UN REPAS RIDICULE
Satire troisième de Boileau '. — 1665-1666,
Cette satire, composée en 1665, imprimée en 1666, contient le récit d'un ridicule et mauvais repas , donné par un homme qui se piquait néanmoins de raffiner sur la bonne chère. La lettre A indique l'auditeur ou celui qui interroge ; la lettre P marque le convive ou le narrateur.
Il parait que Boileau avait eu d'abord l'intention de metti-e un B, au lieu du P, afin de désigner le comte du Broussin, célèbre alors pcir sa table, et qui faisait une affaire capitale d'un repas bien servi. Ce comte, chez qui le poète avait lu sa sath'e sur la rime, ayant appris qu'il allait parler des dîners, l'en détoiu-na de sou mieux, en lui disant que ce n'était certes pas là un sujet sur lequel il fût permis de plaisanter. Choisissez plutôt les hypocrites, ajouta-t-il; vous aurez alors pom- vous tous les honnêtes gens; mais pour la bonne chère, croyez-moi, ne badinez pas là-dessus. H se reconnut bien, dit Brossette , dans la satire de Boileau ; mais il ne s'en fâcha pas, bien qu'il y eût plus d'ime méchanceté à son adi-esse. Car cette pièce n'attaque pas seulement la mauvaise ordonnance d'un repas; elle jette en même temps çà et là du ridicule sur l'importance excessive que certains seigneurs d'alors attachaient aux délicatesses de la table. C'est pour cela que l'auteur, au lieu de se mettre lui-même en scène, comme avait fait Régnier, a choisi pom" témoin et pom- narrateur du dîner mal servi un homme donnant dans le défaut opposé à celui qu'il critique.
1 C'est la sixième dans l'ordre chronologique.
BOiLEAU. — 1005-1666. 201
Le bon govit d'un repas ne consiste pas seulement dans la délicatesse des mets et dans l'élégance du service ; il demande en outre une fine compagnie, comme celle que du Broussin savait réunir à sa talde. C'est donc pom' embrasser son sujet dans toute son étendue que Boileau a fait intervenir un parasite gourmand et hâbleur, deux nobles campagnards pleins d'eux-mêmes et un fat qui est poëte.
A. Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère ?
D'où vous vient aujourd'hui cet air sombre et sévère
Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier
A l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier * ?
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie
Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ^,
Où la joie en son lustre attirait les regards
Et le vin en rubis brillait de toutes parts ?
Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine?
A-t-on par quelque édit réformé la cuisine ' ?
Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons,
A-t-elle fait couler vos vins et vos melons?
Répondez donc enfin, ou bien je me retire.
P. Ah! de grâce, un moment, souffrez que je respire. Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner. Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner. Je l'avais bien prévu. Depuis près d'une année J'éludais tous les jours sa poursuite obstinée. Mais hier il m'aborde, et, me serrant la main : Ah! monsieur, m'a-t-il dit, je vous attends demain. N'y manquez pas, au moins. J'ai quatorze bouteilles D'un vin vieux... Boucingo n'en a point de pareilles *;
* Le roi venait de supprimer un quartier des rentes constituées sur l'hôtel de ville de Paris. Ce début rappelle celui de la neuvième satire de Juvénal :
Scire velim quare loties niihi, Nœvole, tristis
Occurras, fronte obducta? Unde repente
Tôt rug2e?
^ La bisque est une sorte de potage alors fort recherché. — 3 Allusion, suivant Brossette, à l'apparition récente de plusieurs édits pour la réforme de plusieurs abus. — * « Illustre marchand de vin. » [Note de Boileau.)
Et je gagerais bien que, chez le commandeur ',
Villandri ^ priserait sa sève et sa verdeur.
Molière avec Tartufe y doit jouer son rôle;
Et Lambert, qui plus est, m^a donné sa parole.
C'est tout dire, en un mot, et vous le connaissez ^. —
Quoi ! Lambert? — Oui, Lambert. A demain. — C'est assez.
