‹ Bibliothèque des croisades (volume 2)Chapitre 14 sur 31 · X) ' BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

X) ' BIBLIOTHÈQUE

trfts de Baudouin, comte dé Flandre; la première de ces lettres est adressée à Othon , empereur des Romaine ; elle râeonte le rétablisseineiit d'Alexis siîr ie trône de B^sance. Dam la seconde lettre, le comte de Flandre parle de son élévation au trône de Constantin. Nous ne nous arrêterons jikïint à ces deux pièces 9 parce qu'elles n'offrent rien de nouveau sur les dvénemens de la cinquième croisade.

D^s son septième livre ;~r4ibb^ de Lubèck a consacré unchapitre entier à la description de l'Egypte. Cette description est la copie d'une lettre d'iin ambassadeur que l'empereur Frédéric envoya à Sàladin'en'1 1 74. Cet ambassaldeur, nonimé Gérard > alla en Syrie et- en EgyMe. Dans le compte qu'il rendit de sa mission , il $'attacha a décrire le pays qu'il avait vu. On ne peut guères douter que Jaeq^e8 de Vitry n'ait eu connaissance de cette lettre, écrite en 1175, car , on. trouve dans son histoire d'Orient des détails sur lé même pays qui sont parfaitement conformes à ceux de Gérard ; on y trouve quelquefois iesniêmes expressions. La lettre de Gérard est un véritable itinéraire inéle de remarques et d'observàtiotis instructives. ^ ^

Gérard s'embarqua à Gênes, passa en Corsé, en Sardàighe, aborda à l'île de Malte, et après sept jours de navigation i il arriva dans un pays sauvage habite par les Arabes. Grérard peint les mœurs des Bédouins. Il dit que pendant les qiuirante jour» qu'il passa sur mer , il reconnut tliffiérentes espèces de poissons ; il- 1^ vit un > entre autres , qui avait ^ autant qu'il en put juger, trois cent quarante aunes dé longueur. L'auteur de la lettre fait la description du port et de fai ville d'Alexandrie fil parle de la chapelle de Saint-Marc , &ÙL cet apôtre écrivit son évangile, reçut lacpuronne jdu mlirtyre et fut enseveli. Jacques de Yitiy a suivi Gérard dana-cetté description , mais il l'a abrégé. L'ambassadeur de Frédéric , après avoir parlé du Nil et de ses inondations annuelles, et des chrétiens qi|i habitent l'Egjrpte, dit un mot des villes qui portaient le nom de Babyltme. (Jacques de Vitjry a aussi copié ce que dit Gérard sur ces^ cités.) Selon G^ard, il y en avait trois ; l'anéienne Babylbne , où régna Mabuchodonosor et où fut la tour de Babel, était «ur le fleuve Chobar j distante de plus de trente Journées de chemin de la no.uvelle Rabylone. La troisième ville , du même nom, était sur le Nil , au pied d'une montagne^ près du désert : t'est lÀ

Îue régna Pharaon.^ Elle .était a six milles de la nouvelle, elle-ci, égalenfvâMfaïitttée sur le Nil , se trouvait* dans une jAaîne; eBe ét^*giMû&)Ae*,*'4>dSe, populeuse, très-commerçante; on y afl^Haif i3é4^ttde ^ par le Nil, toutes sortei

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d'éptces que Ton transportait de là h Alexandrie. Le passage

