , elle est moitié romane et moitié

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rayounaiitc, i-a partie romane doil rcmouler au XIc^ pu Xlle sîèvle; la partie rayoïioaiilé appartient au commencement dit XI Ve siècle ou a la On du Xllle.

tLa façade inéridionule n*a garde qu'une seule de ses fenè- *s romanes, laquelle ressemble à une véritable meurtrière*.' s restaurations faites dans les deux derniers siècles ont détruit le$«Tutres. Certes, après llnvenliou de rimprîmcrîeet avec ladifTuston des lumières, ces fenêtres si étroites étaient insuffi^Tiles pour éclairer une église^ mais il nous semble qu'on au- ^aîl pu en percer de nouvelles;, tout en resj>ectant les ancien-

En i^evanche, le plus lieureux des hasards a sauvé de la destruction lu riche et historique porte de cette façade. Cette porte Cîyt couverte de quatre arcbivolteSj lesquelles reposent sur des colouettes njono-cjiiudriques. Rien de plus gracieux que les ch api taux qui coui*ounent ces colonnettes. La manière dont les sujets historiques et bibliques y sont sculptés et la hardiesse avec laquelle ceux-ci parlent descaulicolcs pour aller s'abriter sous le sommet des volutes, nous a paru du plus preux effet. Les chapitaux du coté levant représentent des

itre$ et Saint-Guirec, avec leurs attributs. Les chapileaux' <^li côté couchant, au contraire, si notre mémoire ne nou^ trompe pas , sont mutilés, à l'exceplion d'un seul qui est unq^ kawréseutation d'une pieuse légende de rhistoîre ecclésiastique ^Ç notre pays : c'est le combat du roi Arthur contre le Dragon; |>yis riiitenention de Sainl-Efllam qui précipite miraculeuâènieut ce reptile dans la mer.

Quant au tympan, il est aussi couvert de bas-reliefs. Au milteu est Jésus-Christ, vêtu d*une longue tunique et tenant la nia j II droite élevée, comme jïour donner la bénédiction ; au-

irde lui sont les symboles de deux évangelistes, désignés

;:> là vjbiuii dr Suint-Jean, savoir; Taiglede Saint-.ï< ;n) et

Mê

le lion de Saint-Marc. Le linteau do cette porte, au-dessoos du tympan^ est une pierre brute et d'une restauration en sousœuvre ; ce qui autorise, nçus semble-t-il, à croire que le linteau primitif était orné des symboles^ des deux autres évangélîstes.

Cette profusion d'ornements et une sorte de correction que l'artiste a su donner à ses scluptures nous contraignent à fixer au XlIIe siècle la construction de cette porte.

Dans la façade occidentale^ nous avons remarqué un portique duXIIe siècle, dont la structure, il est vrai, est assez médiocre, mais dont la forme symbolique nous a paru intéres-r santé. Pour frapper les esprits et, s*il était possible^ pour effrayer les consciences criminelles, la porte est partagée ea deux par un pilier et présente deux voies, Tune, à droite, pooc être fréquentée par les justes ; l'autre, à gauche, gour être frér. quentée par les pécheurs. Là^ chacun, avant de franchir Ift seuil de l'église, peut opter entre les deux voies et choisir odl^^ que sa bonne ou sa mauvaise conscience lui indique. Au midi de ce portique, dans la même façade, se trouve la tour. Labasc^ en est massive et lourde et semble en rapporter la construô^ tion au commencement du Xllle siècle. La plate-forme est garnie de parapets en pieds droits. Un dôme surmonté d'une petite pyramide couronne le tout. La parente que cet intérêt sant monument semble avoir avec les minarets de l'Orient et son antiquité nous portent à croire que la construction en a été influencée par les croisades et par les fréquents pèlerinages que l'on faisait, à cette époque, à Jérusalem.

La façade septentrionale de l'église de Perros est d'une afrscz grande pauvreté. Ce n'est guère qu'une sorte de squelette du style roman. Une fenêtre romane qui affecte la forme d'une iiiourlriore, puis une classique et sépulcrale sacristie, en voilà

Ions I(\s ornements.

[a façade orienlalcj au contraire, est un peu î>Ius t^icl idroit de la nef, elle est percée d'une grande verrière qui lure le chœur» La bi/arrerie et la coiuplication du dessin de tosace semblent assigner à celle-ci une date postérieure à le de Togive qui l'enserre. Il est probable que sa rosace est B restauration de la renaissance , tandis que Togive apparat à la période rayonnante, comme Tindiquent ses moulures es chapiteaux sur lesquels elle repose. Le fronton de cette lêtre a [iris une inclinaison qui en compromet la solidité.

Cette façadeétait encore jadis ornée de deux autres petites Wères latérales, régulièrement espacées et éclairant les col éraux. Le style en était rayonnant* Il nous semble que cette Dbinaison de feuèlres devait être d'autant plus gracieuse , et iiuant plus sacrée, qu'elle niellait cette façade de Téglise eu ^laite analogie avec nombre d'autres du nu>me style. Mais, idépit de cette consécration des usages et des règles de Tart^ ïfenêtres ont été interdites, et cela sous le plus frivole des textes, puisque c'est pour trouver place à deux autels à la Ûe etj par suite , pour se rendre peut-être un peu coupable l'évérence à Tégard de deux anciens.

'Avant de pénétrer dans Tintérieur de l'église, nous allons Ibre, à propos du plan général de celle-ci, faire ici une retque que nous aurons rarement lieu de faire ailleurs. Ce distingue celte église de la plupart des autres églises, c'est elle n'a ni transept ni chapelle latérale. Les trois nefs s'algent parallèlement et excessivement , avec la rigonreuse lilude de la ligne droite, et qui certes ne laisse pas que de ttrer et la vue exlérieure et la vue intérieure du monu-

\ si Ton nous demande maintenant a révéler la cause de

sorte do diflormité, nons répondrons quelle se révèle

me d'elle-même^ car à cou [SÛr ce loil ôlrc celle-ci : c'est

cçs illustres et puissants seigneurs qui, durant le niaTeo-oge. [ llanquaîenl nos églises jKiroisi^iales de chapelles Litéraleâ <[iijl5 ornaient elles-mêmes d'autels, de crëdenceSj denfeux et de bancs gothiques. La puissance féodale qui couvrit le sol de Basse-Brelagne de chapelles, de tourelles, de manoirs n a rieo fait à PerroSj à moins qu'on ne veuille donner le nom (Je nionumenta une mesquine et classique chapelle, depuis longtemps convertie en oiagasin, sans qu'il soit possible de contester, qu<in point de vue artistique, au moins, elle ne soitalfeçtée aujourd'hui à sa destination la plus naturelle. Jlfl

Entrant maintenant dans 1 ëgbse par la porte pit^cesâional^ nous avons remarqué auprès du baptistère un bénitier eu granité, dont les formes accusent une antiquité fort reculée* Use compose d'une coui>c hémisphérique, portée par quatre pejv. sonnages faisant roflice de cariatides. Ces personnages, grofr^ siërement sculptés, soutiennent le réservoir, avec clTorl^dt; leurs mains. Ce bénitier est taillé dans le même bloc et [>eut avoir quatre-vingt-dix centimètres de diamètre; l'épaisseur des parois est de neuf centimètres environ. , ,,..

Nous avons vu à la Roche-Derrien un bénitier octogone, ijni jadis servait de font baptismal et qui a quelque parenté avec celui de Perros. Mais» sans trancher précisément la question* d'antiquité relative de ces deux remarquables bénitiers, noust sommes tentés de croire que les caractères de vétusté de celai de Perros sont les plus incontestables, attendu que la forme circulaire de celui-ci nous paraît avoir plus d'analogie avec le: style roman,

.iiX-ûtilrecôtédela même porte de procession, il y a encore» un autre bénitier, dont Tantiquité nous a aussi pai'u incoutts-; table. C'est probablement une ancienne cuve baptismale. ËQ elEei, ses formes brutes et grossières au lorist^il à e»y:»v^tfii!!

jdflis, oiifoiico en toire, <l;ms un Bajïllsicre léblF^l u

u servi de cuve pour les liaptênie-s par immersiou. D'aiilt uts Iç-g crampons en fer dont il porte encôi'èfes traces |)rouvènt assez quo ce réservoir a été leimé. ^ *^''^" J < i. n i

Maïs ce sont syrloul les ornements inhérents vàxx parois in-r

tërieures des murs de cette église qui oITrenl nombre de traits

raractéristiques de son antiquité. D'un côté de la nef, des jÇQ-

l^nnes cylindriques et grossièrement œuvrées, de l'autre des

r^ïers garnis de colonnettes a demi saillantes, des chapîieauîL

représentant des sujets bibliques ou fantastiques et, eulio, de^

arcades composées d'une (fuadruple archivolte, eu plein ci aire,

donnent à l'intérieur de ce monument la physionomie d*une

^Mide vraiment romane.

A part les sujets grotesques que représentent plusieurs des

chapiteaux et dont il faut atti ibuer le dessin au caprice de Tou-

vrier, nous avons remarqué dans Télude de ces décorations <jue

rariisle avait une sorte de prélédiction pour les scènes del^an^

cren testament, ^

I C'est ainsi que le chapiteau le plus voisin de la tournons

' montre Adam qui accepte la fatale j^omuK», à Finsligalion

Ld*Êve. Immédiatement, nous voyojis ces deux pei^onnages

Pproudre la fuite et se voiler les yeux , en signe de honte et dd

f douleur davoir connnis le péché* Enfin, sur le m6niechapî-

j^QU est un personnage qui porte un oiseau perché sur son

^roigt. Peut-f*tre estnre Noé qui lâche la colombe, pour allé?

I explorer la terre, à Tissue du déluge. Le chapiteau suivant

nous figure la suite des prophètes, qui tiennent , avec les deuif

mains, leurs livres appuyés sur la poitrine. Eulin, Ton Volt ÈÙ)i^

an autre chapiteau deux oiseaux buvant dans un calice. Ce su-

Kt a-l-il quelque chose de symbolique? nous f ignorons, Ouel^ les antiéjuaires qui l'ont rencontré ailleui^ l'ont regat-d^ conimeiinemblcmedo la douceur et des vertus chrr»rtenn<?ë?

Suivant d autres archéologues,- ce bas-relief annoncerait que le chrétien qui participe aux saintls mystères doit avoir te cœur orné de la douceur de la colombe*

A l'opposite, c'est-à-dire du côté nord, le chapiteau le plus voisin du baptistère est une sculpture grossière et un peu obscène, qui dépeint le sacrifice d'Abraham. On y voit là main levée, la victime penchée dessous et les autres préparatifs du sacrifice.

Après cette description de la partie romane de l'intérieur de l'église de Perros, ne rencontrant dans la partie (Rivale qu'une excessive sobriété d'ornements, nous allons nous dispenser d'en parler pour dire tout de suite un mot du mobilier du chœur.

Sans être eu harmonie avec le style architectural de Téglise le maitre-autel mérite un certain intérêt, à raison des ornements sans nombre dont la statuaire l'a décoré. Le coffre en est moderne et figure une doucine renversée. Le retable^ au contraire, remonte à la fin du XVIIe siècle. Il est probaUe qu'il sort des ateliers de sculpture de Tours, lesquels à cette époque étaient en grande réputation dans notre pays, pour la décoration des autels. Nous avons, en effet, à diverses reprises, acquis la preuve matérielle que , sur la fin du XVlle siècle et au commencement du XYllle, les artistes de cette ville fournirent aux chœurs de nos églises toutes sortes de sculptures en bois, et notamment des rétables d'autels dans le genre de cdui de Perros. C'était pour cette localité une spécialité artistique qui n'a pas peu contribué, dans Tancien diocèse de Tréguîer, à la répudiation du rétable en pierre et à l'inauguration de celui en bois.

Mais, de cette digression, sur l'origine de nos premiers retables, en bois, revenons a celui de Perros.

, ,Çe rélablo figure une tour lourde el massive, Ilauquéti de 2 tourelles, le tout dislrihuë eu étages symétriquement espacés. Ces étages sont ornés de niches et de eolonnettes lisses, cannelées ou torses. Nondirc de slatuelles, dont les attitudes et les expressions sont parlantes, décorent ces niches. En somme , c'est un li\Te où tout le monde i>eui lire, comme c'est un meuble où tout prend voix et parle un langage religieux. Cet au toi contraste singulièrement avec ceux «les collatéraux, auxquels nous ne voulons reconnaître d'autre mérite que celui de masquer deux antiques verrières, i^iis dï4re ornés de quelques dents de loujtâ sculptées en guise de dents de scie.

Cryple el ronifiine de Saint-Bricuc-

31algre i artiun lente mais continue du temps, malgré les dévastations des modernes iconoclastes et les ravages de la bande iiolii*, la France compte encore un grand noud*re de monuiiienls anciens qui, plus ou moins mutilés, nous olTrent les traces de leur splendeur passée.

Vastes et sond>res basiliques, clochers aériens, chàleanx crénelés, jmsés comme des nids de vautours sur la motte seigneuriale, humbles chapelles cachées dans les replis des verles vallées, calraires près desquels s'agenouillent le vieillard et reiifant; h chaque horizon ne rencontrons-nous pas des léinotns de la puissance ou de la foi de nos pères?

La Bretagne, malgré les guerres sanglantes qui ont si souvent tourmenté sou sol et décimé ses habitants, n'est point restée en arrière du mouvement des arts, loi^que leunà bienfaisants rayons ont éclairé l'Europe ; u^s églis<*squi, ijeiulanl le moyen

âgo, ëiâiçRi à Ja fois te& temples et les musées dti pi^fHéi '^^ sont Ifi preuTo matérielle; et si, dans quelques ûhié^, Ife fravàïl du sculpteur se montre imparfait ou gfossier , làTatitë ëti e$ï au granit rebelle à l'action du ciseau. Là, où rattîètea énîployé la pierre de Kersanton, comme au Folgoët; lebéfé,' comme à Lambader , le marbre, comme à Nantes , un dhèfd'oeuvre a révélé son génie. Et cependant de cette Pléyàiié'Ae modestes tailleurs d'images bien peu de noms ont snrrédti? parmi eux, on compte au premier rang Michel Colomb^' le . Léonnois à qui Ton doit la tombe Ducale de Nantes, et, h utae! époque plus rapprochée de nous, les frères Coriay, de Tréguier, dont on admire un magnifique autel dans la cathédrale de Saint-Brieuc.