Ce matin donc, séduit par sa vaine promesse,
J'y cours midi sonnant, au sortir de la messe.
A peine étais-je entré que, ravi de me voir,
Mon homme, en m'embrassant, m'est venu recevoir;
Et, montrant à mes yeux une allégresse entière :
Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière;
Mais, puisque je vous vois, je me tiens trop content.
Vous êtes un brave homme : entrez; on vous attend.
A ces mots, mais trop tard, reconnaissant ma faute,
Je le suis en tremblant dans une chambre haute
Où, malgré les volets, le soleil irrité
Formait un poêle ardent au milieu de l'été.
Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance,
Où j'ai trouvé d'abord, pour toute connaissance.
Deux nobles campagnards, grands lecteurs de romans.
Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments *.
J'enrageais. Cependant on apporte un potage.
Un coq y paraissait en pompeux équipage.
Qui, changeant sur ce plat et d'état et de nom,
Par tous les conviés s'est appelé chapon.
Deux assiettes suivaient, dont l'une était ornée
D'une langue en ragoût, de persil couronnée;
L'autre, d'un godiveau ^ tout brûlé par dehors,
1 Jacques de Souvré, commandeur de Saint-Jean de Latran, qui était renommé pour le luxe de sa table. — ^ « Homme de qualité qui allait fréquemment chez le commandeur de Souvré. » {Note de Boileau.) — ^ « Lambert, le fameux musicien, était un fort bon homme, qui promettait à tout le monde de venir, mais qui ne venait jamais. » {Note du même.) — * Roman de mademoiselle de Scudéri, en dix gros volumes. (Ci-dessus, p. 99, «o<e2.)— ^Espèce de pâté.
Dont un beurre gluant inondait tous les bords. On s'assied ; mais d'abord notre troupe serrée Tenait à peine autour d'une table carrée. Où chacun, malgré soi, l'un sur l'autre porté, Faisait un tour à gauche et mangeait de côté. Jugez en cet état si je pouvais me plaire. Moi qui ne compte rien ni le vin ni la chère Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'abbé Gotin >.
Notre hôte cependant s'adressant à la troupe : Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe? Sentez-vous le citron, dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œufs mêlés dans du verjus ^? Ma foi, vive Mignot et tout ce qu'il apprête ! Les cheveux cependant me dressaient à la tête : Car Mignot, c'est tout dire; et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier ^.
J'approuvais tout pourtant de la mine et du geste. Pensant qu'au moins le vin dût réparer le reste.
1 L'abbé Cassagne, orateur distingué, devait prêcher à la cour quand ce méchant trait, lance par Boileau, le perdit dans Topinion publique, et le jeta dans une telle tristesse qu'il finit par en devenir fou. Voyez ses jolis vers sur le chant des petits oiseaux, premier Recueil, p. 103. L'abbé Cotin, aumônier dn roi et membre de l'Académie française, s'était attiré la haine du poëte en favorisant son frère aine, Gilles Boileau. Cette vengeance ne fait certes pas d'honneur à Despréaux. Voyez le Recueil précédent, p. 180, note 3. — 2 (( Ces sortes de soupes étaient alors à la mode, et on les appelait des soupes de l'Écu d'argent. C'était l'enseigne d'un traiteur qui demeurait dans le quartier de l'Université, et qui avait inventé la manière de les faire. » {Note de Brossette.) — ' Mignot était un pâtissier traiteur, demeurant rue de la Harpe. 11 porta plainte contre Boileau au lieutenant criminel et au procureur du roi, qui refusèrent de poursuivre le poëte. 11 résolut alors de se faire justice par lui-même, à sa manière. 11 avait, dit Brossette, la réputation de faire d'excellents biscuits, et tout Paris en prenait chez lui. Sachant que l'abbé Cotin avait fait une satire contre Boileau, leur eniiemi commun, il la fit imprimer à ses frais, et en couvrit ses biscuits, ce qui la lit circuler dans tous les festins. Boileau lui-même s'en amusa; il n'invita plus ses amis à dîner sans leur offrir les biscuits de Mignot et l'enveloppe de l'abbé Cotin. Le pâtissier tit fortune, et finit par pardonner au poëte qui l'avait achalandé.
