‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 83 sur 89 · Gallia christ, nov., t. XIV, col. 567 b · texte numérisé non relu

Gallia christ, nov., t. XIV, col. 567 b

4. De la chapelle de Behuard; — L. le Peletier, Epitome S^ Nicolai^ p. 56 ; ~ Gallia christ, noy., t. XIV, col. 676 a; J. Grandet, iSr.-D. Angevine, p. 365 et 471.

5. Gallia christ, nwf.^ t. XIV, col. 676 a ; — L. le Peletier, Epitome 5^ Nicolai, p. 70 ; — Treavaux» HisU de VEgL d*Ang., appendice XXV, p. 485.

6. Gall. christ, vet., t. IV^ ad instrumenta ; — Hiret, des Antiquei( d*Anj, p. 104, (édit. 1609) ; —V. Rangeard, Hist. de VUniv.f t. II, p. 103.

7. Hist. des Comtes d'Anj., p. 369; — Chroniq. des EgU d'Anj., p. ijS; — De Montzey, Hist. de la Flèche et de ses seigneurs, 1. 1, p. i25.

8. Hist. des Comtes d'Anj.j pp. 333, 333, 343, 344; — D. Hume, Hist. d'Angl (maison de Plantagenet), note f de la p. 370.

9. Ibid., pp. 343, 345 et 346;— B. RogtTyHist. d'Anj.^ p. 345 ; -^ Brompton, p. 1049;— Htstor. Script Angi.^ t. I, col. 1045 ; — David Hume, Hist. d'Angl (mai»^a de Plantag.), t. I, pp. 445, 451 et 4^3 ; — Roger de Hoyeden, p. 654.

MBUonftQUB D^jûnoo 91

HUGUE DE CLEERS, Chevalier

Ann. 1155. — Hugue de Cleers avoit deux frères : Geoffiroy et Foulque *• Il est fait mention de ce dernier dans une Charte du Comte Geoffroy pour TEglise de S. Lô d* Angers ', Hugue fut fort bien élevé et eut soin de lui faire apprendre la langue latine, et c'est en cette langue qu'il a écrit son Livre de la Seneschaussie de France.

Ce Chevalier est célèbre dans l'Histoire de France et surtout dans celle d'Anjou. Car il fut un des principaux conseillers et capitaines de Foulque et de Geoffroy le Bel, Comtes d'Anjou ; et il est souvent parlé de luy dans la vie du dernier écrite par Jean, Religieux de Marmoutier *. Il fut toujours très fidèle et très attaché à ces Comtes/ dont il estoit vassal.

Hugue nous a laissé un mémoire, De la Dignité de Maire ou de Orand Seneschal de France^ autrefois Héréditaire aux Comtes d'Anjou^. Il le composa à l'occasion d'un différent qui s'éleva entre le Roy Louis le Gros et Foulque le Jeune, Comte, d'Anjou, qui fut depuis Roy de Jérusalem. Car le Roy ayant créé Sénéchal de France, Anselme, puis Guillaume de Gaslande, qui ne vouloient pas pas en faire hommage au Comte, celuy-ci ne voulut pas servir le Roy dans une grande guerre qu'il eut contre Henri I«', Roy d'Angleterre, et repondit qu'ayant esté dépouillé de sa dignité, il neledevoit plus '. Ce qui estoit néanmoins insoutenable, car le Roy avoit droit d'appeller Foulque au service en qualité de Comte d'Anjou, puisque les ancestres de Grise-Gonelle avoient reçu le Comté du Roy long-temps avant la dignité de grand Senechal. Néanmoins, le Roy fit promettre à Foulque par Amauri de Montfort, oncle de ce Comte ; par Geoffroy, Abbé de Vendôme, et Raoul de Beaugenci, qu'il le satisferoit. La Comtesse Aremburge, femme de Foulque, fut d'avis d'envoyer Hugue de Cleers au Roy*. Hugue trouva ce Prince entre Pontoise et Chaumont, le salua de la part du Comte dont il offrit les services au Roy, avant ou après l'entrevue, selon qu'il plairoit à sa Majesté, qui voulut parler au Comte et voir son fils Geoffroy, parce qu'il ne le connaissoit point encore. L'entrevue se fit près Marchenoir, en Beausse. On rendit à Foulque sa dignité, et on convint de tout ce qui se feroit dans les années et dans les couronnements '.