Gemouvement artistique a été tellement prononcé dan^Ie vieux Duché, que nous y voyons encore la plus pauvire église de village, la chapelle ignorée, souvent élégante et graciéuser dans son architecture, ornée de sculptures multipliées et dé^ Corées de vitraux précieux, dus h des artistes du pays, qui ri^àvaient pas besoin de se réchauffer au soleil d'Italie, pourtroiiver l'éclat de la couleur et de la pureté du dessin. (1)

(i) IM. Barthélémy, inspecteur divisionnaire du Ja sociélé pourli! conservation des monuments, a signalé une école de peintres verriers qui a fleuri à Tréguier, de l'an 1386 à l'an 1736, el à qui Ton doit if?» belles verrières de Trd^MÎcr, Manconiour^ Notre» Ùame'dC'ia^CouK (le Deaupor^. Lantc7iac, Trélevern^ Picameur-Bodouy et d'une mùltf^ tude d'autres églises. On voit, en 1386, Rolland du Mesanbaye; en fi6^ Ollivier Le Coq et Jean Levenan ; en 1507, le sieur Le Pape ;^n 15U^^ Pierre Uobic, maitre vitrier expert en art héraldique. .. ,,.,.i

Le siour Allain Cap de Lesneven, a fait les vitraux de Quttnper^ de Cuiurieiïtdc la chapelle du château de Kerjean, etc. Tréguîer parait avoir été un foyer de lumières, car il s'y trouvait une imprimerie, èis rannée l/i85, et tes frères Coriay y ont sculpté une partie de leuHi' chofi>-(rœuYres. ■ ■

^ni

Saiu^-Biiouc aussi, la vîUe épiscopak, couchée isurtèÛanr

son abru[iip colline, cK>nserve queUjues itiblesde son ikissiV

ni De sont point sans iutorètpoiir raichëologuo t tHiisloriiMt/

iSi sa catliëdrale, sur laquelle M. Mérimée a jeté une épaisse

|Bouche de ce ûoir dont M. Dupiu a assombri noire Bretagne^

B|'offrepas ces formes larges et régulières, ces délicatesses de

sculptures qui caradériseût les plus célèbres monuments de

sou époque, elle renferme cependant des détails remarquables

et qui méritent d être étudiés. Gesl une nouvelle preuve du

peu de certitude des jugements porlés en cbaise de poste. •

]tf»is il existe près de là, au lieu même qui fut le berceau de

Ktcilé, une gracieuse et jolie fontaine, bijou caché dans une élite vallée on les pèlerins viennent quebiiiefois demander espérance, mais que les arcbéologues ollieiels ne vont point I visiter dans son obscurité. Cette fontaine, cependant t4?moi- |p|ne hautement du culte de Tart dans les siècles passés. — ^ Mais, avant de parler de la situation actuelle do ce jx^lit niouumenlj il est nécessaire de remonter un pî*u plus loiu^ seulement au cinquième siècle. '•'

BrieuG ou Briok, fils d'un seigneur de la Grande- Brefagney naquit vet*» Tan ilO. A l'âge de vingt ans, il vint en France où > il étudia sous la direction de Saint-Germain d'Auxerre dont la 1 réputation était déjà grande. Sous un maître aussi habile, il ne ■Bu*da pas à grandir eu science et en vertus, il l'eçut enOn 1^ ^Çrdres sacrés ,

1^ Mais le \fbve et la mèi^edu jeune prêtre étaient encore ploni- ' P^és dans les ténèbres du paganisme, que venaient éclairer [ comme une lueur loinlaiuey quehiuos reflets d'unchristianisn^a ^frossier ; Brieuc résolut de les convertir à la foi du christ, et ^TOant passé en Angleterre, il y réussit. Son père lui donna mfr- ; me, à la Gtaude-Lande, des terres pour y établir une église et ua monastère.

/lis

H vécuti»emKiiit un graii'l nombre d'annws dans celle réiraile, jnais, vers Tan 480, un ange lui apparut et lui ordonna de passt^r la nier pour se rendre en Armorike, alin d'y proclamer révangile, paruiî certaines peu|»lades barbares qui repoussaient Sii lumière. Brieuc partit, débarqua sur les côtes du Léonnuis avec cent soixante religieux, s'avança jusque dans le jiays des Lexobiens, aujourdlmi Tréguier, ety fonda un monastère à Landebaëron, au centre d'une contrée dont il avait converti les Iiabitants,

Après un séjour de (luelques années dans ce monastère , il en partit par mer, accompagné de quatre-vingt-quatre religieux qui voulurent le suivre, et, naviguant le long de laoVti», d'occident en orient, il parvint, dans une vaste baie où se jetlait une rivière prorondénient encaissée dans une vallée ombreuse qu'il remonta.

Le site était enchanteur, quoique sauvage; des rochers doot les bruyères ros^^s dissimulaient raridilé , la foret sombre èl touffue, une eau pore où les Oots de la mer venaient se mMer chaque jour , que lallait-îl de plus pour séduire de pieux solitaires pour qui les œuvres de Dieu étaient un éternel sujet de méditalionsî Brteuc, suivi de ses compagnons, gravit lacolUoe escarpée; plus il s'avançait, plus la magniBcence de la végétation lui annonçait un territoire fertile et l>éni du ciel.

EnOn, sous la sombre voûte des chônes séculaires, ils aperçurent une fontaine abondante et pure, qui sourdissait dans la vallée, ils se reposèrent sur ses bords, en parlant du bonheur d'habiter et de cultiver une terre aussi productive.

« En discourant de ces choses, dît Ladevison^ Brieuc, lui] » fortuitement aperçu par un chasseur poursuivant une besie, » lequel appartenant au comte Rigwal, seigneur du pays, qui,' » pour lors, habitait eeste coste, faisant sa demeure en aoé n maison qu1l avait fait bas tir dans la forest, à dessein d''

1 passer quelques temps de Tannée pour jouir plus h souhait » Uu couieuteoicat de la chasse. Ce veneur Tayaut découvert » avec toute sa compagnie, qui estait de quatre- vinglHjualre ^ hommes, ci^jnuie nous Tavous dt^jà dit, gens du tout iuco- » gneus, hahilies d'uuc façon bien estrange et non encore vue » en ceslecoalrëe, s en va droit à eux, et, les ayant ahordés, i> s'enquierl fièrement qui les menait en uo lieu si retiré et à n Tescart, de quel quartier du inonde et de quelle profession j» ilsétoieut.

» Le saiact lui fit humblement resiK)nse qu'ils estoient pau- » vres religieux d'outre-mer, qui n'avoient autre profession » que d'adorer et servir le vrai Dieu, et que, pour cet effet, ils

»;i» ehercboient dans cette solitude quelque lieu propre pour y » » bastir un oratoire, alin de vas(|uer plus tranquillement à l'o- » raison et aux exercices de piété. — Geste douce response » n emix»scha pas qu'il n'enu^ast en soupçon que ce ne fussent » des espions qui eussent quelques mauvais desseins. La non- » veauté de cet habit et le grand nombre qu'ils estoient lui eu- » gendroit ce double,

» C'est pour quoi, dissimulant ce qull avoit sur le cœur, il » s en va à bride abattue en advertir son maître, lui fait le rë- » citde sa rencontre, du lieu* où il les avoit trouvés, savoir, ji dans les bois, sur le bord d'une fontaine, entre deux vallées, n

Rigwal envoya aussitôt plusieurs hommes d'armes avec Tordre de reiK)usser ou de niettre à mort ces étrangers, mais à peine fureut-ils partis qu'un remord subit s empai'a de lui, et il expc'dîa en toute hâte d'autres cavaliers pour donner contre ordre et amener quelques-uns de ces honmies en sa présence, Brieuc se rendit donc suivi de douze religieux à Thabitaiionde Rjgwal, cjui, après quelques explications, recomiut en lui, un de ses cousins germains.

Cette rencontre si heureuse, détermina Brieuc à sg iixer

Xplloes où Rigwal lui dont

daiib la foié|L^^ Xf^iioes ou iUgwal lui donna ^imaKson chasse et une p^artie dc^s terres enviroimaiiles. & \m

soin fui <li! (OUîslruire un polil waioire contre la foria 1 1 \ de laquelle il s'était arrèlé avec ses religieux, puis il l „,:.,. un monastère daiis la demeui^ de Rigwat» qu il âugmoala Mi groupant a renioiur uu grand nombre de chaumières pour religieux. Les monastères^ fà cette époque reculëe^ hlaieotàde pauvres hameaux où les moines hum Utemenl^è*»' tus se livraient aux travaux de la terre. La règle de Is Grande*" Lande Tut établie dans le nouvel établissement, c est-à-dire^ rabstinence, le travail manuel, le renoncement à soÎHiièiûè, le chant des psaumes.

L'oratoire que conslniîsit Saint Brieuc forme une potî cryple voûtée eu pleiïi cintt*c comme une cave, grande à peine de quatre ou cinq pas en tous sens, ayant deux portes basses et une petite feuèlre carrée donnant aujourd'hui daM rintërieurdu bâtiment de la fontaine. Celte fontaine, si r«J en juge par deux massifs en pierre de taille, dont celui de droite est engagé dans Tédifiee, a du être originairemCrrït rt- CQUYcrte d'une voûte eu plein cintre.

/La crypte éuiit engagée dans le chevet de Tancienne çbal>eHe5 comme elle Test dans celui de la nouvelle; la fofttaiûP formait et forme un petit édifice qui lui est juxta-posé.

Placée sur le liane de la colline^ Tancienne chapelle étaUiiegante, mais de construction bizarre; on arrivait an i -r'^'^ principal en descendant vingt-cinq ou trente marches « nit ; de la porte, on descendait cinq ou six marches pour |)< s irer dans une nef carrée , à lextrémilé de la m I, onz*' nian !io conduisaient dans le chœur ; a droite et à gauche i balustrade. A droite du chœur, il y avait une crédr mur, près de laquelle un escalier sombre et touruitii sait par onze maitihes dans le crypte dont nous avons parlé

fi*oxiétïPur y la rliaiK»lIe était ornée de pinacles et d'une iile tpii ne manquait point d'élégance; des vitraux fn'y laissaient pénétrer qu'un demi-jour favorable à la et à la méditation (I).

lit dans un rentier manuscrit, dressé en 1710 parmes- Lllain de Beaulîeu, chanoine prébende de leglise de Stic : «i I-*adile chapelle de Notre-Dame de la Fontaine, est le is ancien monument que nous ayons dans 1 église de Stîuc, à cause de cette petite chapelle ou oratoire où Saint-

I Eilraii d'une enquête faite par &J. Carluer, sieur de Humedon « >»iller du roy» sénéchal à Saini-Briouc» Cesson» etc., pour ùttr iinences de la maison de Penthièvre dans les églises deSl-

St advenant le ite jour de décembre audit an 1652 à la même luestre, et en la mesme compagnie procédant à rexécution de la fesme commission» tommes descendus dans la chapelle Notrc^ Hê <itf ia Fontaine^ proche el joignant cette dite villei où procét^nt à lestai des marques el prééminenceif^ aTons remarqué dans ^maîtresse \iUre dudit ctiœur et derrière du grand ntitel d'iccHc» milieu et place plus honorifique, un écuston plein, de Brelaine, placé dans un rond en forme de rose el aux quatre soufllels -dassoubs ta leilre M couronnée d'or el my partie en escriture roline. Aux deux soufDcis plus bas, deux escussons dv ffu€ule$ à iiùn étargent r«iiri;>anl; et, aux derniers soufDets, trois écui^* is niy partie des mesmcs lions et mascles. Tous les panneaux de litc viUre cernés de la mesme lettre M. couronnée. Partie d1ceU ; portant arbre de leur devise à raniiquequi ne se peut à présent

vlitre du costé de Tépistrc de ladite Cbapetle composée de

rre de panneaux de villre parsemés d*bermineâ et cernés de

kinettle leUre H à la romaine avec plusieurs et diverses Ûgures

s et femmes à genoux couverts d'habits et mantes parse-

armes de Clisson et dUiermines. •

( CommHniqHi pnr M « Barihélrmf/ » )

St.

)) I|f*K^]uq,(}l,is^i^,jDiîi^Bçssc, iaûsait SOS prières cl x)r.ii;>on*{^iîec.»ps

» religieux en Tan cinq cent Cette chapelle a été augmc»*

Djtée.pîirj^argpt de Çlis&on^ qui la fil rp)>astirj Iî^, dédia àjïo- » trcrDuiuc et la dola. Le chapitre est obligé .de veûîr procfi^r » sionnellement chaque jour de festedela Yiergef.çIeV^iUfie Y cathédrale à ladite chapelle et d'y chanter une mQ$se:Qt|iu » répons en musique. » : .h, :

Ce fut donc Marguerite de Clîsson, celle i'cinme altière àKjfsi son père avait prédit (ju elle causerait la ruine de sa maiisàfi;' qui fit reconstruire la chapelle et la fontaine que nous voyons encore. L'oratoire primitif tombait probablement en ruines; excepté la crypte.

La fontaine forme un quadrilatère qui s*appuie contré b chapelle; l'entrée s'arrondit en large porche ogival; rarcbivolte est ^utenu par de frêles colonnettes, le long desquelles serpente une guirlande de nénuphars, qui parlant de la bacse va rejoindre une guirlande de feuilles de vigne dont TarchivdHfr est ornée dans tout son développement.

