I!)2 BIBLIOTHÈQUE
» pliiroi\ Pon avait représenté avec un art'adinirable te fkte
» près de Bâle , et, par un décret particulier , lui assura le n privilège' de posséder tôiïtes les reliques que l'abbé Mar-
» tin j atftit apportées. »
*" Gûnth^sr , avant de finir son récit ,'.€ait remarquer la Pft)-> vidence spéciale de Dieu envçts l'abbé Martin qu'elle préièrva dé tbuis dangers , parce qu'il était porteur de reliques si précieuses'et si célèbres. Oti s'étonne dans notre siëcler de voir , au milieu dès grands événemens dé cette croisade , un biaf^ torien suivre avec une attention scrupuleuse un fait isole » telle qu'une translation de reliques , qui ne présente en ellemême aucune importance. Mais aux veux de la génération contenlporaine des croisades, les reliques .étaient les plus beaux tropbées< de la victoire , et plus'd un pèlerin aurait sa-> criJSé tous les avantages dès conquêtes terrestres p'our le corps ou les restes d'un apôtre ou d'un saint ; on peut ajouter que cette dévotion n'était pas tout-à-fjait désintéressée; car ces rçliques procuraient beaucoup d'argent aux églises qui en étalait dépositaire^.
Recueil iie Schardius (i).
Simon Scbardius, né en 1555 et mort en 1575^ a publié plusieurs ouvrages ,' entr' autres la collection qui va nous occuper vin moment. Dans les quatre tomes dont elle se compose , noms n'avons trouvé qu'un écrivain q|iu parle dés croisades. C'est Jacques Wimphelinge deScbelestadt, dont l'ouvrage a pour titre :
EpUome des affaires d'Allemagne (2). Cette chronique- est une espèce d'éloge de tous les princes qui ont régné en Alt^einagne long-temps avant Charlemagne jusqu'à Maximilienl*^.; elle vante les vertus et qiuilités des Allemands. Cet écrit est divisé par chapitres. Dans celui où il parle de l'empereur Henri TV, l'auteur fait monter à trois cent mille hommes l'armée des premiers croisés. Ce qu'il dit de cette expédition ne peut avoir aucun intérêt pour nous.
(i) Schardios redîvivus , sîve rerum germanîcarum scrîptores varîî olim a Simone Schardîo , in quahior tom. , collecti , etc.
(a) Epîforoa reram gerdianicaram , Jacob. Voimphel , etc. ( T. 3 , P-»7o). .
f)E6 CEOISADESi!! 195
Soûs le rignû de f empereur Conrad, Jacques Wimphelinge iraconte qu'à la nouvelle de la prisé d'Edesse par les Sarrasins, saint Bernard de Bourgoffie, familier avec les empereurs d'Allemagne et recômmandable par la sainteté de sa vie et par sa doctrine » prenant le patroncige de la religion.' chrétienne {patrocinio christianœ ftligionis sampto) , exhorta tous les princes chrétiens , par messagels et par lettres , à prendre la croix ôonti^e les Sarrasins. L'auteur suit Conrad jusqu'à Icône , et donne fort peu de détails sur cette malheu-^ reuse expédition.
Dans le chapitre consacré à l'empereur Frédérîc V^^ , l'his-* torien» après avoir parlé en peu ae mots de la prise de Je-» rusalem pat Saladin, dont il vante la bonne foi eti'humanitéi des conquêtes de l'empereur dans l'Asie mineure et de ht triste fin de ce prince, ajoute ces mots : te Lui seul poiivsût )> vaincre Saiadih. Je ne sais de quoi m'étonner davantage » ou de l'orgueil du souV^erain pontife» ou de l'entêtement » de l'empereur i ou de l'insouciance des princes qui, au » milieu des maux dont la république chrétienne était afBi-* » gée , souffraient qu'il régnât entre le pape et l'empereur » une discorde détestable que je regarde comme la source fi de tous les malheurs qui se sont prolongés jusqu'à nous. »
En parlant de la vittoi^e qui rendit F'rédéric II maître de l'empire , l'auteur dit que ce prince leva aussitôt l'étendard de la croix pour aller secourir les princes chrétiens d'Asie qui combattaient contre les Sarrasins ; mais qu'Honorius IIl anathémàtisa Frédéric et le dépouilla de la dignité impériale; que le Soudan , informé de ces démêlés , leva une grande armée , et , secondé par un débordement extraordinaire du Nil, força les chrétiens à rendre Damiette. Ce que Wimphelinge dit de l'expédition de Frédéric en Palestine est fort; incomplet* Il s'étend un peu plus sur les démêlés de ce
Î rince avec le pape ; il passe légèrement sur l'invasion des arismiens qu'il appelle Grossonii , et fait un long élogfe de Frédéric , qu'il met au-dessus d'Ànnibal et d'Alexandre. « Ce » prince, dit-il, qui avait si souvent vaincu les Italiens, » triomphé de la faction des Guelphes et éprouvé toutes les » vicissitudes de la fortune, se serait fait un grand nom parmi » les peuples de l'Asie et se serait couvert d'une gloire im- » mortelle , si les Italiens ne l'avaient pas empêché tant de » fois de porter ses armes contre les ennemis du Christ et » s'il eut moins fait la guerre aux papes. »
Suivant notre historien, Rodolpne deHasbourg, élu roi des Romains , avait le projet d'envoyer une armée au secours de Ptolémaïsqui était alors assiégée. Mais la discorde desprinces-
quise trouTàient dans cçtte rille accéléra la ruine des colonies chrétiennes en Orient. L'auteur donne peu de détails sur cetëvënemeiit. U accuse de perfidie le roi de Chypre; parle du naufrage du patriarche de Jérusalem , et dit que le Soudan rasa la ville a Acre de telle sorte , qu'on ne vit plus depuis aucun vestige de ses édifices. Plusieurs chroniqueurs ont parlé , dans les mêmes termes , de la destruction de cette place, et tous ont exagéré lés faits. La ville d'Acre offre encore aujourd'hui plusieurs restes de son ancienne splendeur. "
Dans son 51 '. chapitre, l'auteur fait des vœux pour que les princes et les peuples chrétiens/ ensevetis dans le sommeil, se réunissent pour arracher Constantinople au joug des Turcs et porter des secours à leurs voisins les lUylriens^ les Dalmates, les Croates, les Pannoniens, les Libumiéns, les Autrichiens. H leur reproche de ne pas penser à leurs propres dangers , lorsqu'ils voient l'incendie qui les menace.
Dans les chapitres suivans , il revient àcétte idée etexhorte l'empereur Msàimilien à se mettre à la tête d'une croisade générale.