‹ Bibliothèque conchyliologique (volume 3)Chapitre 4 sur 16 · INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE ÉDITION

De tous les genres d'études auxquels les hommes consacrent le loisir que leur laissent les devoirs de la société, ceux qui tendent directement à son bien général méritent sans doute, de préférence, son approbation, parce qu'ils lui procurent incontestablement les plus grands avantages. De ce nombre sont la philosophie morale, dont l'objet est de rendre les hommes meilleurs, et la mécanique, dont les belles découvertes les ont rendus plus heureux. Aussi ces deux sciences ont-elles, sans contredit, le premier droit à leur estime et à leur reconnaissance. Il ne faut cependant pas blâmer ou ridiculiser ces recherches studieuses qui, sans aucune utilité apparente pour le public, semblent se borner à l’amusement de ceux qui s'y appliquent. Ces recherches peuvent encore procurer à la société un avantage réel, en nourrissant innocemment cette activité naturelle de l'esprit humain , qui pourrait autrement se développer à son détriment.

Mais l'étude de la Conchyliologie est susceptible d'une apologie plus directe, si elle était nécessaire à ceux pour qui cet ouvrage est fait; le plaisir que leur donne cette étude est non-seulement innocent, mais raisonnable et instructif. Quoi de plus digne de la raison humaine que d'admirer les ouvrages qu'il a plu à la divine sagesse d’orner et d'embellir si magnifiquement ! Dans les différentes formes des coquillages, la main de l'artiste suprême a déployé toutes les gradations de beauté qu'on remarque dans les formes permanentes. De l'huître informe, qu'on distingue à peine de son rocher natal, il s'élève une échelle régulière qui se termine par la symétrie parfaite du limaçon spiral, dont la coquille commence par un point qui s'agrandit, se développe, tourne admirablement comme autour d'un axe, et finit par arrive: à la forme élégante du cône 1.

La variété des espèces dans les coquilles est infinie : les nuances curieuses, les couleurs riches et variées qu'on y trouve, nous charment et nous étonnent. C’est par cette raison que, dans tous les âges, tant de grands princes et tant d'illustres savants n'ont épargné ni soins, ni dépenses, pour en former de superbes collections. On remarque cependant qu'excepté les conchyliologistes, peu d'écrivains ont donné à l'étude des coquilles l'importance qu'elle mérite; il n'a paru non plus jusqu'ici aucun ouvrage sur cet intéressant sujet, ou suffisamment complet, ou d'un mérite assez décidé, pour le rendre digne d’une approbation générale.

Ceci peut, en partie, être attribué à l'emploi de dessinateurs, peintres, graveurs et

1 Voyez le frontispice, qui représente la coquille que les Grecs, dit-on, conservaient dans un de leurs temples dédié à Vénus, comme l'emblème qui convenait le mieux à la déesse. En effet, si l’on considère que les circonvolutions, depuis le sommet où elles commencent, jusqu'à la base où elles se terminent, ont, sur toute leur longueur, des cannelures bien distinctes, qui augmentent prodigieusement l'effet de la spirale qu'elles décrivent, et que la surface de chacune de ces circonvolutions est arrondie avec grâce, de sorte que les côtés de la figure, sans étre en ligne droite comme dans le cône, présentent, par leurs ondes, quelque chose de plus parfait, on trouvera que cette coquille surprenante réunit toutes ces lignes et toutes ces figures que les mathématiciens admirent le plus, et qu'elle mérite à tous égards la juste préférence qu'on lui a donnée.

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coloristes peu propres à ce travail, ou qui, mème avec quelque capacité, ont néanmoins négligé de donner à l'exécution de leurs travaux cette scrupuleuse attention qu'exigeait le sujet.

Des systèmes compliqués, des arrangements défectueux, et surtout la mauvaise habitude de charger la mème planche d'un nombre de coquilles de familles différentes, ont non-seulement répandu la confusion sur ce beau sujet et dégoûté de l'étude de cette science, mais ils ont même tellement égaré le connaisseur le plus instruit que, pour sortir du labyrinthe de toutes ces difficultés, il a besoin d'un nouveau guide.

