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Forêt et Château de Cuburîen.
La vaste forêt de Cuburien, qui s* étendait de Morlaix à la mer, sur la rive gauche de la rivière, appartenait aux vicomtes de Léon et de Rohan. Dans les preuves de dom Taillandier on la nomme Forêt d'Embrient, jouxte la ville ; mais le premier nom a prévalu.
Les vicomtes de Léon avaient un château dans cette forêt.
Vers 1135 , le vicomte Guyomarc'h conGrma le don fait par son père du bois mort de la forêt aux moines de St-Melaine de Rennes, qui avaient une succursale à Morlaix.
En 1372, le duc de Bretagne, Jean lY, le Conquérant, mal conseillé, mit uiie garnison anglaise dans le château de M(Hrlaix; ce9 étrangers ne tardèrent pas à molester les habitants, qui, ayant reçu des troupes françaises, assiégèrent le château, et les contraignirent à capituler. « Les archers placÀ sur le » clocher de Notre-Dame du Mur, dit le naïf chroniqueur, in- » commodèrent grandement les assiégés, qui furent obligés de » se rendre, et sortirent, un bâton blanc à la main et un petit » fardelet sous Faisselle. »
Le duc avait été forcé de se réfugier en Angleterre ; il revint en Bretagne en 1374 avec 2,000 hommes d'armes et 3,000 ar^ chers ; il parcourut d'abord le Léonnais en vainqueur irri^, pris le Ck)nquet, le château de Loc-Mazhé, St-Pol ou Kastel- Paol, et vint de là coucher au château de Cuburien, appartenant au sire de Rohan, qui s'était déclaré contre lui.
La manière impitoyable dont le duc avait traité les villes dont il s'était emparé, causa une terreur si grande aux habitants de Morlaix, qu'ils arrachèrent les portes de leur ville et implorèrent sa miséricorde. Mais le lendemain, au point da jour, lorsque Jean lY quitta le château, il y fit mettre le feu, et les lueurs de l'incendie éclairèrent sa marche vers la ville, annonçant à ses habitants effrayés le sort qui lui était réservé, car il avait juré, dit-on, de la détruire. Enfin, il se contenta de faire pendre cinquante des principaux citoyens aux crénaui du château, après avoir convoqué le peuple a son de trompe pour assister à cette cruelle exécution.
Une nouvelle garnison anglaise, forte de 800 hommes, fut
mise dans le ch&teâu, et elle y resta jus^iu'en 1376^ époque : laquelle les habitants exaspérés, parvinrent à la chasser- La forêt deCuburien, privée de son château» était devenue^ déserte, lorsqu'au 14S8, AllaiD, vicomte de Rohan, y fonda un monastère decordeliers. Selon François de Gonzague, dansson œuvre : « De ortu et progressu seraphicae religîonis, i ces religieux, au nombre de vingt-cinq, habitaient auparavant Enès- Gûerc'h, Tlle Vierge, véritable rocher d'une affreuse stérilité. Lorsque les anglais s emparèrent de Morlaix par surprise, en 1522, plusieurs arbres de la forêt de Cuburien furent jetés dans la rivière et formèrent un barrage qui s opposa au retour des barques chargées de butin, vers les navires qui étaient en rade : il est probable que le couvent fut alors en partie incendié ou détruit, car TégUse conventuelle fut commencée en 1527, le 11 mars, et dédiée en Juin 1531, sous l'invocation de Saintlean levangéliste. Elle avait une flèche élégante et de beaux vitraux, qui furent une des œuvres remarquables de Vincent Cap, de Lesneven*
Le 27 décembre 1535, fête de Saint-Jean 1 evangéliste, dixsept bourgeois, revenant de Cuburien, furent noyés, la barque qui les portait ayant chaviré pendant une violente tempête.
£n 1568, les cordeliers deCuburien fondèrent une impri* merie dans leur couvent. Il est a remarquer que la Bretagne adopta promptement ce nouveau mode de transmission de la pensée.
£q effet, Laurent Coster, sacristain de Harlem, inventa Timprimerie peu avant 1442, époque à laquelle Faust publia uii livre à Mayence, imprimé avec des caractères dérobés k son maître. En 1450, Jean Gensfleich, dit Guttemberg, s'associe Faust et Pierre Schcfeffer.
