ANIMAL AVEC LE FORAMEN A GAUCHE
Nous avons pensé convenable de faire une division distincte des coquilles renversées
appartenant à ce genre, afin que réunies ainsi on puisse les mieux comparer ; iln'est peutêtre pas inutile ici de définir ce que l'on comprend réellement par ce terme, renversé.
Rien ne paraît plus incompréhensible et d'une plus grande confusion que les descriptions variées de diiférents auteurs concernant les tours de spire des coquilles hétérostrophes, que les uns appellent de droite à gauche, les autres de gauche à droite,
Tout conchyliologiste sait que la plupart des coquilles enroulées tournent d'un seul côté, et qu'il n'y a qu'un petit nombre d'espèces qui fassent exception à cette règle, et qui soient invariablement enroulées d'une manière contraire à la direction ordinaire. Il est vrai que quelques auteurs ont pensé que ce n'était pas un caractère constant; cependant il n'y a pas besoin de raisonnement, pour prouver qu'il en est ainsi, à ceux qui ont pris la peine d'examiner les espèces communes de coquilles hétérostrophes, qui se présentent journellement à notre observation dans nos promenades, Il est plutôt étrange, en vérité, qu'aucune de ces coquilles, dont la nature est d'avoir leurs spires tournées de la manière exceptionnelle, n'ait jamais été rencontrée (que nous sachions) tournée dans le sens ordinaire, puisque des difformités accidentelles semblables ont été trouvées, dans un petit nombre de cas, parmi les coquilles qu'on appelle ordinairement dextres, ou qui ont les tours de spire dirigés de la manière la plus habituelle, et sont devenues des coquilles lusus heterostrophon.
En conséquence, afin d'expliquer quelle direction prennent les spires d'une coquille renversée, laissant de côté l'expression vague de tournée à droite ou à gauche, nous ferons remarquer que la direction la plus commune des coquilles est d'accord avec le mouvement apparent du soleil, ou comme se meut l'aiguille d’une horloge.
Mais, afin de nous faire comprendre plus clairement, comparons les tours d'une coquille à un tire-bouchon ordinaire , et nous trouverons que, si le sommet ou la bouche sont placés en-dessus, les spires tourneront de la partie supérieure à l'extrémité inférieure comme un taraud ordinaire, qui est dans la même direction que l'index d'un régulateur, et ce que l'on comprend communément par un taraud à droite. Quant à une plus longue définition, ces coquilles ont l'ouverture au côté droit lorsqu'on les examine la base placée en bas, et elle est dans la directon du mouvement apparent du soleil.
Au contraire, lorsqu'une coquille renversée est placée dans une position perpendiculaire , elle a ses tours de spire en direction opposée au mouvement de l'aiguille d'une montre, et au pas d'une vis ordinaire, et elle ressemble en effet à ce que l'on appelle une vis à gauche. Ces coquilles ont l'ouverture à gauche, ou sur le côté correspondant à la main gauche de l'observateur qui tient la coquille de manière à ce que la bouche soit en bas; ct l'ouverture est opposée au mouvement apparent du soleil.
Pour déterminer si une coquille plate dont les tours sont placés latéralement est une espèce renversée, nous n'avons qu'à examiner quelle direction suivent les tours de l'apex placé au centre, vers la bouche; et si cette direction est contraire au mouvement de l'aiguille d'une montre, c'est une coquille hétérostrophe ou renversée, et vice vers.
Dans quelques-unes des espèces plus déprimées des genres Helix, ou Nautilus, il faut donner une grande attention à la bouche, afin de déterminer quel est réellement le côté supérieur de la coquille, car c'est sur ce côté que les tours de spire doivent être pris du centre ou apeæ ; et dans beaucoup de cas ceci doit être déterminé par la direction oblique de l'ouverture à la partie inférieure, où la lèvre s'étend rarement jusqu'à la partie supérieure. I n’y a pas de difficulté dans les coquilles fixées, telles que la Serpula, puisque le côté sessile doit être considéré comme la base ou partie inférieure. Ainsi, dans la Serpula lucida la partie fixe est quelquefois trèes-petite, et la bouche s'avance spiralement en haut, dans une direction contraire au soleil; cette coquille doit donc être considérée comme renversée ou hétérostrophe, de mème que si les circonvolutions
les plus proches de la bouche eussent tourné latéralement sur celles du centre ou qu'on appelle fixes.
On trouve souvent cette coquille avec des tours latéraux réguliers, et, quoique sujette à varier beaucoup de forme, son ouverture est invariablement du même côté.
Dans quelques espèces de Naultiles, il n'est guère possible d'assurer que la coquille tourne à droite ou à gauche quand l'ouverture est tout à fait latérale, et que les côtés sont symétriques, comme dans le N. calcar.
Dans d'autres espèces de ce genre, comme dans le N. beccarii et le AN. beccarii perversus, qui se distinguent principalement par le renversement des tours, il est facile de déterminer le caractère dont nous parlons, par la convexité du côté supérieur, et l'ouverture se trouve naturellement placée un peu au-dessous.
Après avoir expliqué assez clairement, nous l'espérons, ce que c'est qu'une coquille renversée, où du moins indiqué le caractère qui nous la fait reconnaître, nous allons décrire le petit nombre de coquilles de cette famille dans le genre Turbo.