EPOUSE DE BERTRAND-DUGUESCLIN
Tiphaine Raguenel, libératrice des prisonniers, naquit, vers 1340, et était fille unique de Jeanne de Dînan et de Robin ou Robert Raguenel, vicomte de la Bellière en Pleudihen, un des bretons qui vainquirent les anglais à la célèbre journée des trente. Regardant les richesses et la beauté comme de légers avantages, quand on n'y joint pas la supériorité des luiïnières et de la sagesse, elle s'attacha à cultiver son esprit et son cœur. Elle acquit de vastes connaissances, jusque dan.s Tastrotogie alors très*acci^ditée. Le hasard ayant plus d une fois
vérifié ses prédictions, ses oracles passaient pour infaillibles et le peuple la regardait comme une magicienne. Les tradi*» lions locales lui conservent le nom de fée.
Elle fut une des premières personnes qui, par leursenoouragements, enhardirent la valeur de Bertrand Duguesclin. Elle prédit aux dinannaisson triomphe sur le déloyal Cantorbery, et bientôt on vit l'intrépide breton arracher son frère au ravisseur vaincu.
Jeanne de Penthièvre, duchesse de Bretagne, crut ne pouvoir mieux récompenser les services du magnanime Bertrand qu'en lui procurant la main de Tiphaine. La fille du vicomte de la Bellière, sans s'arrêter à la laideur du guerrier, ne coa. sidéra que son beau caractère et sa vaillance; elle l'épousa, m 1360, et lui apporta en dot une fortune considérable et le secours d'un esprit au-dessus de son siècle. La femme du héros fut une héroïne. Elle aida sa belle-sœur Julienne à repousser les anglais, qui avaient surpris Pontorson. Conmie son mari, elle fut généreuse. Obligé de payer 100,000 fr. de rançcm, il vint la trouver dans leur seigneurie de la Roche-Derrien, et lui demanda tout ce qu'elle avait en réserve. La noble châtelaine répondit que, s'il comptait sur ces ressources, il allait éprouver une grande déception ; car, de son chef, elle en avait usé pour la délivrance d'une multitude de pauvres écuyers et soldats bretons, qui avaient servi avec lui en Espagne, et, qui pris à Navarette, étaient vertus sur parole chercher de quoi racheter leur liberté ; qu'elle avait vendu jusqu'à sa vaisselle et ses bijoux, pour rompre les fers de ces braves enfants de la Bretagne. Duguesclin, applaudissant à ces libéralités, dit qu'il eût agi comme elle, en faveur de ses infortunés compagnons d'armes.
Elevé au grade suprême de connétable de France, l'illustre guerrier voulut suppléer à la pénurie du trésor royal, pour
soudoyer des troupe^ afin de délivrer les provinces des étrangers qui les ravageaienlp H écrivit à sa femme de lui apporter à Caen tout ce qu'ils possédaient en argenterie et joyaux. Tiphaine, accourut avec ce qu'il désirait : le tout fut vendu et suffit pour payer larmée pendant la campagne, qui s'ouvrit bientôt.
Avant le départ, Duguesclin donna à son état-major un repas splendide, dont Tiphaine fit les honneurs avec une grâce qui fut admirée. On dit que le festin fut servi en entier dans de la vaisselle d'or, magnifique présent que le monarque de Castille avait fait au général qui lui avait conquis un royaume, et Ton ajoute qu'à la fin du banquet les deux époux en firent le partage aux convives.
Dom Maurice et le père Anselme prétendent que Tiphaine, compagne du connétable et duchesse de Longueville, mourut, dès 1371, et fut inhumée dans l'église du Mont*Sai ut-Michel ; d'autres assurent, avec Dom Huynes, qu'elle était encore au mont en 1374, et que, vers la fin de celte année, elle alla mourir d'un asthme dans un de ses châteaux de Bretagne, peut-être à la Roche-Derrien ou plutôt à la Bellière, qui conserve religieusement sa chambre dans Tétat où elle se trouvait, quand y résidait la bienfaisante duchesse. Son coeur embaumé fut porté aux Jacobins de Dinan, dans une botte de plomb semblable à celte qui renferme le cœur de son mari. Le 9 juillet 1810, ces deux précieuses dépouilles furent solennellement transférées à l'église St-Sauveur,
M, de Fréminville, un des historiens de l'immortel connétable de Castille et de France, termine ainsi ce qu'il rapporte de la fille du sire de la Bellière : « Au milieu de ses tiiomphes, le cœur de Duguesclin reçut le coup le plus douloureux: il peitlit son épouse, Tiphaine Raguenel, objet de ses aO'ections les plus chères. Cette femme, d'un esprit supérieur pour son époque,
douée en outre d'uae âme ardente, exaltée et d*un caractère magnanime, était digne en tout du grand homme auquel elle avait associé son existence. »
Ce fut» assure-t-on, au départ de Duguesclin pour l'Espagne, que Tiphaine se retira au Mont*Saint-Jtf ichel, où sou mari lui avait fait construire une belle habitation au haut de la ville. Ce fut là, sans doute, que s'établit* dans la suite, un couvent de femmes, dont on voit aujourd'hui les ruines.
