‹ Bibliothèque conchyliologique (volume 2)Chapitre 5 sur 62 · HELIX · texte numérisé non relu

HELIX

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Coquille univalve, libre, subglobuleuse, convexe où un peu conique. Ouverture entière, plus large que longue, plus où moins oblique, un peu contractée parce qu'elle reçoit une partie de la convexité du second tour, qui sépare largement les lèvres.

Animal hermaphrodite avec quatres tentacules rétractiles, fiiformes ou cylindriques ; paire antérieure courte, paire postérieure beaucoup plus longue, oculifère à l'extrémité, spiraculum sur le côté droit du col, près de l'anus, et une autre cavité qui content les organes de la reproduction ; il ne respire qu'à l'air.

Observations. C'est un genre universel, et si je puis employer celte expression, cos-

mopolite. Les especes sont excessivement nombreuses; dans les localités favorables quelques-unes se multiplient tellement qu'elles nuisent à l'agriculture. Elles sont sous ce rapport si redoutables dans quelques parties de l'Europe, qu'on emploie beaucoup de moyens pour les détruire. Dans l'Amérique du Nord leur multiplicité ne va pas jusqu'à être nuisible et je n'ai jamais vu un jardin ou un verger dans lequel leurs ravages aient nécessité l'attention du cultivateur. Ces espèces atteignent leur plus grande dimension et leur plus grande beauté dans les climats des tropiques, et il semble qu'elles n'aient pu être arrêtées que par la rigueur inhospitalière des régions polaires. Quoiqu'elles se trouvent sur tous les points du globe, il est bon de les faire connaître partout ou la langue anglaise est en usage, sous le nom de snail shells. La beauté et la diversité de leurs formes engagèrent beaucoup de personnes à en faire des collections d'ornement, et cette circonstance a bientôt excité ces mêmes personnes à s'occuper plus sérieusement d'une science si intéressante.

Le genre Helix comme il était originairement établi par Linné, se composait d'un assemblage bizarre d'espèces de caractères, de mœurs et de conformations variés. Celles qui habitent sur terre et ne respirent qu'à l'air, au moyen d'un spiraculum conduisant à une cavité branchiale, garnie d’un plexus de vaisseaux pulmonaires, étaient associées à des espèces qui habitent exclusivement dans l'eau, et à d'autres qui sont amphibies, et aussi différentes dans leur forme extérieure que dans leur structure anatomique. C'était en réalité un grand groupe pour les mollusques que quelques caractères géné-

‘raux paraissent réunir, mais que la définition la plus large ne peut comprendre complé-

tement. L'établissement du genre actuel plus naturel est dù aux améliorations successives de Bruguière, Draparnaud, Lamarck et Montfort, qui ont écarté diverses espèces, dont ils ont formé les genres Vitrina, Bulimus, Carocolla, Pupa, Scarabus, Succinea, Planorbis, Lymneus, Paludina, Ampularia, Janthina, Melania, Sigaretus, etc. Plusieurs de ceux-ci ont été replacés par Férussac dans le genre Helir, et forment divers sousgenres sous de nouveau noms qu'il leur a appliqués. Lamarck, ayant limité le genre comme il l’a fait, décrit cent--sept espèces de sa propre collection; mais Férussae, dont les limites sont plus reculées, parce qu'elles sont fondées sur les caractères de l'animal, compte cinq cent quarante-quatre espèces.

Il y a une espèce de ce genre, commune à l'Europe et à une partie de l'Amérique du Nord, l’H. Aspersa, à laquelle Muller attribuait autrefois des facultés curatives dans les maladies des poumons, et sir Kenelm Digby l’a introduite en Angleterre pour être mise en usage dans ces maladies : plusieurs espèces sont servies sur la table des gens riches, et, chez les Romains il y avait des hommes spécialement chargés de nourrir et d’engraisser ces animaux. Montfort nous apprend que l'H. Pomatia, Linn., est un objet de commerce ; à Paris, à Vienne, à La Rochelle, en Suisse, etc., on les vend au marché, et on les exporte en barils pour les Antilles; il ajoute : « C’est un aliment sain, succulent et prolifique. »

Le genre Carocolla de Lamarck, ressemble beaucoup au genre Helix; mais les tours sont toujours carénés. Dans les Bulimes, l'ouverture est plus longue que large, et dans les Pupa, Clausilia, etc., la forme est cylindrique, et les lèvres sont continues.

HELIX ALBOLABRIS.

