‹ Bibliothèque conchyliologiqueChapitre 476 sur 500 · TURBO PALLIDUS · texte numérisé non relu

TURBO PALLIDUS

VOLUTA AMBIGUA. Lin. {rans., vin, p. 132.

Nous nous permettons de faire remarquer ici que, bien que notre Cypræa voluta soit beaucoup mieux placée dans le genre Voluta, comme elle l'est actuellement dans les Testacea britannica, nous n'avons pu encore nous décider à placer dans le genre Voluta de Linné notre Turbo pallidus, non plus que les T. spiralis, unidentatus, interstinctus et plicalus.

I n'y a rien dans la forme de ces coquilles qui puisse présenter le caractère d’apertura, subeffusa, Columella plicata. I est vrai qu'il y a un sillon ou petite dent allongée sur la columelle de ces espèces, mais ce n'est certes pas suffisant pour constituer des différences qu'on puisse leur appliquer comme les caractères généraux des volutes.

Comment pouvons-nous appliquer le caractère d'ouverture suborbiculaire ou subovale subeffusa. en admettant même que la petite dent puisse être considérée comme un pli sur la columelle? Car il est évident qu’il faut prendre tous les caractères à la fois. Si une columelle dentelée, ou, comme quelques personnes l'appellent, une columelle plissée, suffit réellement, sans avoir egard aux autres caractères, pour constituer une volute, pourquoi ne pas placer dans ce genre les Turbines denticulées telles que les Sexdentatus,

arychium, Juniperi, Tridens, Bidens, et autres espèces renversées de ce genre ?—Le

grand respect dù à l'habileté des auteurs qui ont transposé l'espèce dont ilest question ici, fait qu'on a l'habitude d'accorder un juste mérite à leurs travaux lorsqu'ils définissent les espèces linnéennes des coquilles d'Angleterre ; mais quelque bien appuyée d'exemples que soit la définition linnéenne, dans ce cas ou dans leur division des Turbo et des Helix, il faut néanmoins, selon nous, consulter son opinion privée. Lorsqu'une espèce linnéenne a été clairement déterminée, il faut absolument la maintenir dans sa place originale, qu’elle soit ou non exactement conforme aux caractères génériques. Mais, dirat-on, c'est enchaîner la science. Il doit être constant pour tout naturaliste que les productions de la nature sont si variées et si entremêlées que toute classification doit être arbitraire quand les caractères et les gradations sont si voisins. En fait, il n’est pas possible, au moyen de la définition que Linné a faite de ces deux genres, de déterminer auquel appartient plus proprement un grand nombre de nos coquilles, et rien ne prouve tant que cette opinion est bien fondée que la grande différence que l’on observe dans la classification de différents auteurs dont quelques-uns placent des coquilies qui n'ont pas le moindre caractère d'ouverture contractée, orbiculaire, entière, dans le -genre Turbo, et vice versa, laissant dans le genre Helix beaucoup d’autres espèces qui présentent plus ou moins ces caractères. Si une ouverture entière (ouverture marginale : détachée) suffit pour constituer un Turbo sans avoir égard à la forme, et fait rejeter toutes les autres coquilles dans le genre Helix, la distinction sera plus facile ; mais, comme il faut aussi qu'elle soit orbiculaire pour constituer un Turbo selon Linné, et sans avoir égard au terme ambigu de contracté, il y a très-peu d'espèces d'Angleterre qui puissent - être conservées dans le catalogue, déjà nombreux, de ce genre. En résumé, il n'y a pas de naturaliste qui, à différentes époques, n’ait été en opposition avec lui-même, lorsque les secrets de la nature ont été plus connus et que la main du temps a écarté le voile qui les recouvrait; le grand Linné lui-même est une preuve de ce défaut humain, comme on peut le voir par les différentes éditions du Systema naturæ : ainsi il y a et il y aura ‘toujours sur les caractères ambigus des points de classification sujets à faire varier l'opinion.

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