Le pignon, fleuronné, forme un angle aigu ; sur ses côtes, sont deux hermines rampantes et sur la face deux écussons martelés dont on ne peut distinguer les armes qui furent probablement celles de Margueri tte.

Aux côtés du porche, s'élèvent deux contre-forts élégante^ en forme de clochetons, ornés de crochets, qui, dominant.la^ voûte au moins de deux mètres, mêlent leur dentelure de gçinît au feuillage de quelques peupliers. Chacun de ces contreforts était orné, à hauteur d'homme, de trois statues qué.reeouvraient des pinacles et qui ont été brisées. / ' [

. Deux entrées latérales de la même forme que le pqrjçh]^ fl^; face, sont comme lui supportées par des colonnettes engagées, avec des guirlandes sculptées, de vigne et de nénuphar^ plantes

aijuatîijuè'â oti ràtApanlos (loiit le f îed semble 'soHtf*'^ mh\e. •" •-- ' ' ''^-^ '^"- 1"'^* •'""• ' ••

h arrêtes ; la partie exlc^t ieuro Je celle voûle forme one pyramide basse composée de longues dalles imbriquées. •La fontaine elle-même est de forme carrée, très-profonde et abondante. £n face, dans une niche, oQ voit une statué de la Viergi" , au-dessous d'elle, Sl-Brieuc mytré et tenant sa crosse pasttH*ak% à droite, et a gauclie^ sur des lableties, saint Jean-* Baptiste et saint Jean rEvaugéliste. Deux brasen bois, dont les mains tiennent des cierges, sortent des deux coté* du nnir, et l'on y voit encore une potence en bois destinée sans doute à soutenir une lampe ou une lanlerne.

Celle fontaine située dans un bas-fond^ cachée pour ainsi dire à tous les regards, doit probablement à sa position isoléa d'avoir échappé à une mutilation complète ; en cela, elleaelé pbts heureuse que la chapelle contre laquelle elle était adossée; celle-ci, complètement dévastée, ne présentait plus qu'un dér^ solant spectacle de ruines. Les murs étaient à moitié renversés, les sculptures l*risées, et quelques or;iements élégants, auxquels adhéraient encore des fragments de vitraux, indiquaieni sinils que ce petit temple avait été visité par les arts.

Bientôt ces restes mêmes lurent détruits et dispersés, Toubli êteiidit son voile sombre sur les lieux où la cité avait pris naîssance.

Mais, lorsque les édiles sont barbares, lorsque les riches ne s'occupent plus que des plaisii^s présents et des jouissances ou lendemain, il se rencontre quelquefois dans les rangs les plus humbles, des âmes d'élite, inconnues, qui comprennent instînciivemeni la poésie des souvenirs, et qui s^iuclim^nt devant jés inanumenls qui nous parlent de nos Jn^res. Ube de ces satiitë& filles qtii font le bien sans bstentatîoiif ^c'^b^f^ ^ SalAl^'

Brieuc, Mlle Bagot, loodalricc (Fuiio insLituliou cliaritable^ ponr les pauvres orphelines, justeoicnt favorisée d*un priîîJ Moiîlhyou; il y a (pielqHes anneeSj elle entreprend la lourde lâH^ che de réédifier la chapelle qui est aliénante a son institutioa;^ el aussitôt elle se met à Tceuvre avec ardeur. Comment par vint-elle a intéresser a cette entreprise ceux qui y coopérèrent C'est un de ces problèmes de charité qu'elle est habituée h i soudre. Combien do nuits la vit-on entourée de ses orphelines,^*! travaillant avec ardeur pour augmenter leur pécule? C est itt» mystère dont nous voyons le résultat. il

Ce sont donc de pauvres filles, des orphelines qui» il y a quelques années^ vendirent leurs longues chevelures pour avoir un peu de pain^ qui ont eu l'honneur de réédilier la chapelle de Margueritte de Clisson ; et ce qui surprendra, à notre épofiue où le vendalisme des restaurateurs égale celui des des^fl tructeurs, on s est efforcé autant que possible de suivre le pbn de l'ancienne chapelle, les murs sont sur les mêmes fondements, les onze marches existent pour descendre dans le chœur et onze autres marches pour pénétrer dans la crypte ; les portes, les fenêtres ogivales, les meneaux, les soufflets sont les] mêmes, mais il y manque les brillants vitraux sur lesquels U | lettre M couronnée d*or rappelait la fondatrice.

L'intérieur de la chapelle est pauvre, les fonds ont probable-^ ment manqué pour en compléter 1 ornement, la crypte ellemême aurait besoin d'une ornementation intelligente et sîm* pie, on y voit un autel en bois au*des$us duquel est.uiiba$relief en marbre blanc assez finement exécuté; il re[ le Christ en croix et^ debout, à ses côtés la mère de doiu leur )| et Magdeleine: un ange accroupi au pied de la cn-oi^c tienÊun^Sf coupe qui semble destinée à recueillir le sang précieux; UQkg autres anges dans les airs et près de la croix tiennent eha^^un un calice. La tête du Christ est l>elle^ mais trop forte

jllequc ses niera lires jKiraisîiem grêler, la vieiye ei la Magdeleîue saut mieux piopurtioiiiiées et les dra|>eries lombenl ou se ddvelopiKuii bien eu larges plis. Ce bas-relief paraît du XVIe siècle. Ou y voit aussi sur deux planchettes, eu vulgaire sapin, les statuettes eu bois de Saiut-Brieuc et de Saint-Guillaume; celle de Saint-Brieuc qui est milic est remarquable par le fini de wneKecution.

il laut espérer que les habitants de Saint-Brie uc feront restaurer la chapi^Ie , ^ crypte et la fontaine, en s'inspirant des anciennes traditions cl qu'ils se montreront jaloux de donnei' un nouveau lustre à ces remarquables monuments qui mar«^' %iueiit le berceau de leur cite, i

OLLiviJiR LE GALL»

Ciliftleaii de Coalélao ea PraL

Apres rînvontion de la poudre el avec l'usage de rariîllerîe et des armes a feu, !a force d*un chfileau n*ëtaîl pas toute daiis' la hauteur et l'épaisseur des murs. Les hautes tours crénelées et les remparts les plus forniidaldes ne pouvaient guère resîstcl* au feu du canon. Dès lors donc le système de défense change*; CefK*ndant bon nombn? de châteaux et de manoii'S du XVë siêl^le^rfcalent entH>re, a Textérieur, une certaine apparence de ' lbty?e< l/eiitrée en est souvent défeuduc [»ar des tours, des ilotk^^ v«, df^ ponts-lcvis cl les murs d'enceintes sont ça et là percés rie tueurlrièros.

Mais, si l'on vient k' examiner de plus près cet nppat^^ît mîlitWïi'e, on reconnaît l>ienlnf que !e seigneur du rbaleau n plutA^

eu en vue d'en imposer aux yeux que de se garauUrd'uoe altocjue sérieuse. . ,. .j.

Lu forme ordinaire de ces châteaux du XYe siècle lébailb forme carrée. L'enceibte se composait de murs et de bâUmeats accessoires. Les fossés qui entouraient toutes les constrodtràs aTûiént généralement une profondeur médiocre, et 3JSUÀ$.|'^i dont ils étaient presque constamment remplis, les asâi^seiaiils ne pouvaient guère éprouver quelque difficulté à les frâncbir^

Un seul exemple suffira pour nous familiariser avec le style de ces intéressants et rares monuments. #

Le château de Ck)atélan, occupé en passant, sous lit Ligue, par le trop fameux Fontenelle et appartenant aujourd'hui à M. le vicomte de Kergariou, est situé à environ deux kilomètresdn bourg de Prat et h environ un kilomètre de ceux de Mantaflot et de Berbet. Ce château est bâti sur un terrain uni el n'a par suite rien dans »on site qui ressemble à ceux de ces anciens châteaux dont les donjons et les tours étaient hardiment suspendus sur les cimes des rochers, comme l'aire des vautours. Dans son ensemble il affecte b forme d'un carré long. La façade principale est garnie de trois tourelles, dont deux aux angles et une au milieu. La tourelle principale, qui se trouve au centre de cette façade, renferme le grand escalier, pour monter aux différents étages. Les deux autres, qui commenhcênt en culs de lampes, au niveau des linteaux des fenètnesdn premier étage, restent suspendues comme par enchanteÉMot aux deux angles du bâtiment et élèvent gracieusement^le^gi^ rouettes de leurs toits un peu coniques au-dessus du'faîleati du manoir. A droite de la grande tourelle, se trouve la p6rte principale. Ses clochetons, ses feuilles frisées, ses moulure^èt son ogive se terminant en accolade, lui donnent 'tinep&rfsile ressemblance avec les portes processionalesde nos églises flamboyantes. Quelques-unes dos fenêtres du rez-de-chaussée oàl

iréf^'àf peu |>ri*s s^ur Je |»iaii de leiuî Blylc j^'imilir. ^ur foriiic aiiiiquc ont cnviitHi-UJi fiiètije hani(nirf;îir5.tiixahlo cciirirnèircs ûe largeur* Une souk de dernièros cstoiicori? munie d? la grille en fcrdontoncral [•r*ssaitYï (le la défendre, sans doute a rëjxHiue de la Ligue. I>oinled des eherairioos sont reniarquabU^s par ïeur forme mBj liante et déliée* Vues dn loin, elles ressemblent un in aux Irautes cheminées de nos usines a vapeur. ,j . u. jj m ^.-Le d«3rriere du château a été réparé et n a jamais été nûssi né que la raçade.^/édifice aflVe ]>eu d^inléret -de œ côté, où lait défendu par la légère pente d'un ravin au fond duquel ^iileun pellt ruisseau. Ce ravin n*est autre chose qu'un der- ' vestige du grand étang du château. Evidomnioni lagrande fiur, qui piécède la fa*;ade, était aussi jadis cJose par une douve, mais il n'en reste plus aucune trace. La chapelle, qui se trouve à l'entrée de cette cour et qui est d'une construction beauiîoupplys récente que le chàleaUt était aussi vraisumbleinent conijuisc d;uis renceinle. >.,,fM i ? ,* ut, >f(fMrKi

(}aesî, maintenant, nuus|K^nélrons dans rînlérienr du château, nous avouerons sans détour qu'en voyant laul dévastes etm:igiutiques salles ou abandonnées et désertes ou divisées et Ugurées par de bauU?s et hideuses cloisons, pour les appro- Ki;raux besoins d'une ferme rurale; eu voyant la nudité de îsniurs jadis sans doute ^^^niis de meubles que la sculpture ût enrichis de ses plus superbes ornements, nous ne saun\s nous défendre d'un sentiment de tristesse, non plus que ne pauriious nous enij)ècher de regretter ces tem|)^ 9^ je ^illiounne habitait sa gentilhonnniére, plantait luî-ijaè^nç» niair»^ Tarbre qui devait rabritcr, aussi bien *|u*il espéfsouventeutendie et voir plus tard, de Tune dcs{j;aleries d<^ IDiureUeK, la hache du bùch* ron qui dans sa luaiui ilédevail

Pîirmi toutes ces^saîles, celle qui avait recule pltistk dévo- >âtîon, c'est celle ou'on désignait sous le nom de salle de billard. C'est surtout sur la clicmiuëe de cet appartcmcat que Tar> chileetè s'est plu à répandre avec profusiou les plus ricAesairlemenis de sou art. La guirlande de vigne qui serpen^ç autour [des jambages, en granité, de eclle cheininëe, domieà^Ue^ lin caractère d'originalité et de grandeur dont on rencontre peu d'exemples. ,îv

Au premier étage de Tune des tourelles qui flanquent lésamgles du château , nous avons aussi renurrqué un four d'une construction assez. bizaiTe. Son embouchure donne sur Ym des vastes greniers du château et sa voûte est percée detit>is ■ luyauXj en granité, lesquels communiquent avec Tappartemeul ^ du second étage de la tourelle. Cet appartement, qui ressemble m à une soi^te de boudoir , était sans doute jadis une éluve ou ca* ■ binet de bains chauds. Par son originalité il nous rappelle ces vers que l'on chantait dans les rues de Paris, duraiille moyenâge et peut-être jusqu'à la monarchie absolue ;

Seigneur, voulez-vous baigner î

Entrez donc sans délaiier ;

Les bains sont chauds, c*estsans mentir.

