‹ Bibliothèque d'AnjouChapitre 84 sur 89 · Chron, des Comtes d'Anj.y p. 23i · texte numérisé non relu

Chron, des Comtes d'Anj.y p. 23i

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lement rapporté, de vive voix, les faits dont ils avoîent connoissance. Si d'autres entendent autrement ce passage, je ne m*y opposerai pas *.

Je trouve dans le Monasticon Anglicanum^ to. 1, p. j6ij que Engelger de Bohon donna une terre qu'il possédoit dans l'Isle de Wight, à T Abbaye de Quarrère qui avoit esté fondée depuis peu par Richard, Comte d'Ezester*.

JEAN, MOIKB DB l'AbBATE de MARMOnTIBR, HlSTOlUBN

An». 1160. — J'ai toujours soupçonné que ce Religieux estoit Angevin '. Il appelle les Comtes d^Anjou « ses Seigneurs ». Le soin qu'il a pris d'écrire leur Histoire, et en particulier la Vie de Geoffroy le Bel et les relations qu'il avoit avec les Angevins, me font croire qu'il estoit né en Anjou.

Je suis aussi persuadé qu'il est l'auteur des Gestes des Consuls ou Comtes d'Anjou^. Dom Luc d'Achéri, qui a publié le premier cet ouvrage» dit qu'il crut d'abord, en le lisant» qu'il estoit de Jean, Moine de Marmoutier, mais qu'il avoit trouvé que le stile est différent de celuy de la Vie du Duc Geoffroy, voilà sa première raison*. Pour moy, j'avoue que je n'ai point senti cette différence, et je pense qu'il n'y en a point.

Dom Luc dit encore que l'auteur n'a point fait mention de l'un de ces ouvrages dans l'autre. Mais nous n'avons pas la fin de la vie du Duc Geoffroy ; et ainsi on ne scauroit assurer qu'il n'ait pas fait mention des Gestes dans le second Livre de la vie de ce Duc*. Dans les Gestes^ l'auteur dit si peu de choses du Duc Geoffroy, qu'il est aisé d'en inférer : ou qu'il avoit déjà fait sa vie, ou qu'il avoit dessein de l'écrire. Car on ne voit pas pourquoy il auroit esté si court à l'égard d'un homme si fameux sous qui il a vescu. Enfin, l'auteur a pu avoir des raisons particulières pour ne pas se citer.

Je m'étonne que Dom Luc et ceux qui l'ont suivi n'ayent pas remarqué que l'auteur des Gestes copie souvent en propres termes la vie de Geoffroy ; c'est partout le mesme génie, la mesme méthode, la mesme manière de narrer, la mesme affectation de citer les paroles des Anciens, de faire mention des auteurs qu'il a lus, consultez ou entendus'. Mais il est vrai que la vie de Geoffroy est écrite avec plus de soin, d'exactitude et de précision.

Dans VEpistre Dédicatoire des Gestes du Roy Henry II, on lit : « Frater Majoris Monasterii

I. M. Em. Mabille avait pensé, (Introduct. aux chron. des Comtes d'Anj.y p. XL, note i), d'après ces mots, que Ingelger de Bohon était Taateur du s* livre de Y Histoire de Geoff, le bel, qui diffère du premier; mais il a été emprunté à la Chroniq. anglaise de H. Huntlngdon, ch. VIJl et passim.

3. V. sur lui, Chron, des Comtes d*Auj., pp. 394-<3oi et Charte de S» Florent de ii38, Livre d'argent, f» 33.

3. Cf. Gesta Consul., p. 8i, et non Tourangeau, comme le dit Salmon, (V. Chron, de Tour^ introd. p. 90).

4. Cf. E. MabîUe, Introduct. aux chron. des Comtes d'Anj., p. XXVUI ; — Mabillon, Annales ord. S^ Bénédictin U VI, p. 55a et Ménage, Hist. de Sablé, pp. t33 et 160, if« partie.

5. D*Achéry, Spicileg.^ t. X^pree/., pp. 19-30 et p. 399 (édit. 1671). La copie dont s'est servi d'Achéry avait été faite, comme celle prise par D. Hous^eau, sur le Cartulaire de la collégiale de S. Laud qui ne portait pas de nom d'auteur, (V. Em. Mabille, Introduct. Ibid., p. XXIX).

