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granit avait au moins 13 pieds d'épaisseur: dans œtte masse compacte, était pratiquée la chapelle, éclairée par une seule fenêtre en ogive et placée comme une sentinelle sacrée pour assurer à l'habitation la garde de Dieu.
On parvenait au manoir de la Roche-Jagu par une avenue de chênes, rangés à perte de vue sur la pente du coteau. Une porte cintrée introduisait dans la cour d'honneur. Âpres avoir évité le puits profond, crensé au centre, on pénétrait dans l'édiiice par une porte à voûte affaissée, décorée d'ornements gothiques et fermée par une énorme grille de fer. On traversait les cuisines, les celliers, la salle et l'on se trouvait devant un large escalier de pierre conduisant à l'unique étage. Il se composait d'une enfilade de grandes pièces à demi éclairées par d'étroites fenêtres et garnies de tapisseries de haute lice qui les rendaient encore plus sombres et plus imposantes. Elles aboutissaient à la tourelle qui communiquait à une galerie couronnant la façade. Garnie de créneaux, demachecoulis et ouverte sur la plus large perspective, elle servait de rempart et d'observatoire, d'où les regards et les flèches portaient également jusqu'au delà de la rivière.
Le château de la Roche-Jagu, représentait assez complètement ce qu'on appelait une maison forte au XV' siècle. A cette époque il pouvait avoir 200 ans d'existence. 11 possède des souterrains qu'on dit d'une étendue considérable; les uns assurent qu'ils passent sous la rivière et s'ouvrent fort loin du côté de rinest, les autres leur donnent une direction opposée et les font communiquer à 2 kilomètres de là avec le château de Frinaudour. Gomme pour meltre le comble à la terreur que ce séjour mystérieux inspire, le duc de Richelieu en le vendant, a fait insérer dans le contrat la clause singulière qu'il ne sera fait aucune tentative pour explorer ces voies ténébreuses. L'é-
traiige dëfonse maintenue sévèrement, est-elle dans l'interôl de rhumanlté? Il paraît. On dit en effet que plusieurs curieux descendus dans ces catacombes n'ont jamais reparu.
Notice sor la Navigalion
ET
A lA CÔTE DK l'île DE TERAE*IVEUVE*
La pèche de la Iforue, à la côte de Terre-Neuve, occupa! ud nombre considérable ^4e marins de noire littoral, depuis Graavtlle jusqu'à Morlaîi. Nous arons pen&é que les iravaux auiquels se livre, pendant quatre mois deranmW, celle grande partie de tietre popul^ition maritime, intéresseraient vivement nos tecteiirs.
tin capitaine au long-coifrs, qui a fait une vingtaine de voyages à la cdle, un homme
Lpratique et éclairé. M, Désury, a bien voulu d'écrire avec la plus grande fidélité tes
r Opérations auxquelles on se livre dans cette pèche, depuis le départ du navire du
port d'armement Jusqu'à son retour. C*esl ce travail que nous publions, dans le
but de populariser, dans rinlérieur de Tiincienne Bretagne, la connaissance de
cette industrie et des avantages qui peufeul en résulter, tant pour ceux qui s*yadoD.
rneDtqitepoufrélatqui trouve, danscelte population maritime, la pépinière de ses
meilleurs marins.
On ne devra pas s'étonner des détails munitieux qu'on rencontrera parfois; daos celte notice, où Tau leur a cherché à donner, malgn^l'exigniié de son cadre» une îdéo itiifi complète que possible de cette pèche, en tenant plus au fond qu'à la forme.
[NoiatierédUeur.]
Je suppose le navire gréé et ayant à bord tous les objets nécessaires pour cette navigation. Le jour étant fixe pour le départ y du 25 avril au 10 mai, 1 équipage se rend à bord du navire et là il reçoit la ration d'usage.
II y a trois repas; déjeûner à buit heures du matin^ dîner à midi, souper (en allant) à six heures, (au retour), à cinq heures.
Chaque homme reçoit par jour 3 quarts de litre de cidre, ou vin blanc, de Tile de Rhé. Au déjeuner, cent viogt-ciuq grammes de beurre pour sept hommes*
On fait gras cinq jours par semaine et deux jours maigre. Le jour gras, chaque liomme reçoit deux cent cinquante grammes de viande fraîche, pendant qu'elle dure, ou cent vingt-cinq grammes de porc salé, pour faire la soupe pour le midi et pour le soir ; la viande sç mange au midi ; le soir, on donne cent vingt-cinq grammes de beurre pour sept hommes. Le pain étant à volonté, se met ordinairement sur le pont, dans une barrique ayant un couvercle et préparée pour cela.