Pour m'en éclaircir donc^ j'en demande; et d'abord Un laquais effronté m'apporte un rouge-bord D'un Auvernat fumeux, qui, mêlé de Lignage *, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage ®, Et qui, rouge et vermeil, mais fade et doucereux. N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux. A peine ai-je senti cette liqueur traîtresse Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse. Toutefois avec l'eau que j'y mets à foison J'espérais adoucir la force du poison.
Mais, qui l'aurait pensé? pour comble de disgrâce, Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point de glace ' Point de glace, bon Dieu! dans le fort de l'été ! Au mois de juin ! Pour moi, j'étais si transporté Que, donnant de fureur tout le festin au diable. Je me suis vu vingt fois prêt à quitter la table; Et, dût-on m'appeler et fantasque et bourru. J'allais sortir enfin quand le rôt a paru.
Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques S'élevaient trois lapins, animaux domestiques. Qui, dès leur tendre enfance élevés dans Paris, Sentaient encor le chou dont ils furent nourris. Autour de cet amas de viandes entassées Régnait un long cordon d'alouettes pressées '^; Et sur les bords du plat six pigeons étalés Présentaient pour renfort leurs squelettes brûlés ^.
1 Deux vins du terroir d'Orléans. Les cabaretiers, dit Brossette, les mêlaient pour faire leurs vins clairets. — ^ Crenet, marchand de vin alors fort connu, avait trompé le comte du Broussin en lui vendant ce mélange pour du vin de l'Ermitage. 11 logeait à la Pomme de pin, cabaret célèbre dès le temps de Regnior, qui en fait mention dans sa satire du Souper ridicule. ;Ci-dessus, p. 182, note 4 ) — ^ II n'y avait alors à boire à la glace que ceux qui se piquaient de raffinement. Ce trait fait ressortir la délicatesse exagérée du couvive. — '' On objecta au poète qu'on ne mangeait pas les alouettes au mois de juin. II répondit qu'il avait bien fait d'en faire servir, à une époque où elles ne valent rien, sur la table d'un homme de jioùt bizarre, qui visait à l'extraordinaire. — ^ Les viandes se servaient alors en pyramide sur un bassin.
BOILEAU. — l(iGr)-lCGO. 205
A côté de ce plat paraissaient deux salades.
L'une de pourpier jaune, et l'autre d'herbes fades,
Dont l'huile de fort loin saisissait l'odorat
Et naiioait dans des Ilots de vinaigre rosat.
Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance
Ont loué du festin la superbe ordonnance.
Tandis que mon faquin, qui se voyait priser,
Avec un ris moqueur les priait d'excuser.
Surtout certain hâbleur, à la gueule affamée *,
Qui vint à ce festin conduit par la fumée
Et qui s'est dit proies dans l'ordre des coteaux^,
A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux ^.
Je riais de le voir, avec sa mine étique.
Son rabat jadis blanc et sa perruque antique.
En lapins de garenne ériger nos clapiers *
Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers;
Et, pour flatter notre hôte, observant son visage.
Composer sur ses yeux son geste et son langage %
Quand notre hôte charmé, m'avisant sur ce point :
Qu'avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangez point?
Je vous trouve aujourd'hui l^âme tout inquiète;
Et les morceaux entiers restent sur votre assiette.
Aimez-vous la muscade? on en a mis partout ®.
Ah! monsieur, ces poulets sont d'un merveilleux goût!
Ces pigeons sont dodus ; mangez, sur ma parole.
J'aime à voir aux lapins cette chair blanche et molle '.