Tiphaine fut, dit-on, conduite à se retirer là par son amour pour la science et surtout pour l'astrologie judiciaire dont elle s'occupa toute sa vie. Voici ce que dit à ce sujet Dom Huynes qui écrivait vers le milieu du XVIP siècle : t Cette dame bien » éduquée en la philosophie et astronomie judiciaire, s'exer-. » çait continuellemeet, sur ce roc, à la contemplation des as- » très et es calculs, a dresser des expériences, etc. »
Tiphaine resta au Mont-Saint-Michel jusqu'à un âge trèsavancé, vers la fin de 1374, époque à laquelle elle alla mourir, comme nous l'avons dit, d'un asthme dans un de ses châteaux de Bretagne. '
« 11 doit exister encore des manuscrits de Tiphaine Ragnenel. Je me souviens d'avoir entendu parler, dans mon enfacce, d'un petit cahier en velin d'une centaine de pages, avec des figures cabalistiques et vignettes coloriées, lequel était précieusement conservé par un curé de Pleudihen ou des environs. » (Raoul, Histoire du Monl-Saint-Michel, 1834.)
Lorsque, ne pouvant aller de Dinan à St-Malo, en descendant la Rance, bordée de campagnes si belles, le voyageur suit la route qui lie les deux antiques cités, il passe par St-Piat, patrie du fameux Hubert de la Massue, autrefois abbé de Clermont, évèque de Rennes, ministre de la justice, ambassadeur et aujourd'hui honoré comme bienheureux.
Bientôt, il descend près de la mer, et voit à sa droite une
forte levée, des étaiigs^ un parc, ud chair'au nux i licminccs rondes, frisées^ élancées dans les airs.
C*esl dans cel ancien séjour d'un des 30 lire tons qui battirent les anglais à Mi-Voie, d*un maréchal de Bretagne, du fondateur de Béchcrel, du fondateur de Jugon, du fondateur de Combourg, ç est dans cette demeure qu'entouraient naguères des bois magnifiques, c* est la que Tiphaine aimait à exercer les œuvres de rhospitalité et de la lûcnlaisance; c'est dans ce Heu, témoin de ses bienfaits, qu'elle se fit apporter mourante du Monl-Saint-MicheL Elle y reçut les consolations de la fôî; elle y rendit le deraier soupir, au milieu des prières et des larmes des gens de sa maison et des paroissiens, qui la diérissaient comme leur mère,
La chambre où elle pria pour Duguesclin et pour la France,: et qu elle ne quitta que pour aller au ciel, est depuis un lieu sacré. La tafiisserie à haute-lice et aux scènes guerrières, le faiieuil, le crucifix de Madame Duguesclin, le prie-Dieu où elle présidait deux fois chaque jour aux entretiens de ses serviteurs avec le souverain maître, tout est resté tel qu'il était au jour du trépas de Tiphaine : la chambre demeure parée à l'antique, comme si Ton attendait le retour de la bonne châtelaine.
Son souvenir est encore comme un doux parfum dans les environs. Une croyance merveilleuse semble s'attachera nourrir sa mémoire. On assure que Tiphaine parcourt le soir lesenTÎrons de la Bellière, cherchant encore des veuves et des orphelins, pour les recueillir et les soulager.
DE GARAJJY.
Julienne Du Guesclîn,
Sœur de Bertrand.
Julienne Duguesclîn, née à La Motte-Broons, était religieuse àFabbayedu St-Sulpice de Rennes, dès le mois de juin 1350, lors du testament de sa mère. Elle se réfugia, à cause des gueN res, chez son frère aîné, le célèbre Bertrand, au château de Ponlorson,
« Cette sœur des braves y mérita d'être inscrite, dans les fas. » tes de la gloire militaire, parmi les héroïnes de la France* »
» Elle était religieuse à Pontorson, lorsqu'un capitaine anglais, nommé Felleton, voulut surprendre cette place^ pendant la nuit, en labsence de Duguesclin*
1» Déjà les anglais dressaient les échelles aux fenêtres de k chambre où la sœur et réponse du héros dormaient profondément dans le même lit ; lorsque la religieuse, agitée par un songe pénible, s éveille en sursaut, se saisit d'une épée, vole à la fenêtre, renverse trois anglais, qui se tuent en tombant, crie, donne Falarme ; on accourt et les ennemis se retirent.
a Le lendemain, Duguesclin, revenant à Pontorson, rencontre Felleton, l'attaque, le fait prisonnier ; et, quand Tiphaine Raguenel, épouse du vainqueur, aperçut le vaincu ; « Com- » ment, brave Felleton, dit-elle, vous voilà encore! C'est trop » pour un homme de cœur, comme vous, d*êlre battu, dans D l'intervalle de douze heures, une fois par la sœur, une autre i> par le frère I »
<f Cette aventure fît regarder la religieuse comme la digne sœur de Duguesclin.» {Villenave, Biographie Universelle.)
La valeureuse Julienne devint prieure des Couets, membre de St-Sulpice, au diocèse de Nantes.