Et nous voyons, dès 1483, Simon Col linée, rival de Henry Estienne, établi à Loudéac.
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En 13S4^ Bellesculée et Josse publient à Rennes une % Contume de Bretagne. Robin Fouquet s établit aussi à Loudéac, et en 1493, Etienne Larcher pi^lie à Nantes, c Les Lunettes des Princes. >
Vers la même époque, Févèque fait imprimer im BraYÎaire à Gwenet (Vannes), et de 1485 à 1499, Galvcz imprime à Laadt- Treguer (Tréguier), une Coutume de Bretagne^ sans points ni virgules, et le Catholicon, en breton» françaiset latin, iiv^ttarto folios sans numéros.
Le père Christophe de Cheffontaine, cordelier de Cuburien, fut le fondateur de cette imprimerie. Il fut le 57* général de sue ordre, sous Pie Y, et Grégoire XIII le nomma archevêque titulaire de Césarée. Il publia plusieurs ouvrages, entr'autres: a Du Franc-Arbitre; De la Présence Réelle; Du Mérite des Bon- » nes-Œuvres ; Du Point-d'Honneur contre le Duel; Présence » de Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement. » Plusieurs de ces ouvrages furent défendus par le Concile de Trente : « Donec Ëxpurgentur. »
Il parait que la conduite des cordeliers, pendant une épidémie qui ravagea le pays, les rendit odieux aux habitants, qui sollicitèrent leur renvoi avec instance. En 1622, les récollels, munis d'un bref du pape, s emparèrent des lieux subrepticement pendant une procession à la({uelle assistaient tous les cordeliers : ceux-ci furent contraints de déguerpir.
Les récollets, pères mineurs de 1 étroite observance, étaient soumis à la règle sévère de St-François, approuvée en 1215 par le Concile général de Latran, sous le pontificat d'Innocent III. Ils portaient la tunique grossière de couleur grise, le capuchon et les sandales, un cordon ceignait leur taille. Leur introduction en France date de 1 592.
Pendant les pestes de 1626 et 1640, les récollets de Cuburien firent preuve d'un admirable dévouement : le peuple,
juste appréciateur des belles actions, les bénit comme il avait repoussé les cordeliers ; la ville leur donna 35 pots d'excellent vin d'Espagne pour leurs messes. Pendant cette dernière épidémie, la ville était déchirée par des factions ardentes ; les moines opérèrent une réconciliation.
Depuis cette époque, aucun événement remarquable n'avait troublé la thébaïde de Guburien, lorsque l'orage de 1793 éclata avec violedce. Ces récollets furent dispersés. Alors on établit un magasin de tabac dans l'église, une amidonnerie dans les dortoirs, et une salle de danse dans le réfectoire ; le temps a détruit pi*esque tous les vitraux.
Maintenant Cuburien est habité par des religieuses qui ont restauré la vieille église, et l'ont mise sous l'invocation de Notre-Dame de la Victoire. On assure qu'elles ont été aidées puissamment par une demoiselle du pays, encore plus distinguée, dit-on, par ses qualités morales que par sa grande fortune, et que nous ne nommons pas, de crainte de blesser sa modestie.
Olivier LE GALL.
Pommerît-le-Vîeomte.
Pommerit-le-Vicomte, en breton, Panverit-ar-Bescond. Près Tréguier, on prononce Peuverit. De très-anciens auteurs ont écrit: Peumerit et Pleumerit-ar-Bescond. (de Pieu, campagne, pays, et Meur et Meurit, grand} ainsi : La Grande Campagne du Vicomte.
Cette commune était avant 1789 une seigneurie portant le litre de Vicomte. Elle est située à peu de distance de Guingamp et est presque enclavée dans cet arrondissement, bien
qu elle fasse partie de celui de Saint-Brieuc et du canton de Lanvollon.
Sa population est de 2961 âmes, d'après les derniers rencensements* Son étendue^du nordausud, est de 8 kiloniètreset,de l'est à Pouest, de 7 kilomètres, 400 mètres. Sa superficie est de 3126 hectares, 74 ares, 80 centiares ; 764 maisons et 10 moulins à eau forment les propriétés bâties. Le revenu cadastral, inférieur d'un cinquième environ au rev^iu réel, s'élève k 101,541 fr. 87 cent.