Ma foi, tout est passable, il faut le confesser,
1 Boileau, en peignant ce hâbleur, avait en vue son cousin germain, B.D. L., président à la Cour des monnaies, qui, ayant mangé son bien, en était réduit à vivre chez ses amis. — ^ aCe nom fut donné à trois grands seigneurs tenant table, qui étaient partagés sur l'estime qu'on devait faire des vins des coteaux des environs de Reims. Ils avaient chacun leurs partisans. » [Note de Boileau.) — 3 Vers passé en proverbe. — ^ Lapins domestiques. — ^ Racine, trois ans après l'impression de cette satire, disait dans son Britannicas (acte V, scène 5) : Sur les yeux de César composent leur visage.
^ La muscade, longtemps recherchée, n'était plus à la modo. — "Ce sont les lapins nourris au cliou qui ont la chair blanche el molle.
Et Mignot aujourd'hui s'est voulu surpasser. Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine; Pour moi, j'aime surtout que le poivre y domine; J'en suis fourni, Dieu sait ! et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier ^ A tous ces beaux discours j'étais comme une pierre, Ou comme la statue est au Festin de Pierre 2; Et, sans dire un seul mot, j'avalais au hasard Quelque aile de poulet dont j'arrachais le lard.
Cependant mon hâbleur, avec une voix haute. Porte à mes campagnards la santé de notre hôte. Qui tous deux pleins de joie, en jetant un grand cri. Avec un rouge-bord acceptent son défi.
Un si galant exploit réveillant tout le monde. On a porté partout des verres à la ronde. Où les doigts des laquais, dans la crasse tracés, Témoignaient par écrit qu'on les avait rincés, Quand un des conviés, d'un ton mélancolique, Lamentant tristement une chanson bachique % Tous mes sots à la fois ravis de l'écouter. Détonnant de concert, se mettent à chanter. La musique sans doute était rare et charmante ! L'un traîne en longs fredons une voix glapissante; Et l'autre, l'appuyant de son aigre fausset. Semble un violon faux qui jure sous l'archet.
Sur ce point un jambon d'assez maigre apparence Arrive sous le nom de jambon de Mayence.
1 Nous aTons déjà vu ce pauvre Pelletier, ci-dessus, p. 197, note 1. — = Le Festin de Pierre est une fable dramatique d'origine espagnole, dans laquelle la statue d'uu commandeur nommé don Pedro est invitée à un festin, et s'y rend. Plusieurs poètes ont traité ce sujet, nou-seulement en Espagne, m.ais aussi en Italie et en France. Molière en a tiré le dénoùment de sa comédie de Don Juan. — ^ Boileau, d'après Brossette, attaque ici son propre neveu, M. de La C, qui avait une assez belle voix, mais qui chantait toutes sortes d'airs, même les plus gais, d'un ton mélancolique.
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Un valet le portait, marchant à pas comptés
Comme un recteur suivi des quatre facultés '.
Deux marmitons crasseux, revêtus de serviettes,
Lui servaient de massiers % et portaient deux assiettes.
L'une de champignons avec des ris de veau,
Et l'autre de pois verts qui se noyaient dans l'eau.
Un spectacle si beau surprenant l'assemblée.
Chez tous les conviés la joie est redoublée;
Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner.
D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner.
Le vin au plus muet fournissant des paroles ^,
Chacun a débité ses maximes frivoles.
Réglé les intérêts de chaque potentat.
Corrigé la police et réformé l'État;
Puis, de là s'embarquant dans la nouvelle guerre,
A vaincu la Hollande ou battu l'Angleterre *.
Enfin, laissant en paix tous ces peuples divers,
De propos en propos on a parlé de vers.
Là tous mes sots, enflés d'une nouvelle audace.
Ont jugé des auteurs en maîtres du Parnasse \
Mais notre hôte surtout, pour la justesse et l'art.