Vers f 377, elle fut nommée abbesse de St-Georges de Rea**
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nés. Le 5 août 1399, celle puissante supérieure d'un élablisse» ment royal, permit au duc de Bretagne de lever 20 sous par feu sur les hommes de Tîntiniac.
Elle mourut dans un âge trè&-avancé, à la tète de sa communauté, le 27 mars 1405.
Entrée des ducs de Bretagne
at leur conroniiement a RensM*
L'entrée solennelle et le cérémonial du couronnement des ducs à Rennes sont généralement assez peu connus pour qu'il nous semble utile d'en reproduire les principales dispositions, dans un recueil qui a pour objet de consigner tout ce qui peut intéresser la province de Bretagne.
^ L'ancien cérémonial français, par Godefroy, renferme à ce ^ sujet de précieux documents j nous y voyons enlr'aulres : un extrait de l'éloge des Dauphins de France par flilarion Cosle^ qui contient lenlrée à Rennes du duc François III en 1532, mis en écrit par Michel Champion, procureur des bourgeois de Rennes.
INous allons autant que possible suivre le récit de l'auteur, « Couronné fut Tan cinq cent trente deux • Par dessus mille à Rennes prince heureux » Le duc François troisième de ce nom » Dauphin de France est le premier fleuron. » A cette époque le sieur du Bordage était chef et capitaine de Rennes,
t Le iundi 12 aofit le duc arriva et futà Vabbaye St-Melaine, » à son arrivée fut tiré grand nombre d'artillerie et sonna
» rhorlogé en manière de beffroy et tocsin. II avait avec Ini le » marquis Dupont, le sire de Chateaubriand et le cardinal de » Grammont. Après avoir dit son oraison, le duc dîna.
Alors lui furent présentés les assistants au service du couronnement, ce qui donna lieu à quelques conflits de préséances. Le duc Louis de Roban avait le droit de tenir la couronne quil concéda par courtoisie et sans déroger au marquis Dopont.
Pour tenir les bâtons du dais : François de Maure ; AUain de Rosmadec ; René de Tournemine par procuration de la dame de Laval ; le seigneur de la Muce réclama cet honneur qui fat contesté parle sire de Malestroit ; on Taccorda pour cette fois au sire de Montboucber afin de couper le différent.
Le mardi 1 3. « Le duc s'assit sur un siège de veloux vert, par » devant lui passèrent, lui faisant la révérence, trois bandes de » gens de pied levés en la dilte ville gorgiasemeat accoustrez » en manière et façon de gens de guerre, portant piques, halls- » bardes et haquebuites.
« La première des quelles estoient des couleurs du dict seiï gneur savoir: blanc, gris et violet. Les deux aultres des cou- » leurs de la ville blanc et noir, qui estoient en nombre, sans » compter les capitaines qui estoient accoustrez des couleurs de » leurs bandes, tous en veloux et drap d'argent, enrichis de » chiffres d'or et de plusieurs devises; ni leurs lieutenants, » porte enseignes et sergens de bandes; quinze cents hommes » de pied conduits en bon ordre et honneste, et par les dits ca- » pitaines, chacun en leur ordre, fut dit au dit seigneur un » motet en rîmes, luy présentant service de leurs bandes en » bonne grâce. »
« Après, marcha une autre bande vestue des couleurs du » dict seigneur, fort richement accoustrée de veloux, satin et i) taffetas <[ni s'appî.'loit la bande do la Bazoche, avec leur capî-
» laine, porle-enscngiie, sergens de baude, montant au Dooibre » de trois cens hommes de pied, t
« Puis marclièi eut le clergé des neuf paroisses de la ville de » Rennes, revêtus de riches chapes ef accouslrements de leurs
• églises avec leurs croix et bannières et après eux les men-
• dians sçavoir : cordeliei*s, jacobins et carmes ; et aussi les re- » Hgieux de Saint-Melaine tous en chappes et portant leurs re- » liquaires, »
« Puis venait le sire Reguault de Monlboucher, seigneur du » Bordage, lieutenant du comte de Laval, capitaine de Rennes, » el, devant lui, quatre trom[»eUPS de la ville en livrée de la » yille et sur leurs robes un écusson aux armes de la ville, en- » virouné d'une cordelière d*or trait. Ce seigneur, richement â» accoustré et monté, était accompagné des connétables, olïi- » cierset procureurs des bourgeois de Rennes et de plusieurs » nobles bourgeois de la ville, tous bien montés et richement t accoustrés, 200 et plus. »
Les tronipeites ayant sonné, le cortège mit pied à terre et six ou huit des plus notables bourgeois précédés par M. Cham* pion, leur procureur, s avancèrent vers le duc pour lui faire leur révérence.
Prenant alors la parole, M. Champion fit sa harangue dans laquelle il traita le duc de Majesté, lui disant que la ville de Rrnneslc recevait comme elle avait reçu ses prédécesseurs, les rois et ducs d*Armorique-Bretagne ; qu'il eût désiré pour lui parler dignement, avoir l'éloquence TuUienne, la faconde deDémoslhènes ou le bon esprit Ulyssécn; il le compara à rescarboucle, a Annibal el Alexandre Le Grand, entassant citations sur citations, nommant Rennes, !a ville vierge et royale, et finisnant par ces paroles du cantique des cantiques: Venîl dileelas meus in horluni suum.