Elle est bornée par les communes de St-Clet et St-6illes-le- Vicomte ; au sud, par celles de St-Agathon et Le Mérzer; à Test, par le Merzer^Goudelin et Gommenech; à l'ouest, par Pabp, Trégomeur et Squiffiec, dont elle est séparée par le ruisseau du Frout de la première et des deux autres par la rivière du Trieux.
Zitat Miigieiix. — L'église paroissiale, sous l'invocation de la Sainte-Vierge et de St^Pierre, relevait autrefois de révèché deTréguier. Elle était à présentation laïque. Les seigneurs de Loi^e et Quintin, vicomtes de Pommerit, présentaient à ce bénéfice, ainsi qu'à St-Gilles, qui, avant 1715, en faisait partie comme trêve.
Elle avait autrefois six chapelles de paroisse et trois chapelles domestiques. Les premières dédiées à N. D. du Folgoat, N. D. du Paradis, Saint-François de Salles, Saint-Pierre Légal, St- Jérome et St-Tugdual. Cette dernière était détruite avant 1789, les 3 autres l'ont été depuis. Les 2 premières existent et sont desservies ; on y dit la messe du matin, alternativement, les dimanches. On ignore l'époque de la fondation de la chapelle du Folgoat. Elle est très-ancienne; celle du Paradis fut commencée en 1398, achevée en 1415, renouvelée en 1721, et, enfin, réparée en 1819, au moyen d'une quête et de souscription, montant à environ 4,0!00 fr.
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EUeesltrmic jolie arcliileclore; loulle revêtement est ca pierres 'Je taille, et les armes des Duchalel, alors seigneurs e Pommeril et de Tonquedec, qui décorent la iK>rtc d'entrée, nt très délicatement sculptées, ainsi que la porte du bout. On ignore aussi l'époque de la fondation de Té^lise, du moins pour le cœur et le pignon du maître-autel : des arcades en ogive, des piliers octogones, un grand vitrait aussi en ogive, avec colonnettes et rosaces découpées, en pierre de taille, anciennement décorés de vitraux peints, telle est la construction le cette partie. Avant 1822, le bas de Téglise présentait des piliers carés, massifs en moëlons, ou plutôt un mur percé de voûtes inégales; depuis cette époque, le bas de 1 église a été rebâti et mis en accord avec la partie supérieure.
La tour est un acte de la magnificence d'un des recteurs de a paroisse, messire Jacques de la (ireve. Elle fut bâtie de 17ft4 il 1712 jusqu'aux guérites et achevée après sa mort, au moyen d'un legs qu'il y avait spécialement destiné. Elle est d'une jolie construction. L entrée principale de leglise qui est au-dessous est ornée d'un ordre dorique bien sculpté, son élévation aux guérites esî de 18 mètres 40 cent- et sa 'flèche a 16 mètres de haut. Elle est toute en pierre de taille.
Cet excellent pasteur avait, outre ce bienfait, doté la paroisse de fondations uoial»reuses* Le fond y affecté se montait à un revenu annuel de plus de 260 fr,, somme considérable à une époque où, pour une rente aiuiueUe de 75 cent., on fondait SI messes chantées par an et à jour fixe. ( Le titre de pareille fondation existe aux archives de la fabrique.)
Les plus anciens registres restés à la paroisse sont de 1640. Mors et même en 1635, le recteur était M, Desdezeroqui le fut jusqu'en 1668; en 1668 et jusquen 1715, M, Jacques de La Grève, dont nous venons de parler; de 1715 à 1716, M. Vin-
tenl Nicoloiiy sous le rectorat duquel la trêve de St-€illes fui érigée en paroisse.