Cette étuve nous autoriserait encore peut-être à crôîrê qB^ | le moyen-âge quon nous dépeint si souvent, sous de si salèi couleurs, parce qu'on ne Ta étudié qu'avec prévention, âîtnaitJ et estimait la vertu de propreté. On sait que, dans toutes léi] villes, il existait des corporations de barbiei's-étuviètes, ettiVi!-' leurs, dans plusieurs anciens châteaux, on trouve encore, fa^|^ me on le voit, des vestiges de siilles de bains* ^^IH

En résumé donc, quand on n a vu que ces modernes geatîli? ^ hommières, badigeonnées de blanc ou de jaune^quçroa bàlit de nos jours sur les voies publiques, dans ces sites où Von

FBiiéuiiCre nhihrî ni omhx\v^(\ pas i4iis i\i\r suj- I:i rlinr du ro^ cher de la pleine mèrj on trouve d'orduiuîn' <|u il y a ^ipelmi^ chose de grandiose, è^ lîche et de vénérable dans ces ;iuliqui?pffianoiiii noircis par le temps, isolés au bout, d'nnelon^uc ^vcrnue ou eoseiT(?s au nrlieu d*yne Tasio et myslérieusc foret ;jçf Ton est même un peu tenté de croire que notre nioderae î^fgcliitecture civile s est un peu abaissée et déprawe a,y<îiî' liotrê' architecture religieuse»

Le trésor de la ealhétlrale de Tréaiiicr..^^

-ii:j ti

Depuisquelques années, on attacîie une grande impurlanee à des documents qui, pendant longteni[vs, avai(*nt été nég igés: plusieurs arcliéologues ont reconnu ijue les anciens înveiilaï-jt resde meubles des maisons princiëres, ainsi qtie ceux des trfrsors des églises, renrerniaienl une foule de détîtils précieux sur les mo3urs de nos anecires. Les recu«*iISy les plus réjmodus dans le monde savant, n ont pas craint deconsacrer de longues pages à ces nomenclatures, dans lesquelles riiistorieu, Tailisle, I ^tranliquairevieunent glaner tour à tour. I^j Cesldonc hardiment que j'y publie ici rinvenlaîix* du ircHior ^Çc Téglise calhédralt* de Tréguier, tel qu'il était en t0-2(): liouxe ans après, un incendie st^ déclarait dans la s;icrislie, le 5 septembre (1) ; tous les litres, qui nous sellaient aujourd'hui __ijn

(I) Le déiastrc Tut cQtistalê» ftiir U demande du eU»|iilrc^ p^.JPf«ii deTréroil, sîeur «te Oallnré, cnnscîllcr du roi ol «éiicçhal en »ii cuur d<^ Tréjjttivr, atl sîô|^c de Lannvdiif 11' GuiHauiuc Couppr, avocat el «utistiltal du procureur du roi.

si précieux rureni consumes, ainsi que la pluparl dès oujels que nous verrons d'dcrils plus bas. Le feu ne respecta ïjiledéuxl reliques, qui déjà avaient échappé aux dévastateurs délàliigue (2) : c étaient le bras de Saint-Tugduaî, et le chef déSaîîît- Yves. (3) ••* ';

La cathédrale de Tréguier attend encoi^e que quelque archéologue veuille bien lui consacrer une monographie : le db^ cument que je publie aujourd'hui pourra servir a celui ^tiî tentera ce beau travail : au point de vue historique, comme au point de vue monumental, la cathédrale de Tréguier mérité d'ôtre connue: antiquité monumentale, légendes pieuses se rattachant aux premiers temps du christianisme en Armoi-iqùe, souvenirs hislorîqucs, tout se trouve réuni dans la vieille cité de Landtreguor; et, si une chose m'élon ne» c'est que jusqu'aprésent, personne n'ait encore songé a mettre en lumière tout ce qui touche à la métropole de cet ancien diocèse breton, que le gouvernement a eu la[généreuse pensée de faire revivre dcr puis un au.

(2) Xous trouvons iluiis les coin pics il u chapitre, conteinporatns des

IpiorroM du la L'ij^uc, difTérculs passa(|^cs qui iiidiqticut le soin que l'on

prcunît de cacher les principaux reliquaires ; en voici quciqucs-ttos:

i«595 el lo«)4. compte fie Guidaume Le Joiif, chanoine : « Poar

» avoir faict fiiire uue clcfTsur le grand coilVc qui est au revêt ticrc« et

9 aceoulrer la elawure qui estoit rompue au ravaii^c de la villci 2o8'

» — Pour avilir faicl tirer et remettre le clieil* luonseijjncur Saint- Yves

• pur quatre ioys, 5 s. '^ d. — 14>Î)7, coinple de Iktfriterin Semdle »

9 cfunioitictJtcolotfnl : • Pour avoir tiré le cheff de inonseig^neur-St-

» Yves de la cache oii il cs*oint au jour de la Teste eu octobre» 13 s. C

» d. — Pour avoir l'ait serrer le elieii* et les bras de rnooscignctir SI-

» Yves, le haston épiscopal et le haeton cantoral, 1^0 s. 10 d»

(5) Voici couiment s*e\primc à cet ôçard le sieur de Ballorc /tans ton procrs-vcihal : « Fors un hras d*ar{jeut auquel sont les reliques do » hicuhcnicux Saint Tn;;dunl patrr.n do 1 idilte esjj^lisc, qu'ils uuroîcnt

•^ tm

fj 1^3 çhùiï iJp u^msieur, î^L-Yvcti c^jt Iii^s^j eM,nrgcii,U4.t en Ifîitollc d';M*geiU doré eutour dudil cbclV^ <>Û il > ^^voil uuircp ^ys qualtre attaches de clmcmi cusié de |»ierreries, il iiy a au^ cuuapresaul, iiiais toutes j'oys lesditte^ pierres 5Qut atif^clices avecq leur eiichasseures d argent avec une enseigne d ai'genC doré, où il y a aussy sept |>eiites pierres et une grande au ntitaxi avec leur encbasseure avec un deaii gloUe de cristal gamy uussy d'argent, et une autt^e enseigne en foriue iVagnusdei cuuvert avecq une verrine de cristal;^ le tour desdittes pierres al- (acliées au col dudit chclï avec un ruban et une chaisjîelle d'argent, ledit clieff soustenu sur quattre liun*:eaux d argent doré dont les deux de derrière sont destaches, ledit chef!' re-luins en l'armoire ou il .'îvoit aceouslumé d'estre, m (i

a l}a relicquaire d*argont en forme de hras conleiiuiit un os duhrasde M. St-TugduaL » -

i^ Déclare ledit sacriste que un attire reUrr^iaire dé cc^^t^t

•J-Lii j L.i i ^ -:^'i ^ — ^— ^ — '

• trouvé an luSlIicu et au pluH furt de l'cmbraFomont, et 1*ttilr(Vient f^ » lire et rcmun|iic tout entier, san» que? Ictlil feu y enKl fuie* tue bu ne

• CrNction ny offenc*», ce (]u*avons ven en préscjiee *(eH<itetsi ftit'itrrba* w noîfiea el ilu totii les ns^isiaiil» estre férîUitUf ea «[ili ti«? |»t:aU ^slrc

• fpii! pur nue ilîviiif ^f^raec spécîafle et minirle t«nl particulier, tmif»

• aynul^ fisseur^, îoH(lietseli*iiioin<?s (pieUnlirl liniscf^toit utt(li**t etuIroU

• de Uiltctt* presse qui « e*lé lirnlîêe; et nnuH unt an»î»y îesdielu La- B frtkdce el Piequart ilict avciir tn>uTé les clieff ilc monureirr S»îuel-Vve», B ffucbassé, H'arijctit euuar* trmotrefprèîi kAtlicte pri'9»€ tiruîftlce, R*n»g4|lie M Icitnl obéit eiisl este Cii nïirbiiiie faron ciiiLjîiiriKiyé.

r' i\) Drs hlfc's Jo*ar<'iiiv(!^ *'i*pàiuU*ic li^a^ f.ài.i i-*Min«Uru fjti'il fut «Ifiiiné «Icii parcelles de* reUipiea ilo Siihit- Vve&à plimieucJi reprise!» ; oims verrous pU« lias ce tjiii çoiiccrni» le ri»i ùu Ciijpre i nolnn^ irî qtiVn 1037 il en fat envoyé aux prètresi de la congrêi^alion de ^I-Louih A Homeï le 7 avril in5î>, JeHn'li.ipli*tc de KcrfUKjy , kIcui^ de Kernel, fui cbargê p»r Té^^cjne d cji prtienlcr «n mi dan» une .boite dVprnt

— wi —

égliise aussy d*argeiir, avccq un demy globe dé' ciMstaVcfêésns^ dans leq^oel il y a un os du bras de M. Sf-Tves, ési en liai chi^ pelle duditSt-Yves qu'il représentera demain. » '*^

« Un raliquaire d'ai^ent en forme de mitre couvert d(^nn^ verrine avecq une croix d'argent, où il y a diverses rëlîcqàesV ladite verrine cassée en plusieurs endroictz.

« Une croix d'argent platte et creuse à deux bratietie^, ^âute d'un ampanet troys doigtz, avec son soubassement d*ài^éntêa laquelle il y avoitautresfoys des reliques.» ''\

« Un grand calice d'argent doré, avec sa pataine ayant une, agatteau dehors delà couppedudit calice autrésfôys rbinpaé en divers endroiclz etraccomodée apresent, garnie en la patte de quatorze pierres enchâssées et deux autres pierres perdueSy. la couppe dudit calice, un peu penchante, marqué B. » -

a Un grand calice d'argent doré, avec sa pataine marqué A, haut d'un ampan et demy, portant les armes du sieur éveisque du Chaslel, le vis dudict calice démonté du pied et la pataine renversée au bord. » (5)

« Un autre calice d'argent doré avecq sa pataine marqué Û, iedict calice en partie dédoré par usage et la pataine dessoudée en la moitié du bord.

« Un autre calice aussy d'argent doré, marqué au fond D, et au-dessus de la patte marqué des images du Crucifix, de ceux de St-Yves et St-Tugdual, avecq un écusson ou il y a un lion, et sa pataine aussy marquée D, aussy dessoudée d'une partie du bord, » (6)

(o) Cbrislopbc du Gliastcl, évoque de Tré^uier de 1406 à 1470 : il., \un\»\\. fascé (Vor et (le f/nenics de six pièces, . .- .

(^yXous ne pouvons dire posillvemcnt si ce calice était celui de Ilfi- {;ues de Coètirec'iiz, on <lc Guillaume du IIa1é(]^oët, qui portaicul ton» ditix uu lion daus leur blason.

« Autre calice d'argent Joré et sa i>aiaii\e^ kilit calice m^r- <JueE, ilesilore en divers endroictz par usage avec une image <l\ui Crucifix en la patte, dont le bras est rompu, avecq un écussop des arnicii de Frauce et de Bretaigae en ailiance, avecq une palaiiie aussy d'argent doré nou marquée, «^ (ï) «'^

« Un autre calice d'argent dore sans marque, la patte usée et rompue en parlie, sur laquelle il y a une image d'un Crucifix, sans croix au-dessous, avecq sa pataine de mesuie. n

« Autre calice d'argent dore sur la patte duquel il y a un Crucifix et des armes de Kermartin en alliance, branslanta la soudure avec sa pataine marquée t\ une partie du Iwrd dessoudée^ ^ (8)

c Autre calice d'argent doré m;n\|ué T qui a esté autresfoys rompu parle pied^ auquel endroict y a aprésenl une cheville de boySj sur la patte diuioel y a un (^ruciflx en la con|)[)e duquel y aescript au dehors le nom de maistre Jean Gouimelon, avecq une pateine d'argent non doré d^^ssoudée au fondii. »

^ Un grand calice d'argent doré cizelé en la patte, en la couppe et en la pomme, doimé par SI. d'Ainboyse évestpie, ses armes au dessous, avec la pataine aussy d argent dore,*' gravée, cizelée et émaillée au dehors, oITencée en deux enilroicU. » (9)

X 7) Le ctiUce éUii pi-oliablemciit un tlon ilMnac de Oreta|;itc,

{û\ Le Itcf (le Kermartin appartint à la famîUe de St-Yvea llélory, qui porUit d*arà la croix ent^resiée de sablù^ cantonnée de tfuaîre tuerions de même, Lji deacrtption de Tinvetitaîrc est Irop laconique p»ur que noua puissions savoir si ce calice a appartenu a SI-Ytcb lui même, on à Alain llclory, ion parent qni fut évt?i|ue de Trégnier m

(9J Adrien d*Amboise, érèque de 1301 à 1316 : il porlttl p^Uâ ét^r et de gneHU*x de six pièces*

t Dédare ledit sacrisle avoir Imîllc un aulro gKiiïd' ëàlîce d'argeul doré cisèle, avec sapataînedc mesrae, au pè'rè ciij)iicm (jui a i)resché en ccste église Tadvent dernier, et leqiiferdddepuis ledit sieur trésorier dict avoir laisse entre les biifitik'âu seigneur évesque, et dont ledict sacriste dict avoir téce^îsse' dudît seigneur évesque, lequel néanmoins il promet teprêàenter ce demain sy besoign est. »

« Dict aitssy ledit sacriste avoir baillé un calice d'argent doré au gouwrneur de la chapelle St-Michel par ordonnance 3u chappitrcdu 17 juillet 1623, et a présentement apparu le récépissé qu'il a retenu. »

w A aussy ledit sacrisle apparu le récépissé d*un autre calice d'argent doré, armoyé des armoiries de Janne Lestîc, délivré le 30e d'aougst 1602 par vénérable et discret Matburin Lhostls lors chanoine et procureur de la iabrice de ladite église, et a ledit sacriste emporté ledit récépissé. (fO)

» Déclare aussy ledit sacrisle avoir cy devant délivré un autre calice et pataine d'argent doré armoyé des armes de Brellidy à inaistreFrançoys Lôgiou chappellain delà chappellenye dudit Brellidy par commandement verbal de Messieurs du chapitre, duquel ledit Logiou est encore saisy. (1 1)

» Déclare aussy ledit sacriste que maistre Guillaume Chassé vst siiisy d'un autre calice et pataine d'argent avec leur esluy données par ledit sieur évesque d'Amboyse, armoyé de ^ armes desquelz il dict n avoir jamais esté chai'gé.

» Deux grands urceaux (12) doré ciselés donnés aussy parle^ dit sieur évesque d'Amboyse. -

(Xi)) h;^ ÇamlUcMjC^iic^ [}or\.i\\l (rat'fjent au chevron (le gueules^ ae* compagne de trois tourteaux d'azur.

(11) La scif^ncurie de Brélidy uppartinl d'abord aux Rostrencn, poî» aux Ploësqiielloc.

(\2) UrccaU) \\i,' ni de rmolu.'i, |iclil vase. Vrc( oUtS quid sif, /»•

hW

p^ur \^ïny les couvcrluros soûl apr^^scMU ûv lil irorgi'al.

u T\^ fiv iircvauxtlc crisUiI ^SArnis de trois lik^ls durgiMitdt}i ; en l un desquelz il n'y a que deux filelz et ranee

(lerdiie, <Je lauireTuacdes ancesdestacMeetruncdesaUles dcraugçlûtquiscrvoitd ance, perdue, el runde^lilscristatix feudu par a haul.

ij Une croix d'argeat doré avec sa patle on ovali^^ arninyr ^e^ anues d\i(\ii seigueur évcsque d'AiulïoyM^. i » Une pisci|ie ou benesticr d'argeul doré av<?c iM)a luiceot as|>crgeoir de uiesme arnioyé des arrïies dudit tiiour évcsque d'Auihayse, un peu cabossée.