€ Puis respondit pour Moi^igneur le diic, maître Louis Ile»- » dezertSy président de ce pays et maistre des requestes dudict » seigneur^ en grande faconde et flear8|de rkétorique, déda- » rant son grand contentement et son bon vouloir, de quoi les » habitants furent très contents.
c( Puis, marchèrent les sergents ordinaires de la cour deRen- » nés, bien montés, accoustrés de leurs hocquelons rouges ar^ » moyés des armes dudict seigneur, suivis des notaires de la » dite cour vestus de robes bandées de veloux noir, leurs pour- » points de veloux, satin ou damas ; puis les avocats tivec robes «> longues richement lincées de veloux, satin ou damas, tous » bien montés et housses ; puis le sénéchal. Alloué, procureur » greffier criminel, receveur ordinaire de Rennes.
» Pierre d'Arçenlré, sénéchal, harangua.
» Puis marchait le chapitre de St-Pierre avec ses riches orx> nements et reliquaires. »
Messeigneurs du conseil quérirent les trompettes de la ville pour marcher au devant des hérauts d*armes du dit seigneur qui étaient Bretagne et Champagne. Âpres eux, marchaient le vice-chancelier et le garde-scel. Les maistres des requestes, les abbés de la chaume et St- Jacques près Montfort ; Févèquede Saint-Malo ; Févèque de Coutances, grand aumônier dudit seigneur. Puis venaient le sire d*Avaugour, portant le bâton de maréchal et Monsieur Louis de Nevers. Enfin, était mon dit seigneur accoustré d'une robe à chevaucher, de veloux bleu enrichie de broderies d'or, monté sur un coursier harnaché de veloux noir et d'un grand nombre de boucles d'or : il avait àsa droite le cardinal de Grammont, à sa gauche le marquis de Lorraine ; et derrière lui plusieurs gros seigneurs*
En ce moment, la grosse horloge sonna le beffroy, Tartillerie lira îi toute volée et lo peuplo assemblé à la Porte aux Foulons
cria: vive le duc! (Ordinairement rentrée solennelle des docs mrait lieu par la porle Mordelaise.)
Suivant l'usage, la porte avait été lermée par ordre du capitaine de la ville ; Tévèque et le gouverneur, sire de Chateaubriand s'y trouvaient; ce dernier ordonna d'ouvrir au prince qui dut, avant d'entrer en ville, jurer pour Téglise sur les reliques et évangiles: de maintenir TégUse en ses droits, privilèges et anciennes libertés. Le sire de Chateaubriand en prit le même serment pour la noblesse, les villes et le commun peuple.
Il y avait à la Porte aux Foulons un bel arc de Iriomphe tapissé en damas cramoisi sur lequel on lisait en lettres d'or :
« Invenerunt me vigiles qui cuslodiunt civitalem. »
Il en sortit par un ingénieux mécanisme deux chars de triomphe portant chacun une belle pucelle.
La première était richement vêtue de damas cramoisy et était couverte de pierreries. Cette couleur était une allusion au nom de Rennes jadis Rouge-vu.le. Cette pucelle s approchant du doc lui dit:
« Rennes voyez, rouge autrefois nommée » Ville de gri.nd loyauté, renommée » En temps de guerre paix n'y autre saison » N a eu le bruit de faire trahison. »
L'autre pucelle était vêtue de salin blanc et de même couverte de diamants, ce costume blanc était l'image de ta loyauté de la Ville. S'approchant du duc à son tour, elle lui dit:
€ Je suis vierge et de beauté entée
3» Où ennemi jamais n a fait entrée
» Vierge je rends par clefs obéissance
t Que je vas faire au dauphin fils de France. »
I-orsque le duc eût franchi la porte de !a villci il y trouva un
magnifique dais en damas bleu et satin blanc semé de fleim de lys et d'hermines en or. Lessiresde Maure, de Molac, Tournemine et Duplessix-Bordage en tenaient les bâtons, et au-dessous se trouvait le sire de Guébriac monté sur unsuperbecoar •sier noir ayant en écharpe une épée royale émaillée de fleurs de lys d'or. Il se retira alors et marcha devant le duc.
Leâ habitants avaient dresse un arc de triomphe dans h rue aux Foulons dont les maisons étaient armées de tapisseries. Le duc y trouva une pièce d'eau où nageait un dauphin couronné et, auprès, une pucelle vêtue de satin hermine, qui avec une cordelière conduisait une hermine. Lorsqu'elle eût joint le dauphin , elle dit au duc :
« C'est au dauphin le premier fils de France » A qui rhermine présente de grand copur x> Pour lui faire à jamais obéissance > Car de Bretagne est souverain seigneur. »
Un autre arc de triomphe avait été élevé au carrefour du faubourg Saint-Germain ; il y avait écrit :
« Ecce lu pulcher es diîecte mi et decorus. »
Un autre au carrefour de la Laiterie, au haut du quel se voyait la trinitéet une hiérarchie des anges, qui, par un subtil mécanisme, tournait sans cesse ; on voyait quatre jeunes filles et un jeune garçon vêtu de satin semé d'hermines, ayant une couronne d'or et le sceptre.