Coquille convexe, imperforée, sans taches, d'un brun pâle, rougeàtre; environ cinq

tours et demi avec des rides pltôt obtuses, croisées par des lignes tres-fines, plus distinctes sur le grand tour que sur le reste de la spire ; suture distincte, peu profonde :

labrum contractant la bouche, infléchi, aplati dans la partie plane de l'ouverture, blanc et profondément arqué à la base.

Herix azBoLaBris. Nobis. Am. ed. of Nichol. Encycl., vol. #.—Férussac, Hist. nal., pl. 43, f. 4,t. 5.—Cochlea virginiana, subalbida, mediocris, circiter quimis orbibus parum altis ad claviculam circumscripta. Lister, Synops., pl. #7, f. 45.

Observations. C’est une de nos espèces les plus communes, moins abondantes cependant vers l’ouest que dans la partie est des États-Unis ; elle se trouve dans une région étendue qui s'étend du Canada jusqu'à la Caroline du sud, d’où un individu m'a été envoyé par feu M. Elliott; on en trouve aussi probablement dans la Floride. Elle appartient au genre Acavus, Montfort, que cet auteur sépare du genre Helir, parce qu'il est dépourvu d'ombilic.

Une espèce du genre Acarus, de Linné est l'ennemi de l'animal. J'ai souvent vu ce petit parasite pénétrer dans la cavité branchiale lorsque l'orifice était ouvert pour l'in troduction de l'air. Quelquefois il rencontre pour an instant quelques obtacles par la clôture de cette ouverture, mais il marche avec vivacité tout autour, jusqu'à ce qu'une circonstance lui permette de pénétrer dans l'intérieur. Une espèce analogue poursuit l'Helix nemoralis d'Europe, suivant Kirby et Spence.

HELIX THYROIDUS.

Pl’ ir fe SD ST

Coquille plutôt mince, convexe, ombiliquée, d'un brun-rougeàtre pâle, sans taches, cinq tours ridés : suture distincte mais peu profonde : labrum blanc contractant l'ouverture, plutôt largement infléchi, aplati à la base de la bouche, ombilic étroit, distinct : labium avec une dent blanche oblique, plutôt au-dessus du milieu et peu proéminente.

Heuix rayroipus, Nobis. Journ. Acad. nat. sc., vol. À, p. 193. Nicholson’s Encycl. per (Am. edition).—Férussac, Tabl. system., p. 33.—Cochlea umbilicata, capillaceis stris obliquum donata, unico dente ad fundum oris. Lister, Synopsis conch., pl. 94, f. 94. Les synonymes suivants sont de Férussac ; Tab. syst. Petiver, Gazophyl., t. 405, f. 4, — Philos. trans., vol. 2, p. 375, — cochlea terrestris virginiana, etc., Schræter, Enleit. 2, p. 192, n° 60.

Observations. Espèce très-abondante, beaucoup plus connue dans ce pays-ci que la précédente. Elle a certainement une ressemblance générale avec l'albolabris, mais elle est plus petite, toujours ombiliquée ; le labrum, près de sa jonction avec l'avant dernier tour, n'est pas infléchi si à platet la dent du labrum est très-visible. Elle apparüent au genre cepolis de Montfort.

UNIO ELLIPSIS.

PI. 1v, fig. 4, 1 a, 4 b.

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille très-oblique, subovale ; sommet proéminent, aussi long que le côté postérieur.

Unio Ectrpsis, Lea, Trans. amer. philos. soc. (Nouvelle série), vol. HE, pl. 1, fig. 4.

Coquille très-oblique, subovale, ventrue, pesante : disque convexe, stries d’aceroissesement profondément marquées, et rendant en quelque sorte la surface onduleuse ; couleur olive jaunâtre, plus ou moins rayée de vert, particulièrement en avant; jamais de taches ; les coquilles adultes, uniformément brunes ou noirâtres ; bord régulièrement arqué, même à l'extrémité antérieure ; sommet proéminent, aussi long que le côté posté-

rieur qui est remarquablement court; cavité des ligaments profonde, très-dilatée entre les crochets et ne s'étendant pas postérieurement au delà; partie triangulaire visible, la ligne postérieure transversale un peu arquée, très-large ; intérieur blanc, nacré, irisé en avant : dents grandes, proéminentes, la principale antérieure de la valve droite et les deux de la valve gauche parallèles aux dents latérales, qui sont un peu arquées, celles de la valve droite réunies à l'extrémité et même après la jonction un peu plus élevées que la surface environnante ; sinus du cartilage régulier, défini; cavité de l'umbo peu profonde; impressions musculaires très-distinctes : impression musculaire postérieure remarquablement profonde, subconique; impression palléale antérieurement arquée, s'étendant à peine au delà de la ligne de l'impression musculaire.

