IV
ce vers. Ce seigneur, la trouvant un peu hardie, lui conseilla, atin d'en assurer le succès à la cour, de la terminer par un éloge du roi , et le poëte ajouta les quatorze vers suivants :
Toi donc qui, do mérite et d'honneurs revêtu,
Des écueils de la cour as sauvé ta vertu,
Dangeau, qui, dans le rang où notre roi t'appelle,
Le vois, toujours orné d'une gloire nouvelle
Et plus brillant par soi que par l'éclat des lis,
Dédaigner tous ces rois dans la pourpre amollis.
Fuir d'un honteux loisir la douceur importune,
A ses sages conseils asservir la fortune.
Et, de tout son bonheur ne devant rien qu'à soi,
Montrer à l'univers ce que c'est qu'être roi;
Si tu veux te couvrir d'un éclat légitime.
Va par mille beaux faits mériter son estime;
Sers un si noble maître, et fais voir qu'aujourd'hui
Ton prince a des sujets qui sont dignes de lui.
Ce compliment fait, le poëte remit sa pièce au marquis de Dangeau, qui se chargea de la fahe agréer au roi, et qui s'y prit hahilement. Un jour que Louis XIV jouait dans une salle du château avec quelques seigneurs, tandis que d'autres causaient entre eiix, le marquis, qui se trouvait dans un. de ces groupes, y lut la satire à vois basse, de façon cependant à exciter la curiosité du monarque. Sa Majesté, dit Brossette, voulut savoii- ce que c'était^ et quitta le jeu pour l'entendre. C'était la première fois que les vers de Boileau paraissaient ù la cour.