Le vendredi et le samedi , jours maigres, on fait de la soupe de pois ; on donne, par jour et pour sept hommes, un litre et demi de pois et deux cent vingt-cinq grammes de beurre. Les pommes de terre se donnent , comme légumes, dans la soupe grasse. Les deux jours maigres, on en fait aussi le soir ; au lieu de manger une soupe de pois, on mange ce qu'on appelle un bon fricot de patates.
Jusqu'à ce que le navire ne soit mouillé en rade, il y a peu de confusion, ce qui provient de ce que l'équipage ne se rend à bord, qu'au moment même où le navire démarre.
Une fois le navire sur rade, le capitaine fait faire Taf^let note chaque homme manquant, pour pouvoir en donner avisa Tarmateur. Autrefois, on retenait à ces hommes en défaut, cinq francS; et ces cinq francs étaient employés aussitôt à avoir du tabac que l'on divisait entre tout 1 équipage.
Le capitaine partage ensuite l'équipage en plats de six hommes, plus un mousse, pour le service du plat. Ce dernier reçoit aussitôt une gamelle, un bidon et une petite écuelle qu'on appelle quart.
Les plats se désignent par premier, deuxième, etc. et, quoique les vivres soient les mêmes pour tous les plats, il esî d'usage de mettre aux premiers plats, les hommes de la plus grande capacité.
Pour faire à manger, presque toujours un homme de l'équi-
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I»age se présente de bonne volonté, et aloi'son a HiabituJe de lui donner sept mètres de toiles rondelettes, pour faire une culotte et une vareuse (sorte de blouse) et aussi, chaque matin^ une ration d'eau-de-vie, qui est ordinairement d'un vingtième de litre. Cet homme prend alors le uom de coq. Si personne ne se présente^ le capitaine désigne deux hommes par semaine jH>ur faire à manger et, chaque semaine, on les remplace par deux autres ; alors point de culotte ni de vareuse.
Le capitaine partage aussi Véquipage en deux bordées ; Tune se nomme tribord, et est commandée par le second; l'autre se nomme baliord, et est commandée par le lieutenant. Ne sont IK>int compris dans ces bordées, le chirurgien, le cambusier, le tonnelier, le charpentier, les voiliers, le coq, Thomme ayant soin des bestiaux et les mousses.
Pendant qu'on est mouillé sur rade, Téquipage est employé disposer !e navire pour prendre la mer. On raidit le gréeaent, ont fait les garnis nécessaires, on gratte et graisse les lats, on suive les parties du gréement sujettes à un frottage >ntinuel, on défait de vieux filains en fds de carré, pour remployer ensuite en bitord en deux et plus souvent en trois, qui îrt à mille usages. Les bouts de ces fils trop courts pour faire le bitord, sont mis en tresses, et le rebut fait de Tétoupe. Pendant ce temps aussi, les hommes qui ont des états se disposent et travaillent chacun dans sa partie.
On lève Tancre enfin. Tout Téquipagesans exception est à la manœuvre. Le capitaine placé sur le gaillard d'arrière, commande rappareillagc. Le second, devant, fait exécuter la mancBuvre ; le lieutenant au milieu du navire, répète les ordres du capitaine et veille à ce que chaque homme agisse avac célérité.
Le navire étant sous voiles, quelquefois auparavant, on embarque h chaloupe et le canot ; on les saisit. Les panneaux sont
calfatés et recouverts de prélats. Les mâts de rechange, c'està-dire en général, les drômes sont amarrés aux organeaux du pont. Les ancres sont momentanément mises le bec sur le bord, dans la crainte d'en avoir encore besoin. Les chaînes ou les cables restent sur le pont, jusqu'à ce que le navire ne soit assez au large pour ne plus en avoir besoin. Une fois cela fait, le capitaine laisse la manœuvre aux soins du second ou du lieutenant, avec une des bordées dont nous avons parlé. L'autre bordée va disposer les hamacs pour se coucher. Un seul hamac sert à 2 bonmies alternativement, Tun de tribord, l'autre de bâbord. Quand l'un est de quart, l'autre se couche, et ces honmies s'appellent entr'eux, mon matelot, ce qui veut dire mon ami.
