TURBO ELEGANS
TurBO ELEGANS. Gmel., syst., p. 3606. 74.— Lister, conch.,t. 27,1. 25.— Id. Angl., t. 2, f. 5. —Chem., conch., 1x, 1. 123, f. 4060, à. à. e. — Pult., cat. Dorset., p. 45. — Guall., t. 4, À. B. — Schroet., flussconch., p. 366, t. 9, F. 15. a. b.
NERITA ELEGANS. Müller, verm., 1, p. 177, n° 363
Tur8o Tumipus. Br. zool., t, 82, Ê. 110. — Turt., Lin., iv, p. 480.
Tur8o srriaTus. Da Costa, p. 86, t. 5, F. 9. — Don. br. shells., 11, t.59. — Morton Northamp., p. 415. — Turt., Lin., 1V. p. 495.
TurBo LINGINA. Lin., syst, p. 1239? — Gmel., syst., p. 3605. 71 ?
TurBoO REFLEXUS. Lin., syst., p. 1238? — Gmel., syst., p. 3605. 70?
Tur8o. Cinq tours renflés, terminés par un sommet obtus, marqués de fortes stries spirales croisées par de plus fines en sens longitudinal et donnant à la coquille un aspect réticulé ; couleur généralement cendrée, légèrement pourprée ; le sommet est souvent tout à fait pourpré et dépourvu de stries; parfois cette coquille est agréablement fasciée de taches, ou bandes brisées, d'un brun tirant sur le pourpre, ou rayée longitudinalement de la même couleur. Souvent les exemplaires morts sont blancs. L'ouverture est orbiculaire, se projetant sur la lèvre interne, un peu réfléchie; bord faiblement strié ; derrière la lèvre interne est une cavité, ou subombilic; opercule testacé, strié spiralement. Longueur, cinq huitièmes de pouce; largeur, trois huitièmes.
Cette espèce élégante est la seule coquille britannique avec un opercule testacé. Elle est assez locale, mais en assez grande quantité dans quelques endroits ; elle habite principalement le gravier sec, ou le sol sablonneux, sous la mousse. Nous l'avons trouvée en grande quantité, près de la mer, sur des racines, à l'ouest de Tenby, dans le pays de Galles, ainsi que dans les bois de Lackham, dans le Wiltshire. On l'a trouvée aussi dans quelques parties du comté de Kent, du Lincolnshire, de Yorkshire et de Northamptonshire.
Da Costa dit qu'elle se trouve dans le Surrey près de Darking; et Pennant, dans les bois de Cambridgeshire. Le docteur Pulteney observe qu'elle est commune sur les plus hautes dunes du Dorsetshire, principalement près de la mer, et qu'il l’a vue en quantité à Hod- Hill près de Blandford : nous l'avons remarquée aussi à Portland et à Swanage, dans le même comte.
On la trouve sur le continent en France et en Italie, et, suivant Chemnitz, dans les Pyrénées sur des buissons.
Schroeter semble avoir été dans l'embarras pour placer cette coquille ou parmi ses espèces terrestres ou parmi celles d'eau douce, puisqu'il fait observer que des naturalistes accordent à l'animal quatre tentacules, tandis que d'autres disent qu'il n'en possède que deux ; mais il paraît avoir adopté cette dernière opinion : d'où il conclut qu'elle doit appartenir aux coquilles aquatiques, puisque tous les animaux des coquilles terrestres possèdent quatre tentacules, et cette opinion paraît encore confirmée par l'opercule testacé de l’animal.
C'est, en effet, le seul cas que nous puissions citer où une coquille terrestre soit pourvue d'un opercule testacé permanent; mais l’animal du Turbo carychium n'a que deux tentacules, aussi bien que celui-ci, et Müller nous informe que son Vertigo pusilla, Turbo vertigo, nobis, qui est aussi une coquille terrestre, est habitée par une limace d'une structure plus singulière : car, n'avant que deux tentacules, les veux sont placés à
leur extrémité, de sorte que, bien que nous n'ayons découvert jusqu'ici aucune limace aquatique à quatre tentacules réguliers !, cependant l'animal qui n’en possède que deux n'est pas pour cela aquatique.
L'animal de cette coquille a aussi une autre propriété rare pour une limace terrestre, ainsi que nous l'apprend Lister, qui dit qu'elle présente les deux sexes distincts. Il reste à prouver si ce cas se présente dans quelques autres espèces terrestres à deux tentacules ; cela paraît probable, et celles à quatre tentacules sont invariablement hermaphrodites et ont les tentacules supérieurs oculifères.
Lister a éclairci plus tard le sujet en donnant une anatomie de l'un et l’autre sexe de l'animal dans son Exercilatio, tab. 4, où celui-ci n’est représenté qu'avec deux tentacules et les yeux placés à leur base. La même planche se trouve dans sa Conchyliologie, tab. 4. Anat., et malheureusement on figure dans ces planches, sans aucune explication, une Hélice comprimée, mais qui est évidemment la coquille de l'animal figuré au n° 4, dans le but d'établir une comparaison des organes de la génération. L'absence d'une explication de la figure de cette coquille a produit de l'erreur et de la confusion, quoiqu'il ait renvoyé expressément au Tit. 5 de ses Anim. Angliæ pour la coquille de la figure anatomique de la limace en question.
Geoffroy, aussi bien que Lister, avait parfaitement raison en ne donnant à l'animal que deux tentacules, et en faisant cette coquille une espèce terrestre.
L'animal est d'un brun pâle, avec une longue trompe qui est fortement striée en travers ; deux tentacules un peu comprimés, ridés et un peu en massue, avec des extrémités lisses, luisantes, noires? ; yeux placés près de la base des tentacules sur le côté extérieur, et un peu élevés.
La trompe est forte et musculaire et sert à faire avancer le corps; elle est aussi d’une très-grande utilité pour écarter les obstacles, surtout la terre, quand l’animal se retire pendant l'hiver.
Les tentacules sont un peu contractiles, mais non tubuleux; l'animal ne peut les faire rentrer dans leur base comme les limaces plus communes.