De 4717 à 1724, Jtf. Le Gonidec, mort à Pommerit ; de 1725 au 12 novembre 1731, Le Dreau, curé d'office; de 1731 au 30 novembre 1735, Du Parcabilico, docteur en Sorbonne ; du 14 décembre 1735 au 2 juin 1738, jour de son décès, M. de Kernel ; du 19 juin 1738 au 11 février 1739, Rolland Juyénis^ •uré d'office ; du 1 1 février 1739 au 2 août 1761 , M. Colin, recteur, mort à Pommerit ; du 19 avril 1761, Pierre Flouriot, curé d'office, jusqu'en décembre 1762. Pendant le même temps, M. de Yîsdeloup, nommé recteur, prend aussi le titre de curé d'office, puis celui de recteur, jusqu'au 3 janvier 1786, époque de sa mort; Gourion^ curé d'office, jusqu'au 28 mars, où M. De Lespinalle, chanoine du Mans, fut recteur jusqu'au 15 juin 1791, époque de son émigration. Il fut remplacé par M. Le ^omec, curé constitutionnel qui, lors du concordat, fut Irausféré à la cure de Paimpol. Le sieur Le Denmat, son vicaire, exmoine de l'abbaye de Coatmaloën, desservit la paroisse alternativement avec le sieur Julien Pierre, prêtre, non assermenté, qui devint en 1801 recteur de Pommerit et le fut jusqu'à sa mort, en 1819. Pendant quelques mois, M. LeFloch, curé d'office ; la même année, M. Gautho, recteur, fut transféré en 1831 à la cure de Bourbriac et remplacé par M. Macé, alors recteur de Maël-Pestivien et pasteur actuel de Ponmierit.
En 1693, messire Louis Le Fur, prêtre de l'ordinaire, entreprit le pèlerinage de Rome. R»tîe du casuellui fut réservée d'après un acte du 18 mars, consigné aux registres des naissances et signé de M. de La Grève, recteur, et de tous les prêtres de la paroisse.
Des trois chapelles domestiques deux existent, mais ne sont pas desservies. Celle de Kergongard, fondée en 1648 par Alain Le Charpentier, seigneur du dit lieu ; celle du Restmeur dont
OQ jguoro la roiidation. CeHe du Rumeur a été démoUe avec le
cliàleau. On a lieu de croire que celle de St-Tugdual était la
chapelle doineslique du lieu de Kermoisan, lerrc de lieT,
' Il ti'v avait dans la commune aucun hùpilal, ladrerie, ab-
ï baye, prieuré, ni coïiiiuanderie d^aucuu ordre religieux ui mi-
■liraire*
I Etat féodal. — Pommeril-le-Vicomle était, dans l'état féodal, le siège d'une juridiction portant le litre de Vicomte. Lp juridiction se composait d'un sénéchal, d*un alloué ou lieutenant, d'un procureur liscal et de plusieurs procureurs qui étaient en même t^mps notaires; toutes les charges et offices étaient à ia nomination desseigneursdeQuintiu, vicomtes de Pommerit, et s'accordaient moyennant finance.
Plusieurs fiefs inférieurs en relevaient prochement la chatc- I lainie de KervouézoUi le fief du Humeur, d'abord aux Poiriers MHu Mené, puis aux Kermoisans, et ceux de Kermoisan et Ker- [ breselcc aux comtes de Haix.
■| Comme on Ta déjà dit, la Vicomte de Ponmierit appartenait ^n la maison Duchatel, seigneurs de Tonquedec et descendants de Tanoguy Ducliatel. Environ 1590, Claudine Duchalel, apporta en mariage, la Vicomte de Pommerit à Charles de Gouyon» qui en 1615 fut marquis de La Moussaye; il était déjà baron de Quinlin* Cette branche s'est éteinte sans [*ostérilé masculine. Le manjuisat de La Moussaye passa à une branche cadette des I Gouyons, et la baronie de Quintin et la Vicomte de Pommerit I lurent acquises par la maison des ducs de Lorges* [ En 1694, Charles de La Falize, sieur de Bruquevillcécuyer, [secrétaire des ordinait^sde la feue reine, intendant, général 'du sc^igneur maréchal duc de Lorges, baron de Quintin, vicomte de Pommerit, nomma un enfant au procureur fiscal de • Pommerit, le sieur IJruière de Bodelio,
n n*y a pas de châteaux à Pommerit, mais plusieurs maisons
de campagne, telles que le Restmeur, Kergongaitl et Kerbic. Kermoisan et Kerbonrjis, anciens lieux nobles, ont des cheminées rondes oa hexagones. Keribrcselec, qui fut entouré de mut*s avec tourelles et de fossés, est aujourd'hui entièrement démoli; une ferme le remplace.
