Epist. i5, lib. V
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lieu qu'il auroit appelé le premier son oncle, patruum. Le titre de P Abbaye de Vandôme produit par Ménages dit que Pabbé Geoffroy estoit cousin de Rainauld de Craon, fils de Robert le Bourguignon. Il n'estoit donc pas neveu de Renauld. I! faut se contenter de dire que Tabbé Geoffroy estoit cousin de Renauld de Craon, mais qu'il n'estoit pas son neveu et par conséquent qu'il n'estoit pas fils de Henri, Seigneur du Lion d'Angers ■. Geoffroy fut élevé par Garnier, archidiacre d'Angers, à qui il a écrit plusieurs lettres*, et fut instruit dans les sciences par Guillaume, à qui il écrivit depuis sa Lettre i6 du5* /ivre, pour le reprendre de ce qu'il erroit sur la Confession des péchez, s'estant imaginé, sur un passage de Bède mal entendu, qu'il n'y avoit que quatre sortes de péchez qui eussent besoin de la confession \
Dès sa première jeunesse, Geoffroy prit l'habit de S. Benoist et se consacra à Dieu dans l'Abbaye de Vanddme. L'an 1093, Bernon qui en estoit abbé, se voyant très-âgé et infirme, assembla les Frères au Chapitre, et leur résigna son bâton pastoral, et Geoffroy fut élu pour remplir le siège abbatial, quoiqu'il fut encore fort jeune et seulement Diacre. Mais il estoit très-mûr, fort modeste et vertueux, et bien instruit dans les Lettres. Son élection se fit le 21 du mois d'aoust, et trois jours après il fut béni solennellement par Ive de Chartres, son Évesque Diocésain, qui luy fit faire profession d'obéissance', ce qui les brouilla beaucoup dans la suite, car Urbain II reprit Geoffroy comme d'une faute qu'il avoit faite. Néanmoins Ive demeura ferme dans sa prétention, aussi bien que Geoffroy II, son successeur, et les choses ne changèrent point pendant la vie de l'Abbé Geoffroy*.
Il alla aussitost après à Rome trouver le pape Urbain, qui estoit caché dans la ville, craignant les partisans deGuibert, et luy fournit une grande somme d'argent, pour racheter l'Église de Latran et la Tour de Crescence, c'est-à-dire le Chasteau S* Ange 9". Ainsi, il fut le premier qui baisa les pieds du Pape dans le Siège Pontifical qui lui fut restitué avec le palais de Latran. Geoffroy y employa tout son argent, et vendit mesme ses chevaux et ses mules. Il assure qu'il avoit dépensé plus de 1,200 sous pour son service, ce qui revient à 24,000 Livres de nostre monnoye, somme très>grande pour ce temps-là. Urbain qui luy estoit si redevable ne l'aima pas moins que s'il eust esté son fils unique. Il l'ordonna Prestre et le rétablit, l'an 1094, dans l'Église de S^ Prisque, dont les Guibertius avoient privé l'Abbaye de Vanddme, avec la dignité de Cardinal qui y estoit attachée*. Geoffroy estant retourné en France se trouva, le 24 de Juin de la mesme année 1094, à rassemblée de Saumur pour l'absolution de Foulque Rechin, Comte d'Anjou *•
1 . V. Donation de S* Clément de Craôn à l'abbaye de Vendôme et sa confirmation (coll. Baluze, t. XLVII, f^ 333, y). 3. Il était neveu de Renaud et fils de Henri le Bourguignon, d'après L. Compain, Geoffroy de Vendôme^ (fasc. 86, BibU de V École des H^ Études)^ 3« partie, ch. III, p. 19.)
3. Lettres 1 3 et 14, livre V ; — Cf. Rangeard, Hi$t. de VUniy. d'Anj., t. I, p. 48.
4. Cf. Rangeard, Ikid, pp. 49, So, 5i et t. II, p. 169; * Compain, p. 33, et lib. IV, Épist. 9.
5. Chnm.desÉgl. d*Anj, (rEaviôre), ann. 1093;— V. Sïrmond, vitaGaufred. ;— Rangeard, 1. 1, p. 48; — le Compendium. Hist. card, abbat. TVtn., C. IV, porte : 1093, par erreur, ainsi que D. Âubert (Monasticon Benedictum, Ms. fonds lat. 13,700, f^ 163).
6. V. Compain, pp. i5-i6 et 367; — Gauf,. Vindoc. Epist. lib. î, n» 18; — Pétigny. Hist. archiolog. du Vendomois, 2* édit. p. 396.
7. G. Vindocin. Epist. lib. I, n« 8 ; — Annales Bened.^ t. V, p. 3 13 ; — J. Lannoii, Oper. t. III, p. 375 ; — Cf. Rangeard, t. I, p. 48 ; — Compain, pp. 161-365.
8. Compain, ch. XXVIII et XXIX. Frizon, Gallia purpur.^ pp. i i3-ii4; — Epistol. GofiF. Vind. lib. I, n«* 8 et 11, Compendium Histor. cardin. abbat. Trin., cap. IV; -^ Rangeard, t. I, p. 48.