L'arc de triomphe du Pilory représentait le roi Ârthus de Bretagne tuant le géant FroUo ; puis la vierge descendant d'une nuée vint poser sur Arthus, un manteau d'hermines. On y voyait aussi Brulus et Ynoguen vêtus à la turque. Les inscriptions étaient en vers français et bretons.
Lorsque le duc se rendit a l'église St-Pierre, une discussion s'éleva entre Guébriac et La Roque, écuyer d'écurie, au sujet
tlu coursier. On décida que ce privilège serait discuté plus tard. Le couronnement eût lieu le lendemain, 14 août 1532, à 7 heures du matin.
Le duc était vêtu d'une robe de veloux bleu, enricbie de coutouëre d'or trait ; il avait au dessous une chimarre de satin blanc quasi couverte de coutouëre d'argent ; il portait Tordre du roi son père.
A son entrée; Tévêque lui présenta un livre d'heures sur un coussin de velours ; Claude de Villeblanche, sire de Broons, un carreau de draps d'or; le baron d'Avaugour une épée nue; le sîre de Guéméné un autre carreau de draps d'or.
Les maîtres d'hôtel remirent des bâtons blancs aux héraults,
Le marquis de Lorraine et Louis Nevers se tenaient près du duc. Après la prière, le duc s'assit sur une chaire en draps d'or. La on lui mit un manteau de velours pourpre, fourré d'hermines et un collet d'hermine couvrant le col et l'estomac.
Alors eût lieu la cérémonie du couronnement, pour la quelle on peut se reporter à l'extrait des archives de l'église de Reunes que nous donnons plus bas.
Après le couronnement, le duc fit plusicui*s chevaliers et le peuple cria : Vive le duc !
Le silence étant fait, le roi d'armes cria trois fois : « Lar- » gesse! Largesse! Largesse!... de par Monseigneur le Dau- 1» phin de Viennois, doc de Bretagne, comte de Valentinois » et de Dives.
Lors il jetta plus de mille livres de monnaie au peuple.
Le président Dedézert, garde de scel et vice chancelier, déclara q>ie, pour cette fois, mais sans tirer h conséquence pour l'avenir, le duc se contentait de l'hommage prêté a son père par les barons et seigneurs.
Le sénéchal de Rennes, d'Argentré fut fait chevalier ainsi
que le sieur Borieslon de la Muce, procureur du roi à Rennes et niaîlre Christophe Forêt, médecin du duc.
Puis, les trompettes ayant sonné des fanfares, le dnc, la couronne en tète, se rendit dans la salle du festin qui était richement tapissée. On y voyait deux tables longues avec de riches buffets en vaisselle d*or, d'argent et vermeil doré c Somp* X» tueusement labourrée » et il y avait des « bureaux, flacons, » estamaux, coupes, tasses en grand nombre qn'il faisait bon » voir. » On fit aux hérauts des cadeaux de [vaisselle.
Âpres le repas, Tartillerie tira de rechef et le duc passa une revue des gens de pied, rangés en bon ordre. A la réception, le sieur du Bordage donna au duc, au nom de la ville, nn hermine d*or émaillé qui se reposait sur une terrasse entre six beaux lys, le tout pesant huit marcs d'or, «ce qui causa une admira^ x> tion merveilleuse aux assistants. )»
Entrée des dues à Rennes.
(btntt des AreUfes ie risliio de Beiaei.)
Entrer doivent les ducs par la porte Mordelaise, et avant îentrée faire le serment qui en suit :
c< Vous jurez à Dieu la foi catholique, et l'église de Bretaigne » en ses libertés défendre et garder : les barons et nobles de » Bretaigne et leurs libertés observer, et au peuple de Bretai- » gne viage guittée à notre povoir exhiber. »
I^ duc repond. « Ainsi je jure. »
Alors ils entreront dans la cité.
Le jour que le duc entrera en la cité de Rennes, il doit veiller toute la nuit dicelui par devant laultier de Saint-Pierre, en la glande église de Rennes, jusques après matines.
Matines accomplies, le lendemain rentre le duc en son logeis où se repousera a son plaisir, en attendant la proœssion de la dite église, qui, avant la grande messe, le viendra quérir audit logeîs.
La procession arrivée audit logeis, le duc issu de la chambre, révoque de Rennes dira Toraison qui ensuit ; « Omnipotens B sempiterne deus, etc.
Après foraîson dite deux evesques estant en pontifical garis de crosse et milre, prendront le duc à Dextre et a Senestre honorablement, et l'évèque de Rennes et le clergé, aourné de cbappes, la crouez précédente, avec chandeliers, cierges, encens et le saint évangile, le conduiront jusqu a Ihuis de l'église de Saint-Pierre de Rennes chantant % ecceego mitto Angelum il meum. »
Les barons, nobles et le peuple iront après ladite procession.