1. V. Hist, des Comtes d'Anj.j(QeoS, Martel), p. 369, où ils sont nommés; — Ménage, Hist. de Sablé, pp. i6i-i6a« 3. Ibid. Introduction par E. Mabille, p. L; — V. S^ Marthe, Gall christ, vet.^ t, IV, ad instrumenta Eccles. Andeg, (ann. 1143); — Hiret, des Antique:^ d'Anj. pp. 104-105, (édit. 1609).

3. Hist. des Comtes d'Anj., {Hist, de Geoff. le Bel), p. 369, où il a intercalé toute la i>* partie de sont traité de la Sénéchaussée. » — V. également le Cartul. de Méron dans les Chron. des EgU d*Anj,, p. 88, (ann. 11 33}, où il est qualifié sénéchal.

4. Ms. fonds latin, Bibl. Nat. n* 3839 & ; — ^ûf. des Comtes d'Anj., introduction, pp. XLIX à LU, et 385 ; — Fauchet, des dignitej( des magistrats; — Hist, litt. de France, t. XIII, pp. 345-348.

5. L'authenticité de ce mémoire, et par suite celle de sa mission» ont été contestées par MM. Pinard et E. Mabille; nous avons dit plus haut, note 5 p. 74, que leur principal argument était : que Hugues de Cleers n'apparaissant qu'en 1143 dans les chartes, n'avoit pu être chargé de cette ambassade en 11 19; mais cette opinion est contredite par sa comparution à d'autres chartes antérieures et par la Chroniq. de Robert du Mont qui attribue formellement cette charge aux Comtes d'Anjou, — Cf. de Montzcy, Hist. de la Flèche, t. I, p. io3, note i ; - V. E. Boutaric, Institutions militaires de la France, édit. i863 ; — Pinard, Chronolog. milit, 1. 1, p. 49.

6. Hist, des Comtes d'Anj., p. 391, d'après son propre récit, Traité de la Sénéch. (3« partie).

7. — Ibid. — pp. 393 et seqq. ; — Rangeard, Hist. de VUniv. d'Anj., t. I, p. 114.

92 BDLIOTHiQUX d'aKJOU

Hugue écrivit son Mémoire après la mort de Geoffroy, fils de Foulque, arrivée Tan i i5i. Car il marque qu'il reposoit dans l'Eglise de S. Julien du Mans. Ce qui fait voir qu'il a vescu long-temps et qu'il a écrit sur la fin de sa vie *.

Le Mémoire de Hugue fut publié d'abord par le P. Sirmond, dans ses Notes sur les Lettres de Geoffroy, Abbé de Vendôme *. André Du Chesne qui l'inséra ensuite dans le 4^ tome de ses Mélanges, p. 47g ', l'a redonné plus correct sur un ancien Manuscrit de l'Abbaye de S. Aubin d'Angers.

GEOFFROY MOSCHET ou LA MOUCHE, Evksqub d'Anoirs

Ann. 1177. — Geoffroy qui est le 48* Evesque d'Angers dans les Catalogues^, succéda à Matthieu de Loudun, qui, estant abbé de S. Florent de Saumur, fut élu Evesque d'Angers, Tan 1 155, et gouverna cette Eglise durant six ans*. Geoffroy estoit doyen de l'Eglise de Sées et clerc de Henri II, Roy d'Angleterre, lorsqu'il fut élu, l'an 1162*. Il assista, selon quelques auteurs, au Concile de Tours assemblé, l'an ii63,par Alexandre III ' et mourut le iS de janvier, le 23 selon d'autres, l'an 11 77*.