» La grande croix d'argent mi vaul unlinain lui »a tu çe*>ltî, esglîse, avec tout le manche couvert d^irgeul, , r; i\

« La grande [ûsctne d'argent avec sa prise et aspergeoir ar-' iDoyéedes armes du sieur évesque du Chastel a Iroys fusses de gueule, avecq une crosse, ayant le bord dessoudé para hauU.

» Deux grands chandeliers non dorés a hautes cauouillcs a uiides aussy un peu caboczds.

p Deux autres diaudelicrs d'argent non dorés ri/i-lés et mar- 4jiietës un peu caboczés.

»Di3clarc ledit sacriste qu'il a deux auli*es chandeliers de miidiocre volume, d'ai^ent doré cizelés, donnés par ledit seignetir évesque d'Amboyse, et annoyés de ses aniieSj étautz apn*senl entre les mains de iMonseigneur l'evesque a luy laissée par le sieur trésorier pour senir au jirédicaleur, et dont ledit sacriste a recogna issance qu'il apparai&tra ce demain, ee que ledit sieur trésorier a aînsin recogneu,

quêdo patii \ vsl cnim vas supcrius^ uutle htvftuflh mnnii/ius affua ùg* ^MJt i/ifiir* L.iiifranr us ount« e|)îst. 13 — ^ Les hiurcUcs éiuiciil uutit»! ilv- •■^iN*e^ pnr ca mol ; Uhqs nrccoloi argenUi<*i prt* uin^ cl aqua.

» Tue q'psso (l'argeni autresfQyjsdoréç osmaîUéei^i^i^fiœ- ^, ou ]r avojt guelqucf pierres e^cha^ssées 4o^t.;lplN|Ki4l«l manque nëîïjr, et pinq quy sont apresen^ lemailpt^.Bam)r4fe troysboûlles et partout jele^'é à fleurs (ie lys.ea l)068e» qtty^se ^(E^monte àdnq pièces, elle bas du pied cassée! dasittofertéi ùl la pièce représentée avec deux éçussons d'argyant eu Mon jU geule, au-dessusdeTun desdits escussons manque unq.pfiÊPfe dargent/(lS)'^ . .......: 1-..V0

» Le baston cantoral d'argent avecq Tiniage de M. Sfliiwfe?, Yves au hault teiiant un bréviaire d'argent pendant en la.moui^; le manclie cassé avec un escusson des armes de Bretaigae da^ taché. . .♦

» Une masse d'argent avecq la crosse du bout doré.

« TJné autre masse moindre, aussy d'argent uoa dorë^ oflen^. ■cée en plusieurs endroilz.

1)' iSeùx encehssoueres d'argent ayanlz ciiacun quattre dvàkn iieftésetuneboucle au hault. :/:,i

1 Une nacelle et cuillier d'argent pour porter et servir Teib^ cens.

» Un cresraîcr d'argent avecq ses troys burettes gravées et, dorées en plusieurs endroictz.

» Une image de M. Sainct-Yves preschant en une chsMre d'argent doré, quattre personnages escouttans, lé toiit sùr.ûa , soubastement d'argent, l'attache de Fun desditz personnages rompu, le tout d'argent. (Il) ' '^ '/',

(13) Ce soMt les armes de Hugues de Coctredeit étéquer A 'Ini^ C^uierdelMIà IMS: ilporUit aargeni OHlionde gn9uUÈi,'>,\ :^» -iib^'

(ik) S'il cstoit soif^neux de nourrir corporellement les panvres et les substapter du paia matériel, il l'eiloit encore flut i jioamè lëiH amet du pain de la ^ie, de la parol^e-dc Dieu. 11 mm me coaHmloA |M4I^ pretcher ses pairpissiçnB, il presçhoît les autres circonToitLati^ffasieM^t'

.«nspr

ifûtiôri d un Ivômme el une rémme rcprescnunt

i enfant liev^nit un ^ulci au-dôssus duquct ùsl limage de W. "^'-Yves, le tout d'argeat sur an soubassement de boys- (15)

Lti représenUtion de Tiinage dudit sieur St-Yves, baillant du bled d'un coffre a uu jutuvre, avecq un couble dans un sao l^taul d'argent, avecq un pied d estai de boys. (16)

• V*One fbrnio de grand clocher a doubles guariltes^t piramî^

Kê au dessus on quarré, rompu et oITenc^ au bas de la première Miritte, le tout d argent, ayant deux pierres enchâssées au dHIflDUsde ladicte première guaritte.

-*>âuti*c petite tour d'argent a une guaritte et piramide, estant un peu rompue au bas,

n L'image M. St-Yves couché sur une claye aussy d'argent a¥Ocq nn livre jKiur chevet. (17)

Ïn Une image M. St-Tugdual marchant sur un dragon aveeq i tiarre papallo, ayant le bout de sa crosse rompu et destaché liant seulement h un BL (18)

|»jir foîf^ troït et quatre |>rcdication« par jour, {Léff* de Si*YvûÊ)^ -* Taola crat in to diccnfli fis, ut ipit Spîritus Sanctus loqueadl verbal ^ •uggerere vîilerctur. {propr. Kamneî,)

(15) L'enquête pour U canonliatîon de St*¥vc8 meutioDOC ploflie^f î» ràmrrectioDs d'eofautt ducs à son tntcrceêiiou.

(16) Il dattnoit à pleins boisscaui son bled aum ptiltreti ttaldu f%*

Yena de ^od patrimoine que de son bénéfiee. (Lif^. de 5i-Fv€i.)

(1,7.) %^fk Itcl ordinaire D9 toit un peu d<! paineépaadiie tor «a clajc liât ne de gro«ies verges, ayant sons aa tetle une bible ou quelque groalé pierre. (Lég, de St^YTes.)

(i%*\ Guère loin de là, il y avait un dra(^0Q qui inrtoit parfoti de aa eari^rnaf dévorant bommesp fcnimea, enCaiita et bettaU*.*.* l£> partict'> li«t«-ileeea terres FÎnrenltraitferSt^TafdQval et lui repréientireiit le*

1 Autre imagCMlo M, Sl-Yvcs ol qiiallre îiiiages d^appostrf i de lîiesnie grandeur, le tout d 'argoiil doré .

» Deux livres île vesUii iii-foiio, pour lim les rpi&ires el e vangiles, chacun d'eux couvert d*uu costé de lames d*airgeoi doré, le& quallre crochets détachés et en divei^s endroicte da bords plusieurs lames d'argeiU perdues^ armoïés des armes du sieur évesque Coalquiz; deux desdits crochets avecq leup^pcîrfi ses représen tes. (19)

^ I; imago d'un cavallier armé ayant son casque en ^lesiei son cheval cappanisonné el bardé, la lance en main, l'un di brasJudil cavallier destaclK^, et la jambe droicte dessoudi avecq quattre grandes boulettes d«rgenV a Tune desquelles bouleltes manque de ses attaches, à une autre desdiltes 1m)ulettes manque aussj utie attache, Tescu dudil cavallier arnioié en e^charpe des armes du royaume de Ci|>pre, le tout d'afgeal esmaillé. (20)

duintiiAjjes que ce ilragon leur fiiAÎâoiti tant eu tt^urs personnes i|v^ leurs litena : le sainct Ici eousote^ et le tondemaiii, après avoir eèlébré ta messe^ revcstu tle ses ornements saeeriloluux, it prit la croix en laati et se fit cuniluire h la eavcruc du dragon ; et luy ayant eomaiandé de sortir hors, il tny lia son eitolle au col et te Iraina ainsi sur un roelicf, il'où il luy cominauda de se précipiter dans le tirât de mer qui liât an pied, (Léff. de Si TugânaL)

(19,) Jean de Goëtquis» évoque de 1454 k 1464 portail d*ar^eat4a sautoir de gttetdtSf accompagné aux flânes cl en polncte de irms qmiidA* /euïitts^ et en chef d'un annelei d*; gueules. Ses armes sont peintes daBs la Terrtèrc de 1^\ D, de la Conr^ eu Lanlle.

(!20.)Le royaume de Chypre et de Jérusalem portait d^ttr^^a^'Wm crot.T p&tçncée d*Qr^ cantfinnie de quatre croizettes de iirMr. J*at tl trouvé dans un rej^^iitre eapitulaire l'arî{;-înc de eet ex-Toto. Le M atni 15U4 Cbarles de Elyii, et Jeanne sou épouse, visitaient le tntnl»ea!i ie Si- Yves : pour obtenir quelques parcelles de se« reliques, ih accur-

♦lUii/^ lampe craî^^'cni à Iroys graudos dminc^uit troyf^ petîtles cbaÎDettes a iroys petits anneaux anuoiés au bas des ar« nesdu sieur évesques de Plonec a troys chevrons rompus selùës d'eniiines. (21 .)

1 Un eîboîrc d'argent doré avec la couppe d'ivoire, et aé* dessus une verrine garnie d*argenl doré el quarré pour mettre la saincte hostie.

• Deux anciennes niitlres précieuses enrichies sur fondz en drap ti'or de pierreries, perles et lames d'argent doré esmailïées, dont il y a quantité quy sont détachées et de^nchassees,* le tout mis dans une caisse qui a esté emballée de ficelle, et cachettée du sceau du chapittre et relais^es au coffre des autres argenteries cy dessus.

» Deux grands chandeliers de cuivre servantz aux jours ordinaires dans le chœur.

1 Deux petits chandelliers de cuivre servantz auxeufaqtz de la Psalette aux jours ordinaires.

* •' Une lampe de cuivre dont les chaisnettes sont rompues' pour estre au chœiu* devant le Saint-Sacrement,

n Ne sont coinprînses au présent inventaire les lampes d atlaclie csUutz en laditte église.

ï» Deux encensouers de cuivi'e avec leur basteau ou nacelle.

les chaisnettes desdits encensouers un fïcu rompues.

if è rérèquc et an cl&ipîlre de grand» prml%e8 sor lesquels j'ai ikliKé ntie notice dant la bihliothltjue de recule des Chartes* (2* série^ lit, p, 233j: il» désiraient envoyer ces reliques a leur cousin le roi ^Chypre <}i»i| gràeeà l'interccsaioia du Satnl Trécorr<»ts» avait échapl^à fiitgriLpd periL Cet cx-votû atail saos doute été envoyé par ce Inveraîti.

(71*) Jean de IMœuc» évèquc de itih2 m 14S5 : U portait d'Aeffnirtff k ois chcvmus de gueules.

— sao —

» Troysfers a i'aîre le piint îi cham pourcéIéf>rerla ihè,*iwJ

» Deux piïitles d'fslain pour metlre le vin et l'ewi à cô^ébrer les messes.

« Un pbl d'eslain chi ovalle pour servir il FauleL

9 Quallre orceaax d'estaîn.

n Eq i endroit ledit sacrisle a apparu un relii|uaire d argent

en forme de bnis droict au-dessus dyquoi y a une oi^allede cristal avecq vingt ci Iroys pierres eucliassées, et trois [contenant partie des relic|uesdeM. Saiuct-Yves^ non \44 h ,iii , surplus*

CBiPFES;

n Une chappe eu drap d'or reeanié à fond de veloor rouge cramoifty aTêc un ehasuWe, deux tuniques, un estolleet m fanon de niesme parure ariuoyé des armoiries du se^ieiir éveaques de Ploec*

»» Une chappe de'tôïïlè d*or, avec rôrlrais et humerai, à brodnre de petit poinct garni de fraugion de soye bleue ^ ttti chasuble, deux tuBÎcques et deux estables et un fanon de rnesni*' parure, iesdîts estolles et fanons my usés*, lesditi ornemÊtïk armoyés des armes de maîstre Gilles Quemper chanoine tle( Tk^iev et abl>é ée Bcaui>ort, (22.)

» Une chappe db drap d*or rehaussée de broderie d'argentj frisé avecq lorfray et humerai de broderie au petîl poincli aVecq le gros boutlon a frange de soye rouge cramoîsy,

» Autre chappe de drap d'or fusé de soye rouge jellaïMi bioderio d*argenl fuaé^ avecq lorfray et bumëral h brodarMs i fil d'argent el ë'or k ])eiîls poiiicts^ avecu le gros bouUM

.o'iu-»

ifçnt an léopard de salfk açcompufjné en chef <lc ttQÙt eoifuiUrg de

5ei

^ avec les armoiries du seigneur car^ Je évesquo estt? de ceste église. (23.)

» Autre chappe de drap dorgauffrë^ avec leliuméralcior* fray au petit poiuct, fraugeon et houppe à ûl dorelsayeratige erauioisy.

i> Deux cJ*a|*{H*s de drap d'or rehaussé de frisuiXî d'or^ d ar- *^^Ttr oi velour rouge craïuoisy*

Autre cliïippe de vclour rouge cramoisy eiitremeslë de tis^ Èurc d*or à graiuls flearonSj le humerai el borfraisà broderie à petit ^incL

j» Une eliappe de drap d'or frisé avecq une grande bordure à l'entour de velour a broderie, un chasuble et deux tunicques de mesuu* parure, armoyés de France et Bretaigiie ea aUiaoce^ plusqui^my usés. i i i! j m*!

nu ip^Utiediappe loille d'argent avccq tissure etsoye violette, le buraéral et pan^ueutz relevé de broderie d'or au (lelit jmiïict il fond de velour.

p Autre chapiie à fond de velour violette à tissure d'or avecq iehujuéralct orlrais de broderie dor à fond de velour, mi chasuble, deux luniojues, deux estolies et trois fanons âe uiesiJie parrure armoyés des armes du seigneur évesque de Orignaulx. (24) .....

» Quattre cbapi»es de velour violet relevées à broderie, deux d'argent et deux autres d'or à grands fleurons.

