‹ Bibliothèque critique des poëtes françaisChapitre 71 sur 88 · PIERRE CORNEILLE · texte numérisé non relu

PIERRE CORNEILLE

Sur le cardinal de Richelieu.

Qu'on parle mal ou bien du fameux cardinal. Ma prose ni mes vers n'en diront jamais rien : Il m'a fait trop de bien pour en dire du mal, U m'a fait trop de mal pour en dire du bien *.

PRÉPETIT DE GRAMMONT.

Sur Benserade^. (Rondeau.)

A la fontaine où s'enivre Boileau, Le grand Corneille et le sacré troupeau De ces auteurs que l'on ne trouve guère Un bon rimeur doit boire à pleine aiguière S'il veut donner un bon tour au rondeau. Quoique j'en boive aussi peu qu'un moineau, Cher Benserade, il faut te satisfaire.

T'en écrire un. Eh! c'est porter de l'eau A la fontaine.

De tes refrains un livre tout nouveau A bien des gens n'a pas eu l'art de plaire ; Mais, quant à moi, j'en trouve tout fort beau. Papier, dorure, images, caractère.

Hormis les vers, qu'il fallait laisser faire A La Fontaine.

* Né en 1606, mort en 1684. — ' Voyez ci-dessus, p. 5, l'application que Boileau a faite, dit-on, de ces vers au P. Le Moyne. — » Pnëte no en 1612 , mort en 1691.

AUBY DE ROIBIN '.

Placel à Louis XIV. — Avant 1693.

Qu'est-ce, en effet, pour toi, grand monarque des Gaules,

Qu'un tas de sable et de gravier ?

Que faire de mon île ? Il n'y croît que des saules ;

Et tu n'aimes que le laurier.

Également puissant dans la paix et la guerre.

Comblé de gloire et de bonheur.

Maître d'un grand État, quelques arpents de terre

Te rendront-ils plus grand seigneur?

Laisse-m'en donc jouir; la faveur n'est pas grande.

Ne me refuse pas ce bien ; C'est tout ce qu'aujourd'hui ce placet te demande :'

Grand roi, ne me demande rien.

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