Le premier et principal devoir d’un conchyliologiste qui veut établir un système solide est d'examiner avec une attention scrupuleuse et suivie, la forme, la bouche, les extrémités et les tours des coquilles qu'il veut classer dans leurs familles respectives ; ce défaut d'attention, joint à la méthode trop ordinaire de ne représenter dans les dessins ou gravures qu'une seule vue de chaque coquille dont cependant les différents carac-tères, variés dans une multitude d'espèces, ne peuvent être parfaitement aperçus par cette vue isolée et unique, n'a pas peu contribué à cette confusion dont on se plaint si Justement et si généralement. L'auteur fera son possible pour éviter ces erreurs qui jusqu'ici ont été si funestes à ceux qui ont tenté d'écrire sur cette branche de la science, et comme il se flatte que le système qu'il donnera, sera fondé sur l’inaltérable base de la vérité et de la nature, il emploiera de mème dans l'exécution de cet ouvrage, tous ses soins pour expliquer et éclaircir ce système par des figures qui donneront une idée claire et sensible des principes sur lesquels repose cette nouvelle classification. En conséquence la table synoptique ne paraîtra que lorsque l'ouvrage sera assez avancé pour mettre les lecteurs à mème d'en comparer le mérite, et d'en porter un jugement solide et raisonné ; et l'auteur prend la liberté de faire observer qu'il lui semble que la meilleure manière de soumettre cette entreprise au public, est de la Ini présenter avec cet arrangement avantageux et nouveau si indispensablement nécessaire pour saisir son en-semble. Si l'on pensait cependant qu'il n’ait pas eu plus de succès que les noms célèbres qui l'ont précédé, son entreprise aurait au moins cet avantage, que sans préjugé en faveur de l'ouvrage, le plan peut en être adopté ou rejeté selon le goût ou l'inclination des différents collecteurs, et que le sujet peut être arrangé à volonté, d’après ce système ou d'après tout autre.

Pour atteindre ce but, si désiré et si désirable, nous donnerons une suite de planches, dans lesquelles on verra une représentation successive de chaque coquille connue, et dont l'ensemble offrira un tableau aussi neuf et aussi piquant que magnifique. On a tota-lement rejeté les longues descriptions et autres détails de la formation et des propriétés des coquilles déjà publiées par la plupart des écrivains qui ont traité de cette matière. Comme on a pris les plus grands soins pour que chaque figure soit une copie fidèle et exacte de la nature, elle expliquera suflisamment le sujet quelle représente.

Pour ne rien laisser à désirer sur ce sujet, on ajoutera de plus une table explicative, qui donnera par colonnes : 10 le n° de chaque figure dans l’ordre de pagination; 2° la dénomination anglaise et une lettre initiale indiquant aussi le genre ou la division de cette famille, conformément au système de l'auteur; 3° le nom latin; 4° le pays natal de la coquille, et enfin le cabinet d'histoire naturelle dans lequel elle se trouve.

L'on verra au commencement de cet ouvrage, les figures des coquilles (la plupart rares et non décrites) qui ont été ramassées avec grand soin, par les officiers des vaisseaux, sous le commandement des capitaines Byron, Wallace, Cook et autres, dans les différents voyages aux mers du Sud, et composant une collection d'environ cent soixante dix espèces différentes. Le fout formera quatre tomes; chaque tome contiendra quarante coquilles et quatre-vingts figures.

L'on recherche aussi et l’on sollicite avec instance, dans toutes les parties du monde,

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les dessins exacts des coquilles qui passent pour être uniques, où au moins d'une espèce très-rare ; à mesure qu'on recevra ces dessins, ils seront rangés en ordre dans cette collection et mis à leur propre place .

Le nombre des planches que nous donnerons dans chaque tome variera peut-être, selon que les figures seront plus grandes ou plus petites qu'à l'ordmaire, où qu'elles exigeront plus de temps et plus de soins, pour être présentées dans toute leur perfecon, enfin par d'autres circonstances accidentelles, aussi impossibles à prévoir qu'à parer.

Les planches seront détachées, afin qu'on puisse y classer plus commodément et plus avantageusement les différentes familles des coquilles, selon le goût et le bon plaisir de chacun, et qu'on puisse plus aisément comparer ensemble les différents systèmes faits à ce sujet.

On pourra aussi augmenter en tout temps le nombre des coquilles déjà connues, sans occasionner la moindre confusion dans l'ordre de l'ouvrage. La seule précaution de numéroter chaque planche donnera cet intéressant avantage, surtout en y ajoutant la lettre assignée au genre auquel cette espèce particulière appartient.

