PLACET
présenté par '** au comte U'Argenson, ministre de la guerre. — Do 1743 à 1757.
Un jeune élève d'Apollon, Élève, j'en conviens, de fort peu d'importance, Mais qui remplit un coin dans le sacré vallon, Ose à Votre Grandeur, en cette circonstance, Présenter un placet, qui ne sera pas long.
Mon poltron de laquais, qui craint d'entrer en lice. Bon sujet, bon valet, mais très-mauvais guerrier,
Se trouve, pour la milice, Par le dieu Mars compris dans son papier-terrier. Oncque il ne fut, dit-il, avide de laurier ;
De plus, il a tout lieu de croire Que la France n'a pas besoin de son appui,
Et que Louis et la Victoire
Se passeront fort bien de lui.
Il sollicite donc la grâce,
Le dirai -je? d'être exempté
D'aller chez la postérité
Parmi nos héros prendre place; Car tel est son mépris pour toute vanité Qu'au renom des Césars il porte peu d'envie Et qu'à Votre Grandeur il demande la vie
Au lieu de l'immortalité.
dïïcis, 275