Autrefois, au départ comme à l'arrivée, on tirait des coups de pierrier, on chantait des cantiques à la Viei^e, pour se rendre le voyage favoraible, ou pour remercier Dieu de l'avoir terminé heureusement. Aujourd'hui, on ne tire plus le canon, plusieurs accidents étant arrivés; mais on n'oublie pas d'invoquer la protectrice des marins* Pendant tout le voyage, chaque soir et matin, un des anciens, du bord, fait une courte prière à laquelle assiste tout l'équipage.
Le îour du n^arin commence à midi. La bordée de tribord et celle de bâbord se partagent alternativement le service, dans les ving^quatre heures.
Avant de perdre la terre de vue, le capitaine prend an point de départ, an moyen de relèvement sur la terre, afin de marquer sur la carte sa position géographique. Ensuite, il dirige sa route vers le point qui lui est destiné. Les ancres se mettent en dedans, les csiAes en sont retirés et mis en bas.
Le capitaine remet par écrit, à chacun des officiers de quart des ordres ainsi conçus :
« Lorsqtt^un officier monte prendre le quart, il se rend d'abord à l'officier qu'il relève, pour recevoir de lui la route, la
voilure^ et savoir quel est le temps et lesordivs que le capitaine peut avoir donnes.
» 11 fait ensuite le tour du navire pour s assurer si toutes les manœuvres sont bien parées, si toutes les voiles sont bien orientées, bien bordées, bien étorquées ; si les bonnettes se trouvent dehors, il distingue la drise de bonnette basse de celle de buue, pour qu'au cas de presse, il soit certain qu*on n*amène pas Tune pour l'autre,
» Il veille qu'au changement de quart, le maître se rende au bossoir et n'en bouge que lorsqu'il est relevé par le maître de l'autre quart* Ensuite on nomme les hommes de bossoir: de cette manière, on est assuré que Ton veille toujours bien devant, et Ton prévient par là, les accidents qui arrivent presque toujours aux changements de quart.
» On fait souvent le tour du navire, on voit comme cela, si l'on ouvre bieu Foeil devant. On compte, en passant, ses hommes, pour s assurer si tous sont de quart; et on ne fait l'appel que lorsqu'on ne trouve pas son compte; cela paraît moins tracasser et revient au même.
» Sitôt rhomme de bossoir relevé, il doit venir lui-même prévenir lofTicier et nommer celui qui le remplace.
» Les hommes de quart, depuis le maître jusquau novice ne doivent point descendre pendant leur quart, sans la |)ermission de lofficier, qui doit être rigide là-dessus,
1 On jette le loch au moins toutes les heures. On doit toujours mettre un homme entendu à la minute et les jeunes à lialler le loch, pour leur apprendre à ligner-
»U faut s'assurer aussi quelquefois si le loch et la minute sont justes.
n On doit avoir souvent les yeux sur le compas et marquer sot*^mème, ou faire marquer devant soi, par le timoaier, la
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route sur le renard ; car, presque toujours, les timoniers mar<<quent plus au vent qu'ils ne gouyement en effet.
» La dérive est une chose essentielle à observer souvent; mille circonstances peuvent la faire varier; la mer plus oe moins gf'osse, la force du vent, l'addition ou la soustraction d'une voile, le temps qu'on passe à faire des ris, etc. , y> Ne laisser jamais le timonier causer, ni même bavarder trop près de ses oreilles, la plus grande attention étant nécessaire pomr bien gouvernw.
» L'habitacle c!t les 'compas doivent être tenus dans le pins grand état de propreté possible.
D Toutes les fois qtie le temps permet de travailler, il est essentiel d'occuper les gens de quart et de faire connaître aux hommes qui naviguent pour la première fois, le nom des ma« nœuvres et Icfur emploi .
» Sitôt qu'il survente, il faut mettre des faux-bras aux basses veines ; ne s'entêter jamais à porter trop de voiles, mais aussi en avoir toujours assez; car le trop, comme le trop pea de voiles, fatiguent également le navire.
» Toutes les fois quel'on fait des ris ou autre manœuvre qui exposent les honmies, prendre toutes les précautions possibles pour empêcher les accidents.
» Faire pomper suivant le besoin du navire.
x> Brutaliser les hommes le moins possible, sans les conduire avec mollesse.
» Ne pas laisser les plus forts faire la loi aux faibles, comme on le voit quelquefois, sans cependant défendre par là, quelques petites farces propres à dégourdir les jeunes gens.
» Chaque matin, on doit faire nettoyer partout; soigner ht volaille et les bestiaux.
4> Veiller à ce que les mousses se nettoient et à ce qu'ils la-