Le public s’apercevra aisément de la manière supérieure dont cet ouvrage est traité, en le comparant à ceux qu'on a publiés dans le même genre, et même à tout autre con-cernant l'histoire naturelle. Les dessins seront parfaitement corrects, adaptés à une échelle formée, par une observation constante et suivie, sur les coquilles les plus parfaites des principaux cabinets de ce royaume. Un des grands mérites de la gravure sera une ligne extérieure très-fine, qui servira comme d'un guide sûr, pour saisir toutes les proportions relatives des parties; ce mérite essentiel sera secondé par le talent du peintre dont le pinceau habile produira, dans l'ensemble, les grands effets de ces contours charmants, de ce riche coloris, de ce relief hardi, que le sujet exige si particulièrement, et que le seul art de la peinture peut faire. La représentation exacte et vive de la nature, dans la coupe, la forme, les tours et les nuances diversifiées des coquilles, vues dans un si beau jour, répondra en même temps et complétement à l'attente de ceux qui cultivent cette science et rendra cet ouvrage vraiment digne d’être nommé l'école de la conchyliologie, branche si agréable de l'histoire naturelle.

L'auteur présume que la méthode qu'il a adoptée, de montrer dans ce volume et les trois suivants la figure de chaque coquille dans deux positions différentes, sera généralement préférée, parce que toute autre méthode nuirait non-seulement à cette uniformité dont l'observation est si nécessaire dans les peintures, mais ne cadrerait nullement avec le système qu'il a proposé; il eût été impossible de choisir et de trouver toujours dans le petit nombre de coquilles que fournit la mer du Sud, des pendants convenables, de la même grandeur et du même genre ; il ne l'eùt pas été moins de les représenter souvent dans la même planche. Dans les autres volumes on se propose de donner sur chaque planche au moins deux différentes coquilles du même genre, pourvu que par cette disposition, l'auteur puisse suffisamment prendre le caractère systématique, et conserver les beautés principales de chaque coquille. A la tête de chaque genre des bivalves, on donnera une figure de leur caractère systématique, qui dénotera s'il est inarticulé, articulé (c'est-à-dire avec peu de dents) ou multi-articulé. Il donnera aussi de temps à autre des planches, qui réprésenteront, quand il en sera sûr, les opercules des différentes coquilles.

1 Cette demande regarde particulitrement ces nouvelles coquilles qui ont été recueillies par des navigateurs étrangers, dans différents voyages à la mer du Sud, depuis l’ann:e 1764, et qui sont distribuées maintenant dans plusieurs cabinets de l'Europe. L'auteur prend la liberté de prier les personnes qui les possedent, de communiquer des dessins bien corrects, afin qu'il puisse en enrichir la suite de ces coquilles pirticulières qui font la premiére partie de sa collection.

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A la fin de l'ouvrage on donnera une table générique et alphabétique avec les renvois convenables et nécessaires ; par ce moyen le lecteur pourra recourir aisément à toutes les coquilles particulières de chaque famille. (Cette table n'a pas été publiée.)

Enfin d’après les principes simples sur lesquels repose cet ouvrage, et que la table synoptique expose dans un nouveau jour, l’auteur ose espérer que l'amateur de conchyliologie le moins exercé, sera en état d’arranger lui-même une collection de coquilles avec autant de facilité que d’exactitude, et qu'il sera en peu de temps initié à cette agréable et satisfaisante étude. Nous osons aussi assurer, sans crainte d'être taxé de vanité, que d’autres avantages frès-importants pour la science de 11 conchyliologie, résulteront probablement de cette publication ; l'un du moins est évident, c’est la représentation vive et naturelle de plusieurs espèces de coquilles, dont les unes sont absolument uniques et les autres très-rares : avantages qu'on ne peut raisonnablement espérer trouver dans un seul cabinet, malgré les plus grands soins et les plus grandes dépenses. L'auteur demande ici la permission aux possesseurs de plusieurs cabinets de ce royaume, de leur offrir son juste hommage de reconnaissance, pour la bienveillance généreuse qu'ils ont eue de lui communiquer les plus beaux sujets contenus dans ces volumes. Parmi toutes ces collections, le premier tribut d'éloges est dù, sans contredit à celle de madame la duchesse douairière de Portland, aussi riche par le nombre que par la beauté. Ce magnifique cabinet renferme tant de raretés précieuses et uniques, en ce genre, ainsi qu'en d'autres productions marines, qu'on doute qu'il en existe un pareil. Le goût de cette dame, aussi illustre par ses connaissances supérieures en histoire naturelle que par la naissance, est aussi connu que le savant arransement de son superbe cabinet est admiré: qu'on juge quel temps et quelles sommes il à fallu pour le former.