Il en est de même de Kervouézou où il ne reste que de faibles traces d'une ancienne tour. Il existe aussi àTanglenord du bois de Pommerit, des vestiges d*une ancienne tour ou château; il n'en reste que les fossés toujours pleins d'eau; on cultive l'intérieur; sa contenance est de 54 ares 60 centiares. C'était un polygone arrondi, mais dont on ne peut plus compter les angles; il a conservé le nom de château de Baliveau. On ne peut connaître l'époque de leur construction, ni celle de leur démolition, ni leur ordre d'architecture.
Il n'existe aucun dépôt d'archives dans la conimune ni registres intéressants à consulter. Le dépôt de ces actes était au prétoire de la juridiction de Pommerit; ceux qui pouvaient intéresser les biens du seigneur ont été transportés à Quintin , et le surplus, abandonné dans les greniers de ce local, a été dévoré par les rats.
Sous le régime féodal, Ponmierit avait 4 foires. Elles ont été depuis réduites à 2; mais le voisinage de Guingamp et ses marchés-foires de presque tous les samedis ont anihilé les 2 foires* qui ne sont que des assemblées de plaisir pour la jeunesse, se tenant le lendemain des pardons de Pommerit et de Saint- Jérôme, qui se font au bourg.
En 1790, Pommerit-le-Yicomte fut chef-lieu de canton, et faisait partie du district de Pontrieux.
BSBtoire, antiquités. — En 1489, lors de la prise de Guingamp par les français sous les ordres du vicomte de Rohan, un combat eut lieu près le pont de Squiffîec entre ses troupes et
celles de la tlucJiesse; beiuicoup de seigiieui-s bretons y furent tués. Il y a, à la liiiûie de Si-Clet, Poiiiiiieril ei SquilUec, au bord de la rivière un lorrain vague qui porte le nom de Placen iraau bataille. On est [K>né à croire que le comljat eut lieu eu cet endroit.
En avril 1800, pendant nos discordes civiles, un engagement eut lieu au Restmeur entre les républicains venus de IV>utrieux et les royalistes. Les pixîuiiers perdirent 3 hommes tués et eurent 3 blessés; le champ de bataille resta aux royalistes. Le soir le jardinier de Tendroit fut tué; il était ivre et ré|>ondit républicain au qui-vive de la senliuelle qui fit feuel atteignit ce nialbeureux qui mourut de suite- Deux évêques sont nés dans cette commune. L'un niessire Jean Le Brun, conseiller et aumônier de Jean le Conquérant, duc de Bretagne, et avocat en cour de Rome, ïni évèquc de Tréguieren 1371 et mourut en 1378. Lautn*, Geffroi de Kermois^m fut évèque de Cornouaille ou 13S8, ii-ansféré à Dol en 1373 ou 1374, Il était aussi abbé de la couture. On ignore Tannée de sa mort. Ce dernier est aussi réclamé parla commune de St-Gilles; il est vrai qu*il a du naître a la terre de Goasmap en St-Gilles; mais St-Gilles n était alors quune trêve de Pomment.
* Le contre-amiral de Gutchen, commandant la frégate la Belle-poulSj lors de son mémorable combat, a habité Kargongard dont il avait épousé rhéritière.
La commune ne possède aucun monujncnl tt^marquabh*, mais il existe sur le cimetière un if de dimensions colossales* Il a 8 mètitîs de circonférence à hauteur d'homme; ses branches couvrent 1 are 69 centiai'es de terrain, de 17<Hà 1712; pendant que Ton construisait la tour^ les cloches y avaient été placées.
Un dolmen, mais de petite dimension, existe sur la terre de Kerbic; on n'en connait aucun autre.
On n'a trouvé ni inscription ni médailles, seulement quelques coins en cuivre creux, si communs en Bretagne.