Autre chappc de velours violet a tissure de fil d*or arecq iuchasuble et deux tunicques et deux fanons usés de mesme jfcarrure armoyés désarmes du seigneur évesque Calloet, (28J

"il/ (^3«) Vtn mol est GO Jilftoc clftDS ruriçiuttL

.. (24.) AûloincdiîGriguimx, évc^que de 1505 a 1557^ portail d« ffueules

UH chevron fVoy, acvowf nique de trois croix pôteitcéeê de même,

<25.) Jean Ciitlal't^ éTéc|uc de iSûl à 1505, portait i'or h la fktoe

rf- I montée ffnnc mçrteUe de mémv^

» Huit chappe^ de damar blanc garnyes de pjorefldeat&d^or dont il y a deux neufves et six un peu usées, avecq deux chfrsuMë^, 'qttathrè tuHTcques, cinq estolles et six nanipiilës de mesnie {mmiihe, armoyés des armes du seigneur éveàcpie dcAmboyse:- .■ :. ■ ■ ■ ■ ^ ; r"

» Une çhappe dedamar jaune incarnat figuré;^ ^ m*;'! / ^

» Uiie autre chappede vetour bleue gamyedeoocqiijillnet croissantz à broderie my usée. ^ ' J,/ .;.!.

» Une chappe de velour rouge à broderie de fleufdiis^ Éij ôoyeètmyor. * v

' 1 Quattre autres chappes de velour jrouge diversomontgar** nyes et brodées. - ,

» Trois chappes de petit velour noir my usés. • * ^ • •

» Un chasuble de velour noir avecq la croisée desdCîn Maoc; deux tunicques de mesme parrure un estable et deux -fanoBS» letoutnenf. • — '^"

» Un autre chasuble de velour noir et deux tunicques, deoi iestolles et trois fanons do mesme plus que my usés.- ' :

' » Ub chasuble et deux tunicques de certaine e^ffë ^'ài»j« rouge semée de fleurons d'or doublées de panne desoye'pres^ que usée.

Y Un chasuble et deux tunicques d'ancien satin blanc semé de fleurons de diverses couleurs aussy my usés.

» Un chasuble et deux tunicques de vieux velour relevé de broderie de soye d'or et d'argent presque usées. .

D Un chasuble de velour violet avec la croisée de velour 1^0117 ge, semé de fleuron à broderie d'or. • » .

» Autre chasuble de velour violet figuré avecq la crbîsQerà broderie à petit poinct.

» Trois estolles et trois fanons de soye de dîvefrScs covACfitë. » Trois estolles et trois fanons Je toîllc' d*or fortuscf^^^l

50^ dotif en les raLitlmil on |iûurra laife deux e^^ieâ'^l deux fa-

nons.

iJW / {V II r!'>VJ4/MM /H «li tî / h }•

» IMusatiroit ledit sacriste représenté cia<jestoiles et dix lanous de diverses estoffes toutes usees^et qui ne jK^uvent servir.

» Un parrenioul; ou devant dauHel, dedaniar blanc avecq, deux pantes ou tours de mesiney avec la frange desoyc blanche arnioyé des armes du. seigneur évesque d'Amboyse, et deux rideaux de talleias blanc pour garnir les deux côtés du grand autel dudil sieur ëvesque.

% Un parrenient, ou devant daulel, de dan>ar rouge cramoi&y. avecq quaitre rideaux de niesnie estoffe, deux grands et deux médiocres, arnioyés audit parement des armes du seigneur évesque.

» Quattre pantes ou toursde velour rouge cramoîsy relevés de broderies au petit poinct de fil d'or et d'ai'gent, avecq laci*es* pine et frangeoti de soye et d'or, deux grands et deux médiocres.

» Plus une pièce de semblable étaJTe et parrure que les dits

ites et toui^» qui sert pour parer le dessus de l'autel au lieu

.tableau.

il Autre pièce de velour rouge plus use de la niesnic broderie au milieu, servant de poille ou de ciel au-dessus de FauteL

t> Une pièce de damar rouge craraoisy servant de poille ou

ciel pour porter le St-Sacrement aux malades.

Autre ciel ou poille de velour tanné, relevé de grande bro-

ïrie d'or et d'argent, avecq les escussons et armoiries du sei-

iëW évesque Grigncaulx; ledit poille de ciel servant pour

)rter au dessus du St-Saorement loi*squ*il est porte procès-

mellement* 3 Une pièce de petit damar blanc servant de garniture et pal:c^iae^ ;i la chaire du prédicateur, avecq le tour auhault de la- Ijiiç iJmvfif de mesme parrure.

mé^'me conlleur^ avecq le doczier et peliljl^ur deoie^i^^ç ^Ifif^. pour garnir la chaire épiscopalle.

•» Déu^ tait^àûx de^elour rouge, avec les b6uttond|4eWu|)^ pes de soye de mesmé couUetii*, poiir servi r a mettre' eti làâîtï* chaire ausdits bfflées poiitiiïlcaux.

^ Atit^ tapis dé damâr blanc fort ancien à ghinds fteurons^ setvi^trt k mettre devant Toificiant aux olïicès canoniaux. ' \ ' » Dix carreaux de damar à mettre sur Taûtel, presque iouéùlsy deux ronges, deux blancs, deux violets, deux verdsetdetix noir% a l'un dédits carreaux noirs il faut une houppe. ' '"''"^ ■p CincpesDuysk mettre les corpoi-eaux des cinq cMilléiirt! cy dessus avecq la croix et parement d'àrçeni. ; ■ • ■

» Cinq voiles des «nesmes cinq coulleinrs, dont il y a quattre de taffetas et un de damar avecq la croix d 'argent .

» Cinqpetits carrés pour couvrir le calice de damar desi cinq couUeurs cy dessus avecq lesmesmes croix d'argent.

» Un devs^pt d'autel ou parement de drap d'or servantavx solennités pour couvrir la tombe du duc. * i > i j

» Un autre devant ou parement d'autel de vieux damar B-^ guré, plus que my usé.

, » Quattro vieux carreaux, dont il y a trois de velour rotigè, en l'un desquels il n'y a aprcsent de boure el l'autre de vieux damar figuré jaune.

» Autj'e petit carreau de vieux damar de broderie d'argfial servant à mettre sQubs le cheff de M. Si-Y\es^ plusquQ'my usé.

9 Quattro voiles, trois de tafloius de diverses couleurs^fA l'autre de camelot pour mettre sur le St-Cresmc. ...

» La bannière de velour rolige crumoisy relevée de flgur«sà broderie à petit Doinct d'or otd'ar^^ent. et doublé do l'aulfe

ciist(^<îô lîathnvroiige^ arecq autres ngui os :t NtTMlrrit^et frunge^ dé srivë tout ileiitoui .

1 Un grand rideau dosarge de caw vert, ^ervfiut à couvrii: le grand tableau de la chape^e du duc; et oui esté l^sdils «§loffe el ornements relaissés eu la pocessiou dudil sacriste. ,| »

1 Un ciel ou poUle, au-dessus du grand aulel de sarges de Oaen rouge, avecq ses panliset tours de reseul de fil blanc el ouvrage de poinel cuuppë.

» Uu autre poille ou ciel au-dessus du Crucifix^enlanef de ladilte église, et un doczier derrière ledit crucifix le font doublé de sarge de Caeu rouge et aussy couvert de inesme reseul de fil blauc et ouvrage de poinct i!oupi»e. r' ,

• Une chaire peincte qui se plie pour servtrà MM. les chanoines lorsqu'ils otïicieni, le dcssonbzde xoloiir ras, faczon dé llouen.

UYE£S DE L ANCIEN OSAIGI.

/tf Deux gr-auds graduels escriplz vl nollés a la main sur veslin reliés en boys, ii l'usage de Char 1res ry devant practicpiéecn oiÇ^û église, qui servoienl au grand chœur.

» Deux antres graduels moindres, aussy sur veslin, nottéset

iptz a U main, de mesme usage et reliés comme devant

l*uur seï:vir au cœur du duc, ^^ j ,p^

> Cinq psautiers pour le grand chœur, aussy cscriplz et nottég

à la main sur veslin de nirsuie usage^ dont il manque quelques

feiMets en trois tï'iceux.

p Dix grands livres ou anliphonïors,conienantzIesresponds cl anthienues, de Tun desquels y a un cahier perdu, et des autres il a qu<*lques Teillets perdus, te tout en veslin desquels y en a aprésent un accommcKié à Tusage romain, * **'•

• Deux légendaii^es coutenautz 1<^ leczons de tout Tailles- <î?ipl'/ aussy a la main sur veslin.

>» Deux proeessionneh ^ur veslin ausqueb sont au^y les veuilles a note. *^ , ' • : -

» Trois collectéreaux sur veslin, contenântz les ôraiséns de tout Tan et le commencement des ânthiënnès/ ■' ^ ^* ^' ^^*J':

» Autre livre en veslin contenant les quattrè passid&sf à nbttej dont il y a quelques feilletz égarés. ' /

» Tous lesquels livres 6y dessus sur veslin, eéorï(>tz^ et tiôttés à la main, comme dit est; sont tous relyésen boiâ et^toiîéli f ûsage de Chartres. > '.

UTBSSlIOUTKâÛX SUR PAPIKH;

» Six misseauxdont il y a deux in-folio etquAttre^a-quarto, tous à Tusage Romain de l'impression de Paris.

» Deux grands bréviares in-folio^ pour les deux temj)^,^ rasage romain, escriptz les rubricques en franczoiSj, couveplz^^ maroquin rouge un peu usés et déchirés.

» Deux psautiers in-folio couverts de veau noir aussy à l'«nsage romain, un peu usés. ; t

» Deux graduels aussy in-folio à l'usage romain, l'un grané pour le grand chœur, et Fun petit pour le chœur du due«

» Cinq processionnelz dudit usage in-octavo.

9 Cinq an tiphoniers in-quarto, dudît usage romain^ et an autre antiphonîer qui a esté perdu du chœur puis peu de joun duquel ledit sacriste dict n'avoir jamais esté chargé. - -

9 Un petit livre in-octavo contenant le martirologe pomàîn, couvert de veslin.

» Deux cannons à mettre sur l'autel, l'un de vesKn> et l'autre en pappier.

1 Treize grandes voillcs ou nappes servantz pour le grand autel, toille blanche, la plus part dougée.

» Autres treize nappes ou voilles pour Tautel du duc de toille pareille aux autres cy dessus.

^ ,^» lieux aulres nappes OU voilles loul uses m? pouvant pru$ «ervîr audit usage,

^.Neuf vieilles aubes dout il y a deux plus qw: niy usées ; plus deux aulresaubes toile neurve et daugéeaveoi leurs aiiiitip^y qt ceintures et uue autre aube qui estesgarée,

)> Cinq autres amitiés de toillc my usée- ; j, Six ceiolures de fil pour ceindre lesdilles aubes desiiuolles ceintures il y a deux my usées.

» Quatorze serviettes pour servir à TauteL

» Trois touaillousa crocq pour servir en la sacristie à essuyer les mains aux célcbrans.

» Deux grandes pieczes de toile dougée. en forme de rideau, pour couvrir en Caresme le Sancta Sanctorunu

>» Autre grande pîecze do toille pour couvrii* en Caresnie le dessus du grand autel.

» Quatre grands rideaux de toille blanche servantz ordinairement pour cou\Tir le tombeau de M* St-Yves.

1 Un tapis de tiretaine vert pour rouvrir le grand autel, passe la célébration de la grande messe, et un autre lai^is de mesme étoffe pour Fautel du duc eue ledit sacrislc dicL estrc égai*e el n'en avoir esté chargé.

>i Trois 4)avïilons dedamarfort petits, Tun cramoisy presque ueuf, les deux autres Tun blanc et Taulre dé velour presque usés.

» Uo vieux drap mortuaire qui ne vaut plus rien*

» Un devant d'autel de cuir d'Espaigne lequel est presque usé!

"Total du poids de rargentcric : 295 marcs, fonces el quart.

BARTHfiLEMY.

Tombeaux de dnii<lesses.

(Guimai.'c, Plougasiioti, Trcgastcl.)

Dans la pallie ouoslde la coiuiiiujie de GuimaêCi tîrai^t ven celle de Saiiil-Jean-du-Doigt, se liouve une grande fermé, au- IreJbis un iiiauoir^ apparlenaul aujourd'hui a M, Lacour- Rozec ; sou noni esi Mez-ar-bez, cauipagne ou plaine du toinbeau, (Je nom, tant significatif, sliuiulail ma ciiriosilé depuis longtemps. Un jour, j'entends parler d'une agglomération de grosses pieri'es, sise non loin de la chajielle de Christ, à im quart dé lieue du bourg, connue sous le nom insignitiani ii lieg-an-JiïLinérès. Je me ressouvins aloi's d'avoir vu surlacOle de IMougaznou, près Trégaslel, une encciule de très grosses |>îerres, monument dans le geni-e de ceux que Fabbé Mahé a peile Kist-venel que les habitants voisins appellent aussi, non pas Beg-an-inkinerès, mais Gouele-an-inkinérès, ei qui tiouve placé dans un ( hamp quV u apj <!lf' Tachen-ar-be7. aussi la plaine du tombeau. Coiinne je ne doutais pas que le tnonumcnl de Plougaznou n'eut donné origine au nom da Vhanipqui renfermaitj je pensais que celui de Guimaëc pouvait bien aussi Tavoir donné a celui de la ferme de Mes-ar-bez. 'Quelques instants après celte conversalion, j'eus occasion de voirSL Lacour-Rozec, et je pris la liberté de lui demander si Ve que l'on nomuiait Bek-an-inkinéi'es, n'était pas sur les terres de sa propriété de iMesarbe/,? Ce respectable propriétaire ^eur la bonté de me répondre qu effectivement cette réunion tfe rpierres «jui était dans le chemin public, était entourée (ïésd^ P>endances de Mesarbex ; dts-lorSj je n'eus plus aucun tloûie et Ige restai convaincu que c'était par abus que le monument poriîilt le nom d(^ Bek-an-inkinéres, et que, pour rétablir ce nôoi lians sou ancienne puretéj il eût fallu dire B^^-ali-iilïiîuéiTi;,

— sas —

Fest-ii-diie, tonkbcaudc la fUemc nti fuseau:' cxf sera co nom^ ainsi airrigd < que nous lui donueroiis dêgomi;if sdnns le reste de l'article.