Quand la procession arrivera à Ihuis de Téglise on soi arrêtera et dira Tévèque de Rennes Toraison qui en suit : a Deus » quiseis^ etc. i»
L'oraison dite, entrera la procession en bdite église chantant le pseaume « Domine in virtute tua, etc. »
Et eux arrivés à lentrëe du chœur dira Tévêque de Rennes roraison qui en suit : « Omnipotens, elc, »
En cet endroit Tépée et la couronne sont mises aux mains de éenx chanoines à lentrée du chœur jusques à loraisoi ; « Deus, etc. ^
Après la dite oraison achevée entrera la dite procession au chueur qui sera tout paré de tentes et garni de tapis et sera mené le duc jusques es pas, près le grand aultier à son accoudouer, s agenouillera accompagné desdits évêques comme dessus, etrévèque de Rennes a son accoudouer près le milieu du grand aultier ; qui agcnoux, la mitre otée, commencera Iby m-
me « Yeni creator» qui se parachèvera par le chueur/ Après racbevement de là dite hymme commencera la litanie briv$^ à imploration des douze apôtres, martyres, confesseurs, yier* ges et autres choses accoutumées de achèvement de litanies^ au quel achèvement quand on sera arrivé a ut donmum aposlo- » licum, etc. » se lèvera leveque de Rennes et tournera le visage vers le duc étant à genoux. — a UthuncDucem nostrum^ etc.» (qu'il vous plaise bénir notre duc présent], et la litanie accon;plie, le dit évèqiie de Rennes, le visage tourné audit prince, dira Toraison qui en suit : <c Deus, etc. i>
Pendant le tems, puis Tëntrée du chueur jusques en cet endroit, sera tenue Tépée nue par le plus ancien chanoine de la dite église, au coûté dextre de Taultier, et par cinq autres chanoines le cercle au coustéfenestre et seront ournées de chappes bonnestement.
L'oraison « deus qui esjustorum, etc. » dite par Tévêquede Rennes, viendra le chanoine tenant Tespée, et la présentera audict évèque, qui la baillera au duc toute une, disant à moyenne voix après Tavoir bénite.
« L'on vous a baillé cette épée au nom de Monseigneur St- » Pierre, comme anciennement a été fait aux rois et ducs de » Bretaigne vos prédécesseurs, au signe de vraye justice, peur » deffendre l'église et le peuple qui vous est commis comme y^ prime droiture, que Dieu veuille que ce soit par cette ma- » nière que vous en puissiez rendre compte au jour du juge- » ment au sauvement de vous et dudit peuple. »
£t ce dit, il lui ceindra la feurre (le fourreau) dudit épée, eu après le dit évèque de .Rennes remettre revercement le oerrle Ducal sur le chief du dit prince, disant en basse vouez : « On tt vous baille ce cercle au nom de Dieu et de Monseigneur St- » Pierre qui désigne que vous recevez votre puissance de Diet » le tout puissant qui conmie cercle vous n'a né commence-
9 raenlne fm, duquel ayez jouyései couronne perpétuelle en 3 paradis, faisant vouslre devoir par bau gouvernement de » voustre seigneurie, h la exaltation de la foi, [U'otecliou de » réglise et défense de vos subjects que vous oclroye Dieu par p sa saiute grâce, »
Hp. Empros celles choses faites viendra le duc a Taullier et jurera en la forme qui ensuit, le dit ëvêque devisant le sernienl ;
I Vous jurerez a Dieu, à Monseigneur St-Pierre, aux saincts «évangiles et relicques^ qui cy sont présentement que les li- > bertés, franchises et immunités et anciennes coutumes de' » réglise de R(3iines de vous et vos hommes liendrex sans les » eniVaîndredetorl, force, violence, inquiétations, oppressions » et de toutes novalilés quekouques, nous et nos hommes gar- » derez et ferez garder à votre povoir. «
Et le duc, la main sur Taultier, repond : *t Amen. » eterah*près le duc retourné a genoux a son accoudouer, que dessus dira révoque de Rennes les oraisons «Respice oumipotens deus. 1»
Gestes chouses faîtes, commencera le prélat le pseaume : « Te deum laudamus. » le chueur le parachèvera et pan ira la procession par la grande porte le duc étant le derroin, tenant l'épëe toute nue eu sa main et tourneront au caiislé d**xtrn faisant le tour entour de Téglise et rctounieront par la mt^me porte le duc tenant toujours la dite espée nue ju&pi'à Taultier au quel lieu lui sera desceint le feiirre et icelui et la dite espée baillée au maréchal qui la tiendra durant la messe et tandis que le prélat premlra la chasuble, recewa le duc Thommage de ses barons et ce fait, commencera la messe en quelle se dira l'oraison tPror^ege et duce » du benoist vendredi et sara la messe de t sanclo spirttu > avec les oraisons i Deus qui mîro ordine. »
Mlll —
Beauport.
Nous n'avons nullement la prétention de faire une monographie de Tabbaye de Beaupwt dont les ruines sont si pUtoresquement assises sur les bords de la mer, dans la paroisse de PlouêzeCy près Paimpol. M. Habasque dans ses intéressantes NOTIONS HISTORIQUES s'est lougemeut occupé de cette maison ; les détails que nous allons donner sont particuUërement relatifis au mobilier de TAbbaye.