Géologie, minéralogie, industrie. — Le sous sol de la commune est argile jaune ou blanchâtre et plus souvent terre glaise, gris b)eu. Dans la partie siid-ouest de la commune^ il existe un gisement assez étendu de terre à potier, à un mètre et demi de profondeur. Plus bas, à 4 ou 6 mètres on trouve une terre blanche mêlée de veines rouges et qui est employée à la poterie fine de Pabu. Elle nous parait devoir, étant convenablement préparée, être propre à la fayence.
Les carrières sont rares; on n'en tire que de mauvaises pierres et quelques moêlons pass^les par endroits.
La commune ne possède aucune fabrfque; ses seules usines sont des moulins à farine; il en existe 8 sur le Trieux, un sur le ruisseau de Goasmap et un sur le ruisseau du Traou et da Padu réunis.
La seule industrie de la commune, outre l'agriculture, était la filature du lin. Cette industrie occupait une grande quantité de bras, toutes les femmes pendant l'année, hors le tempsdela moisson, et les hommes l'hiver, en partie, pour préparer la filasse, mais la concurrence des fils étrangers, fils à la mécanique, leur bas prix, le défaut de droits d'entrée, protecteurs de cette industrie, l'ont fait tomber entièrement; aussi la commune qui produit beaucoup et de beau lin, avait vu sa population s'augmenter d'un grand nombre de familles indigentes, mais que ce travail faisait vivre. Aussi aujourd'hui qu'elle a perdu cette industrie et que les fermiers emploient leurs filles aux travaux des champs, le nombre des mendiants s'élève à SOO et plus, sur une population de 3,000 âmes.
Les lias s*exporleut encore pour St-Brieuc, Quiutiii et environs^ mais à bas prix; on vend des fils pourMorlaix, on exporte des grains, de la graine de trèlle, des graisses, du bois à feu et des fagots.
Les grains pour le midi de la France et pour l'étranger, les graines de trèfle pour la Belgique, la Hollande et le nord de la France ; le tout par le port do Pontrieux, de même que le bois à feu, les fagots pour Paimpol et les environs.
Généralités, contâmes et anciens nsages. — I^s coutumes et anciens usages du pays se perdent à mesure des progrès de la civilisation, et de la diminution de la langue bretonne. Les souhaits de bonne année, en chantant aux portes des noëls, les derniers jours de décembre, sont encore en usag3. Le soir du 31 décembre, on y va par bandes assez nombreuses et les premières entrées défendent la porte, contre les nouveaux arrivants par des disputes, chantées ou au moins rimées,oii l'on cherche à embarrasser son adversaire; ces disputes ont aussi lieu lors des demandes de jeunes fiancées pour les conduire à Téglise le jour de la noce. Elles ont assez d'analc^ie avec les disputes de chant de Tantiquité.
Le point de vue le plus remarquable est celui de la tour de la chapelle du Paradis, où Tœil embrasse plus des Sji d*horison à 2 et 3 myriamètres d'étendue.
' Les principales maisons de la paroisse étaient habitées à la fin du XVr siècle, et le sont aujourd'hui comme suit :
MoBS des Lieux. Habitants en i 701. £n 1800. Propriétaires actuels.
LeReslineur. Escuycr F. Du Bosquet. Le vie. de Roquefcuille. Le môme. Kergongard. Rollon de la Villeneuve. Delauzaunc. Le môme
Rerbic. Ecuyer Pierre Raison. Le ctievalier De Floyd. Le même.
Kerbreselec. Le sieur Duliscoet. Un fermier. Le c. de Tréveneoa
Le Rumeur. Le sieur de Kermoisan. Un fermier. Hos. de Guingamp.
Le Cosquer. Le sieur Delaiande. Un fermier. M.More!.
Kermousler. Les. Binet de Kerl>eau.* Un fermier. M. de Gouyon de
Coignes.
Dès cette époque, les maisons.de Kermoisau, Kervouézouet Kerboui^is n étaient que des fermes, comme le sont anjourdlmi Kerbreselec, le Rumeur, le Cosquer et Kermouster.
Le bourg dont la population agglomérée est de plus de 400 âmes a quelques jolies maisons dont plusieurs habitées, deux par MM. Mazé, l'un conseiller à la cour, Tautre notaire à Pomment, une par M. Duval.