Îcre nous aUoBS transerîre n'a pas éiê copié par Féréque 'Acre, é A ttn toille de la nouveHè ^bjlone et dans )é' i> désert , dit Gérard , sont deux montagnes formées de » grandes pierres de martH'eff earréés , et pËicées^ avec un art 9 admirable. Ces deux montagnes , é^lement carréeis^, iiont n de même hauteur et de mémé^Iargeur, et éloignées l'une » de Faiitre de la portée du. trait; leur largeur respeçtire 9 est de la portéie a un trait lancé d*une main très^Tigouw reuse , et leur élévation est de deux portées de trait. » Ce passage, où Fauteur désigne les pyramides, e^t d^autant plus remarquable, qu'aucun de ' iios vieux cbroniqiiçurs » qui avaient suivi les croisés en Orient, ne parle de ces monumens de Fantiqùe Egypte (t). « A un tiers de ïnille de lu n nouvelle Babylone, poursuit Gérard"^ est la ville qu'on » nomme maintenant le Caire : c'est une résidence royale » et lé séjour des princes et des mameliicks; elle est près » d|iNil; ses édifices sont admirables et somptueux; elle M est défendue par des murailles et entourée de tr^s-beaux » vef^ers ; les Sarrasins , les juifs et les chrétiens l'habitent » ensemble , et chacun y suit sa religioii. On trouve dans le- »f€aire plusieurs églises chf^ennes. A un mille de cettb » ville est le jardin du Bauirte. » (Jacques de Tîtry à encore copié ici Fambasdadeur allemand) : fc Les Sarrasiixè croient » qu'ils ont dans leur pay^le bëradis^qùi les attend après' » èette vie. Ils disent quHl y â dans ce lieti de d^ices quatre » fleuves ; le premier roulé des flots devin', Iq second de \kïX, » le troisième de niiél , et le quatrième d'eau. Selon eux ,. qii » cueille dans ce séjour toutes sortes de fruits; on y lâapge » et on y boit tout' te qu'on veut; chacun aura tbus jfes jour^ » une vierge nouvelle pour sé^ plaisirs; quand uù sarra^m est' » tué par un chrétien dans un combat, il a dans le paradis, tous » les jours , dix vierges à sa disposition. Lorsque je leur de- » mandais ce qi^e devenaient les femmes qui existât au- *♦ jourd'hui , et d'où venaient les vierges qui devaient » servir chaque jouV aux plaisirs des Sarrasins , ils çtaiçjit M embarrassés pour me répondit. » Gérard, en quittant Babylone , prit la route du désert ; peikdant vingt jourç ; il

( I ^ Le Tnéd^in arabe Abd« Allalif visita les pyramides ^ m u près wtfs la même époque ; il pourrait être curif u^ dé comparer la descnptiion do ce» anciens lombeaqx , «m^a labsée Fauteur musulman , av^ 1c rëçit de'Fam^ bassadeur Gérard. M. Sylvestre de Saçy a donné une tradliçtiou du voyage d*Abd-^~Allatir en Éîg^ptc.

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ue reneonti*a aucune tei^re cultiT^e. H arrita à Damaft,^^ ville trè$^beUe, entourée jft'un double mur^ for^fîëe par de soberbes tours , orniée de fontaine», d'acqueducs et d'ëdificeSi trës-élégans. « Il y a ^^içis cette cité, dit l'auteur, , un » grand nombre a^ chrétiens qui paient un tribut au sou*/ » dan et possèdent plusieurs églises. A trois milles de Damas f H au milieu des montagnes , est un Ueu appelé Saydaneida »t (Sardan) , habité par des cbrétiens.; là se trouve une » église dédiée à la Yierge et desservie par douze reli^euses M et huit moines. .» Gérard dit y avok vu un tableau en bois de^ la longueur d'une aune et large d'une demi-aune, qui était fortement attaché sur le mur du sanctuaire ; derrière l'autel. Ce tableau représentait autrefois la Sainte-Vierge ^ mais cette peinture était devenue , par un miracle , une chair véritable d'où découlait sans cesse une huile qui avait l'odeur du baume. Plusieurs chrétiens, des Sarrasins et des jui& avaient été guéris de diverses maladies par la vertu de cette huile merveilleuse. Nous aypos vu dans Mathieu Paris ce que c'était que côtte image de la Viçrge. Gérard parle ensuite du prince des Assassins qui habitait au milieu des mont^gUjes, sur les confins dç Damas, d'Antioche et d'Alep. Ce qu'il dit de cettet secte est çonfprn^ à que nous en avons raconté nous-mêmes dans notre histoire. Enfin ; Tambassadeur termiiie sa lejttré par i^f^e peinture des moeurs dômes» tiques et des usages des ipusudmans; cette peinture présente une foule detraits où les Orienialistes pourraient reconnaître lef mœurs des peuples d'Asie tels qu'ils sont aujourd'hui , car le tenms n a, presque rien changé dans l'esprit et les. halntudes .ae ces différentes nations (1).

La chronique d'Arnold finit à l'élévation d'Othon à l'em-^ pjure, c'est-^«dire au commencement du trei^me siècle.

Histoire de Hongrie^ jfHir: Antoine Bonfini(pi).

Bonfini» écrivain du quinxiènoe.siècle , était né à AscoU, dans la marche d'Ancône. U vînt en Hongrie» et futpré^ sente au roi et à la reine; ce fut d'après l'ordre du roi

( i) On peut ëtudier avec fruit les moeurs et le caractère des Orienlâuxdaus nntëressanl ouvrage qu*a publie M. Kemaud, sous le titre de Descjrip-^ Uon des monumens musulmans du cabinet de M', le duc df Blaca^

(a) Antonii Bonfinii rerum Hungaricaruin décades quatuor ^ de.

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