Observations. Cette espèce n’est pas rare. La coquille jeune que la planche représente a une coloration différente de celle d’une adulte qui est d'une couleur foncée unie onu même d'un brun noirâtre, les rayons étant invisibles. L'espèce varie par ses rayons; les unes sont radiées sur toute la surface, d’autres n'ont que des rayons très-déliés sur le côté antérieur et d’autres en sont entièrement privées à tous les âges. Une autre va riété est teintée de rose, spécialement sur les lames cardinales. Dans sa jeunesse cette espèce ressemble un peu au sulcatus, Lea, mais elle s’en distingue par beaucoup de caractères et notamment en ce qu'elle n’a pas de stries antérieurement, Le plus grand individu que j'aie vu approchait de quatre pouces dans son plus grand diamètre ; mais c’est une dimension gigantesque pour l'espèce.

UNIO SUBTENTUS.

POV ie 2,24, 2 D

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille transversale, bord dorsal antérieur sculpté de petites côtes élevées.

Uxio srBTexTus, Nobis. Jour. acad. nat. sc., vol. v, p. 130.

Coquille transversalement oblongue, subovale; bord inférieur rentrant dans presque toute sa longueur ; couleur olive-brunâtre, à rayons obsolètes, côté postérieur court, régulièrement arrondi : cavité des ligaments de la charnière prolongée derrière les crochets, un peu fusiforme, aiguë; crochets peu élevés, excoriés : angle basal antérieur un peu proéminent, arrondi : pare antérieure du bord dorsal et bord antérieur depuis l’umbo jusqu'à l'extrémité avec de nombreuses côtes parallèles ramifiées, un peu arquées : intérieur d'une couleur fauve-rougeâtre, cavité de l'umbo peu profonde; dents principales un peu longitudinales; dents latérales assez arquées, atteignant à peine l'extrémité du sinus du cartilage; impression palléale s'étendant antérieurement au delà de l'impression musculaire; la plus petite impression musculaire postérieure oblongue et assez étendue.

Observations. Par sa forme générale cette coquille a quelque ressemblance avec l'U. purpureus, Nob., mais elle s'en distingue par beaucoup de caractères, et plus évidemment par le bord antérieur qui est à côtes. Elle se trouve à la Caroline du sud et m'a été envoyée par le professeur Vanuxen, qui l’a prise dans le bras nord de la rivière Holstein.

Quoique M. Lamarck cite le vrai nom de cette espèce comme synonyme, il l’a cependant, par erreur, changé en celui de purpurascens. On peut dire que c’est une erreur en se reportant à sa description de l'U. carinifera, cag il dit : très-distincte de l'U. purpure«.

UNIO UNDULATUS.

PL. v, fig. 4, 1 a.

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Coquille transversalement ondulée ; umbo marqué de lignes irrégulières.

Uxio UNDULATUS, Barnes, Silliman’s Journal, vol. vi, p. 420, pl. 2 : transversalement ovale, un peu oblongue, avec trois ou quatre ondulations larges et distinctes dirigées vers le bord antérieur et ne partant pas directement de l'umbo; surface avec un petit nombre de lignes longitudinales raccourcies, placées sans aucune régularité ; umbo presque terminal en arrière, non proéminent, à peine élevé au delà de la courbure générale, plus ou moins marqué par des lignes courtes, irrégulières, ou de faibles élévations : bord de la charnière comprimé, à peu près rectiligre, anguleux et subaile à l'extrémité, et dans les exemplaires les plus parfaits avec de nombreuses lignes régulières connexes, courbes au bord et l'ondulant : bord antérieur rectiligne depuis l'extrémité du bord car-dinal jusqu'à la moitié inférieure, arrondi et ondulé par l'extrémité des sillons du disque : bord postérieur très-court, régulièrement arrondi, base très-obtusément arrondie dans beaucoup d'exemplaires, un peu contractée près de l'extrémité antérieure : fossette allongée, très-distincte, intérieur blanc-bleuàtre nacré.

Observations. Cette coquille, grande et élégamment ornée, a été trouvée dans la rivière de Fox dans le Wabash, par M. Lesueur et le docteur Troost. — Elle ressemble à l'U. plicatus, Nob., mais en les comparant on observera qu'elle diffère essentiellement de cette espèce commune. L'Umbo et les crochets du Plicatus sont très-proéminents et tout à fait dépourvus de caractères ou lignes irrégulières ; il présente seulement l'origine d’une ou deux des grandes ondulations qui y sont apparentes. Les dents principales du plicatus sont aussi beaucoup plus épaisses que celles de cette espèce.

