HELIX PETRÆA
Hezix. Coquille forte, conique, d'un brun mat, foncé, tirant sur le pourpré; à cinq tours de spire : le premier est grand et occupe à peu près les deux tiers de la longueur ; les tours supérieurs sont p'tits : apex aigu, en pointe : les tours sont très peu élevés, mais suffisamment définis par la suture, qui forme à la base du tour principal un léger bord saillant et rugueux, ne tourne pas en dedans et se perd, comme on le voit, dans la plupart des coquilles, à la jonction des tours. Cette espèce n’a pas de stries régulières, mais elle est marquée de faibles rides irrégulières transverses, qui, dans la partie inférieure, au-dessus de la bouche, sont tout à fait planes : ouverture arrondie ; lèvre externe développée avec le bord atténué ; lèvre interne lisse, aplatie, et projetée en partie et diagonalement sur le tour principal, l’ouverture et l'opercule (qui est d’une substance cornée) sont d’un pourpré foncé : la lèvre interne est droite, et presque tranchante, comme dans beaucoup de Nérites, mais la bouche n’est pas assez transverse pour songer à classer l'espèce parmi ces dernières; et, d’ailleurs, l'apex est plus saillant qu'il n'est d'ordinaire dans les nérites. Longueur, plus d'un quart de pouce, mais jamais trois huitièmes ; l'ouverture en occupe une bonne moitié; largeur, deux dixièmes de pouce.
Une variété est irrégulièrement rayée, ou tachetée de roux où de blanc, sur la partie supérieure du plus grand tour, mais la partie lisse de la lèvre interne et l'intérieur sont invariablement de la même couleur, d’un pourpré foncé.
Cette espèce, qui maintenant paraît n'avoir pas été décrite, peut avoir été confondue avec les jeunes de quelques-unes des plus grandes coquilles littorales, quoiqu'en l'examinant avec attention , on la trouve essentiellement différente de toute autre espèce britannique jusqu'à présent mentionnée ; la bouche seule est un caractère spécifique suffisant et sûr, si l'on y fait attention.
Nous n'avons encore rencontré cette espèce que sur la côte sud de Devon, près de l'embouchure de l'Aun, non loin du village de Bantum ; elle adhérait à des rochers un peu au-dessous du niveau de la haute marée, et s'y trouvait en grande quantité; elle est moins commune dans des localités semblables à Swanage, dans le Dorsetshire.
On peut la prendre, au premier coup d’æil, pour le Turbo tenebrosus, car elle à à peu près la même taille et la mème couleur; toutefois, la forme est non-seulement trèsdifférente, mais en donnant la moindre attention à l'ouverture, et en comparant la description de l’une et de l'autre, on verra qu'il est impossible de confondre ces deux coquilles.