L'an II 66, il fit la translation du corps de S. Brieuc, Evesque et Confesseur dans l'Eglise du Monastère de S. Serge, en présence de Henri II, Roy d'Angleterre et Comte d'Anjou ; de Conan, Comte de Bretagne ; et de Guillaume, Abbé de Toussaints*. L' Evesque Geoffroy fut assisté et aidé dans cette cérémonie, qui se fit avec une grande solennité et une joye singulière du Clergé et du peuple, par Guillaume, Abbé de S. Serge; Guillaume, Abbé de S. Aubin ; Hugue, Abbé de S. Nicolas et Guillaume, Abbé de S. Maur-sur- Loire ; c'est ce que nous apprenons d'une Charte du Roy Henry, qui est conservée dans les archives de V Abbaye de S, Serge ^^.

Nous avons une Lettre de Geoffroy au Roy Louis VII, à l'occasion d*un grand trouble qui arriva dans l'Abbaye de Bourgueil pendant son épiscopat. Car le Prieur de Chasteaufort qui dépendoit de ce Monastère, et quelques autres Religieux accusèrent l'Abbé Aimeri de plusieurs crimes. L' Evesque dit au Roy, qu'il a esté surpris au-delà de ce qu'il peut exprimer, lorsqu'il a

1. Cf. E. Mabille, Chron, des Comtes d'Anj,, introduction, p. LI; — - Rangeard, Hist» de V Univ d'Ang,, t. I. p. 114, et ad notam 2.

2. Sirmond Not, ad. Epistolas Gaufr. abb. Vindocin,, pp. 98 etseqq., éd, 1610; — Biblioth. patrum., t. XXI, p. 116; — Daniel, Milice française, t. III, ch. 10.

3. Duchesnt, Recueil desHist. de France; — V. aU8«i Baluze, Miscellanea^x., IV, p. 479; -^ D. Bouquet, Hitt, des Gaules, t. XII, p. 492.

4. Cf. Satuts du Diocèse d'Ang,, Tableau chron.des EvêqueSjp, 126; — Gall. christ, no»,, t. XIV, col. 570.

5. - Ibid, - — Ibid, - ch. XLVIII et XI,col. 632; ^ Rangeard, Hist, de VUniv. d'Ang., t. I, pp. 94 et io3 ; — Labbe, nov. bibly 1. 1, p. 278.

6. D'après Robert du Mont, (éd. L. Delisle), p. 340; — Cf. Gall. christ, nov., t. XIV, col. 671 ; — Chroniq. des Eglises d'Anj,: S* Aubin, p. 39, (ann. 1162); — S* Florent (ann. ïi6i).

7. Travers, Concil Turon,,t. II, p. 421 ; — (xd* Chron, de Tour.^ éd. Salmon, p. 157; — Statuts du diocèse d'Ang.^ p. 126 ; — Chr. des Egl. d'Anj., p. 40, (S* Aubin).

8. I.e Calend.S*^Mauritii, dit: XV f cal. februarii; — Chron. des Egl. d'Anj.j S* Aubin (ann. 1177), p. 44; — Gall, chnst. nov., col. 571, t. XIV; — Annales Ecclésiast. de l'abbé Pletteau, Revue d'Anj. t. XVI, 1876, p. 129; — Hiret, des antiquité:^ d'Anj., p. 128.

9. Chron. des Egl. d'Anj., (S* Serge), p. 149, (ann. 1166); -7- Chroniq. de Pierre Béchin continuée (5« suite) ; — L. Auvray, le Ms. original de la Chron. de 5* Serge, p. 6 et Bibl. du Vatican, fonds Christ, n* i852 ; — Gall. christ, nov.y t. XIV, col. 648 D.

