‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 28 sur 89 · Anal. Benedict.^ lib. LXIX, (ann · texte numérisé non relu

Anal. Benedict.^ lib. LXIX, (ann

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c A ce que Vostre Paternité nous a écrit assez au long, j'aurois au moins répondu en peu de « mots, quoiqu'il y ait beaucoup de choses à dire, si je n'espérois vous parler au premier jour. Il « suffit de dire à présent, que j'ay engagé enfin avec beaucoup de peine le Comte Foulque à conc sentir qu'il auroit un entretien avec vous, le lendemain de S. Michel, vous estant à Roche-Corbon, « et luy et les siens de l'autre costé de la Loire. De telle manière qu'il déclarera pour préliminaire « que vous l'avez excommunié injustement, et qu'il ne devoit plus plaider avec vous désormais, c Que s'il ne peut pas obtenir cela, il subira derechef la mesme peine selon la justice. Ces paroles « ne sont pas de moy mais de luy. Ce que je dis de peur qu'à leur occasion vous ne vous fâchiez « peut estre contre moy. Portez- vous bien. »

On voit assez que le Prestre Geoffroy estoit capable de conduire une négociation importante. (Voyez Foulque Rechin) *.

ANASTASE, Moins, Théologien

Ann. 1080. — Dom Luc d'Achery a publié une belle Lettre* touchant la vérité du corps et du sang de Nostre*Seigneur Jésus-Christ dans le Sacrement de l'Autel, qu'il avoit tirée d'un ancien Manuscrit de l'abbaye de S. Serge d'Angers.

L'auteur se nommait Anastase, et Dom Luc conjecture qu'il estoit moine de S. Serge, et que la Lettre est adressée à Geraud, abbé de S. Aubin. M. Dupin dit de même ', qu'un certain Anastase, Moine de S. Serge d'Angers \ fut obligé de retracter l'erreur de Berenger, et de donner une profession de foy à Geraud, abbé de S. Aubin de la mesme ville» rapportée par le P. Dom Luc d'Achery dans ses Notes sur la vie de Lanfranc *.

Mais, lo. de ce que cexie Lettre a esté trouvée dans l'abbaye de S. Serge, il ne s'ensuit pas que l'auteur ait été Moine de cette abbaye ; ni que le Gerald {Geraldus\k qui elle est écrite, soit l'abbé Girard qui a gouverné le monastère de S. Aubin depuis 1080, jusqu'en 11 00; 2* je vois encore moins ce que dit M. Dupin, qu'Anastase retracta l'erreur de Berenger, et qu'il fut obligé de donner une profession de foy. Car je ne remarque aucun vestige de retractation dans sa Lettre.

On ne sçait pas qui estoit cet Anastase, ni où il demeuroit. Mais il paroist qu'il avoit esté supérieur de l'abbé Geraud, puisqu'il dit que cet abbé avoit esté autrefois son fils, et qu'il estoit alors son Vénérable père. Ainsi il n'est pas vraisemblable qu'ils demeurassent ensemble. L'abbé Gerald avoit prié Anastase de luy faire connoistre ce qu'il croyoit du corps et du sang du Seigneur, à quoy celuy-ci répond doctement et selon la Doctrine de l'Eglise. Il rapporte seulement les témoignages de trois Pères Latins : S. Cyprien,S. Augustin et S. Ambroise ; mais il en cite sept ou huit autres auxquels il renvoyé en marquant les Livres, Traitez, Sermons, et nommément à Paschase^ qu'il appelle un homme catholique, et qu'il dit avoir bien éclairci ce qui regarde ce Sacrement : ce qui suffit seul pour faire voir l'orthodoxie d' Anastase. Il me semble donc qu'il avoit esté consulté,

I. V. page 47 ci-après et Gaïl. christ, nov., t. XIV, col. 69; — Baluze, MisetUaitées, tome VI, p. 421. a. Lan/ranci optra, [Not. ad Wt, pp. 31 -sa).

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