Pour rendre un [hm raison de mon opiinon au sujet d*^ Dezin-iQkînérès, je nie vols obligé de dire un mot par nnlicijiîUion monument de Plougaznou.

i,Mi (niriosilé, excitée par la découverte fortuite qu'un ferr

lier avait faite de quelques coins gaulois et au ti'cs antiquailles

i^le voih'inagc dcTrégastel^ me fit m'y tnmsporlerpourexa-

ùner les lieux par nioi-mfrmf* et prendre des rcnseiguemcats.

m'adressai tFabordà des vieillards, croyant qu'ils ('evaiciil

Ire plus instruits que les Jeunes gens, des traditions localeSi;

Is relaient peut*ùlre; mais, persuadés que mes i>erquisit ions

avaient pour objet d'autres intérêts que ceux de Thistoiredes

|^lcd«is reculés de notre pays, ils croyaient bien faire en répoo-

^dant de traversa mes questions, en me nommant les proprîë-

îair*3S des différentes pièces de ten*e que j'avais sous les yeux,

ef en me donnant connaissance de tous les procès auxquels ces

diverses petites propriétés avaient donné lieu. Voyant qu'il

m'était impossible de tes ramener à mon fait et que je n'en

[louvais tirer aucun partie je les quittai le plus tôt possible pour

en cherchri' d'aitti'^'squi me satiiisscnt mieux. Je renconlr*'^i

, enfin qn gan;on de douze ans qui, encore étranger aux.! u té-

|Bèls de ce bas monde, répondit a^sez bien à ce que je voutaisde

I Avant de quesiionncr qui que ce fut, j avai.s ru mhu dr bien

j^xanûner Gouele*au-inkinérès (lit de la fdeuse au fuseau). Ce >num€nl a trente-cinq pieds de long sur trois et demi de irge, et forme ainsi un carré très prolongé qui peut-être? a été kuirefois recouvert de larges pierres plates comme quelques mires monuments, semblables pour le reste, qu'il m'est ar-

iu>niic^S|>ierrcsairrcl:int celle forme^ qui peuvent a vôirsefVrà* d'autres usages, a luoîiis que Ton ne suppose qU'îl y èul aulrefois (les dol-ineu appuyés conlre ce mônumenl ; maïs je penche' pour ta première opinion , les voisins m'ayant assurtî qu'on a' enfoui une grande quantité de pierres pareilles dans la terre des environs, ï)our eu débarrasser la surface. Ce carré lôtigesl 1 partage en deux eooq^artimenls vei*s le milieu, par un< l pierre plale^ de la forme et à peu près do la dimension de celles que Fou voit renversées dans les environs. Ce partage eu I deux du monument, est-il intentionnel ou n*est-il que Teffcl ' du hasard ? C'est ce que je ne saurais déterminer. A la rigueur \ on pourrait supposer que Tune des pierres qui couvraient jadis rce monument serait venue, par un accident amené par lej temps, à perdre prise et se renverser dans l*intérieur, mais il est difficile de croire qu'un accident indépendant de toute volonté Fait lait tomber tout juste au milieu et de manière à séparer le monument en deuxcases, euformantlentre les deux une cloison ass4}z régulière. Quoi qu'il en soit, il paraît certain ipie le monument est un tombeau ; le nom du clianip dans lequel il est placé en est un témoignage , et le nom que Ton donne an monument lui-même ne le contredit pas, puisqu'un tombeau pent être considéré comme un lit, oùFon est étendu potit goAter le plus long des sommeils, qui est celui de la mort.

Ce fut tout près de ce monument que je rencontrai 1 enfont qui me servit de cicérone. Je lui demandai s'il savait ce que é'^' lait que ces pierres. Oui, dit-il, c'est le lit de la fileuse au fuseau (gouele-an-inkinérès). Mais, lui dis-je, qu'était-ce qte cette fileuse au fuseau, cette inkinérès? — Ah, j'ai entendu dirt qu'il y avait là autrefois, il y a bien longtemps, (pell, pell so), unefdeust^au fuseau; que cette fdeuse avait encore un autre lit :>emblable à celui-ci, auprès de Christ, en Cuimaëc, et que lorsqu'elle y filait, elle jelait son fuseau tantôt à droite, tantflt

Sll

à gaucho, louleii tournant son til; que, lorsqu'tllL» Irjolaitû gauclie^son fuseau venait jusqu'ici, que lorsqu'elle le jeiaii a droite, il allait tomber u Uocliellas, Eu elîel, lloeliellas, dans lu commune de Plestin, déiiartenient des Gotes-du^-Nordp esti pem près a égale distance de Bez-au-înkiuérès que ce deji'uieïv 4e TrégasteL Voilà donc unelileuscau fuseau qui possède dcuat» monuments, ce t|ui ne jeut être vrai, puisque les deux monu.'j;, ments sont des lojubc^aux et qu'elle ne peut avoir été enterrée que dans un seul endroit. Ce que Ton peut déduire de cette tradition merveilleuse, c'est que Guimaéc, aussi bien que Plou- {^^aznou, a autrefois possédé son iukinérès ; que les deux ayant exercé la même profession, qui était sans doute d'opérer des prestiges, que leur histoire oll'rant les nu^mes faits, la tradition aura confondu leurs personnes eu une seule, sans être assez judicieuse (>our penser que deux tombeaux attestaient Texisteuce passée de deux individus.

Quêtaient donc ces iukinérès ? — If parait certain, d*uprès les faits surnaturels quon leur attribue, qu elles étaient fées, qu'elles étaientsorcières ; fieut-ètre même ce mot iakinérès, qui aujourd'hui ne signifie aulix* chose qu*ttîttf /îleuMe au fuseau^ signifiait-il quelques chose de plus dans les temps antiques. Ne se servaient-elles pas d'un fuseau comme instrument incantatoire? Je nen sais rien, mais la chose est possible, et si elle était réelle, ce mot âignilierait sorcière, fée, enchanteresse. Mais le mot nauraii-il jamais eu que le sens «ju'il offre à présent, qui est son sens propre et naturel , il n'en reîitc pas moins démontré par les faits rapportés par la tradi--^ lioïiy que les personnes qu elle désigne sous ce nom étaient des magidwnes et des sorcières. Or, on sait que paniii les Gaulois cl autres peuples celtiques, c'étaient les druides et lesdruide»* ses seuls qui se mêlaient de prédire Tavenir et de faii^ toute r;e.aiM;yntwmQg^ùauOf Je i^arde 49iicwmBao,ubas^ltt*c;s^

motiuiiienls de Gouelez-aii-iiikiiierèS| en Gui

-iiikiiic

que déiiioutrée, que k en PlougazuoUy et de 1 vent guère être autre chose que des tombeaux de druidesses.

Si 1*011 jugeait de rimportance des personnages d'après run*portaoce des ujouuoients, la diuidesse de IMougazuou auraii été supérieure à celle de Guiiuaec* Le monument de Trégastel; pour les parois seulement, est composé de vingt pierres ënormes, dont la hauteur est de quatre pieds, pour le moins, sans compter la partie qui est enfoncée dans le sable fin dont IôsoJ est composé. Celui de Christ, au conlraire, nest formé queda onze pierrts qui sont encore en place, et de deux autres aossi^ en place, séparées des autres, mais servant à marquer l'extrémité méridionale du monuuienl qui est devenu î)icomplel par renlevemeiitde trois ou de quatre c!es blocs qui ont dû le coin pléter autrefois, a en juger par les espaces restés, demeurés vi-» des, et la dimension des pierres qui sont encore sur les lîenx Au lieu d'ôtre carré comme Gouele-an-iukinérfes, celui-ci oMj fre la forme ovale et est composé de blocs de moindre diineo sion que le premier, quoique bien grands. Mais, si le monu* ment de Plougaznou remporte sur celui do Guimaëcen impor^ tance matérielle, celui ci, a son tour, l'emporte sur celui-là en importance morale, Gouele-an-inkinérès gît, à Trégastel, daAi un champ désert qui n est fréijuenté que par les laboureoi qui le cultivent, et, depuis quelques années, par quelque promeneurs qu*uue curiosité froide et profane engage cà ^ii>.^ ter ce monument, énigmatique pour tout le monde, ettnsignifiant pour la plupart d'entre eux. Bez-an-inktnérès est bien auti*ement heureux ; il pique, autant que le premier^ la curiosité delantiquaire, et jouit, en sus, de la gloire d'être un objet de dévotion populaire. II est vrai qu'il a perdu, aux yeux do peuple, tout le prestige qui se rattache k Tantiquité druidiqiie; mab en revanche, il a la gloire de passer chez eux pour iû lUilfl

imirimx snint Ip^ii-Buptlslo, èl éh cru<^ tjùafîio roçoifbî/aP fpiejotfrles'inarqut^Silc leurveitcn'tt!oril Lès iïelerîrl5<]|tii, tlaiis le mdâ d<j juin, tiennent pnr dévolioii visiter la relique du ^mul |u*ccurseur, îi SaiiU-Jean-du-Doigt, s'ils viôrthenl de I^Qtjuirec ou de la par lie lillorale de rarrondisseménldot Lau^ mou» ont leur diemin par cet endroit, et il est ï-are, dît-oti'/ qu'il eu paîiso uu qui n'entre dans Tinlérieur du UJonument M imm fâ^tteledos îi la pierre, un peu plus c?lev(kî que lesautreà^ <|iiieti terniincî rextréinitt? seplentrionale* Cette friciîon, dî^^ ^ntr-ib^ doit les préserver des douleurs rhumatismales, aux- 4|iieUes les lahoiiix*urs sont assez exposés dans un dge avancé, -^^out n'est pas saint autour de Bez-an-inkirteres. Un pelît gartieur de moutons me montra nu jour, danslc coin d'uil fossé, a linéiques j*as, de ce nionnuient, une grosse pierre qui i>eulèlreona fait partie, et qu'il me dit avoir été lancée là par le ditt4>le, et pour preuve il nio montra nue inégalîtc qu^offre Sii surCuec et qu'il me dit elt^ la trace que ses grîlïijs y avalent imprimée ; je n'eus pas Tair d'en douter, c'eût été lui fermer b liouche. Voyant que j'y prenais inléi-^t, il continua et me dît jUiMpielquelois, i>endanl la nuit, on voyait une dame blanche ffàiv itron venn) assise sur cette pierre. Celle dame blanche, né iit-oc pas l'ombre de l:i vieille inkînérès, de la vieille fée dont les restes mortels ont été déposés, îl ya quelque vingtaine îstècles, sous les lourdes niasses pierreuses qui constituenl ce munientî U est a croire que ouï, et si cela est et qu elle ait iru souvent, elle doit avoir épouvanté bien des générations itiijues.

-Os daities blanches ne sont pas rares en Bretagne ; on eii voit au milieu de landes arides, on en voit dans les forêts et (i« bois, se promenant sous le feuillage, au clair do la Fj^chien voit dans le creux des rochers et quelquefois à leur iitaitenies^ ie les croig occasionnées

par !a Cratlilîou siipeisiUicuse attacliéc î^ae vieux inonumërîi druidiques existant encore ou déjà détruils à des époques îu-' connues. Celles qui ne sont que passagères ou qui n'ont paru qu'une fois dans des lieux qui n'*ivaient point la répuiatioûl tradilionnellc d'èlre fréquentés par ces sortes de visions fan* tastiques, ne sont que IViVel instantané de rexaltationdcrîmagination tcrrorifiée par le souvenir subit de récits de cette^ naiure, ou tout simplement par Thorreur qu'inspirent à une" tête faillie^ les ténèbres, la solitude et le niornc silence de la nuit. La blancheur est la couleur emblématique des anges ; celaf n'empêche pas que nos bas-bretons ne palissent à la seule îdéed*nu fantôme blanc. Il est vrai que la guerre, la peste rt la famine, trois dames assez cruelles, ont chez eux la réputation d'être trois daines blanches, et comme ce sont trois lléaux, elles ne manquent jamais de porter chacune uiie baguette blanche à la main. On les a vues souvent, à la veille des jours calamiteux, danser ensemble dans telle ou telle lande, daus tel ou tel i^arrefour. Dans le tenqjs où la peste fil tant de ravages dans ce pays en dîmant si cruellement la population, uu habitant de Plougaznou la rencontra près la rivière de ConioUf qui sépare cette paroisse de celle de I*louézoc'h. Elle lui apparut en costume de cérémonie, c*est*a-ilire en robe blanche ei la baguette blanciie a la main et le pria de la prendre surS4?s épaules pour lui faire passer l'eau qu'elle n'et\i osé franchir sans ce secours. L*honnne^ qui peut-être n'avait jamais eû- I tendu parler de la peste incarnée, fut assez complaisant pour [se charger de ce funeste fardeau et pour 1 emporter daus sa paroisse. A peme avait-il déposé sur l'autre bord la perfide pas- [sagère, quelle se fitconnaitre à lui en lui déclinant son nom épouvantable, llserepentity mais trop tard, de son obligeance inconsidérée : elle lui promit cependant qu'en considératioa du service qu'il venait de lui rendre, elle ré|iangnerait, lui et

sn luaison. Elle lui linl parolcrmais sourde a loul te reste, le quUla, IVappaiii indifféivimnent do sa baguette pc&tileiulelle lous ceux qu'elle reutoiUrait et tous devenaient ses victimes. Cette anecdote fabuleuse fut sans doute répandue parmi le peuple crédule, loi's de celte affreuse calaniité, et a été tiansmisif de génération en générationy depuis ces temps recules jusqu a nous.