Nous désirerions bien, pour le plaisir de nos lecteurs, leur donner une idée juste de la belle collection de madame la comtesse de Bute, mais il faudrait entrer dans des détails auxquels s'opposent les limites de cet ouvrage!

I suflira donc de les assurer que presque tous les objets nécessaires à former un cabinet parfait s'y trouvent, et que. dans leur distribution, l'ordre est admirablement uni à l'élégance.

Peu de dames ont pris plus de peine ou ont réussi plus heureusement dans cette partie que madame Fordyce ': chaque partie de sa collection, véritablement capitale, offre une preuve de ce goût et de ce discernement si nécessaires à former une suite si riche de coquilles. On voit quelques espèces qui sont uniques, et plusieurs très-rares ; toutes sont classées si ingénieusement, qu'elles produisent l'effet le plus frappant et le plus instructif.

Madame Héron ? a fait de grands progrès dans l'art de former et d'arranger une collection intéressante de coquilles. Un commencement si heureux et les dispositions plus heureuses encore que cette dame montre pour cette étude agréable, nous permettent de prédire la formation d'un cabinet très-remarquable.

Madame Barclay * a fait également de l'étude des coquilles son amusement favori ; une collection si bien choisie et si savamment disposée, telle qu'on la trouve dans son cabinet, prouve évidemment la connaissance parfaite qu'elle a acquise dans cette branche de l'histoire naturelle.

L'acquisition d'une grande quantité de coquilles rares, et précieusement conservées dans le cabinet de madame Walker *, prouve et honore l'attention qu'elle porte à cet

! Fille de M. George Fordyce, docteur en médecine, Essex-street, Strand. ? Epouse de M. Thomas Héron, écuyer, Chilham castle, près de Cantorbéry. 3 Epouse de M. Jean Barclay, Cambridge heath, à Hackney.

* Epouse de M. Isaac Walker, écuyer, Arnds grove, Southgate, Middlesex.

MARTYN. 15 objet. On devra vraisemblablement bientôt à l'esprit cultivé de cette aimable dame, une collection très-intéressante en ce genre.

Le cabinet du feu docteur Hunter, augmienté de celui du feu docteur Fothergill, et dont il à fait l'acquisition, est vraiment magnifique ; on y trouve une belle collection d'oursins et de coralines ; mais la plus précieuse partie et la plus admirable est celle des coquilles ; on en trouve plusieurs qui sont absolument uniques, et d’autres d’une extrême rareté. Il serait aussi diMiicile que superflu de vouloir donner ici une description, même sommaire, de cette vaste et étonnante collection ; il suffit à l’auteur d'avoir fait connaître, pour l'instruction de tous les siècles, ce musée qui renferme tant de trésors en littérature, antiquités !, histoire naturelle, anatomie, et qui l'emporte de beaucoup sur tous les musées particuliers. Ce fait est aussi honorable pour la patrie de l'immortel fondateur que pour lui-même. L'holophusicon du chevalier Ashton Lever ? offre la collection la plus superbe, et probablement la seule de cette nature qui existe dans le monde. Il faut même ne l'avoir vue que superficiellement et en passant, pour être persuadé que cet éloge n'est point exagéré. Cette collection offre non-seulement un assemblage très-beau de coquilles et de presque toutes les espèces d'oiseaux connus, ainsi que d’autres animaux, mais le tout est aussi soigneusement conservé qu'élégamment arrangé dans des cases, ou enfermé dans des bocaux d’esprit-de-vin. Qu'on ajoute à cela une quantité innombrable de différents fossiles naturels ou modelés; qu'on se représente encore des milhers de curiosités tant naturelles qu'artficielles, et plus admirables les unes que les autres, et l'on pourra déjà avoir une idée imparfaite de ce surprenant cabinet, car, pour se faire une idée exacte du grand effet que produisent tant de collections réunies, il faut absolument l'avoir vu avec attention.