6. Sans doute, Tauteur n'eut que le Ms. de la Bibl. S» Victor de Paris, (Bibl. Nat., n» iSoôy, fonds lat.), du XIV» s. sous les yeux, qui est incomplet ; le motif que donne d'Achéry est d'ailleurs inexact, car il est fait allusion aux Gesta (p. 33o des Chron. des Comtes d'Anj.), comme on le verra plus loin.

7. Cf. Em. Mabille, Introd. p. XXVIII; — V. Hist. littér., t. XIII, p. 357 ^ ?• 353 ; — Biographe Didot, t. XXVI, P- 544-

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humilBmus Monachorum et pars ima Clericorum. » Cela ne vaut rien dire si on ne supplée un nom ; et il est clair que Hauteur avoit mis le sien, car Frater seul ne signifie rien. Ainsi le nom de l'auteur a été omis par le copiste, apparemment parce qu'il n'y avoit que la première lettre J. . . dans son exemplaire *.

Dans PEpistre à Guillaume, Evesque du Mans, on lit : c Frater Joannes Majoris Monasterii humillimus Monachorum etperipsum Clericorum, » Il est manifeste que cet endroit est altéré, et qa'au lieu de ces mots, etper ipsum^ qui ne signifient rien, il faut écrire, comme dans l'autre, et pars ima clericorum. Mais je pense que ces deux leçons sont inexactes et qu'il convient de porter dans l'une et l'autre Epistre : et peripsema clericorum^.

Voilà donc deux ouvrages de Jean, Moine de Marmoutier. Mais comme je pense que celuy des Gestes a esté un peu interpolé, il me paraist fort vrai-semblable que V Histoire des seigneurs d'Amboise est encore de luy *. Car ce qu'on y trouve des Comtes d'Anjou, c'est-à«dire le Livre des GesteSj monstre assez qu'un particulier a joint ces deux ouvrages pour n'en faire qu'un, et qu'il y a ajouté ce qu'il a jugé à propos. En quoy il n'a pas réussi ; car outre les répétitions, il y a mis une infinité de fables fidicules. Or» ni l'un ni l'autre ne peut venir de Jean qui paroist avoir eu du scavoir et du jugement *.

Le Père Le Long a fait plusieurs fautes considérables en parlant de Jean, mais ce n'est pas ici le lieu de les marquer ni de les réfuter s.

Lorsque Jean composa les Gestes des Comtes d'Anjou^ les enfants d'Henri II, Roy d'Angleterre, commençoient à croistre. Ainsi, cet ouvrage n'a pas esté fait avant l'an 1 162 *. V Epistre Dedicatoire est fort chrestienne, et l'auteur donne à ce Prince des avis très-salutaires.

La dédicace de la Vie de Geoffroy est de bon goût. Jean nous apprend que cette Vie qui contient deux Livres est postérieure aux Gestes. Les paroles sont claires : « Et cum multorum aliorum principum historias collegerimus^ circà hune affectuosiùs immoramur^ qui de quodam specularis radio virtutis mundum^ quasi sole altero^ illustravit^. »

Il dit qu'il auroit pu ajouter beaucoup d'autres actions du Duc Geoffroy, mais qu'il s'estoit contenté des faits les plus éclatants et les plus connus. Qu'au reste il avoit fait de grandes recherches pour composer cette Histoire et qu'il l'avoit écrite avec beaucoup de soin^ Je croy qu'il la publia vers l'an 1 165 '•

I. Cette induction était conforme à la vérité et a été corroborée par la découverte d'autres copies qui contenaient le nom du moine, Jean, en toutes lettres. La leçon donnée par Marchegay et Salmon, Chron, des Comtes d'Anj.^ (édit. de la Société de l'Hist. de France, p. 353), porte : « parvissimus. •

a. Les mêmes éditeurs indiquent cette variante (note a, p. aaç, eod. loc.), comme seule régulière.

3. Cette assertion n*a pas été confirmée par la critique moderne (E. Mabille, Introduction^ ch. III, p. XLII) ; l'auteur semble être un moine de Pontlevoy.