Des religieux de St-Yictor de Paris avaient été établis sur la petite ile de St-Riom, par Âllain d'Avaugour, comte de Goâo, de Penthièvre et de Tréguier. Ce triste séjour ne tarda pais sans doute à leur déplaire, car ils furent peu à près (en 1202) remplacés par des religieux de Tordre de Prémontré, tirés par Iç même fondateur, de l'abbaye de. la Luzerne.
Ces derniers même quittèrent bientôt ce triste séjour pour venir babiter les vastes bâtiments qui constituèrent Tabbaye de Beauporty ainsi nommée en mémoire de celle qui fut habitée au Vlir siècle en Irlande, par St-Rudec. Elle fut placée sous la protection de St-Rion et de St-Maudez. L'église était dédiée à la viei^e, sous le nom de Notre-Dame de Beauport.
On entrait dans l'abbaye par un grand et un petit portails cintrés et l'on trouvait d'abord une avant cour plantée qui conduisait à l'église ; à gauche se voyait un bâtiment par lequel on se rendait à la procure et un autre renfermant la chambre aux dames. A l'angle occidental de ce petit bâtiment était un puits et une calle pour descendre à la cour abbatiale.
L'abbaye, disent MM. Barthélémy et Guim^rt, dans leur notice sur quelques monuments du département des Côtes-du-
m lorniêles quatre cùlés tl un cloître : au îîSraeiâiëîîl la f cuisine, le tëfecloire et au-dessous le cellier ; au sud l'église; , k Test les Laliineuts habiles pai' les moines, la sacrisûe, Tin- ^bcnerie, la sa!le capitulaire; à rouest le logis de Tabbé. \ Comme on arrivait par Toue^t, on voyait^ en euti^anty le corps-de-logis de Tabbé, à droite le portail de l'église, à gauche la grande fenêtre du réfectoire. » Un portail en mauvais état, à Toccident, conduisait à la bve.
L église était très vaste et en forme de croix, avec des bas yiés le long de la nef; on y entrait par une porte à plein cintre ayant son archivolte entourée de feuillages romans* Le doucher surmonté d une Huche haute de cinquante pieds avait ^■inq cloches et une horloge en fer.
^K Au transept méridional^ il y avait une chapelle dite du vi- ^■Dmte; deux chapelles latérales étaient sous Tinvocation de St- ^nion et de St-Maudez.
Le chœur était remarquable par sa belle boiserie , dont les siiilles et. les panneaux étaient surmontés de frontons gothiques. Les panneaux formant quarante-huit tableaux peints ^^■Rir bois, ^présentaient la vie de Saint-Augustin et de Saint- Norbert. Faits en 1694 par M. Durai, ils lui furent payés 480 livres et la i>cnsion pour lui et ses aides, îi la condition qu'il emploierait les plus belles couleurs^ telles que lacques et outremer. B Le sanctuaire était fermé par une balustrade h hauteur d'appui,
Léglise possédait une orgue.
Le gnmd autel fui fait en 1672, moyennant 4,000 liv-^ psir Hivier Martinet, arcbitocle, natif de Laval. 11 était remarqua* ûe pai* six belles eolotmes en marbre et un magnilique tSK )leau de l'assomption, contenant ti^eize persomiages. Au des-
. corniche, étaient les si!\lues de la vierge el de denx anges en terre cuite, la vierge haute de six pieds et les anges de deux. Aux deux côtés se trouvaient deux belles statues représentant St-Augustin et St-Norbert, également en terre cuite et quelques autres moins importantes. Ces statues furent faites en 1659 par Jacob Leroy, moyennant 670 liv*
Le sanctuaire avait, du côté de l'évangile, un tableau surj toile représentant la vierge et Teûfant Jésus qui remettait un scapulaire à St-Norhert ; du côté de Fépilre, un tableau sur toile représentant la nativité-
Le pupitre du chœur formait un gros pot de fleurs en bot§ sculpté, surmonté d'un aigle et soutenu par un groupe, œuvre remarquable de Corlay,
Au deux côtés étaient Moïse et St-Jean, statues de six pic^s de hauteur et^ au bas du sanctuaire, deux excellentes st:ktues par Corlay. 1
On y voyait encore deux tableaux: St-Norbert bénissant le pain pour les pauvres, et Ste-Gertrude ;
Une très-belle statue de St-Norbert tenant un enfant sur sf$ bras;
Un grand et magnifique tableau, les martyrs, contenant plus de quarante personnages et dont le large cadre était admirablement sculpté par Corlay,
Quatre petits autels intermédiaires avaient des tableaux eo médaillons. Dans la partie voisine de la sacristie, on voyait ua excellent tableau représentant la foi ; à côté, se trouvait un escalier en pierres avec balustrade» ■ La chaire, une des œuvres les plus remarquables du sculp- ™ teur Corlay, était placée au milieu de la nef; elle fut terminée le 4 avril 1705, ainsi qu'il résulte du reçu (d'une très-belle écriture) que nous avons sous les yeux, que les deux sculpteurs Corlay donnèrent au sous prieur des 700 livres, prix convenu
pour la sculpture seulemeni, les deux artistes ayant en outre leur pension au couvent. La menuiserie fut faite par François Corlay et son compagnon menuisierj moyennant 140 livres et la nourrilure.