Il est impossible de donner, dans un précis, une idée juste de l'effet qui frappe le spectateur, en voyant le cabinet de M. Jean Hunter *, dont le choix dans l’adnurable variété des sujets qu'il renferme, a nécessairement demandé les plus grands efforts. Cette collection de coquilles tend plus directement à expliquer leurs différents genres et leur mode de développement. Les fossiles naturels, tels que les minéraux, les terres et les pierres, ete., ont également été rassemblés par le collecteur, dans le dessein de faire lui-même des observations. Les fossiles pétrifiés sont nombreux, et rapportés principalement pour montrer quelles espèces d'animaux et de coquilles on croit perdus. Les curiosités artificielles sont aussi très-nombreuses et très-curieuses, mais l'attention est fortement attirée par la collection des végétaux préparés, et les parties de presque tous les animaux connus, pour démontrer leur anatomie comparative, les rapports qu'ils ont les uns avec les autres; ils sont classés d’après les propres idées de M. Hunter sur ce sujet; ils tendent à former un système universel de l'économie et de la physiologie animale. Ces préparations des végétaux, jointes aux précieuses et intéressantes dissections anatomiques faites et conservées pour découvrir et démontrer les causes des maladies qui affligent le genre humain, ont mérité à M. Hunter un tribut éternel d'admiration et de reconnaissance pour son génie infatigable , à perfectionner une science dans laquelle il n'eut point de rival dans ce royaume, ni peut-être dans aucun autre.

Pour l'élégance et le brillant des effets, aucun cabinet ne surpasse peut-être celui de M. George Keate *, écuyer; le possesseur, dont le goût est aussi décidé qu'exquis, secondé par un heureux talent de l'architecte, y a déployé de la manière la plus frappante et la plus magnifique, toutes les variétés dans les coquilles, les coralines, les minéraux

1 Le cabinet des médailles est plus particulièrement digne de l'attention des curieux, et ne le cède peutêtre à aucun des plus célèbres de l'Europe.

2? Hôtel de Leicester.

Leicester-square.

+ Charlotte-street, Bloomsbur .

et les pierres précieuses ; il y a joint un assortiment riche et complet de toutes les espèces de fossiles demi-transparents et opaques, et plusieurs autres ouvrages de l'art, aussi Curieux que précieux.

On voit dans le cabinet de M. Martyn Fonnereau !, écuyer, un choix très-bien fait de coquilles, minéraux, productions marines, agates et marbres, et chaque partie de cette collection offre des échantillons anglais et étrangers, d'une beauté extrème.

Si une grande justesse de jugement dans le choix des sujets, et une connaissance approfondie et raisonnée dans l'arrangement des coquilles, sont des titres pour former un bon conchyliologiste, personne n'y a certainement une prétention plus fondée que M. Smith Budgen ?, écuyer. Sa collection est aussi étendue qu'admirable dans sa composition, elle prouve ce que peuvent l'esprit et l'industrie.

M. Philip Hurlock # à apporté l'attention la plus scrupuleuse dans la recherche des sujets rares et parfaits qui garnissent sa collection. Si nous ajoutons à cela qu'une expérience de plusieurs années a donné encore plus de justesse et plus de solidité à son jugement, il sera inutile de remarquer qu'un cabinet formé par un tel homme doit être d'un grand prix.

C'est avec bien de la satisfaction que l'auteur fait ici mention de la collection de M. I. Woodd #, dans laquelle on trouve un nombre considérable de belles coquilles , la plupart très-rares, et toutes soigneusement conservées. L'ordre agréable dans lequel elles sont arrangées, joint à un choix de minéraux et de fossiles, rend ce petit cabinet très-estimable.

Un assortiment bien précieux de coquilles se trouve dans le cabinet de M. Philip Chauney *, écuyer. On y voit encore des morceaux, aussi élégants que variés, d’onyx, de cornalines, d'agate, de jaspe et d’autres espèces de pétrifica!ions; mais on y admire surtout les antiquités, peintures, sculptures et autres chefs-d'œuvre de l’art, d’un trèsgrand prix.

M. Samuel Platt 5 possède aussi une très-belle et très-nombreuse collection de coquilles ; elle réunit le double mérite de contenir des échantillons extrêmement rares, et d'être parfaitement bien conservée.

Le révérend M. Southgate 7 ne s'est pas seulement distingué comme un habile médailliste, en formant une suite choisie et précieuse de monnaies et médailles romaines, saxones et anglaises, mais aussi comme un collecteur très-exercé dans cette branche. L'état extraordinairement parfait de chaque pièce, et le grand effet que produisent les doubles de chaque coquille, prouvent que ce cabinet a été formé avec autant de soin que de sagacité.