Je regardais autrefois cette espèce, quoique avec beaucoup de doute, comme disüncte de l'Undulatus de Barnes, et je lui donnais le nom de {{eros ; mais malgré quelques différences, j'ai conclu, après un plus mûr examen et après comparaison, qu'elle peut être convenablement rapportée à l'espèce en question. Barnes a pris sa description et sa figure sur un exemplaire alors unique, appartenant au cabinet de M.S. B. Collins, et il était usé au point de ne plus laisser voir les tubercules qui ornent l'umbo et le crochet.

Les dimensions d’un bel exemplaire trouvé par M. O. Evans sont : longueur, cinq pouces, largeur, plus de sept, et convexité, deux pouces sept dixièmes.

Elle est assez commune dans la rivière de Fox, qui n’est qu'un bras du Wabash; on la trouve dans les eaux dormantes et bourbeuses.

UNIO ABRUPTUS.

Pl te 4 14,40:

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Subquadrangulaire, tronquée en avant, — coquille ovalequadrangulaire, olive-jaunâtre ou brune, légèrement rayée de hgnes étroites d’un brun noirâtre, qui ne s'étendent pas à la base : umbo peu proéminent, arrondi, faiblement comprimé, rayé de vert foncé et presque terminal : disque convexe, ayant antérieurement une élévation très-obtuse, à peine saillante, devenant distincte vers le bord et un peu proéminente à l'angle basal antérieur; bord de la charnière un peu déprime jusqu'à former un angle avec le disque, plus aigu vers l'umbo : ligament plus haut que

les crochets, bord antérieur coupé par une ligne presque droite ; bord basal très faiblement contracté ; bord postérieur très-court, baillant considérablement du milieu de la base à la cavité des ligaments de la charnière; cavité des ligaments de la charnière très-distincte, plutôt large, aussi longue ou plus longue que large derrière les crochets : intérieur blanc ou moucheté de couleur fauve ou saumon : impressions postérieures profondes, la plus petite plutôt large, oblique, arquée ; impression palléale à peine plus prononcée que l'impression antérieure : dents cardinales épaisses, droites; celle de la valve gauche subtrifide ; base de la dent plutôt large, prolongée dans un rebord, sur le côté interne de la dent lamelliforme de la valve gauche.

Var. A. antérieurement plus proéminente et à peine tronquée.

Observations. La couleur de la surface interne est dans beaucoup d'exemplaires trèsbelle. L'umbo est en général excorié, offrant une surface légèrement teintée de la couleur de l'intérieur de la coquille qui, comme dans plusieurs espèces, est finement granulé et ondulé : ce caractère est très-sensible au microscope. Quelques conchyliologistes ont considéré cette coquille comme une simple variété du cariosus, Nob., probablement parce que, comme cette espèce, elle est en général plus ou moins tronquée en avant ; mais il y a d’autres caractères qui, selon moi, s'opposent à leur rapprochement spécifique. La troncature est toujours d'une bien moindre largeur, les crochets sont beaucoup plus près de l'extrémité postérieure; la longueur perpendiculaire depuis les crochets jusqu'à la base, beaucoup plus grande; les dents cardinales droites beaucoup plus fortes, celle de la valve gauche trifide, tandis que dans le cariosus les dents cardinales sont positivement obliques, bifides dans chaque valve et la base aplatie sur laquelle les dents reposent est beaucoup plus mince, l'épaisseur générale des coquilles étant la même. Cette espèce a plus de rapports avec l'U. ellipticus, Barnes, par la variété À. ; mais quoique les dents soient à peu près semblables, cependant cette coquille n'est jamais tronquée, les crochets ne sont jamais aussi reculés en arrière ; la cavité des ligaments de la charnière est beaucoup plus étroite ; la division antérieure de la dent cardinale de la valve gauche est moins sensible et le rebord sur le côté interne de la dent lamelliforme de la même valve n’est que médiocre ; l'aspect général est aussi tout à fait différent, ainsi que l'habitat. On la trouve fréquemment dans le Wabash.

SOLECURTUS.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. Coquille équivalve, transversalement allongée, baillante aux extrémités, qui sont obtusément et également arrondies ; bords cardinal et basal à peu près parallèles ; apex non proéminent; charnière distante de l'extrémité; ligament externe, court; deux impressions musculaires, éloignées, ovales ou anguleuses, distinctes ; impression du manteau profondément sinueuse en avant; dents variables, généralement imparfaites.