Cette chaire était soutenue par l'Espérance, la Foi, la Charité, la Prudence et la Force ; elle se terminait en cul de lampe par de grandes feuilles, qui allaient se développer en haut du rouleau ; le dais était soutenu par des cariatides, et, sur Timpénale, on voyait quatre enfants allés tenant des guirlandes de fleurs et un ange embouchant la trompette. Les quatre évangélistes étaient sculptés en bas reliefs aux quatre panneaux, et les quatre pères de l'église, le long de la rampe.
Aux côtés du sanctuaire étaient deux tombeaux de chevaliers en ronde bosse, le bouclier aux bras et lepée ceinte ;
Un tombeau portant une statue de femme ;
Un tombeau avec la statue d'un évoque.
L'église avait aussi de beaux vitraux, qui furent, tout ou en partie i^eiots en 1606, par Noël AUayre, de l école de Tréguîer. I Au nombre des pièces les plus remarquables de l'abbaye on comptant une grande salle voûtée dite Salle des Ducs;
La salle des Piliers ayant une vaste cheminée voûtée en arrêtes et soutenue par un rang de colonnes ;
La salle des Dames, qui communiquait à celle des piliers et dont les panneaux représentaient des chasses et des bergeries;
k La chambre de TÉvêque, qui [possédait des peintures du môme genre.
La Chambre du prieur était ornée de peintures représentant Cléopâtre, des enfants allés courant après un papillon, et plusieurs paysages, par Blé vin.
Le réfectoire qui avait quelques vitraux peints, deux tableaux représentant un Christ en croix et une vierge (médio-
cre6) ; un autre tableau plus remarquable^ fort grand et représentant la scène, peint par Philippe, en 1756.
La bi):)liotfaèque de Tabbaye était composée de 1930 volumes, la plupart sans valeur.
Il y avait à Beauport quatre bons et confortables lits pour les hôtes ; ceux des moines étaient plus modestes.
Peu avant la révolution, des ouvriers occupés à réparer la belle boiserie du chœur trouvèrent, derrière un panneau mobile, un calice en vermeil ciselé qui probablement y avait été caché pendant quelque guerre civile, peut- être même pendant la Ligue, où des catholiques comme Fontenelle, s'appropriaient volontiers les vases sacrés.
L'abbaye était d'ailleurs riche en orfèvrerie, comme le constate un inventaire dressé le 29 janvier 1699. Elle avait :
7 calices dont 3 en vermeil et 4 en argent ; 1 soleil en vermeil ;
1 ciboire en argent ;
2 encensoires et navettes en argent ; 2 croix en argent doré ;
1 bénitier et 1 aspergeoir en argent ;
1 bâton de chantre en argent ;
2 grands chandeliers en argent ; 2 petits chandeliers en vermeil ; 4 grands chandeliers en argent ; 1 cuvette en argent doré ;
1 plat en argent doré ;
8 orceaux en argent ;
1 petite cloche en vermeil ;
1 instrument de paix en argent doré ;
1 haut de crosse d'abbé en argent doré ;
1 mittre d'abbé brodée en argent ;
2 chefs et deux bras en argent, pour les reliques de Saint-
Rion et de Saint-Maudez. (Ces reliques ainsi qu'un morceau de la vraie croix, retirés des reliquaires, furent transférées le dimanche 23 octobre 1791 en l'église paroissiale de Plouëzec.)
Il y avait deux ornements complets, Tun en or, l'autre relevé dé franges, en fil d'or.
— Le 28 février 16501e frère Claude, proviseur, acheta dp Henry, marchand à Plouagat, une chasuble de gros de Naples violet et manipule relevées de broderies d'or fin et argent, avec franges moyennant, 75 liv.
En 1683, l'abbaye acheta deux autels en marbre et tuffeau qui furent faits sur les dessins de Michel Guérin, architecte, sculpteur et peintre. On les plaça dans la chapelle du côté de la sacristie. Les marbres étaient arrivés à Morlaixen 1680 chez les Dominicains qui payèrent à maître Tafi*ores la somme de 25 liv. 17 s. 6 den. Le frère sculpteur dut aller les visiter et en prendre livraison. (Lettre du 20 mai 1680 , de Jacques Le Gall, dominicain. )
En juillet 1691 l'abbaye acheta a Rouen de la maison Abraham Damar 16 aunes de tapisseries coûtant 96 liv. 1 mirouer, 31 liv.
En 1703 un soleil d'argent fut acheté chez G. Jacob pour 849 liv., il pesait 15 marcs, 6 onces ; deux chandeliers en argent, 13 marcs, 2 onces, 477 liv; une croix en vermeil, 15 marcs, 3 onces, 5 gros, 752 liv.
OuvierLEGALL.
Voyage et arrestation
de la duchesse Anne de Bretagne