9. Gallia christ^ t. IV, Instr. col. 10 ; — Gall. christ nov.^ t. XIV, p. 646 •.
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L'an 1095, il assista au Graad Concile de Clermont, auquel Urbain Tavoit invité*; et. Tannée suivante, il receut ce Pape dans son Abbaye et le défraya pendant onze jours* Urbain y consacra Tautei du Crucifix le 26 de février*. Peu après, Geoffroy recouvra Téglise de S. George d'Oleron que Guillaume, Duc d'Aquitaine, avoit otée à l'Abbaye de Vandôme, et avoit donnée à un seigneur nommé Eblon. Amat, Archevesque de Bordeaux et Légat du Pape, en écrivit une Lettre à Geoffroy et à sa communauté. Le P. Mabillon Ta publiée dans le 5* tome des Annales de l'Ordre de S. Benoist^.
Pascal II, successeur d'Urbain, traita toujours Geoffroy avec beaucoup de distinction et Calixte II n'oublia rien pour marquer à ce généreux Abbé que son élévation n'avoit servi qu'à augmenter son ancienne amitié. Car Geoffroy avoit toujours esté son ami, il l'avoit secouru d'habits dans une occasion où il avoit esté volé à Tours, et il dépensa mesme cent marcs d'argent pour le service de l'Eglise Romaine pendant le Pontificat de Calixte \ Aussi, on ne peut rien ajouter i l'amitié tendre que lui marqua ce Pape dans une Lettre qu'il luy écrivit, et qui a esté publiée par le P. Sirmond *. Nostre Abbé passa douze fois les Alpes pour l'utilité de l'Eglise Romaine et il fut pris trois fois par ses ennemis *. Comme il estoit fort habile, il fut nommé arbitre par le Roy Louis le Gros, dans le différent qu'il eut avec le Comte d'Anjou pour la Sénéchaussée de France '•
Geoffroy, parmi tant de grandes affaires qu'il avoit au dehors, gouverna son Monastère et les Prieurez qui en dépendoient, avec beaucoup de soin et de vigilance, avec beaucoup de prudence et de circonspection, joignant à la force, la charité et la douceur; de sorte qu'il n'y en avoist pas dans le royaume qui fust mieux réglé que le sien*. Quelques-uns jugeoient qu'il estoit trop sévère; mais il assure qu'il estoit plus poné naturellement à la douceur et à l'indulgence qu'à la rigueur *• Il augmenta les revenus de son Abbaye, et la laissa deux fois plus riche qu'il ne l'avoit trouvée et dans un état très-florissant. Mais comme il en soutenoit vigoureusement les droits et les privilèges, il fut obligé d'essuyer beaucoup de procès et d'inquiétudes '*, particulièrement d'Ive et de Geof« froy II, Evesques de Chartres; de Geoffroy de Prully, Comte de Vendôme, de Rainauld et Maurice de Craon, ses proches parents ; des Moines de S. Laumer de Blois, et de plusieurs autres **• Il surmonta néanmoins toutes ces difficultez par sa prudence, sa constance et sa modestie.
I. V. G. Vind, Epist. lib. Il, n« ay, 39, 3o ; lib. III, n" i3 et 4a : c j'étais à ce Concile et vous n'y étiex pas t, écrit-il, (lettre 12) ; — Compain, pp. 186 et 269.
s. D. Bouquet, Recueil des Hist. de France^ t. XI, p. 3i ; — D. Ruinart, Vit. Urbanij p. 386, Append.
3. Rapportée aussi par Besly, Hist, des Comtes de Poitou^ pp. 41a et seqq. — V. Gauf, Vindic. epist.f lib. I, n* 1 et lib. III, n* 38 ; — Compain, ch. XIV ; — D. Bouquet, Histùr, de France, t. XIV, p. 77a ; — Patrologie, Mlgne, p. i5i, epist. pontif.^ n* iio.
4. Gauf. Vind. Epist., lib. I, n« 1 a ; — Ulysse Robert, Etudes sur les actes de Calixte Ily p. 39 ; — Rangeard, 1. 1, p. 49.
5. J. Sirmond, Oper. Gauf. ad. epistol. notœ^ (Paris, 1620) et Gauf. Vind. Epistolt Hb. II, n« 10, la, a8.
6. Epist. lib. I, n« 8, 14 et 18 ; — Compain, ch. XXVII, p. a58 et note a ; — Rangeard, 1. 1, p. 49.
7. D. Bouquet, Hiifor. rfe France, t. XII, col. 493;— Mabillon, ilnmif. *«iei., t. VI, lib. 75, col. 76, -—Sirmond, Oper. t. m et in calce notar. ad epist. Gauf Vindoc, , p. 98 ; — Duchesne, Histor. Franc. Script., t. IV, p. 4a8 ; — Miscellanées de Baluze, t. IV, p. 479; traité de H. de Cléers que £m. Mabille croit par erreur être apocryphe {Hist. des Comtes d'Anj.i introd. p. LI); — Compain, p. i35.
8. Cf. Compain, ch. VI, pp. 5a-58 ; — Epist. G. Vind. Ub. I, n« 4» 9, 1 3 ; III, n* 16 ; IV, n« 38, 39, 40, 41 45, ; V, n*