La collection de M. Alves Bibello $ mérite une attention toute particulière, tant par la richesse de plusieurs belles coquilles très-rares, que par un assortiment considérable de curiosités naturelles, de joyaux, d'agates, de minéraux, de marbres, de fossiles et de toutes les espèces de bois connus et recueillis dans toutes les parties du monde; le tout est arrangé avec tant d'art, d'intelligence et de propreté, que ce cabinet peut servir de modèle en ce genre, à tous les amateurs d'histoire naturelle.

Nous ne pouvons nous empêcher de proposer ici aux novices et même aux conchylio-

1 Charlotte-street, B'oomsbury.

2 Comté de Surrey.

3 Parvis de l’église Saint-Pa:l.

4 Old Burlington-street.

5 Castle-street, près la place de Leicester.

6 Barnard's Inn, Holborn

7 Denmark-street, Saint-Gille:,

8 Bear-street, Hackney.

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logistes les plus exercés, l'exemple de M. Isaac Swainson ! qui, par des efforts aussi louables qu'extraordinaires, à amassé, en peu de temps, une très-grande quantité de belles coquilles. Bien différent de plusieurs collecteurs , dont l'objet principal est une vaine ostentation, il y a ajouté les nombreuses petites espèces de chaque famille aux grandes. Son arrangement régulièrement correct, nous conserve une histoire complète de chaque individu.

La collection de M. Richard Spead ?, écuyer, est un témoignage bien honorable de l'intelligence et de l'expérience avec lesquelles il a rassemblé une suite si élégante et si considérable de coquilles.

Un très-grand nombre de coquilles, particulièrement remarquables par leur perfection et la richesse de leur coloris, avec d’autres beaux morceaux de coralines, de substances minérales et des oiseaux exotiques bien conservés, ont été recueillis par M. Bond 5, écuyer. La disposition de ces sujets variés, qui forment un petit cabinet, judicieusement composé, est aussi agréable qu'intéressant.

A une très-précieuse collection de monnaies et de médailles anglaises, M. Jean White * a ajouté, avec une attention bien recommandable, celle d'un grand nombre de coquilles choisies, parmi lesquelles il s’en trouve quelques-unes très-rares. Le tout est arrangé de la manière la plus avantageuse.

La collection de M. Thomas Sheldon, quoique peu nombreuse, mérite aussi une attention particulière de notre part; on y trouve un assortiment de coquilles si bien conservées, arrangées avec tant d'ordre et d'élégance, et de plus, si bien mêlées avec d’autres belles productions marines, que le mélange offre un ensemble réellement remarquable.

Mais jusqu’à présent nul collecteur ne s’est peut-être plus distingué, par un goût et un jugement exquis, dans la conchyliologie, la minéralogie et toutes les autres espèces de fossiles, que M. Jacob Forster 5, aux recherches opiniätres et à l'application constante duquel on doit tant de choses rares, tant de morceaux magnifiques et incomparables , qui décorent aujourd'hui les principaux cabinets d'histoire naturelle de ce royaume, ainsi que le sien.

M. George Humphries T montre ce que peuvent faire en conchyliologie l'habileté, le génie et l'expérience réunies; conséquemment, sa collection a tout ce qu'il faut pour prétendre à des avantages supérieurs.

Les différentes collections de coquilles, de minéraux, d'agates et de fossiles qui composent le cabinet de M. Francis Robson $, écuyer, méritent les plus grands éloges, tant pour le choix des divers sujets qu'il renferme, que pour la belle et frappante disposition de l’ensemble. La partie des curiosités artificielles, particulièrement enrichie par les nouvelles découvertes des îles des mers du Sud, est importante et offre plusieurs pièces aussi rares que singulières. :

Il est dû également un juste tribu d’éloges au révérend M. Thomas de Sarringdon, Berks, qui forme un cabinet assez étendu de coquilles, dans lequel la parfaite conservaton des nombreux sujets, la rareté de plusieurs espèces et l’arrangement judicieux de toutes, mérite de notre part la plus grande attention. Sa collection de mines,

1 Frith-street, Soho.

? Salie des épiciers.

3 Maintenant en la possession de madame Bond, à Clapham. k Newgate-street,.

5 Tottenham-Court-Road.

6 Piazza Covent-Garden.

T Long-Acre.

8 Sloane-square, Chelsea.

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