4. Pour l'honneur du chroniqueur nous le voudrions; mais s'il existe des interpolations elles ne semblent pas être l'œuvre d'une main écransère;-- Cf. Rangeard, Discours sur les écrivains de l'Hist. d'Anj.^ en tête de l'éd. de VHist. d'Anj. de B. Roger, p. XXXVII.

5. Cf. P. Rangeard, — ibid. ;— BtMtotA. Hist. de la Fr.j p. 766 et t. III, p. 374, n« 35,019 et p. 4a3, n* 35,676.

6. V. Thommage à Henri II qui termine leSommarium gestorumprœsentium chronicorum (Ckron. des Comtes d'Anj.y p. 363 et introd., p. XXXI) ; — Rangeard, (ubi suprà p. XXXVII), indique la date de 1 1 5 1 et E. Mabille, celle de 1 1 68 à 1 170 {Introduct., p. XXVIII et note i) ; — V. de Quatrebarbes, j^r^actf des ckron, de Bourdigné^ pp. XII et XVI.

7. Chroniq. des Comtes d*Anj.^ p. a3o ; — V. note 6 , p. 94 ci-dessus.

8. V. Em. Mabille, Introduction aux Chron. des Comtes dAnj., t. il, p. XXXVIII, qui donne la date de 1180 circà, pour la i** partie et 1 186 à 1190 pour la a* partie.

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François de Belleforest, parlant des anciens Comtes d^AnjouS cite Pascal Robin qui, dans ses Mémoires^ faisoit mention des Annales Latines d'Anjou, que Belleforest luy-mesme avoit vûi^ manuscrites entre les mains de François Balduin, scavant jurisconsulte, qui avoit professé le Droit à Angers. Il se peut faire que ces Annales Latines ne soient autre chose que le Livre des Gestes* On peut néanmoins entendre cela des Chroniques de S. Aubin.

Michel de MaroUes a traduit, en nostre langue, les Gestes et les publia l'an 1681, sous ce titre : Les Histoires des anciens Comtes d'Anjou et de la construction d'Amboise^ in«4<*, à Paris, chez Jacques Langiois. M. de MaroUes y a ajouté des remarques et les Généalogies de plusieurs maisons illustres d'Anjou '. Jean Hiret avoit eu communication du Livre des Gestes qui estoit conservé manuscrit dans l'Eglise collégiale de S. Lô*. Enfin, D. Luc d'Achéri publia ce Livre dans le dixième tome de son Spicilège^ à Paris, l'an 1 671, et y joignit le Livre des Seigneurs d'Amboise*.

Pour la vie du Duc Geoffroy, nous la devons à Laurent Bochel qui la publia, à Paris, Tan 16 10, in-8^, chez Nicolas du Fossé, à la suite de V Histoire de S. Grégoire de Tours*.

Le Père Le Long dit que Goussainville, dans ses Notes sur Pierre de Blois^ p. 70a ', écrit qu'il y a un manuscrit de l'Abbaye de Villeloin, qui nomme Jean, l'auteur des^ Gestes. Il produit au mesme endroit un long Fragment de ces Gestes touchant Geoffroy Plantagenet, qui ne se trouve pas dans l'édition de Dom Luc d'Achéri, à ce qu'il dit. Cela n'est pas vrai, le Fragment rapporté par Goussainville se trouve dans l'édition de Dom Luc (pp. 406-407) ' ; Goussainville a mis GauffHdus Plantagenet^ au lieu que Dom Luc a mis : Gaufridus Bellus, ce qui est la vraie leçon*.

Je ne scay où j'ay lu, car j'ay oublié de le remarquer, qu'on conserve dans la Bibliothèque de l'Eglise de Chartres **, un Manuscrit qui a pour titre : HistoriaMagistriJoannis Turonensis. C'est peut-estre Jean, Moine de Marmoutier. Mais je n'ay point lu qu'on luy ait donné le titre ou la qualité de Maistre, c'est-à-dire de Docteur.

G Théologien

Akn. 1170o ^ Il y avoit, vers l'an 11 70, un Théologien ou Philosophe, à Angers, nommé

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