‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 465 sur 500 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Quelques amis nous ayant conseillé de donner la figure de beaucoup de coquilles décrites dans nos Testacea britannica et que nous avions négligées à cause des difficultés que présente une si grande entreprise, nous nous sommes décidé à publier un choix de quelques espèces nouvelles et intéressantes. Les planches supplémentaires contiendront donc quatre-vingt-dix espèces distinctes, dont plusieurs ne se trouvent que dans mon cabinet ou dans celui d’un ou deux de mes savants amis; les autres, bien que communes, sont figurées dans le but de faire connaître les différences qu'elles présentent avec des coquilles avec lesquelles elles ont été et sont encore aujourd’hui confondues. Nous avons donné une grande préférence aux espèces terrestres et à celles d’eau douce, parce qu'elles sont à la portée de beaucoup de personnes qui habitent loin des côtes et qu'elles ont été si étrangement confondues, que nos figures, en établissant bien leurs différences, pourront en faciliter la détermination. Il faut admettre cependant qu'on rencontre parmi les testacés, comme dans toutes les autres branches de la science, quelques espèces dont les rapports sont très-étroits et qu'il sera difficile de bien distinguer, parce que les petites différences constantes qu'elles présentent ne peuvent être reproduites par le pinceau de l'artiste ; aussi ces espèces décrites avec la conviction positive qu'elles sont distinctes, ne peuvent être présentées aux savants qu'à l’aide d'une description comparée ; nous avons préféré cette méthode parce qu'elle nous a réussi dans la première partie de cet ouvrage.

Dans le genre Nautilus on n'a rien négligé de ce qui pouvait jeter quelque lumière sur un groupe si obscur encore et en même tempssi intéressant ; à ce sujet, on trouvera quelque chose de nouveau, car de nouvelles espèces ont été le résultat de nos recherches continuelles. Nous avons consulté le cabinet des Testacea minuta rariora de notre digne ami feu M. Boys, cabinet qui nous a été gracieusement ouvert par son fils le savant M. Henry Boys. Nous saisissons cette occasion de lui témoigner notre reconnaissance pour cette attention, qui, à cause du motif, peut être considérée comme s'adressant au public. Ainsi secondé, nous avons été à mème de corriger quelques erreurs, de définir plus complétement quelques-unes des coquilles données par Walker, et d'établir leur synonymie dans d'autres auteurs. Nous avons aussi levé les doutes sur les noms donnés par le docteur Solander dans le muséum de Portland, noms que portaient les exemplaires identiques reçus du docteur par M. Boys.

Nous avons reconnu encore l'exactitude de ces noms par un lot de coquilles terrestres et fluviatiles types, achetées à la vente de ce muséum et se trouvant maintenant dans la collection de M. Laskey, qui a eu l’obhigeance de nous permettre de les comparer.

La science doit beaucoup à M. Laskey pour ses libérales communications; ses infatigables recherches sur la côte d'Écosse ont fait connaître beaucoup d'espèces ; nous en avons reçu un catalogue riche de genres indigènes, ainsi que des exemplaires de coquilles; deux choses qui ont largement contribué à éclairer le sujet, comme nous le prouverons dans les pages qui vont suivre. |

On remarquera que quelques-unes de nos figures ont été données par les auteurs du Descriplive catalogue of British testacea, publié dans le huitième volume des Transactions de la société linnéenne : nous ne pensions pas donner plus d'extension à notre

ouvrage lorsque ces figures ont été gravées. Un grand nombre de bonnes figures, des descriptions concises avec des renvois à notre travail ( Testacea britannica), ont démontré la nécessité d'en dessiner d'autres qui devaient primitivement accompagner ce supplément.

Ici nous ne pouvons manquer de payer le tribut de respect et de reconnaissance si bien dû aux travaux remarquables des auteurs qui ont si largement contribué à la connaissance de la bibliographie conchyliologique et à celle des espèces linnéennes considérées comme anglaises !, Nous ne pouvons cependant éviter de remarquer qu'avec le plus grand respect et la plus grande déférence pour le système de notre grand maitre Linné, nous ne saurions être d'accord sur une opinion aussi contraire que la sienne au progrès de la science, et qui consiste à croire qu'aucun autre système n'est préférable et que le sien est arrivé à son nec plus ultra. Une telle opinion milite contre tout progrès. L'expérience nous montre que chaque jour nos connaissances s'étendent, et que de nouveaux objets, se présentant à notre examen, viennent se joindre à ceux déjà connus d'une manière imparfaite ou obscure, et qu'alors il devient indispensable de faire des changements ou des additions. Les auteurs modernes semblent être d'accord sur cette opinion. Nous n’approuvons cependant pas une révolution complète dans un système qui est à la fois simple, clair, et qui embrasse beaucoup de choses; mais c'est un sujet d'opinion particulière et non de controverse.

Les écrits de Linné montrent qu'il était fréquemment porté à changer d'opinion, et que les nouvelles lumières émanées d'un esprit si brillant éclairaient de leurs rayons le monde savant. Peut-on alors supposer que si ce grand naturaliste eùt vécu quelques années de plus il n’eùt pas augmenté la douzième édition du Système de la nature? Depuis la publication de cet ouvrage précienx combien n’a-t-on pas découvert de choses nouvelles que les écrits de beaucoup de célèbres naturalistes modernes ont démontré ne pouvoir se rattacher aux genres de Linné? Nous devons donc répéter ce principe, que quelques changements au système de Linné sont des innovations utiles dans la science.

On verra que nous avons pensé qu'il était convenable de retirer le genre Teredo de la division des univalves, et nous l'avons placé dans celle des multivalves, près des Pholas dont il se rapproche de fort près; mais nous avons laissé subsister le nom spécifique ainsi que le nom générique pour les espèces anglaises seulement, et nous n'avons fait que fixer des caractères plus appropriés à ce genre.

Nous avons aussi formé un nouveau genre de quelques espèces de Mactra et de Mya, qui n’appartiennent véritablement ni à l’un ni à l’autre de ces genres, et qui avaient été placées à volonté parmi eux, faute d’avoir assigné à des coquilles naturellement de même famille un plus grand nombre de caractères de même valeur. Nous avons appelé ce genre Liqula, et nous y renvoyons pour de plus amples détails.

Nous n'avons rien à ajouter à cette introduction, si ce n’est que nous profiterons de ce supplément pour faire quelques remarques additionnelles lorsque des recherches ultérieures auront jeté de nouvelles lumières sur l’histoire de quelques espèces particulières décrites précédemment ; nous avons le plaisir d'annoncer que nous n'avons pas ajouté moins de soixante-dix espèces au catalogue des coquilles anglaises. Il ne nous reste plus qu'à demander la même indulgence que celle qu'on a eue pour la première partie de cet ouvrage, récompense flatteuse de nos efforts pour le développement de l'histoire naturelle. Nous espérons que nos divers amis versés dans les sciences, à qui nous adressons nos remerciments et l'expression de notre gratitude, nous continueront comme par le passé leurs observations sur les diverses branches de la zoologie.

Knowle, ler octobre 1808. GEORGE MONTAGU.

{ An histortcal account of Testaceological writers. Lian., frans., vol. VIT, p. 119, and a descriptive of British testacea by HW. Malon and the rev, Th. Rackelt

MONTAGCU. 265

COQUILLES MULTIVALVES.

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