Élevait jusqu'au ciel Théophile et Ronsard %
1 Horace, dans la satire d'un festin, se moque aussi de la gravité d'un valet qui, charge de bouteilles, s'avance à pas mesurés, comme une vierge d'Athènes portant les corbeilles sacrées aux fêtes de Cérès.
ut altica virgo Cum sacrls Cereris, procedit fuscus Hydaspes, Cœcuba vina ferens.
{Salirar. II, sat. vui, v. 13-13.)
2 « Le recteur de l'Université, quand il va en procession , est toujours accompagné de deux massiers. » (A^o^e de Boileau.)
3 Fecundi calices quem non fecere disertum?
(Hor., Epist. I, ep. v, v. 19.)
^ « L'Angleterre et la Hollande étaient alors en guerre, et le roi avait envoyé du secours aux Hollandais. » [Note de Boileau.)
5 Ecce inter pocula quaerunt
Ronuilidee saturi quid dia poeraata narrent.
(Perse, Sat. I, v. 30 et 31.)
•5 Voyez ce que nous avons dit de Ronsard, ci-dessus, p. 171-174. Le poëte
Quand un des campagnards ', relevant sa moustache Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache. Impose à tous silence, et d"un ton de docteur : Morbleu! dit-il , La Serre est un charmant auteur ' ! Ses vers sont d'un beau style, et sa prose est coulante. La Pucelle est encore une œuvre bien galante. Et je ne sais pourquoi je bâille en la lisant''. Le Pays, sans mentir, est un bouffon plaisant * ; Mais je ne trouve rien de beau dans ce Voiture ^ Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture ! A mon gré, le Corneille est joli quelquefois ^ En vérité, pour moi, j'aime le beau françois. Je ne sais pas pourquoi l'on vante l'Alexandre ' ; Ce n'est qu'un glorieux qui ne dit rien de tendre. Les héros chez Quinault parlent bien autrement. Et, jusqu'à Je vous hais, tout s'y dit tendrement \
Théophile, mort en 1626, avait beaucoup d'imagination et peu de goût. C'est de lui que sont les deux vers suivants, cités par Boileau pour prouver combien une pensée fausse est froide et puérile :
Ah ! voici le poignard qui du sang de son maître S'est souillé làcLement. Il en rougit, le traître !
[Œuvres de Boileau, t. I, Préface, p. 24 et 25.)
1 « De B., gentilhomme de Châlons, cousin de notre poëte. Il portait en effet une grande moustache, qu'il relevait ordinairement avant que de parler; et son chapeau, à grands poils, était couvert d'un gros bouquet de plumes. Il vint à Paris quelque temps après la réception de Gilles Boileau à l'Académie française : Ah! ah! cousin, lui dit-il, vous êtes donc parmi ces messieurs de l'Académie! Combien cela vaut -il de revenu par année? » {Note de Brosselte.) — - Ci-dessus, p. 100, note 8. — ^ c'est un mot de madame de Longueville. Elle assistait un jour à une lecture que Chapelain faisait de sa Pucelle cVOrléans chez le prince de Condé, au milieu d'une nombreuse assemblée, qui s'ellorçait de trouver l'épopée magnifique, « Oui, tout cela est parfaitement beau, répondit-elle à l'un des admirateurs du poète, qui lui demandait son avis; mais c'est bien ennuyeux. » — '* René Le Pays, mort en 1690, auteur d'un recueil de pièces en vers et en prose sur des sujets de galanterie. — * Célèbre auteur de lettres en prose, pleines d'esprit, mais qui sentent trop le travail et la recherche. — ^ Imitation de Régnier. Voyez ci-dessus, p. 184, note 6. — ' Alexandre, la seconde des tragédies de Racine, représentée en 1665. Le grand poète dramatique, qui n'en était qu'à sou début, tombait encore dans les défauts de son époque : son Alexandre avait précisément donné dans le tendre et le sentimental, alors en vogue. Boileau, son ami, lui fait ici une leçon indirecte. — 8 Voyez le Lutrin, chant v, ci-dessus, p. 102, note 4.