Observations. Genre formé par Blainville pour recevoir dix ou douze espèces, jusque-là rangées dans le genre Solen, et dont elles sont en effet étroitement voisines. II partage le genre en trois divisions, savoir :

A. Coquille comprimée, mince, avec une côte intérieure courant obliquement de l’'apex au bord basal. S. radiatus, Linn. (Genus Siliqua, Mégerle; Leguminaria, Schum.)

B. Coquille plus cylindrique et n'ayant pas de côte intérieure. S. Strigillatus, Linn.

C. Coquille plus allongée et subcylindrique. S. Legumen, Linn.

Ces espèces font voir que la connexion des deux genres est intime ; mais il y a certainement dans l'ensemble une grande différence qui, jointe aux caractères particuliers ti-

rés de la forme arrondie des impressions musculaires, et à la distance qui sépare la charnière de l'extrémité, etc., dans le présent groupe, paraissent motiver une division séparée du genre Solen. Comme les espèces de ce dernier genre, les nôtres habitent dans le sable, sur les bords de la mer, hors de la portée de l'observateur.

SOLECURTUS COSTATUS.

PlvetietS 64,8 D.

CARACTÈRES SPÉCIFIQUES. Charnière placée à peu près au centre de la moitié postérieure de la coquille.

SOLEN CosTATUs, Nobis, Journ. Acad. nat. se., vol 11, p. 315.

Coquille transversalement allongée, ovale, concentriquement ridée, très-comprimée, tres-mince et fragile; charnière à peu près à égale distance de l'extrémité postérieure de la coquille et du centre du bord cardinal ; trois dents, ou deux, et quelquefois point, dans chaque valve; les dents postérieures droites, l'antérieure inclinée en avant; à l’intérieur une côte forte, large, élevée, part presque perpendiculairement de la charnière, se dirige vers la base et devient moins distincte près de cette dernière partie : couleur brun-pâle, avec une légère teinte violacée et deux ou trois raies plus pâles, peu disünctes, intérieur nacré, un peu soyeux.

Observations. J'ai recueilli un petit nombre d'exemplaires incomplets de cette espèce sur la côte de New-Jersey, près de Great-Egg-Harbour. Depuis lors, le docteur T. W. Harris de Milton, Massachussetts, m'a envoyé plusieurs individus d'une conservation parfaite, de Nahant, où l'on peut supposer, par conséquent, que ces coquilles ne sont pas rares.

Lorsque cette espèce fut découverte, le genre actuel n'avait pas été formé ; aussi futelle rangée dans le genre Solen. Le S. centralis, Nob., du même ouvrage, fait aussi partie du même groupe.

FULGUR.

CARACTÈRES GENÉRIQUES. Coquille pyriforme ; spire très-courte ; sans armatures ; grand tour tres-développé ; ouverture large, ovale, s'étendant vers la partie inférieure en un canal ouvert allongé-conique, qui est entier à la base; ombilic nul; épiderme caduc ; labium concave avec un simple pli ou rainure oblique près de l’origine du canal, et un léger dépôt calcaire par-dessus; labium simple ; intérieur ayant des stries élevées ne s’enroulant pas loin dans la coquille, et n’arrivant pas au bord du labium, mais laissant le bord uni; opercule corné.

Observations. Ce genre a été établi par Montfort. Linné plaçait toutes les espèces dont il avait connaissance dans son grand genre Murex. Bruguères, Lamarck et Blainville les rapportaient au Pyrules, genre dont elles sont sans doute très-voisines, mais dont elles différent sensiblement. Elles ont un pli sur le labium, elles ne sont pas vésiculaires et minces, elles ont des lignes élevées ou des stries dans l'intérieur du labium, etc. Linné ne s'aperçut même pas de cette analogie, si nous pouvons en juger par ce fait qu'il a rangé ces coquilles avec les Murex, comme il est dit plus haut, tandis qu'il rapportait les vraies Pyrules à son genre Bulla. Nous ne savons pas quelle différence existe entre les animaux. Les naturalistes ne paraissent pas savoir s'ils sont operculés où non, Mais nous pouvons affirmer avec certitude que l'opercule existe dans le genre dont nous nous occupons. Dans la coquille fraîche la surface est couverte d'un épiderme mince. Elle est toujours sans tubercules et sans ombilie, et présente avec les

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