Nous sommes déjà loin «leBez-an-inkinérès, qui devait nous occuper d*uue manière spéciale; mais je u'ai pu me défendre, à propos de la dame blanche de mon jeune narrateur, de me livrer à celte digi\»ssiûii, qui d'ailleurs n'est pas aussi étrangère au3L matières que nous traitons qu'on pourrait se rimaginer; je |x*nse que toutes ces vaincs superstitions ne sont que des restes des croyances autrefois entretenues p^ir la religion druidique* Finissons maintenant par dire un mot de Tenlourage monumental de Bez-an-înkinérès, entourrage qui consiste en très peu de cliose.

Outre une grande quantité de pierres isolées^ mais évidemment monumentales qui se trouvent éparses ça et là dans les cliamps et les garennes dos environs, on voit à soixante-douxe |has plus en avant, dans le chemin qui conduit à Saint-Jeau-du- )oigt, un crom-lec*li ou cercle druidique composé de dix pierres encoiT sur les lieux et presqee sans dérangement, ce qui %i assez rare dans cet arrondissement. On ea remarque encore |n autre à huit ou dix pas de celui-ci, au nord, dans la gaînnc voisine. Ce dernier est beancoup plus dérangé, mais pas ^z pour qu on le méconnaise : on pourrait même au besoin le rétablir tel qu'il était lors de son premier établissement, ce qui existe encore suffisant pour déterminer tes placx3s qu'cjccupaient les parties qui sont dérangées, et ces parties ellos-m^ mes étant encore sur les lieux, quoique dispersées.

tîaiiip de César on Portlîc.

(Toir/a pagre 208.)

Eu juin t^iO, un laboureur de Ponlic:, cutciKliiiil M* Tabljé Reiiauk, «OH recteur, deiuauder des matériaux pour une reconstruction religieuse, s'en alla exlraire du milieu de son cham|> une pierre quij dépassant de six jiouces le niveau du solj forçait la charrue djnterronipre le siHon. M. Renault a|jpelé, va avec M* labbé Corbcl voir si le bloc lui convient. Au premier abord, M. Corbel croit apercevoir des caractères tracés sur une face un peu contv-ive de la piéride , Ou la frotte pour enlever la terre qui y adhère et on lit avec surprise: C. J, C. MIBAEGÏT HIC. (Cai us- Julias -César a fait ici des choses merveilleuses.) Sur une autre face 1*0 send>le être le comniencenienl d'une ligne dont le reste est enlevé. Ces caractères sont des majuscules de plus de deux pouces, gravées en creux arrondis, comme s'ils avaient été faits avec nue gouge. Le granit qui les porte n'a point été taillé avec art, mais seulement dégrossi avec une masse de fer: sa lorme presque triangulaire offre un mètre à peu près de chaque coté. Un des angles, plus aigu que les autres, apparaissait seul au-dessus du sol. C'est dans la partie qui était la plus enfoncée en terre, qu'est riuscriplion. Ce qui doit lui faire assigner une haute antiquité, c'est moins le sens des mots, que la forme des lettres et la couche très-frusle où elle est gravée. Exposée aux variations de Tatmosphere depuis six ans, cette couche se détériore peu à peu ou se cache sous lé parasite qui envahit tout granit exposé au grand air, de maui^;re qu'il est très-diflicite de retrouver aujourd'hui toutes les lettres qui étaient bien lisibles au temps oii elles furent décon* vertes.

Le diam|> qui recelait œUe «intiqyilé n'est jas à plus d'un fcilonietre du lieu où la tradition orale et écrite place un camp lie César,

Le judicieux alihé Rufldet, qui avait examiné cette curieuse ruine, en établit raiithcucité dans la note vn de ses annalen êrioehines et lerniine ainsi sa savante discussion,

» H n'en est pas du camp de Pordic comme de plusieurs »u- » 1res qu'on voir en France et ailleurs, à qui on n'a donné le n nom de César, que parce qu'ils ont été construits sous quel- » ijues-uns de ses successeurs qui portaient tous le nom de m Gésarj ou parce qu'ignorant leur origine^ on n'a cru pouvoir » leur en doimer une plus illustre qu'en la rapportant à ce » conquérant des Gaules. L'origine du camp de Pordic est n mieuv constatée comme nous l'avons fait voir ; tout conspire r à lui conserver et son nom et son aHcienne illustration, et il n doit être mis an nondire des plus précieux et des plus anj» cjcns monuments d'antiquité du royaume de France, j>

Ce camp nié de nos joui*s, par un écrivain qui vit encore, est flcnionlré de nouveau dans un excellent nianuscritque M. Fabbé Rcirault a composé sur la statistique de sa paroisse.

An reste, les anialeurs peuvent voir par eux-mêmes cette pierre curieuse qui a été respectée jusqu'ici. Elle est restée dans le champ où on l'a trouvée, a peu près a deux kilomètres du boui'gde I*ordic, sur la route de Binic, dans le cliamp appelé la Grofide-Pâturey h 50 mètres nord de la route.

(Francaix de t Ouest, ooTcmbrc 1^46,)

Voîcî la notice de M. Kenault, recteur de Pordic, à laquelle eel article fait allusion :

Ea 1760 et depuis se voyait encore sur la bauteur de Bernin une vaste enceinte triangulaire^ et a la pointe de cette enceinte, les l'^stes d'une lour, qui. sur la fin de son existence, servait de pliare au port dlc. Celaient les ruines d'un camp romain, dit

le camp de César. La tour portait aussi le nom de César ; nés,je pense, que jamais César ait campé dans ce Heti, maïs bièé Titi«*ius Sabinus, envoyé par lui avec trois légions, pour tnaiii«! tenir lesUnelles, les Curiosolites et les Lexoviens^ durant te siège des Yénètes. Bernin offre cette position tout à fait RTantai' geuse citée dans les CiOiiinieDtai'.-es de César. Cora. Gooiidtf bel. g^al, arg. 11,1. 3^.} Malgré rapparencedenivellemeiitopâv par la mer sur une grande partie du terrain, il est facile à qui^ conque connaît la jonction des rivières dans la grève, dQ juga" au simple coup d'œil que, dans le nord-est de 1 eminence, se trouvaient les t,060 pas d'ascension qui essoufflèrent les ban-^i xies de Viridovix et contiibuèrenl si puissamment à leur défaite. (1.) C'était exactement le lieu que devait occuper Sabi«, nus pour atteindre le but de sa mission : c'était le point central entreCorseul, capitale des Curiosolites, l'embouchure du Léguer en Ploulec, où se voient encore des restes de Lexovie, la côte ouest du départementale la Manche,' pays des Unelles, dit-on, et Vannes ; dans ce temps surtout que le littoral de Bréhat a Anderville était plus, nord qu'aujourd^hui. De la il tenait eu échec ces trois peuples, les inquiétait, losiForçaità garder leur*' foyers et se nicnageail, en cas de presse, une retraite facile sur Vannes.

Quoi qu'il en sgil, les lisières de ruines qui enlaçgiîent Beiv nin, comme une livrée romaine, disparurent successivemeat et cédèrent la place a de fçrliks sillons. Les laboureurs y Irou-î vèrent des bouis de cuivre, des fers de lance, des morceaux de

(1.) L'a)jl)é Maiirt place à Cillé de ContaiiocH la nioiiU(jue sur !«• quelle se livr«i la I>alaine<|ni décida du SDi't de l*arnièc de terre dcsAr* morîeuins, forinée par la jonelioii des ihicllcs (hahilanls du ColeuUn),' des Curiosolites (de Caiseuî; et des Les^iivioiis, ou buhitar.ts du y*"]^ de Tfi'TU' •.

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les luédailles et des moixiiaies rouKÛiies. Le dernier défrichemeiu eut lîou en 1807 : il fut opërë par Pierre Gourio, aidé d<?s deux Louis Moul'orl, père et iils. Il déblaya les londey oienis d'une suite d*environ 40 mèlres de maçonnerie, dirigiîe du nord-ouest au sud-est, sur le pt^ncbani sud-ouest de Télévalion , lti5e avec de Targile uièlée de brique pilée, ronuant tantôt un simple reujpart, tantôt des bâtiments. Il Irouva une (juanlilé de pelils foyers contenant de la cendre et des coqudles de poisson ; une cuiller de inélal gris. Il leruiiua son opéralion, sur la croupe du sud-est, par rexlraclion desfoudenientr d'une consiruclion circulaire creuse de \ mèlres et dont la nmnulle avait 2 mètres d'épaisseur. Ces matériaux sont entrés en punie dans lu construction du quai de Binic et de plusieurs iriaisons du voisinage. Il en resle encore certains tas allongés formant rempart autom* de quelques champs.

Il n'est rien de plus certain au monde que Texistence du camp et de la tour dits de César, à Pordir, et de|»uîs 1836 a Binic, Vouloir la révoquer en doute, c'est démontrer que Ton ignoreriusloiredu pays. Il existe encore nombre de personnes qui oui vu partie dt>s ruines. Louis Monfort fils m'amoiitréj et ftiOQtrera à qui voudra, sur le terrain, rassieite de la tour et des remparts qu'il a travaillé à détruire, et produira pins de 50 témoins de son opération. J'en ai causé avec François Le Jèard et Yves Gourio qui auraient aujourd'hui 113 et 115 ans ; ils étaient nés et avaient passé leur vie dans le plus prochain voisinage; ils avaient vu durant une quarantaine d'années, reiiccinte complète, sauf dans la partie du sud-ouest, et la tour h ijueliiues jneds au-dessus de la terre. Ils avaient^ je n'os4^ dire Iroiivé eux mêmes, possédé et vendu, mais vu et touché des médailles, des monnaies et autres objets trouvés dans les preiiiiei*s découdjres, et savaient qu'il en avait été vendu a M. re ile M,

L'accès h ce lieu était facile : il passait yue.gi'ande route sur le lerriloire de Pordîc, probablenient le cbemia de Corseul a Lexovîe. Je Tai suivie, il y a bie^lôl 40 aas, deÇorseul par Hénan-Biben, le Chemin-Chaussée et Saint-Â]U)aii^ au travers de Planguenoual, le bourg h gauche, jusqu'à la grève deMorieux. Elle s'ouvrait fréquemmeatdaus toute une longueur de 30 à M pieds. Elle sort de la grève au Porl-Horel en Plérin, et vient couper lé chemin de Pordic à Saint-Brieuc, entre la Côte au Roux et le Parfond de Gouet. Il y a à i)eine 10 ans que le conseil municipal de Plérin, Ta déflgurée, en vendant ce qui pxcédait la largeur d'une route ordinaire.

Fondation des Gordeliers de Dinan.

On trouve dans Dom-Maurice (1er volume des Preuves) une romance sur la fondation des Cordeliers de Dinan, qui eut lien en 1241 . Nous pensons qu*on ne la lira pas sans intérêt. Elle a été prise par le savant bénédictin aux Cordeliers de Dinan, où elle était écrite sur une peau de velin, écriture du XVIe siècle.

Cy est la fondation dn vénérable couvent de Saint-François à Dinan, autrement dit N. I>. des Vertus.

L'an mil deux cents un et quarente, Que Sl-Louis le noble roy de France Passa la mer, à grand nombre de gens. Devotieux et de bonne créance.

Tous ensemble, d'une bonne alliance S'en partirent plains de divin amour, Avecqucsculxconucstablc de France.

Monsieur Henry le baron d'Avaugour.

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S'icn aîlèrcnt par grande dévolîan Pour recouvrer la noble sainte lerrc, Le coiinestable le baron d' Avaugour Y demeura deux ans pour la conquerre.

Les sarmsîns lew firent dure guerre Tant qu'ils pensaient ^'en allef tous mourir ;. Leconnestable mit lesgerioux en tOrre Et commença à plorer et gémir. '

Benoist Jésus qui Toulutes mourir.

Pour nous en croix, aiez de nous pitié Contre ces chiens veuillez nous secourir Qui vos saints lieux ont ainsi prophanié.

Et mon palais à Dinan situé J'en ferai faire couvent de St-François, Pour servir Dieu en hiver et esté Et lesserai mes chevaux et barnois.

Kentost après s'apparut St-François Au connestable, disant qu'il gaigneroît La bataille contre les chiens Turquois Et que pour lui J. C. il prieroit.

Le connestable au Roy s'en va tout droit En lui disant : Sire, prenez couraige^ Nous gaignerons, car nous avons bon droite Par St-Francois, nous aurons l'avanlâîgp.

De vous, Sire, je ne veux plus de gaiges. Car le monde je veux y abandonner.

Et servir Dieu auquel à son ymaîge Il lui a pieu nous croycr et fonner-

De St-François rbabit s'est fait doDuer Au bon docteur dit St-Bonaventure, Dont St'Louis se prit à en pleurer El la noblesse en eût grande amer(ume.

Puis à Dioau par St-Bonavénture Fut envoyé et bâtit ce couvent, Diîr^devotion et d'honneste mesure Où il vesqult et mourut saintement.

Plusieurs seigneurs de son très noble sang. L'ont ensuivi en sa religion • En laquelle ont vescu saintement Dont en est grand mémoire et renom.

Entre les autres chevaliers de grand nom Monsieur Geffroy Boterel de Quintin ; Seigneur Hardouin Tournemine par raison Oa fait service à Dieu soir et matin.

Prenons sur eux nostre exemple et patron,. Et de bonne heure prenons les bons logois Demandons tous à notre Dieu pardon, Heureux sera q^ui aura paradis.

Noslre Daine de Vertus appelée Une iumige ici fut envoyée Par le docteur (lit St-Bonavenlurc Où des malades il est fait grande cure.

Bertrand Dugueseliu.

Bocumeiils inédits et peu connus relatifs à la découverte du cœur d& f e guerrier, dans Féglise des Jacobins de Dinan, cl à sa translation dans, celle de Saint-Sauveur de la même Tille, précédés d'une notice biographique sur ce grand capitaine. {L}

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