10. V. Ms. de la Bibl. d'Ang., n* 764, n* 3 (copie du XVII* t.) ;— Gall. christ, nov.^ t. XIV, coU. 6480, 6i6c, 6771.

BDLIOTHàQUB d'aNIOU çS

appris que Sa Majesté qui est l'honneur et un miroir de toute religion, avoit prêté l'oreille à quelques Moines de Bourgueil, ou plutost à des ennemis, qui s'efforçoient de s'opposer à leur Abbé. « Je ne scay, ajoute-t*il» si vous ignorez quelle est la réputation de cet Abbé, puisqu'il est « manifeste non- seulement à nous, mais à toutes les personnes honnestes et religieuses, en quel c misérable état se trouvoit F Eglise de Bourgueil avant qu'^inieri en fust Abbé. Car dans les « temps passez il estoit arrivé par la discorde qui estoit entre les Moines et leurs Abbez, que leurs « maisons estoient détruites, les terres incultes, leurs vassaux opprimez et pillez, l'Eglise décou- « verte, ayant mesme perdu les ornements sacrez par la dureté des usuriers. Mais aujourd'huy « tout a esté rétabli par PAbbé Aimeri, et tout le monde convient que cette Eglise n'a jamais esté c en meilleur état. Pour luy, c'est un homme juste et prudent, comme nous croyons^ qui a grand c soin du culte de Dieu, de sorte que tout se passe dans une grande charité et piété. C'est pour* « quoy si ces faux frères ou autres entreprennent dorénavant de blesser cet Abbé, je supplie Vostre « Majesté de ne les point écouter, ou plutost de les chasser entièrement de vostre présence, de « peur, ce qu'à Dieu ne plaise, que vous ne vous rendiez coupable de leurs péchez. Car non-seule* « ment le peuple de Dieu, mais tous les honnestes gens de nostre Diocèse louent et relèvent la « religion et la charité de l'Abbé, son abstinence, son autorité et les autres biens qu'on publie de « luy*. »

Plusieurs personnes illustres s'intéressèrent pour l'Abbé Aimeri. Le Cardinal Jacques écrivit en sa faveur au mesme Roy et il fît un éloge magnifique de cet Abbé, jusqu'à dire, que si la Religion n'estoit pas enracinée en ce Religieux, il ne croyoit pas qu'elle se trouvast dans aucun homme et que' les deux plus vertueux Abbez de l'Ordre des Moines noirs estoient Aimeri et l'Abbé de Marmoutier. Je croy que ce dernier est Hervé qui a esté effectivement un homme d'une rare piété *.

INGELGER DE BOHON

Ann. 1100. — J'ai toujours cru que Jean, Moine de Marmoutier, est auteur du livre intitulé : Les Gestes des Consuls d'Anjou '. Je trouve que Ménage en a jugé de mesme. II promit dans son Histoire de Sablé d'en donner des preuves, mais je ne scay s'il Ta fait*. Nous en parlerons dans l'article suivant ; supposant ce fait, ce Jean dans VEpistre Dédicatoire de la Vie du Duc Geoffroy y qu'il adressa à Guillaume Passavant, Evesque du Mans, dit : qu'il s'estoit servi de ce qu'il avoit appris, pour faire cette vie de diverses personnes qui avoient connu le Duc Geoffroy. Voici ses expressions qui sont remarquables, parce qu'il les a choisies : « Matthieu, Doyen d'Angers, m'a c instruit; Ingenger, (ou Ingelger), de Bohon, m'a lu; Jourdain Thesson m'a averti ou donné des « avis ; Roben de Ocrea m'a rapporté plusieurs choses ; Ramuaad le Roux m'a nourri, (refecit) ; « Gouffier de Bruère m'a rassasié*. »

Il est assez clair que, quand le moine Jean dit qu'Ingelger de Bohon luy a iû, il faut suppléer ces mots : ce qu'il a écrite scavoir : des actions du Duc Geoffroy; au lieu que les autres lui avoient seu-

Page 1